Valérie Pécresse, présidente "Libres !" de la région Île-de-France - 07/03
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BFM Politique en compagnie d'Edvice Chevrillon, de David Ducan, notre invité, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse. Commençons cette émission, s'il vous plaît, avec ce qui se passe à Sciences Po, à Grenoble. Le nom de deux professeurs est affiché sur la façade de l'immeuble par des étudiants. Ils sont accusés d'islamophobie. L'institution a condamné avec fermeté ces actes, évidemment. Quelle est votre réaction ?
Eh bien, quand on jette en pâture des enseignants et qu'on les accuse sans aucune preuve, en leur mettant quasiment une cible dans leur dos, je considère que c'est du terrorisme intellectuel. C'est du terrorisme intellectuel. En plus, ça vient, vous le savez, d'un syndicat étudiant, l'UNEF, qui est en pleine dérive, en plein naufrage. Donc je pense qu'il faut que l'université porte plainte contre ses étudiants. Et moi, en ce qui me concerne, je suis évidemment aux côtés de ces professeurs qui sont accusés à tort, qui sont cloués au pilori. C'est de l'appel à la délation qui a été fait dans l'Institut de Sciences Politiques de Grenoble. Et moi, je n'oublie pas ce qui est arrivé à Samuel Paty.
Je n'oublie pas ce qui est arrivé il y a quelques semaines à Didier Lemaire, le professeur de philosophie de Trappes, qui pendant 20 ans a enseigné la philosophie dans le lycée de Trappes et qui a dû renoncer à sa vocation sous la pression des islamistes.
Valérie Pécresse, vous avez été vous-même ministre de l'enseignement supérieur à l'époque de Nicolas Sarkozy, président de la République. Au fond, Frédéric Vidal, qui occupe aujourd'hui ce poste, avait raison de demander à ce qu'on s'interroge, à ce qu'on enquête sur la présence... Alors, elle parlait d'islamo-gauchisme au sein des universités. Apportez-vous aujourd'hui, en tant qu'ancienne ministre, votre soutien à cette initiative ?
Alors d'abord, je l'ai dit, l'islamo-gauchisme est une réalité à l'université. De quoi est-ce qu'on parle ? On parle d'un courant politique, ce n'est pas un courant de recherche, c'est un courant politique qui minimise, qui nie le danger de l'islamisme pour la société française. C'est le cas de l'UNEF à vos yeux aujourd'hui, vous en parliez à l'instant ? Écoutez, aujourd'hui, ce qui se passe, attaquer sans preuve des professeurs en les traitant d'islamophobes, dans le contexte actuel de l'assassinat de Samuel Paty, vous considérez que c'est responsable de la part d'un syndicat étudiant ?
Qu'est-ce qu'il faut faire alors du coup ? Est-ce qu'il faut faire quelque chose contre l'UNEF ?
D'abord, moi je pense que l'université doit porter plainte contre les étudiants, aux côtés des enseignants eux-mêmes.
Mais à titre personnel, donc contre les étudiants qui ont... Et contre les étudiants, contre les étudiants. Et contre l'organisation contre l'UNEF ?
Et l'UNEF doit se désolidariser de sa branche de Grenoble. Elle doit se désolidariser sans délai. J'ajoute que tout ce qui est en train de se passer aujourd'hui, toute cette pression qui est faite contre les enseignants qui ne demandent qu'une seule chose, c'est la liberté de s'exprimer et la liberté de défendre les valeurs de la République. Tout ce qui est en train de se passer, ça devrait être une déflagration nationale. Il devrait y avoir une solidarité nationale qui s'exprime auprès de tous ces enseignants.
J'ai eu un des deux enseignants hier soir en direct. Lui disait, je n'ai eu aucun soutien de la part de mes collègues à Grenoble. Zéro.
Il y a une peur ? C'est purement scandaleux. Mais bien sûr qu'il y a une peur. Bien sûr qu'il y a une peur. Mais pour lutter contre cette peur, il faut que tous les responsables politiques de tous les bords se dressent et disent, nous, on est derrière nos enseignants. Est-ce que vous imaginez ce que ça veut dire ? Ça veut dire que nous allons avoir une crise des vocations ? Ça veut dire que l'éducation, qui est un des moteurs de la République, de la société sociale, va se retrouver en panne ?
Pour préciser ma pensée, l'enseignant dénonçait le manque de soutien à titre individuel de ses collègues. L'institution Sciences Po Grenoble, ce matin, évidemment, les soutient et condamne fermement ces actes.
Mais vous avez vu ce sondage, Valérie Pégresse, c'était mercredi, je crois, de l'IFOP, qui montre qu'il y a une courte majorité, certes, mais en tous les cas, la laïcité à la française, les lycéens sont plus tentés vers une laïcité à l'américaine. Vous avez une majorité de lycéens qui se déclarent favorables au fait d'autoriser le port des signes religieux ostentis dans les lycées. Est-ce que vous êtes... Vous comprenez ? On voit bien que ça évolue, ça bouge. C'est un sondage qui a été fait par la LICRA. Et effectivement, c'est un sondage qui est très inquiétant.
Sur le Burkini aussi, le port du Burkini, sur les piscines, les horaires des piscines. Il montre que pour un certain nombre de nos jeunes, la laïcité ne protège plus, elle ne libère plus, elle est un outil de discrimination. Alors que c'est tout l'inverse. C'est bien évidemment la radicalisation qui opprime, qui oppresse. Donc je crois que face à ce sondage, il y a deux attitudes possibles. Soit on le banalise, soit on le prend au sérieux. Et moi, je le prends au sérieux. Et qu'est-ce qu'on fait ? Je le prends au sérieux.
Qu'est-ce qu'on fait pour que ces jeunes reviennent dans la République et dans la laïcité ?
Il faut renverser, c'est complètement affront à renverser. Absolument, il faut relancer absolument dans chaque établissement l'enseignement des valeurs de la République. Il faut aller très fortement sur ces enseignements. Il y a un effort éducatif qui est majeur à faire.
Ça existe déjà, ces cours, ils existent. C'est typiquement ce que faisait Samuel Paty, ce qui lui a coûté la vie.
Justement. Combien y a-t-il encore de Samuel Paty qui ose faire ses cours ? Moi, je ne le sais pas. Je pense qu'aujourd'hui, un certain nombre de professeurs baissent la tête. Et il ne faut pas qu'on se soumette. La République ne veut pas se soumettre. Moi, je ne me soumettrai jamais parce que je ne veux pas vivre dans une République délaïcisée. Je ne veux pas vivre dans une République communautarisée. Depuis que je suis enfant, mon engagement politique, c'est sur l'intégration à la française. C'est sur une nation une et indivisible.
Et dans ma région, dans notre région, l'île de France, qui est une région monde, dans laquelle nous accueillons des Français qui viennent du monde entier, il faut être encore plus ferme que partout ailleurs, parce qu'on doit défendre une nation qui porte ses valeurs.
Valérie Pécresse, là, vous rappelez des principes auxquels bon nombre de nos concitoyens, malgré tout, majoritairement, sont attachés. Mais concrètement, vous êtes aujourd'hui aux manettes, vous êtes président de cette région monde. Qu'est-ce qu'on fait pour protéger ces professeurs ? Comment peuvent-ils, les Samuel Paty, ils sont toujours là, il y en a encore. Comment peuvent-ils faire court sans se sentir en danger ? Que pouvez-vous faire pour eux ?
