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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 9 mai 2025 37 min

Qui est Léon XIV, le nouveau pape

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Qui est le nouveau pape ? Ensemble ce matin, nous allons découvrir Léon X, le cardinal Robert Francis Prévost, premier pape venu des États-Unis, successeur d'un pape marquant François et qui prend la tête d'une église en plein questionnement. Euh deux invités avec nous ce matin.

D'abord l'historien Denis Peltier qui est en studio avec moi. Bonjour. Bonjour.

Spécialiste du catholicisme, directeur d'études à l'école pratique des hautes études et en duplexe avec nous une historienne également Blandine chez Linipon. Bonjour. Bonjour.

Professeur d'histoire contemporaine à l'université d'ex-Marseille, notamment spécialiste du catholicisme aux États-Unis. Ça tombe bien, nous découvrons ce nouveau pape. Beaucoup d'entre nous ne le connaissaient pas ce cardinal pourtant important, influent à Rome au sein du Vatican.

Denis Pelltier, si vous deviez le qualifier, le définir d'un mot pour commencer notre discussion ce matin, quel serait ce mot ? Ah, vous voulez un mot ? un mot un mot ou une manière euh une manière de euh un mot un mot transnational transnational pourquoi transnational pour son pour sa dimension pour le le le milieu cosmopolite dans lequel il a grandi à la fois américain et avec une famille qui a des racines européennes brit euh françaises italiennes espagnoles pour son parcours entre l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud entre le Pérou et les États-Unis et pour voilà ce ce qu'il dit de la de la de la situation de l'Église catholique à l'échelle du globe, donc à l'échelle transnationale, à l'échelle globale.

Aujourd'hui, on a beaucoup dit que que François était le premier grand pape de la mondialisation. Est-ce qu'à cet égard le nouveau pape marche dans ses pas d'une manière un peu différente ? certainement ça on verra à l'usage mais oui oui bien sûr c'est on voit bien on voit bien quel est le la personne dont les cardinaux ont estimé qu'elle était la personne douine en ce moment précis et c'est un il il se présente en tout cas comme un continuateur de François et c'est donc un pape américain né à Chicago une une première pour beaucoup une surprise je le disais mais alors pas pour vous Blandine chez Linipon puisque j'ai vu que dans la Croix cette semaine vous aviez publié une tribune.

Et si le pape venait des États-Unis, il est connu aux États-Unis ? Alors non, enfin il est il a commencé à être euh comment dire à faire l'objet de d'article et et de et de supputation depuis depuis la semaine dernière. Donc on a vu la sa côte de de papabilité, si vous voulez euh euh grandir au fur et à mesure que que la semaine avançait.

Euh mais en en même temps euh les les commentateurs expliquaient que c'était euh c'était une possibilité mais euh qu'il fallait pas trop y croire étant donné que euh vraiment le c'était enraciné. L'hypothèse qu'un qu'un pape puisse venir des États-Unis était quasi nulle et tout le monde avait bien intégré cette cette donne avant l'entrée en conclave. Et donc à nouveau un pape américain après François.

Et oui, un pape américain. Mais alors là, américain du Nord, américain du Nord est même né aux États-Unis, citoyen des États-Unis et comme l'a dit mon collègue Denis, un pape qui est à la fois américain et vraiment international. international d'abord par ses propres racines et en même mais ça c'est le propre de beaucoup d'Américains même contemporain et international parce que effectivement il est parti travailler enfin missionner être missionnaire et évêque aussi au Pérou pendant 20 ans mais au point de d'être maintenant d'avoir adopté la nationalité péruvienne.

Donc il est américain et périvien. Il a les deux pieds ou en tous les cas oui les deux pieds sur les sur les sur les sur les le grand continent américain. Donc il est doublement américain et la la particularité de son identité, de son parcours est est assez exceptionnelle.

