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interviewyoutube.com· 25 mars 2026 24 min

Marine Le Pen was a guest on France Inter's morning show; the full interview is available here.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Dans le grand entretien, nous recevons donc la présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée, triple candidate à l'élection présidentielle. Vos questions et réactions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Inter. On a beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin, les élections municipales. Le RN peut-il vraiment se satisfaire de ses résultats ? On parlera aussi de la guerre au Moyen-Orient, et de ses conséquences pour les Français, notamment sur le prix des carburants.

Mais d'abord, Marine Le Pen, vous rentrez de Hongrie, où vous avez participé à une assemblée des patriotes en soutien au Premier ministre, Victor Orban, qui est en pleine campagne électorale, à la tribune. Vous l'avez qualifié d'ami, de visionnaire, de pionnier. Est-ce que, vu le contexte international, ces mots peuvent vraiment s'appliquer, sont judicieux au sujet d'un dirigeant allié à Vladimir Poutine, qui dit que l'Ukraine est l'ennemi de la Hongrie ?

0:59
Invité

Non mais, M. Orban n'est pas allié de Vladimir Poutine. M. Orban est allié d'un certain nombre de mouvements, notamment au Parlement européen, dont le nôtre, puisque nous participons du même groupe, qui s'appelle le groupe des patriotes au Parlement européen. Bon, donc il est parfaitement naturel que je vienne soutenir nos alliés lorsqu'ils sont en situation électorale. Et c'est ce que j'ai fait en allant le voir. Moi, je trouve que Victor Orban, il est courageux, parce qu'il s'oppose à Mme von der Leyen, qui ne cesse de s'attribuer des compétences qui ne sont pas les siennes. On l'a vu avec le maire Cossure.

On l'a vu à de multiples reprises, y compris lorsqu'elle a fait le tour des dirigeants du Golfe, alors qu'elle n'est absolument pas investie de quelque pouvoir diplomatique que ce soit. Et moi, je trouve que cette résistance de la Hongrie pour défendre la souveraineté des États doit être encouragée.

1:55
Marine Le Pen

Marine Le Pen, Victor Orban est un allié de Vladimir Poutine. Il assume de le soutenir. Il considère que l'Ukraine est un ennemi de la Hongrie. Il bloque à l'échelle européenne un prêt de 90 milliards d'euros pour l'Ukraine. Vous avez par ailleurs un ministre des Affaires étrangères hongrois, le Washington Post, qui révèle que ce ministre transmet des informations confidentielles à Sergei Lagrov, le ministre des Affaires étrangères russe. Tout ça fait de lui, de façon documentée et claire, un allié de Vladimir Poutine.

2:26
Invité

Pardon, M. Duhamel, mais la Russie est le fournisseur énergétique de la Hongrie. Par conséquent, qu'ils aient des liens, je ne le conteste absolument pas. Et c'est précisément la raison pour laquelle M. Orban s'oppose auprès de 90 milliards. Parce qu'en réalité, l'Ukraine entrave la fourniture de pétrole de la Russie vers la Hongrie. Ce qui entraîne des conséquences extrêmement graves pour le peuple hongrois. Donc il est simplement pragmatique, M. Orban. L'hostilité entre la Hongrie et l'Ukraine est aussi liée au fait que M. Zelensky a menacé, quasiment physiquement, M. Orban en disant qu'il allait envoyer l'armée devant chez lui.

Enfin bon, donc j'ai envie de vous dire que pour le coup, cette hostilité est partagée et que peut-être la faute également est partagée.

3:16
Marine Le Pen

Mais comprenez que la question qui se pose est celle d'un éventuel double discours du Rassemblement National. Vous avez d'une part Jordan Bardella, président du RN, qui dit que la Russie est une menace multidimensionnelle pour la France. Et dans le même temps, vous avez vous Marine Le Pen, triple candidate à l'élection présidentielle, qui va à Budapest soutenir Viktor Orban, qui affirme que la Russie est un allié. Est-ce qu'il n'y a pas un double discours ? Est-ce qu'on peut dire à Paris on soutient l'Ukraine et dans le même temps, aller à Budapest soutenir un allié de Vladimir Poutine ?