D'abord, nous, à la région de France, on a pris nos responsabilités. J'ai fait voter une charte de la laïcité en 2017, qui était la première charte de la laïcité des valeurs de la République. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en Ile-de-France, il n'y a pas une association qui touche un euro de subvention si elle n'a pas signé un engagement à être neutre et laïque.
L'idée reprise par le gouvernement dans le projet de loi séparatrice. En 2020.
Mais contrôlé, il faut que ça soit contrôlé. Et bien sûr, on le contrôle, on fait des contrôles au hasard, à l'aveugle, comme ça, pour vérifier. Et quand on a des soupçons, on suspend les subventions. Donc, charte de la laïcité. Deuxièmement, il ne faut pas céder sur toute une série de principes. Nous, nous avons réaffirmé l'interdiction du burkini dans les piscines des îles de loisirs de la région Ile-de-France. Eh bien, j'ai fait voter cette interdiction et j'ai la défenseur des droits qui me dit que c'est discriminatoire. Alors que c'est juste faire la même règle de baignade pour tous. On se baigne en maillot de bain et point final. Deuxième chose.
Troisième chose, brigade régionale de sécurité. Oui, nous avons été obligés, dans notre région, d'organiser des brigades régionales de sécurité dans les lycées. Alors, vous allez me dire, ce n'est pas du tout ma compétence. Non, mais on l'a fait. Pourquoi on l'a fait ? Parce qu'on avait ce phénomène qui, maintenant, fait la une des journaux, mais que nous avons vu, peut-être un peu avant, qu'il fasse l'actualité, des bandes, des bandes de lycéens qui s'affrontent entre quartiers et des bandes rivales. Et donc, nous avons créé ces brigades régionales de sécurité, cinq brigades, qui ont fait, M. Ducan, vous allez me dire concrètement, 400 interventions depuis septembre.
400 interventions depuis septembre dernier dans les lycées d'Île-de-France pour sécuriser les abords des lycées, éviter les intrusions, ramener le calme. Ils sont spécialement formés à la médiation en milieu scolaire. Et ils vont au contact des jeunes. Et ils nous permettent de faire des choses, mais, j'allais dire, de découvrir des choses incroyables.
Combien d'hommes et femmes ? Combien d'hommes et femmes, ces brigades ?
Alors, c'est des brigades mobiles. C'est-à-dire que l'objectif, c'est de pouvoir les déplacer. Ils sont par groupe de cinq.
Mais en tout ? 25. 25 personnels. Est-ce qu'il ne faut pas augmenter, peut-être, ce chiffre dans la perspective d'un éventuel prochain mandat ?
On en rediscutera, mais ce que je peux vous dire, c'est qu'ils sont extrêmement utiles. Encore cette semaine, ils nous ont permis de démanteler un réseau de prostitution lycéenne dans un des lycées d'Île-de-France. Parce qu'une jeune fille qui était tombée dans cet engrenage abominable de la prostitution est venue se confier aux brigades régionales de sécurité. Donc, ça veut dire quoi ? Mais ça veut dire que, vis-à-vis de tous ces enseignants qui sont menacés, il faut qu'on puisse faire des signalements, il faut qu'il y ait des cellules spéciales police-justice, pour qu'ils puissent briser l'omerta.
Moi, ce que je vois avec mes agents dans les lycées, c'est qu'on se confie aux personnes en qui on a confiance. Donc, les agents des lycées nous font remonter, nous, à la région. Vous savez, les agences et les personnels d'entretien, de ménage, ils nous font remonter à nous, à la région. Il faut que les enseignants aient la même cellule d'écoute à leur disposition.
Vous parlez de la prévention des violences. C'est un sujet qu'on va aborder tout de suite, David, parce qu'il fait l'actualité ces derniers jours.
Absolument. Depuis jeudi, banlieue lyonnaise, des violences urbaines. Chaque soir, quasiment, voiture brûlée. On l'a vu encore dans le journal de Philippe Godin. Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, ce matin a déclaré que ces violences urbaines ont pour explication que la police, depuis plusieurs semaines, harcèle les dealers, harcèle les points de deal. Et pour le ministre de l'Intérieur, c'est une conséquence, en fait, d'une offensive contre les trafics. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette lecture ?
Ça peut être effectivement le cas. Parce que quand on va dans des quartiers qui sont tenus par des dealers, qui sont donc des espèces de zones de non-droit, quand la police y va, quand elle se met à intervenir, et bien évidemment, il y a des réponses. Et effectivement, il y a une espèce de défense de zone. Donc ça peut être le cas à Rieux-la-Pape. Je ne connais pas la situation de Rieux-la-Pape. Mais globalement, plus fondamentalement, qu'est-ce que ça veut dire de la société française ? Ça veut dire qu'il faut vraiment casser les ghettos. Ça veut dire qu'il faut un vrai plan banlieue, que j'appelle de mes voeux depuis des années.
Je n'ai jamais compris pourquoi le président de la République avait renoncé à faire ce plan banlieue.
Mais ce problème, il ne date pas d'il y a cinq ans. Le gouvernement auquel vous avez appartenu, par exemple, avec Nicolas Sarkozy, n'a pas réglé le problème non plus.
Ben écoutez, on avait en tout cas fait des choses...
Sinon, on n'en parlerait pas aujourd'hui.
On avait fait des choses. Excusez-moi de vous dire que François Hollande, avec notamment Mme Taubira, a désarmé complètement la justice, qu'on a eu un quinquennat qui a été absolument dramatique en termes de laxisme, et qu'aujourd'hui, moi j'ai peur que le quinquennat Macron soit un deuxième quinquennat pour rien.
Alors, attention sur la comparaison des quinquennats, puisque sous Nicolas Sarkozy, le nombre de policiers avait diminué.
Mais l'insécurité aussi, M. Doucan. L'insécurité avait diminué, parce que le sujet, ce n'est pas le nombre de policiers. Le sujet, c'est les chiffres de la délinquance. Le nombre de policiers de gendarmes. C'est les chiffres de la délinquance. Et arrêtons de comparer ce qui n'est pas comparable. En revanche, ce que je peux vous dire aujourd'hui sur cette banlieue, c'est qu'il faut un plan sur trois piliers. Le retour de l'autorité, autorité, la mixité, ça veut dire casser les ghettos et remettre de la mixité sociale réelle dans ces quartiers. Et troisième volet, la réussite.
Il faut aussi donner à tous ceux, les jeunes qui ont envie de s'en sortir, qui ont envie de travailler, des vraies perspectives. C'est sur ces trois piliers, autorité, mixité et réussite, qu'on réussira. Mais si on ne rétablit pas l'autorité, c'est-à-dire s'il n'y a pas de sanctions pénales efficaces et rapides, s'il n'y a pas de police municipale, de chaîne de sécurité avec la police nationale, on n'y arrivera pas. Au tribunal de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, les magistrats ont un jour fait une conférence de presse pour dire qu'ils avaient l'impression de prononcer des peines fictives. Des magistrats qui disent qu'ils prononcent des peines fictives. Pourquoi fictives ?
C'est leur application qui vous pose problème.
