L'interview politique intégrale de Jordan Bardella sur RMC
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
On va revenir dans un instant sur la décision du conseil d'Atterra sur le port ou non du hijab dans le foot. Mais d'abord, bien sûr, Nanterre. Bien sûr, Nanterre, un jeune homme, est mort hier, 17 ans, dans un refus d'obtempérer. Est-ce que vous considérez encore qu'il s'agit d'une forme de légitime défense de la part des policiers ?
D'abord, je pense que la mort d'un homme est toujours un drame et que l'enquête devra déterminer les circonstances dans lesquelles cette mort a été donnée. Je n'y étais pas. Je ne suis pas magistrat, je ne suis pas juge d'instruction. Il y a une enquête qui est en cours et l'enquête déterminera les responsabilités, si des responsabilités très claires doivent être établies. Ceci étant dit, il est de mon devoir de rappeler qu'il y a dans notre pays en France, en 2022, 25 822 refus d'obtempérer.
Et que les forces de police, que ce soit des fonctionnaires de la police nationale, que ce soit des gendarmes, font face tous les jours à une pression de plus en plus forte et forcée de constater que, notamment, je le dis, notamment en banlieue parisienne, ils sont devenus des cibles. Ils sont devenus des cibles en banlieue parisienne, ils sont devenus des cibles dans d'innombrables quartiers en France. Et que, si erreur d'un homme, il doit y avoir, encore une fois, il y a une enquête qui est en cours, la vidéo.
Mais est-ce que vous êtes en train de donner une forme de contexte, aussi, que ce soit une forme d'excuse des policiers ?
Non, madame. Je dis à tous ceux qui jettent l'opprobre sur l'intégralité d'une profession. Et à tous ceux qui jettent l'opprobre sur les forces de l'ordre...
Non, mais là, moi, je ne vous interroge pas sur ce qui jettent l'opprobre ou pas. On va y revenir, parce qu'il y a eu des réactions politiques et que c'est en train de devenir une véritable affaire politique. Mais je vous interroge d'abord sur les faits, sur ce qui s'est passé hier, hier matin, à 8h30, à Nanterre. Vous avez vu les vidéos ? Alors oui, vous n'y étiez pas, je n'y étais pas non plus. Et il y aura une enquête. Mais vous avez vu la vidéo ?
Non, mais madame, il y a une justice dans notre pays. La justice, ce n'est pas les réseaux sociaux. Pardonnez-moi. La justice, ce n'est pas une vidéo.
Quand ça vous arrange ?
Pardon ?
Quand ça vous arrange ? Parce que les vidéos et les réseaux sociaux, vous savez les utiliser, comme ça vous arrange ?
Oui, d'accord, madame. En l'occurrence, il y a eu un mort. Donc, je ne suis pas l'IGP, je ne suis pas juge d'instruction, et vous non plus. Si on revenait sur Bordeaux, par exemple, le Rassemblement National a très largement utilisé des vidéos. Mais quel rapport ?
Ce que je veux dire, c'est que vous ne pouvez pas refuser de commenter une vidéo contre d'autres vidéos, sous prétexte que ce serait sur les réseaux sociaux.
Madame, vous tirez des comptes. Est-ce que vous pouvez attribuer la responsabilité de la mort d'un homme à partir d'une vidéo de trois secondes ? En aucun cas. Je vous demande simplement votre réaction à cette vidéo. Dans responsable politique, il y a responsable. C'est une enquête qui est en cours. Et je dis une chose, la mort d'un homme est un drame. Mais je dis aussi que tous les jours, nos policiers font face à des refus d'obtempérer. Et qu'encore une fois, à la source de cette affaire, il y a très certainement, l'IGPN le dira, un refus d'obtempérer de la part de gens qui sont connus des services de police et qui commettent des crimes et des délits. Encore une fois, je n'excuse rien.
