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interviewRMC — Face à Face· 2 septembre 2025 20 min

Face à Face : Sébastien Chenu - 02/09

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC jusqu'à 9h. Apolline Matin. Face à face. Apolline de Malherbe. Il est 8h32 sur RMC et BFM TV. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Vous êtes député RN du Nord, vice-président du Rassemblement National. On va revenir sur ce qui se passe dans le pays pendant qu'il y a cette crise politique au sommet. Là, arrive partie dans les corbières, les déserts médicaux qui vont tenter d'être comblés par le ministre de la Santé. Une mutinerie qui commence à s'organiser à Vendin-le-Vieil. Mais d'abord, cette réunion, ça sert encore à quelque chose. Y a-t-il encore de quoi négocier ?

0:42
Sébastien Chenu

De quoi négocier, je ne crois pas parce que François Béroux lui-même a indiqué plusieurs fois que son plan budgétaire conserverait la même logique, dit-il, et la même cohérence, dit-il. Donc par conséquent, nous, on n'est pas favorables à ces logiques, pas favorables à ce qu'on ne trouve pas d'ailleurs très cohérent. Donc nous allons aller lui dire qu'il est surtout un Premier ministre qui est dans le déni, un Premier ministre qui est dans une forme de déresponsabilité, et un Premier ministre qui est déconnecté de la réalité des Français.

1:14
Présentateur

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que concrètement, vous y allez, mais pour rien, pour du beurre ?

1:17
Sébastien Chenu

Non, parce que je pense qu'on a des choses à faire valoir. Nous, on veut lui montrer qu'il y a d'autres chemins qui existent en politique. Le problème, c'est que ça fait 30 ou 40 ans qu'en fait, on suit les gouvernements qui succèdent, suivent les mêmes chemins, les mêmes politiques. Il y a des différences de degrés, mais depuis François Hollande, sincèrement, on est dans la même philosophie politique, c'est-à-dire plutôt une soumission à l'Union Européenne, plutôt des politiques libérales, et plutôt des politiques qui n'ont pas de résultats.

On le voit bien, que ce soit la création d'entreprises, que ce soit la situation économique et sociale, le pouvoir d'achat des Français, tout ça a considérablement été abîmé durant toutes ces années. Donc, nous, on dit qu'il y a une autre politique qui existe. Cette politique, elle est parfois d'ailleurs suivie par d'autres.

1:58
Présentateur

Parfois, je me dis que c'est confortable, presque, pour vous, de ne jamais avoir été au pouvoir, de ne jamais avoir gouverné.

2:03
Sébastien Chenu

Non, on a envie de gouverner, on a envie d'être au pouvoir. Et même si c'était, voyez-vous, 18 mois, enfin, un an ou un an et demi, s'il y avait une dissolution demain, eh bien, on a envie de montrer aux Français ce qu'on sait faire dans des temps très difficiles, ce qu'on peut faire, et les résultats que peut avoir notre politique. Donc, on ne choisit pas le confort, ni la facilité. On veut gouverner, et le plus tôt possible sera le mieux.

2:25
Présentateur

Mais seulement s'il y a une dissolution. C'est-à-dire, si la semaine prochaine, si à la fin de la semaine, Emmanuel Macron appelait Jordan Bardella, voire même Marine Le Pen d'ailleurs, pour lui proposer d'arriver à Matignon, ce sera non ?

2:39
Sébastien Chenu

Mais avec quelle majorité ? Quand on a des idées politiques, un projet politique, un programme politique, pour le faire vivre à l'Assemblée, il faut une majorité. Parfois, elle est relative, parfois, elle est très loin, effectivement, de la possibilité de faire vivre le projet politique qu'on porte. Nous, on porte un projet politique, on porte des idées. On a, avec nos alliés d'Éric Ciotti, presque 140 députés, on va dire. Ce n'est pas avec ça qu'on réussira à faire passer nos idées.