C'est ça. Ils jugent. Ils jugent sévèrement. Mais le problème, c'est que comme il n'y a pas d'exécution, ou que l'exécution est très, très, très loin derrière, je ne sais plus exactement quel est le nombre de jours qui se passent entre le prononcé d'un travail d'intérêt général. Vous savez, c'est la première chose qu'on fait quand un voyou, j'allais dire, commence à déraper, c'est un travail d'intérêt général. Un travail d'intérêt général, le temps qu'il soit prononcé, déjà il fait à peu près 6 mois. Et ensuite, combien de temps pour l'exécuter ? Des centaines de jours. Des centaines de jours. Donc, évidemment, vous prenez un gamin de 15 ans, ce n'est pas un gamin, c'est un voyou.
Un voyou de 15 ans, au bout de centaines de jours, il n'a jamais eu de sanction. Ce n'est pas possible.
Chant au sujet, je voudrais que nous parlions Nicolas Sarkozy, l'aspect judiciaire dans un instant. Avant ça, nous apprenons dans la presse cette semaine, dans les confrères, qu'il pourrait choisir de soutenir Emmanuel Macron dans la perspective de l'élection présidentielle. Le JDD ce matin, on parle après le Figaro plus tôt dans la semaine. Et le journal du dimanche cite un proche de l'ancien président de la République. Vous avez sans doute vu cette phrase. Parmi les candidats possibles, dit-il, à droite, il n'y en a aucun qu'il respecte vraiment, qui soit proche de lui. Évidemment, votre nom fait partie de la liste des candidats potentiels à droite. Ça vous évoque quoi ?
Vous savez, c'est très très loin, les présidentielles. Et Nicolas Sarkozy a décidé de se retirer de la politique. Mais il ne vous respecte pas, Valérie Pellecasse ? Mais sa parole portera le jour venu, lorsqu'il devra, lorsqu'il y aura une candidature à la présidentielle. Donc à ce moment-là, il se prononcera. Vous n'en avez pas parlé avec lui ?
De la présidentielle ? Non, je n'en ai pas parlé avec lui. Mais est-ce que vous avez besoin de l'onction ? Est-ce qu'un candidat de droite a besoin de l'onction de Nicolas Sarkozy ?
Mais aucun candidat à la présidentielle n'a besoin de l'onction de quiconque. Une présidentielle, une présidentielle... Il y a celle des Français. Bien sûr, mais on était sur Nicolas Sarkozy. Non, mais l'onction d'un parrain, d'un père... La seule qui compte ? La seule qui compte, c'est celle du suffrage universel, absolument. Mais vous avez tout à fait raison, David.
Valérie Pécresse, est-ce que vous faites partie de ceux dans votre famille politique ? Vous n'êtes plus chez les Républicains, mais... Qui considèrent que le parquet national financier a pu avoir des visées politiques ? A pu ne pas considérer que le droit dans les poursuites qu'il a engagées contre Nicolas Sarkozy ?
Moi, je ne dirais pas ça. D'abord, j'étais favorable à la création du parquet national financier au moment où il a été créé, parce que je pensais que c'était tout à fait légitime et utile.
François Hollande, suite à l'affaire Cahuzac.
Absolument. Je pensais que c'était légitime et peut-être même nécessaire que nous ayons des magistrats spécialisés dans la lutte contre la corruption. Et on l'a bien vu dans l'affaire Cahuzac, ce n'est pas simple, la corruption, quand il s'agit d'aller chercher des comptes offshore, quand il s'agit de démanteler des réseaux mafieux professionnels. Donc, moi, j'étais plutôt favorable à sa création. Simplement, ce que l'on voit depuis quelques temps, c'est qu'on a une espèce d'enfermement du PNF, un entre-soi, et qui, après, peut les rendre très, très, très... Voilà. Acharnés sur certains, justifiables et pas d'autres.
Donc, quand Nicolas Sarkozy parle de harcèlement, ça ne vous choque pas ? Ça a beaucoup choqué ?
En tout cas, non. En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il y a beaucoup de procédures qui sont lancées contre Nicolas Sarkozy. Oui. Et je pense... Une chasse à court. Et moi, je ne vais pas dire que... Je ne vais pas dire que le droit n'est pas respecté, mais je dirais qu'il y a une charge symbolique de cette condamnation, qui n'échappe d'ailleurs à personne, et qu'on a, à mon sens, donné à cette sanction une vraie portée au-delà même du droit, une portée symbolique, parce que le justiciable n'était pas le même.
Donc, vous participez, peut-être prudemment aussi, à cette façon d'instiller, malgré tout, le doute sur l'indépendance de ces magistrats. Absolument pas.
Non, absolument pas. Ah, mais je n'ai pas du tout mis en cause leur indépendance.
Vous dites qu'ils sont acharnés.
Mais, vous savez, les juges sont des êtres humains. J'ai été juge. Oui. C'est ma profession. Les juges sont des êtres humains. Et à un moment donné, ils peuvent avoir décidé de faire un symbole d'une décision. Mais ça ne veut pas dire qu'ils ne sont pas indépendants.
Il y en a un qui n'a pas du tout apprécié les déclarations de certains responsables politiques, c'est François Hollande. Il s'exprime ce matin dans les colonnes du Parisien. Il dit qu'il faut qu'Emmanuel Macron intervienne, tellement c'est grave. Il faut que le président de la République dise non, l'indépendance de la justice est garantie. Et ceux qui la mettent en cause franchissent une ligne rouge. Que pensez-vous de cette déclaration ?
D'abord, je pense que l'indépendance de la justice est totalement garantie. Je pense que commenter une décision de justice après qu'elle ait été rendue, ça fait partie du débat démocratique. Et par ailleurs, je rappelle à François Hollande qu'il y a une procédure qui s'appelle l'appel, qui fait partie des droits de la défense, qui est une procédure constitutionnelle, qui permet de réviser un procès de première instance. Et nous pouvons tous légitimement espérer que l'appel de Nicolas Sarkozy sera jugé de manière plus sereine et qu'il pourra faire valoir sa vérité en appel. Ça fait partie des droits du justiciable.
Néanmoins, est-ce que vous estimez quand même qu'il y a une forme de dégagisme politique de la part des juges, notamment dans les jugements qu'ils ont rendus ? Non, pas du tout. C'est une expression qui est reprise assez largement.
Non, je ne crois pas à ça. Je pense que dans cette affaire, il y a eu la volonté de faire un symbole. Et peut-être qu'on appelle, l'appel se déroulera un petit peu moins, j'allais dire, sous cette pression, cette volonté symbolique.
Nicolas Sarkozy fait appel. Le parquet financier fait appel également à la décision.
Mais c'est son droit. En parlant justement de droit, de positionnement, est-ce que le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, était dans son rôle lorsqu'il a fait, lorsqu'il a exprimé son soutien amical à Nicolas Sarkozy après la condamnation prononcée lundi ?
Chacun exprime sa sensibilité comme il le ressent. Vous savez, l'amitié, ça existe. Elle peut s'exprimer en politique. Vous l'exprimez, vous, ce soutien, Nicolas Sarkozy ? Moi, je lui ai redit toute mon affection et mon respect.
Vous lui avez dit directement à lui ?
Absolument, et je l'ai exprimé publiquement.
Nous marquons une courte pause, Valérie Pécresse, et nous poursuivons cette émission dans un instant, en direct sur BFM TV. Et je vous rappelle que vous pouvez également nous écouter, nous regarder sur BFM Business. A tout de suite. Valérie Pécresse est invitée de BFM Politique ce midi. Le gouvernement, Valérie Pécresse, a décidé finalement de ne pas imposer de confinement à votre région. C'est une demande que vous aviez faite, vous, malgré la tension hospitalière, malgré le taux d'incidence. C'est une décision que vous saluez, du coup, j'imagine.
