Richard Ferrand : meilleur ami de Macron... et de Le Pen ?
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Quelle réaction avez-vous eue à l'annonce de la nomination de Ferrand ?
- 2:39OuverteRéponse directe
Quelle réaction vous avez eue à l'annonce de la nomination de Ferrand ?
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Pourtant, Richard Ferrand nie toute connivence avec le président de la République. Est-ce qu'on peut le croire ?
- 4:53RelanceÉludée
Est-ce qu'on peut le croire ?
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Quel risque concret pour la crédibilité des institutions que le président du Conseil constitutionnel soit très proche du président ?
- 10:08OuverteRéponse directe
Vous avez peur d'un recul en arrière avec la nomination de Richard Ferrand ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« l'enjeu du débat, c'était dans quelle mesure la nomination est un signe que la Macronie, le président de la République, ou la Macronie dans sa représentation parlementaire, va faire un choix qui collerait avec l'idée que l'État représente l'intérêt général du pays »
- 1:32InvitéFait
« Emmanuel Macron a fait ce qu'il a fait à chaque fois. Il a essayé de nommer ses proches dans des postes de pouvoir, parce que ce qui l'intéresse, c'est de recaser ses copains »
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« L'État n'est pas neutre. L'État est au service du grand capital. Il faut être clair sur les mots. »
- 3:22InvitéFait
« Macron a trusté l'ensemble de l'appareil d'État, s'efforce de gouverner comme un chef d'entreprise, pro-business. »
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« Ferrand est nommé à sa botte. »
- 7:13InvitéFait
« il a quand même été mis en examen pour prise illégale d'intérêt en 2017 »
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« il a été libéré de toute poursuite judiciaire par la Cour de cassation dans une délibération, mais que cette délibération de la Cour de cassation a libéré Richard Ferrand de toute poursuite judiciaire pour des raisons de prescription et non pour une affaire de fond »
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« Notre constitution en dispose ainsi. Cependant, à titre personnel, je regrette tout ce qui bride la libre expression de la souveraineté populaire, la limitation du mandat présidentiel dans le temps et le non-cumul des mandats. »
- 18:28Locuteur non identifiéFait
« pourquoi à chaque fois qu'il faut sauver Emmanuel Macron, le RN répond présent. »
- 19:24Locuteur non identifiéFait
« Il n'y a pas eu 3 cinquièmes contre lui donc a priori c'est validé par l'Assemblée et par le Sénat. À une voix près et le pire c'est que c'est grâce à Marine Le Pen qui a donné une consigne d'abstention. »
- 27:13InvitéFait
« le RN dit je sauverai les riches, je sauverai le grand capital, je sauverai le CAC 40 et je matrai les mouvements sociaux qui se manifesteraient à ce moment-là »
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« le premier ministre a repris les mots funestes de Jean-Marie Le Pen »
- 29:18PrésentateurFait
« le premier ministre a repris les mots funestes de Jean-Marie Le Pen »
- 30:00InvitéFait
« le budget Bayrou qui est un budget réactionnaire pire que Barnier »
- 36:11PrésentateurFait
« c'est la motion de censure la plus cousue de fil blanc de toute l'histoire parlementaire »
- 36:23InvitéFait
« c'est une motion de censure pour faire semblant »
- 37:11InvitéFait
« subversion migratoire »
- 38:23InvitéChiffre
« moins de 2 milliards à l'écologie »
- 48:20InvitéChiffre
« le salariat c'est 90% des actifs »
- 51:47InvitéChiffre
« 1,5 milliard d'euros de moins au budget »
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Dans cette deuxième partie, on va évoquer d'abord la nomination de Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel, puis on parlera de la motion de censure déposée par la gauche contre le gouvernement Bayrou. J'ai été rejoint par Paul Ellec, notre chroniqueur régulier aux médias. Bonsoir Paul. Bonsoir. Et Gérard Filoche, ancien membre du bureau national du Parti socialiste qui est en vicio-conférence. Peut-être va-t-il nous rejoindre dans quelques instants. Bonsoir du coup Paul. Comme je le disais, on va parler d'abord de la nomination de Richard Ferrand au Conseil constitutionnel, qui lui, du coup, succède à Laurent Fabius.
Quelle réaction avez-vous eue à l'annonce de sa nomination ?
Peu de surprises, puisque l'enjeu du débat, c'était dans quelle mesure la nomination est un signe que la Macronie, le président de la République, ou la Macronie dans sa représentation parlementaire, va faire un choix qui collerait avec l'idée que l'État représente l'intérêt général du pays, etc. Et moi, je suis peu surpris, parce que je ne crois pas à l'existence d'un État neutre, comme ça, qui représenterait l'intérêt général, et qui agirait différemment en fonction des couleurs politiques. Je pense que ça, ce sont des chimères, des libéraux politiques qui croient que l'État, c'est juste un instrument comme ça. Et donc, bon, Emmanuel Macron a fait ce qu'il a fait à chaque fois.
Il a essayé de nommer ses proches dans des postes de pouvoir, parce que ce qui l'intéresse, c'est de recaser ses copains, ce qu'il a fait généralement une fois qu'ils ont une piteuse carrière dans un ministère ou ailleurs. Et en l'occurrence, là, la Macronie a choisi quelqu'un pour le remercier de ses services. Enfin, je veux dire, moi, j'avais l'habitude de dire, le Conseil constitutionnel, c'est l'EHPAD de la vie politique française. Le problème, c'est que Marine Le Pen a repris cette expression dernièrement, donc je ne le ferai plus. Mais enfin, je crois quand même que c'est quand même ce genre de destin qu'on propose au Conseil constitutionnel.
Donc, voilà, sur la réaction, je n'étais pas surpris. Après, on peut parler du fond, de son personnage, qu'est-ce que ça pose comme question, etc. Mais je ne suis pas surpris. C'est un geste assez naturel de la part de la Macronie et assez logique, encore une fois. Je ne vois pas pourquoi, tout d'un coup, il aurait nommé quelqu'un d'une autre stature ou pas. Les socialistes ont nommé Laurent Fabius, qui n'était pas non plus quelqu'un qui était éloigné du Parti socialiste. Donc, voilà.
Merci. On vient d'être rejoint par Gérard Filoche. Bonsoir, Gérard.
Je suis là. Bonsoir.
Bonsoir. Je le rappelle, vous êtes ancien membre du Bureau national du Parti socialiste. Et je vais vous poser la même question que j'ai posée à Paul-Elecq. Quelle réaction vous avez eue à l'annonce de la nomination de Ferrand ?
Je suis membre du rassemblement qui s'appelle L'Après. J'étais porte-parole de la gauche démocratique et sociale. Et nous avons fusionné il y a une quinzaine de jours avec L'Après. Donc, je côtoie maintenant mes camarades Corbière, Autun, Simonnet, Davy, Garrido. Et je parle comme eux. Je les sais avec une même voix. Voilà. Alors, je partage ce qui vient d'être dit. L'État n'est pas neutre. L'État est au service du grand capital. Il faut être clair sur les mots. Et là, depuis Macron, il est au service de la grande finance. Macron a trusté l'ensemble de l'appareil d'État, s'efforce de gouverner comme un chef d'entreprise, pro-business.
Il a quelque chose de commun avec Trump, avant que Trump n'arrive. Il a quelque chose, depuis sept ans, où il assimile les intérêts du pays à ceux du grand CAC 40, des riches et du grand patronat. Et donc, il nomme des gens à sa botte. Ferrand est nommé à sa botte. Ça n'a absolument rien de constitutionnellement, juridiquement démocratique. C'est purement une nomination de circonstance à la botte du président.
Pourtant, Richard Ferrand nie toute connivence avec le président de la République. Il s'est d'ailleurs défendu en commission des lois tout à l'heure. On l'écoute.