3:07
Présentateur

Est-ce que ce ne serait pas courageux, vraiment, pour le coup, puisque vous dites que vous avez envie d'y aller, de dire oui ? De dire, on est Olivier Faure, et la gauche disent, voilà, on est prêt à y aller.

3:18
Sébastien Chenu

Ils vont nous censurer immédiatement. Donc, si vous voulez, il faut adopter un principe de réalité, de réalisme. Il faut, dans ce pays, une majorité pour pouvoir gouverner. Il faut sortir des alliances de circonstances. Et c'est vrai que cette difficulté que nous connaissons, c'est-à-dire une Assemblée nationale très fractionnée, elle est due aussi à Emmanuel Macron, Gabriel Attal, François Béroux, Édouard Philippe, Xavier Bertrand. Ce sont eux qui, en appelant à voter les uns pour les autres, c'est-à-dire en essayant de préserver leur prébande, eh bien, ont créé cette instabilité politique.

3:50
Présentateur

Hier, vous avez eu cette réunion, cette réunion qui n'était pas à l'agenda, enfin, pas pour tout de suite, cette réunion de préparation pour des législatives. Vous avez d'ailleurs fait revenir, vous étiez, vous, à Paris, mais un certain nombre de cadres à Paris pour cette réunion du RN. Est-ce que vous vous dites, s'il y a des législatives, demain, on est prêt ?

4:08
Sébastien Chenu

Oui, je crois qu'on est prêt. D'abord, nos propositions politiques, notre contre-budget sont désormais, je crois, bien connues des Français. Ce que nous proposons, de baisser la contribution à l'Union Européenne, de s'attaquer aux dépenses toxiques de l'État, je pense aux agences d'État en particulier, d'ouvrir le dossier de l'immigration et du coût de l'immigration. Les Français connaissent, je crois, les grandes lignes de notre programme. Et puis après, nos candidats sont presque tous prédésignés, préfléchés, présélectionnés. Et là, je pense que...

4:40
Présentateur

Parce qu'à chaque fois, vous nous dites que vous êtes prêt, et ensuite, vous nous dites, finalement, on n'était pas si prêt. Le premier à l'avoir dit, c'était Jean-Marie Le Pen, souvenez-vous, le 21 avril 2002. Quelques semaines plus tard, il l'a dit, il avait presque été pris de court, et en réalité, il n'avait pas forcément vraiment envie de gagner.

4:55
Sébastien Chenu

Vous nous parlez d'une histoire qui a 25 ans, madame.

4:57
Présentateur

Oui, mais les dernières législatives, ça n'a pas 25 ans, et vous avez presque découvert qu'un certain nombre de vos candidats n'étaient pas prêts ou n'étaient pas ceux que vous pensiez qu'ils étaient.

5:10
Sébastien Chenu

La dernière fois, on a eu cinq jours. Donc, en cinq jours, nous avons désigné 577 candidats fois deux avec les suppléants, et vous nous parlez d'une quinzaine de candidats qui n'étaient ou pas au niveau ou qui ont posé problème. Nous allons évidemment corriger cela. Mais qu'il y avait des tickets terrain, parce qu'ils étaient un peu passés ou entre les mailles. Nous avions, en cinq jours, peut-être, dans certaines circonscriptions, mal sélectionné une quinzaine de candidats. Mais nous, quand on sélectionne pas ces candidats, vous ne les retrouverez pas demain. Ce scénario n'aura pas lieu cette fois-ci. Nous ne faisons pas élire, nous allons corriger le tir, ils ne seront pas candidats.

Quand la LFI sélectionne des candidats triple fiché S, dealers, consommateurs de drogue, ou quand les macronistes, en 2017, nous ont dit, on a des gens de la société civile formidables, et puis à la fin, on s'est retrouvé avec une médecin dingue, anti-vax, avec M. Sonneforget, dont on peut considérer qu'il n'était pas exactement l'image ou l'exemple qu'on aurait envie d'avoir d'un parlementaire ou un certain nombre d'élus macronistes complètement dingues qui ont siégé en 2017. Ils les ont fait élire, nous, au contraire, ces candidats, lorsque nous considérons... Un peu drôle à ça, nous, j'ai envie de vous dire. Parce qu'on a mis les enquêtes. Je ne suis pas sûr que M.

