GRÈVE DU 2 OCTOBRE : NATHALIE ARTHAUD SONNE LA RÉVOLTE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:39OuverteRéponse directe
Quel bilan tirez-vous des mobilisations du 10 septembre ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Pensez-vous que la mobilisation du 2 octobre sera un succès ?
- 4:07OuverteRéponse directe
Quelles sont les principales revendications de Lutte ouvrière ?
- 7:05OuverteRéponse directe
Une mesure concrète que vous souhaiteriez voir mise en place demain ?
- 9:07OuverteRéponse directe
Sophie Binet (CGT) ne souhaite pas la chute du gouvernement. Vous êtes d'accord ?
- 11:15OuverteRéponse directe
Peut-on composer avec ce gouvernement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 11:15non_speechFait
« Tous les gouvernements sont les conseils d'administration de la bourgeoisie. »
Temps de parole
- ?100 %
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Alors que le gouvernement Lecnu n'est toujours pas installé, la rentrée sociale est particulièrement tendue. Les syndicats ont appelé une mobilisation massive le 2 octobre pour défendre le pouvoir d'achat, les services publics et les droits des travailleurs. Dans un contexte où les tractations politiques se multiplient, où la politique du gouvernement semble déjà tracée, la pression sur les classes populaires risque de s'accentuer avec l'inflation, les budgets militaires en hausse et la menace de nouvelles mesures anti-ouvrières.
Nathalie Arto, figure historique de la lutte des travailleurs, revient avec nous sur ces enjeux et sur ce que devrait être une véritable politique en faveur du monde ouvrier. C'est parti pour l'entretien. Nathalie, bonjour. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Et avant de parler de la mobilisation du 2 octobre, hein, je le dis pour nos téléspectateurs, on est aujourd'hui le 2 octobre, donc la manifestation va avoir lieu cet après-midi. Euh, j'aimerais connaître déjà le bilan que vous tirez des mobilisations du 10 septembre et des 10 septembre.
Bah, c'est l'expression d'une d'une colère, d'un écœurement général général du monde du travail qui se rend bien compte qu'il y a de l'argent dans la société en fait. Voilà, il nous explique que il y a un budget habissal, qu'il y a une dette monstrueuse. Mais c'est vrai que les caisses de l'État sont vites, mais les caisses du grand patronat, elles sont pleines. Elles sont archi pleines. Et vous savez, beaucoup de travailleurs, d'ouvriers dans les grands groupes s'en rendent s'en rendre compte, le savent, le savent.
Donc et puis je pense que tous les autres mesurent combien en effet bah les services utiles à la population n'ont fait que régresser alors même que l'argent était distribué abondamment aux plus riches en réduction d'impôts, en subvention et et en cadeau de toutes sortes. Donc voilà, il y a d'un côté cette colère de voir l'exploitation s'aggraver, les difficultés quotidiennes être de plus en plus importante pour tout le monde à cause de l'inflation, des bas salaires, du recul des services publics et puis l'autre côté de voir une minorité se gaver. Voilà, se gaver. Et là, on a un gouvernement qui arrive en nous expérant qu'il faudra encore faire des sacrifices.
Donc voilà, c'est ce qui a expère exprime, je pense. Et vous êtes en terme de de participation et de bilan des participations, on a vu que pour la date du 18, il y avait effectivement 1 million de personnes dans les rues. On peut considérer que c'est plutôt justement ça va dans le sens de ce que vous êtes en train de dire, c'est plutôt un succès où on espère toujours beaucoup plus de monde dans la rue ? Évidemment, je suis convaincu que pour vraiment inverser le rapport de force, il faudra une levée en masse. Il faudra une explosion sociale. En fait, on n'y est pas.
Moi, je suis convaincu que il faudra que qu'il y ait des grèves, des manifestations que même personne n'est arriver et dont personne ne pourrait connaître la fin. Il y a que comme ça qu'on pourra en réalité se faire craindre du grand patronat et de ses politiciens en fait hein parce que c'est comme ça que ça marche. C'est le grand patronat qui est finalement donne ses ordres. Donc voilà, on n'y est pas très clairement, on n'est pas encore à cette explosion sociale. Je pense que dans d'autres pays euh c'est c'est peut-être le cas.
regarder ce qui se passe aujourd'hui au Maroc avec la jeunesse qui se révolte, mais ce qui s'est passé au Népal, ce qui s'est passé euh au Sri Lanka en en Indonésie, au Bangladesh il y a un an, là il y avait des explosions sociales. Alors nous on n'y est pas mais euh je pense que et j'espère qu'aujourd'hui on sera encore des centaines de milliers euh à être mobilisés parce que de toute façon il faut qu'on occupe le terrain. Voilà, il faut occuper le terrain parce que on a effectivement un grand patronat des milliardaires qui envoient leur mercenaires sur tous les plateaux. raconter leur mensonge et nous intoxiquer avec leur propagande.