En tous les cas, parmi les 10 euh cardinaux américains qui sont arrivés au conclave, euh c'est l'un des plus un des profils qui était vraiment euh les plus internationaux qui soit, pas simplement des Amériques, mais aussi de l'ensemble des cardinaux du conclave. Voilà, il a choisi et c'est le premier geste important d'un pape, un nom évidemment, Léon X. À quoi fait-il référence avec ce choix de Nisip Peltier ?

Alors avant Léon X, il y a 13 Léons. Donc il faut choisir. Il y en a deux qui sont intéressants, je pense deux ou trois.

La référence qui vient évidemment à l'esprit immédiatement, c'est Léon X, c'est-à-dire le pape de la fin du 19e et du début du 20e siècle, qui est à la fois le pape de la doctrine sociale de l'église, c'est-à-dire le pape de l'encyclique Rum Novarum en 1891, c'est-à-dire la première intervention romaine officielle magistériale sur la question ouvrière, la question sociale sur lequel on peut revenir et qui est la première chose qui vient à l'esprit. Léon c'est aussi un pape qui a énormément écrit et qui a écrit qui a réfléchi, qui a écrit sur l'enseignement et notamment le l'encyclique de 1879 sur le retour de l'enseignement de Thomas Dakin, comment enseigner avec la tradition de l'église face au monde moderne et c'est quelqu'un ce qu'on oublie souvent qui a beaucoup réfléchi aussi et qui est beaucoup intervenu sur les relations entre l'église et l'État moderne et sur la transformation à l'épreuve de la modernité et de la démocratie de la relation entre l'église l'État. Il y a un autre Léon qui est très intéressant de ce point de vue-là.

Il y en a plusieurs mais c'est le premier Léon le Grand qui est le pape du concile de Calédoine. Et le concile de Calcédoine est le concile où se fixe la doctrine de la double nature du Christ. Ce sont les premiers temps, c'est au 5e siècle après Jésus-Christ, c'est 451.

Et ce sont donc les premiers temps du christianisme. C'est le moment où on vote sur ce qui va devenir les dogmes du catholicisme. Et c'est un pape qui est important pour cette raisonlà, pour ce contexte là.

Il y en a quelques autres. Pouvez-vous d'un mot développer sur ce point. Euh le concile de le concile de Calcédoine est un concile qui est organisé donc à Calcédoine, donc en Asie.

C'est un concile prioritairement asiatique à un moment où le christianisme est une religion asiatique. Et il y a tout un débat sur la nature exacte du Christ. Le Christ est-il un homme ?

Christ est-il un Dieu ? Le Christ quelle est la quelle est la nature du Christ ? Avec des affrontements assez forts.

Et le concile de Calcédoine fixe l'idée de la double nature du Christ. C'est aussi un concile écuménique, c'est-à-dire c'est un concile qui réunit l'Orient et l'Occident. Arrêtons-nous un peu plus sur un des autres Léons, donc le fameux Léon 13 que vous commenciez à évoquer, Denis Peltier, la la doctrine sociale de l'église.

Il y a un autre point à cet égard si on regarde le profil, le parcours du nouveau pape, c'est sa sensibilité à la théologie de la libération en Amérique du Sud. En tout cas, sa très bonne connaissance de cette théologie de la libération. Euh est-ce que ça nous dit quelque chose de sa vision des relations sociales, de la question de l'injustice sociale qui était très importante aussi pour François qui lui parlait plutôt de de théologie du peuple et pas de théologie de la de la révolution.

Que peut-on dire là-dessus ? Euh Préfost a été il a il était au Pérou donc il connaît il a été proche de G de Gustavo Goutier qui est un des fondateurs de la théologie de la libération. il a par ailleurs été euh euh prêtre dans une paroiss pauvre et évêque dans un diocèse pauvre.

Donc il y a effectivement une sensibilité à la il y a certainement une sensibilité à la théologie de la libération euh sur un mode qui est probablement un peu différent de celui de de François mais qui mais qui est réel et le choix de Léon est et le choix du prénom de Léon est intéressant de ce point de vue-là. Le Pérou, c'est très intéressant aussi par comparaison avec le prédécesseur. L'Argentine, c'est le pays le plus européen d'Amérique latine.

