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speechyoutube.com· 2 juillet 2021 19 min

Discours de Xavier BERTRAND, élu Président de la région HAUTS-DE-FRANCE le 2 juillet 2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Locuteur non identifié

Monsieur Xavier Bertrand, ayant obtenu la majorité absolue requise, est déclaré élu président du Conseil Régional. A l'article L4133-5 du Code Général des Collectivités.

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Xavier Bertrand

Mesdames et Messieurs les conseillers régionaux, chers collègues, également mesdames et messieurs qui suivaient cette séance d'installation du Conseil Régional des Hauts de France. Je vous remercie du fond du cœur pour ce vote, comme je vous remercie du fond du cœur celles et ceux qui, dimanche dernier, nous ont accordé leur confiance. Vous symbolisez, toutes et tous, l'attachement à notre belle région des Hauts de France, et ce résultat est pour mon équipe et moi-même la reconnaissance du travail qui a été accompli, même si encore beaucoup, beaucoup reste à faire.

Cela montre aussi certainement qu'au final, la confiance qui avait été placée dans notre équipe, voilà un peu plus de cinq années, avait été justement placée et que nous avons eu toujours à cœur d'être à la hauteur de cette confiance. A tous, ce résultat nous impose plus de devoirs qu'ils ne nous créent de droits, le devoir de servir nos concitoyens, où qu'ils habitent, quelle que soit leur situation, le devoir de se battre pour les Hauts de France. A tous, le résultat, dimanche dernier, doit aussi nous interpeller quand plus de 2,8 millions de nos concitoyens ont refusé de se rendre aux urnes, et pas seulement par des intérêts. Cette abstention a un caractère éminemment politique.

Le silence des abstentionnistes est assourdissant pour un peuple français qui est l'un des plus politiques au monde. Ce silence, c'est le cri du « mais à quoi ça sert encore, la politique ? » Comment la politique, comment les politiques m'aident dans mon quotidien pour dessiner l'avenir de mes enfants ?

Ce message, je l'ai entendu encore lundi matin, très tôt, auprès de salariés, beaucoup de femmes, dans le Saint-Quantinois, qui avaient commencé leur journée à 6 heures, quand les équipes de l'après-midi finiraient à 20 heures, et qui me disaient « mais moi, mon quotidien, c'est à la fois mon niveau de vie, mon pouvoir d'achat, mais c'est aussi la question de la garde de mes enfants quand je commence à 6 heures, ou que je rentre tard le soir.

» Nous le savons, des résultats encore et encore sont à apporter pour qu'on se dise que dans la vie, on n'est pas seul quand on a besoin de rebondir, quand dans la vie, on n'est pas seul pour pouvoir s'en sortir, et que dans la vie, on n'est pas seul pour garantir l'avenir de ses enfants. Ici, dans cette région des Hauts-de-France, où l'on connaît le prix de l'effort, du travail et du redressement, notre combat depuis 2016, c'est le respect du travail et de la dignité qu'il apporte. Nous irons plus loin encore.

Les aides que nous avons apportées, les aides directes, l'aide au transport, l'aide à la garde d'enfants, les aides pour celles et ceux qui ont travaillé sur place physiquement, bien souvent sans masque au début, au moment du Covid, toutes ces aides-là ont fait rentrer la région des Hauts-de-France, chez les gens des Hauts-de-France. Plus que jamais, je crois que la politique a à la fois un devoir et une possibilité de rendre la vie moins difficile, la vie un peu meilleure.

Se battre pour les habitants des Hauts-de-France, c'est se battre pour chacune et chacun, c'est-à-dire pour ceux qui ont voté pour cette majorité, comme pour ceux qui ont voté pour les oppositions, et aussi pour ceux qui n'ont pas voulu prendre part au vote. J'ai conscience d'être le président de tous les habitants des Hauts-de-France, qu'ils aillent bien ou qu'ils aillent moins bien. Se battre pour les habitants des Hauts-de-France, c'est se battre pour leur pouvoir d'achat. Et je l'ai indiqué, nous prendrons de nouvelles mesures pour le pouvoir d'achat, pour lutter contre l'isolement, pour favoriser les mobilités, si indispensables dans une région comme la nôtre.