Depuis le début, ma conviction, c'est qu'il faut tout faire pour essayer d'éviter le reconfinement. Maintenant, tout faire, mais peut-être qu'on ne pourra pas l'éviter. La vérité, c'est que la région Île-de-France est sur le fil du rasoir aujourd'hui, et on est un peu en sursis. C'est pour ça que je profite de votre émission pour redire aux Franciliens qu'il faut absolument qu'ils veillent à se protéger et à protéger les autres.
Vous avez vu les Franciliens hier, pardon de vous interrompre, mais les images des quais de Seine évacuées par la police, alors tout se fait calmement, gentiment, il n'y a pas de contravention dressée, mais les Français auxquels le BFMTV, les Franciliens auxquels le BFMTV a tendu le micro disent, mais on ne comprend rien, on est dehors, on fait attention, on est à un mètre les uns des autres, il fait beau, on a des tout petits appartements, on ne peut même pas aller sur les quais de Seine.
Il faut vraiment qu'on puisse trouver un moyen de rendre la vie supportable dans les grandes villes avec le Covid. Et c'est vrai que cette question de l'exiguïté des appartements, des conditions de vie, elle est vraiment au cœur de la réponse qu'on va donner. Il y a une immense lassitude, ça fait un an qu'on supporte des restrictions. Alors oui, il faut essayer d'éviter des restrictions supplémentaires, mais la meilleure façon de les éviter, c'est quoi ? La meilleure façon de les éviter, c'est de reprendre massivement le télétravail dans les deux semaines qui viennent. Et je le dis parce qu'il y a beaucoup de Franciliens qui ne supportent plus l'idée de télétravailler.
Il y a aussi des administrations qui ne sont toujours pas prêtes, un an après, à laisser télétravailler leurs agents. Il y a des entreprises qui n'ont toujours pas complètement pris ce tournant du télétravail au maximum. Aujourd'hui, on est dans une situation d'alerte.
Vous affirmez que l'État ne donne pas l'exemple sur le télétravail ?
Pas toutes les administrations. Il y a des administrations. Qu'est-ce qui vous permet de faire ça ? Je ne donnerai pas ici. Je ne suis pas là pour faire du neem and shame, comme on dit en anglo-saxon. Vous semblez avoir des informations.
Pourtant, c'était demandé par la ministre du Travail de faire ça.
Je sais qu'il y a un certain nombre de grands ministères dans lesquels, aujourd'hui, on n'est pas encore en mesure, on n'est pas équipé d'ordinateur, on n'a pas les équipements qui permettent de télétravailler. Or, vous le savez, en Ile-de-France, il y a énormément d'agents d'administration. Donc, il faut qu'on puisse télétravailler au maximum dans les deux semaines qui viennent. Et c'est une urgence si on veut éviter le confinement du week-end, qui, lui, serait évidemment dévastateur pour le moral de tous, et puis aussi pour les commerçants, les artisans, pour notre économie. Donc, il faut vraiment qu'on reprenne le chemin du télétravail maximum.
Et par ailleurs, il faut qu'on aille tester au maximum. Alors, vous le savez peut-être, mais la région a proposé son aide depuis des mois au gouvernement sur la possibilité de tester dans les lycées. Et donc, nous avons proposé de mettre nos 300 testeurs-préleveurs que nous avons nous-mêmes formés avec la Croix-Rouge à la disposition de l'Éducation nationale. Ça vient d'être accepté. Donc, nous pouvons tester dans 50 lycées par semaine. Pourquoi ? Parce qu'évidemment, on le sait, la contamination se fait beaucoup dans les lycées auprès des adolescents. Donc, on va tester un maximum. Et puis, par ailleurs, la région a pris une initiative.
On est allé chercher des fonds européens, 10 millions d'euros, et on équipe en lits de réanimation supplémentaires les hôpitaux. Puisque vous savez que le confinement de week-end ne sera prononcé que si nos hôpitaux sont saturés. Donc, pour éviter cette saturation...
Avec les lits, il faut des personnels aussi.
Absolument. Mais justement, ce que fait la région, c'est qu'on achète le matériel pour les lits, les ventilateurs et les moniteurs. Et on forme, pendant trois semaines, les infirmiers, j'allais dire, non réanimateurs, qui le souhaitent à être... Normalement, c'est 3-4 mois, oui. Pardon ? Normalement, c'est 3-4 mois. Ah oui, bien sûr, Edwige Chévrillon, c'est 3-4 mois d'habitude. Enfin là, nécessité fait loi, on le fait en trois semaines. Et du coup, on va pouvoir avoir 500 lits de réanimation supplémentaires, et peut-être éviter, grâce à l'action de la région, un reconfinement dur.
Est-ce que vous avez une idée, quand même, de combien de Franciliens ont été vaccinés ? Est-ce que vous êtes tenu au courant ? Est-ce que le préfet vous tient au courant ? Est-ce que l'ARS vous tient au courant ? Est-ce qu'il y a de la transparence sur le nombre de vaccinés en Ile-de-France ?
Absolument, il y a cette transparence, et il y a surtout ce que j'avais demandé, c'est-à-dire une accélération très compliante de la stratégie vaccinale. Aujourd'hui, le mois dernier, par exemple, il y avait 100 000 premières doses de vaccins qui ont été distribuées en Ile-de-France, et 200 000 deuxième doses. Donc, vous voyez, 100 000 seulement personnes nouvelles. Ce mois-ci, on espère pouvoir atteindre des chiffres beaucoup plus importants, de l'ordre de 500 000 personnes vaccinées pour la première dose, à la fois dans les centres de vaccination, et en ville, chez les médecins, et maintenant chez les pharmaciens. C'est des chiffres qui sont ambitieux, c'est des objectifs gouvernementaux.
Mais cette accélération de la vaccination, il est évident que ça ne peut pas être un coup d'un week-end. Ça doit être une stratégie durable.
Mais là, je vous écoute, c'est intéressant, parce qu'on a le sentiment que vous validez. C'est-à-dire que vous dites, on n'est pas sur un coup de com'. Le coup de collier qu'on voit partout sur toutes les chaînes ce week-end, pour vous, ça vous rassure ?
Ça ne doit pas l'être. Ça ne doit pas l'être. Je serai très vigilante à ce que ça ne le soit pas. Ça ne peut pas l'être. Parce que si ça l'est, malheureusement, la pandémie va reprendre dans la région, parce que les indicateurs sont mauvais. Et que comme tout le monde est retourné en classe et au travail, après les vacances de février, il va y avoir un effet d'accélération de la pandémie. Donc on est dans une course entre cette vaccination qui doit être massive et le virus qui se re-répand.
Et alors rassurez-nous, rassurez nos téléspectateurs, vaccination massive, objectif vaccination, les chicaillats, les embrouillamini, entre les élus locaux et le gouvernement, est-ce que c'est derrière nous ? Est-ce que c'est tout le monde sur le pont ? Est-ce que vous, vous mettez des moyens aussi à disposition ? Est-ce que vous êtes un peu main dans la main, là, tous, les responsables politiques, pour vacciner ?