3:42
Invité

M. Zuhamel, c'est incroyable, vous êtes à deux doigts de découvrir ce que c'est que la souveraineté nationale. C'est fou, c'est bien. La souveraineté nationale, c'est précisément que chaque pays a le droit de défendre ses intérêts. Et le périmètre des intérêts de chaque nation peut être différent. Et par conséquent, les intérêts de la France ne sont pas les intérêts obligatoirement de la Hongrie, et vice-versa. Et de cette souveraineté découle une chose extrêmement claire, c'est que chaque pays doit avoir la libre disposition de sa diplomatie.

4:11
Marine Le Pen

Mais là vous dites de lui que c'est un visionnaire et un pionnier Marine Le Pen.

4:14
Invité

Oui, c'est vis-à-vis, encore une fois, de l'Union Européenne. Oui, je crois que le combat que mène Victor Orban pour la liberté des nations, pour la souveraineté des nations, est contre une Union Européenne qui empiète sur les pouvoirs des peuples. Parce qu'en réalité, quand l'Union Européenne s'attribue des compétences qui ne sont pas les siennes, elle va à l'encontre de la démocratie dans les différents pays européens. Oui, je crois qu'il a été un des premiers en réalité à le faire. Et aujourd'hui, il est un peu un symbole de cette résistance à l'égard de Mme von der Legeil. Pour le reste, chacun détermine sa propre diplomatie. Celle de l'Allemagne n'est pas celle de la France.

Celle de la France n'est pas obligatoirement celle de la Hongrie, qui n'est pas obligatoirement non plus celle de l'Italie. Marine Le Pen, une dernière question sur Victor Orban.

5:03
Présentateur

Vous dites qu'il est courageux face à l'Europe. Qu'est-ce que vous dites de son bilan dans son pays ? Un pays où la presse est muselée, où la Gay Pride a été interdite. Est-ce que ça fait de lui un visionnaire ? C'est un modèle ?

5:15
Invité

Honnêtement, encore une fois, c'est drôle d'ailleurs, parce qu'on parle en permanence des ingérences des uns à l'égard des autres. Moi, je ne m'ingère pas dans les affaires internes hongroises. Je crois que les critiques qui sont formulées contre lui sont évidemment très caricaturales et très excessives. Ce que je note, c'est qu'il a été le dirigeant le mieux élu à chaque élection, le mieux élu quasiment de toute l'Europe. J'en déduis que le peuple hongrois a l'air plutôt heureux de son dirigeant. Mais monsieur Duhamel, vous ne comprenez pas qu'un allié n'est pas un clone ? J'entends bien qu'on va passer une demi-heure sur ce sujet, mais ce n'est pas grave, moi ça ne me dérange pas.

Un allié n'est pas un clone. Je ne cherche pas des clones, moi, en Europe. Je cherche des alliés. Et Dieu merci, puisque si je cherchais des clones, j'en trouverais probablement pas d'ailleurs.

6:11
Marine Le Pen

Marine Le Pen, parlons de la guerre au Moyen-Orient, où la situation est pour le moins volatile. Donald Trump a proposé un plan de paix à l'Iran en 15 points, mais en attendant les frappes continuent. L'Iran a lancé une nouvelle salve de missiles sur Israël. Est-ce que vous comprenez la stratégie du président américain de Donald Trump ? Est-ce que vous comprenez ses buts de guerre ? Ou est-ce que vous dites au contraire qu'il faut que la guerre désormais s'arrête ?

6:31
Invité

Ces buts de guerre sont erratiques. Est-ce que quelqu'un comprend quel est l'objectif en réalité final de cette guerre ? Que cherche à obtenir Donald Trump ? Je crois qu'en réalité, personne ne le sait. Je ne sais pas plus que cela. Ce que je vois, c'est que les Etats-Unis ont manifestement commis une erreur en ce sens qu'ils pensaient qu'en l'espace de quelques jours, le régime iranien tomberait. Il n'est pas tombé. Le régime iranien est un régime extrêmement solide. Je rappelle qu'il y a un Mola pour 300 habitants et que dans le système de direction, en quelque sorte, de l'Iran, il y a 7 degrés de successeurs envisagés. C'est-à-dire que si un est éliminé, le deuxième prend sa place.