Et donc, il faut absolument que les travailleurs soient là pour dire "Ben bien sûr que si, il y a de l'argent." D'ailleurs, de l'argent, il y en a pour les rafales, il y en a pour il y en a pas pour les hôpitaux, mais il y en a pour d'assaut de l'argent, hein. Donc, on va où avec ça ? Avec ces dirigeants-là qui effectivement nous préparent une société de plus en plus inégalitaire, de plus en plus injuste et puis aussi de plus en plus réactionnaire, de plus en plus guerrière.
Donc il faut absolument continuer continuer d'exprimer cette opposition, cette colère et c'est aussi comme ça d'ailleurs qu'on pourra peut-être conforter tous ceux qui qui mesurent hein que il y a pas d'avenir dans dans le cadre de cette sociétélà. Vous parlez des grands patrons. Quelles sont les principales revendications portées par Lut ouvrière ? Actuellement, on entend beaucoup parler de la taxe duman. Est-ce quelque chose avec lequel vous êtes d'accord ? Avec laquelle vous êtes d'accord ? Moi je crois que si on raisonne uniquement en terme de d'égalité, de justice, c'est le minimum du minimum.
Voilà, c'est vraiment bah voilà, il s'agit vraiment de de taxer les 1800 les plus riches euh alors même leur fortune en fait à au 500 plus riches augmente de 8 % par an. Donc vous voyez, même les taxés de 2 % ça ça casserait pas trois pattes. Voilà, trois pattes à ni un canard ni un capitaliste, hein. Voilà. Donc, mais moi je pense que justement il faut pas avoir seulement cette cette idée, cette vision de plus d'égalité et plus de justice parce qu'en réalité ça peut pas exister dans le casre de cette société capitaliste.
Voilà, parce que vous savez dire "On va mieux redistribuer les richesses" mais le problème c'est c'est elle c'est à la base, c'est à la source, c'est à la production des richesses. Il y a l'exploitation. On est dans une société où pour qu'il y ait des riches, il faut qu'il produisent des pauvres, des travailleurs pauvres, des travailleurs de plus en plus exploités. Donc si vous voulez euh euh voilà, c'est la production des inégalités c'est c'est une loi du de la société capitaliste. L'exploitation des travailleurs, c'est une loi de la société capitaliste. La domination des pays riches sur les pays pauvres, c'est une loi de cette société capitaliste.
Si aujourd'hui dans un pays riche comme la France, les travailleurs ont obtenu un certain niveau de vie, un certain voilà des des des droits, un code du travail, c'est précisément parce que la France est un pays qui a colonisé une bonne partie de la planète et a pu exploiter des peuples aux quatre coins du monde et s'enrichir de cela. Mais aujourd'hui finalement quelque part notre niveau de vie et bien il est maintenu parce que partout dans le monde ça continue. Il n nos nos groupes capitalistes, nos nos milliardaires continuent d'exploiter des millions de travailleurs de par le monde. Donc où est la justice dans cette affaire là ?
Donc voilà, nous c'est pas on pense pas que que qu'il faille raisonner que dans ces terme-là parce qu'en réalité il faut qu'on s'affronte à cette classe capitaliste qui domine la société et il faut qu'on lui enlève son pouvoir et qu'on renverse cette société qui est basée sur ses règles de l'exploitation, de la concurrence, du marché, de la course au profit. Parce qu'avec ces règles là, de toute façon, on est en train de foncer dans le dans le précipice. Donc non, nous on n'est pas quand on entend il faut mieux redistribuer les richesses ou pire encore parce que vous une partie de la gauche, c'est même pas il faut mieux partager les richesses, il faut mieux partager les efforts.
Alors, pas du tout d'accord hein, pas du tout d'accord. Si vous aviez, excusez-moi de vous couper, mais si vous aviez une mesure concrète assez simple que tout le monde pourrait comprendre là que vous souhaiterez qu'on mette en place demain si Non, mais là déjà une mesure élémentaire, c'est qu'il faudrait augmenter tous les salaires. Moi j'ai fait une campagne présidentielle donc en 2022 en disant le SMIC net à 2000 € mais aujourd'hui sans doute c'est 2004 qu'il faudrait pour vivre dignement. Donc déjà voilà, battons-nous nous les travailleurs pour obtenir ce qui nous est euh vital. ce qui nous est ce qui doit être élémentaire.
