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Podcast / conversationyoutube.com· 3 septembre 2020 56 minComplaisantPortrait personnelJusticeImmigration & asileSolidarités & familleEurope & international

Juan Branco - Entretien biographique sur la radio publique portugaise (sous-titré)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    À quoi faut-il résister selon vous ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Quelle est votre perception personnelle de résister à quelque chose ? Résister seul ou accompagné ?

  • 7:00RelanceRéponse directe

    Ce mouvement n'est-il pas devenu aussi violent lui-même dans les manifestations ?

  • 13:00OuverteRéponse directe

    Comment prouver la responsabilité des dirigeants européens dans les morts en Méditerranée ?

  • 17:00OuverteRéponse partielle

    Comment se définit votre position politique sur l'échelle gauche-droite ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous motive à vous engager dans ces causes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Juan BrancoChiffre
    « En France des institutions de statistiques, institutions de statistiques médicales estiment que le chômage en France seulement cause autour de 15 mille décès chaque année. »
  • 6:00Juan BrancoChiffre
    « Depuis 30 ans, nous avons des taux de chômage relativement stables en France, ce qui représente entre 400 et 500 mille personnes qui sont mortes à cause de l'incapacité des hommes politiques à résoudre ce problème. »
  • 12:00Juan BrancoChiffre
    « Nous nous retrouvons avec plus de 10.000 personnes qui ont été détenues, plus de 500 qui ont été envoyées en prison après une sentence judiciaire ; 50 personnes ont perdu un bras, un pied ou ou un oeil, et plus de 3000 ont été blessées. »
  • 14:00Juan BrancoFait
    « Emmanuel Macron, lors de la troisième semaine de manifestations, avait préparé un hélicoptère pour fuir de l'Élysée au cas où les manifestants entreraient dans l'Élysée. »
  • 18:00Juan BrancoFait
    « Nous avons révélé quelque chose dont ils espéraient simplement qu'il resterait caché. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

"La Raison d'Être" avec Mariana Oliveira. L'invité d'aujourd'hui de "La Raison d'Être" est avocat, il fête ses 30 ans cette année et, à seulement 30 ans, il a déjà eu le temps de faire partie de l'équipe d'avocats qui travaille en étroite collaboration avec Julian Assange, fondateur de Wikileaks et actuellement emprisonné au Royaume-Uni; mais aussi le temps d'être récemment impliqué dans une action en justice qui vise à responsabiliser les dirigeants européens des décès en Méditerranée. Il participe également activement au mouvement des Gilets Jaunes en France et représente légalement certains des leaders de ce mouvement; il est l'auteur d'un livre ou plutôt de plusieurs livres dont le très populaire "Contre Macron" au sujet du président français Emmanuel Macron qui est une critique du président français et de la façon dont il est arrivé au pouvoir.

Il a également travaillé au Ministère Français des Affaires Étrangères et malgré toutes ces activités Juan Branco est ici pour une autre raison, celle du colloque international appelé "Résistances" qui fait partie de la programmation du festival du film de Lisbonne et Sintra qui a commencé cette semaine, Le Festival du Film est aussi en parallèle un lieu de réflexions, des réflexions parfois nées à partir des films. Je vais arrêter là cette introduction déjà longue; Juan bonjour, bienvenue, merci beaucoup d'être venu jusqu'ici sur Antenne 3. Commençons par le colloque qui vous a amené ici aujourd'hui, il a débuté ce vendredi 15 et se poursuivra jusqu'à demain dimanche.

Dimanche qui sera le dernier jour pour venir et ce samedi vous avez encore la possibilité de vous rendre à ce colloque. Juan Branco vous êtes l'organisateur en charge de la programmation de cette résistance, de ces résistances. À quoi faut-il donc résister Juan Branco?

Je pense qu'avant tout le plus important c'est de résister à la violence politique au sens large du terme. Il y a la violence spectaculaire très visible qui est la violence physique qui oppose des corps et qui se traduit en meurtres et manfiestations de toutes sortes que l'on voit sous différentes formes à la télévision et dans les médias. Mais il y a au contraire une violence invisible qui actuellement touche beaucoup de gens et en particulier au Portugal, une violence sociale et économique qui manque d'intermédiation aujourd'hui, qui remonte à la crise de 2008 qui a fait des dégâts extrêmement importants, en Europe et dans le monde et qui ne furent jamais bien visibilisés.

Contrairement à d'autres événements importants ayant faits de nombreux morts, la crise de 2008, qui a causé les mêmes terribles conséquences - En France des institutions de statistiques, institutions de statistiques médicales estiment que le chômage en France seulement cause autour de 15 mille décès chaque année. Or depuis 30 ans, nous avons des taux de chômage relativement stables en France, ce qui représente entre 400 et 500 mille personnes qui sont mortes à cause de l'incapacité des hommes politiques à résoudre ce problème. Il ne s'agit donc pas d'un acte violent situé dans un temps précis mais bien inscrit dans la durée Oui ces violences ne se situent pas dans un temps précis dans le sens où ces morts sont le résultat de dépressions, de suicides, de cancers qui apparaissent parce que les gens sont stressés et souffrent etc.

Donc cette violence qui est très invisibilisée, je pense qu'elle a structuré violemment non seulement la société française mais plus largement les sociétés du monde entier et a provoqué la vague de révoltes ou de révolutions que nous avons pu voir ces derniers mois en France, en Équateur, en Algérie, et on pourrait continuer comme ça. Et nous aurons des représentants de tous ces mouvements ici à Lisbonne ces jours-ci, et notre idée est d'essayer non seulement de donner accès aux Portugais, à ces personnes qui se battent dans leur pays pour comprendre quelles sont les raisons de ces luttes et ce qui a fait qu'ils ont réussi à construire un front contre le système politique et économique qui les faisaient souffrir, mais aussi d'essayer de trouver les racines communes dans ces actes de résistance nés dans ces pays. C'est donc évidemment ce qui a défini, le fait d'être réprimé pour être résistant politique, les personnes que nous allons accueillir dans ces réunions comme Chen Guangcheng l'un des plus grand dissident chinois qui a été emprisonné, un avocat aveugle qui s'appelle, qui est connu en Chine sous le nom de " l'avocat aux pieds nus" parce qu'il vient d'un petit village chinois où il a réussi à sauver la vie de milliers de femmes qui avaient été avortées illégalement en défendant leur cause face à la violence de l'État.

Cet homme a été prisonnier pendant quatre ans parce que qu'il avait ce combat que l'État chinois n'aimait pas ; et peu de temps après sa libération, il a été renvoyé dans son village qui fut simplement fermé au reste du monde, ils y ont envoyé des centaines de policiers afin d'empêcher à quiconque l'accès à ce village et à quiconque d'en sortir. Et il a réussi à s'échapper et à entrer dans l'ambassade Américaine de Beijing et de là s'échapper pour toujours de Chine et aujourd'hui il continue à être un ennemi politique très important pour le régime chinois. Il était important pour nous, par exemple, d’accueillir cette personne, pour la reconnaissance de son sacrifice.