Si le deuxième est éliminé, le troisième prend sa place. Et ça, sur 7 niveaux. Donc vous voyez que c'est quelque chose d'extrêmement solide.

Donc nous sommes aujourd'hui dans une situation où, évidemment, cette guerre a pris des proportions qui manifestement n'étaient pas prévues, touchant beaucoup de pays du Golfe et entraînant évidemment pour le monde un déséquilibre très lourd dans les fournitures énergétiques avec les conséquences qui nous frappent et qui peut-être demain, plus encore, vont nous frapper car on parle de l'énergie, pardon, on parle de l'électricité, on parle qui a augmenté de 40%, on parle du gaz qui a augmenté de 80%, mais on ne parle pas des engrais puisque 20% des engrais mondiaux sont actuellement bloqués dans le détroit d'Hormuz, ce qui veut dire que nous risquons de surcroît une crise alimentaire et donc il y a toutes les raisons de prendre cette situation très au sérieux.

8:23
Présentateur

Alors hier, le ministre de l'économie Roland Lescure a parlé de nouveaux chocs pétroliers. Vous, Marine Le Pen, vous avez dénoncé un État qui profite de la crise sur les prix des carburants, vous souhaitez une baisse des taxes. La question c'est, est-ce qu'on en a les moyens ?

8:39
Invité

Oui, on en a les moyens. Si vous voulez, on se retrouve dans une situation où le gouvernement, à la différence de tous les autres gouvernements en Europe d'ailleurs, laisse monter les prix, notamment des carburants. Évidemment, touche des recettes de TVA supplémentaires, parce que quand le prix du carburant augmente, la consommation baisse. Oui, mais voilà, c'est quand même paradoxal. Alors qu'il suffisait que le gouvernement dise, écoutez, voilà, on va baisser la TVA, à ce moment-là, la consommation serait restée la même. Les Français auraient donc été dans la situation de ne pas se restreindre.

Et en même temps, l'État n'aurait pas vu ces recettes dégradées, puisque de toute façon, les recettes qui sont prévues sont les recettes avant, en fait, la crise énergétique, donc avant l'augmentation de la TVA, donc avant l'augmentation des recettes. Donc c'est pour vous, c'est inodore, incolore pour les finances de l'État ? Ah ben ce serait, oui, bien sûr. Ça serait inodore et incolore. Mais là, on se retrouve dans une situation où en réalité, le gouvernement participe a créé et la restriction et une forme de panique. Vous savez, je regardais la dernière fois, il y avait un reportage et un Français faisait le plein de sa voiture.

Et j'en avais, je lui ai dit, mais pourquoi vous faites le plein ? Ben, je fais le plein parce que je suis inquiet. Je lui ai dit, mais pourquoi vous êtes inquiet ? Parce que le gouvernement vient de dire qu'il n'y avait pas de raison d'être inquiet. Et il dit, mais c'est justement parce que le gouvernement a dit qu'il ne fallait pas être inquiet, je le suis. Donc vous voyez qu'il y a un problème aussi de confiance dans les dirigeants actuels de la France de la part du peuple français qui fait qu'en fait, on aggrave en quelque sorte de crise.

10:04
Marine Le Pen

Juste, Marine Le Pen, si on s'arrête un instant sur ce que vous demandez et ce que le Rassemblement national demande, il y a une forme de constance de ce point de vue-là, sur une baisse de la TVA passée de 20 à 5,5%. Ça a été chiffré aux alentours d'une dizaine de milliards d'euros. Par ailleurs, c'est un mécanisme, et là encore, ça a été documenté, qui en quelque sorte bénéficierait au plus aisé de la même manière qu'au plus pauvre.

C'est-à-dire que si vous baissez la TVA, que ce soit une infirmière libérale qui fasse le plein ou quelqu'un qui a un SUV et qui paye l'impôt sur la fortune immobilière, il bénéficie autant de cette baisse de la TVA, est-ce que c'est vraiment le meilleur mécanisme ? Est-ce qu'il ne faut pas plutôt aller vers des aides ciblées si on veut aider les Français par rapport à cette hausse des carburants ?