Et là, on fera un petit peu dégonfler déjà ces grandes fortunes, mais au moins on saura où l'argent va, vous voyez. Donc déjà ça et puis autre point pour nous essentiel, ça sera aussi euh euh il nous explique il faut travailler plus mais non il faut qu'on travaille tous, c'est-à-dire qu'on répartisse le travail entre tous et qu'on travaille moins. Voilà l'avenir. Et puis dernier dernier point que nous nous avons, euh c'est le contrôle le contrôle de ces de de ces grands groupes euh qu'on puisse regarder leur véritable compte. Ils nous expliquent ils pourraient pas payer la taxe juicane 2 %. Ils savent pas où trouver. Ils ont pas ils ont pas de liquidité comme ils disent.
mais qui nous mettent qui nous les montrent leur leur patrimoine, leur liste de de palace, de maisons secondaires et cetera et nous on saura où les trouver les liquidité voilà qui voilà un contrôle sur tout c'est qui vitaliste. Vous rendez comp moi il y a un truc quand même que je trouve hallucinant c'est que même l'État qui donne 211 milliards d'aide explique bah ils savent pas où, comment et cetera. Donc le contrôle des travailleurs des travailleurs sur justement ceux qui ont le véritable pouvoir économique, ces grands groupes, ces grands actionnaire et ces grandes fortunes.
Pour parler d'autres personnalités de gauche, dans un entretien donné à France Inter, Sophie Binet, secrétaire général de la CGT a déclaré qu'elle ne souhaitait pas la chute du gouvernement. Je propose de l'écouter, on en parle juste après. Mais nous, on veut pas la chute de ce gouvernement. C'est d'ailleurs pour ça qu'on fait tout ça maintenant, pour le forcer à revoir sa copie et avoir une copie qui réponde aux exigences sociales des travailleurs et des travailleuse. Il y a cinq gouvernements qui sont tombés depuis 2 ans à cause de cette politique de passage en force d'Emmanuel Macron, notamment sur la réforme des retraites et à chaque fois c'est tout changé pour ne rien changer.
On en a ralbol de cette nuit sans fin du macronisme avec ce disque rayé. Quand est-ce qu'ils comprend que cette politique de l'offre, il faut en changer ? Une réaction. Est-ce que vous pensez qu'on peut composer avec ce gouvernement ? Bah clairement non. Clairement non. Et là effectivement, elle euh comme comme la CFDT finalement hein, on a la dirigeante de la SCGT qui véhicule l'illusion que le gouvernement le Cornu ou je ne sais lequel je ne sais qui pourrait changer de politique. Donc non, la réalité c'est que ils ont un plan de travail.
Ce plan de travail, il a été euh écrit par le grand patronat, par le MEDEF, hein, qui va faire le leur grande mobilisation, hein, soit disant le lundi 13. Euh et c'est ce plan de travail qui vont suivre. Voilà. Mais ça, je le dirais euh de tous les gouvernements. Nous, nous sommes de ceux euh et un peu unique, hein, de ce point de vue-là à gauche, hein, qui qui disons que euh même les élections les élections c'est une espèce de euh c'est une espèce de grand cirque où finalement on nous fait croire qu'on va pouvoir changer les dirigeants et changer leur politique.
Sauf que tous ceux qui dirigent à la tête du gouvernement et de l'État ce quand ils arrivent au pouvoir, ils sont pied et point lié avec ceux qui détiennent cette puissance économique. Ceux qui arrivent comme Bernard Arnaud en expliquant moi j'emploie des dizaines de milliers de salariés ici en France, moi j'investis des milliards et c'est pareil pour toute la bourgeoisie hein. Et au final et ben on a tous les gouvernants, y compris quand ils se disent de gauche, y compris quand ils se disent bien intentionnés vis-à-vis des travailleurs qui font quoi ? Et ben qui se foutent à genoux. Voilà. Et on a tous en tête quand même la grande déclaration de Hollande "Mon ennemi c'est la finance".
Et on a vu comment ça s'est terminé parce que c'est ça ceux qui Lenine avait un une expression, il disait que le gouvernement c'est le conseil d'administration de la bourgeoisie. Tous les gouvernements sont les conseils d'administration de la bourgeoisie. Moi, je pense que c'est profondément vrai en réalité. Donc, il faut viser non pas le renversement de Macron ou de je ne sais qui, il faut viser au-dessus. C'est-à-dire, il faut toucher, il faut s'affronter avec la classe capitaliste. Il faut en effet la forcer à à à montrer patte blanche.