Il est fréquentant que des autorités de nomination se retrouvent à siéger avec des personnalités qu'elles ont pu nommer. Je songe par exemple au président Giscard d'Estaing, au président Chirac, lorsqu'ils siégeaient, ou même à Jean-Louis Debré, qui, un lundi, avait nommé un membre, et le mardi s'était retrouvé lui-même nommé. C'est ainsi. On ne peut pas amputer une autorité de nomination de son capacité de nomination parce que des circonstances ultérieures font que l'on puisse se retrouver avec des personnes que l'on a soi-même nommées. Mais avoir nommé quelqu'un ne signifie pas installer un lien de dépendance ou de vassalité entre celui qui a été nommé et celui qui a nommé.
Vous l'avez entendu donc. Il n'y a, selon lui, pas de dépendance ou de vassalité entre celui qui a été nommé et celui qui a nommé, je le cite. Est-ce qu'on peut le croire ?
Non. Déjà, est-ce qu'on peut croire un macroniste ? En général, c'est quand même très compliqué. Mais blague à part, ça a été le président, à un moment de l'Assemblée nationale, à un moment où on appelait la majorité macroniste la majorité plémobile. C'est-à-dire qu'ils votaient tous à main levée, sans discussion. On avait d'ailleurs en plus un personnel politique qui, à l'époque, était tellement des représentants caricaturaux de ce qu'ils ont appelé la société civile, mais qui étaient en fait les représentants des nouveaux porte-parole et des nouveaux intellectuels organiques du capitalisme, le conseil, la finance, etc., qu'ils n'avaient aucune culture parlementaire.
C'est pour ça qu'ils votaient tous d'un coup comme ça. Et il était, à l'Assemblée nationale, un homme pivot pour l'application d'une politique parlementaire qui, encore une fois, était à la faveur d'Emmanuel Macron. C'est un proche en tant que tel. Donc, non, on ne peut pas le croire. Et je pense que, et on y reviendra peut-être après, mais je pense que ce n'est pas ça le problème sur sa personnalité. Je veux dire, ça, c'est juste que, comme d'habitude, il y a une gêne en France d'assumer les convictions. Quand on est au pouvoir, on essaie toujours de faire passer son action comme action, encore une fois, d'intérêt général au-dessus.
C'est la fave du gaullisme où je suis au-dessus des partis. C'est la farce de cette espèce de représentation mythique d'un État complètement dénué de la représentation d'intérêt. Et Gérard Filoche l'a très bien dit, l'intérêt d'une classe qui dévalise le travail et qui organise, et qui utilise l'État pour organiser ce vol concrètement.
Gérard Filoche, est-ce que vous, vous croyez Ferrand ?
C'est une histoire étoïque. Il ment. Tous les macronistes mentent. Et là, j'observe que le Rassemblement national, l'extrême droite, c'est abstenu. Donc, elle fait un petit signe en direction de Macron. On va en parler. J'observe, et c'est bien, que toute la gauche unie a voté contre lui. Ça, c'est bien.
J'aimerais qu'on parle du risque, s'il y en a un, le risque concret pour la crédibilité des institutions, que le président du Conseil constitutionnel soit très proche du président.
Bon, d'abord, moi, je pense qu'il y a un risque qui est lié à ce que représente M. Ferrand. D'abord, je rappelle qu'il a quand même été mis en examen pour prise illégale d'intérêt en 2017 et qu'en 2022, il a été libéré de toute poursuite judiciaire par la Cour de cassation dans une délibération, mais que cette délibération de la Cour de cassation a libéré Richard Ferrand de toute poursuite judiciaire pour des raisons de prescription et non pour une affaire de fond qui n'a pas, du coup, été jugée en vertu de la prescription.
Alors, vous me direz, la Macronie, qui, dans les ministres ou dans les portes-têtes de la Macronie, n'est pas, dans une affaire de prise égale d'intérêt ou, en tout cas, ce qu'on appelle plus généralement de corruption, c'est-à-dire d'utilisation, encore une fois, des ressources publiques pour des avantages personnels. Dernièrement, on a eu encore des exemples. Monsieur Dussault qui a été ministre du Travail et qui nous a imposé la réforme des retraites, etc., etc. Et on a une multiplication d'affaires, si bien qu'on ne sait pas quels sont les ministres qui n'ont pas véritablement eu une affaire judiciaire.
Et ça, en termes d'intégrité, je veux dire, même dans la farce où on croit qu'il faut des personnels politiques dont la probabilité n'est pas remise en cause et qui peuvent permettre justement d'incarner cet intérêt général, là, ça coche pas les cases. Puisque, encore une fois, je veux dire, il y a cette suspicion qui est quand même particulière parce que c'est une affaire de possibilité d'achat d'appart quand il occupait une position dans les mutuelles de Bretagne. Donc, moi, c'est ça qui me pose problème. Deuxièmement, oui, je veux dire, le problème de la proximité, c'est qu'on voit autour du président de la République, le Premier ministre qu'il s'est choisi, par exemple, et M.
Ferrand est aussi un représentant, des gens qui représentent véritablement l'inverse des avancées qui ont été proposées pour l'organisation institutionnelle de la France. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a eu des réformes constitutionnelles, celle de 2008 notamment, dont on va parler du fait de la QPC, la question prioritaire de constitutionnalité qui va se poser sur les questions d'inéligibilité et on va parler du RN sur ces questions. Mais enfin, il y a un certain nombre d'acquis qui ont été faits, de lois, par exemple, pour empêcher, quand on dirait, des conflits d'intérêts, de lois de...
On ne sait plus comment on l'avait dit, mais après l'affaire Fillon, pour pouvoir faire en sorte qu'il n'y ait pas des conflits d'intérêts qui empêchent le débat politique et notamment des débats aussi sur la question du cumul des mandats et sur la limitation des pouvoirs en fait et l'augmentation des pouvoirs de l'opposition. Or, M. Ferrand, il représente quelqu'un qui est contre. Parce que ce que lui reproche en disant vous êtes proche d'Emmanuel Macron, c'était cette citation. Il dit... On lui avait demandé est-ce que vous pensez que vous regrettez qu'Emmanuel Macron ne puisse pas se représenter en 2027 ? Et je cite, il dit... Notre constitution en dispose ainsi.
Cependant, à titre personnel, je regrette tout ce qui bride la libre expression de la souveraineté populaire, la limitation du mandat présidentiel dans le temps et le non-cumul des mandats. Or, cette question de la limitation du pouvoir présidentiel et des cumuls des mandats, c'est vraiment un retour en arrière d'un débat qu'on a déjà eu extrêmement tardivement. Et c'est pour ça que pour moi, ça pose un problème. Est-ce que c'est une question de proximité ? Le problème, c'est que c'est une question qui est pensée par des élus qui sont au pouvoir et qui le revendiquent comme le Premier ministre et comme M. Ferrand qui sont effectivement au pouvoir.
Vous avez peur d'un recul en arrière avec la nomination de Richard Ferrand, vous ?
Oui et non. Je n'ai pas examiné les décisions du Conseil constitutionnel précédent comme étant particulièrement juridiquement progressiste et notamment, par exemple, sur la question des retraites. Je veux dire que j'étais un peu choqué que le Conseil constitutionnel précédent avalise le système qui avait été mis en place par le gouvernement pour faire un collectif budgétaire correctif sur la loi de financement de la sécurité sociale. normalement, un Conseil constitutionnel qualifié aurait dû casser ça. Non, ils ne l'ont pas fait. J'imagine qu'avec Ferrand, ça va encore moins se faire.
Certains, du coup, dont vous remettez en cause le système de choix des membres du Conseil constitutionnel. Richard Ferrand a choisi la pirouette pour répondre à ces polémiques. On écoute l'extrait.