10:43
Invité

Non, je crois que l'infirmière libérale, elle sera très contente de voir son plein baisser parce que pour un plein de 40 litres, passer la TVA de 20% à 5,5%, c'est à peu près 10,80 euros actuellement pour le gazole d'économie. Elle sera très contente, elle ne regardera pas et elle ne sera pas mécontente au motif que celui qui a des meilleurs moyens obtient la même baisse. Alors les aides ciblées, je vais vous dire ce que ça a donné. Ça a donné la ruine la dernière fois et ça a donné le fait que Jordan Bardet, la députée européenne, il avait reçu un chèque lui.

11:17
Marine Le Pen

Oui, c'était l'exception qui confirmait la règle.

11:20
Invité

D'accord, mais on sait très bien que pour le coup, c'est une ânerie. Donc pourquoi ne pas ? Nous, on est pour la baisse de la TVA sur l'énergie de manière générale, c'est-à-dire hors période de crise, nous considérons que c'est un bien de première nécessité, l'énergie, et donc nous sommes pour la baisse de la TVA de 20 à 5,5% sur le gasoil, le fuel, le carburant, l'électricité, etc. Mais particulièrement dans une situation de crise telle que nous la vivons, le gouvernement peut très bien de manière temporaire soit baisser la taille CPE, soit effectivement baisser la TVA pour permettre d'alléger la facture des Français.

Alors vous dites que ça coûte 10 milliards, mais 10 milliards sur un an, ça veut dire que ça coûte moins d'un milliard pour un mois ? Je crois qu'honnêtement, c'est que les gabegies que fait le gouvernement actuellement, il n'y a certainement moyen de donner cet avantage aux Français en termes de priorité.

12:14
Marine Le Pen

C'est paradoxal Marine Le Pen d'entendre un parti, le Rassemblement National, qui parle d'un État dispendieux, lourdement endetté, très largement déficitaire, et qui là, pour le coup, incite l'État à dépenser beaucoup d'argent.

12:26
Invité

Oui, mais notre problème, M. Lujamé, ce que vous ne comprenez pas, c'est que c'est la manière dont est dépensé l'argent qui nous pose un problème. L'argent est dépensé n'importe comment. Et ce ne sont jamais les classes moyennes et les classes populaires qui en réalité en bénéficient. Nous, ce que nous souhaitons, c'est que si un effort est fait, et il doit y avoir évidemment des économies parallèlement à cet effort qui est fait, il doit bénéficier aux classes moyennes et aux classes populaires. C'est ce qu'ils attendent aujourd'hui. Et très honnêtement, je trouve que la réponse du gouvernement est extrêmement faible.

Maintenant, que les choses soient tout à fait complètes et claires, nous souhaitons la baisse de la TVA avec un contrôle temporaire des marges. Car il ne s'agit pas évidemment qu'un certain nombre bénéficient de cet effort qui pourrait être fait par l'État.

13:12
Présentateur

Marine Le Pen, l'heure tourne. Il faut qu'on parle des municipales. Le Rassemblement national a étendu son implantation. Vous êtes passé de 22 à 74 mairies. Rassemblement national, des villes moyennes, Carcassonne, Castres, La Flèche, ont basculé. Malgré des espoirs de victoire, vous avez échoué à conquérir Toulon, Marseille, Nîmes, vous avez obtenu Nice, mais c'est la seule grande ville que vous réussissez à décrocher. Pourquoi ça coince toujours dans les grandes villes, dans les métropoles ?

13:48
Invité

Ça coince parce qu'on n'est pas au conseil municipal. C'est extrêmement difficile d'exister dans une grande ville où la bipolarisation est aggravée par la médiatisation, par l'enjeu, alors que nous ne sommes pas dans les conseils municipaux. Donc il faut que nous réussissions à entrer dans les conseils municipaux. Mais vous voyez, à Marseille, par exemple, vous prenez cet exemple, nous avons perdu à Marseille. Certes, nous sommes passés de 22% à 40 et quelqu'un. Ce n'est quand même pas rien comme augmentation. Mais surtout, aujourd'hui, du fait du retrait de nos adversaires politiques au second tour, nous sommes la seule opposition au conseil municipal de Marseille.