Mais à tous ceux qui, encore une fois, utilisent cette affaire pour instrumentaliser le sujet des, soi-disant, des bavures policières. Je l'ai vu en Bordeaux hier sur BFM TV. Je veux leur dire, allez mettre un uniforme de la police nationale. Et allez vous confronter à la violence à laquelle sont confrontées tous les jours nos forces de police. Vous me parlez d'instrumentalisation, de récupération par rapport à l'affaire de Bordeaux. Moi, j'ai vu hier des députés de la France Insoumise, M.
Léomand notamment, se rendre au commissariat de Nanterre pour aller rendre visite, pour aller vérifier si les gens qui sont en garde à vue aujourd'hui, parce qu'ils ont utilisé la violence pour des représailles contre les forces de l'ordre, sont bien traités par la police nationale. C'est une honte. Mais je trouve ça honteux. Je trouve que c'est une honte. Je dis que ça en dit beaucoup sur la dérive aujourd'hui dans laquelle est toute une partie de la gauche. et que systématiquement, madame, la France Insoumise est dans la roue des délinquants, des criminels, des islamistes et de tous ceux qui plus largement veulent détruire la République française.
Vous n'avez pas le sentiment d'être en train de faire un énorme amalgam ? Non, pas du tout. Il y a eu hier, à la suite de cet incident, de ce drame, des émeutes contre les forces de l'ordre à Nanterre, à Surenne, à Boulogne-Biancourt. Et je veux les condamner parce qu'ils sont absolument inadmissibles. Et je pense que la loi et l'ordre doivent être maintenus sur l'intégralité du territoire national.
On va y revenir, Jordan de Mardella. Mais vous avez aussi parlé de ceux qui, d'après vous, récupèrent. Il y a eu plusieurs réactions, de nombreuses réactions politiques. Et des réactions, y compris d'Omar Sy ou de Kylian Mbappé. On va revenir sur le tweet de Jean-Luc Mélenchon. Mais à l'instant, c'est celui de Kylian Mbappé qui s'est donc exprimé sur Twitter. Il dit « J'ai mal à ma France. Une situation inacceptable. Toutes mes pensées vont pour la famille et les proches de Naël. Ce petit ange parti beaucoup trop tôt. »
Oui.
Pas de réaction, ça vous laisse sans voix ?
Écoutez, c'est la réaction de Kylian Mbappé qui voit ce drame et qui, comme tous les Français, considère que ce drame est une tragédie. Parce qu'un homme est décédé, parce qu'un homme est mort. Vous auriez pu l'écrire. Ce que vous voulez dire, c'est que vous auriez pu l'écrire. Non, mais je ne suis pas dans l'émotion. On est dans l'action. On est des responsables politiques. Donc, il y a le temps de l'émotion et il y a le temps de l'action. Le rôle d'un footballeur qui, a priori, n'est pas magistrat ou n'est pas juge d'instruction, peut-être c'est celui de partager l'émotion de la famille ou, encore une fois, la famille, y compris du policier.
Mais notre rôle à nous, c'est d'attendre le résultat de l'enquête et d'en tirer les conséquences.
Le policier n'est ni décédé, évidemment, ni même blessé.
Oui, il l'est probablement psychologiquement.
Vous estimez que c'est quasiment... On aurait dû avoir une pensée aussi pour le policier ?
Madame, je dis encore une fois qu'on ne peut pas tirer, excusez-moi, mais bien sûr, vous n'y étiez pas, quand vous avez un véhicule qui s'apprête à vous foncer dessus, à qui vous avez fait sommation de s'arrêter...
On n'a pas vu la même vidéo, j'ai l'impression.
Pardon ?
On n'a pas dû voir la même vidéo.
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire que le moment où il tire, il n'est pas en train de vous foncer dessus.
Mais Madame, vous n'étiez pas sur place. Non, je n'y étais pas. Je dis juste que nous n'avons pas vu la même vidéo. Je vous dis encore une fois qu'il y a chaque année, chaque jour dans notre pays, un recul d'obtempéré toutes les 20 minutes.
Sur les images que l'on voit sur BFMTV, les policiers sont sur le côté du véhicule, il y a un refus d'obtempéré. Et le véhicule démarre. Il démarre. Et c'est à ce moment-là que le policier tire, son arme est pointée directement sur le conducteur à travers la fenêtre.