J'ai envie de dire comme disait Churchill de la démocratie que nous avons peut-être le pire des systèmes de nomination mais je n'en connais pas de meilleur. Mais bien entendu, cela appartient aux constituants et à lui seul d'imaginer un mode de nomination qui serait plus conforme à ce que les unes, les uns et les autres vous estimez plus pertinent pour l'avenir.
Est-ce que c'est le pire système de nomination ? Monsieur Filoche.
Moi, je suis pour une sixième république. Je suis contre un gouvernement des juges. Je suis pour que ce soit les élus du peuple qui décident et non pas quelqu'un nommé par-dessus qui dit vous avez mal décidé. C'est infantilisant pour la démocratie. Et je suis donc pour une sixième république où il y ait la fin du système présidentialiste, où le pouvoir soit celui de l'assemblée populaire et où les commissions de celles-ci travaillent de façon démocratique et collégiale. Je suis pour la proportionnelle.
Tout ce système de la cinquième république qui en fait vise à concentrer les pouvoirs entre une bande, ça a souvent été dit, de copains et de coquins, tout ce système-là, je crois qu'il faut le mettre à bas. C'est ça qui rend dans les sondages les gens aussi hostiles quand on leur dit qu'ils sont hostiles à la politique. C'est ça que ça veut dire. C'est qu'ils sentent bien que ce système-là est fait pour que les décisions leur échappent. La sixième république exige une assemblée constituante.
J'ai vu que, moi je défends ça depuis, je suis vieux, alors depuis 60 ans, j'ai vu que Marine Tondelier appelait récemment une assemblée constituante, nous appelons une assemblée constituante et ce serait en fait la vraie réponse pour sortir de l'instabilité qui a été ouverte depuis le 9 juin dernier par la décision de dissolution de Macron et toutes ses conséquences en cascade dont le fait qu'il n'y a pas de majorité, dont le fait qu'on n'arrive pas à avoir un budget correct et démocratiquement décidé, dont le fait que le gouvernement s'impose et s'enlise dans des histoires comme celle dans laquelle Bérou est actuellement enlisé à Bétaram.
Oui, mais enfin, cet argument-là churchillien de dire c'est le pire des systèmes mais j'en ai pas trouvé de meilleurs, etc.
C'est aussi un refus de la possibilité d'invention et dans le sens de Gérard Ferroche quand on parle de 6ème République, en tout cas, il y a des débats immenses à avoir sur quelle forme de régime parlementaire, quelle chambre, est-ce qu'on garde le Sénat, est-ce qu'on ne garde pas le Sénat, est-ce qu'on fait un bicamérisme, il y a plein de discussions intéressantes sur l'organisation des pouvoirs et aussi sur l'organisation peut-être d'une réflexion sur comment on fait en sorte qu'il y ait des institutions qui justement s'expriment comme des institutions publiques mais en dehors de l'État. Je rappelais tout à l'heure quand je disais l'État n'est pas neutre.
Je rappelle qu'il y a des institutions qui ont été le fait des luttes des travailleurs et des travailleuses, notamment la sécurité sociale et que l'État s'en est emparé pour en devenir gestionnaire justement contre l'intérêt des gens parce qu'on avait sorti de cet État au service d'une classe qu'en dire la gestion. Et donc du coup, les gens qui se défendent par cet argument, c'est des gens qui disent rien ne peut être inventé demain, il faut faire comme on l'a toujours fait au final ça nous arrange bien.
C'est ça que ça veut dire cette espèce de citation, je ne sais même pas si elle est apocryphe ou pas de Churchill, enfin elle a peu d'intérêt et elle est l'expression d'un manque d'imaginaire politique de la part de familles politiques qui sont inscrites dans la réaction et la conservation. Ce sont des conservateurs qui aiment effectivement la Ve République. C'est-à-dire c'est le fétiche absolu de la droite, la Ve République, tous, ils se rêvent tous en général de Gaulle, pas un n'est capable de faire vivre ne serait-ce qu'une seconde son héritage autant qu'en dire qui est plus que à mon avis fantasmé aujourd'hui. Peut-être Dominique Delipin est le dernier représentant mais même.
Et en fait, ce fétiche du régime présidentiel, ça crée des conditions politiques effectivement de détestation de la chose publique, la chose politique auprès de la population et donc oui, non, ça n'est pas un bon système. Encore une fois, juste pour préciser les possibilités de nomination, il y en a un qui est par le fait du président de la République, il y en a un c'est par la présidente de l'Assemblée et un par le président du Sénat. C'est ça, mais je veux dire, au nom de quoi, il y a peut-être des réflexions à avoir sur qui doivent être nommés ou quel doit être le contrôle démocratique citoyen sur le Conseil constitutionnel.
C'est des débats techniques compliqués parce que toujours, il y a un problème lorsque compétences et politiques sont collées. La politique ne doit pas avoir, ne doit pas être capturée par la notion de compétence, sinon ça veut dire qu'on n'est pas en démocratie. Si on veut le gouvernement des meilleurs, c'est de l'aristocratie, littéralement, étymologiquement, c'est-à-dire, on choisit quoi ? Des technocrates, c'est un problème politique. Donc la question de la compétence, c'est comment on a des structures qui sont saisies de gens qui techniquement peuvent faire advenir des idées. Ça fonctionne par exemple à l'Assemblée nationale. Moi, j'y ai travaillé. Qu'est-ce qui se passe ?
Vous avez des gens qui sont des spécialistes de la loi et lorsque vous avez une idée, une proposition à mettre en place, ils vous aident à construire. Et donc du coup, la question, c'est comment on gère ce lien entre compétences juridiques puisque c'est ça dont on parle dans le cadre du Conseil constitutionnel. La capacité à lire les textes, c'est pas facile, le droit, et de l'autre côté, un positionnement politique. Et toutes ces décisions sont politiques. Comme on l'a rappelé juste avant, les décisions de dire sur les retraites, pas de censure.
Je crois qu'à un moment, il y a même une décision quand la gauche a proposé qu'on tranche par référendum, le Conseil constitutionnel a dit attendez, dans l'article 11 de la Constitution, il parle de sujet économique mais la retraite alors qu'on venait de passer à un débat où on nous expliquait que c'était pour des questions d'économie budgétaire.
C'est hallucinant et donc du coup, oui, ça n'est pas un bon système on a dit aujourd'hui parce que ça permet du placement et du recyclage politique et que la question, c'est d'essayer de poser les conditions dans lesquelles on a ce débat sur quelles sont les meilleures conditions et que ce débat ne peut être tranché qu'encore une fois par un vrai débat, c'est-à-dire prendre le temps, ouvrir des conditions d'exposition d'arguments y compris en ayant des commissions qui font parler des juristes, qui font parler des gens qui ont des avis et ensuite qu'on tranche politiquement.
C'est-à-dire avec tout un chacun ayant le même droit peu importe sa compétence juridique ou non pour décider ce qui leur semble le meilleur pour organiser la structure de l'État.
Oui, écoutez Richard Ferrand, on a un peu l'impression que c'est l'immobilisme, que c'est comme ça et que ce ne sera pas autrement et qu'on ne fera pas autrement.
Bien sûr, c'est ce qu'il répète à toutes sortes de propos. Au niveau économique, on ne peut rien faire, c'est le there is no alternative des néolibéraux. Au niveau institutionnel, vous vous rendez compte, c'est soit nous, soit le chaos. Et puis quand il y a des phénomènes concrets de leur politique, ce n'est jamais leur faute, c'est la catastrophe naturelle. Ah mais c'est comme ça, tout d'un coup, il y a une tempête financière, tout ce vocabulaire un peu de la catastrophe, c'est vraiment un moyen de conserver les acquis des positions sociales que les gens occupent et des rapports de pouvoir tels qu'ils sont organisés aujourd'hui.