Le Pérou, c'est bien autre chose. C'est un pays où il y a un christianisme enin. Il y a un christianisme d'ancien colonisateur, donc avec un lien fort avec l'Europe, mais il y a un christianisme d'indiens, un christianisme endin et spécifique.

Et donc de ce point de vue-là, le le missionnaire qui se fait péruvien, ça c'est une le missionnaire qui vient du nord et qui se fait péruvien avec ses missionnaire, ça c'est quelque chose de très classique dans l'histoire de l'église, hein. C'est pas faut pas exagérer la nouveauté du processus. En revanche, le fait le le le Pérou, c'est un lieu vraiment intéressant du point de vue de du catholicisme contemporain.

Un troisème invité nous a rejoint. Il est au téléphone avec nous en duplexe de Rome. Bonjour Marco Politi.

Bonjour. Merci d'être avec nous. Grand spécialiste du Vatican.

Je signale en passant votre nouveau livre François L'Église déchirée aux éditions Plomb. Un point important aussi dans les premiers mots que ce pape Léon XIV a prononcé hier lorsqu'il est apparu au balcon, il a très vite expliqué qu'il était un augustinien, disciple de Saint-Augustin. Qu'est-ce que ça signifie cela Marco Politi ?

Bien, ça veut dire que il y a une fort religiosité mais en même temps une grand de la culture et de l'intellect. C'est un choix très intéressant que les que le collège des cardinaux a fait. Euh la première chose est que c'était absolument vite.

Alors c'est étonnant, il y a plus de des 100 représentants de tout le monde, des 61 nations du monde avec une situation très variée de cinq continents. Il il trouve il trouve l'accord pour choisir une personnalité qui n'était pas les favoris parce que tout le monde sait que les favoris étaient le secrétaire d'état, le cardinal Paroline européenne, une homme de la curie, un homme de la diplomatie, une une très grande personnalité quand même. On doit entendre quelques temps pour comprendre comme sont allés les changements pendant l'élection.

Mais c'est intéressant que le collège des cardinaux a a fait une une grand choix géopolitique parce que dans un moment où euh avec la nouvelle administration américaine, l'administration Trump qui a la vision d'une monde où les décisions sont prises par des leaders avec le grand bâton. les grands sticks comme comme disait le président américain Théodore Roosevelt. Alors le nouveau pape parle de paix, des paix dépend d'une paix désarmée et désarmante.

Alors c'est absolument le langage contraire. C'est le langage contraire et c'est une homme des États-Unis parce que généralement on pensait que c'est pas possible d'avoir un pape qui vient des États-Unis pas pas des raisons disons idéologiques mais parce que généralement la choix est et la la la choix était de n'avoir pas un pape d'une grande puissance h comme dans le dans Les siècles passés, il y avait des papes italiennes. Pas parce que les Italiens ont des qualités surnaturelles, mais les Italiens n'étaient pas espagnols, français ou allemands.

Je comprends ce que vous nous expliquez. Marco Politier, vous pointez un un aspect très important. Évidemment, c'est aussi le rapport de ce nouveau pape avec son pays d'origine, les États-Unis.

Personne n'a oublié les grandes leçons que le vice-président des États-Unis, Jay Evens, croyait devoir donner au pape François en lui expliquant quel devait être le rôle de l'église évoquant l'Ordo à Maurice, l'ordre de l'amour, évoquant Saint- Thomas d'Quin ou Saint-Augustin. Comment est-ce que les choses peuvent se jouer aujourd'hui Blandine chez Linipon, entre ce pape américain et l'actuel président des États-Unis ou vice-président des États-Unis ? Alors euh je voudrais vous répondre en revenant sur le nom même de ce pape euh parce qu'effectivement on a fait allusion euh au premier et au dernier euh avant avant lui.

