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Podcast / conversationFrance Inter (sur YouTube)· 26 décembre 2023 5 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & familleSantéImmigration & asile

"Je finis ma carrière comme je l'ai commencée : dans l'humanitaire" : Véronique, sage-femme "de rue"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    C'est rassurant ? Vous avez vécu le naufrage ?

  • 0:14ComplaisanteRéponse partielle

    J'essaye de venir à peu près une fois par semaine.

  • 0:16ComplaisanteRéponse partielle

    Ça me permet aussi de repérer des femmes enceintes qui n'ont aucun suivi de grossesse.

  • 0:23ComplaisanteRéponse partielle

    Très souvent, les femmes que je retrouve ici ont des grossesses déjà bien avancées et c'est un peu urgent quand même d'organiser leur suivi de grossesse.

  • 0:31FerméeRéponse directe

    Vous êtes à combien de semaines maintenant ?

  • 0:39OuverteRéponse directe

    Le moral, ça va quand même ? Un peu ? Un peu ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:05InvitéFait
    « Oui, en 2019, les 30. »
  • 2:57InvitéFait
    « Oui. En 2019, le 30. »
  • 4:13PrésentateurFait
    « Voilà, ça fait six ans que cette dame est en France. »
  • 4:24PrésentateurFait
    « c'est pas rare que certaines femmes confient se donner à la prostitution pour gagner quelques sous. »
  • 4:34PrésentateurFait
    « contre le VIH. »

Temps de parole

  • Présentateur83 %
  • Invité13 %
  • Invité 23 %

21,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ah ben le voilà ! C'est rassurant ? Vous avez vécu le naufrage ?

0:05
Invité

Oui, en 2019, les 30.

0:14
Présentateur

J'essaye de venir à peu près une fois par semaine. Ça me permet aussi de repérer des femmes enceintes qui n'ont aucun suivi de grossesse. Très souvent, les femmes que je retrouve ici ont des grossesses déjà bien avancées et c'est un peu urgent quand même d'organiser leur suivi de grossesse. Pour le dernier trimestre, en effet, on inscrit toutes les mamans en maternité. Vous êtes à combien de semaines maintenant ?

0:33
Invité

Vous savez ?

0:35
Présentateur

D'accord, en effet, ça va être le moment de vous inscrire dans une maternité. Le moral, ça va quand même ? Un peu ? Un peu ? Vous êtes toutes seules ?

0:44
Invité

Non ?

0:46
Présentateur

On va aller voir les mamans qui installent leur tente là devant la piscine. Il n'y a plus de tente ? Il y a une interdiction ou quoi ? Excusez-moi ? Bonjour. Avant, il y avait plein de familles qui dormaient ici sous la tente.

1:02
Invité

Oui, ils ont été relogés, je crois, j'espère pour eux. Mais en tout cas, ils ne sont plus là. Ils ne sont plus là ?

1:08
Présentateur

Depuis quand ?

1:09
Invité

Je crois depuis deux jours.

1:10
Présentateur

Depuis deux jours ?

1:11
Invité

Oui, depuis deux jours. D'accord.

1:13
Présentateur

Apparemment, ils ne sont plus là depuis deux jours. La police est venue ? À 23h. On va retourner place de l'hôtel de ville, on va essayer de comprendre. Je rencontre énormément de femmes qui ont un parcours migratoire. Soit elles sont primo-arrivantes, elles ont été demandeuses d'asile. Elles sont parties en province dans ce qu'on appelle un CADA. Et elles reviennent parce qu'elles ont été déboutées de droits d'asile. Elles reviennent ici à la case départ, à nouveau à la rue. Quand j'arrive ici le matin, en fait, j'ouvre les volets. Et c'est vraiment l'impression de... Et j'aperçois souvent des femmes qui attendent juste en face l'ouverture du centre. Ici, c'est... Là-bas, c'est la rue.

Ici, c'est la maison dans la rue. Donc là, on est à 21 semaines et 3 jours. Vous commencez à le sentir un peu bouger, le bébé ?

