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Podcast / conversationSUDRADIO· 17 juillet 2026 8 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & famille

Laurent : "A l'adolescence, j'ai réalisé que ma mère était assez volage"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    Nous retrouvons Laurent. Bonjour Laurent, merci d'être avec nous.

  • 0:06OuverteRéponse directe

    Alors vous, ça a plutôt bien démarré, jusqu'à 10-12 ans.

  • 0:33OuverteRéponse directe

    Il faut un peu couper le lien si on veut s'envoler, oui.

  • 0:57OuverteRéponse directe

    C'est aussi belle que vous l'imaginiez, enfant.

  • 1:02OuverteRéponse directe

    C'est-à-dire que vous aviez donc forcément, vous en étiez donc forcément rendu compte avant votre âge de 10-12 ans, mais vous ne l'avez pas impacté, si je puis dire.

  • 1:15OuverteRéponse directe

    C'est-à-dire que c'est au moment de la puberté que vous réalisez à quel point le fait que votre mère était volage vous a peut-être marqué plus que vous ne le pensiez, c'est ça ?

Temps de parole

  • Invité50 %
  • Présentateur33 %
  • Présentateur 218 %

11 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Nous retrouvons Laurent. Bonjour Laurent, merci d'être avec nous.

0:03
Invité

Oui, bonjour Brigitte, bonjour Gaëlle.

0:05
Présentateur

Bonjour Laurent. Alors vous, ça a plutôt bien démarré, jusqu'à 10-12 ans.

0:10
Invité

Oui, c'est ça, voilà. Je ne peux pas me plaindre. Enfin, du moins, je n'ai peut-être pas encore assez fait de recul pour tout ce que je me rappelle et de ma vie. Ça a été très très bien, une enfance très très bien. Après, c'est après arriver à l'adolescence que ça a commencé un petit peu parce que je pense qu'arriver à l'adolescence, on a un passage où on commence à se rendre compte, on désacralise nos parents, je pense.

0:33
Présentateur

Il faut un peu couper le lien si on veut s'envoler, oui.

0:37
Invité

Je pense que c'est à ces moments-là que ça arrive. Et moi, ça m'est arrivé aussi. Bon, j'ai un frère aussi, donc ça lui est arrivé aussi. Mais on est différents, ce n'est pas la même chose. Mais voilà, quoi. Donc moi, je me suis aperçu que ma mère était un peu volage et que mes parents, ce n'était pas une relation, on va dire, d'amour spécifique.

0:57
Présentateur

C'est aussi belle que vous l'imaginiez, enfant.

1:00
Invité

Voilà, voilà.

1:02
Présentateur

C'est-à-dire que vous aviez donc forcément, vous en étiez donc forcément rendu compte avant votre âge de 10-12 ans, mais vous ne l'avez pas impacté, si je puis dire. C'est-à-dire que c'est au moment de la puberté que vous réalisez à quel point le fait que votre mère était volage vous a peut-être marqué plus que vous ne le pensiez, c'est ça ?

1:28
Invité

C'est ça. Puis après, on se rend compte, puisqu'on découvre les choses de la vie. Arrivé à l'adolescence, à 12-13 ans, on commence à courir après les filles et tout et tout. Et donc, voilà.

1:39
Présentateur

Et donc, est-ce que ça a donné l'impression que les femmes, de toute façon, elles sont infidèles ?

1:45
Invité

J'avais aucune confiance en femmes. C'est ça, d'accord. Arrivé à 16, vers... Enfin, disons que j'ai eu une relation relativement de bonheur vers 14 ans. Après, il y a eu un petit passage à vide, mais à partir de 15-16 ans, ça a rebougé, quoi. Après, j'avais une consommation excessive. Mais ce n'était pas du tout... Je n'avais pas du tout de...

2:14
Présentateur

Alors, justement, est-ce que vous avez conscientisé pourquoi vous aviez une consommation excessive ?

2:21
Invité

Justement parce que je ne voulais pas tomber amoureux parce que je pense que j'avais confiance aux femmes.

2:26
Présentateur

Oui, oui, oui. Je m'attendais à cette réponse, mais c'est bien de le dire pour ceux qui nous écoutent.

2:32
Invité

Ni de respect, je tenterais à dire.

2:34
Présentateur

Ni de respect ?

2:36
Invité

Quelque part, j'ai peut-être voulu me venger. Quand je dis respect, il n'y avait pas de violence, il n'y avait rien, mais c'était, je vous dis, de la consommation d'un soir, quoi. Point barre, voilà.

2:47
Présentateur

Elle ne méritait pas votre cœur ?

2:50
Invité

Certainement, c'est ça.

2:52
Présentateur

Elle n'avait droit qu'à votre sexe ?

2:54
Invité

Oui.

2:55
Présentateur

Parce que ça aurait fait trop mal de donner votre cœur ?

2:58
Invité

Voilà, c'est ça. De ce que disait Gaël, la protection.