Il faut c'est en rapport de force et puis il faut viser le renversement de tout le système en fait parce qu'encore une fois ce qu'on nous fait passer pour une mauvaise politique c'est un mauvais système capitaliste si vous voulez. Il peut pas être bon. Moi quand j'entends la gauche parce que j'entends aussi la France insoumise disent "Oh la crise, bon nous on a on va faire une relance, une relance économique, une relance écologique et puis tout ça finalement y compris les patrons seront contents parce qu'avec nous ils auront de la visibilité et cetera et cetera." Moi je suis pas d'accord avec ça. La crise elle est au cœur même de cette société capitaliste.
La concurrence, la guerre même c'est au cœur de cette société capitaliste. Et ça voilà, il faut il faut le réaliser parce qu'on on on y est. on y est, on est en plein dedans. Donc à un moment donné, il faut aussi comprendre que les travailleurs pour défendre hein leur leurs intérêt et pour assurer un avenir à eux, à leurs enfants et cetera, et ben il va falloir qu'il euh qu' qu'il qu'ils aillent sur ce sur ce terrain là de de contestation de l'ensemble du système capitaliste sur un terrain révolutionnaire en fait. Ben justement dans votre édito du 29 septembre euh donc vous dites qu'il faut trouver donc les moyens de continuer. Euh quel moyens préconisez-vous ?
Justement quelle stratégie on pouvez on peut mettre en place pour que justement ce que vous demandez puisse durer que ce mouvement puisse durer justement sur du long terme ? Moi ce que j'ai ce que je pense c'est que de toute façon tant qu'il y a pas une explosion sociale, une levée de masse, c'est-à-dire que tant que les travailleurs euh ne sont pas décidés à s'en mêler vraiment, et bien on pourra pas faire grand-chose. On pourra pas faire grand-chose. Par contre, de telles situations arrivent, surviennent régulièrement aux quatre coins du monde. Je pensais ce qui s'est passé au Népal, ce qui se passe aujourd'hui au Maroc avec des jeunes mais qui sont au combien courageux ?
Parce que là, en effet, la répression c'est quand même pas celle que on a nous ici, hein. Y compris, j'ai cru euh enfin j'ai j'ai compris que qu'il y avait eu deux morts hier. Euh donc des jeunes qui se sont fait tirer dessus et des jeunes manifestants donc qui sont morts. Mais justement quand il y a comme ça ce ce courage, cette énergie de de de d'aller à l'assaut hein de de ceux qui gouvernent, et bien nous pensons qu'il faut absolument qu'il ait cette conscience là de qui ils ont en face d'eux. Est-ce que ils ont des mauvais politiciens ? Mais non, ils ont tout un toute une classe sociale, ils ont un état, ils ont ils ont une police, ils ont une armée.
Et il faut queil y ait ce programme politique là, ce programme que les travailleurs et ben quand ils se battent, il faut qu'ils s'organisent, qu'il s'organise, qu'il soient prêt à ce combat là contre l'ensemble d'un système, contre une armée, contre une police et cetera. Donc pour nous, ce qui est important c'est aussi les idées, c'est aussi les perspectives qu'on a en tête. Si demain il y avait des millions de travailleurs de dans la rue en France et que le seul résultat qu'on obtienne, c'est euh finalement la la la démission d'Emmanuel Macron, est-ce qu'on aurait arraché des meilleures conditions de vie, des meilleurs salaires ?
Est-ce qu'on aurait même en fait acculé la bourgeoisie à euh reculer ? Non. Non. Donc il faut vraiment avoir en tête qui on a en face de nous et comment on doit s'organiser en conséquence. Et nous nous disons que les travailleurs, ils ont cette force-là. parce que justement ils sont au cœur du système et ils sont en confrontation directe avec les exploiteurs et la classe capitaliste. Effectivement, mais malheureusement, on a le sentiment que beaucoup de travailleurs et même ceux qui ne travaillent pas entre guillemets euh pensent que les grèves et les manifestations ne servent plus à grand-chose.
On le voit là récemment, il y a une des grosses manifestations années notamment contre la réforme des retraites. Finalement au final c'est passé. Là, même s'il y a un peu plus de monde dans dans les rues, on sent bien que ça prend pas comme ça devrait prendre. Est-ce que vous pensez que justement les conditions actuelles de vie des travailleurs, le fait que économiquement ça puisse être compliqué pour eux de se mettre en grève et de manifester fait que aujourd'hui ils n'ont pas le sentiment qu'il faille aller dans la rue pour avoir les résultats ?
