"LA GUERRE DES CLASSES CONTINUE, ET VOUS EN ÊTES L'INSTRUMENT" - Ruffin
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Edouard Philippe s'exprimait dans le Financial Times, il y a deux jours. Et le Financial Times écrivait : "Quand nous lui suggérons que le projet du gouvernement pour un marché du travail plus flexible, ses baisses d'impôt pour les entreprises, et son insistance sur la réduction des déficits sont toutes de droite M. Philippe éclate de rire : "Oui !
A quoi vous vous attendiez ?" Yes ! What did you expect ?" Et je pense... vous savez ce qu'il a ajouté ensuite : il faudrait des réductions d'impôts pour les riches.
Pour moi, là, on a un projet, sur la loi travail qui est fait pour les riches, et notamment pour les riches entreprises - mon énigme concernant Auchan n'étant toujours pas résolue... mais voilà.
Le licenciement, le travail de nuit, le travail du dimanche, la santé, là-dedans, je vois pas ce qui constitue une avancée pour les salariés. Warren Buffet, qui était à l'époque la troisième fortune mondiale, déclarait : "La guerre des classes existe, c'est un fait, mais c'est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter." Et vous savez, il est rare que la guerre des classes se mène en s'affichant de cette manière-là.
Elle emprunte toujours des masques, elle emprunte toujours des ruses. Elle emprunte toujours les détours de l'histoire. Et pour moi, là, c'est déguisé derrière les mots de souplesse, de compétitivité et ainsi de suite, mais c'est la même guerre des classes qui continue de se mener avec un instrument, que vous êtes aujourd'hui ; parce qu'il est rare, que quand on veut prendre aux salariés, on l'affiche en lui disant : "On va aujourd'hui raser les pauvres et on va aider les multinationales à s'en mettre plein les poches Je ne dis pas qu'il n'y a que ça, dans le projet de loi, mais je pense qu'il y a un certain nombre de choses qui ne contribuent pas à limiter le pouvoir des prédateurs, mais au contraire, à leur en donner davantage.
François Ruffin