Sonneforget ou Mme Vonner, qui était cette médecin complètement dingue, a eu besoin des médias pour montrer leur organisage.

6:22
Présentateur

Non, mais je veux dire, là, vos candidats, si vous ne les avez pas fait élire, c'est aussi parce qu'on a fait le boulot.

6:26
Sébastien Chenu

Non, ils étaient dans des circonscriptions imprenables, en plus. Ils étaient tous dans des circonscriptions dans lesquelles...

6:30
Présentateur

Au-delà de la question de l'étiquette, est-ce que vous vous êtes parfois demandé est-ce que c'est normal d'attirer des gens comme ça ? C'est-à-dire, est-ce que le fait que notre parti attire des gens qui, pour certains, avaient eu des propos antisémites, qui, pour d'autres, avaient eu de la violence, qui, pour d'autres, étaient effectivement assez dingues ? Est-ce que vous ne vous dites pas ? Bon, ça, ça m'interroge.

6:50
Sébastien Chenu

Non, mais je viens de vous démontrer que tous les partis politiques sont confrontés au fait de devoir sélectionner des candidats qui, parfois, ne répondent pas à leurs critères. Tous les partis politiques. Je ne vous parlais des macronistes, je vous ai parlé de la LFI avant, et les candidats et les filles aux propos antisémites, on peut en faire une longue liste. Donc, la politique peut parfois attirer des gens qui pensent trouver un écho, une lumière, une tribune pour des idées. Nous, on considère qu'à partir du moment où ce ne sont pas nos idées, ils ne partagent pas nos valeurs, ils ne doivent pas être présentés par le Rassemblement National. Donc, on est exigeant.

7:18
Présentateur

Le scénario ne se représentera pas, vous serez plus exigeant. Est-ce que Jordan Bardella sera candidat, cette fois-ci, pour les législatives ?

7:26
Sébastien Chenu

C'est à lui de le décider. En tous les cas, j'allais dire, il est le bienvenu, et s'il a envie d'être candidat aux législatives, je crois qu'il a exprimé plusieurs fois son intérêt. Ça vous paraît très logique, quoi ? Oui, franchement, aucun souci. Et avec plaisir, évidemment.

7:42
Présentateur

Marine Le Pen ne pourrait pas être candidate, en tout cas, sauf... Vous avez l'air de... Alors là, je me dis, pour ceux qui sont sur l'AMC, vous faites une sorte de geste, genre, oui, on verra, c'est possible, c'est jouable. C'est jouable comment ?

7:54
Sébastien Chenu

Il y a visiblement un chemin juridique, via le Conseil constitutionnel, qui lui permettrait de déposer sa candidature aux élections législatives. Donc Marine Le Pen, elle va, je vous rappelle, elle est présumée innocente, elle se bat pour faire valoir cette innocence devant les tribunaux, elle utilisera tous les moyens légaux qui existent dans la loi, qui lui permettront d'être candidate pour porter la voix des millions de Français qui veulent la voir arriver à la tête de l'État.

8:17
Présentateur

Alors, est-ce qu'elle pourrait être candidate à Matignon ?

8:20
Sébastien Chenu

Non, ce n'est pas dans nos perspectives. Vous savez, nous, on a toujours dit Marine Le Pen, l'Élysée, Jordan Bardella, Matignon. C'est toujours le chemin qu'on construit. Si on devait changer d'idée, on le dirait aux Français. Si les choses devaient changer, on le dirait aux Français, comme on a dit, si Marine Le Pen était empêchée, Jordan prendrait le relais. Nous, on dit les choses assez facilement, comme on a dit à François Béroux, nous ne voterons pas la confiance, et nous ne voterons jamais ce budget. Les choses sont claires.