Ilsera par vidéo-conférence Oui, par vidéo-conférence parce qu'il ne peut pas quitter les États-Unis étant donné qu'on lui a volé son passeport en toute urgence de façon à l'empêcher de voyager. Nous avons reçu toutes sortes de pressions importantes pour l'avoir invité, ce qui montre qu'une personne seule peut devenir une menace même pour un régime aussi puissant tel que régime chinois. Donc parmi les personnes qui font un acte de résistance politique importante, nous voulions également la présence de Rafael Correa qui a été président de l'Équateur pendant plus de dix ans et qui face aux États-Unis a défendu Julian Assange et WikiLeaks, il a défendu les populations qui ont souffert de "l'affaire Chevron" qui est le plus grand scandale écologique perpétué, et il a mis en place toute une série de politiques sociales très importantes en Équateur.

Nous aurons par ailleurs des leaders de mouvements sociaux, des personnes qui ont une lutte qui n'est pas considérée comme étant directement politique, comme Maxime Nicolle l'une des figures des Gilets Jaunes français et qui a simplement réussi à rendre visible la lutte des gens les plus modestes et les plus fragiles de la société française et qui a réussi à mettre en avant, avec d'autres personnes, mettre cette lutte sur l'agenda médiatique et politique du pays, afin d'essayer d'interroger et de freiner les politiques antisociales du président Macron. Il est très important de préciser que ces personnes n'avaient, tout comme Chen Guangcheng, aucun titre, aucune notoriété qui donnerait une légitimité a priori, et leur légitimité est venue de leur lutte et de leur capacité à parler de la vie quotidienne des techniciens de surfaces, aux personnes qui travaillent dans la logistique, aux personnes qui sont dans des positions généralement invisibilisées dans la société et spécialement dans l'espace médiatique et encore davantage dans l'espace politique; parce que ce sont des gens qui n'ont pas beaucoup de pouvoir économique, et pour cela il est leur évidemment beaucoup plus difficile de faire de se faire entendre. Je pense que cela conduit à cette question: Quelle est ta perception, personnelle, de résister à quelque chose?

Qu'est-ce qui est le mieux: résister seul ou accompagné ? Comme s'il y avait une position plus individuelle ou plus collective, est-il plus important de commencer par nos vies, par de petites luttes à notre échelle, micros? Ou de rejoindre des mouvements, des causes, plus importantes comme les Gilets Jaunes par exemple?

Je pense que le film qui répond le mieux à cette question que nous nous posons et qui est en relation avec ce que nous avons mis en place est "Le Joker", qui montre comment à partir d'une situation de violence individuelle subie par le personnage principal qui est discriminée et qui est dans une position de fragilité extrêmement forte va se construire presque sans intention un mouvement sinon politique du moins proto-politique, de résistance. Et donc ce que montre ce film c'est la force que donne la sortie de l'individualité et la capacité à un moment donné de transformer cette énergie individuelle en un mouvement politique. Et c'est ce qui s'est passé avec les Gilets Jaunes en France; il est très important de répondre à cette question: justement en conséquence à la crise de 2008, les personnes les plus fragiles de la société n’ont pas eu l'opportunité de s'exprimer à travers de représentants, ni dans les médias, ni en politique, ni dans l'espace public.

Ils se sont résignés à subir les conséquences d'une crise, une crise invisible, que ni les artistes arrivaient à montrer; et donc ils ont pensé que les conséquences de la crise dans leur vie était de leur responsabilité, c'est à dire: les personnes qui ont perdu leur travail, les personnes qui ne voyaient pas leur salaire augmenter, les personnes qui ont souffert de dépression, les séparations conjugales qui ont conduit à des formes de violences qu'elles soient conjugales ou simplement anomiques de toutes sortes. Ces personnes ont découvert le 17 novembre 2018 qu'ils étaient des millions, que ce n'était pas chacun d'entre eux qui était responsable de sa souffrance mais les chemins de ses personnes étaient similaires, qu'ils vivaient exactement la même situation et que, par conséquent, la raison de cette situation était une raison politique. Et à ce moment il y a eu une libération de culpabilité très forte, une libération psychique, presque un plaisir de découvrir le fait qu'il n'avaient pas à avoir honte d'être dans une situation de souffrance, et donc à ce moment là ils ont perdu toute inhibition face à la stigmatisation que les politiciens leurs apposaient, en s'appuyant sur le fait que d'apparence les hommes politiques étaient des gens très civilisés, très compétents, et de manière générale que les classes dominantes avaient la légitimité à dominer.

Et bientôt les gens plus " normaux", ceux qui n'avaient pas de position de pouvoir particulier dans la société, ils ont découvert qu'ils avaient également le droit de parler, qu'il n'était pas normal qu'ils n'aient pas le droit d'accéder à l'espace public, qu’ils n’était pas normal qu'ils ne soient pas représentés politiquement, qu'il n'y ait aucun ouvrier, aucun employé à l'Assemblée Nationale en France par exemple. Et tout cela a provoqué une sorte d'électrochoc démocratique qui a permis à en partie de laisser une société en meilleur état: pendant des mois on ne parlait plus de l'immigration, de l'Islam, dont on n'avait pas arrêter de parler et comme on a depuis recommencé à en parler ces dernières semaines en France parce qu'on ne cherchait plus de boucs émissaires. Parce qu'ils ont compris que la violence qu'ils ont reçue était une violence politique et qu'elle n'était pas le résultat des personnes d'à côté en dessous, déjà en grandes difficultés qui venaient leur enlever quelque chose.

Et ce mouvement n'est-il pas devenu aussi violent lui-même dans les manifestations ? Non, encore une chose très intéressante, c'est que comme il n'y avait pas de représentants, que le mouvement n'était pas institutionnalisé - il n'y avait pas de syndicats, pas d'organisations particulières - il y avait seulement des gens plus ou moins visibles comme Maxime Nicolle; le gouvernement a été très déstabilisé, déstabilisé parce qu'il ne savait pas comment réagir face à ce mouvement, car il était énorme, massif, dans les très petits villages, les petites villes et les grandes villes, il y avait tous les jours des actions de toutes sortes; et cette imprévisibilité et l'absence de représentativité de figures de ce mouvement a fait que le gouvernement français a été paralysé et paniqué. À tel point que l'on a appris plus tard qu'Emmanuel Macron, lors de la troisième semaine de manifestations, avait préparé un hélicoptère pour fuir de l'Élysée au cas où les manifestants entreraient dans l'Élysée.

Et cela a provoqué une réaction extrêmement violente de la part de la police parce qu'ils ne savaient pas bien comment, ils avaient l'ordre ils avaient reçu l'ordre du gouvernement de réprimer le mouvement quelles que en soient les conséquences. Et nous nous retrouvons avec plus de 10.000 personnes qui ont été détenues, plus de 500 qui ont été envoyées en prison après une sentence judiciaire ; 50 personnes ont perdu un bras, un pied ou ou un oeil, et plus de 3000 ont été blessées.

Ce sont les chiffres délirants auxquels on s'est habitués. Et dans le même temps, je crois en avril, en Russie, il y a eu une manifestation contre Poutine et environ 200 personnes furent arrêtées. Nous avions l'habitude en France d'entendre le gouvernement protester avec véhémence contre cette répression politique et dire que ce n'était pas normal, que ce n'était pas acceptable; et le gouvernement français a dû rester complètement sans voix, sans un mot. - Et on lui est tomébs dessus - Oui parce que la répression politique en France avait été beaucoup plus grande que ce qui se vivait à ce moment-là en Russie.

Il était très difficile pour nous d'accepter que notre régime n'était même plus capable de dire à un régime autoritaire comme celui de la Russie qu'il était entrain de dépasser les limites parce qu'il n'y avait plus de limites. Et bien sûr Poutine en a profité et quand il a été invité par Macron en août en France il a mentionné la violente répression politique des Gilets Jaunes; une forme de provocation face à Emmanuel Macron à laquelle Macron n'a rien à répondre. Là j'y ai vu une situation qui était très révélatrice et compliquée.