Donc le premier c'est euh Léon euh le Grand et euh je dis ça avec une pointe d'humour mais quand même Léon le Grand est aussi celui qui a arrêté Atila aux portes de Rome. que je trouve la la je trouve le l'allusion éventuellement savoureuse et Louis pardon et Léon X est aussi le pape avec les les qualités qui ont été mentionnées par Denisier est aussi le pape qui a en quelque sorte réformé la diplomatie la diplomatie du Vatican en la transformant finalement en en diplomatie globale avant dans l'heure avec une vision et notamment une vision de ce qu'on pourrait appeler aujourd'hui l'éthique internationale. Donc armé de tout ça que ce pape porte ce nom-là en étant américain au moment où le les États-Unis sont à leur tour rentrés dans une logique, on va dire à la fois impérialiste et nationaliste et ont un vice-président qui partout où il passe explique que il est quasiment plus catholique que le pape.

Ça n'est pas anodin du tout. Effectivement, c'est un virage géopolitique à la fois vers la paix et une manière de présenter l'Église catholique comme un rempart finalement pour la défense de cette paix, pour la défense d'un ordre international pacifique qui use des moyens de la coopération entre états, de la négociation, qui ne parle pas la langue du conflit, qui ne menace pas de se de se de se de se détruire mutuellement par tous les moyens et et euh voilà donc la dimension pacifique euh du message qui a été euh envoyé euh là dans le monde entier avec un pape qui appelle tous les catholiques à être des artisans de paix ou qu'ils soient parce qu'ils sont un même et seul peuple. Alors c'est tout tout ça est mélangé mais je ne peux pas croire que ça été anodin que finalement le choix se soit porté sur cet homme avec cette nationalité.

La question du rôle de l'église est là évidemment et c'est un sujet majeur que nous allons continuer à développer. Vous restez avec nous tous les trois nos invités ce matin pour comprendre qui est ce pape et ce qu'il peut proposer pour l'église en plein questionnement. Blandine Cellinipon, Denis Peltier, Marco Polity.

Nous vous retrouvons dans une vingtaine de minutes. Il est 8h sur France Culture. 6h30 9h les matins de France Culture.

Jean les Marie. Trois invités ce matin pour évoquer ce pape. Un nouveau pape mais pour quelle église ?

Voilà la question que nous abordons, que nous posons à nos trois invités. Blandine Chinipon, professeur d'histoire contemporaine à l'université d'Ex-Marseille. En duplexe de Rome, Marco Politi grand spécialiste du Vatican.

Et avec moi en studio l'historien Denis Peltier. Je signale notamment un de vos livres les catholiques en France de 1789 à nos jours chez Albin Michel. Euh ensemble, je voudrais qu'on qu'on regarde à la fois euh ce que sont les chantiers du nouveau pape à l'extérieur de l'église et puis ensuite à l'intérieur de l'église où là aussi il y a il y a des choses majeures évidemment qui sont en train de se dérouler.

Euh commençons par l'extérieur puisque le mot paix est revenu beaucoup dans son premier discours hier face aux fidèles qui s'étaient rassemblés au Vatican. Euh Blandine chez Linipon, est-ce que ce nouveau pape devrait intervenir souvent euh beaucoup fortement dans le débat mondial ? Alors, je pense que euh la le premier discours qu'il a fait hier euh devant la foule était euh une bonne indication de la la priorité de ce euh pontifica, enfin tel qu'elle s'est donc visiblement dégagé sur sa personne, à savoir que euh l'Église catholique va être un ferment de paix ou va en tous les cas chercher à peser. a peser peut-être pas simplement par l'intermédiaire du pape qui va continuer à multiplier les voyages, à rencontrer des chefs d'état, à prendre la parole médiatiquement quand il y a des des conflits à essayer d'être un médiateur mais il y a pas que lui.