8:43
Présentateur

Jordan Bardella qui a dit que son ambition, c'était d'être au moins Premier ministre. Oui. Ça veut dire peut-être plus.

8:50
Sébastien Chenu

Oui, enfin, c'est déjà conséquent, vu la situation de la France, mais c'est au moins, effectivement, de regler ce défi.

8:56
Présentateur

S'il y a des élections demain, dans cette réunion hier, est-ce que vous avez commencé à faire un peu les calculs, à voir si vous seriez en mesure d'avoir la majorité ?

9:02
Sébastien Chenu

Alors, on n'a pas commencé hier, mais on regarde les choses. Des sondages nous invitent à penser qu'on peut faire la course en tête. Et moi, je crois que nous pouvons avoir une majorité absolue. Je crois que l'écroulement du bloc central, les Français ont les yeux ouverts, contrairement à François Béroux, qui est dans le déni, qui pense qu'il est un lanceur d'alerte, alors qu'en réalité, il acte simplement la situation catastrophique qu'il a créée avec Emmanuel Macron, qu'il a lui-même d'ailleurs fait élire. Je pense que les Français ont les yeux ouverts. L'écroulement du bloc central pourrait amener, effectivement, une majorité rassemblement national et alliée.

9:38
Présentateur

On peut avoir une majorité absolue. Oui, je pense, oui. Vous nous le dites ce matin.

9:43
Sébastien Chenu

Oui, je pense que nous pouvons avoir une majorité absolue parce que les Français veulent de la stabilité. Aujourd'hui, nous sommes les garants de la stabilité. Le Rassemblement national et le Parti politique garantent la stabilité. L'extrême-gauche, c'est l'instabilité. Ils le disent eux-mêmes, d'ailleurs. Ils veulent de l'instabilité. Ils veulent percuter les institutions. Le bloc central, en écroulement, qu'on a vu depuis tant d'années, aux manettes depuis au moins 8 ans, en tous les cas, n'est pas capable de représenter un espoir et une stabilité. Nous sommes les garants de la stabilité.

10:11
Présentateur

Vous dites avec nos alliés. Vos alliés, c'est qui ? C'est les troupes d'Éric Ciotti ou il y a d'autres alliés potentiels ?

10:16
Sébastien Chenu

Aujourd'hui, c'est les troupes d'Éric Ciotti. Ce ne veut pas dire que demain, il n'y ait pas des députés élus sous d'autres étiquettes qui se diraient « Écoutez, la situation de la France fait qu'on n'a pas envie de s'opposer ou on a envie de soutenir les propositions que pourrait faire un gouvernement mené par Jordan Bardella. »

10:33
Présentateur

Si vous n'aviez pas la majorité absolue, les 289 députés, est-ce que vous pourriez faire des alliances ? Est-ce que, par exemple, vous vous dites, au fond, nous, on pourrait travailler avec les LR, par exemple ?

10:45
Sébastien Chenu

Nous, on dit les choses avant. Et on se bat et on se fait élire pour des idées sur des idées politiques. On ne se fait pas élire sur des magouilles. On ne se fait pas élire sur des bidouillages de cuisine ou d'arrière-salle. On dit aux Français, voilà ce qu'on vous propose. Si vous pensez qu'il faut de la stabilité et si vous pensez que nos solutions peuvent être une réponse à la crise du pays, faites-nous confiance. Ensuite, il y aura des députés, peut-être d'autres bancs, qui diront, effectivement, leurs solutions, elles valent le coup d'être mises en œuvre et on ira ou les voter ou tout simplement on ne s'y opposera pas.