J'entends que c'est ce que vous préconisez, mais j'ai j'ai quand même le sentiment que dans les faits, les travailleurs pour l'instant n'arrivent pas à à entendre ce message et comment leur faire passer l'idée que malgré tout, c'est par là qu'il faut passer. Moi, je crois qu'il en effet encore beaucoup d'attentisme, beaucoup de passivité et puis il y a vraiment l'idée que de toute façon, il est où l'avenir ? Il est où l'avenir ? On est en train de s'enfoncer dans une crise économique, une crise sociale, une crise climatique. Les gens se disent "Mais de toute façon, c'est foutu, hein, c'est mort." Voilà, on va vers la guerre. On va vers la guerre.
Donc en fait bah quand on quand on quand on bosse, quand on quand on court tous les jours, on va bosser, on va faire les courses, on s'occupe des enfants, on va chez le médecin, chez le dentiste et cetera, qu'on bagarre et que on a du mal à en sortir, on dit "Mais on est on est impuissant face à ça et et justement c'est pour ça qu'il faut qu'il y ait des perspectives politiques et nous nous disons que les travailleurs ils sont au cœur de cette société qui lui sont indispensables. C'est eux qui font tout.
Nous pensons que les travailleurs, il faut il faut justement qu' qu'il euh qu'ils arrêtent de se de de se sous-estimer, qu'ils arrêtent de de subir cette propagande, hein, qui euh euh qui tous les jours nous explique que de toute façon euh voilà, nous on est bon juste à à obéir, à bosser, à à euh à baisser la tête, mais non, qu'on réalise que en fait nous sommes capables de faire la grève, de faire une grève comme il y en a plus depuis depuis des décennies, c'estàd une grève générale hein, parce que la différence quand même avec ce qui s'est passé au moment des retraites et puis ce qui s'est passé en 68 ou en 1936, c'est que en 36 et en 68, il y avait des une greffe générale.
Donc on est capable en effet de bloquer le pays, ça c'est sûr, mais surtout on est capable de de le remettre en marche, de remettre toutes ces productions là et puis de décider de décider de ce qu'on en fait, de ces productions, de ces richesses et cetera que les travailleurs ils sont capables de diriger la société. Il faut qu'il ait cette perspective que en réalité la société on peut on peut la changer, on peut lui faire prendre un autre chemin. On n'est pas condamné à toutes toutes ces catastrophes là qui sont en train de de de de s'aggraver. On n'est pas condamné à ça.
Nous ce qu'on porte c'est que le capitalisme a fait progresser les techniques, la science et cetera à un point tel qu'aujourd'hui on est capable de nourrir toute la planète. on est capable de résoudre tas de problèmes en réalité, d'élever le niveau de vie du du de de de la population mondiale. On est capable de cela euh techniquement, mais qu'est-ce qui manque ? Il manque justement le fait que aujourd'hui tous ces moyens ne sont pas mis en commun, ne sont pas gérés ensemble collectivement pour le bien de tous. C'estàd ce qui manque c'est que les travailleurs, ils prennent le pouvoir sur toute cette machinerie de production et qu'ils prennent le pouvoir politique.
Ça c'est les perspectives communiste. Et nous nous pensons aussi qu'il faut que ces perspectives là, elles soient à nouveau diffusées, qu'elles soient dans les consciences parce que c'est aussi quand on voit si vous voulez une issue, quand on voit un avenir souhaitable, enviable que on trouve l'énergie de dire ça suffit. Vous avez parlé tout à l'heure du Maroc, du Népal, on pourrait ajouter à Madagascar. On voit qu'actuellement il y a beaucoup de dans beaucoup de pays la la la jeunesse se se révolte.
Vous l'avez vous les avez vous avez cité Maroc mais ce qui m'étonne peut-être aujourd'hui les choses vont un peu évolué dans les prochaines heures mais il y a pas grand monde et vous il y a pas beaucoup de personnalités à gauche qui parlent de ce qui se passe au Maroc. Comment vous expliquez que finalement ce soit vous vous êtes une des rares personnalités de gauche que j'ai vu prendre faire un tweet ou autre sur cette cette actualité là et pas les autres en fait. On dirait chacun fait ce qu'il veut mais c'est quand même assez surprenant. D'abord, je vous feraiis remarquer que y compris à gauche, quels sont leurs mots d'ordre ? C'est les travailleurs français.