Et ça, c'est un avantage considérable. Parce qu'en 2014, c'est ce qui s'est passé à Perpignan. C'est-à-dire que nos adversaires politiques se sont retirés pour faire barrage à Louis Alliot. Certes, il a perdu. Mais durant 6 ans, il a été la seule opposition. 6 ans après, il a gagné la ville. Donc c'est un mauvais calcul de la part de nos adversaires politiques. Et en réalité, nous sommes la seule ou la principale opposition aujourd'hui dans toute une série de villes que nous avons certes perdues, mais dont nous espérons, de fait, que nous les gagnerons dans 6 ans.

14:50
Marine Le Pen

Vous citez Marseille. Quand on regarde à Paris, Thierry Marigny, il fait 1,6%. À Lyon, le candidat que vous souteniez, qui était un candidat d'Éric Ciotti UDR, il fait moins de 10%. Au-delà des questions d'implantation et de stratégie, est-ce qu'il n'y a pas un problème avec les habitants des grandes métropoles ? Et quand on est le Rassemblement National et qu'on souhaite accéder aux plus hautes fonctions, est-ce qu'il n'y a pas un problème quand on n'arrive pas à parler à 25 millions de Français qui habitent dans des grands centres urbains, c'est-à-dire 40% de la population ? Est-ce qu'il n'y a pas un problème sociologique ? Vous n'arrivez pas à leur parler ?

15:21
Invité

Le problème, c'est aussi que les journalistes qui vivent dans les très grandes villes ont tendance à ne voir que les très grandes villes. Je rappelle quand même que nous avons gagné 10 villes de plus de 30 000 habitants. Ce n'est pas rien 30 000 habitants, c'est extrêmement évidemment important. Nous avons une difficulté pour nous implanter dans les grandes villes. Donc nous allons nous y atteler. Comment vous l'expliquez ? Nous allons nous y atteler parce que, encore une fois, quand vous n'y êtes pas, en réalité, pour y entrer, c'est extrêmement compliqué. Il faut commencer par séduire les électeurs. Oui, mais vous avez raison, bien sûr. Je pense qu'on va travailler sur ce sujet.

Vous savez, nous, on se remet en cause. On est perfectibles, nous le savons et nous allons essayer d'entrer. Maintenant, ce sont des grandes villes qui, en réalité, sont souvent mondialisées, qui, peut-être, sont moins sensibles aux thématiques que nous développons.

16:10
Marine Le Pen

Et je précise, Marine Le Pen, qu'Ardio France, il y a un réseau local et que, pour le coup, en ce qui concerne la proximité... Page pub ! Non, ce n'est pas page pub, c'est juste parler de nos confrères et consoeurs d'ici. Il faut qu'on parle aussi de votre stratégie politique, Marine Le Pen. Et là encore, il s'avère que la dernière fois que vous étiez venu dans ce studio, on avait aussi eu un échange à ce sujet. On a un peu l'impression qu'il y a des sons de cloche différents. Vous avez Jordan Bardella qui, le soir du premier tour, en appelle à ce qu'il qualifie de droite sincère. Et vous, déclaré, je vous cite, il ne faut pas ouvrir à la droite, il faut ouvrir à tous les Français.

Est-ce qu'on peut, dans le même temps, dire d'une main, il faut en appeler à la droite sincère, je vois que ça vous fait rire, et de l'autre dire non, non, ce n'est pas la droite, c'est tous les Français.

16:47
Invité

Ce qui me fait rire, c'est qu'on dirait du hattal. Vous avez d'un côté Jordan Bardella qui dit, vous avez de l'autre, Marine Le Pen. Il était hier à votre place

16:54
Marine Le Pen

et on lui a posé des questions aussi sur sa stratégie politique. Non, mais le sujet

16:56
Invité

était différent en réalité. La question qu'on me posait était une question sur la présidentielle. Donc, on voit bien qu'au municipal, la stratégie qui peut être mise en œuvre n'est pas évidemment celle de la présidentielle. La présidentielle, c'est la rencontre d'un homme ou d'une femme avec le peuple, tout le peuple. Et donc, il n'est pas question de s'adresser exclusivement aux électeurs de droite. On s'adresse à tout le peuple français dans une présidentielle.

17:21
Marine Le Pen

Ce n'est pas ce que dit Eric Ciotti, je vais le citer dans le Figaro. Si on veut gagner la présidentielle, il faudra forcément faire cette union des droites. Je l'ai faite, j'ai posé cette option et le plafond de verre a été cassé.

