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interviewLCP (sur YouTube)· 5 décembre 2025 26 min

Budget : un vote avant Noël ? | Parlement Hebdo - 05/12/25

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à tous. Très heureux de vous retrouver pour un nouveau numéro de Parlement hebbdo, l'émission qui revient sur les temps forts de la semaine au Parlement. Et comme chaque semaine, nous vous proposons un débat entre [musique] un député et un sénateur.

Cette semaine, nous accueillons Benjamin Lucas Lundi. Bonjour. Bonjour.

Vous êtes député des Yvelines, membre du groupe écologiste et social à l'Assemblée nationale. Exactement. Et face à vous, Vincent de Lae sénateur centrice de Laesson.

Bonjour. Bonour. Et l'Assemblée nationale va-t-elle voter le budget de la sécurité sociale à l'approche du vote solennel mardi, ce budget est critiqué à droite comme à gauche.

Alors que le Premier ministre Sébastien Lecnu met la pression sur les députés notamment du bloc central. Le Sénat lui examine le budget de l'État pour 2026. La majorité de droite et du centre a adopté [musique] la première partie du tex sur les recettes mais en supprimant plusieurs milliards d'euros de hausse d'impôt.

Et on parle d'abord du budget de la sécurité sociale qui est examiné à [musique] l'Assemblée nationale le récit d'Els Mondingava. Quand le premier ministre s'invite dans l'hémicycle, c'est pour multiplier les coûts de pression. Je vous rappelle que le gouvernement n'engagera pas sa responsabilité sur ce texte.

Est-ce qu'il y a un schéma ? dans lequel nous pouvons nous permettre qu'il n'y ait pas de projet de loi de finance pour la sécurité sociale. La réponse est non.

S'il n'y a pas de PFSS voté à la fin de cet exercice, vous aurez globalement un déficit cible en dérive autour de 29 à 30 milliards d'euros. Il faut dire que l'issue du vote sur le budget de la sécurité sociale est plus qu'incertaine. Premier problème, Sébastien Lecnu n'est pas assuré du tout de faire le plein chez ceux qui sont censés soutenir le gouvernement.

Je n'ai trouvé aucun de mes collègues en capacité de voter pour le budget tel qu'il nous est présenté en entrée de lecture en séance pour plusieurs raisons. D'abord, il ne propose pas de réduction du déficit. Deuxièmement, il repose sur de la nouvelle nouvelle fiscalité et troisièmement, il ne propose pas de mesures de réduction de dépenses.

À date et au regard donc de ces trois critères, le vote oscillerait entre l'abstention et un vote défavorable. Une position des troupes d'Édouard Philippe, vivement critiquée par les socialistes, qui se retrouveraient presque à défendre le gouvernement. Il y en a marre franchement.

C'est pas possible d'avoir des gens qui se comportent à chaque fois comme si tout leur était dû. Je regrette qu'il y ait des gens qui fasse passer leur ambition personnelle, présidentielle avant toute forme de considération pour ce que vont vivre les Français. Sébastien Lecornus est donné pour mission de doter la France d'un budget d'ici au 31 décembre.

Mardi sera une étape décisive pour savoir si oui ou non il peut y parvenir. Benjamin Lucas, mardi prochain mathématiquement, le groupe écologiste et social aura un rôle crucial pour permettre de donner au nom un budget de la sécurité sociale à la France. Vous avez conscience de votre responsabilité ?

Oui. Euh quand on est parlementaire, par principe, on a conscience de sa responsabilité sur chaque vote et encore plus dans une situation où euh la configuration de l'Assemblée nationale, telle qu'elle est issue des dernières législatives suite à la dissolution du président de la République rend chaque vote totalement incertain. Euh donc ça c'est une évidence.

Après, euh être responsable, c'est respecter aussi notre mandat constitutionnel, c'est-à-dire voter en son âme et conscience. Notre groupe, comme tous les autres, d'ailleurs, je suppose, délibérera collectivement. Pour ma part, je ne vois pas le chemin qui m'amènerait à m'abstenir ou à voter pour ce budget de la sécurité sociale qui euh est en contradiction complète avec ce pourquoi je me suis présenté devant mes électrices et mes électeurs.