Et donc dans ce mouvement de violence contre violence, le mouvement a eu deux options: ou se laisser mourir, simplement accepter que la répression qu'il subissait faisait qu'il ne voyait plus la possibilité de se mobiliser, ou d'une certaine manière, "répondre". Et cette dialectique de la violence a commencé et c'était un moyen pour les Gilets Jaunes de ne pas se laisser détruire. Ce qui s'est passé c'est qu'il n'y a jamais eu de violence anomique, dans le sens où il n'y a jamais eu de violence contre des citoyens ou contre un policier isolé; c'est à dire qu'il n'y a jamais eu de volonté d'utiliser la violence contre un corps. - Maintenant quand le mouvement gagne des dimensions aussi massives il est très difficile de contrôler chaque aspect qui y apparaît. - C'est dans ce sens que j'ai beaucoup dit que pendant ce mouvement, et d'une manière très surprenante, le mouvement a démontré que l'intelligence collective existait; sans leaders sans instructions particulières; les limites dans lesquelles le mouvement s'est développé ont été saines.

Voyez il y a eu par exemple un événement qui a beaucoup fait polémique. À un moment il y a eu une manifestation devant l'Assemblée Nationale en France, et les manifestants furent immédiatement dispersés avec beaucoup de violence par la police. C'était des personnes qui étaient venus de toute la France à Paris pour manifester, et dès dix heures du matin la police était déjà en train de disperser les manifestants.

Alors eux bien sûr voulaient continuer à manifester, donc ils se sont mis à déambuler dans les quartiers les plus riches de Paris et bientôt ils se sont retrouvés devant la porte du ministère du porte-parole du gouvernement, poste qui à ce moment-là était occupé par une personne du nom de Benjamin Griveaux et qui était quelqu'un qui fait partie des notables parisiens, qui était très très arrogant lorsqu'il parlait des français, des Gilets Jaunes, qu'il qualifiait de personnes qui fumaient des cigarettes d'une marque qui est très peu cher et qu'ils roulaient avec des voitures qui fonctionnaient au diesel, il parlait d'eux sous une forme très méprisante. Et donc nous nous retrouvons face à ce ministère et il passèrent devant un endroit avec des engins sur un chantier avec lesquels se rénovait une maison. Et ils ont pris l'un d'eux pour ouvrir la porte du ministère, pour enfoncer la porte en gros.

Mais au moment même où la porte était enfoncée ils sont partis en courant, paniqués par ce qu'ils venaient de faire. Alors est née une mini controverse dans les jours qui ont suivi du type "ce sont donc les fascistes, ils tentent d'attaquer l'état de droit, la république"; et moi au contraire, je pense que c'était un mouvement symboliquement très fort, l'idée n'était pas d'entrer dans un ministère et de s'approprier le ministère et d'essayer de faire un coup d'état, non, c'était tout simplement envoyer un signal à cette personne qui était à ce poste (pour le droit du peuple, pour représenter la voix du peuple comme c'est le rôle d'un porte-parole) pour lui dire qu'il ne pouvait pas utiliser ce lieu, cet espace, pour se montrer arrogant envers la population, que cet espace appartenait à la population en générale: alors ils ont simplement ouvert la porte. Donc c'est un acte très pulsionnel, qui ne fût pas planifié, c'était par pur hasard qu'ils se sont retrouvés dans cette position; mais qui reflète une forme intéressante d'intelligence politique.

S'ils étaient restés au sein du ministère, et avaient occupé le ministère, et pillé le ministère c'eût été intolérable; mais tous avaient compris ce qu'ils devaient faire c'était juste ouvrir symboliquement les portes et partir, et laisser les portes ouvertes pour que n'importe quel citoyen ait la possibilité d'entrer dans cet espace. - Maxime Nicolle comme nous disions militants des Gilet Jaunes et que vous-même défendez, je crois, au tribunal sera présent à ce colloque,il y a beaucoup d'invités internationaux nous avons déjà parlé de certains d'entre eux comme Rafael Correa président de l'Équateur qui a donné l'asile politique à Julian Assange à l'ambassade équatorienne, Yannis Varoufakis qui fut ministre des finances de la Grèce, Richard Stallman fondateur du mouvement "Logiciel Libre", le portugais Miguel Duarte le militant qui risque la prison pour s'être porté volontaire pour une mission de sauvetage en Méditerranée- juste pour vous faire une idée de ce colloque, ces sessions auront lieu dans différents espaces de Lisbonne: l'espace Nimas, le Centre culturel Olga Cadaval à Sintra, l'université Lusophone également à Tivoli, entrée-libre. - Oui, il était très important de le faire pour éviter ce que le Web Summit a fait, il y a 10 jours déjà, lorsqu'ils m'ontinvité donner une conférence Center Stage (comme celle avec l'un des conseillers de Trump sur le commerce international) – Vous y avez parlé du prix des billet du Web Summit - Oui, disons que me trouver un endroit où le prix minimum à 1500 Euros pour entrer et même 25 000 Euros pour certains et dans lequel les seuls portugais que je pouvais croiser étaient des gens qui était là pour nous servir, c'était une situation purement coloniale.

Oui, franchement, un espace qui est à Lisbonne mais Lisbonne ne voit rien d'autre que des gens privilégiés, qui sont les winners de la mondialisation qui arrivent, pour coloniser cet espace et pour rester entre eux, qui privatisent un quartier de Lisbonne pour faire la fête le soir. C'est quelque chose de très particulier, de personnes qui restaient entre elles à tout moment. Donc face à cette arrogance, oui, une arrogance même inconsciente, parce que quand nous sommes restés dedans nous avons rencontré des gens très gentils, des personnes qui n'avaient pas conscience qu'ils faisaient quelque chose de complètement absurde et qui pouvait générer de la violence, nous avons décidé d'aller dans des endroits encore plus prestigieux, qu'il y a ici, comme le Théâtre Tivoli par exemple et de laisser l’événement ouvert gratuitement au public, pour que tout ceux qui veulent venir, que toute personne qui s'intéresse un minimum à ce genre de questionnement ou qui veut essayer de s'émanciper de la situation économique et politique actuelle, puisse venir le soir et simplement écouter et parler aux gens qui ont des choses à dire et qu'ils se sentent accueillis est très important pour pouvoir transmettre et leur montrer que, et ce pour répondre à la question que vous m'avez faîte, sur la lutte individuelle et collective, il n'y a aucune raison de désespérer que mêmes dans des pays ou les situations sont complètement délirantes comme en Chine par exemple, qui est un pays oui totalitaire, que même un avocat aveugle qui n'a aucune ressources, provenant d'un petit village peut provoquer des changements capitaux dans le système.