Donc il c'est plutôt la la dimension collective de la catholicité qui va être mise en branle derrière cette nouvel objectif. Et ce nouvel objectif, il est aussi donc il continuera les orientations du pape précédent sur donc la la solicitude vis-à-vis des migrants et des on pourrait dire des personnes excluses de la de la mondialisation et peut-être aussi dans l'orientation un dernier point qui va être la lutte pour le désarmement dans le monde. Je pense que vu le caractère de ce pape, ce qu'il a pu dire et écrire auparavant, sa proposition de paix dans l'ordre international va être diffusé à l'ensemble du corps des catholiques.

On vous entend moins Blandine chez Linipon, mais on va vous retrouver dans quelques instants. Je voulais vous faire réagir précisément Denis Peltier sur cette question qui est qui est importante. Question des réfugiés, question du capitalisme aussi et de ses méfets en tout cas. tel que le pape François les décrivait.

La question des inégalités, la question de l'écologie. Vous attendez-vous à un pape aussi offensif en la personne de Léon XIV ? De toute manière, une des caractéristiques des papes du 20e siècle, c'est la c'est qu'on attend d'eux une parole qui ne soit pas seulement c'est que le monde attend une parole qui soit pas seulement une parole pour les catholiques.

Blandine chez Linipon tout à l'heure racontait comment un des aspects du pontificat de Léon X c'était le renouvellement de la currie, le renouvellement du gouvernement romain et le gouvernement de le renouvellement de la fonction en fait au bout du compte du pape. L'histoire des papes du 20e siècle, c'est l'histoire de gens dont on attend une parole y compris dont on attend une parole quand on appartient à une société qui ne relève pas de ce qui va inspirer la parole du pape. Le premier à avoir été confronté à ça, c'est Benoît X pendant les guerres de 141, hein.

Et ensuite toute l'histoire du 20e siècle, c'est l'histoire de pape qui ne parle pas que pour les catholiques et donc la chose la chose est pas nouvelle de ce point de vue-là. Ensuite, oui, de ce fait euh le Benoît XIV qui comprend bien la conjoncture met en avant d'emblé ce qui nous préoccupe tous, c'est-à-dire la question de la paix, c'est-à-dire plus généralement, c'est-à-dire oui, la question de la paix, la guerre dans un monde qui est nouveau très présente. Ben voilà, dans un monde où la guerre est revenue, enfin revenue, elle n'a jamais disparu mais dans dans un monde dans lequel la guerre est est extrêmement présente.

Après, on peut discuter de la manière dont il se situera par rapport à son immédiat prédécesseur. Mais le choix qui a été fait par les cardinaux de ce point de vue là, de ne pas prendre le successeur le plus proche, mais de prendre quelqu'un d'un tout petit peu décalé, même s'il est un même s'il est un successeur de Bergolot, un homme de Bergolio au départ est un choix qui est intéressant et qui lui donne probablement davantage de marge de manœuvre que l'on avait par exemple Ratzinger par rapport à Jean-Paul II. Ratzinger, c'était Benoî.

Voilà, je le dis pour pour les nonaticanistes ou les ou les non spécialistes de la vie de l'Église catholique. Marco Politi toujours en en duplexe de Rome avec nous. Je vais vous poser la même question.

Est-ce que vous l'imaginez très interventionniste ce pape et d'ailleurs, est-ce d'abord ce que les catholiques et les membres de l'église attendent de Léon X ? Mais pas seulement le monde catholique parce que ça été le premier collège des cardinaux de la société globale dans le collège des cardinaux. Aujourd'hui, le sud global qui est le nouveau protagoniste de la scène internationale, le sud global dans les claves est majoritaire vis-à-vis à l'Europe.

C'est la première fois que l'Europe est en minorité. Alors certainement tous les grandes questions du pontificat de Bergolio, la paix, le désirement, la le multilatéralisme dans la vie internationale ou la question écologique et la question de contraster une capitalisme sauvage. Ça vraiment seront les chantiers où le nouveau pape va travailler.