L'aide au permis de conduire sera votée lors de la prochaine session du Conseil Régional en juillet. Et nous mettrons en place très vite également les aides à la mutuelle et à la complémentaire santé, comme nous nous étions engagés. Le premier des combats que nous continuerons à mener avec encore plus de détermination sera celui de l'emploi et du travail. Les politiques ne créent pas les emplois, ce sont les entrepreneurs. Mais notre rôle, c'est de créer cet écosystème favorable aux entreprises, qu'elles aient un problème ou qu'elles aient un projet. Comme depuis 2016, nous serons à leur côté.

Et un des défis importants à relever sera celui d'accompagner et d'anticiper les transformations et les transitions dans nos entreprises à un moment clé. Après le plan de soutien et de relance que nous avons adopté en juillet dernier, nous vous proposerons très rapidement, à la rentrée, un acte 2. Cet acte 2, nous le construirons dès cet été, avec toutes les forces économiques de notre région, les entrepreneurs comme les représentants des salariés. Cet acte 2 sera aussi co-construit avec le monde universitaire et de la recherche, l'une des grandes forces de notre région.

Cet axe 2 reposera aussi les questions de financement de nos entreprises, quelle que soit leur taille, face au mur de la dette née de la crise Covid. Cet acte 2 devra aussi permettre d'accompagner encore plus le besoin de main-d'oeuvre des entreprises sur les secteurs en tension. Et je le dis clairement, nous allons renforcer Proche-Emploi et son assise territoriale, comme l'avait initié Pierre de Saint-Ignon. Permettez-moi de saluer ici l'engagement des agents régionaux et des acteurs de ces plateformes qui ont été régulièrement dénigrées et qui ont toujours fait de leur mieux pour trouver des solutions à celles et ceux qui sont venus les voir.

Si nous devons nous battre pour attirer toujours plus d'entreprises, nous nous battrons avec la même énergie pour les salariés face à des fermetures d'entreprises. C'est pourquoi, dès lundi, dès lundi prochain, je saisirai l'ensemble des sous-préfets concernés afin que les services publics de l'emploi local se réunissent avant la trêve estivale pour les anciens salariés d'usines comme Whirlpool, comme Agfa, comme Tim, comme Redstone, comme Axamtam, parce qu'il n'y a pas de trêve estivale et nous avons une obligation de suivi vis-à-vis de chacun et pour ne prendre que ces seuls exemples.

Notre région est leader dans beaucoup de domaines, l'automobile, le ferroviaire, l'agroalimentaire, et j'entends bien qu'elle le reste. Grâce à l'action de tous, nous avons obtenu l'installation de deux gigafactories de batteries pour l'automobile, à Douvrin comme à Douai. Mais j'en veux, nous en voulons encore plus. C'est toute la filière qui nous intéresse, avec tous les sous-traitants. Et après ces deux usines, l'objectif est d'en avoir aussi une troisième et d'envisager dès maintenant le recyclage. Je crois en l'industrie, car elle est source à la fois de croissance économique, de promotion sociale et aussi d'aménagement du territoire.

Dans cet écosystème, nous avons besoin aussi de grandes infrastructures. Nous nous sommes battus ces dernières années et nous continuerons à nous battre. Ce mandat sera celui du canal Seine-Nord-Europe pour lequel notre équipe s'est mobilisée. Il sera creusé et les ports intérieurs seront lancés. Ce mandat sera celui de l'ouverture du barreau Creil-Roisy-Picardie tant attendu. Ce mandat sera celui du combat pour le réseau express Hauts-de-France pour désengorger la métropole lilloise, mieux la relier au bassin minier, à l'Artois, mais aussi au nord de la Picardie. L'aménagement est aussi numérique en étant la région la mieux fibrée de France en 2023.