Vous savez, nous, les régions, on a toujours voulu être partenaires. On a pris des initiatives sur les masques. On a été en première ligne sur les tests. On avait proposé d'être la main dans la main pour la stratégie vaccinale depuis le début. En novembre, j'appelle Olivier Véran pour lui dire je suis prête à mettre à la disposition du gouvernement les 70 instituts de formation des infirmiers qui sont sous la responsabilité de la région. D'ailleurs, je le propose toujours. S'ils les veulent pour les maxi-vaccinodromes, il y a 70 instituts de formation d'infirmiers qui sont sous la direction de l'Île-de-France et qu'on peut mettre à disposition avec des infirmières dedans pour vacciner.
Vous arrivez à vous parler ou pas ? Vous n'avez pas eu de récompagner ?
Non mais par exemple, pour être très concret, là-dessus, vous avez eu des réponses ? Pas de réponse ?
On n'en a pas besoin. On va faire sans. Et vous le savez bien, en janvier, j'avais poussé un coup de gueule parce qu'on ne nous avait dit pas de vaccinodrome, on ne nous avait dit pas de partenariat avec les régions et l'État avait transféré tout du jour au lendemain au maire qui, du coup, se retournait vers la région en disant mais on n'a rien, on n'a pas les aiguilles, on n'a pas les seringues, on n'a pas les plexiglas, on n'a pas les moyens. Donc qu'est-ce que j'ai été obligée de faire ? En janvier, à l'arrache, un fonds vaccinal de 10 000 euros par commune pour permettre à chaque commune de monter les boxes que vous voyez derrière vous. Vous voyez ce que je veux dire ?
Les gens ne supportent plus de voir qu'il puisse y avoir comme ça des hiatus entre l'État et les élus locaux
sur des enjeux aussi importants que la vaccination. Il n'y a aucun hiatus, nous on veut être partenaire, il ne faut juste pas nous traiter en adversaire. Les leçons de la crise doivent être tirées. C'est quoi les leçons de cette crise Covid ? Quand l'État veut faire tout tout seul, il n'y arrive pas. Quand il veut faire pareil, uniformément sur tout le territoire national, c'est idiot.
Ils ont bougé là-dessus, ça y est maintenant, c'est plus localisé.
Depuis 8 jours, moi je reste persuadée, mais on ne le savait pas à l'époque et je ne jetterais pas la pierre au gouvernement, je reste persuadée qu'au printemps dernier, ce n'était pas la peine de confiner tout le pays. Parce que la moitié ouest n'avait pas vu...
Alors en parlant des choses qui n'ont pas été faites pour l'instant, qui pourraient être potentiellement faites à l'avenir, vous avez vu qu'Olivier Véran a écrit aux soignants. Alain Fischer, le monsieur vaccin ce matin, je le cite, en période de pandémie, l'obligation vaccinale pour les soignants peut se justifier. Les ordres, différents ordres de profession de santé appellent aussi à ce que les soignants se vaccinent. Est-ce qu'il faut le rendre obligatoire pour eux, le vaccin ?
Dans mon ADN politique, il n'y a pas l'obligation de tout faire, il y a la responsabilité individuelle. Ce que je crois aujourd'hui et ce que je dis aux soignants, c'est que c'est de leur responsabilité aujourd'hui de se faire vacciner, c'est leur devoir. Ils ne sont qu'entiers dans les hôpitaux à l'être. Il y a trop de clusters à l'hôpital aujourd'hui, il y a trop de contamination en milieu hospitalier.
Est-ce que ça vous détaille, Valérie Pécresse, la réaction du personnel soignant ? Parce que les médecins ont une réaction différente.
Le sujet, pour moi, il semble clair, c'est que les soignants sont très, très informés. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que peut-être ils attendent trois semaines en se disant qu'il y aura un vaccin qui ne sera qu'à une seule dose. Mais ils n'ont pas le droit d'hésiter aujourd'hui. Leur devoir, c'est de se faire vacciner pour protéger les malades et notamment les malades qui viennent avec une autre pathologie dans un hôpital et qui peuvent avoir ce qu'on appelle une maladie nosocomiale, c'est-à-dire attraper le Covid à l'hôpital. Ça, c'est juste pas acceptable.
Le renfort de l'armée, est-ce que c'est une bonne chose ? Vous voyez, il y a quatre hôpitaux militaires qui vont vacciner. Est-ce que vous dites, enfin, on a pu faire ça plus tôt ? Parce qu'au moins, la logistique, ils connaissent.
Écoutez, ce que je vous dis, c'est qu'il y a 70 instituts de formation d'infirmières qui sont à la disposition de l'État avec des infirmières dedans. Je ne peux pas dire mieux.
Bon, l'appel est lancé. Vous attendez la réponse. Vous espérez quand même encore une réponse. Depuis six mois. Depuis six mois, oui. On parle d'accélération de la campagne de tests. Les tests, parce que oui, on parle de la vaccination. Vous insistez aussi beaucoup sur les tests. Vous dites qu'il faut accélérer sur les tests. D'ailleurs, vous venez de le rappeler dans le contexte des lycées. Mais le problème, c'est l'isolement.
Une fois qu'on teste, est-ce qu'on isole dans ce pays ? Oui, un jeune lycéen qui est testé dans les lycées, il sera isolé. Et ça permettra de couper nette la contamination. Et vous le savez, les écoles sont quand même l'un des lieux où ça contamine le plus. Le deuxième lieu où ça contamine le plus... Vous dites les écoles primaires aussi ? Non, non, les établissements scolaires. Les établissements scolaires. Les établissements scolaires.
Malgré tout, on les laisse ouverts.
Et essentiellement, vous avez raison de le dire, essentiellement ceux des adolescents. Donc d'abord les lycées et ensuite les collèges.
Malgré tout, on les laisse ouverts le plus longtemps possible.
Mais il faut les laisser ouverts.
Ah, voilà.
Il faut absolument les laisser ouverts, sinon on aura une génération sacrifiée. Vous ne savez pas ce que c'est, enfin si plus exactement vous le savez, ce que c'est pour les adolescents aujourd'hui, les étudiants, de ne pas pouvoir avoir cours en présentiel. Donc nous, nous avons, avec la région, distribué 410 000 ordinateurs et tablettes aux enseignants et aux lycéens d'Île-de-France, aux étudiants d'Île-de-France pour pouvoir permettre de faire du distanciel et d'éradiquer la fracture numérique pour que cette crise, de cette crise naisse un bien, c'est au moins la transformation numérique des lycées.
Il y a un monde, il y a tout un monde, un univers qui est sacrifié, évidemment. C'est le monde de la culture, Valérie Pécresse. Est-ce que là, on sait qu'il y a des concerts, un concert test qui va être organisé, en tous les cas la mise de la culture, Roselyne Bachelot l'a dit, c'est attendu. Certains n'en peuvent plus. Est-ce que vous savez un peu les conditions dans lesquelles va se dérouler ce concert test ? Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?
Absolument, la région est partenaire et finance ce concert test. Mais au-delà de ce concert test, dont les résultats vont être évidemment scrutés,
Ce sera quand ?
Parce qu'il permettra, je n'ai plus la date exacte.
Mon mars ? Ce n'est pas une question piège, c'est que... Non, question pour un champion, je n'ai pas la date. Pour l'instant, je ne crois pas que la date ait été précisée. C'est dans les semaines qui viennent.