Et si la déclaration du policier ne correspond pas à la réalité des images qui sont étudiées par les GPN, alors c'est évidemment une faute. Mais je dois rappeler, et c'est de mon devoir de le rappeler, après une enquête, et c'est de mon devoir de le rappeler, qu'il y a un refus d'obtempérer toutes les 20 minutes dans notre pays, et qu'il y a 18 policiers qui sont blessés par jour dans notre société. 18 policiers et gendarmes. Donc les policiers font face aujourd'hui à un climat de violence, et ça n'excuse en rien les représailles qui ont lieu aujourd'hui contre les forces de police, contre le mobile urbain.
Allez m'expliquer pourquoi est-ce que dans le quartier, à Nanterre, à Boulogne, à Surenne, on a brûlé cette nuit, à Mante-la-Jolie, une mairie, une école maternelle, quel est le rapport avec les fonctionnaires de police, quel est le rapport avec cet incident ? Donc il y a aujourd'hui des quartiers qui sont devenus des poudrières, qui sont devenus des véritables zones de non-droit, et qui le sont devenus parce que nous avons laissé pendant de trop nombreuses années le laxisme judiciaire s'installer, et un autre droit que celui de la République française, s'installer dans notre société.
Et tout ça alimenté, ce climat de tension très largement alimenté par les représentants de la nation, et notamment les députés de la France insoumise.
Jean-Luc Mélenchon hier s'exprimait, il dit la peine de mort n'existe plus en France, aucun policier n'a le droit de tuer sauf légitime défense. S'il s'agissait d'un refus d'obtempérer de pollueurs ou d'immigrés fiscaux, on ne se poserait pas la question. Nous avons multiplié les alertes, cette police incontrôlée par le pouvoir discrédite l'autorité de l'État, elle doit être entièrement refondée, condoléances affligées à la famille. C'est une forme de peine de mort.
Je pense que M. Mélenchon est irresponsable. Et j'aimerais rappeler à M. Mélenchon que tous les jours nos policiers sont pris à partie. Et j'aimerais lui rappeler qu'il y a quelques mois, on était sur vos plateaux de télévision pour réagir au meurtre d'une gendarme de 25 ans qui s'appelait Mélanie Lemay et qui a été traînée sur plusieurs dizaines de mètres, me semble-t-il, par un chauffard qui faisait justement et qui s'inscrivait justement dans le cadre d'un refus d'obtempérer. Donc M. Mélenchon ne soutient pas la police, il est pour le désarmement de la police républicaine.
Et je pense que ce tweet accompagne la dérive d'un homme qui est systématiquement du côté de ceux qui veulent abîmer, détruire la République. C'est vrai avec les délinquants et criminels, mais c'est aussi vrai avec les islamistes et les communautaristes.
Pour clore ce sujet, un mot quand même sur l'enquête qui aura lieu. Le policier est poursuivi pour homicide volontaire, il l'est en garde à vue. S'il est avéré qu'en effet il n'y avait pas de mise en danger, qu'il n'y avait pas de légitime défense et qu'il a raconté une version qui n'était pas tout à fait celle qui a eu lieu, est-ce que vous estimez qu'il doit être sanctionné ?
Bien sûr, évidemment. Et encore une fois, les erreurs existent, mais les erreurs sont individuelles, restent individuelles. Et je ne souhaite pas, et je le dis de la manière la plus claire qui soit, que faute d'un homme, s'il y a faute d'un homme et qu'elle est démontrée par l'IGPN et qu'elle est sanctionnée par la justice, soit utilisée pour jeter le propre sur l'intégralité d'une profession qui sont des pères et des mères de famille et qui lorsqu'ils vont travailler essentiellement en banlieue parisienne, que je connais bien puisque j'en suis élu, vont travailler le matin la boule au ventre.