Mais ce n'est pas des questions d'alliances, de boutiques, de partis. Aujourd'hui, M. Retailleau, les LR, ils votent la confiance à François Béroux. Il faut se rendre compte de ce que ça veut dire. Ils nous disent d'un côté, on veut moins d'impôts, mais ils votent la confiance à un Premier ministre dont le budget est 20 milliards d'euros d'impôts supplémentaires. Ils nous disent, on n'est pas d'accord avec François Béroux sur la politique migratoire, mais ils votent la confiance à un Premier ministre qui poursuivra la même politique migratoire. En réalité, ils sont totalement schizophrènes, les pauvres LR. Moi, je pense à leurs électeurs.

Je me dis toujours, mais un électeur qui a fait confiance à Vauquiez, à Retailleau, etc., aujourd'hui, il doit être bien malheureux.

11:49
Présentateur

Sébastien Chenu, cette rave partie encore en cours ce matin dans le massif des Corbières. Il y avait 2500 personnes au pic, ce week-end. Il y en aurait toujours 1000 sur place. Ils se sont mis dans une des zones qui a été emportée par les flammes dans l'Aude. Le maire de la commune était en direct avec moi sur RMC ce matin. Il parlait aussi hier de cet affrontement. On a vu les images des viticulteurs, notamment du coin qui étaient excédés, qui ont décidé d'arriver avec des battes de fer et des bâtons, qui ont retourné les voitures, des tuffeurs, comme on dit. Est-ce que vous comprenez la colère des viticulteurs ou est-ce que vous les appelez au calme ?

12:27
Sébastien Chenu

Je comprends évidemment la colère des viticulteurs et la colère des élus locaux et des habitants en réalité. Et cette Rêve-Party, elle dit tout de notre société. C'est-à-dire un État incapable de faire respecter la loi, une loi qui n'est probablement pas adaptée et puis des Français qui finissent par se battre les uns contre les autres parce que l'État est incapable d'assumer tout cela. Aujourd'hui, qu'est-ce que c'est ? Les Rêve-Party, elles sont encadrées par la loi Mariani. Je rappelle que Thierry Mariani est aujourd'hui l'un de nos eurodéputés. C'est lui qui à l'époque a encadré pour la première fois avec une déclaration obligatoire les Rêve-Party. Là, ça n'était pas le cas

12:58
Présentateur

donc elle est officiellement interdite ?

13:00
Sébastien Chenu

Absolument. Il y a des pays, on le voit comme l'Italie qui ont demandé un encadrement, enfin qui ont mis en place un encadrement et des sanctions plus lourdes et plus dures. Il faut aller par là. Mais quand je l'entends... Vous êtes d'accord avec mon Retailleau ? Non, ben voilà le problème. Sur Retailleau, c'est un hypocrite. Au début de l'été, les députés du Rassemblement National ou plutôt le député Marc Chavant, député UDR de l'un nos alliés, a déposé la proposition de loi 17-21 que j'ai signée, que des députés du Rassemblement National ont signé pour justement aligner notre législation sur la législation italienne. Si M. Retailleau et M.

Beyrou avaient eu la lucidité, avaient anticipé les choses, eh bien ils auraient mis à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale. Elle n'a pas été mise à l'ordre du jour ? Elle n'a pas été mise à l'ordre du jour parce qu'en fait ça ne venait pas de leur banc, leur sectarisme, ce sont les Français qui le payent, ce sont les viticulteurs qui payent le fait que cette proposition de loi, elle était là, clé en main, sur le bureau de l'Assemblée Nationale. Elle a été enregistrée, déposée par les députés UDR et Rassemblement National. On avait les outils juridiques et Bruno Retailleau nous dit qu'on est très démunis.

C'est un peu l'alignement sur la législation italienne, c'est-à-dire des sanctions beaucoup plus dures. Des peines de prison ? Il est possible d'aller jusqu'aux peines de prison.

14:10
Présentateur

En Italie, on peut aller jusqu'à 6 ans de peine de prison pour les organisateurs.

