Christophe Charles, Caroline Baudry et Antoine Bienvault sont les invités de Culture médias
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Et vous écoutez Culture Média sur Europe 10h 11h30 avec Thomas Hill et vos invités ce matin Thomas. Ouai, à l'occasion de la semaine spéciale grande famille européen, je reçois ce matin des journalistes de la rédaction d'Europe, Caroline Bauder et Antoine Bienveau, tous les deux journalistes reporter et Christophe Charles leur patron donc puisque vous êtes rédacteur en chef chargé du service reportage d'Europe 1 parce que oui bien sûr il y a les têtes d'affiches, les têtes de gondole qui présentent les rendez-vous d'infos, mais il serait bien seul sans tout le contenu fourni par la rédaction. Donc j'avais envie ce matin de mettre un peu en valeur votre travail qui n'est pas simple hein Caroline Bauder parce que en fait concrètement ce que je disais tout à l'heure vous pouvez être envoyé n'importe où à peu près n'importe quel moment ça Oui oui tout à fait ouais ça se passe ça se passe comme ça donc le matin on arrive donc on fait des propositions donc à Christophe par mail donc sur l'actualité du jour on propose des sujets c'est des sujets qui sont ensuite discutés en conférence de rédaction et Christophe revient vers nous après la conférence de rédaction pour donc [raclement de gorge] nous attribuer chacun les sujets Et euh et oui, ça arrive queon soit envoyé euh ça ça m'est déjà arrivé d'arriver par exemple le matin à 9h30 et d'apprendre que je devais euh prendre un vol euh pour euh une destination parfois à l'étranger euh euh dans la matinée.
Euh euh c'est arrivé ou c'est arrivé souvent passeport avec vous quoi. Euh oui oui oui, j'ai enfin alors pas toujours mais je suis censée la voir en tout cas en général Christophe a la gentillesse de nous laisser quand même repartir faire un sac quand on a le temps et et oui oui ça arrive souvent ou de pas de pas savoir oui on va dormir le soir parfois à l'hôtel parfois parce que je sais pas si c'est une légende ça Antoine Bienveau. Vous avez toujours un petit balluchon de près quelques affaires oui dans dans le tiroir de trois sous-vêtements de trois t-shirts de rechange au cas où.
Ouais, c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai. Et bah comme disait Caroline, ouais, les journées, c'est ça qui est à la fois bien et particulier au reportage, c'est que les journées, elles dépendent beaucoup de l'actualité. Donc, elles peuvent être par exemple calmes jusqu'à 16h et puis d'un coup, bah il se passe quelque chose, il faut partir et donc on fait une croix sur sa soirée, on part mais bon, c'est ça qui est excitant aussi.
Et alors donc c'est vous Christophe Charles qui décidez de qui, par où et sur quel sujet ? C'est Oui, en partie mais ça se décide aussi dans les conférences de rédaction. Alors, sauf quand un événement surgit de un événement important qui arriverait maintenant et que je peux demander à Caroline de partir dans la minute s'il faut, mais on décide en général collectivement des sujets qu'on va traiter, de qui va les traiter et des missions qu'on déclenche.
Oui. Il y a combien de personnes aujourd'hui sous votre responsabilité qui travaillent au service reportage ? Alors, le service reportage, on a 10 reporters à Paris auquels s'ajoutent les journalistes qui sont chargés de l'économie, de la société, de la culture, du sport qui aussi sont sous ma coupe.
Ouais. Et puis nous avons h correspondants en région dans les dans les grandes villes de France au plus près du terrain et aussi quelque chose aussi. Et ils ont chacun un peu leur spécialité ou potentiellement ils peuvent partir sur n'importe quel terrain, n'importe quel sujet.
Il y a des profils, il y a des spécialités mais ils peuvent partir sur tous les terrains en général. Oui, enfin il y a des Cyril de la Morinerie qui a longtemps fait du sport à Europe 1, a élargi son panel et peut aujourd'hui partir sur toutes sortes de terrains. Et c'est ça qui est c'est ça qui est chouette, je pense.
Vous vous avez une spécialité par exemple, Caroline ? Non, pas du tout. Et c'est ça qui me plaît, c'est que je travaille vraiment sur des sujets tout à fait différents.
Euh par exemple, il y a pas longtemps, j'ai j'ai couvert avec mon collègue Adrien Baget la soirée des Césars et et euh et j'ai aussi euh couvert la crise agricole. ou la dernière campagne américaine aux États-Unis où j'avais s les swing stat en voiture pour voilà à l'approche du scruteur américain. Donc non mais c'est c'est ça qui est génial, c'est de pas se spécialiser et de faire des sujets très différents qui est difficile aussi parce que ça veut dire qu'il faut que vous vous teniez au courant de d'absolument tout.
Antoine Bienveau, vous êtes en permanence à à scruter l'actualité, à lire les journaux. Ouais. Ouai, il faut s'ouvrir et puis parfois sortir un peu de sa zone de confort.