Donc c'est autant possible là-bas qu' ici et la question est de savoir comment le faire et quelles inspirations obtenir et il est vrai que ces gens ont peu de visibilité en général il est donc difficile de savoir comment cela fonctionne vraiment, comment faire tout simplement, parce que nous avons entendu parler des révolutions de l'Algérie, en Équateur, à Hong Kong et comme si nous voyions seulement des images spectaculaires, mais il est très difficile d'avoir accès à la façon, à la réalité de ce qui se passe et comment les gens s'organisent et quelles sont les réalités des affrontements, les objectifs des manifestants, du pouvoir car il peut aussi être légitime. Un pouvoir peut se défendre de manière légitime face à des formes de résistance qui peuvent être illégitimes, il ne faudrait pas s'enfermer dans une idée un peu naïve qui consisterait à défendre quiconque qui essaie de se soulever contre un pouvoir. - Il est très difficile de pouvoir voir les réalités, une par une - Oui et c'est très difficile parce que les journalistes n'ont pas la capacité financière aujourd'hui; les moyens pour couvrir le monde entier et encore plus difficile d'envoyer des journalistes pour faire ce travail de transcription de la réalité qui est en train de se vivre; et c'est difficile pour nous car nous avons moins de temps que jamais avec une économie d'attention qui fait que nous sommes poussés à consommer des choses qui ne sont souvent pas les plus profondes, qui ne sont pas amenés à durer dans le temps; et ce temps du, oui, ce temps du repos de l'esprit, d'une discussion où l'on peut échanger, donner, créer, je pense qu'il est important de le recréer.

Et comme il est difficile de faire connaître l'existence de cet événement nous le transmettrons d'abord en streaming, mais nous allons également filmer pour permettre l'accès à tous les éléments afin que les gens qui seront un peu en retard puissent récupérer et voir ce qui s'est passé. - En tout cas nous allons rappeler à tous ceux qui nous écoutent ce samedi matin ou demain qu'ils sont encore à temps pour sortir de chez eux s'ils vivent à Lisbonne, pour assister à ce qui va se passer et ce qui se passera ce samedi et aussi dimanche à ce colloque international de "Résistances" qui se déroule dans le cadre du festival du film de Lisbonne et Sintra, et le festival continue ensuite une semaine. En plus du militant portugais dont nous avons déjà parlé, Miguel Duarte, et qui va être à ce colloque, une autre personne qui va aussi être présente est Omer Shatz qui est également un avocat qui avec vous, Juan Branco, invité dans "La raison d'Être" de ce samedi, fut l'un des responsables en juin de cette année, responsable d'une action en justice soumise à la cour pénale internationale dans le but de tenir pour responsable, ou pour le moins d'enquêter sur les responsabilités, des leaders et dirigeants européens, des milliers, environ 14 mille morts en Méditerranée qui ont eu lieu au cours des dernières années.

Donc un sujet très complexe, mais de ce que j'ai compris, Juan, c'est que tu essaies de dire de cette façon que les milliers de morts de réfugiés, morts en essayant de traverser la Méditerranée ne sont pas seulement une tragédie humanitaire contre laquelle il n'y a pas grand-chose à faire mais sont, ou peuvent être la responsabilité de personnes concrètes, avec des noms, et qui peuvent donc être criminalisées et pénalement responsables pour ceci.- Oui, c'est le résultat d'une politique qui a été mise en place d'une manière consciente et très cynique; et pour le dire simplement dont l'objectif était de faire mourir des gens. pour dissuader les autres de tenter la traversée.

Et donc nous allons simplement appliquer les critères juridiques très stricts des statuts de Rome qui est le texte fondateur qui a a amené à la création de la cour pénale internationale de La Haye; pour simplement chercher la responsabilité pénale des dirigeants de l'Union Européenne. Parce ce que ce qu'ils ont fait sont des crimes contre l'humanité. Et simplement quand vous causez volontairement la mort non pas de une ou deux mais de plus de 14 mille personnes; et cela dans un simple but politique, pour essayer de satisfaire des pulsions....

Et ce sujet est en connexion direct avec celui que nous évoquions il y a un moment, qui est que depuis la crise de 2008, nous n'avons vu aucune responsabilité pénale des politiciens qui ont provoqué cette crise, des banquiers, et du monde économique et financier être recherchée. Nous sommes dans une situation dans laquelle les gens les plus favorisés, non pas de notre société, sinon que de la société au sens général dans le monde, ont fini par être encore plus favorisés après la crise alors que la plupart des gens ont terminé beaucoup plus pauvres. Évidemment en comptant sur le fait que dans ce type de situation dans laquelle ni médiatiquement ni politiquement une intermédiation qui nous ne permet pas de dire ces choses, qui ne nous nous permet même pas de chercher des responsabilités pour les personnes qui ont vraiment beaucoup souffert, ce laisse les personnes avec une lourde blessure.

Parce qu'ils souffrent d'une violence qui n'est même pas explicitée. Personne n'est là pour leur dire qu'il les défend, personne pour dire qu'ils ne sont pas responsables de cette violence dont ils souffrent encore, qu'ils doivent chercher qui qui a provoqué cette violence, pour faire les faire payer, etc. Et nous avons comme résultat la création de boucs-émissaires, comme les réfugiés, des gens encore plus faibles et nous nous voyons dire: " regardez, ce sont ces gens qui essaient de vous prendre votre pain, et c'est donc contre eux que vous devez transférer votre rage, votre frustration et ces plaies desquelles nous venons de parler ." Et c'est un jeu auquel les politiciens aiment beaucoup jouer, en permanence.

Et nous pouvons voir qu'à chaque fois qu'il y a une crise politique, la meilleure façon d'échapper à la responsabilité est de dire "regardez, c'est la personne d'avant qui est responsable, ce n'est pas moi." et c'est la faute des noirs, des réfugiés, des ...

Et ce que nous faisons c'est simplement de montrer à ces hommes politiques qu'ils peuvent jouer à ce jeu, mais s'ils jouent à ce jeu ils ont une responsabilité potentiellement pénale. - Une responsabilité qui à trait aux décisions... - Oui parce que ce sont des décisions qui ont été prises de manière à satisfaire les personnes après les avoir fait entrer en panique, et leur faire croire que leurs difficultés étaient liées aux réfugiés tout simplement.

Et donc nous nous disons. Electoralement, nous ne pouvons rien faire. Ils vont toujours gagner.

Il vont toujours tromper, ils vont toujours nous tromper en disant que la faute est de la personne qui est différente, il y aura toujours une personne plus faible sur qui jeter la faute, de toutes façons ils vont nous tromper à un moment donné, mais que le risque qu'ils encourent en faisant cela, sera de finir en prison de fait. Parce qu'en faisant cela non seulement ils augmentent le niveau de racisme, etc mais plus simplement ils font mourir des gens. - Comment on fait pour le prouver? - On peut le prouver par une enquête, que nous avons fait pendant deux ans, un peu plus de deux ans, avec Omer Shatz avec un document final de 250 pages qui sont le résultat d'analyses de toutes les déclarations publiques, déclarations publiques mais aussi de documents produits par l'Union Européenne, par des pays comme la France l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne dans lesquels il est démontré qu'ils avaient conscience, à tout moment, que les politiques qu'ils allaient adopter entraîneraient ces conséquences mortelles. - Oui parce que la Commissaire Européenne a estimé qu'il y avait eu des erreurs- Oui, et ce fut une réponse très intéressante à nos accusations de la part de la Commission Européenne, immédiatement, dans les trois heures.

Nous avons eu des réponses de tous les gouvernements. Ce qui est intéressant parce que nous ne sommes personne, je veux dire que nous sommes seulement deux avocats, et donc théoriquement ils pouvaient ne pas répondre. Mais il était donc évident que nous avions raison qu'ils ont paniqué.