C'est dans les semaines qui viennent. Et l'objectif, c'est évidemment de regarder comme ça a été fait en Espagne notamment, de regarder s'il n'y a pas de contamination. À ce moment-là, on peut envisager... On n'aurait pas qu'il sache avant. Moi, je ne regarde pas derrière. On regarde devant et on essaye de construire. Mais pour regarder devant, en matière culturelle, je crois qu'il faut vraiment qu'on travaille sur le carnet sanitaire. Le carnet sanitaire ou les documents sanitaires.
Vous voulez dire un passeport vaccinal ?
Alors, vaccinal, c'est différent. Je connais bien la différence. Vaccinal, c'est différent parce que vaccinal, ça veut dire avec le vaccin. Sanitaire, ça veut dire avec les tests. Ce que je crois, c'est que si on veut cet été, et c'est un enjeu absolument majeur économique et social pour l'île de France, qui est la première région touristique d'Europe, si on veut réaccueillir des touristes cet été et ne pas avoir la saison calamiteuse de l'été dernier, il va falloir que notamment les étrangers qui vont se remettre à voyager soient munis d'un carnet sanitaire et qu'ils puissent prouver qu'ils ont été testés ou qu'ils ont été vaccinés à l'entrée des lieux culturels.
Donc, je pense qu'il faut vraiment qu'on accélère. Et moi, je suis favorable à cette notion de carnet sanitaire.
On peut mettre aussi les anticorps. Quelqu'un qui aurait eu le virus et qui aurait développé des anticorps, à votre avis, ça doit entrer aussi dans la liste ?
Ça s'appelle les tests sérologiques.
Oui, tests sérologiques.
Alors ça, c'est les autorités sanitaires qui nous diront parce que malheureusement, comme vous le savez, il y a aussi la possibilité et le risque, quand on a eu le Covid, de le réavoir à nouveau. Donc, il faut que les autorités sanitaires nous disent exactement ce qui est sûr.
Il y a tout un travail qui est fait au niveau européen aussi.
Absolument, mais il faut y aller. Il faut y aller et il ne faut pas avoir d'hésitation.
Vous parliez de...
Et j'ai une autre piste aussi que la région développe. Et on va voir dans les semaines qui viennent les résultats. C'est les chiens ronichards.
J'allais vous en parler.
Où en sommes-nous ? Eh bien, écoutez, les pompiers d'Île-de-France et l'école vétérinaire de Maison-Alfort m'ont tous les deux contacté il y a quelques semaines pour me dire qu'on est persuadé que les chiens qui aujourd'hui reniflent, retrouvent les personnes disparues, enfouies ou des matières inflammables, que ces chiens renifleurs peuvent être dressés à renifler le Covid.
Il y a déjà eu des travaux, par ailleurs, pour l'expliquer, sur d'autres types de maladies.
Absolument. En même temps que les pompiers m'appelaient, l'école vétérinaire de Maison-Alfort dont je finance les recherches m'appelaient pour me dire « Nous, nous travaillons sur l'odorat des chiens pour repérer d'autres maladies. » Mais quelle application concrète, alors ? Application concrète dans les salles de spectacle.
Donc on va aller au spectacle. On va être reniflé. Vous aurez... C'est Blade Runner, hein ?
Non, non, mais si ça marche...
Bonne ambiance, on va au concert, il y a le chien avec le garde-chien.
Non, non, pas du tout. Non, non, on n'est pas en train de vérifier le trafic de drogue à l'aéroport de Roissy. Non, l'idée, c'est que vous pourrez vous passer juste une lingette, enfin une lingette dans le cou, mettre la lingette dans une boîte, et si le chien marque la boîte, c'est que vous avez le Covid, si le chien ne la marque pas, vous ne l'avez pas. Alors on est en train de vérifier si ça marche, mais il faut que vous sachiez que dans certains États, à Dubaï par exemple, ils le font déjà à l'entrée dans les centres commerciaux, à l'entrée dans les aéroports.
Justement, vous avez parlé de Roissy.
Moi, je crois qu'il faut faire feu de tout bois pour essayer de reprendre une vie normale, de rouvrir.
Un mot, vous parlez de Roissy, 30 000 emplois menacés, selon les syndicats à Roissy. Est-ce que vous avez ce matin un chiffre à nous donner, des emplois qui sont soit détruits, soit directement menacés par cette pandémie dans votre région ?
Alors le paradoxe de cette crise, c'est que nous avons à la fois des secteurs qui sont complètement à terre. Vous parliez de l'aéroportuaire, de l'aérien, de l'aéronautique, du tourisme, de l'événementiel. La restauration, l'hôtellerie, surtout l'hôtellerie, sont des secteurs qui sont vraiment très très fragilisés et qui vont l'être durablement, puisque le transport aérien ne va pas reprendre son niveau de 2019 avant, on pense 2024. Et d'ailleurs, les Jeux Olympiques 2024 vont être un moment très important dans le plan de relance que nous devons mettre en place. Donc il y a des secteurs à terre. Et puis, à côté de ces secteurs à terre, il y a des secteurs qui recrutent massivement.
On pense évidemment à la santé, au sanitaire, au social, mais le numérique. On fait tout en numérique aujourd'hui. L'environnement, l'alimentaire, l'agroalimentaire, l'agriculture, le bâtiment, la construction. Donc il faut la sécurité. Donc il faut organiser.
Et comment est la balance de l'emploi pour l'instant ? Est-ce que vous avez des chiffres ou pas ?
La balance, c'est que la région de France est la plus touchée de France par la pandémie. Et logique aussi. Parce que nous sommes une région monde et qui vit des échanges. Et que quand les frontières sont fermées, évidemment, nous sommes les premiers touchés. 15% de hausse du chômage en Ile-de-France. Et des plans sociaux qui arrivent. Parce que dans les grands groupes, les plans sociaux n'ont pas encore pris leur effet. Donc ça veut dire vraiment que tout le rôle de la région, ça va être de reconvertir les personnes demandeurs d'emploi qui vont se retrouver au chômage vers les métiers qu'ils recrutent. C'est pour ça que nous allons mettre en place des formations.
Là-dessus, pardon Valérie Bécresse, puisque à mon avis, ça va recouper ce que vous êtes en train de dire. Vous avez annoncé un plan de relance très important avec l'État. 14 milliards d'euros sur la table. Vous avez dit que c'est le plus ambitieux. Mais il faut dire que la région Ile-de-France, c'est la plus grosse région de France. Est-ce que, qu'est-ce que vous allez faire avec ces 14 milliards d'euros ? Est-ce que, je ne sais pas, il y a Julien Bayou qui a des bonnes idées, qui dit qu'il faut rénover tous les lycées qui sont dans des états absolument catastrophiques. C'est une plaisanterie, Madame Chevrillon. Vous n'êtes pas en train de me dire ça ? Je cite, je cite.
Oui, mais écoutez, je vais vous dire une chose. Qu'est-ce que vous allez faire de ces 14 milliards ?
Je voudrais parler un tout petit peu des lycées d'Ile-de-France, parce que franchement, ne me dites pas que M. Bayou, là-dessus, peut me donner des leçons de quelque mesure, de quelque façon que ce soit.
C'est le patron des écologistes, pour préciser les choses. Oui, oui. Et candidat à l'élection régionale.