Alors on a beaucoup parlé de la nomination en elle-même, de sa nomination, mais on n'a pas encore trop abordé la réaction de l'opposition. On accuse notamment l'abstention des députés RN de la commission des lois sur ce vote qui aurait donc permis à Richard Ferrand d'être nommé. Sandrine Rousseau regrette cette absence du RN et doute de la réelle impartialité de Richard Ferrand comme patron du Conseil constitutionnel. On l'écoute.
La question c'est pourquoi pourquoi à chaque fois qu'il faut sauver Emmanuel Macron, le RN répond présent. Nous, nous avons été droits dans nos valeurs, c'est-à-dire que nous ne voulons pas qu'à la tête du Conseil constitutionnel puisse être mis un homme dont le parcours et les différentes fonctions entachent la confiance qu'on peut avoir dans son impartialité. Voilà, le Conseil constitutionnel c'est presque l'instance la plus importante de notre démocratie, c'est celle qui décide en dernier ressort. Il est très très important qu'il y ait une confiance extrêmement forte en cette institution. Il est aussi extrêmement important qu'on soit sûr de son impartialité.
Ferrand, à la tête du Conseil constitutionnel, c'est ne pas être sûr de l'impartialité.
Sandrine Rousseau n'est pas la seule à désapprouver la nomination de Richard Ferrand. Le député Les Républicains Olivier Marlex parle de complicité entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Écoutez ce qu'il disait en début d'après-midi
au micro de LCPI. Il n'y a pas eu 3 cinquièmes contre lui donc a priori c'est validé par l'Assemblée et par le Sénat. À une voix près et le pire c'est que c'est grâce à Marine Le Pen qui a donné une consigne d'abstention. Les députés du RN se sont abstenus et ont donc permis d'installer pour 9 ans le meilleur ami de M. Macron à la tête du Conseil constitutionnel. Il faudrait que le Rassemblement national que Marine Le Pen nous explique son petit jeu. Ça fait des années qu'elle se présente en opposante numéro 1 d'Emmanuel Macron et aujourd'hui l'imposture s'effondre. Elle est la meilleure complice d'Emmanuel Macron en permettant à une voix près à une voix près c'est-à-dire que M.
Ferrand est qualifié avec 2 cinquièmes seulement. C'est un score extrêmement faible. C'est le membre du Conseil constitutionnel qui sera le moins bien désigné le moins bien élu en quelque sorte grâce mais malgré tout grâce à Marine Le Pen à un siège paris. Il faut que Mme Le Pen nous explique. Et pourquoi elle a fait ça d'après vous ? Écoutez, c'est quand même totalement incompréhensible. Pourquoi est-ce que Mme Le Pen a fait ce choix ? On a évidemment envie de penser aux prochaines décisions que doit prendre le Conseil constitutionnel. On rappelle qu'il y a une QPC pour savoir si Mme Le Pen sera ou pas inéligible. Pour tout ça, ça sent quand même très fort le deal secret entre M.
Macron et Mme Le Pen.
Voilà, donc Olivier Marlex qui se demande pourquoi Mme Le Pen n'a pas poussé son camp à voter contre la nomination de Richard Ferrand.
Moi, je ne suis pas à la tête de Marine Le Pen. Dieu m'en garde. Mais on ne peut pas commenter des spéculations. C'est le problème. Ce qui est vrai, ce qui est dit là, c'est qu'il va y avoir une QPC. Pour expliquer de façon un peu plus accessible, une QPC, c'est une question prioritaire de constitutionnalité. C'est un mécanisme qui a été introduit dans la réforme constitutionnelle de 2008 et qui permet à des personnes qui sont engagées dans des procédures judiciaires de faire remonter une question, de contester le caractère constitutionnel d'une loi qui est appliquée, qui est applicable.
C'est-à-dire qu'en gros, vous contestez une décision en disant je pense que cette disposition n'est pas constitutionnelle, vous devez passer par les différentes juridictions, soit jusqu'au Conseil d'État ou à la Cour de cassation et ensuite, si elle est jugée valable, cette requête, elle va être examinée par le Conseil constitutionnel.
Et effectivement, il s'avère que dans l'actualité prochaine, en raison d'une QPC qui a été posée dans le cadre d'une affaire d'inégibilité d'un élu municipal à Mayotte, on va avoir à se prononcer sur la question de est-ce que la peine d'inégibilité qui est appliquée pendant, quand on dit, pendant le moment où quelqu'un qui serait condamné fait appel, est-ce que c'est constitutionnel ou pas ?
Et ça, c'est un vrai débat de juriste mais c'est un vrai débat qui devient un trait politique aujourd'hui parce qu'on le sait, le 31 mars, il va y avoir le résultat de l'affaire des procès pour des assistants parlementaires du Parlement européen dans lequel, pour l'instant, il y a une réquisition je crois déjà du parquet et Marine Le Pen risque gros, je ne sais pas s'il y a eu d'abord encore la réquisition, excusez-moi, mais en tout cas, on sait qu'elle risque non seulement d'être condamnée mais qu'elle risque une peine qui s'associerait directement à une peine d'inégibilité en raison d'une modification encore une fois des lois qui a été votée il me semble en 2017 à la suite de l'affaire Fillon c'est une loi encore une fois je ne sais pas j'ai plus le terme mais enfin pour en gros embellir la vie politique je ne sais plus je retrouverai le terme pardon bref tout ça pour dire que du coup de fait il y a des spéculations parce que les gens se demandent vu que Marine Le Pen joue gros sur cette question pourquoi elle s'est abstenue est-ce qu'il y a un deal avec Richard Ferrand ou pas je pense en tout cas que de fait ça ne coûte rien à Marine Le Pen de ne pas s'opposer à ce coup-là d'abord parce que ce n'est pas le message sur lequel elle capte l'attention de son électorat les questions d'un vote sur des questions très juridiques etc mais elle elle a son assise au sein de classes populaires sur d'autres questions c'est la mobilisation xénophobe et antisociale et que elle a aussi toujours joué un rôle de parti de l'ordre c'est-à-dire de dire quand l'état est faible etc on va quand même pas participer à l'instabilité c'était leur justification pour ne pas voter l'émotion de censure et donc en fait ce rôle de je suis sage je m'abstiens ça ne me coûte rien est en fait une position facile pour elle et pour le Rassemblement National
elle se place quelque part en garant un peu de la stabilité de l'état peut-être avec ce coup-là en tout cas Gérard Filoche vous est-ce que vous pensez qu'il y a un deal caché entre le RN et Emmanuel Macron comme le pense Olivier Marlex
moi personnellement j'en suis certain la réquisition elle a eu lieu c'était une réquisition on attend le jugement pour Le Pen le 31 mars elle se situe et elle résonne sur tous les aspects secondaires sur comment elle peut s'entendre avec le pouvoir en place pour éviter le pire pour elle il n'y a pas de c'est pas un mystère c'est l'invite le pire pour elle
ce serait donc l'inégibilité en 2027
bien sûr elle veut éviter ça elle fait des manœuvres pour l'éviter elle n'a pas censuré Bayrou Bayrou lui tend un petit peu avec la subversion migratoire des perches et elle-même elle laisse passer Ferrand c'est limpide
ok
en tout cas sur l'alignement de leurs intérêts politiques ça me semble évident je veux dire que le RN n'est pas un parti d'opposition puisqu'il est plutôt un parti qui monte les enchères quant à sa participation ou non à passer des textes c'est ce qui s'était passé sur la loi immigration qui va se passer sur le reste à chaque fois ils disent bon ben ce budget on ne veut pas parce que vous n'avez pas accepté telle et telle proposition qu'on soutient mais ils sont dans un jeu où ils incarnent tour à tour une fausse opposition quand ils en ont besoin et un soutien réel à la politique qui est menée parce qu'encore une fois ce qu'il faut comprendre c'est qu'il n'y a pas de désaccord fondamental en tout cas sur la vision sur l'instrumentalisation néolibérale de l'état ça il n'y a jamais de remise en cause du pactole qu'on donne aux milliardaires dans ce pays pour preuve juste et j'arrêterai là-dessus Jordan Bardella qui a fait des déclarations cette semaine pour expliquer qu'il pleurait la condition de Berna Arnault et de toutes ses grandes fortunes qui menaceraient de quitter le pays si on les imposait trop vraiment il y a une adoration à l'électorat d'extrême droite de ces figures qui pour eux représentent une forme de réussite un rêve qu'ils vendent encore une fois aux classes populaires et qui est un rêve inaccessible mais voilà c'est toute la du prix social que représente le Rassemblement National et sur ça ils sont d'accord avec la Macronie
J'ai une dernière question pour vous comment interpréter le vote contre des républicains à l'Assemblée et le vote pour la nomination de Richard Ferrand au Sénat