Non, mais c'est ils sont quand même très très nationalistes, hein, faut le dire, hein. He c'estàdire ce qui les intéresse. Alors bon, quand c'est pas leur slogan, c'est la France. Bon voilà, les citoyens français. Bon voilà, eux c'est ça leur leur vision et leur politique d'ailleurs qui proposent hein. C'est pour la France, pour bah pas nous. Voilà, nous lutte ouvrière notre notre camp, notre classe c'est une classe qui est internationale. Je l'ai dit dans un des derniers meeting, mais nous notre patrie, c'est la classe ouvrière internationale. C'est les opprimés de du monde entier. Nous, on est fidèle à à Marx. Proléaire de tous les pays, unissons-nous.
Et nous savons aussi que quand il y a des révoltes que dans dans quelque pays que ce soit, ça peut être une ça peut faire tâche d'huile justement. On se souvient tous quand même comment la révolte partie de Tunisie a provoqué une onde de de de choc et de révolte dans tout le le Maghreb et jusqu'au Moyen-Orient. Donc nous sommes profondément convaincus de cela. convaincu que tous les combats qui sont euh euh qui sont menés à un endroit ou à un autre de de la planète par les opprimés, par par les par les classes populaires, par les travailleurs et bien cela nous renforce en fait nous ici.
Donc oui, bien sûr que on suit de près et et on y compris on vibre à bah au rythme des des des combats qu'il mènent. Euh pour rester toujours dans sur le plan international, lutte ouvrir soutient également la lutte du peuple palestinien. Est-ce que la reconnaissance de la Palestine par Macron est une action que vous saluez ou est-ce qu'il faut bien sûr aller plus loin ? Et si oui, comment ? Non, mais cette reconnaissance et j'en ai fait d'ailleurs un édito, l'éditorial précédent, elle avait quand même un sacré goût d'enterrement parce que qu'est-ce qu'il a il a reconnu quoi là Emmanuel Macron ? Il a reconnu un un immense champ de ruine, un un cimetière qui ne fait que grandir.
C'est ça qu'il a reconnu. Et il savait très très bien que ça n'allait pas arrêter la main de Netaniaahou, les bombardements et y compris cette politique d'affamer euh les le le peuple de Gaza. Il le savait pertinemment. Donc tout ça c'est un petit jeu comment dire voilà, il cherche à sauvegarder l'influence de la France. y compris dans le monde arabe en fait en faisant ça, il en a rien à faire des des des Palestiniens Macron. Voilà donc pour moi, c'est ça qui m'a vraiment écuré. Bien sûr que je pense que n'importe quel peuple sur cette planète devrait avoir le droit de vivre libre et cetera.
Et ce qu'on constate aujourd'hui, c'est que c'est rendu impossible par cet ordre impérialiste parce qu'en réalité si Netaniaou peut provoquer ce cette guerre qui est une guerre d'extermination et s'il est il peut être en train de raser Gaza de la carte, c'est parce que derrière il y a l'impérialisme, l'impérialisme américain occidental qui depuis le début a fait effectivement de l'État d'Israël euh son bras armé dans la région. Voilà. Donc euh pour nous euh c'est euh comment dire ? Voà moi ce ce numéro là à l'ONU, je je il m'a franchement révolté. Il m'a franchement révolté quant euh à la perspective là qu'on entend le plan de paix, hein. Le plan de paix euh de Trump de Trump.
Bon ben je je moi je je vois pas de paix possible sur une montagne de cadavre. Je vois pas de paix possible quand on est en guerre avec tous ses voisins. Je vois pas de paix possible si cette politique de colonisation, d'oppression, de spoliation, d'humiliation contre les Palestiniens continuent. Voilà. Alors, on peut imaginer un certain type de paix, la paix des cimetières, ça c'est sûr, quand vous entrez dans un cimetière, voilà, vous pouvez dire "Ah bah c'est paisible, ah bah oui là voilà, OK, tout le monde est mort." Mais c'est pas ça quand on parle de paix, c'est pas c'est pas ça qu'on veut.
Donc moi je je je vois pas je vois pas là cette politique, cette fuite en avant et y compris ce fameux plan qui est quand même la poursuite de la de la colonisation qui enfin je veux dire c'est un plan voilà qui c'est c'est tout le monde a son moi à dire sauf les Palestiniens et puis finalement alors au lieu d'avoir d'être comment dire euh contrôlé par directement par l'État palestinien seront contrôlés directement par les États-Unis. Bon euh c'est moi je je je vois pas là je vois pas d'autres solutions euh d'autres issues si vous voulez dans cette dans cette région qu'un qu'un ébranlement profond de de cet ordre impérialiste des frontières.