Et donc moi, j'espère que avec mon groupe, nous voterons contre. En tout cas, moi je voterai contre ce budget de la sécurité sociale. Donc ne pas donner un budget de la sécurité sociale au pays, c'est pas un problème pour vous.

Mais c'est un problème et le problème dans lequel on est, on voit bien euh il vient de loin, il vient de la dissolution décidée euh tout seul par le président de la République. Il vient de son refus de reconnaître le résultat des élections législatives et il vient du blocage euh de la Macronie euh si tentez qu'elle existe encore dans l'Assemblée nationale qui a été incapable de construire des compromis sur un de sujets. C'est vrai sur la sécurité sociale, c'est vrai sur le budget de l'État.

Je prends l'exemple de la taxe Zucman par exemple, on en parlera peut-être qui était un compromis. Elle ne permettait pas à elle seule de rattraper 10 ans de cadeaux fiscaux aux plus riches et aux grandes entreprises. Ils ont dit niet à chaque étape de de qui permettrait un progrès pour les Françaises et les Français, ils ont dit niet, entendons-nous bien.

Ce qui compte pour moi, je sais bien qu'à la fin c'est pas un budget de gauche. Je ne viens pas, je suis pas naïf en disant il faut un budget de gauche. Par contre, il faut détricoter le bilan d'Emmanuel Macron. les injustices qui ont été infligées au français ces 8 dernières années.

Vincent de la une réaction à ce que vient de dire les arguments de de majorité. J'entends que c'est pas un budget de gauche mais c'est pas un budget de droite non plus hein parce que euh nous nous ce qu'on souhaiterait c'est l'équilibre. C'est-à-dire qu'on souhaiterait qu'il y a des efforts qui soient faits en dépenses et c'est pas le cas.

Et alors, c'est pas le cas sur le le budget de l'État, c'est pas le cas sur la sécurité sociale. En réalité, à chaque fois, on se met d'accord sur des augmentations de dépenses et sur des augmentations d'impôts. Donc, il y a un moment donné où cette politique qui est menée depuis 45 ans nous mène dans le mur.

Donc, nous, on on aimerait on aimerait beaucoup plus d'efforts sur la dépense. Et quand vous avez un déficit qui était annoncé à 17 milliards, le premier ministre a dit "On dépassera pas 20 milliards, maintenant on est à 23 voire 25." et il nous dit si s'il se passe rien parce qu'il y aura un budget de la sécurité sociale parce que la sécurité sociale continuera à fonctionner au 1er janvier.

En fait, il y aura des indexation de pension et et de prestation, il y aura la prise en compte des malades et des patients qui viendront. Il y a pas entre guillemets, j'allais dire il y a pas de souci, sauf que en fait il y a aucune mesure de redressement. C'estàd que le le déficit qu'on cumule depuis plusieurs années qui n'est pas normal parce que c'est des dépenses courantes.

Qu'on qu'on investisse et qu'on s'endettete pour pour investir, ça se comprend mais qu'on s'en dette pour payer des dépenses courantes, c'est pas normal. Et sans vote de ce budget de la sécurité sociale, selon le gouvernement, selon le premier ministre Sébastien Lecnu, et bien les comptes sociaux vont dériver avec un déficit de la SQ, on l'a entendu dans le sujet, qui pourrait avoisiner les 29 milliards, 30 milliards d'euros. Une perte de contrôle du financement de notre modèle social.

Benjamin Lucundi, vous ne pouvez pas prendre un tel risque en en ne votant pas ce ce texte. Non, mais c'est pas moi qui gouverne, c'est pas moi qui ai proposé une copie initiale qui ne pouvait pas rassembler une majorité euh à l'Assemblée nationale et dans le pays. C'est pas moi qui depuis les résultats des élections législatives est tout fait pour garder le pouvoir.

Ce sont les macronistes et monsieur le Cornu est le collaborateur en chef du président de la République. Euh le débat qui a été posé par mon collègue sénateur et en réalité le débat qui a été esquivé dans ce dans cette séquence parlementaire, c'est comment on résorbe le déficit de la sécurité sociale. Et moi, j'ajoute une question, comment qui est pour moi la centrale, comment on répond au besoins de nos compatriotes en matière sanitaire, en matière sociale ?