Ce monsieur était dans l'équipe de mon prédécesseur. Jean-Paul Luchon. Et ils m'ont laissé 200 lycées vétustes, 20 000 lycéens dans des algécos, parce qu'il n'y avait pas de bâtiment pour les accueillir. Et depuis que j'ai été élue, j'ai dû mettre 5 milliards, Madame Chevrillon, 5 milliards, bien avant le plan de relance, 5 milliards d'euros sur la table. Et je gère 1 000 chantiers par an de rénovation de lycées en ce moment. Et je suis en train de créer 21 000 places, et peut-être 9 000 places de plus. Donc, les bonnes idées de M.
Bayou, il aurait mieux fait de les mettre en œuvre quand il en avait le pouvoir, c'est-à-dire il y a 10 ans, quand il était à la tête de la région de l'Ile-France.
La campagne est lancée, on vous a entendu. La campagne est lancée.
La gauche devrait faire des excuses aux Franciliens pour l'État dans lequel ils ont laissé les lycées. Mais vous avez raison, nous allons relancer, et nous allons relancer puissamment, parce que nous avons fait des économies pendant tout le mandat, et que donc, sans augmenter ma dette, je vais pouvoir mettre sur la table 7 milliards d'euros, donc le plan le plus ambitieux de France pour la région la plus, malheureusement, la plus touchée de France. Et c'est la main dans la main avec l'État. Donc ça fera plaisir à David Ducamp, c'est la main dans la main avec l'État, puisque très souvent, nous faisons du un pour un dans les transports.
À beaucoup de nos concitoyens, Valérie Técresse. Mais bien sûr, parce qu'ils veulent des résultats. Ils sont impatients de voir les choses fonctionner.
Et ils ont raison. Donc qu'est-ce qu'il y a dans le plan de relance ? Il y a davantage de transports, c'est écologique. Il y a davantage de rénovation énergétique, c'est écologique. Il y a un grand plan d'aide aux entreprises, avec énormément d'aide. Et d'ailleurs, j'en profite pour dire que le fonds Résilience que nous avons créé, qui aide les tout petits entrepreneurs avec des avances remboursables, tous ceux qui ne peuvent pas avoir des prêts, ça se termine ? Il se termine le 30 mars. Donc je le dis à toutes les petites entreprises, les TPE, les PME franciliennes, le 30 mars, d'ici le 30 mars, il faut déposer vos dossiers pour avoir les aides Résilience de la région.
Et puis un très grand plan de formation des demandeurs d'emploi, avec, je l'ai dit, un revenu jeune actif, pour que tous les jeunes qui ne sont ni en emploi ni en formation, 4000 euros pour qu'ils aillent faire des formations de 6 mois, vers les métiers qu'ils recrutent. Un permis de conduire gratuit pour tous les jeunes en insertion, parce que quand on n'a pas le permis, on n'est pas employable en Ile-de-France. Et puis aussi une aide individuelle au retour à l'emploi des demandeurs d'emploi, ça s'appelle R, et je veux en parler parce que c'est cette aide à la reconversion.
R, c'est une aide individuelle pour les demandeurs d'emploi qui veulent faire une formation, et notamment des formations à la reprise d'entreprise. Parce que, et ça ne vous étonnera pas, il y a beaucoup d'entrepreneurs qui sont aujourd'hui au bord du burn-out, je pense aux commerçants, aux restaurateurs, aux artisans, aux entrepreneurs de TPE, ils ont eu les gilets jaunes, les grèves, le Covid, et donc là, ils sont vraiment très très fatigués. Donc il faut qu'on aide à reprendre leurs entreprises.
Il y a un sujet dont je voudrais parler. Alors, je sais qu'il vous tient à cœur, mais il est extrêmement aussi important pour les franciliennes. C'est la sécurité dans les transports en commun. J'ai la sensation, là aussi, qu'on n'a pas beaucoup avancé, que lorsqu'une femme prend le RER, le train de banlieue, parfois le métro tard, elle a peur, ce qui n'est pas normal. Comment est-ce que vous allez faire concrètement, concrètement, pour assurer aux femmes qui vous regardent, vous n'aurez plus à avoir peur dans les transports en commun ?
Alors, on a fait beaucoup et on va faire encore plus. D'abord, on a recruté mille, mille personnes de plus depuis que je préside la région, dans les transports en commun, de la présence humaine. Ensuite, on a vidéoprotégé l'ensemble du réseau qui ne l'était pas. Donc on a 100% aujourd'hui des gares vidéoprotégées et on est en train de vidéoprotéger tous les trains.
Mais ça, c'est bien pour après, mais ce n'est pas franchement dissuasif avant.
Ah ben, c'est quand même très dissuasif. Vous savez que quand vous avez un autocollant souri et vous êtes filmé, ça dissuade les harceleurs, ça dissuade les incivilités. Ah, je vous assure, ça a un vrai effet dissuasif. Après, aussi pour l'élucidation, mais ça a un effet vraiment dissuasif. Donc présence humaine, vidéoprotection, et pour les femmes spécifiquement, deux mesures qui me tenaient très à cœur, l'arrêt à la demande des bus le soir.
Donc sur le trajet du bus, à tout instant ?
Ça veut dire qu'une femme qui, le soir, est dans le bus, elle peut demander de s'arrêter près de chez elle et donc se rassurer pour son trajet. C'est une demande que m'avait faite les femmes et j'ai tenu cet engagement.
Les chauffeurs jouent le jeu ?
Absolument, absolument, ça marche très bien. Et d'ailleurs, les passagers n'en abusent pas. Et le 3117, c'est un numéro que nous avons mis en place avec la SNCF et la RATP 3117 qui permet un appel d'urgence pour les femmes harcelées avec aussi un numéro SMS. Le 3117 marche très bien. On vient de l'auditer. Et donc, vraiment, il rencontre son public. Ça nous a permis d'ailleurs de montrer une explosion des plaintes, enfin des appels au 3117. Mais il faut aller encore plus loin. Donc, qu'est-ce qu'on va faire ? On va former spécialement les agents de la RATP pour que quand une femme est victime de harcèlement, l'agent ne la laisse pas seule.
C'est-à-dire, si elle va voir un agent, l'agent s'assure qu'elle est prise en charge, s'assure qu'elle peut porter plainte et peut même la rappeler après si elle lui laisse son numéro de téléphone pour pouvoir vérifier que ça s'est bien passé.
Il y a besoin de former nos agents de la RATP pour leur dire que quand une femme est harcelée, il faut lui venir à son secours ?
Vous savez, le problème, c'est qu'il se passe...
C'est étonnant.
Oui, mais il se passe beaucoup de choses aussi dans le métro. Vous savez, on est en vigie pirate rouge, il y a des attentats terroristes. Les agents ont beaucoup de priorités à gérer. Il fallait remettre au cœur de leur métier ce soutien aux femmes, aux femmes victimes de harcèlement. C'est important. J'ajoute que la région a fait un audit de tous les commissariats à travers le centre Hubertine-Auclair, qui est notre bras armé pour l'égalité femmes-hommes.
Une association qui a fait l'audit pour la préfecture de police de tous les commissariats pour le dépôt de plaintes des femmes victimes de violences et qu'on est en train de former les gendarmes d'Île-de-France pour qu'ils prennent mieux les plaintes des femmes victimes de violences. Parce que derrière, ce que disait David Ducan, mais il a raison, il y a aussi...