Et donc nous avons eu une réponse de la Commission Européenne qui admettait qu'il y avait eu des erreurs Ce qui est très intéressant, parce que si vous voulez tuer votre femme, ou votre mari, et que vous allez à la police et dîtes " je viens de tuer mon mari, ou ma femme mais je n'avais aucune intention de le ou la tuer, c'est juste parce que..." Et bien la police ne vous laisse pas partir: la police vous met en détention et se met à enquêter pour savoir si c'était intentionnel ou non.

Alors comment est-il possible que nous ayons des dirigeants de l'Union européenne qui admettent avoir participé à la mort plus de 14 000 personnes, mais qui disent qu'ils n'avaient pas l'intention de provoquer la mort. Que c'était une erreur, des erreurs, et que personne n'est arrêté, personne n'enquête pour vérifier. C'est quelque chose de très fort pour moi de me retrouver dans cette situation incroyable en termes de mortalité, de gravité, et qu'il n'y ait aucune investigation, aucune investigation judiciaire pour l'instant mais nous pensons que dans les années à venir il y aura, probablement, des personnes qui seront arrêtées pour avoir mené une politique criminelle et les échos que nous avons aujourd'hui... notre document a été débattu dans les parlements espagnols, anglais, italiens, nous avons été invités au Bundestag, en Allemagne et les échos que nous recevons sont simplement qu'il y a de la peur à Bruxelles, parce que nous avons révélé quelque chose dont ils espéraient simplement qu'il resterait caché. - Juan, je vais revenir quelques pas en arrière sur la question des boucs émissaires, et sur ces dirigeants qui essaient de se protéger électoralement en évitant de prendre certaines décisions ou en prenant d'autres décisions qui peuvent avoir des implications sur la vie de ceux qui essaient de traverser la Méditerranée.- La vérité est qu'il semble effectivement y avoir un lien entre par exemple la croissance de l'extrême-droite, surtout dans l'Est de l'Allemagne qui a grandi et qui est très soutenue par ce sentiment anti-immigration contre les politiques sociales que le gouvernement allemand a applique aux demandeurs d'asile; et ce que j'aimerais dire c'est que ces raisons qui amènent à cette hausse, même si elles s'avèrent fausses ou piègeuses, dans tous les cas la croissance de l'extrême droite est réelle parce qu'elle est basée sur ce sentiment - Oui, parce que ça ne coûte rien, si vous êtes quelqu'un sans principes quelqu'un qui décide d'être cynique, c'est la manière la plus simple pour arriver au pouvoir que de travailler le ressentiment des gens, de le nourrir de façon à ce qu'à travers cette détestation, vous soyez perçu comme une personne qui va d'un seul coup protéger les citoyens de la menace extérieure que vous avez inventé.

Et donc à partir de là, nous accroissons simplement le coût politique pour qui joue avec ça. C'est-à-dire que vous allez peut être élu en faisant cela, mais peut-être que vous allez aller en prison. Vous pouvez jouer, vous pouvez créer ce fantasme de, en français cela s'appelle "Le Grand Remplacement" (au fait de dire que les populations blanches, les populations européennes blanches, seront remplacées par les gens qui viennent de l'Afrique dans un plan qui serait élaboré par de grands capitalistes, etc.).

Cette théorie a un large public en France par exemple. Et nous sommes là pour leur dire que s'ils veulent jouer avec ça s'ils veulent manipuler les gens il peuvent le faire, mais que les conséquences qui sont terribles en termes d'êtres humains, se paieront à un moment, en l'occurence devant cette institution qui a été crée, qui est la cour pénale internationale, qui fut crée justement pour lutter contre les hommes politiques qui font de la violence politique une manière d'arriver au pouvoir. - C'est ce dont nous allons parler dans cette conversation qui est aussi à un moment particulier.

Il y a une semaine exactement nous marquions le 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin, nous étions presque en train de voir simultanément les élections en Espagne où justement l'extrême droite représentée par VOX est maintenant la troisième force, et le nombre de votes de cette force politique a doublé, même plus que doublé en quelques mois. les votes et donc aussi le nombre de représentants élus au parlement. L'Espagne est aussi ton pays.

Quelle est ta lecture, votre lecture, de ce qui se passe en Espagne?- Tout simplement, d'une certaine manière, je comprends parfaitement ce qui se passe,nous sommes confrontés à des gouvernements progressistes, et certaines forces progressistes, qui se comportent honteusement. Par exemple, le fait que Podemos et le PSOE, qui ont obtenu un accord du gouvernement 24 heures après les élections - alors qu'il y a quelques mois ils ne cessaient de clâmer que « ce n'était pas été possible » oui, - c'est ce qu'eux même ont dit! - alors que les circonstances étaient les mêmes qu'avant les élections.

C'est une démonstration qu'ils sont en train de jouer avec la population, et même qu'ils ils se comportent avec la population d'une manière complètement indigne, et cela provoque une grande frustration. Et quand vous combinez cela avec l'absence de résultats économiques et politiques tangibles pour la population parce qu'ils ne sont pas protégés, qu'ils se sentent sans défense; alors évidemment il vont chercher chercher naturellement une force politique qui va leur promettre une protection qui va leur promettre une forme de ré-institutionnalisation et cette force politique aujourd'hui leur apparaît comme étant celle d'extrême droite et nous devrions, si nous voulons comprendre ce phénomène et ne pas seulement rester dans un jugement moral contre ces forces politiques, ce qui n'apporte rien. Nous devons comprendre pourquoi ils ont autant de force aujourd'hui, ce qui apparait très facilement compréhensible.

La question à partit de là c'est : comment proposer une alternative qui n'implique pas de faire souffrir les plus fragiles, ni de retourner à des politiques conservatrices en termes de genre, etc. Et cela passe tout simplement, par d'abord : admettre les erreurs et reconstruire des alternatives qui soient plus proches des besoins des gens, alors donc probablement beaucoup plus radicales en termes de programmes économiques et aussi discursifs face aux élites politiques et économiques de nos pays. Un événement comme le nôtre aujourd'hui, l'événement du festival, son idée est de partager les expériences des personnes qui ont combattu dans ces domaines et comment ils ont réussi à construire cette alternative.

Nous sommes face à un danger existentiel très important et je pense que cela explique une partie de cette montée de l'extrême droite, nous avons une société qui a l'impression qu'elle se décompose, qu'il n'y a pas d'avenir. Donc nous avons ces forces qui cherchent mais font des propositions rétrogrades et nostalgiques, c'est leur façon de promettre un avenir différent; mais je pense que pour faire cela, nous devons travailler davantage qu'aujourd'hui. Il y a aussi ce problème à gauche a de penser qu'il est suffisant de donner l'impression d'avoir raison d'un point de vue moral.

Et que ce simple fait, d'avoir raison moralement sera suffisant pour gagner des élections. Mais ce n'est pas vrai, on doit travailler beaucoup plus pour proposer. Une idée ce n'est pas seulement rester dans un domaine moral, mais - dessous exactement - et accepter le fait que ce n'est pas seulement une question de bons sentiments, il y a des personnes qui souffrent dans leur vie quotidienne d'une manière extrême et qui ne peuvent pas juste se satisfaire, oui, d'avoir raison en plus d'avoir raison, il y a vraiment besoin de changement et d'un changement rapide.

Et peut-être par exemple, le projet européen est un peut être bon projet moralement mais qui bloque aujourd'hui certains changements qui sont nécessaires dans notre société et que nous sommes incapables de mener à bien dans le système actuel. Et donc des forces d'extrême droite, comme celles que nous sommes entrain de voir naître, proposent une alternative peut être simpliste, celle de sortir de l'Union Européenne par exemple, ce qui donne une force à son discours politique parce que cela donne l'impression qu'elle peut produire des solutions immédiates. -Juan, je suis curieuse de savoir où, sur l'échelle politique traditionnelle qui va de gauche à droite, où te définis-tu toi-même ?