C'est c'est très clair surtout sur la question de la paix. On a on a vu que le pape François par exemple dans la guerre de l'Ukraine était très critié et et disons diplomatiquement attaqué par les États de l'OTAN, par les États de l'Union européenne parce qu'il n'est parce qu'il n'était pas officiellement contre la Russie, contre Putine. Mais en même en même temps, il avait les consensus des pays du sud global qui ne voulait pas se mettre à côté de Washington ou à côté de Moscou mais qui veulent un nouveau ordre mondial multilatéraliste.

Ce que François appelé une conférence de Helsinki numéro 2. Hm. Mais certainement mais certainement le pape Léo Xos aura un langage plus diplomatique disons pas avec certains éclat comme était avec Bergolo.

Blandine Chellinipon peut-il faire l'unité des catholiques sur le message les messages qu'il délivrera sur ces grands débats. On commençait tout à l'heure dans la première partie de cet entretien à évoquer le face-àface entre le vice-président américain Jedy Vence et le prédécesseur de Léon XV, le pape François. Les mots étaient très rudes.

Le vice-président des États-Unis reprochait à l'église de sortir de son rôle tout simplement. Et j'évoquais l'ordau à Maurice, l'ordre de l'amour. Il lui reprochait de s'intéresser au réfugiés par exemple.

Est-ce que ça va continuer ? Est-ce que ça peut continuer sur cette voie d'après vous ? Alors euh monsieur Politi vient de le dire à l'instant.

Le style sans doute de ce nouveau pape va être assez différent du précédent parce que autant François avait une personnalité extrêmement on va dire médiatique au sens où il intervenait souvent, il prenait la parole à titre personnel. La personnalité de ce pape-là euh paraît plus modeste. Donc euh les les coups d'éclasses éventuels seront peut-être moins nombreux, mais euh il est certain que euh la réponse qu'avait faite euh François à Jidy V à travers sa lettre euh aux évêques américains réexpliquant ce qu'était l'ordau à Maurice, c'est un peu un renvoi d'ascenseur.

Si donc le le le président JD V considérait que l'église sortait de son rôle, et bien peut-être que le pape lui a alors répondu que le l'État et en tous les cas la présidence et la vice-présidence américaine n'avait pas à se mêler de religion à ce point-là. Donc si vous voulez euh je crois qu'on a euh on on a dans l'élection de ce pape et je je m'excuse de revenir sur sa nationalité, mais on a euh quand même euh l'impression que euh euh le le euh ce cette nouvelle période, cette nouvelle papauté va faire très attention à ne pas donner l'impression à aucun moment d'être inféodé à quelque pouvoir que ce soit et au contraire à proposer des solutions par la société civile. Et donc de ce point de vue demande à ce que les catholiques soient eux-mêmes des artisans, des ferments de paix dans leur société et n'oublie jamais qu'il forment une communauté globale avec donc des des priorités communes liées à à leur foi, à leur foi commune et universelle.

Donc je dirais que c'est un c'est un un ferment de de nouvel universalisme ou un un un rappel de ce qu'est l'universalisme à une époque où celui-ci est complètement contesté par l'ordre enfin par le désordre international qui est en train de s'installer. Nous avons quelques indices sur la vision que le nouveau pape a de l'église. Il a beaucoup insisté hier encore une fois dans ce premier discours dont on fait les uns et les autres l'exégèse sur l'idée d'une église et d'un pape qui serait dans le témoignage d'abord le témoignage chrétien peut-être ou pas, je ne sais pas avant les questions de de doctrine.

Qu'en pensez-vous Denis Peltier ? Le pape missionnaire, le pape qui incarne quelque chose, le message du Christ. L'église, c'est une monarchie élective dont les électeurs ne sont pas eux-mêmes des élus.

C'est ça le conclve. Euh donc on dit tous un peu la même chose autour de ce pape. C'est-à-dire ce qui est intéressant en fait, c'est ce qui est intéressant, moi je pense c'est que dans ce contexte là, c'est-à-dire une assemblée sans campagne électorale visible, préalable se réunit et il y a un pape.