Ce sont des querelles d'appareils au sein de la droite ils se font des croche-pieds à peu près sur tous les cas j'ai une petite nuance avec eux est-ce que le RN est un parti d'opposition oui quand même il est par malheur pour nous tous s'il arrivait au pouvoir on le sentirait passer c'est un parti raciste et fasciste et ce serait qualitativement différent par toutes les conséquences antisociales qui en découleraient pour nous tous pour tout le salariat pour tous les syndicats pour toute la gauche et donc de ce point de vue par contre c'est vrai qu'il ne s'oppose pas au capitalisme c'est même le dernier recours du capitalisme ils sont là pour servir encore mieux si Macron s'effondre comme nous l'espérons tous et bien le RN dit je sauverai les riches je sauverai le grand capital je sauverai le CAC 40 et je matrai les mouvements sociaux qui se manifesteraient à ce moment là dans le sens c'est un parti d'opposition et dangereux ah oui non mais sur ça j'ai pas des accords sur la différence qualitative immense qu'il existerait entre la forme autoritaire assez bonne à partie du pouvoir actuel et ce que représente l'extrême droite le danger qu'il représente et toute l'ADN historique qu'il a et qui est déployée aujourd'hui à travers d'autres vocabulaires mais d'autres formules on a parlé submersion migratoire etc c'est la même essence donc pas de désaccord là dessus je disais sur un point de vue purement de politique parlementaire et effectivement c'est une bataille d'appareils la meilleure preuve c'est quoi c'est qu'en fait Laurent Wauquiez Titi Bruno Rotaillot qui est au gouvernement qui essaye d'être au gouvernement dans le but de refaire carrière à droite c'est à dire de s'emparer de l'appareil ils sont tous les deux candidats à la présidence de leur parti et quand dire voilà au Sénat on se rappelle que l'ancien président du groupe du Sénat LR c'était Bruno Rotaillot donc je suppose qu'il a encore du poids politique pour pouvoir voilà exprimer au contraire qu'il est au service de la Macronie le temps que ça lui sert pour pouvoir lui voilà miser sur la récupération du pacte électoral post-Macronie de la droite quelle va être la recomposition de la droite ça c'est un sujet qui va aussi faire l'enjeu politique des prochaines élections est-ce que le bloc macroniste persiste est-ce que la droite refait l'OPA dans le sens inverse ou pas et comment ils vont se disputer l'espace électoral
merci merci du coup pour ces réponses et ces déclarages on va pouvoir désormais passer à un deuxième sujet d'actualité brûlant la motion de censure déposée par le PS après avoir refusé de voter les motions de censure déposées par le reste de la gauche lors de l'examen des textes budgétaires les socialistes franchissent donc le pas cette fois-ci pour protester contre les victoires culturelles offertes selon eux à l'extrême droite par le gouvernement Bayrou le texte est présenté comme une réponse à la trumpisation du débat public et à l'expression de sentiments de submersion migratoire employés par le chef du gouvernement le premier ministre a repris les mots funestes de Jean-Marie Le Pen critique les socialistes dans cette motion de censure elle est à l'examen depuis 17h30 mais a évidemment peu de chances d'aboutir le RN et ses alliés sociotistes ont en effet décidé de ne pas joindre leur voix à celle de la gauche vous qu'est-ce que vous pensez de cette nouvelle motion de censure déposée par le PS
je peux me permettre le PS a eu grand mentor de ne pas voter les premières motions de censure et celle-ci apparaît un peu comme un placebo à la place de ce qu'il n'a pas voté tout devait être fait pour bloquer le budget Bayrou qui est un budget réactionnaire pire que Barnier et toute la gauche aurait dû voter les précédentes censures il faut quand même savoir qu'il y a 20 partis dans le NFP 20 des gros et des petits moins connus et il y a 6 partis dans le NFP dans le nouveau franc populaire qui ont des députés 6 et bien il y en a 5 qui ont voté les premières censures le PS aurait dû serait-ce que par solidarité par inclusivité à l'intérieur du NFP voter le problème c'est que dans le PS il y a eu une crise dans son groupe parlementaire il y avait 36 qui ont refusé de voter la censure les censures précédentes et 30 qui étaient pour voter les censures précédentes sur les 30 il y en a 8 qui ont voté la première censure 6 qui ont voté la deuxième censure et à la fin il n'en restait plus qu'un seul qui a voté l'autre censure c'est-à-dire qu'en fait ceux qui ont bravé le vote et étaient indisciplinés ont petit à petit reculé parce que le climat s'est envlimé qu'ils ont été traités de traîtres de vendus de pourris de machins de tout ça et évidemment ça renforçait les 36 qui ne voulaient pas voter la censure puisque les 36 disaient on ne va pas se plier aux ordres de LFI ce n'est pas comme ça qu'il faut fonctionner tandis que les 30 disaient il faut participer avec le nouveau Front Populaire ça s'est retrouvé en vote dans le bureau national puis dans le groupe parlementaire et dans le bureau national Olivier Faure qui est le dirigeant qui dirige avec une relative majorité puisqu'il a 51% des voix contre 49 il a dit dans ce cas-là je vais faire une autre censure vous n'avez pas voulu voter a-t-il dit à Hollande en le traitant de dinosaure vous n'avez pas voulu voter l'émotion précédente alors je vais vous déposer une autre censure et on va prendre le thème de la subvention migratoire de la politique générale de Bayrou et il a gagné par 59 voix contre 4 au sein du bureau national il faut expliquer ça aux gens parce que sinon ils ne comprennent pas ils mélangent tout à propos du parti socialiste qui va tenir son congrès le 7 juin prochain et ce qui est en jeu dans le 7 juin prochain et un peu dans ce débat avec cet aller-retour au sein du parti socialiste c'est un débat démocratique au moins eux ils tiennent des congrès comme dit l'autre et donc dans leur congrès ils vont avoir à trancher entre l'aile droitière et puis l'aile fort c'est le moment où il faut réfléchir parce que nous on est pour le FP 7 millions d'électeurs ont voté à NFP ça n'a pas été une grosse erreur ça a été une chance c'est ça qui nous a permis un sursaut c'est ça qui a empêché le rassemblement national d'être au pouvoir et donc parce que sinon Macron ne m'ébardait là c'était sûr et donc là on est arrivé à se poser la question qu'est-ce qui arrive alors c'est un désaccord déplorable mais il faut surmonter ce désaccord c'est pas le moment du tout de dire je sais pas moi c'est tellement dévendu que le PS est égal c'est des traites ils sont égales au rassemblement national surtout pas le moment de dire ça il faut garder la tête froide regarder et quelles sont les forces qui composent le NFP et il faut essayer de revenir à la crise d'ailleurs en fait tous les partis de gauche le font puisqu'ils vont tous voter la motion de censure du PS même après ce que j'en ai dit et donc c'est mieux ça et puis après il faudrait qu'il y ait des réunions au sommet du nouveau Front Populaire entre les partis pour excusez-moi l'expression mais reconstruire rebâtir redonner de la confiance arriver à ce que ça fonctionne plus comme ça et qu'à ce tour de rôle il n'y en ait pas un parti qui tire dans un sens ou dans un autre vous savez je conclue là-dessus mais qu'est-ce que c'était Hollande une trahison pratiquement sans précédent de la gauche et du parti socialiste il a liquidé le parti socialiste quasiment il l'a ramené de 180 000 membres en 2012 à 18 000 membres en 2018 vous vous rendez compte de la politique de Hollande qui c'est Hollande Hollande c'est Blair c'est Schroeder c'est Stermer chez Scholz il est minoritaire on a intérêt nous la gauche à ce qu'il reste minoritaire on a une chance d'avoir pour l'instant une direction du PS qui veut rester en NFP c'est une chance l'union de la gauche sans union de la gauche nul ne peut gagner bon bah moi ma réaction c'est que cette motion de censure c'est effectivement une gesticulation parlementaire un peu ridicule de la part du part socialiste qui quand dire en fait veut se dédouaner du geste fondamental qu'il a posé en ne votant pas la motion de censure sur le budget c'est à dire qu'il a dit concrètement je ne veux pas boquer le budget en validant le récit de la Macronie qui était il n'y a pas de budget il n'y aura un problème ça va être l'enfer ce qui était faux puisqu'il y avait une loi spéciale de rectification budgétaire qui permettait de repartir des crédits votés c'est à dire du budget précédent qui était déjà un mauvais budget mais qui était beaucoup moins que celui qui était proposé et ils se sont bien rendu compte qu'à gauche ça faisait tâche parce qu'effectivement ils étaient seuls ils l'ont fait pourquoi ?