Je vois pas d'autres solution que qu'une fédération hein de de de tous les peuples de la région créée au travers d'un d'une vaste révolte. Voilà, ma conv ma conviction c'est qu'il y a de la place bien sûr pour pour le peuple palestinien et le peuple israélien dans cette région. Il y a de la place mais tout ça ça ne pourra exister bah qu'au travers d'un voilà d'un d'un ébranlement. Et moi, j'imagine en effet qu' il faut qu'on fasse sauter toutes ces frontières qui ont été arbitrairement artificiellement euh tracé par les puissances impérialistes pour contrôler les richesses de cette région. Et c'est comme ça qu'ils ont découpé le Liban dans la Syrie.
Et c'est pas comme ça qu'ils ont fait les frontières dans de la péninsule arabique et cetera et cetera.
et tout ça euh et bien il va mais mais j'ai envie de dire et c'est aussi ça je veux juste rajouter, je veux pas être trop longue mais en plus d'être d'exprimer notre solidarité euh qui qui est élémentaire vis-à-vis du peuple palestinien, il faut bien réaliser que la solution, elle est en grande partie ici chez nous, c'est-à-dire au cœur même des citadelles impérialistes et que c'est en se battant justement contre nos dirigeants qui continuent d'imposer leur leur domination à l'échelle du monde que oui, on pourra peut-être faire sauter tous ces verrou qui aujourd'hui finalement condamnent et qui condamne les deux peuples.
Ça, je voudrais aussi insister là-dessus parce que le peuple bien sûr c'est le peuple palestinien qui aujourd'hui est massacré et cetera mais c'est quoi l'avenir pour le peuple israélien ? C'est de vivre avec le doigt sur la gâchette toute leur vie dans un camp retranché. Vous savez quand on quand on quand on quand on crée une prison et que et qu'on devient jolier, bah on passe aussi sa vie en prison. Mais c'est ça l'avenir pour les Israéliens. Voilà. Moi, je pense que ça peut pas ça peut pas être un avenir tout ça.
Et justement ces dernières ces derniers mois, dernière semaine, il y a beaucoup de citoyens du monde entier, des élus aussi qui montent sur des flottill pour aller donc à à Gaza, des flottill humanitaires. Et là, on l'a appris, à une flottie qui a été interceptée par il y en a eu les précédentes mais là aujourd'hui par l'armée israélienne et et finalement la France qui a reconnu l'État de Palestine et donc qui devrait peut-être dire quelque chose, c'est l'Espagne qui parle, d'autres pays, mais la France ne dit rien. Est-ce que ce que vous en pensez justement ? Mais franchement, qui cela étonnera-t-il, hein ?
Voilà, c'est c'est pendant une semaine, ils ont eu des drones israéliens qui les ont attaqué, aspergés de produits divers et variés, tout ça pour effectivement les les impressionner, les faire reculer. Alors, on a beaucoup parlé des drones soi-disant russes qui qui survolaient. Mais là, ces drones là, hein, c'était non, fallait pas en parler. Donc et donc c'est euh c'est scandaleux ce qui se passe hein puisque euh voilà, je enfin je le redis quand on quand on voit qu'ils sont en train d'organiser une famine, c'est moi je je j'entends et c'est quelque chose que je supporte pas non plus. On dit le drame le drame humanitaire.
Mais c'est pas un drame humanitaire, c'est pas c'est c'est qu'en fait là, il y a une politique qui qui qui est pensée qui pour que pour pour finalement les les les faire mourir. C'est c'est c'est pas une catastrophe naturelle si vous voulez, hein. Et là effectivement, on a cette flotille qui essayait de percer justement ou en tout cas de de de populariser ce combat, hein. Et bah oui, même le gouvernement, il est pas capable là d'être de de se montrer un temps soit peu courageux. Voilà, ça montre bien que tout le cinéma de Macron à l'ONU la semaine dernière, c'était vraiment vraiment du cinéma.