Il y en a qui te considèrent à l'extrême gauche, c'est ce que tu ressens aussi? Ou tu n'utilises pas cette échelle? - Il difficile pour moi de répondre à cette question parce que j'ai toujours été impliqué dans des luttes qui sont considérées de gauche et je vois aussi très bien les limites de ces luttes de nos jours.

Et je vois comment des sociétés ont été détruites parce qu'elles se sont ouvertes à... oui, il y a une innocence de la gauche dans son rapport au libéralisme, au sens large du terme, qui fait qu'aujourd'hui il est difficile pour moi de m'identifier purement et simplement à ce qualificatif.

Je vois la force qu'ont des sociétés comme l'Espagne ou le Portugal, la protection que leur procure leurs traditions, leurs structures familiales par exemple, parce qu'elles n'ont pas été modernisées complètement comme ce fut le cas dans des pays comme la France, et qui font que ces sociétés ont eu une forte résilience par rapport, par exemple, à la crise de 2008 et qui malgré des conséquences économiques désastreuses ont réussi à survivre. Alors qu'en France par exemple, beaucoup de gens sont morts d'avoir été seuls. Parce que la relation sociale en France est beaucoup plus faible.

Je veux dire autant au niveau du noyau familial, mais aussi au niveau du noyau social que l'on peut trouver par exemple dans le Sud de l'Espagne où je suis né, dans les petites villes espagnoles; en France ils n'existent plus dans l'absolu, ils ont été complètement dévastées par l'amour de la modernisation de ces 30 dernières années, par l'ouverture économique et la mondialisation. Et je vois donc la valeur des traditions que parfois la gauche - regarde de haut - oui, méprise trop facilement. Et donc je ne saurais pas répondre. - oui, il y a peu vous avez parlé de journalisme et des lacunes du journalisme, j'aimerais vraiment que nous parlions clairement de votre relation avec WikiLeaks et avec Julian Assange pour lequel Juan Branco, merci beaucoup, est notre invité aujourd'hui.

Il est l'un des avocats qui travaille en étroite collaboration avec Julian Assange le journaliste fondateur de WikiLeaks et qui était en exil il y a encore quelques mois à l'ambassade de l'Équateur à Londres et qui est maintenant emprisonné au Royaume-Uni après avoir été arrêté par le autorités britanniques. Le futur de Julian Assange est inconnu, qu'est ce qui pourrait lui arriver? - Théoriquement il va être extradé. nous allons combattre, ce qui est une évidence politique, avec les armes du droit parce que les États-Unis veulent envoyer un message en le détruisant, tout simplement dans un processus de vindication pure ; et quand les États-Unis veulent quelque chose, il est très difficile de leur résister.

Nous allons donc essayer en mettant toute la force que nous avons d'un point de vue juridique, mais je sais qu'il sera très difficile sans un appui important de la société. Et oui vous avez raison lorsque vous connectez ma critique journalistique avec ce que j'ai vécu avec Julian Assange et WikiLeaks, parce que j'ai travaillé avec un homme qui depuis des années et des années a été décrit comme un violeur, sans même le début d'une preuve, simplement parce qu'il y avait un procureur suédois qui avait ouvert une enquête contre contre la volonté des personnes qui étaient supposées être les victimes. Et cette parole officielle fut suffisante dans une situation d'hystérie médiatique, et évidemment aussi avec l'énorme pouvoir politique qu'est celui des États-Unis qui essayaient de nourrir cette hystérie pour générer des milliers et des milliers d'articles pendant six ans sur l'affaire, sans qu'à aucun moment l'un des auteurs de ces articles ou émissions de radio et de télévision, etc., n'ait fait l'enquête nécessaire pour savoir si c'était vrai ou non; ou dans quelle mesure c'était la vérité ou non.

Tout était seulement une répétition de la parole, qui initialement était celle d'un procureur suédois et d'un avocat qui cherchaient une influence politique et que parler d'Assange le lui permettaient et qui essayaien t simplement de se montrer qu'ils étaient favorables aux États-Unis, qui essayait d'obtenir leur soutien. Et j'ai vu une personne, et même plus encore qu'une personne, une cause comme l'est WikiLeaks, être presque détruite par ce processus d'incapacité des médias à se distancier de l'urgence; et du bruit médiatique qui en attirant l'attention produit de l'argent, le tout grâce à la violence ainsi générée. L'incapacité, également, quand on se retrouve face à un appareil de pouvoir aussi puissant que l'est celui des États-Unis, à faire entendre une voix alternative.

Ce fut très difficile pour nous de nous défendre. Les procédures en Suède finalement furent retirées, Julian Assange n'a formellement jamais été accusé de rien, mais il y a toujours des gens qui posent des questions sur ce sujet; alors qu'il est évident que tout était évidemment en relation avec son travail de révélation, tout avait à voir avec sa dénonciation des crimes de guerre et contre l'humanité commis par les États-Unis en Irak et en Afghanistan. Et donc à partir de cette violence immédiate, mais il y a aussi eu mille et milles accusations du même type, j'ai même vu cet homme être accusé d'antisémitisme, ou qu'il avait une fascination pour la violence; je ne pourrais même pas toutes les mentionner étant donné que tous les six mois il y avait un journaliste, l et aucun de ces journalistes ne prenait suffisamment de distance pour se dire, pour constater qu'ils étaient face à quelqu'un dans une position de grande vulnérabilité et qui avait fait quelque chose de si radical qu'il était évidemment qu'il étaient exposé à des manipulations de toutes sortes, à des accusations de toutes sortes; parce que le seul objectif des éEtats comme les États-Unis est d'évidence de détruire le plus rapidement possible tout ce qui peut menacer leur pouvoir.

Ce que nous devons faire un travail de contention de l'information et non pas ramasser n'importe quelle information qui sort d'on ne sait où et la transmettre tout de suite au monde entier. Parce que le résultat fut que les gens ont commencé à devenir sceptiques par rapport à cette personne et à se demander si c'était quelqu'un à qui faire confiance; alors qu'il suffisait juste de regarder le travail qu'il avait fait, qui était parfaitement vérifié, et qui prouvait sans le moindre doute son honnêteté. Et donc cette violence vécue en dedans fut extrêmement difficile à supporter et m'a amené à avoir une réflexion sur le fonctionnement du système médiatique actuel et ses lacunes. - Comment êtes-vous rentré en contact avec Julian Assange et WikiLeaks, ce qui vous a amené à faire partie de ce groupe d'avocats qui travaille avec lui? - Je luttais depuis très jeune contre un dispositif de protection de droit d'auteur, qui s'appellait Hadopi, en France, et qui avait pour objectif de couper la connexion Internet à plus ou moins 100 à 200 mille personnes chaque année pour avoir utiliser un logiciel de "peer to peer" pour partager de la musique, des vidéos et des films, etc. - du piratage - piratage, et donc ils voulaient couper la connexion Internet et pour que la personne soit empêchée de partager ces informations.