parce qu'il y a plusieurs parts socialistes il y a effectivement une aile droite qu'on a déjà connue au gouvernement et qui a été une catastrophe et il y a une aile qui fait semblant de ne pas être en accord profond avec François Hollande et un certain nombre de ses représentants de l'aile droite qui eux au moins affichent leur conviction et Olivier Faure je rappelle que pendant le mandat de François Hollande il était vice-président du groupe socialiste il faisait la chasse aux frondeurs et ce n'est pas illustré comme étant la gauche du PS comme l'ont pu l'être des figures que ce soit monsieur Filoche ou d'autres Limman ou d'autres ce n'est pas du tout ça et en fait le part socialiste en faisant cette motion de censure il essaye de se redonner des couleurs à gauche parce qu'il a bien senti que ça l'exposait à quelque chose et que personne ne croyait à son histoire je suis obligé de le dire je vais citer François Bayrou
j'allais y venir est-ce que je peux vous lire ce que François Bayrou a dit à l'Assemblée nationale tout à l'heure il a dit c'est la motion de censure la plus cousue de fil blanc de toute l'histoire parlementaire et ensuite il a ajouté une motion de censure à blanc après avoir à juste titre refusé 4 motions de censure à balle réelle
voilà et je peux même compléter il a dit c'est une motion de censure pour faire semblant là il cite François Hollande qui avait expliqué que s'il y avait un risque de faire tomber le gouvernement alors la motion de censure ne serait pas déposée ou ne serait pas votée ou qu'il s'arrangerait pour ne pas la faire aller jusqu'au bout ce qui veut dire un détournement complet de l'utilisation d'une motion de censure et le fait qu'il n'y a pas de volonté de faire tomber le gouvernement et d'approfondir la crise politique pour pouvoir obtenir une situation de rupture avec l'ordre actuel et il a vous le jouté François Bayrou il s'agissait d'enlever à Jean-Luc Mélenchon un angle de sarcasme contre le part socialiste mais vous aurez les sarcasmes et vous aurez le ridicule je pense que c'est ce qui se passe ce soir j'ajoute une chose sur le fond quand même c'est que le part socialiste prend pour prétexte dans cette position de censure la réutilisation du vocabulaire de l'extrême droite par le premier ministre subversion migratoire sur le fond effectivement c'est un problème qu'on est toute une droite française et là toute complètement sous perfusion des idées racistes de l'extrême droite mais ce que je veux dire c'est que le part socialiste là il l'utilise comme un prétexte encore une fois pour se donner des couleurs à gauche pourquoi ?
parce que quand il a été au pouvoir le part socialiste il y a un certain Manuel Vasse regardez les discours de Manuel Vasse regardez ce qu'il dit sur l'immigration illégale sur le fait qu'il s'est vanté d'avoir fait plus d'expulsions que sous Nicolas Sarkozy ça c'est ce que le part socialiste fait concrètement quand il est au pouvoir donc moi les prétentions d'Olivier Ford ressembler à autre chose je n'y crois pas une seconde moi je regarde et je rejuge sur les faits et d'ailleurs à la fin contradiction dans le texte de la motion de censure après avoir voilà parlé de ces questions de l'immigration et d'utilisation du vocabulaire de l'extrême droite et du risque que représente un gouvernement sous perfusion du rassemblement national ce qui en effet est un risque et une réalité il nous explique que c'est aussi cette position de censure pour lutter contre la remise en cause du modèle démocratique la remise en cause du contrat social la dérégulation économique et le saccage de la planète mais le budget qu'ils n'ont pas voulu censurer c'est aussi un saccage de la planète moins de 2 milliards à l'écologie le contrat social de la part du gouvernement François Bayrou qui succède à 7 ans de Macronisme qui avait déjà été ministre à l'époque c'est toujours des prétextes et c'est ça le problème c'est que c'est une gesticulation parlementaire pour régler deux choses d'abord des comptes de congrès et ça je pense que Gérard Filoche l'a très bien démontré et d'autre part encore une fois un jeu de posture le part socialiste il est en posture parce qu'il est en suspens je rappelle qu'effectivement il a vraiment fait un score ridicule qu'il était on va dire presque en mort clinique et que la gauche l'union l'a aidé à reprendre des couleurs mais que son destin n'est pas encore complètement fixé moi j'ai l'habitude de dire il est suspendu au dessus des poubelles de l'histoire et je veux dire pour l'instant il gesticule mais vous avez un poulet mort il peut encore marcher pendant quelques mètres la question c'est pas c'est qu'est-ce qui se passe par la suite et qu'est-ce qu'on peut faire avec pour l'instant pas grand chose
Jérard Filoche
je peux me permettre le cœur de mon désaccord et ce que vous avez dit c'est quand vous dites en gros tout ça c'est des faux semblants et tout ça c'est des jeux de posture je vous dis non c'est les luttes de classe qui traversent le parti socialiste c'est un vrai débat c'est une vraie bataille ça sera pas la même chose si c'est l'aile droite qui reprend le pouvoir dans le parti socialiste c'est-à-dire les Schröder les Blaire et les Cermer et les Scholz ça sera pas la même chose que ce que nous avons actuellement avec un parti socialiste qui est dans le nouveau Front Populaire les autres sortiront du nouveau Front Populaire ils deviendront nos adversaires et tous les médias des gros milliardaires macroniens leur feront un pont d'or ils n'aiment pas aujourd'hui fort parce qu'il est dans le NFP la seule chose qui peut faire peur au CAC 40 au MEDEF c'est le NFP aucune de ces composantes seule n'a aucune chance de gagner dès qu'il y a le NFP éclaté la bourgeoisie gagne et le RN gagne sur le compte de la bourgeoisie donc il faut protéger le nouveau Front Populaire il faut discuter avec le parti socialiste malgré la divergence qui est survenue sur le budget c'est un vrai débat et pas une question de posture pas une question de poubelle de l'histoire c'est une question de vie et de mort pour la gauche toute entière et il faut à chaque fois qu'il y a des insultes on dit le PS c'est ceci c'est cela contre lui ça nourrit Hollande chaque fois qu'on tend la main ça nourrit fort et cette bataille politique à l'intérieur si tu y participais moi j'y ai participé pour un certain nombre de décennies donc je sais bien elle a de l'importance le jour où par exemple en 2005 Mélenchon avait passé synthèse avec Hollande et fait avec les ouiistes contre nous qui avions défendu le non je peux te dire que ça avait une importance c'est à dire qu'on est passé à peu près de 52% des voix dans le PS et d'un vote majoritaire le 29 mai 2005 en faveur du non à une majorité qui dans le PS a ratiboisé la minorité que nous étions gauche socialiste et avec Mélenchon a préparé le vote du traité de Lisbonne c'était pas une question de posture c'était pas une question de faux semblant c'était une question politique qui mettait en jeu les forces sociales de tout notre pays et ce que je n'apprécie pas c'est qu'on prenne un parti et puis qu'on dise voilà c'est quoi la poubelle il ne faut jamais parler comme ça il faut respecter les gens mais vous l'avez dit vous même le parti socialiste dont vous parlez j'écoutais les filles j'écoutais les filles je suis en colère de temps en temps parce que là Jean-Luc Mélenchon dimanche dernier a dit j'ai fait une grosse bêtise en faisant le NFP je me suis dit il y a 7 millions d'électeurs qui vont mal le prendre c'est pas bon et donc je passe mon temps à essayer quand je peux m'exprimer de rabibocher si vous me passez l'expression et de dire il faut se mettre autour de la table il faut qu'il y ait des comités de base du Front Populaire pour que tous les militants puissent arbitrer il faut qu'il y ait une discussion unitaire mais si quelqu'un croit que c'est en se séparant ou en traitant le PS de poubelle ou en faisant des affiches parce qu'il y en a une quand même où il y a une affiche où il y a le côté de Ford et le côté de Le Pen avec les nouvelles alliances signées et les filles il n'y en a pas une il y a 6 je les ai recensées toutes je me suis dit mais quels sont les esprits qui sortent ça c'est précisément un scandale c'est mortifère ça ressemble aux affiches du SPD allemand et du KPD allemand quand ils se battaient l'un contre l'autre