C'est un débat historique qui a séparé la gauche et la droite depuis 50 ans dans ce pays. Nous, nous considérons que les besoins de nos compatriotes sont forts, sont élevés, qu'ils ne sont pas couverts aujourd'hui par le volume des dépenses telles qu'il est, qu'il faut augmenter les dépenses de la sécurité sociale, de protection des Français, qu'il faut investir pour l'hôpital public par exemple, qu'il faut investir pour les minimats sociaux, qu' faut par exemple aujourd'hui le le fléo de notre société, c'est le non recours au droit. Vous avez des gens qui ont droit à des aides sociales pour survivre, qui n'y acceptent pas parce qu' ils ne font pas les démarches qu'il faut, parce qu'ils ne peuvent pas les faire parce que tout est organisé pour qu' les fassent pas par exemple.

Et donc il faut mettre des moyens et donc et donc et donc pour résorber le déficit, vous avez deux solutions économiquement. Vous avez la réduction de la dépense, ça veut dire taper les Françaises et les Français, réduire leur protection ou vous avez l'augmentation des recettes. C'est ce que nous avons proposé et c'est ce qui a été refusé par la droite.

Je le comprends tout à fait. Euh moi je crois aux convictions. Tout à l'heure, j'entendais Olivier Fort accuser les uns et les autres d'avoir des ambitions présidentielles comme si personne à l'Assemblée nationale au Sénat n'avait d'ambition pour rien.

Mais il y a des convictions. Monsieur Édouard Philippe, c'est un homme de droite qui défend des convictions de droite, je les respecte. Les miennes sont incompatibles avec les siennes parce que moi, je crois qu'il faut aller chercher du côté des recettes, c'est-à-dire mettre à contribution les haut patrimoines, les plus fortunés, les grandes entreprises pour financer un modèle de protection sociale à la hauteur des défis qui sont les comment réduit le déficit qui reste à Bissal et qui risque de s'envoler de la sécurité sociale à la fois la sécurité sociale et de l'État hein. les les deux sont on est dans des situations catastrophiques.

Sur la sécduire des dépenses parce que si vous réduisez pas dépenses, on a augmenté par exemple la rémunération des des soignants avec le segure de la santé. Séure de la santé, il a coûté 13 milliards. En fait, il était pas financé.

Moi ce que je Vous trouvez qu'ils sont bien payés les soignons ? Moi je proteste ben il faudrait comparer au niveau européen. Moi j'avais demandé à ce qu'on a une étude comparative au niveau européen.

On l'a jamais eu. Alors donc après après ça ça reste très suet sub subjectif tout ça mais on peut décider d'augmenter les les soignants. Mais à ce moment-là, il faut les il faut il faut trouver les recettes en face.

Et où est-ce qu'on les trouve ? Ben on les a pas trouvé. En l'occurrence on a augmenté sans trouver de recettes.

Alors après moi je moi je pense qu'on est très redistributeur en France hein. On a on est sans doute le pays au monde qui redistribue le plus. Ça veut dire que on a deux français sur trois qui touchent plus de la collectivité qu'ils ne versent.

Donc déjà c'est très compliqué aussi les allocations les allocations, les impôts, tout tout ce si on compte tout en fait il y a deux français sur trois qui touchent plus qu' ne qu' ne verse à l'état. Donc à un moment donné, c'est vrai qu'il faut se poser les questions. Vous parliez tous les deux d'augmenter les recettes, c'est intéressant parce que dans le débat à l'Assemblée nationale, jeudi, le premier ministre Sébastien Lecnu a réussi à trouver un compromis sur une sur une hausse de la CSG sur le capital qui a été demandé par la gauche, mais en excluant les petits épargnants, notamment les plans d'épargne populaires, Benjamin Lucas prouve que le compromis est possible à l'assemblée sur ce budget de la SC.

Non, au-delà de ça, pardon, il y a il y a plein de fois on raconte qu'il y a un compromis. Par exemple sur les franchises médicales, on vous annonce une horreur, on arrive en vous disant "Attention, je vais vous couper le bras puis à la fin on vous cro que que le petit doigt." Bon et un non recul n'est pas une avancée.

Voilà. Là, en l'occurrence, nous nous pensons qu'il faut aller beaucoup plus loin dans la mise à contribution des plus hauts patrimoines, des plus riches ou par exemple de l'héritage. Euh monsieur décrit une réalité sur l'absence de financement d'un certain nombre de mesures, je le rejoins.