Et vous savez, quand on est policier aujourd'hui au sein de la République française, quand on part le matin travailler, qu'on quitte sa femme ou son mari et ses enfants, on n'est pas certain de revenir le soir. Et bien souvent, quand on rentre chez soi après sa journée de travail, on ferait trois, quatre, cinq, quatre fois peut-être le tour de chez soi avant de rentrer dans son domicile parce qu'il y a eu de trop nombreux drames qui ont visé des policiers et il ne faut pas l'oublier.
Je précise d'ailleurs que le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, prévoit de s'exprimer d'ici une dizaine de minutes, juste après votre interview, ce sera bien sûr à suivre en direct sur BFM TV et dans le journal de 9h sur RMC. 8h43, Jordan Bardella, vous qui êtes donc président du Rassemblement National, je voudrais vous interroger aussi sur cette question du hijab qui à nouveau divise la société. Le Conseil d'État doit rendre une décision demain pour autoriser ou non le port du hijab dans le sport.
Il doit trancher en fait une affaire qui oppose la Fédération française de foot, qui refuse le port du hijab pour les filles et des hijabeuses, comme elles s'appellent, qui demandent à jouer voilées. Et il semble que selon toute vraisemblance, le Conseil d'État va autoriser le hijab puisque c'est ce que le ministère public, le rapporteur public a recommandé. Vous redoutez cette décision du Conseil d'État, Jordan Bardella ?
Je pense que la France fait face à, maintenant depuis plusieurs années, à une offensive islamiste qui se traduit partout dans l'espace public et que l'espace public est devenu aujourd'hui un espace de conquête pour les fondamentalistes islamistes. C'est vrai avec les abahis à l'école, c'est vrai avec le burkini, on a eu ce débat il y a quelques mois, c'est vrai avec le voile et c'est aussi vrai en ce moment même avec cette revendication qui vise à porter le voile sur les terrains de sport.
Ce que je trouve absolument hallucinant, je suis frappé de voir aujourd'hui ce qui devrait être les gardiens du droit républicain, les gardiens des valeurs républicaines et de la laïcité comme le Conseil d'État, venir épouser les thèses et les revendications des islamistes. Ça ne date pas d'hier, il faut se souvenir qu'en 1989, durant l'affaire du voile de Creil, le Conseil d'État avait été saisi par Lionel Jospin, il avait refusé à l'époque de se prononcer sur le port du voile à l'école. Ce que je trouve inquiétant, c'est que le rapporteur du Conseil d'État considère que dans ses revendications, il n'y a ni prosélytisme, ni forme de communautarisme dans la demande qui est...
Je précise effectivement, donc le rapporteur public, il faut bien comprendre que tout cela c'est une plaidoirie, le rapporteur public est donc celui qui est quasiment à 1995, 16% du temps suivi, en effet, par le Conseil d'État. Il a plaidé pour l'annulation de l'article 1 de la Fédération française de football qui interdit, je cite, « tout port de signes ou de tenues manifestant ostensiblement une appartenance politique, philosophique, religieuse ou syndicale ». Et ce que dit donc le rapporteur public, c'est que le hijab n'est pas une forme de prosélytisme, ni une forme de provocation, et qu'il n'y a aucune exigence de neutralité de la part des licenciés de la FFF.
Mais le hijab est évidemment une provocation, c'est une provocation, et c'est même l'outil d'affirmation des fondamentalistes islamistes dans l'espace public.
Avant qu'on allait plus loin, je voudrais juste préciser la définition du hijab. Le hijab est un voile islamique qui couvre les cheveux, les oreilles et le cou.
Et il est porté en France par ce collectif des hijabeuses, qui avait reçu, je me souviens il y a quelques mois, le soutien de la ministre de l'égalité homme-femme, Mme Moreno, qui est ministre d'Emmanuel Macron, et précisément ce collectif est en France, en France, la voix de l'idéologie des frères musulmans. Donc ils sont évidemment dans une démarche politico-religieuse.
Vous faites référence à Mme Moreno, qui n'est plus au gouvernement. En revanche, celle qui est encore au gouvernement aujourd'hui, c'est la ministre des Sports, qui elle, s'est opposée et dit redouter cette décision. Elle est plutôt sur la même ligne que nous.