Et juste un dernier mot sur l'ONU, justement, est-ce que il y a eu d'autres conflits dans le monde où l'ONU est intervenu et envoyé des casques bleus et autres et là il se passe rien. Pourquoi l'ONU n'envoie pas de soldats ? Mais vous remarquerez mais que même les les casques bleus envoyés par l'ONU Oui. n'ont jamais empêché. Il y avait des casques bleus en 82 quand l'armée israélienne est rentrée au Liban, ils les ont regardé passé. Il y avait des casques bleus à S Brenicha. C'est pareil. Donc vous savez les casques et puis l'ONU, mais il faut le dire l'ONU, le droit international qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que c'est ?
en fait euh la comment dire la la cristallisation de de de d'un rapport de force imposé par les grandes puissances impérialistes. C'est tout. C'est tout. Donc quand finalement l'ONU elle maintient cet ordre impérialiste, voilà, OK, ça va très bien aux Américains, ça va très bien aux puissances occidentales, hein, mais si l'ONU commence à critiquer, ça va plus. Donc euh voilà, le droit international euh ça leur va bien dans la mesure où ça correspond à leurs intérêts. Mais ça c'est vrai depuis le début. Donc il faut pas croire. Écoutez, on a quand même Trump qui quand même est assez clair aujourd'hui. Assez clair. Il l'explique, il il nous donne une leçon politique Trump.
Ils expliquent "Nous sommes les le pays le plus puissant, c'est moi qui fixe les règles et vous obéissez." Voilà. Point barre. Bah c'est ça la société capitaliste, c'est juste ça. C'est la loi du plus fort. Alors pendant une époque, ils ont voulu enrober ça dans des dans le droit international, des institutions internationales et cetera. Mais c'était quand même le droit du plus fort. Ah, les frontières de l'ONU, les frontières internationales. Mais c'est quoi ces frontières ? Ils les ont tracé dans la chair des peuples pour pouvoir les Ils ont dressé les uns contre les autres pour pouvoir mieux contrôler des régions entières.
Ces frontières là, c'est pas les frontières de de je sais pas de d'ailleurs moi frontières la fron c'est pas les frontières de la liberté, j'avais envie de dire mais de toute façon pour moi la frontière c'est c'est tout sauf une liberté. Nous, on est internationaliste. On pense que l'avenir du monde, ça sera précisément que ces frontières deviennent de simples délimitations administratives et que chaque être humain puisse circuler selon ses besoins, selon ses désirs. C'est ça qui je pense qui sera vraiment qui permettra qui qui qui pourrait être un avenir souhaitable.
Euh une dernière question et on va terminer là-dessus, c'est un sujet qu'on avait déjà abordé dans une précédente interview, mais là il y a une polémique récente qui vient de naître à Strasbourg où la ville a décidé de mettre en avant des visages de personnalités de la ville des citoyens qui sont investis qui œuvrent pour le le bien de cette de cette commune. Et il se trouve qu'il y a une mamie qui est en photo dans la ville et elle porte le voile et ça suscite pas mal de polémiques. les cibles de messages de haine.
Et c'est un cette polémique intervient quelques jours après la publication d'un sondage ifop qui dénonce l'explosion des actes antimusulmans et la reconnaissance implicite d'un racisme antimusulman structurel. Euh, on connaît vos positions sur le voile, on en avait parlé une précédente fois, mais que répondez-vous à celles et ceux hein qui disent que votre position nourrit quand même un peu ce climat islamophobe islamophobe pardon euh qui qui est présent en France ? Je suis pas du tout d'accord. Je suis pas du tout d'accord. Et moi cette cette campagne d'affichage franchement je je je vois pas je vois pas de problème d'accord mais je vois absolument aucun problème.
Euh il s'agit si j'ai bien compris de de femmes et d'hommes qui ont qui œuvrent pour la ville qui sont bénévoles et cetera. Mais bien sûr, dans la vie de tous les jours, on travaille et euh il y a des des des centaines de milliers de femmes qui portent le voile, qui font fonctionner la société, qui bien sûr. Donc j'ai pas enfin pour moi, il y a aucun problème mais il y a oui une campagne une campagne de la droite et d'extrême droite qui est islamophobe. Voilà. Mais ne mélangez pas ça hein, cette campagne islamophobe. Campagne islamophobe qui m'inquiète he je dois le dire parce que qu'est-ce qu' ils visent quoi là ? C'est quoi leur but ?
C'est queil y ait des gens dans la rue qui qui décident d'arracher le voile et d'agresser les femmes. C'est c'est grave. C'est grave. Voilà. Mais maintenant, ça n'a rien à voir avec oui, ce que je pense à la fois des religions, de la place des femmes et du combat que les femmes elles doivent mener pour être libre. Ça n'a rien à voir. Très bien. Merci Nathalie Harta d'avoir été avec nous aujourd'hui, d'avoir fait ce tour l'actualité nationale et international et merci à vous de nous avoir suivi. N'hésitez pas à poursuivre cela sur les antennes du média, les différentes émissions qu'on vous propose tous les jours sur le canal 165 de la Freebox ou sur la chaîne YouTube Le Média et le Média 247.
Très bonne journée sur le média.
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