on va donner la parole
ils ont laissé passer j'arrête ils ont laissé passer ils ont laissé passer et donc il faut arrêter il faut respecter les militants les électeurs socialistes ils sont plusieurs millions on a besoin d'eux pour gagner déjà on respecte les gens qui sont et qui font preuve d'actions respectables en l'occurrence c'est pas ce qu'a fait le Parte Socialiste récemment ni dans sa courte histoire la parlementaire dans le cadre du NFP ni bien avant encore une fois au pouvoir qui a effectivement ruiné énormément d'espoir à gauche quand vous dites le Parte Socialiste c'est un parti qui est traversé par les enjeux des classes quand vous l'avez connu quand vous étiez au PS avec 180 000 adhérents j'entends j'entends qu'on peut dire qu'il y avait des syndicalistes qu'il y avait des représentants des parents des familles on sait qu'il y avait une galaxie autour aujourd'hui vous le dites vous même il a ramené le Parte Socialiste à peau de chagrin et je ne crois pas que ce Parte Socialiste effectivement est traversé d'une de la classe je pense qu'il est traversé par des intérêts entre deux gauches qui ne voient dans le NFP pour l'un un adversaire c'est clairement le cas du Parte Socialiste de François Hollande je rappelle d'ailleurs que la stratégie de repli des hollandistes dans le Parte Socialiste est liée au fait que les initiatives portées à côté celles de M.
Cazeneuve par exemple et de son parti je ne sais même plus quand il s'appelle ont complètement échoué et que du coup ce repli à l'intérieur du Parte Socialiste était un repli tactique mais qu'ils étaient déjà des adversaires ils se sont déclarés adversaires ils ont eu des déclarations d'adversaires en disant contre le NFP ou expliquant que ce n'est pas la bonne façon de faire jusqu'au moment où ils ont pu avoir des opportunités pour trouver un strapentin politique face à une gauche qui a utilisé le NFP pour essayer de reconstruire la boutique socialiste et je n'ai pas dit que c'était une poubelle non j'ai dit qu'ils étaient suspendus au-dessus des poubelles de l'histoire c'est-à-dire que leur sort était incertain et qu'il était incertain et que peut-être que leur place est dedans ça c'est les convictions que les gens ont moi je ne me suis jamais caché du fait que je pensais que ce ne serait pas un problème de ne pas avoir de part socialiste parce que systématiquement contrairement à ce que vous dites Olivier Faure n'est pas détesté par la bourgeoisie ou n'est pas vu comme un ennemi il est vu comme une ressource j'en veux pour preuve le fait qu'à chaque fois qu'il a fallu taper sur ses camarades de gauche sur les positions sur la question palestinienne sur le caractère trop radical du ton ou des propositions de la gauche et bien on a utilisé on a tendu le micro à Olivier Faure et à d'autres personnels de cette gauche un peu molle là qui est toujours prêt pour valider le discours quand dire du pouvoir sur l'opposition politique quand elle représente un risque et quand elle représente une rupture non mais je veux dire vous avez parlé longtemps juste vous avez eu raison sur une phrase vous avez dit il faut protéger le NFP et protéger le NFP c'est protéger son programme de rupture c'est protéger le contenu programmatique sur lequel il s'est bâti et c'est pour ça que c'est le protéger du parti socialiste qui à chaque fois qu'il vient demande à diluer le contenu programmatique en reculant celui de la NUPES vers celui du NFP et à chaque fois en remettant en cause on l'a bien vu dans ces négociations on est contre la retraite et la proposition d'Emmanuel Macron et puis après on demande une suspension temporaire et puis après une suspension pour six mois et puis ensuite plus rien c'est ça le parti socialiste en l'action et c'est ça le problème pour la gauche de demain
Gérard Philo je vous laisse répondre rapidement rapidement à Paul Ellec et après on base à la question d'après
je dirais que le parti socialiste dirige une ville sur trois environ 10 000 il dirige 31 départements sur 101 un tiers il dirige 7 régions sur le nombre de régions actuelles il a 66 députés et 58 sénateurs et 14 députés européens c'est plus de 100 ans d'histoire c'est un héritage politique il est le même depuis 1905 c'est un parti ouvrier bourgeois c'est-à-dire que la tête est dans les ordres de la république et le corps est dans le salariat il dépend des rapports de force entre les classes et les hauts et les bas de ce parti en dépendent il y a des gens qui disent ouais il a travaillé sous Hollande mais c'était pire sous Guy Mollet ouais mais c'est depuis 1983 mais c'était pire sous Guy Mollet et quand on veut analyser on voit chaque fois qu'il y a des critères beaucoup je reproche à beaucoup de commentateurs de prendre je ne sais pas quoi le dernier propos de Gage ou le dernier de Cazenov ou de Valls bon Valls et Cazenov ne sont plus OPS Gage y est encore mais il n'a pas voulu l'UNFP c'est pas comme ça qu'il faut raisonner pour aborder un parti un parti se définit parce qu'il a une nature de classe je conteste la nature de classe du Parti Socialiste regardez les travaux de l'un meilleur il se partit la nature de classe du Parti Socialiste qui se définit avec 5 critères la jeunesse la référence programmatique générale la continuité organisationnelle les liens sociaux électoraux et les liens avec les organisations syndicales vous savez que dans ce pays il n'y a rien la CFDT c'est un syndicat de 600 000 membres parfois il s'attribue d'être devant la CGT je conteste un autre jour mais on ne peut pas dire que le PS est rabougri et qu'il n'est rien il n'a que 18 000 membres mais il y a beaucoup dans notre classe sociale le salariat étant pluraliste qui se reconnaissent en lui des millions et donc on ne peut pas se passer et quand tu dis je conteste la nature de classe et bien c'est simple à ce moment là il est de droite mais s'il est de droite il faut arrêter ah non non non il n'y a pas de milieu il y a deux classes fondamentales la gauche et la droite il y a deux camps ce ne sont pas des classes ce sont des opinions idéologiques politiques qui s'expriment différemment et je le redis il faut regarder la composition électorale du vote du Parti Socialiste ça n'est pas le salariat dans toutes ses dimensions c'est un salariat particulier très diplômé qualifié etc le salariat c'est 90% des actifs 90% des actifs le salariat en est 30 millions je ne vais pas m'apprendre ce que c'est le salariat je sais que vous êtes ancien inspecteur du travail peut-être que je dirige vers ça un jour parce que je fais ma thèse en sociologie du travail et c'est ce que j'enseigne à l'université mais néanmoins justement si on regarde en détail le collectivitatif par exemple de l'électorat qui est un des critères que vous avez donné il ne représente pas n'importe quelle part du salariat