Il ne faut pas minorer ces actes. Jamais. Il y a un autre sujet qui vous tient à cœur. Demain, c'est la journée internationale des droits de la femme. C'est la question de la prostitution et de la pornographie. Qu'est-ce que vous pouvez faire pour lutter notamment contre ces réseaux de prostitution qui se développent en Ile-de-France ?
Oui, j'ai décidé de saisir l'éducation nationale de cette question parce que je vous en parlais... C'est dans les lycées ? Vous en parliez tout à l'heure aussi. Je vous en parlais. Les brigades régionales de sécurité qui sont dans les lycées et qui comportent toutes une femme finalement deviennent souvent les confidents d'un certain nombre de jeunes filles qui sont tombées dans cet engrenage abominable de la prostitution lycéenne. Et au démarrage, c'est volontaire. Et puis ensuite, elles se retrouvent dans des réseaux d'esclavage humain. Et il ne faut pas que l'éducation nationale ferme les yeux sur ce phénomène. Personne n'a envie de voir. C'est vraiment un sujet tabou.
Or, nous, nous devons protéger. D'ailleurs, vous disiez jeunes filles, mais il y a aussi beaucoup de jeunes gens. Oui. De jeunes garçons. Je vous ai déjà les rajoutés. Absolument. Donc, il faut absolument que sur ces sujets-là... Et ça veut dire quoi ? Qu'est-ce qu'on peut faire aussi en prévention ? Je pense qu'il faut aller parler dans les écoles et dans les collèges du respect qu'on doit à son propre corps. Et que personne n'a le droit de vous considérer, vous, homme ou femme, jeune homme, jeune femme, comme de la marchandise.
On voit bien, là, on a balayé tellement de sujets très lourds. Quand on est présidente de la région Ile-de-France, les responsabilités sont là. Vous êtes candidate à une réélection ou pas ? Je ne suis pas sûr d'en être informé.
En tout cas, moi, je ne le suis pas officiellement pour prolonger votre question, David.
Comme vous l'avez compris, on est à la veille d'une troisième vague de virus en Ile-de-France. On a un certain nombre de sujets de sécurité majeure. On a le plan de relance à mettre en œuvre, la main dans la main avec l'État. C'est vous-même qui me l'avez rappelé. Donc, aujourd'hui, franchement, le temps de la campagne n'est pas venu. Le temps de la campagne viendra. Et à ce moment-là, et à ce moment-là, nous dessinerons le visage de l'Ile-de-France 2030. Parce que je pense que ce sera très important, quand le temps de la campagne viendra, de parler d'avenir et d'espoir. Vous êtes candidate, mais vous ne voulez pas le dire maintenant.
Il y a des problèmes, mais il y a aussi l'avenir et il y a aussi l'espoir qu'on doit porter.
Vous ne voulez pas dire que vous êtes candidate, mais nous savons que vous le serez. Vous avez d'ailleurs déjà des adversaires. Vous savez plein de choses. En tout cas, je ne laisserai pas salir mon bilan
par quiconque en ce moment.
Vous avez déjà des adversaires déclarés. Julien Bayou, Audrey Pulvar pour la gauche, Clémentine Autain, France Insoumise, Jordan Bardella pour le Rassemblement National, Laurent de Saint-Martin pour La République En Marche. Laquelle de ces personnalités politiques vous apparaît comme la plus redoutable ?
Ce qui me paraît le plus redoutable, c'est l'abstention. C'est l'abstention, c'est-à-dire le fait que les franciliens ne se rendent pas compte à quel point la région est importante dans leur vie quotidienne et à quel point avoir à la tête de la région un leadership, avoir une vraie ligne directrice qui les protège, c'est important. Donc pour moi, le vrai sujet, c'est qu'on ne se détourne pas de cette élection régionale, qu'on ne la banalise pas, qu'on n'en fasse pas non plus les prémices d'une élection présidentielle parce que moi j'ai l'impression quand même que la plupart des personnes que vous avez citées sont un peu là par procuration d'un candidat à la présidentielle.
Oui, ils veulent défendre qui ? Emmanuel Macron, qui ? Marine Le Pen, qui ? Anne Hidalgo. Il ne faut pas se tromper d'élection. La régionale, c'est une élection locale. C'est une élection où on va parler des problèmes, des vrais problèmes quotidiens des franciliens, de leur logement, énorme problème en Covid, de leur transport, énorme problème en Covid, de leur emploi, de leur emploi, de la jeunesse, Est-ce que ça veut dire que si jamais vous êtes réélu
à la tête de l'Île-de-France, au cas où vous seriez candidat et puis élu, vous ne seriez pas candidate à l'élection présidentielle ? Parce qu'on voit bien que dans votre camp, en tous les cas, on cherche un candidat, une candidate à l'élection présidentielle et il n'y en a toujours pas. Est-ce que si vous êtes élu à la tête de la région, réélu, ça veut dire que vous, je ne sais pas, vous feriez une croix sur la présidentielle ?
Mais tout ça est dans un siècle, Madame Chevrillon. Déjà, je vous ai dit que ce n'était pas le temps de la campagne régionale. Alors, la présidentielle, c'est encore beaucoup, beaucoup plus loin. Aujourd'hui, ce que les Français attendent de nous, hommes politiques, et vous-même, me l'avez rappelé dans cette émission, c'est qu'on fasse le boulot pour lequel ils nous ont élus. 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Aujourd'hui, mon rôle,
c'est de protéger les Français. Alors, j'ai retourné ma question autrement, Valérie Pécresse. Est-ce que ça devient préoccupant qu'il n'y ait pas de candidat légitime à droite ?
Il y en aura un, et je vais vous dire quelque chose. Ce que je crois, c'est qu'Emmanuel Macron, allant de plus en plus vers la droite, jusqu'à visiblement solliciter, y compris le soutien de certains, Je ne sais pas si c'est lui qui le sollicite. de ces grandes figures, mais allant de plus en plus vers la droite, je pense que les Français préféreront l'original à la copie, c'est-à-dire un vrai candidat de droite. Et pourquoi je vous dis ça ? C'est parce que, sur les sujets comme la sécurité, sur les sujets comme l'islamisme, sur les sujets comme les banlieues dont nous avons parlé aujourd'hui, sur tous ces sujets-là, finalement, le en même temps, ça ne marche pas.
On termine sur un clin d'œil, s'il vous plaît, Valérie Pécresse. Edwige Chebriand, je le sais, cette nuit, à l'heure américaine, va regarder la grande interview de Meghan et Harry par Oprah Winfrey. Est-ce que vous allez regarder ça, vous, ou pas ? Les Français sont très intéressés par ce sujet.
Écoutez, non, je ne le regarderai pas, mais je pense...
C'est diffusé en France demain.
Mais je pense que j'en aurai l'écho. Ah oui, sans doute. Il y a des chances.
Merci beaucoup, merci Valérie Pécresse d'avoir accepté notre invitation aujourd'hui. Merci, chers amis. On se retrouve très vite dans un instant. À dimanche. C'est affaire suivante. Dominique Rizet, Philippe Godin, je vous retrouve à 18h pour BFM TVSD. Je recevrai à 18h Éric Piolle, maire Europe Écologie et Lévaire de Grenoble, potentiel candidat à l'élection présidentielle. Et à 19h, Michel Onfray, le philosophe. À tout à l'heure.
Valérie Pécresse