Et cette assemblée est une assemblée à travers laquelle doit s'incarner le monde. Et donc ce qui est intéressant, c'est le type, c'est le c'est la représentation que se sont fait les cardinaux de la conjoncture immédiate. Et moi je pense qu'effectivement euh voilà euh cette représentation, elle donne l'élection de ce cardinal américain péruvien transnational qui met en avant la question de la paix, qui sera certainement interventionniste, qui sera certainement plus prudent dans ses interventions que son prédécesseur et qui pour autant ne renoncera pas parce que il est un héritier de son prédécesseur qui ne qui ne renoncera pas à ce que nous dev découvrons d'un seul coup à travers l'élection que c'est irréversible dans l'œuvre de François, c'est-à-dire le début de la c'est-à-dire la synodalité, c'est-à-dire un certain positionnement sur l'actualité mondiale, c'est-à-dire la mise en avant de la question des migrants et le migrant comme le frère à partir duquel on pense l'universalisme du catholicisme, c'est-à-dire la question de la de l'écologie.

Je crois qu'il faut vraiment le voir de cette manière-là. C'est la façon dont des gens qui se réunissent pour élire quelqu'un se représentent l'urgence du moment. Il y a tout ce qu'on voit à l'extérieur et qu'on évoque depuis quelques minutes.

Et puis il y a aussi tout ce qui va se passer à l'intérieur de l'église. Et ça pour les cardinaux qui ont voté hier, c'est évidemment majeur, c'est évidemment essentiel. Dites-nous Marco Politi à cet égard ce qui est le plus important aujourd'hui au sein de l'église, quel est le premier chantier du nouveau pape ?

Les chantiers sont nous avons déjà parlé de l'universalisme et de du rôle très fort du pape sur la scène mondiale mais aussi à l'intérieur la présentation de hier était déjà pleine de rapines parce que l'église catholique a vécu 10 ans de guerre civil souterraine parce que les ultra tradition nationalistes, les ultraconservateurs ont commencé à d'attaquer systématiquement le pape Berg pour la question de la communion aux divorciers et mariés, pour le disons ça, le droit de citoyenneté aux homosexuels, la bénédiction des couples homosexuels, les rôles des femmes. Alors hier Léo a donné des signes d'attention pour le monde traditionnel. Alors la première chose c'est le nom.

C'est un nom qui vient de la tradition des papes. La seconde chose c'est la robe. Il a repris la mot rouge de ses prédécesseurs.

François ne voulait pas. François avait seulement la la robe blanche. Alors la moette rouge hier, la stola, il a commencé à parler de Christ, de la résurrection de Christ.

Il a terminé avec la prière à à la Vierge Marie. Alors tout ça sont des signes pour une relation plus fort avec le monde de la tradition catholique. Mais en même temps, le conclave a choisi pour la troisème fois un pape qui connaît la poussière de la rue, qui connaît la difficulté de la vie quotidienne. tant que prévost était missionnaire dans la dans l'Amérique du Sud dans une dans une ville comme Calao qui c'est un des centres de la mafia de la cocaïne.

Alors Jean-Paul II Vitilac connaît le monde du travail. Il avait travaillé, il a il avait vu des camarades du travail qui était mort. Et François consait Bergolo, connaissait très bien les bidonville, les terribles bidonville qui sont autour de Buenos Aires.

Et voilà, encore une fois le conclave a choisi quelqu'un qui ne vient pas de du monde de seulement de la curie ou de la diplomatie, mais qui connaît la vie comme il est. Nous n'avons pas encore évoqué une question qui est pourtant majeure dans l'église française et dans l'église mondiale. C'est la question des crimes sexuels au sein de l'église, de la pédocriminalité aussi avec des scandales qui surgissent, qui ressurgissent, y compris d'ailleurs en en Amérique le le le continent d'où est originaire le nouveau pape Blandine chez Linipon.