3:03
Présentateur

Merci, parce que votre témoignage montre bien comment on se protège pour ne pas souffrir. Et comment... En fait, tous autant qu'on est, on rentre en relation, alors surtout ce que j'appelle en primo-excellence, c'est les premiers couples, on rentre en relation à partir des peurs qui ont été construites dans l'enfance. Qu'elles soient conscientes ou pas. Et donc, vous, Laurent, vous avez évidemment associé ou féminin à quelque chose d'extrêmement instable, d'extrêmement peu fiables. Et du coup, l'idée, c'était de rentrer en relation à partir de cette peur-là. Et vous aviez construit cette stratégie de protection. Et nous sommes... On est tous logés à la même enseigne, en fait.

On rentre en relation avec l'autre à partir de nos peurs. Et on va chercher, du coup, à se sécuriser, soit en s'engageant pas, soit en allant chercher, à l'inverse, d'une certaine façon, l'opposé de notre mère, c'est-à-dire une femme qui, d'apparence, va donner une sensation, une image de quelqu'un d'extrêmement sérieux, stable, etc. Et on pense, à ce moment-là, pouvoir être amoureux, en fait. Mais en fait, c'est simplement qu'on a tellement peur d'être confronté au féminin instable qu'on va rentrer depuis cette peur. Et pas depuis l'amour. C'est ça.

4:22
Invité

C'est ça, tout à fait. Et vous en êtes...

4:24
Présentateur

Oui, allez-y, je vous en prie, Laurent. Non, non, allez-y.

4:28
Invité

Ben, après, oui, j'ai commencé à... Je l'ai compris il y a quelques années de ça. Moi, j'ai 55 ans, donc... Après, je suis tombé amoureux. Ça m'est tombé dessus, comme on dit. Tombé amoureux, quoi, d'une femme. On est restés 29 ans ensemble.

4:44
Présentateur

Ben, quand même, c'est bien.

4:46
Invité

Oui, oui, oui. C'est elle, comme j'ai dit. Elle nous a auto-séparés. Alors, je n'ai pas exactement les raisons. Mais disons qu'au début de la relation, j'étais... Alors, pas dans un sens où je n'en ai rien, mais extrêmement jaloux. Et peur de ça pendant très longtemps.

5:01
Présentateur

Oui, oui, bien sûr. Méfiant.

5:03
Invité

Qui nous amène à être... Méfiant, qui nous amène à être jaloux.

5:07
Présentateur

Et là, c'est sûr qu'il aurait fallu travailler un peu votre jalousie pour que vous compreniez d'où elle venait et qu'elle ne venait pas de cette femme. Ça venait de votre propre vie. Et comment vous avez jugé votre père, justement, qui a accepté quelque chose qui, pour vous, n'était pas supportable ?

5:25
Invité

Il s'est caché la face. Il n'en a jamais parlé. Enfin, c'est réellement de ça. Il l'a compris après, très longtemps après. C'est devenu... Ça s'est transformé en haine contre ma mère, bien sûr. Mais le divorce a été très, très long et lui ne voulait pas trop. Voilà. Donc, mon père, bon... Pendant un certain temps, on l'a considéré avec mon frère comme un peu une forme de lâcheté.

5:54
Présentateur

Parce que ça n'aide pas non plus en tant que fils de se construire en tant qu'homme avec une image d'un homme qu'on considère un peu lâche.

6:03
Invité

Complètement. C'est-à-dire que c'est très, très dur. Parce que, comme je vous dis, mon père a été très présent avec nous. Et après, bon... Là, je l'ai vu avec mes enfants. Bon, il est décédé actuellement. Mais je l'ai vu quand mes enfants sont arrivés dans l'adolescence. Et mon père, ça, c'est pareil avec le temps. Je l'ai compris. Il a été formidable jusqu'à 12, 13, 14 ans. Pareil, l'adolescence. Alors, est-ce que c'est peut-être lié à la relation avec ma mère ? Il a fait la même chose avec mes enfants, comment dire, à l'adolescence. Il s'en est détaché. Il n'était pas moins présent, plus désagréable, plus dans le jugement.

6:47
Présentateur

Est-ce que ça pourrait dire qu'il aimait les enfants tant qu'il reste des enfants ? Mais dès qu'ils deviennent des petits adultes, on s'en éloigne parce que ça fait mal, quoi ?

6:57
Invité

Peut-être. Peut-être. Peut-être. Mais pourtant, ce n'est pas parallèlement. Étant enfant, il nous a poussé, mon frère et moi, à être autonomes.

7:10
Présentateur

Oui, oui. Il a fait ce qu'il a pu, de toute façon.

7:12
Invité

Oui, bien sûr, bien sûr, je comprends. Lui, après, quand c'est son parcours, son parcours, ma grand-mère était, je l'ai adoré, mais une femme très castratrice et mon père était fils unique. Voilà, et tout et tout.

7:28
Présentateur

Oui. Eh oui, on voit bien, quoi qu'il arrive, on en garde les traces, Laurent. Merci, en tout cas, de ce témoignage, qui est bien sûr plus soft que celui de Laurence, mais on voit bien tout ce que ça laisse et comment on se construit à travers les images qu'on a eues. Oui, et j'en parle aussi dans mon livre. On n'a pas conscience à quel point la relation entre nos parents nous imprime notre relation, la relation qu'on a entre notre propre masculin et notre propre féminin. Et ça imprime toute notre vie. Eh oui, et on continue à comprendre tout ça avec Sylvie qui nous rejoint dans un instant. 14h-16h, Brigitte Laët, Sud Radio.