Moi, je crois qu'il faut il fallait le Ségure. Il faut augmenter les soignants. Il faut aujourd'hui des moyens pour nos hôpitaux qui sont dans un état lamentable.

Il y a des gens qui meurent sur des brancards aux urgences. La question c'est comment effectivement on le finance. Moi je constate cap c'est déjà ça.

C'est presque rien. Pardon mais les besoins aujourd'hui pour mettre juste pour mettre l'hôpital public à un niveau décent pour qu'aujourd'hui il y ait plus des Français qui meurent sur des brancards pour qu'aujourd'hui nos soignantes et nos soignants ne soient plus dans un niveau de saturation telle. C'est pas ce 1,5 milliards qui va régler cela.

Donc moi je crois en effet qu'il faut revenir sur les cadeaux sur les offrandes fiscales qui ont été faites au plus fortunés dans notre pays. Qu'il faut regarder ce qui se passe aussi. Vous parliez d'évolution sur 40 ou 50 ans, les inégalités ont augmenté.

L'ultichesse d'aujourd'hui ferait pas lire de jalousie les ultra riches d'à 30 ou 40 ans parce que le patrimoine est accumulé accaparé par quelques-uns et en matière sociale notamment, il y a tellement d'exonérations, on parle des impôts mais il y a tellement d'exonérations, tellement d'optimisations fiscale, tellement de niches fiscales qui font qu'aujourd'hui beaucoup échappent à leur juste part d'impôt. Vous entendez ce que dit Benjamin Lucas ? Il vaut mieux il vaut mieux rien du tout plutôt que juste 1,5 milliards.

Vous lui répondez quoi ? J'ai pas dit ça 1,5 milliards de de hausse de la CG sur pour le compromis. Voilà.

Est-ce que c'est ça la solution pour baisser le déficit de la sécur ? Le compromis est toujours possible mais là on a l'impression que c'est le grand écart qu'il faut faire. C'est-à-dire que il y a eu quand même beaucoup de concessions qui ont été faites au Parti socialistes qui ne pèse quand même pas énormément dans le pays et mais simplement on a on a l'impression et il y a beaucoup de de personnes à droite et au centre qui ont le sentiment qu'on a fait ce gouvernement a fait surtout des concessions au Parti socialiste.

Donc à un moment donné il faut aussi que on sente qu'il y a des concessions de l'autre côté. Une dernière question sur le PLFSS sur le 493 Benjamin Lucas ce passage en force constitutionnelle sur le budget par le gouvernement. Sébastien Lecornu y renoncé mais est-ce que ce n'est pas la seule solution pour donner un budget au pays à la fin de l'année ?

Je fais pas de fiction. Le premier ministre a dit qu'il il n'y aurait pas recours. Donc bon ben je faire confiance à la parole du premier ministre.

Il faut quand même essayer de faire un effort d'être constructif. Mais beaucoup lui demandent d'assumer le 493 pour qu'il y ait un budget à la fin. Beaucoup j'entends pas tant que ça en réalité.

Oui, le 493 il a il est aujourd'hui je pense réclamé par une part de de ces troupes parce qu'il n'y a pas de il n'y a plus de socle commun. C'est le disloc commun. Vous avez des gens qui ont dit mais quand même ça pose un vrai sujet démocratique parce que pourquoi monsieur le Cornu est à Matignon ?

Parce que le président de la République quand il a reçu les forces de gauche et écologistes qui demanderit à gouverner, qui demandait à être dans cette situation difficile de chercher un compromis avec les autres, le président de la République a dit "Non, non, il y a il y a une coalition alternative au nouveau Front populaire, c'est l'Union de la Macronie et de LR". Il y a eu un premier coup de canif dans tout ça, c'est monsieur Retaillot qui a dit "Je ne veux pas me retrouver dans ce gouvernement." Et donc LR finalement ne participe pas de ce gouvernement.

Euh, il y a des membres de LR qui y sont mais qui ont été suspendus, je crois de leur famille politique. Bon, vous avez ça d'un côté et puis vous avez même dans la dans la macronie en elle-même, monsieur Édouard Philippe et monsieur Gabriel Atal, les deux anciens premier ministres euh du président de la République qui euh lui tirent dans le dos jours. Donc on voit bien que tout ça ne tient pas mais c'est c'est un vrai scandale démocratique parce qu'en fait il gouverne avec une légitimité démocratique, une assise parlementaire qui est la plus faible de l'histoire de la 5e République.