17:30
Invité

Non, mais moi, je ne crois pas à l'union des droites. Mais même si Ciotti y croit, si vous voulez, que j'aime beaucoup par ailleurs et pour lequel j'ai beaucoup d'amitié, je ne crois pas à l'union des droites. Moi, je crois à l'union des Français, à l'union de l'ensemble du peuple français. C'est ça qui en réalité nous permettra de sauver le pays. Et pardonnez-moi de vous dire que je suis encore une fois élu du bassin minier, que dans le bassin minier, on a aujourd'hui 14 villes, on en a gagné 12 et que l'électorat du bassin minier, historiquement, n'est pas un électorat de droite.

C'est un électorat socialo-communiste et pourtant aujourd'hui, il rejoint massivement le Rassemblement national. Donc je crois que c'est une erreur de se limiter à ne parler qu'aux électeurs d'Oran. Moi, je parle à tous les Français. C'est en tout cas ce que je ferai durant la campagne présidentielle parce que je crois que la clé de la victoire pour notre pays, elle est précisément dans cette dynamique qui emmènera l'ensemble du peuple français. Quel rapport

18:23
Présentateur

vous entretenez avec Bruno Retailleau, le président des Républicains qui n'a pas appelé à voter Christian Estrosi à Nice, qui a donc laissé entendre qu'Éric Ciotti ferait tout aussi bien l'affaire ? Zéro. Pas de rapport ?

18:37
Invité

Non, je n'ai aucun rapport avec Bruno Retailleau. Et sur la question des valeurs ? Il ne veut pas me parler, il ne veut pas me parler que je vous dise. moi je les vois à l'Assemblée nationale, ils sont très décevants. En réalité, ils ont gouverné avec Emmanuel Macron, il ne faut quand même pas l'oublier, il a été ministre d'Emmanuel Macron, ce n'est pas anodin tout de même. Et le moins qu'on puisse dire c'est que les résultats qu'il a obtenus à la tête du ministère de l'Intérieur ont été nuls. Voilà, bon, disons les choses. Donc, est-ce qu'on peut avoir un espoir quelconque dans cette famille de dirigeants politiques ?

Je ne crois pas de cette famille politique que cette famille de dirigeants politiques, je ne le crois pas. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle dans le Sud, il y a énormément d'électeurs LR qui en réalité, aujourd'hui, rejoignent le Rassemblement national parce qu'ils sont profondément déçus de l'action qui a été menée depuis des années par les dirigeants LR.

19:30
Marine Le Pen

Mais vous voyez bien les débats quand par exemple Laurent Wauquiez dit il faut qu'il y ait un grand rassemblement qui aille jusqu'à Saracnafo de reconquête. Vous voyez bien les débats qu'il peut y avoir sur une recomposition politique. Vous, ça ne vous pose pas de problème d'en être tout à fait exclu ?

19:44
Invité

Ah ben non, je suis même rassuré. Je suis assez rassuré que M. Wauquiez ne m'invite pas à participer à sa primaire. Vous voyez bon, en réalité, ils ne savent pas où ils habitent. On sent qu'il y a une forme de panique chez LR où ils en sont à aller chercher une primaire avec Édouard Philippe, Premier ministre d'Emmanuel Macron avec les résultats qui ont été les siens jusqu'à Saracnafo. Mais tout ça, ça ne ressemble à rien en réalité. Vous voyez ce que je veux dire ? Je crois que c'est une preuve de fébrilité plus qu'autre chose de la part de LR.

20:17
Marine Le Pen

Vous parliez de la campagne présidentielle Marine Le Pen. La classe politique se projette désormais vers 2027. Vous, au Rassemblement National, vous êtes suspendu à cette date du 7 juillet, jour du jugement en appel dans l'affaire des assistants parlementaires du Front National. C'est alors que vous saurez si vous pourrez ou non être candidate. Ça veut dire que ça fait presque quatre mois jusqu'à cette date fatidique. Est-ce que ce n'est pas du temps perdu pour le Rassemblement National ? Vous avez l'impression

20:40
Invité

que ça me perturbe beaucoup et que ça m'empêche de faire ce que je fais depuis des décennies. Je ne crois pas, non ? J'ai fait la campagne des municipales, je suis allé soutenir nos candidats. Ça ne change rien

20:52
Marine Le Pen

à mon quotidien. Si Jordan Bardella doit être candidat à l'élection présidentielle, ça fait quatre mois de main de préparation pour lui pour travailler sur cette campagne présidentielle ?