En même temps, du gouvernement sur la laïcité, je vais vous dire, le Rassemblement National est le seul mouvement qui est au clair sur la laïcité. Les manifestations visuelles, politiques, vestimentaires, culturelles de l'idéologie islamiste n'ont pas leur place dans la République française. Je vais vous dire, nous on a bossé. Vous voyez, je vous l'ai ramené ce matin, on a fait une proposition de loi.
Vous l'avez là, vous l'avez apporté. Proposition de loi visant, je cite, à combattre les idéologies islamistes.
Marine Le Pen à l'Assemblée Nationale, parce que nous, on est très clair sur la laïcité, on a bossé et c'est une proposition de loi que nous redéposerons.
Il y a quoi dans cette proposition ?
Il y a l'ensemble des dispositions juridiques, administratives et politiques pour interdire de l'ensemble de l'espace public des revendications comme le hijab qui sont des manifestations d'une idéologie qui a déclaré la guerre à la France et à la République française. Et encore une fois, que le Conseil d'État utilise par la voix de son rapporteur l'argument de la liberté individuelle pour justifier l'autorisation du hijab, je trouve ça proprement hallucinant. Ils font le jeu des fondamentalistes islamistes.
Et permettez-moi de vous rappeler ces propos de Jean-Éric Schottel, qui est l'ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, qui a signé ce matin une tribune dans les colonnes du Figaro, et qui rappelle que la laïcité est d'abord et avant tout un pacte de discrétion. La religion fait partie de la sphère privée. Ceux qui veulent utiliser les codes religieux, les lois qui sont inscrites dans certains textes de certaines religions pour les imposer à tous dans l'espace public, sont en contradiction avec ce que nous sommes. Le voile est contraire totalement à la culture française. Il est contraire à l'image que nous avons en France de la femme française.
La femme en France, elle est libre et elle ne porte pas ses vêtements religieux. Et j'aimerais rappeler, excusez-moi, mais là encore, que Mme Moreno, mais M. Papendiaï, qui aujourd'hui est le ministre de l'éducation d'Emmanuel Macron, est bien timide sur le sujet des abayas. Et quand on n'est pas capable d'interdire un vêtement comme l'abaya dans l'école de la République française, qui est à mon avis un sanctuaire où les querelles des hommes ne doivent pas rentrer pour paraphraser Jean Zé, alors on n'est pas capable de défendre la laïcité et de défendre l'universalisme républicain. Et permettez-moi de rappeler, quant à M.
Mélenchon, qui trouve génial de porter l'abaya, là aussi on voit bien la dérive de toute une partie de la gauche qui a abandonné ses valeurs, qui a abandonné l'universalisme républicain et qui a surtout abandonné la laïcité au nom de la liberté individuelle sous le poids de l'expression islamique. Et encore une fois, l'islamisme ne pousse pas dans les prairies normandes. C'est la conséquence d'une immigration qui a été importée sur notre sol.
C'est quoi votre expression ? L'islamisme ne pousse pas sur les prairies normandes ?
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a 30 ans, madame, on ne se posait pas la question du voile, du burkini, des abayas ou des horaires séparés dans les piscines. Et que nous avons importé sur notre sol une culture étrangère qui ne correspond en rien à la culture française, à l'identité, à l'art de vie français qui est aujourd'hui menacée par l'islamisme.
Et j'invite M. Mélenchon d'ailleurs, peut-être qu'une partie de la gauche
comme M. Mélenchon revienne à ce qu'a été pendant très longtemps une partie de la gauche qui défendait, notamment au tour de M. Chevènement, la laïcité. Et je vous rappelle que M. Chevènement lui-même, je lisais son papier dans le JDD il y a quelques jours, considère que l'immigration importe des chocs culturels en France. Je partage cette thèse et je pense qu'il y a beaucoup de gens, même des Français de confession musulmane qui se sentent parfaitement intégrés à la République française ont parfois le sentiment dans beaucoup de quartiers de ne plus reconnaître la France.