Moi, j'ai beaucoup fait de sujets religion par exemple autour de la réouverture de Notre Dame. J'ai beaucoup suivi. C'était pas du tout ma spécialité à la base.
Et puis bah faut apprendre à s'y intéresser. Au final, en fait, ça devient très intéressant. Le plus intéressant en fait, c'est d'essayer de le raconter aux auditeurs quand on le prend sous cet angle là.
C'est là que ça devient intéressant parce qu'on a un petit peu les yeux de des auditeurs qui voient pas ce qu'on voit. Leur raconter au final peu importe le sujet, c'est ça qui est le plus intéressant et qu'on essaie de faire tous les jours quoi. Et est-ce que vous arrivez à avoir une vie privée ?
Parce que quand on arrive le matin au bureau et qu'on prend un vol et qu'on peut partir, je sais pas, aux États-Unis ou à l'autre bout du monde, on arrive malgré tout à avoir une vie privée ? Oui, parce que on s'organise et euh et on a quand même on échange avec euh notre hiérarchie qui est plutôt bienveillante là-dessus et on arrive malgré tout à s'arranger parfois quand il y a des impératifs. ça arrive d'annuler quelques weekends parfois ou quand mais bon c'est c'est souvent pour des choses aussi je pense par exemple proche [rires] non mais c'est c'est une vraie question parce que effectivement même construire une famille dans des conditions comme ça et tout ça c'est c'est compliqué si on a des enfants par exemple je sais pas si c'est votre cas ou je viens d'avoir un bébé du coup donc c'est c'est le cas ouais donc ça fait oui quelques mois que j'ai pas fait de grosses missions loin et j'ai pas encore fait ça de nouveau mais mais ça ça reviendra Euh et en tout cas et en tout cas voilà c'est quelque chose dont on discute aussi faut jongler avec tout ça mais mais mais heureusement ma voilà encore une fois j'ai de la chance d'avoir une hiérarchie bienveillante là-dessus c'est normal et c'est précieux aussi et des collègues qui n'ont pas d'enfants aussi [rires] des collègues qui n'ont pas d'enfant exactement qui refiler l'émission ces derniers mois alors oui alors vous disiez hiérarchie bienveillante mais alors Antoine bienvau je crois que dans l'équipe vous avez quand même un petit surnom pour votre pour votre chef est-ce qu'on a un surnom pour pour notre chef.
J'ai entendu parler du [rires] surnom V12. Ah oui, qu'est-ce que c'est que ça ? Il faut expliquer les V.
Alors, les V c'est les versions. C'està-dire que quand voilà, c'estàd qu'on propose un reportage donc une V1 quand on le termine et on on la soumet à à Christophe qui la réécoute et qui est c'est vrai assez tatillon mais [rires] c'est comme ça qu'on exigeant. Voilà, c'est relou relou.
Non, on va pas aller jusqu pas de problème Thomas, tout va bien pour [rires] l'instant. Et et donc voilà bah quand il a des retours à nous faire, on on donc on refait le reportage en fonction de ses retours, ça devient une V2 et ça peut monter parfois. Alors V12 c'est un peu exagéré. une V12 Antoine V12 jamais moi personnellement [rires] mais bon ça peut effectivement V12 après il faut aussi expliquer Christophe Charles que vous ça fait 30 ans que vous êtes européin donc il y a une certaine expérience 31 Thomas 31 c'est vertigine [rires] et que vous avez même longtemps présenté des journaux ici certains auditeurs leo notamment se souviennent de votre voix le matin donc vous avez aussi ce regard là vous savez aussi ce qu'attendent les présentateurs, les porteurs de tranches Oui, parce que paradoxalement moi j'ai pas un parcours de reporter Je suis présentateur, j'ai fait du reportage en étant jeune, en démarrant dans le métier, mais très vite, on m'a mis sur la présentation des journaux et j'ai fait ma carrière comme présentateur.
J'ai fait une 15 ou 17 ans de matinale sur Europin et euh mais mon boulot c'était de mettre en valeur les reportages de la rédaction. Donc j'ai j'ai toujours eu ce regard là, ce souci de mettre en valeur le travail de la rédaction et aujourd'hui de d'être de l'autre côté, de produire pour l'antenne. Enfin, ça il y a une certaine logique, je trouve.
Oui. Et le le souci de de de faire travailler les reporters, de les diffuser, enfin tout ça reste un peu la la trame de ma carrière, quoi. Et c'est vrai que vous êtes très exigeant, vous le ressentez.
Je suis exigeant. Alors, je suis bienveillant, ils l'ont reconnu, mais je suis exigeant parce que je mon souci c'est l'antenne. C'est ce qu'on va mettre à l'antenne.
C'est j'ai pas envie qu'il y a des des erreurs de français dans un reportage. J'ai envie que les sujets soient bien construits. Donc il y a effectivement plusieurs versions parfois.