14:13
Sébastien Chenu

Après une proposition de loi, ça ouvre un débat. M. Retailleau n'a pas voulu ouvrir ce débat. Aujourd'hui, il pleurniche comme c'est sur tous les sujets. L'aide médicale d'État, l'Algérie, etc. M. Retailleau, il a ouvert des tas de dossiers qu'il a refermés aussitôt. Il a eu zéro résultat depuis qu'il est là. C'est vraiment lui, votre adversaire ? Non, mais c'est nul ce qu'il a fait. Je veux dire, il nous a vendus. Il a quelques convictions, je n'y aurais pas en cause, mais il nous a dit, ça fait maintenant 8 mois qu'il est aux manettes. Ah, il en a ouvert des dossiers. Il n'en a jamais traité un. Le nombre de régularisations, le nombre de naturalisations n'ont jamais été aussi fortes.

L'aide médicale d'État, on en est où ? Le dialogue, la riposte graduée avec l'Algérie, on en est où ? Les rêves, il y avait de quoi tout de suite au début de l'été empêcher cela. M. Retailleau est passé à côté.

14:59
Présentateur

Un mot quand même sur cette façon de faire en Italie, au contraire de la France. Le maire sur place dans la commune où se passe cette répartie me disait ce matin que plus de la moitié des voitures de ces tuffeurs étaient immatriculées en Italie ou en Espagne. Ça veut dire qu'effectivement, ils viennent chez nous parce qu'ils ne peuvent plus le faire chez eux.

15:21
Sébastien Chenu

Parce que ça fonctionne. Parce que cette loi les empêche d'avoir ce type de comportement de vandales chez eux. Alors, ils se déplacent. Et donc, par conséquent, il faut qu'on adapte notre législation, que l'État ait du courage, que M. Retailleau ait du courage, de la lucidité, qu'il renonce à son hypocrisie et à son macronisme de circonstances pour pouvoir donner un cadre adapté. Mais ils le découvrent un peu tard. Ce problème de rave, ce n'est pas la première fois qu'on en parle. Là, ça a pris des proportions absolument insupportables sur des terres qui ont déjà été brûlées souvent.

Enfin, je veux dire, dans l'Aude, nos amis, c'est la circonscription de Christophe Barthès, député du Rassemblement National. Les gens ont beaucoup souffert durant l'été. Et bien, M. Retailleau découvre qu'il y a un problème de rave.

16:03
Présentateur

Cette histoire de Saint-Quentin-le-Vieille avec un début... Vendant-le-Vieille. Vendant-le-Vieille, pardon. Cette début de mutinerie. Alors, la semaine dernière, c'était... Ils ouvraient les robinets et il y avait des inondations. Et là, c'est un début de grève de la faim avec un communiqué qui a été écrit par les détenus eux-mêmes qui se nomment le cartel de Vendant-le-Vieille et qui veulent commencer une grève de la faim. Du côté du ministère de la Justice, on ne dit pas question. On va absolument tenir. Et ils disent même que c'est le signe, finalement, que cette prison fonctionne vraiment. Et que c'est une menace pour ces narcotrafiquants.

16:43
Sébastien Chenu

Je ne sais pas si cette prison fonctionne. On le verra dans la longueur. Mais enfin, c'est totalement inadmissible. Les prisonniers, bientôt, ils vont demander aussi des syndicats. Ils vont se syndiquer. Enfin, qu'est-ce que c'est que ça ? Mais ils ne l'obtiennent pas. Enfin, vous pouvez pas dire

16:52
Présentateur

le fait qu'ils le demandent.

16:54
Sébastien Chenu

D'accord, ils ne l'obtiennent pas. Heureusement. Enfin, on en est là à se réjouir que des prisonniers n'obtiennent pas le fait de pouvoir avoir des syndicats. Moi, je suis pour des conditions d'emprisonnement qui soient fermes, des peines qui soient fermes, justice qui soit ferme. Je ne suis pas pour l'indignité. Et je ne crois pas que la France soit indigne avec ses prisonniers. Donc, je pense qu'il faut de la fermeté. Je pense qu'il faut des peines de prison qui tombent, qui soient exécutées réellement. Moins d'aménagements de peines. Mais à un moment, il faut arrêter le cinéma.