Donc j'étais très jeune et nous avions commencé à concevoir une alternative légale appelée" Licence Globale" qui ferait payer à chaque citoyen connecté à internet un participation volontaire entre 1 et 5 euros et avec ça financer la création culturelle et en même temps dépénaliser le partage des objets culturels parce que nous considérons que dans une optique d'une amélioration de la société en général, il est important de protéger les artistes et les créateurs et il est également important de favoriser le partage de la culture. Nous considérons que le "peer to peer" était la meilleure façon de permettre aux personnes qui n'avaient pas nécessairement un accès à l'école, qui n'avait pas nécessairement accès à l'université, à une éducation artistique, d'accéder à d'immenses bibliothèques et catalogues de créations qui sinon, sans ces moyens, sont plus difficiles à trouver. Et le monde des gens qui défendent les libertés sur Internet est un monde très petit, et j'y ai rencontré une personne qui m'a dit à ce moment-là qu'Edward Snowden avait besoin d'aide, (à ce moment-là je faisais mon doctorat en droit international et j'allais enseigner à l'Université de Yale aux États-Unis.) et que c'était Julian Assange qui organisait la défense d'Edward Snowden, et que donc nous devions aller voir Julian Assange pour travailler avec Snowden.

Je suis donc allé là-bas, à l'ambassade de l'Équateur à Londres et nous avons parlé pendant quelques heures et à la fin me dit " dis-donc Snowden a un pays en entier pour lui tout seul, et moi seulement 20 mètres carrés; donc il serait peut-être plus judicieux que tu travailles avec moi et que tu fasses partie de mon équipe" et donc j'ai commencé à travailler avec lui, nous étions en 2014. Ce qui est le plus intéressant le plus drôle c'est que la CIA, là-bas, à l'université de Yale qui est la concurrente historique d'Harvard, Yale est considérée comme le temple de la CIA et que c'est là que sont recrutés traditionnellement les grands dirigeants des services secrets des États-Unis. J'ai donc commencé à travailler avec WikiLeaks au milieu du système de sécurité américain et par chance, nous ne nous sommes pas fait prendre à ce moment-là.

Nous avons aussi au Portugal un lanceur d'alerte du nom de Rui Pinto, ce pirate informatique qui en prison depuis quelques mois pour avoir révélé des affaires de corruption dans le football et qui ont provoqué beaucoup de répercussions. Et simplement, même si j'imagine quelle votre position sur l'affaire Rui Pinto, mais ce que j'aimerai savoir c'est qui se passe: c'est que les lois sont injustes? et nous devons changer de modèle ou il s'agit de notre interprétation ??- La loi et la volonté politique.

C'est honteux que Rui Pinto soit aujourd'hui en Prison, c'est-à -dire que cette personne a révélé des éléments véritables sur un des mondes qui est l'un des plus corrompu comme l'est celui du football, qui a aidé les citoyens à mieux comprendre comment cela fonctionnait, quelle était la réalité de cet espace. J'aurais pu comprendre qu'une action civile soit intentée contre cette personne mais qu'il ait été envoyé en prison et intenter une action pénale contre cette personne ait été enclenchée est une honte pour le système judiciaire portugais et pour les personnes qui s'en sont rendus complices, et derrière des dirigeants politiques qui ne font rien pour se mobiliser. Au delà, les conditions de détention de cette personne sont particulièrement honteuses.

Savez-vous qu'ils lui ont enlevé son journal intime qu'il avait en prison pour essayer de l'utiliser pour l'inclure dans les procédures contre lui ? Ceci est ce qui caractérise un Etat totalitaire. Ne pas laisser un espace intime à quelqu'un qui est déjà en prison, isolé...

Franchement, les personnes qui ont fait cela devraient ressentir beaucoup de honte. - Juan, on sait que vous avez une dent contre Macron, comme le dit le titre de votre ouvrage ; pensez-vous que Macron ait une dent contre vous ? - Ils ont essayé de me mettre en prison, mine de rien : la porte-parole du gouvernement, Aurore Berger, a porté plainte contre moi auprès du Procureur de la République Française, pour... la phrase était en français, avoir "armer les esprits" ce que, de toute évidence, ils n'ont pas supporté.

Parce que j'ai été au cœur des institutions qui ont aidé cette personne, parce que j'ai été très proche des oligarques très proches qui ont aidé à financer et lancé la campagne d'Emmanuel Macron (au travers du contrôle de l'espace médiatique). Il faut vous rappeler qu'en France, 90% de la presse écrite, 45% des radios et télévisions en termes d'audience appartiennent à neuf personnes. Ces neufs personnes sont des gens qui travaillent ensemble, qui sont très proches les unes des autres, et qui ont coopté Emmanuel Macron tout comme ils ont essayé de me coopter.

Et donc pour eux ce fut très violent que quelqu'un, si proche de ce système sorte brutalement de ce système et dénonce toutes ces compromissions et la façon dont fonctionne ce système de l'intérieur tout simplement. Et à cela s'ajoutent des choses plus stupides et plus futiles encore, comme le fait que j'ai réussi à entrer dans l'école dans laquelle il a essayer d'entrer par trois fois sans succès et, en France, ce sont des choses qui sont très déterminantes parce que c'est sur ces éléments que se construisent la légitimité pour faire partie de l'espace public. Emmanuel Macron n'a réussi à justifier son ascension dans cet espace médiatique et politique français, une ascension qui a été très rapide, en moins de six mois, où il est passé de n'être personne à, d'un seul coup, devenir ministre, puis président, par le seul fait d'avoir été formé par ces grandes écoles, ces grandes universités françaises.

Et donc quand j'arrive avec un curriculum d'un niveau encore plus prestigieux que le sien, en disant qu'il n'est ni intelligent, ni brillant, et que j'explique comment les choses fonctionnent et que cela n'a rien à voir avec un talent inné qu'il aurait eu, mais au contraire que cela relève d'une manipulation absolument incroyable : alors il est évident que ce fut très violent pour eux. Mais pour l'instant... - ... tout va bien.

Juan, à tout ceux qui ont suivi notre conversation jusqu'à présent et qui ont écouté tout ce dont nous avons parlé et durant le temps de notre conversation leur est née la curiosité d'en savoir davantage sur votre histoire, sur ce qui vous a amené à ce cours des choses très singulières pour le moins qu'on puisse dire...

Vous êtes né en Espagne? - Oui. - à Malaga? - En Andalousie, oui. - Votre père est le producteur de films, Paulo Branco, qui dirige le Festival de Cinéma "Lisboa Sintra Film Festival" dont nous avons déjà un peu parlé à propos du colloque que vous allez organiser pour ce festival.

Vous êtes né à Malaga et après combien de temps êtes-vous allez vivre en France? - Mes parents se sont rencontrés à Paris - votre maman est espagnole? - Ma mère est espagnole et ils avait tous deux fuis les dictatures de Salazar (Portugal) et de Franco (Espagne); mon père était passé par Londres et avait commencé à travailler dans le cinéma à Paris et ma mère était psychanalyste et ils se sont rencontrés lors de la projection du film qu'avait produit Paulo, mon père, qui était un film qui durait 8 heures - cela donne du temps pour..., ma mère a essayé de sortir au bout de 4 heures, et mon père qui était dehors l'a interceptée et c'est alors qu'ils sont tombés amoureux.