Il a presque pas de troupe au Sénat et il en a presque plus à l'Assemblée nationale. Vincent de la sans majorité, comment un gouvernement peut-il utiliser le 493 sans risquer une menace de censure ? Bah peut-être qu'il risque une censure parce que quand on en utilise 493, on risque toujours la censure puisque c'est s'il y a pas de censure, le est adopté qu' l'utilisera.

Moi, je pense qu'il a eu tort de se priver forcément de cela de prendre comme principe qu'il l'utiliserait pas. après qu'il l'utilise ou qu'il l'utilise pas à un moment donné, moi je pense qu'il va pas l'utiliser puisqu'il a il a suffisamment répété qu'il pas l'utiliser que il va pas se dédire aujourd'hui. Mais euh je pense que c'est un outil qui pourrait permettre euh de faire adopter des textes et qu'à un moment donné quand on n' pas de majorité, il faut bien euh utiliser certains outils.

Alors pendant ce temps, la Haute assemblée, le Sénat examine le projet de loi de finance, le budget de l'État pour l'année prochaine. la majorité de droite et du centre à remanier ce texte notamment en supprimant la hausse d'impôts exceptionnelles sur les grandes entreprises. Cécile Sixou votant 345 exprimé 303 pour jeudi avec 198 voix pour et 105 voix contre, le Sénat a voté la première partie du budget, la partie recette.

Les sénateurs ont complètement revu la copie du gouvernement. Elle prévoyait 14 milliards d'euros de recettes supplémentaires. La majorité de droite l'a réduite de moitié à 7 milliards d'euros.

Le Sénat a totalement remagné la copie initiale du gouvernement et il est il a complètement évité également le Sénat de rentrer dans l'hystérie fiscale, ce que Gérard Larchet, le président Gérard Larchet a appelé l'hystérie fiscale de l'Assemblée nationale. Et en effet, nous avons choisi euh d'éviter des prélèvements extrêmement lourds pour les Français et dangereux pour la croissance économique. Pour les sénateurs, la fiscalité voulue par le gouvernement était jugée trop sévère envers les entreprises, notamment la surtaxe sur les bénéfices qui devaient rapporter 4 milliards d'euros.

Les sénateurs de droite se l'ont rejeté. À gauche, on dénonce une mesure démagogique. Que la droite s'adonne à une forme de surenchère pour donner des gage à ce qu'elle pense lucratif pour son électorat est une chose.

Il me semble que nous devrions tous nous accorder sur tous les bancs de cet hémicycle pour reconnaître qu'une contribution des très grandes entreprises telles que les grandes banques ou les grands énergéticiens est nécessaire dans le moment particulièrement difficile que nous connaissons afin de combler des trous de ce budget. Le Sénat est aussi revenu sur l'effort demandé aux collectivités. La copie du gouvernement prévoyait 4,6 milliards de prélèvements.

Elle a été divisé par 2 et ramené à 2 milliards d'euros. En revanche, la majorité sénatoriale assume demander plus d'efforts aux classes moyennes. Les sénateurs ont notamment voté le gel du barê des impôts sur le revenu, sauf pour la première tranche.

On préserve toujours ceux de nos compatriotes qui sont les plus précaires évidemment et on essaie de faire en sorte de de passer cette cette ce moment difficile qui va nous emmener jusqu'en 2029. On doit arriver à l'objectif de 3 % du PIB maximal. Donc il faut, on l'a dit, des recettes, quelques recettes supplémentaires pour arriver à l'objectif de 5 % de déficit malgré la baisse des recettes, les sénateurs comptent sur la partie dépenses pour trouver des économies supplémentaires.

Vincent Dolet, on sent que la majorité de droite et du centre du Sénat est d'abord là pour voter son budget et pas forcément pour déjà travailler à un compromis avec la gauche pour faire passer au final le budget au parlement car c'est quand même ça l'objectif. Déjà, il faut effectivement qu'on exprime nos convictions et c'est normal qu'on vote en fonction de nos convictions. Notre conviction, c'est qu'il faut faire plus d'efforts en dépenses que en recette, qu'on a déjà le pays qui dépense le plus d'argent public et qui a le taux d'impôt le plus élevé.