Jordan Bardella, qu'est-ce que vous dites à Founé Diawara qui est donc la présidente du collectif des hijabeuses ? Elle dit, si vous refusez que l'on porte ce hijab, alors ces femmes qui, chaque week-end, continueront donc à être exclues des terrains parce qu'elles portent le voile. Certains disent qu'au fond, si on les empêche de jouer, alors on les renvoie chez elles, dans leur foyer.
Je rappellerai à madame, que je ne connais pas d'ailleurs, qui est une militante islamiste, manifestement, que la France n'est pas l'Arabie Saoudite ou la France n'est pas le Qatar. Donc, en France, les femmes ne portent pas le voile. En France, les femmes sont libres. Et en France, les femmes sont l'égal de l'homme.
Qu'est-ce que vous dites du fait que Gérald Darmanin, pour le coup, est renvoyé de votre côté par ses opposants ? Mathilde Panot, qui est visiblement votre ennemi commune. Gérald Darmanin pointe les musulmans du doigt et se fait le ministre de Marine Le Pen. Au moins, vous avez quand même des alliés à ses yeux.
Mais le sujet, ce n'est pas tant Gérald Darmanin que la réaction de Mathilde Panot, qui fait partie de cette gauche qui s'est totalement vendue et qui est dans la roue de l'idéologie des frères musulmans et qui, par ses accointances à l'égard du communautarisme, a développé cette idéologie qu'on appelle l'islamo-gauchisme, qui est aujourd'hui, qui fait partie de ces idéologies qui déconstruisent la République française.
Mais si M. Darmanin veut lutter contre l'islamisme,
alors il faut maîtriser l'immigration. Parce que la poussée de l'islamisme aujourd'hui dans notre société, elle est le fait d'une politique d'immigration dérégulée qui fragmente les grands équilibres de notre société, qui fragmente tout ce que nous avons de commun.
Jordan Bardella, si je vous écoute, vous, et si j'écoute Gérald Darmanin, et si j'écoute aussi la ministre des Sports, qui dit, je cite, je ne veux aucune exception à ce principe de laïcité dans le sport, je veux qu'a fortiori, pour les jeunes femmes, le sport reste un outil d'émancipation. Si, dans la foulée de la décision du Conseil d'État, qui, encore une fois, ne s'est pas prononcée, mais qui, selon toute vraisemblance, demain, devrait autoriser le port du hijab, si le ministre de l'Intérieur et la ministre des Sports font une loi en disant qu'on l'interdit purement et simplement, vous signerez, vous la voterez ?
Mais nous l'avons, la loi.
Non, mais si on la propose, vous n'avez pas encore plus de chances de passer.
Non, mais moi, je ne suis pas sectaire. Donc, vous voyez la signer. Vous voyez la voter. Non, parce que je pense que ce gouvernement n'a pas le courage de défendre la laïcité, de défendre l'identité française. Et j'en veux pour preuve que le patron de M. Darmanin, qui s'appelle accessoirement Emmanuel Macron, qui lui est encore, non pas au gouvernement, mais élu depuis 2017, considérait, lors d'un déplacement à Strasbourg il y a quelques mois, qu'on pouvait porter le voile et être féministe. C'est bien là les limites et en même temps.
C'était en effet un échange au moment de la campagne, dans un train, à une jeune femme qui s'adressait à lui. Excusez-moi, j'ai cru comprendre que le gouvernement devait faire une loi
pour soi-disant maîtriser l'immigration. On l'attend toujours.
En tout cas, votre proposition de loi, elle est visiblement là.
Elle est prête, elle est disponible sur le site du Rassemblement national. Mais je veux juste que les gens qui nous écoutent comprennent ce matin qu'on a bossé, qu'on a des propositions extrêmement sérieuses qui sont rédigées et qui sont prêtes à être votées clé en main dès notre arrivée au cours.
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, merci d'être venu répondre à mes questions ce matin. Dans un instant, c'est d'ailleurs le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui devrait s'exprimer. C'est à suivre en direct, bien sûr. Merci Apolline de Malèvre. À suivre en effet la colère et la polémique après la mort d'un jeune de 17 ans à Nanterre,
suite à un refus d'obtention.
Jordan Bardella