Parfois, il y a des V1, faut le dire. [rires] Ça arrive, ça arrive. Et là, on fait un pot le soir et le soir on le célèbre en général. [rires] Mais oui, ça peut V12 peut-être pas mais oui, on refait tant que c'est pas Et vous votre votre stress ultime, j'imagine que c'est la boulette, c'est l'erreur factuelle.
Oui, c'est c'est pour ça qu'il faut être exigeant. Il faut faut être toujours attentif à ce qu'on va dire. Et si on laisse passer une boulette petite ou grande et qu'on l'entend le lendemain matin à l'antenne, on se dit "Ben, j'ai pas fait mon plot quoi." Mais ça n'arrive pas.
Je peux vous donner un exemple pour que les auditeurs se rendent compte de de comme Christophe et Tatillon, c'est qu'il y a eu un reportage récemment sur Gaston Lagafe et le journaliste Sébastien Bordf pour pas le nommer disait Gaston Lagafe était euh un personnage comme ça et il lui dit non il est toujours c'est un personnage donc parfois c'est sur juste la conjugaison d'un verbe ou quoi. qui lui a fait refaire une nouvelle. Ah ouais, donc on est vraiment Ouais, c'est au c'est au mimè vous occupez pas de cette émission là parce que là [rires] je viens de mettre un coup d'œil de temps en temps.
Et alors est-ce que vous avez déjà eu sur le sur le terrain parce que vous avez été amené aussi même à partir à l'étranger Antoine, vous êtes notamment parti comme envoyé spécial en Israël près de la bande de Gaza. J'imagine que vous avez des aussi des difficultés sur ce terrain. Comment ça se passe ?
Est-ce que Est-ce que vous pouvez nous raconter une anecdote de ce qui a pu vous arriver sur le terrain de plus complexe parfois ? Bah déjà quand on part sur des terrains comme ça, on est aidé par ce qu'on appelle un fixeur. Donc c'est quelqu'un sur place qui nous aide à traduire et surtout qui connaît bien la zone pour éviter d'aller dans des endroits un peu un petit peu risqués. euh sur ces zones-là, moi ce cette mission, on appelle ça des missions quand on part comme ça à l'étranger, je m'en souviens très bien et paradoxalement, c'est presque plus facile parce qu'on entend beaucoup de gens qui nous racontent des témoignages très forts, des gens qui ont perdu des gens dans les attentats du 7 octobre.
H donc émotionnellement, il faut se contenir mais en fait on a tellement de de matières d'histoire à raconter qu'on a plus qu'à les retranscrire, à les donner à l'auditeur et c'est assortages les plus complexes finalement. Finalement non émotionnellement. Alors, ça demande beaucoup d'énergie parce qu'on travaille, on se lève très tôt le matin pour la matinale et souvent on finit assez tard donc c'est des longues journées mais c'est pas forcément les plus les reportages les plus difficiles.
Non. Donc ce qui est plus dur c'est parfois quand vous êtes envoyé en France sur un petit reportage où vous dites "Ah là il y a il y a pas beaucoup d'enjeux et ça va être plus difficile de trouver des témoignages intéressants." Caroline Bauder Oui oui tout à fait.
C'est pas parce qu'on est au bout du monde que c'est plus difficile. Enfin, je dirais que ça demande plus d'agilité, plus peut-être d'ouverture. Il faut il faut être un peu plus force de proposition parce que c'est nous qui sommes sur le terrain et donc qui sommes les yeux de la rédaction.
Et on doit euh on on rapporte ça marche plus dans ce sens-là nous vers la rédaction, vers Paris. Euh mais voilà, comme disait Antoine, il suffit de se pencher en fait pour ramasser des témoignages en Israël notamment et et alors qu'au bout de la rue, bah il faut parfois aller plus chercher les gens. Il faut et puis un reportage bien construit, bien monté, c'est c'est c'est parfois plus difficile justement quand l'actu est est moins fracassante.
Et ben merci à tous les trois, Christophe Charles, Caroline Baudri, Antoine Bienvau et à travers vous merci à toute la rédaction d'Europe 1 qui nous informe chaque jour. Merci beaucoup. Merci.
Elle est vraiment passionnante [musique] cette semaine de la grande famille Europe. On découvre tout le monde bien justement cette semaine de la grande famille, c'est aussi l'occasion de remercier tous ceux que vous n'entendez jamais mais sans qui Europe 1 ne serait pas europein. Donc un salut particulier ce matin à Jean Lénaf, le réalisateur d'Europe 1 matin.
Florian Despré, community manager, Clara Menard du service podcast, Tuc Dual de Dieu leve, le rédacteur en chef des histoires d'amour extraordinaires de Sophie d'avant tous les weekends, Julien Or de l'équipe [musique] technique qui assure notamment les lives ici dans Culture Méia et qui assure aussi les opérations extérieures comme la France Bouge qui sera délocalisée ce soir à la foire de Paris. Yeah.