Un père se bat pour récupérer la garde de ses filles - La story de Paul Larrouturou
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Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Elles ont été enlevées aux alentours du 10 avril 2024. »
- 0:36Invité politiqueFait
« alors que ça faisait déjà 3 jours qu'elles avaient été enlevées en passant par l'Espagne. »
- 0:41Invité politiqueFait
« Comme il y avait une interdiction de sortie du territoire dans toute l'Europe, »
- 0:51Invité politiqueFait
« et ensuite du Maroc rejoindre les Etats-Unis. »
- 2:35PrésentateurPromesse
« Il veut une loi plus contraignante. »
- 2:39PrésentateurChiffre
« Pour le moment, il en a 60, dont ce député RN. »
- 2:56InvitéFait
« la convention de la haie de 1980, qui stipule que lorsqu'il y a un jugement qui a été rendu dans des affaires comme ça, »
- 3:22PrésentateurFait
« Elle a dit, je cite, qu'elle a légalement, la législation américaine, lui a accordé la garde. »
- 3:34InvitéFait
« En tant que haute commissaire à l'enfance, je suis régulièrement saisie par des parents qui sont confrontés à des situations hyper complexes, »
- 4:00PrésentateurFait
« aucun référendum d'initiative partagée n'a abouti. »
- 4:04PrésentateurChiffre
« Il faut quand même 5 millions de signatures, c'est beaucoup. »
- 4:06PrésentateurChiffre
« 59 600 divorces ont été prononcés par le juge aux affaires familiales en France en 2024. »
Temps de parole
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C'est un des doudous de Juliette, qui s'appelle Millon. Et ça, c'est Chaya, un des doudous, parce qu'elle en a plusieurs, d'Eva. Moi, j'ai des petites filles qui sont parties, elles avaient 9 ans. Et si je les retrouverais maintenant, elles auraient presque 11 ans. J'ai perdu un an et demi, plus d'un an et demi de la vie de mes filles.
C'est l'histoire d'un divorce qui se passe mal. C'est l'histoire d'un homme qui n'a pas vu ses deux filles jumelles depuis 595 jours.
Elles ont été enlevées aux alentours du 10 avril 2024. Leur mère leur avait promis d'aller pas très loin de la mer pour ses vacances d'avril. Et en fait, on s'est rendu compte qu'elles avaient laissé les affaires dans la chambre de l'hôtel pour faire croire qu'elles étaient encore à l'hôtel, alors que ça faisait déjà 3 jours qu'elles avaient été enlevées en passant par l'Espagne. Comme il y avait une interdiction de sortie du territoire dans toute l'Europe, leur mère aurait été arrêtée. Donc elle a dû organiser, probablement de longue date, un plan pour faire passer la frontière de manière clandestine et ensuite du Maroc rejoindre les Etats-Unis.
Ces deux filles, Eva et Juliette, vivent donc avec leur mère qui les a enlevées depuis un an et demi dans l'Oregon aux Etats-Unis. Arnaud vit dans ce petit appartement, on est au centre de Paris, dans l'univers de ces filles. Il me confie qu'il n'arrive pas à ranger, que ça lui fait mal au cœur. D'ailleurs, peut-être l'avez-vous aperçu pendant qu'il parlait derrière lui. Vous voyez, cet étui noir, c'est le violon d'Eva.
Eva jouait du violon, que j'ai gardé, que je n'arrive pas à rendre. Et j'ai toujours les cartables qui sont là. J'ai encore les chaussures. Tout est prêt pour aller à l'école et continuer les activités. Il y a le frigidaire aussi qui est couvert de souvenirs. On a leurs photos de classe, on a les photos du judo. C'est un des dessins qu'elle m'avait fait avant. Quelques semaines avant, une de mes deux filles, Eva, me suppliait de ne pas la laisser partir en vacances avec sa mère parce qu'elle était persuadée que quelque chose allait se passer. Et elle avait raison. Moi, je dormais dans le salon. Elles avaient la chambre. J'ai laissé d'ailleurs tous leurs casiers à l'identique.
Et puis ça, c'est leur chat flocon. Et j'avais promis aux filles, justement, que leur chat pourrait avoir une portée. Et elles ne sont pas là pour le voir.
Alors là, des chatons d'Eva et Juliette, ce phénomène touche plusieurs milliers de mineurs dans toute l'Europe, enlevés par leur père ou leur mère après une séparation douloureuse et emmenés à l'étranger. Malgré à chaque fois des accords internationaux, c'est toujours le même schéma, beaucoup de parents ne parviennent pas à faire revenir leur enfant dont ils ont pourtant obtenu légalement la garde en France. Alors Arnaud Paris, par exemple, a d'abord fait une longue grève de la fin de 33 jours. On le voit ici sur un banc. Il n'est pas n'importe où. Il est devant les grilles du Quai d'Orsay. Il dénonce la passivité du ministre des Affaires étrangères et de l'Elysée.
Il demande concrètement à Emmanuel Macron d'appeler directement Donald Trump pour lui demander qu'Eva et Juliette puissent revenir en France. Arnaud Paris a lancé avec son nombreux comité de soutien cette semaine un référendum d'initiative partagée. Vous voyez son site. Il veut une loi plus contraignante. Il veut obliger l'État à agir. Mais c'est pour ça qu'il lui faut déjà le soutien de 185 députés et sénateurs. Pour le moment, il en a 60, dont ce député RN. Son nom est Aymeric Durox.
Si demain cela m'arrivait, je pense que je deviendrai fou, tout simplement. Les pays incriminés ici, ce sont les États-Unis. Un pays évidemment très puissant, mais qui ne respecte pas lui-même des conventions qu'il a assignées. Ici, en l'occurrence, la convention de la haie de 1980, qui stipule que lorsqu'il y a un jugement qui a été rendu dans des affaires comme ça, et l'autre pays doit se conformer à la justice qui a été rendue. C'est la loi du plus fort avec les États-Unis. C'est toujours un petit peu comme ça. C'est très agaçant. Je ferai tout ce que je peux pour aider M. Paré.
Alors j'ai évidemment un chef de joindre la mer qui est dans l'Oregon. Je n'y suis pas parvenu. J'ai son avocate, mais son avocate n'est plus son avocate. Elle ne connaît pas la nouvelle avocate, donc je ne peux pas vous donner sa parole. Je peux juste vous dire ce qu'elle a dit à nos confrères de France 2. Elle a dit, je cite, qu'elle a légalement, la législation américaine, lui a accordé la garde. Et c'est tout le problème. Ça devient donc un combat entre États qui finit sur le bureau, notamment de la haute commissaire à l'enfance, Sarah El Haïry.
En tant que haute commissaire à l'enfance, je suis régulièrement saisie par des parents qui sont confrontés à des situations hyper complexes, parce qu'elles impliquent d'abord plusieurs pays, plusieurs droits, et parfois même des tensions diplomatiques. Et quand c'est comme ça, les choses se compliquent vraiment. Hier encore, j'avais un papa au téléphone qui appelait pour échanger sur la situation de sa fille. Et donc, avec les services, bien sûr, du ministère des Affaires étrangères, nous ne lâchons rien, je suis malheureusement à cette situation de très près, et elle se boutique.
Je rappelle que malheureusement, pour le moment, aucun référendum d'initiative partagée n'a abouti. Il faut quand même 5 millions de signatures, c'est beaucoup. Et puis je rappelle cet autre chiffre, 59 600 divorces ont été prononcés par le juge aux affaires familiales en France en 2024.