S'est-il confronté à cette question déjà ? Alors euh oui, il s'y est confronté par deux fois à la une fois au Péro et euh et une fois euh quand il est revenu à à Chicago dans les années 2000. Et ce ce point de vue aussi est intéressant parce que il fait partie euh je vais y revenir tout de suite hein sur les deux cas dont je parle mais euh il fait partie des des des trois cardinaux qui euh enfin des plus de crois des d'à peu près des six cardinaux qui étaient présents qui étaient présents au conclave et qui ont adopté développé priorisé la la politique de zéro tolérance aux abus sexuels. et le fait qu'il soit américain et que cette question des abus sexuels a surgi précocement aux États-Unis et a eu un effet à la fois dévastateur sur les les communautés catholiques et sur les diocèses et bon et sur la réputation de l'église catholique.

Donc si vous voulez, il c'est un pape qui a l'expérience de de cette de cette de cette crise très forte au sein de l'Église catholique en Occident. Mais lui-même, il a été critiqué quand il était évêque au Pérou pour sa gestion des prêtres accusés d'abus sexuel. Euh le diocèse de de de Chiclayo euh euh a déclaré d'ailleurs qu'il avait ouvert euh une enquête euh et que il a été euh par la suite euh l'avait de tout soupçon.

Mais ça a recommencé aussi quand il était donc à Chicago avec des militants sur de qui ont survécu parmi l'association des des des survivants d'abus sexuel qu'il son son bureau n'avait pas averti une école catholique voisine que ce qu'un qu'un prêtre avait été reconnu coupable d'avoir abusé de de jeunes garçons alors qu'il était hébergé dans un monastère voisin dont il était lui-même supérieur. Voilà. Mais le le donc ces histoires vont ressortir, je enfin si si jamais elles ne sont pas déjà très connues, elles vont sans doute ressortir.

Donc c'était un risque parce que quasiment tous les cardinaux américains ont ont des on ont des des plaintes sur cette question qui ne sont pas fondés sur leur propre culpabilité mais peut-être sur le silence à un moment donné ou un autre de leur fonction. au cours de leur vie pastorale. Est-ce que l'église est au clair sur cette question aujourd'hui Denis Peltier pape après pape ?

Est-ce que l'église clair dans sa détermination à lutter je poserai pas la question de cette manière-là. Oui, je pense qu'il pense qu' il y a un certain nombre de choses qui ont été comprises mais je poserai pas la question de cette manière-là. Pour moi, c'est un pape qui est très révélateur de cette partie de la hiérarchie catholique qui a compris, j'ai envie de dire, à son corps défendant ce qu'il était en train de se passer, à son corps défendant et presque à sa culture défendante.

C'estàd que ma collègue le disait très justement tout de suite, il a il a il a il on a des reproches à lui faire sur la manière dont il a géré les les dans un premier temps la question de la criminalité sexuelle et je pense qu'il a compris petit à petit et il participe encore une fois de cette église de cette partie de l'église qui peu à peu comprend ce qui se passe. Cela dit, cette affaire de cette question de la criminalité sexuelle est une question qui est apparue donc aux États-Unis à la fin des années 70, au début des années 80 et qui se déploie à travers le monde entier selon une chronologie longue parce que partout où la question est posée, il y a des résistances très fortes. Et donc, comment vous dire ?

Oui, il y a des gens dans l'église qui ont compris et notamment au sommet de l'église, il y a des gens qui ont compris mais l'église est une église globale maintenant et donc de continent en continent, de pays en pays, y compris à l'intérieur de l'Europe, il y a des résistances et ces résistances font que la crise dure et que c'est ça va être une des grosses difficultés de ce pontifica mais cela aurait été pour n'importe quel successeur de François. Ça va être évidemment une des grandes difficultés à gérer. C'est une crise longue et c'est une crise globale, la crise de la criminalité sexuelle.

Et c'est évidemment un des chantiers importants pour ce nouveau pape Léon X dont nous avons découvert quelques aspects grâce à vous ce matin. Un grand merci euh Denis Peltier, directeur d'études à l'école pratique des hautes études. Merci à vous également Blandine Cellinipon, professeur d'histoire contemporaine à l'université d'EX-Marseille.