Donc à un moment donné, il faut à partir de ce diagnostic se dire on travaille sur la dépense. En fait, on a jamais travaillé sur la dépense. Donc on a jamais réduit la dépense publique.

En 2025, on augmente la dépense publique de 50 milliards. He il faut quand même que nos nos compatriotes le l'entendent bien. Donc 50 milliards d'augmentation et les efforts qui ont été faits ont été uniquement sur des augmentations d'impôts. 25 milliards d'augmentation d'impôts.

Donc à un moment donné et zéro en dépense. à un moment donné, il faut renverser cette logique là et c'est ce qu'on cherche à faire au Sénat. Après, on pourra discuter bien sûr avec l'Assemblée, avec le gouvernement, ce qui me paraît normal, mais c'est normal qu'on pose nos convictions.

Qu'il y a quand même des hausses d'impôts dans ce budget remagé par le Sénat. Il y a des hausses d'impôts, Benjamin Lucas dans ce budget réécrit par le Sénat sur les haut revenus, les géant du numérique, une taxe sur les holdings pour dissuader de faire de l'optimisation fiscale. Finalement, ça peut être une base de négociation avec la gauche.

Mais elles sont encore une fois très symboliques. Quand nous avons proposé la taxe dumane, de mon point de vue c'est une proposition de compromis parce que la taxe dumane, même dans ses hypothèses de rendement les plus élevées, ne suffisait pas à compenser les 8 années de cadeaux fiscaux, d'offrande fiscale que nous venons de vivre à l'égard des ultra riches et des grandes fortunes. J'entends ce que mon collègue dit sur la dépense, mais la dépense c'est publique, c'est comme le cholestérol, il y a la bonne et la mauvaise.

Moi, je considère que investir dans la transition écologique, protéger nos services publics, protéger les Français à travers des recrutements dans la police nationale, que tout ça c'est de la bonne dépense. Qu'en revanche par exemple vous pas vous êtes sénateur au Sénat, il y a eu un rapport commis par le sénateur Fabien Guayet sur les aides publiques aux entreprises. Est-ce que dans les 211 milliards d'euros versés chaque année en exonération de cotisation, en cadeaux fiscaux ou en aide publique directe aux grandes entreprises, est-ce qu'il y a pas là ?

Je dis pas qu'il faut les supprimer intégralement, mais est-ce qu'il y a pas là matière en les conditionnant, en les contrôlant mieux à récupérer quelques milliards dont on aurait besoin. Donc moi, j'ai pas d'hostilité dogmatique à la réduction de la dépense. Encore faut-il savoir laquelle.

Par contre, je suis totalement contre une réduction des dépenses de ce qui permet de protéger les Français et je suis même pour augmenter les moyens pour la bifurcation écologique qui est nécessaire et pour les protections sociales, éducatives ou de sécurité des Françaises et des Français. Vincent deil, il faut chasser les mauvaises dépenses comme le mauvais cholestérol notamment certaines aides publiques aux entreprises. Je viens de je viens de sortir un un ouvrage sur des économies en vuté en voilà.

Donc il y a il y a de quoi faire quand même dans dans le budget de l'État comme dans la sécurité sociale. Il il y a de quoi faire en France pour réduire euh la dépense pour nous permettre de vivre mieux. Alors les entreprises bien sûr on dit toujours les entreprises on va les taxer.

On taxe le capital. Là, on propose pratiquement de taxer le capital à 60 %, hein. Entre la contribution exceptionnelle qu'on a supprimé nous sur l'IS plus la CG plus la contribution différentielle sur les revenus, en fait, on arrive à 60 %, ce qui est le le record du monde, hein, en terme de taxation du capital.

Il faut savoir que le capital, on a besoin pour faire tourner les entreprises et que les entreprises, c'est elles qui créent des emplois et qui peuvent augmenter les salaires. Donc les gens disent "On a pas assez de salaire, on a pas assez d'emploi, mais en réalité si on pénalise les entreprises, on pénalise l'emploi et on pénalise les salir". Mon cher collègue, est-ce que les 10 années que nous venons de vivre de cadeaux aux grandes entreprises, d'allègement de cotisation, tout le monde s'accorde à dire que la politique d'Emmanuel Macron, politique de l'offre, a était une politique très laxiste à l'égard des grands groupes et des grandes entreprises.