2:05
Invité

Parfois, comme je suis un peu... Le moral n'est pas bon.

2:09
Présentateur

C'est difficile, hein ?

2:10
Invité

Oui. Il ne bouge pas. Il est descendu dans un coin seulement. Il est arrêté, là.

2:15
Présentateur

On écoute un peu le bébé, là, si vous ne le sentez pas trop bouger ? Vous voulez bien ? Alors, le ventre, là, il est bien souple. Est-ce que ça lui arrive d'être très, très dur, le ventre ? Oui. Combien de fois, à peu près, par jour ?

2:27
Invité

Deux fois.

2:28
Présentateur

Deux fois ? Bon, ça va. Si c'est deux à trois fois, ça va. Oui. Vous avez de quoi vous protéger un peu ? De la pluie ou pas ? Ah, ben, le voilà ! C'est rassurant ?

2:43
Invité

Oui.

2:44
Présentateur

Oui. Et votre fille, est-ce qu'elle est au courant maintenant ?

2:46
Invité

Elle le sait ? Oui, elle le sait. Vous voyez, ma fille aussi, elle a vécu le naufrage en l'eau. Vous avez vécu le naufrage, vous ? Oui. En 2019, le 30. Et parfois, quand elle dort, elle a…

3:02
Présentateur

Elle a des cauchemars. Oui. Elle est aidée, elle aussi, par la psychologue de l'école ?

3:06
Invité

Oui. À cause de ça, j'étais allée voir la psychologue de l'école. Oui. Pour qu'elle puisse avoir l'autorisation de parler avec elle.

3:13
Présentateur

D'accord. Oui. Mon utérus, c'est bien souple. On entend bien les bruits du cœur. Voilà. Je vous laisse vous relever ? Gare de laisse pour dormir ? Oui. Vous préférez pas aller voir Utopia ? Pour essayer d'être héberger dans une famille ? Oui. Ou à l'hôpital, sinon… Il faut quand même que quelqu'un vous accompagne. Oui. Vous vivez des choses quand même difficiles. C'est vraiment… C'est pas juste un traumatisme, c'est une série de traumatismes. S'il y a une bonne nouvelle du 115, vous venez me le dire, hein ?

3:45
Locuteur

Oui, madame.

3:46
Présentateur

Merci. Prenez des petits chocolats pour votre fille. Oui. Quand elle va sortir de l'école, elle va être contente. Merci. Allez-y, prenez. Allez, voilà. On comprend qu'elle soit hors radar, puisque la première dort dans l'école où sont scolarisés ses enfants. La seconde nous a expliqué qu'avec ses deux petits, elle dort dans les bus de nuit. Voilà, elle va jusqu'au bout de la ligne et puis après, elle réveille ses enfants et elle attend un autre bus de nuit pour partir dans l'autre sens. Voilà, ça fait six ans que cette dame est en France.

Pour survivre, en fait, quand on est maman avec des enfants, sans un sou en poche, c'est pas rare que certaines femmes confient se donner à la prostitution pour gagner quelques sous. Donc là, mon rôle, c'est de les orienter pour faire des dépistages et peut-être même évoquer la PrEP, qui est un traitement préventif contre le véhicule. contre le VIH. Là, on a vu récemment des tout-petits à nouveau à la rue. Voilà, des bébés de moins d'un mois. Hier, j'ai eu deux alertes d'un accueil de jour pour des tout-petits. Je suis parfois la première personne qu'elles ont rencontré en arrivant ici et où elles ont raconté un peu leur récit et leur histoire de vie. Et ça crée des liens forts.

Pour moi, c'est aussi important de voir que les familles s'en sortent. Ils ont pu trouver du travail, obtenir un titre de séjour, les enfants sont scolarisés, tout le monde va bien. J'ai besoin d'histoires comme ça pour tenir la route. Vous voyez, j'ai commencé ma carrière dans l'humanitaire et je vais la terminer dans l'humanitaire, j'ai l'impression. Sous-titrage ST' 501