J'ai donc grandi principalement en France, avec une moitié de la famille au Portugal, et une moitié de la famille en Espagne ; des familles qui sont normales, plutôt modestes, qui n'ont rien d'exceptionnel. Mes parents ont construit un parcours de vie très singulier à Paris qui a fait que j'ai été au contact de ces deux réalités en même temps, un réalité très élitiste et très excentrique à Paris et un retour complet à la réalité quand je revenais au Portugal ou en Espagne pour être avec ma famille. Et je pense que cette connexion et le fait d'être différent, de vivre en étranger, en France aussi, ma langue maternelle est l'espagnol et dans ma famille nous parlions espagnol, il n'y avait pas de relation à la France qui soit autre que fantasmée : quand mes parents sont venus en France il y sont allés avec la fantasmagorie de la Liberté, de la grandeur culturelle que représentait la France à cette époque.

Et ils ont créé une exigence très forte avec la France, simplement. Une exigence très forte par rapport au système politico-culturel français à partir de cela, de cette fantasmagorie "flamboyante" entre-guillemets. Et donc je pense que ce fut la raison principale qui m'a amené à construire ce parcours. - Vous êtes plus espagnol que français? - Non, non je ne pense pas, je pense que structurellement je suis français mais mes racines sont entre l'Espagne et le Portugal, ce qui donne un mélange un peu étrange que je ne saurai pas bien comment expliquer. - Il n'y a pas de réponse toute faite pas vrai?

Quand vous nous disiez que votre famille en réalité était une famille très normale, mais la tienne, je vais employer votre propre mot, a été "exceptionnelle"; toutes ces personnes exceptionnelles, j'imagine que c'est un environnement qui a du être pour vous très stimulant, de grandir avec ou en ayant accès à des personnes que la plupart des gens ne connaissent qu'à travers des films, des livres, d'univers qui ne sont jamais à notre portée. Comment avez-vous vécu cette exposition? Comment est-ce de grandir dans ce milieu entouré de telles personnes? et qu'est-ce que vous avez appris ? - Ce fut surtout une grande exigence.

Cela demande une grande exigence parce que vous ne pouvez pas parler pour ne rien dire, quand on est face à de personnes qui sont des prix Nobel, ​de grands artistes, de grands créateurs, de grands penseurs ; on doit avoir conscience très rapidement du faut que leur parcours de vie, que ce sont des personnes qui se sont construites à base d'effort et d'une grande exigence envers eux-mêmes; et que donc si vous voulez être en mesure d'interagir avec eux, vous devez travailler beaucoup. Et l'autre aspect c'est tout simplement que cela a donné à la famille un sentiment de modestie très grand face à ces personnes. Je veux dire que mon père vient de Montijo, et ma mère vient d'un village andalou espagnol dans lequel il n'y avait pas l'eau courante quand elle est née ; et que donc nous n'avons jamais été fascinés par toutes ces personnes.

Je veux dire que la base a toujours été de considérer avec le même respect une personne qui qui n'a pas eu l'occasion de faire les choses qu'elles auraient voulu avoir faites et celui qui aura eu un parcours qui sera considéré comme exceptionnel Ensuite je pense que oui, il y a l'idée de mériter tout ce qui se fait mériter le privilège que j'ai eu d'avoir accès à ces mondes et non pas de me transformer en "fils de telle personne" Par exemple je ne suis jamais entré dans le monde du cinéma, par peur d'avoir un privilège auquel je n'avais aucun droit ; et il était important pour moi de me construire une légitimité propre avant de m'incorporer d'une manière ou d'une autre dans cet espace. - Vous aimeriez faire faire partie du monde du cinéma, vous y pensez parfois ? - Peut-être dans le futur, je ne sais pas; ce que je veux dire c'est que j'ai vu tellement de gens profiter de l’appartenance à la position sociale qui leur avait été donnée pour naturellement s'y installer et ne rien faire d'exceptionnel, et j'ai aussi vu beaucoup de gens être frustrée de ne pas pouvoir accéder à ces espaces alors qu'ils avaient parfaitement la capacité d'en faire partie; parce qu'ils s'y voyaient refuser l'accès parce qu'ils n'avaient pas les bonnes origines, n'avaient pas les facilités que possèdent les gens les plus favorisées avaient... que je ne supporte pas l'idée d'accaparer une position qui retirerait à d'autres la possibilité d'exercer.

À moins d'être très sûr de mériter d'une forme ou d'une autre cet accès on ne prend pas une place qui n'est pas légitime. - Une autre question que nous voulions aborder : qu'est-ce qui vous motive à faire les choses? Parce que vous vous dédiez à ces causes multiples dont nous parlions qui sont plus qu'une option professionnelle qu'une personne choisit.

Parce qu'il semblerait y avoir une force une volonté que vous allez au-delà de cela, à la paire d'un parcours professionnel que vous avez construit en tant qu'avocat en l'occurence. Qu'est-ce qui vous motive dans ce cas à faire toutes les choses que vous faîtes? - C'est simplement dû au fait que je crois vraiment, oui, avoir hérité la liberté de mouvement dans le parcours familial et cette confrontation avec de perspectives est très originale, et je pense avoir eu une chance incroyable et donc je ne veux pas... et, oui, aussi, que je sais que les espaces auxquels j'ai eu accès sont le fruit de nombreux sacrifices, de manière générale, de gens qui ont sacrifié beaucoup pour construire ces espaces, et de manière générale les systèmes politiques dans lesquels nous sommes aujourd'hui sont le fruit de d'immenses sacrifices de gens qui ont lutté pour les libertés, pour les droits sociaux et les seules personnes que j'admire et respecte sont que des personnes qui à un moment ou à un autre ont sacrifié une partie de leur confort pour essayer de lutter pour quelque chose qui resterait pour d'autres plus tard.

Et je pense que c'est le seul moyen quand quelqu'un vient d'un milieu social comme le mien, de vivre d'une manière digne, et puis, oui, simplement agir en accord avec son éthique; on n'arrive jamais à une perfection éthique, mais on peut essayer de s'en rapprocher le plus possible et simplement essayer de construire des espaces pour que d'autres personnes vivent mieux demain, et faire en sorte qu'ils veuillent le faire, et, oui, créer de la beauté dans le monde, ce qui est je pense, la chose la plus importante. - Stimuler comme objectif. Vous avez 30 ans, disons d'ici 10 ou 15 ans à partir de maintenant, où est ce que vous aimeriez vous voir, ce serait votre ambition ? - Non, je ne sais pas, je pense que j'aurais dû mourir il y a trois ans, donc non.

L'idéal est de toujours faire moins... - le moins possible - Non, non, de faire, de créer le moins de violence possible dans le monde et de vivre en adéquation avec ce que je pense est maintenant ma priorité.

Parce que je me retrouve, je suis entrain de me retrouveren possibilité d'arriver une position de pouvoir que je le veuille ou non, et le risque qu'à un moment ça se transforme en une force destructrice, et c'est quelque chose de très difficile à contrôler alors j'essaie de m'assurer que mes défauts ne produisent pas d'effets négatifs dans le monde, c'est ma priorité. - Juan merci beaucoup d'être venu sur Antenne 3. Juan Branco fut l'invité de l'émission " La Raison d'Être" de ce samedi; le point de départ de notre conversation était le colloque "Résistances Internationales" duquel Juan Branco est l'organisateur, colloque qui continue encore jusqu'à demain ; aujourd'hui et demain, au sein du "Festival du Film de Lisbonne et Sintra" Festival du film qui continue ensuite une semaine encore; " La Raison d'Être" est déjà disponible en podcast, où vous avez toujours la possibilité de l'écouter à nouveau; et vous pouvez également nous suivre sur RTP Play.

Rester avec nous pour "le coyote" de Pedro Costa; bon après-midi et bon week-end. "Raison d'Être" avec Mariana Oliveira