Est-ce qu'elle a permis une augmentation des salaires du travail ? chômage avait permis de maintenir quand même le pouvoir d'achat moyen, hein, je dis je dis bien moyen parce que après il y a il y a des différences mais euh moyennement le le pouvoir d'achat a progressé en en moyenne. Donc là, il vient de baisser hein, il vient de baisser à cause de quoi ?

Vous si vous avez regardé l'INC, c'est à cause des impôts. Les impôts qui ont été augmentés, le pouvoir d'achat baissé. Une question Benjamin Le justement, c'est bien que les hausses d'impôts dites exceptionnelles ont tendance à à s'installer dans le temps à devenir permanente.

Pourquoi Je suis pas pour des hausses exceptionnelles, je suis pour des hausses structurelles organisées. Mais du coup, cela euh cela augmente l'instabilité fiscale et donc économique. Ça vous vous assumez ?

Oui. Euh j'assume. J'assume.

La la démocratie par nature est instable. Voilà. La la démocratie par nature est instable et le et la configuration politique telle qu'elle est, elle résulte pas de mon fait hein, euh elle résulte du choix du président de la République de dissoudre et puis elle résulte de notre mode d'élection, de ce qu'ont décidé les Françaises et les Français dans 577 circonscriptions.

Et c'est ainsi, il faut faire avec. Là encore, je vais reprendre ma ma métaphore du cholestérol, vous m'en excuserez ce matin, c'est avant les fêtes de Noël, c'est un peu cruel mais pareil la stabilité, il y a la bonne et la mauvaise stabilité. Euh moi, la stabilité de la politique d'Emmanuel Macron ou la stabilité telle qu'elle est entendue par mes collègues sénateurs euh avec le budget qu'ils ont euh eux proposé à l'issue de l'examen de leurs travaux, c'est pas une stabilité qui me convient.

Euh voilà, donc euh donc le choix il est il est de ce point de vue-là. Il est d'abord du point de vue du fond des idées, des propositions que nous défendons et pour lesquelles nous nous battons en conviction et en sincérité. Parce que quand même derrière tout ça, c'est pas une affaire de tambouille politique, c'est pas une affaire de de stabilité ou d'instabilité.

C'est quelle politique voulons-nous pour le pays et pour les Français ? Et chaque conviction est respectable de ce point de vue-là. Et puis Vincent Dolet, vous parliez des dépenses.

Le Sénat va examiner les différentes dépenses de l'État, les différents crédits des ministères et prévoit quand même des coupes budgétaires drastiques, notamment le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux. C'est une vieille recette qui avait notamment été utilisée par Nicolas SarkoZi. Ça peut marcher encore aujourd'hui ?

Ah moi, j'en suis convaincu. Je suis convaincu que sur euh pas mal de de secteurs, on peut alors bien sûr pas parce que souvent on nous cite les policiers ou les enseignants, ben non, les policiers, les enseignants, ils sont opérationnels. Par contre, on a pas mal de fonctionnaires qui ne sont pas opérationnels qui font des études, qui font des rapports qui se terminent dans les tiroirs.

Donc, à un moment donné, il faut faire il faut faire le nettoyage de passer les rapports, faut les lire. Écoutez, moi je connais je connais des fonctionnaires qui font des rapports qui se terminent dans les tiroirs et qui font un rapport par mois et voilà, ils sont payés à faire un rapport par mois qui termine dans le tiroir. Donc à un moment donné, il faut il faut faire faut faire du ménage.

Il faut faire du ménage làdedans. Il a des fonctionnaires inutiles aujourd'hui. Moi moi je je pense qu'il y a besoin de redresser les comptes publics.

Donc on a des comptes publics catastrophiques. Pour répondre à la question, il y a des fonctionnaires inutiles. Oui mais moi je pense moi je pense je je pense qu'il y a des fonctionnaires inutiles.

On a augmenté de façon considérable le nombre de fonctionnaires. prévoit encore de les augmenter en 2026 alors qu'on a un déficit de 130 milliards et on prévoit encore d'augmenter on ne sait pas comment on les paye. Benjamin Lucas va vous répond.