Enfin, je veux dire, quand on a découvert dans d'autres prisons des tables de massage, quand on a des prisonniers qui nous disent maintenant on va bientôt faire une grève de la faim ou pourquoi pas se syndiquer, etc. On est dans quel monde ? Donc, la prison, ça fait pour protéger la société de gens ici à Vendant-le-Vieille particulièrement dangereux. Et je pense qu'il doit avoir un régime qui soit évidemment adapté à leur dangerosité.

17:39
Présentateur

Donc, le régime doit être maintenu

17:43
Sébastien Chenu

La question aussi

17:48
Présentateur

des arrêts maladie, vous l'avez peut-être écouté, on les entend désormais partout, à la fois sur BFM TV, sur AMC, à la radio, à la télévision. Ce sont ces spots publicitaires désormais du ministère de la Santé sur « tu te mets en arrêt », « non, tu ne peux pas te mettre en arrêt », c'est le médecin. Et ces nouveaux arrêts maladie qui entrent en vigueur cette semaine qui seront infalsifiables, nous disent-ils. Est-ce que ça veut dire que c'est la faute des médecins ? Est-ce que ça veut dire que c'était un problème des médecins ? Il y en a d'ailleurs près de 1 000 qui ont été ciblés.

18:16
Sébastien Chenu

Moi, je déteste l'idée qu'on puisse continuer à monter les Français les uns contre les autres. C'est-à-dire qu'hier, François Béroud disait que c'est les boomers qui sont responsables de la dette, là, c'est les médecins qui sont responsables de faux arrêts maladie, etc. Jusqu'à quand on va monter les Français les uns contre les autres ? C'est les agriculteurs contre les teufeurs ? Un moment, l'État doit donner le cap. Je trouve que c'est bien qu'il y ait des arrêts maladie.

18:36
Présentateur

C'est très bien

18:39
Sébastien Chenu

qu'il y ait des arrêts maladie infalsifiables, mais les médecins, et j'ai entendu les syndicats de médecins aussi qui s'offusquent, qui disent l'État de notre société amène beaucoup de gens à demander, à solliciter des arrêts maladie parce que, depuis le Covid, en particulier, l'État de notre société, la santé mentale de notre société a pris cher. La santé mentale, c'était un plan, c'était soi-disant une priorité nationale, c'était soi-disant un grand plan national de santé mentale. On en est où sur la santé mentale dans notre pays ? Voilà les vrais enjeux, voilà à court, à moyen, à long terme, les politiques vers lesquelles il faut faire des efforts.

19:11
Présentateur

Mais je trouve que c'est un peu hypocrite aussi de votre part, de dire, ils sont en train de monter les uns contre les autres. S'il y a un problème d'arrêt maladie, il y a quand même un moment des responsables.

19:20
Sébastien Chenu

Non mais, qu'il y ait des arrêts maladie infalsifiables permet de répondre en partie, il peut y avoir, comme dans tout domaine, il peut y avoir des gens qui ne jouent pas le jeu, des gens qui trichent, des gens qui contournent, évidemment, et il faut les taper fort dans ces cas-là. Parce qu'il faut être exemplaire.

19:33
Présentateur

Vous ne voulez monter jamais les Français les uns contre les autres ?

19:35
Sébastien Chenu

Non, je ne crois pas. Je crois qu'on est aujourd'hui, je vous le disais tout à l'heure, un pôle de stabilité. Mais je pense qu'aujourd'hui, on est un pôle d'union nationale. Je pense que c'est nous qui préservons l'unité nationale dans notre pays.

19:45
Présentateur

Merci Sébastien Chenu d'être venu répondre à mes questions ce matin. Je rappelle que vous êtes le vice-président du Rassemblement national. Le Rassemblement national qui sera donc reçu à 10h à Matignon. Il est 8h52 sur RMC et BFM TV.

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