c'est un salariat d'encadrement extrêmement diplômé dans des positions quand même plus privilégiées que d'autres et que justement c'est aussi cet ancrage social dans un certain nombre de catégories sociales plutôt favorisées du salariat qui l'a amené à renoncer à un certain nombre de ces propositions qui faisaient le coeur de la proposition socialiste au sens propre du terme et vous avez raison moi je ne vais pas vous dire que Guy Mollet c'était mieux c'était absolument terrifiant la participation quand dire aux aventures coloniales ce que vous voulez il y a énormément de choses à reprocher à l'histoire socialiste c'est pour ça que je n'ai jamais été membre d'une organisation socialiste peut-être l'UNEF dans lequel les socialistes nous posaient énormément de problèmes je dois l'avouer mais la question c'est donc quel rôle ils jouent et pour l'instant ce que je vois c'est qu'ils sabotent généralement les possibilités d'unité par leur capacité à retirer du contenu problématique au moment où justement la crise politique la crise sociale nous amène à réfléchir à comment sans une option de rupture c'est-à-dire une opposition au patronat que vous appelez une opposition réelle et bien on n'a pas de solution on a une solution c'est d'être de nouveau associé à l'usage que fait actuellement le gouvernement du pouvoir et qui est un usage antisocial extrêmement raciste et dangereux pour la population et il faut qu'on sorte de ça et on était sortis de ça en partie grâce à l'alliance NFP mais ils l'ont rompu Gérard Filoche pour l'élec
on va passer à la question suivante et à la dernière question si on se recentre un peu sur la motion de censure et sur le PS j'aimerais bien qu'on puisse se projeter dans les prochains mois et est-ce que vous pensez que le NFP pourra se restructurer et faire bloc à l'avenir est-ce qu'il y a des batailles symboliques qui pourraient rassembler tout le monde et à quelle occasion ?
Bon effectivement moi je ne suis pas partisan de l'idée que les organisations politiques toutes seules décident de comment les choses vont se passer et que souvent il faut qu'elles soient poussées de l'extérieur par des mouvements réels des gens qui s'organisent et qui demandent des choses on l'a vu sur les questions antiracistes et l'agenda de certains partis compris la France Insoumise par rapport aux mobilisations qu'il y a eu dans les quartiers populaires et sur tous les sujets on pourrait dire la même chose le mouvement écologiste qui a permis de dire on sort on va dire le logiciel marxiste du productivisme etc etc et donc la question c'est qu'est-ce qui est concrètement organisé et qui permet de rassembler sur la question de la Signe République qu'on évoquait tous les deux au début je pense que ça c'est un des enjeux effectivement Marine Tondelier en a parlé et en fait c'est quelque chose qui correspond aussi à la période crise politique crise institutionnelle donc réponse de rupture avec les institutions pour discuter ça ça peut être un point de rassemblement qui n'a pas toujours fait accord à gauche et qui maintenant ça se solidifie donc sur ces questions peut-être qu'il y a un enjeu sur d'autres on verra mais ça dépendra aussi des mobilisations et de ce que font les gens c'est-à-dire la base réelle du peuple de gauche si on peut s'exprimer ainsi et quelles sont les initiatives moi ce qui me fait peur c'est que pour l'instant on a une difficulté moi je suis par exemple syndiqué dans ma fac on va perdre des millions d'euros de budget parce qu'il y a 1,5 milliard d'euros de moins au budget pour l'instant j'ai pas vu une réunion syndicale alors on a organisé une action là moi je suis pas payé par la fac par exemple parce qu'ils ne sont pas mensualisés contrairement à ce que la loi oblige donc on est en train d'organiser les gens pour se dire on va aller attaquer la fac on va attaquer au sens juridique du terme pardon il faut que je précise quand même et on essaye mais sur ces questions de budget quand est-ce qu'on bouge et ça moi j'attends beaucoup aussi de voir qu'est-ce que va faire la sphère syndicale ça aussi était un des moyens de la construction du NFP de dire c'est pas la NUPES c'est pas un cartel des partis c'est quelque chose de plus c'est quelque chose qui engage plus sauf que depuis bon bah voilà on a bien vu que chacun temporisait dans son coin et là pour l'instant on a besoin en tout cas je finirai dessus pour que le NFP reprenne des couleurs on a besoin que cette position de rupture elle soit aussi un moyen de renégociation des rôles très très hémiplégiques j'allais dire qu'ont les organisations c'est-à-dire les partis c'est les idées le syndicat c'est la lutte sociale les associations c'est la solidité concrète et on a une espèce de tripartition comme ça qui est un héritage du 20ème et du 19ème mais il y a des choses qu'il va falloir faire pour que ça bouge
Gérard Filoche une dernière réaction avant de clore ce débat
je partage tout ce qui a été dit et j'en rajouterai si j'avais le temps en faveur des comités de base des comités des collectifs des réunions sur le terrain il faudrait éditer le programme du nouveau front populaire il faudrait le diffuser à des millions d'exemplaires il faudrait faire des réunions dessus pour étudier partie par partie il faudrait défendre la partie sur l'immigration défendre la partie contre la politique de l'offre il faudrait expliquer comment il faut faire les 32 heures comment il faut reconstruire le code du travail comment il faut réguler la sous-traitance parmi les campagnes que je vois pour le nouveau front populaire moi j'en vois une c'est sur la base de ce programme comment on parvient à un candidat unique à la présidentielle c'est à dire qu'on fasse qu'on puisse passer le premier tour cette fois-ci avec un candidat unitaire qui représente toutes les composantes de la gauche j'en vois une deuxième c'est sur la question des retraites parce qu'on est le 19 février demain la cour des comptes va rendre son étude flash sur la question des retraites et va essayer de justifier les 64 ans et bien il faut nous faire campagne pour abroger les 64 ans puisque ça va se discuter entre demain et fin mai c'est à dire le 15 mai le conclave conclave conclave conclave de Bérou doit rendre un avis et donc voilà au moins deux sujets de campagne de façon précise sur laquelle on pourrait tous si on avait des meetings avec les orateurs dirigeants il faut que tous entre guillemets les chefs à plumes des partis soient sur les mêmes tribunes sur ces campagnes là et il faut trouver les modalités pour faire discuter publiquement massivement les gens pour qu'ils choisissent un candidat commun qui les représente tous pas qu'ils s'imposent à eux mais qui les représente tous t'as raison c'est pas les partis seulement qui doivent le faire ça doit se faire par les comités ça doit se faire par tous les votes populaires possibles pour arriver à un candidat commun et c'est la seule chance qu'on gagne
merci merci beaucoup Gérard Filoche pour votre présence et votre intervention merci Paul-Elec merci et merci à vous d'avoir regardé toujours debout n'hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez en commentaire si vous nous regardez par Youtube et via email si vous nous regardez à la télé continuez à nous soutenir à soutenir votre média un média qui vous garantit une information libre alors abonnez-vous à partir de 5 euros par mois ou devenez même sociétaire de notre coopérative rejoignez-nous dès maintenant sur soutenez.lemédiatv.fr très bonne soirée sur le média à la télé
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