C'est ex extrêmement grave ce que vous dites parce que vous jetez en pâure comme ça les gens dont l'engagement est de défendre le service public. J'ai pas parlé de l'ensemble des fonction quel que soit ce qu'ils font monsieur parce que même quand vous travaillez dans un bureau comme vous dites, moi je n'aime pas cette démagogie, ce populisme à bon compte à l'égard des fonctionnaires. Même quand vous travaillez dans un bureau pour organiser par exemple le la façon dont on fournit en équipement un commissariat de police, et bien effectivement vous n'êtes pas sur le terrain à protéger les Français mais vous contribuez à ce qu'on puisse les défendre bien.

Quand vous êtes dans un hôpital en situation de gérer les achats de matériel hospitaliers, bien vous êtes tout aussi important dans la chapit à cause de quoi ? à cause de notre réglementation, on a une réglementation qui est très compliquée et du coup ça oblige à avoir une administration qui est trop conforte. Donc il faut réduire la réglementation.

Mais je termine donc moi je crois qu'il n'y a aucun fonctionnaire dans ce pays qui soit inutile et je veux les défendre et par ailleurs nos fonctionnaires ils sont mal payés, ils sont maltraités. L'État est un mauvais employeur. L'État est un employeur qui maltraite aujourd'hui ceux qui sont ses serviteurs et qui sont les serviteurs de l'intérêt général.

Vous votre modèle, votre idéal, c'est finalement la privatisation de tout ou de presque tout. droite la droite à chaque fois qu'elle a été au pouvoir ça été des vagues de privatisation. Donc moi je suis au contraire pour que on défende l'intérêt général les services publics.

Si vous voulez chercher des choses inutiles à supprimer, je vais être volontiers provocateur ce matin. Je ne sais pas si le Sénat ça sert à quelque chose voyez-vous. Par exemple, parce que le Sénat est une assemblée intrinsèquement conservatrice et réactionnaire.

On l'a vu avec les choix budgétaires. Ça coûte un peu d'argent et ça coûte un peu d'argent pays. Moi je défends les moi je défends les ma de ma circonscription.

La réponse de Vincent à ce propos La réponse de Vincent Dolet à ce propos de Benjamin Lucas lundi. Un poil provocateur sur le Sénat. Mais je pense c'est une vraie question démocratique.

Non moi je je je pense que le Sénat est utile. Je pense que le Sénat représente les collectivités locales, que l'Assemblée la le représente de moins en moins avec la fin du cumul des mandates qui a été une erreur monstrueuse. Les parlementaires et notamment les députés sont assez déconnectés de la base et ça je pense que c'est pas bon.

Pardon pardon juste c'est intéressant parce que on touche à une mesure d'économie et de démocratie. Euh vous parlez de la base. Moi, il y a 27000 personnes qui ont voté pour moi au 2e tour des élections législatives.

Combien combien de de suffrages avez-vous recueilli vous pour être élu sénateur ? Moi massie quand j'étais maire de mass j'étais 22 [rires] ans ma de je parle pas des municipal je suis au contraire plus de pouvoir collectionnaire. J'ai géré une collectivité pas ma question.

Mais moi je pense que c'est important éleurs mais combien d'électeurs ? Combien d'électeurs ? Ouais moi c'est pas forcément j'en avais 10000 pour être élu sénateur seulement moi je vous parle pour être élu sénateur voyez donc il y a un sujet aussi démocratique qui représente qui pardon mais ça pose dans dans le débat budgétaire on met égalité l'assemblée le sénat pardon mais le sénat structurellement parce que le mode d'élection des sénateurs est antidémocratique ne représente pas aujourd'hui les aspirations du pays français disent non mais les français disent on veut la justice sociale on veut la justice sociale vous avez chambre conservatrice qui bloque cela justement le sénat va voter son budget Mais est-ce que ça peut aboutir à la fin au Parlement ?

Moi je pense que le Sénat est important dans la République. Qu'on ait un biparlementarisme c'est important. Qu'on est de chamb et qu'on est deux chambres, c'est très important.

Alors est-ce que est-ce qu'on aura un budget à la fin ? Moi, je n'en sais rien. Je n'en sais rien à ce stade.

Merci beaucoup à vous deux d'avoir animé ce débat. B très animé mais cours-toi. On se retrouve la semaine prochaine, même lieu, même heure.

Ciao ciao.