21:00
Invité

Il faut dire ça au parquet qui a fixé les dates. Mais la réalité, c'est que nous continuons et Jordan et moi, nous commençons et Jordan et moi à préparer la campagne présidentielle. Et ça ne nous limite pas dans la préparation de cette campagne présidentielle. Ça veut dire que vous travaillez en binôme ? Mais bien sûr ! Pour que chacun d'entre vous... Nous ferons la campagne présidentielle de toute façon ensemble, quel que soit le résultat du 7 juillet.

21:27
Marine Le Pen

Mais vous la ferez ensemble, c'est-à-dire... Parce que vous avez répondu à cette question en disant « Moi, de toute façon, je n'accepterais pas Matignon. Si d'aventure, je ne pouvais pas être candidate et si lui était élu président, je n'irais pas à Matignon. Je ne serais pas la première ministre de Jordan Bardella. » On peut faire, sous la Ve République, une campagne en binôme ? Comme ça, vous ferez la campagne tous les deux ?

21:43
Invité

Exactement ! Oui ! D'ailleurs, cette idée de binôme, nous l'avons introduite dans la vie politique française et elle a été d'ailleurs copiée par un certain nombre d'autres personnes. Oui ! Puisque dès le... il y a des mois de cela, j'ai indiqué que je serais candidate à la présidentielle et que si je gagnais la présidentielle, Jordan Bardella serait mon premier ministre. Donc oui, c'est un binôme de fait et ce binôme, il va continuer à exister, quelle que soit la décision du 7 juillet et on fera campagne ensemble, bien sûr.

22:12
Marine Le Pen

Il y a une phrase qui a été captée par des caméras et qui a interpellé certains. Vous faisiez face à une électrice qui faisait l'éloge de la jeunesse et elle vous disait « Moi, je préfère Bardella parce que maintenant, il faut laisser la place aux jeunes. » Et vous avez répondu « Ne vous inquiétez pas, je vais citer in extenso, méfiez-vous, vous avez raison pour Jordan Bardella et le candidat au municipal que vous veniez soutenir, mais Macron, il était jeune, il a quand même fait quelque chose d'épouvantable. Donc en fait, si on vous suit, la jeunesse de Jordan Bardella, ce n'est pas un avantage ?

22:38
Invité

Non, je ne crois pas. Objectivement, ce n'est ni un avantage ni un inconvénient. Je l'ai dit très clairement, la jeunesse n'est ni une qualité ni un défaut. Il faut... C'est toutes les autres qualités qui sont très importantes et qui doivent être jaugées. Et la preuve en est, c'est que beaucoup de Français, je crois, ont voté Emmanuel Macron précisément uniquement parce qu'il était jeune, sans s'intéresser de savoir s'il avait les qualités pour pouvoir diriger le pays. Et ils ont été évidemment profondément déçus. Donc je crois que l'âge n'est ni une qualité ni un défaut. En revanche, Jordan a toutes les autres qualités pour pouvoir mener cette campagne si tant est que j'en sois empêchée.

Mais juste, il ferait un aussi bon président que vous ou pas ? Je le crois, oui. Oui, oui, je le crois. Je crois qu'il ferait un très bon président.

23:24
Marine Le Pen

Donc quand on a plus de 30 ans d'expérience politique, de mandat, de direction d'un parti... Et d'ailleurs,

23:29
Invité

si on m'empêchait d'être candidat de ceux qui seraient, pardon, je le rappelle, excusez-moi, on n'est jamais mieux servi que par soi-même, un scandale démocratique, si on m'empêchait d'être candidat, je ferais la campagne de Jordan Bardella parce que je considérerais que c'est évidemment le meilleur candidat pour apporter un avenir lumineux à notre pays et à notre peuple. Eh bien, écoutez, c'est très clair. Merci Marine Le Pen

23:55
Présentateur

d'avoir été au micro-dentaire ce matin, la revue de presse à suivre.