Ce qui est un outil d'attractivité pour les télétravailleurs venus d'autres régions, mais aussi pour la qualité de vie des habitants d'autres régions où qu'ils habitent sur le territoire, au cœur des grandes agglomérations comme au cœur de la ruralité. Se battre pour les Hauts-de-France et se battre pour la sécurité de nos concitoyens. Nous continuerons l'augmentation des effectifs de la police ferroviaire, le partenariat avec les réservistes de la Gendarmerie nationale, à déployer la vidéoprotection dans les gares, les trains, aux abords des lycées.

Et je vous proposerai aussi d'accompagner les communes, qu'elles soient urbaines ou rurales, qui veulent se doter de vidéoprotection ou d'équipement pour leur police municipale. En lien avec les procureurs de la République, les services de la région continueront à accueillir des travaux d'intérêt général afin de lutter également, efficacement, contre la récili. Se battre pour les Hauts-de-France et se battre pour la santé des habitants des Hauts-de-France. Nous continuerons à financer la construction de maisons de santé pluridisciplinaires et je souhaite que nous consacrions un effort supplémentaire aux politiques de prévention et de dépistage.

C'est pourquoi, dès la prochaine commission permanente, nous financerons le renouvellement d'un IRM au centre hospitalier de Maubeuge, d'un scanner et d'un mammographe au centre hospitalier de Denain, ainsi que des équipements pour les praticiens hospitaliers qui vont exercer dans le bus de prévention en soins buccodentaires, ensemble à Vénois et Tirache. Se battre pour les Hauts-de-France et se battre aussi pour notre environnement. Notre plan 1 million d'arbres a démarré bien plus fort que nous l'imaginions malgré le confinement. Eh bien, nous allons accélérer et nous le prorogerons au-delà des trois années initialement prévues.

Je souhaite ici souligner que nous allons avoir une action toute particulière, même si nous ne sommes pas dans le cœur de nos compétences, pour aider, être aux côtés, des habitants de la région et pas seulement ces jours derniers, qui sont victimes d'inondations, de coulées de boue, ou qui sont menacées, notamment dans les voies tringues ou sur le littoral, par les effets du réchauffement climatique. Nous financerons les études et une partie des aménagements nécessaires afin d'éviter de nouveaux drames et qu'en fonction de la météo, on se demande si on va pouvoir rester dans sa maison ou pas. Eh bien, je souhaite que nous nous battions également pour dire qu'il n'y a pas de fatalité.

Nous allons accompagner nos agriculteurs auxquels nous accordons notre confiance et que nous continuerons aussi à aider et accompagner ceux qui nous nourrissent face aux aléas, ceux qui font de l'alimentation, de l'industrie agroalimentaire, une place forte dans notre région. Être au rendez-vous de la transition écologique, c'est aussi accompagner les entreprises dans la décarbonation. C'est tout le sens de la troisième révolution industrielle, Rêve 3. Initié, je veux leur rendre hommage, par Daniel Percheron et Philippe Vasseur.

Et je souhaite aussi avoir une pensée toute particulière pour celui qui, pendant longtemps, a porté ce combat dans cet hémicycle, mon ami Philippe Rapneau, qui a été un formidable ambassadeur et bien au-delà de cet hémicycle, dans cette révolution qui est en cours. A ce titre, je souhaite que nos lycées soient aux avant-postes de cette transition écologique, que ce soit par la production d'énergie photovoltaïque, des transports scolaires gratuits, mais toujours plus propres, et des restaurants scolaires en circuit court.

Nous croyons en une écologie positive qui marie économie et écologie, écologie de bon sens, qui n'oppose pas les urbains et les ruraux, mais qui n'impose pas non plus le mode de vie des urbains aux ruraux, tant que je serai à la tête de cette région, nous respecterons le mode de vie de chacun, nous respecterons bel et bien le mode de vie des ruraux. A nos yeux, il n'y a pas de citoyens de seconde classe qui vivraient loin des métropoles. C'est pourquoi nous ne fermerons aucune gare, aucune ligne de chemin de fer, aucun lycée durant ce mandat.

Par ailleurs, nous devrons continuer à accompagner toutes les communes dans leurs projets de développement local, quelle que soit la sensibilité politique de leurs élus. Parce qu'au-delà de la notion d'intérêt général, c'est bon pour l'aménagement, c'est bon pour le carnet de commande de nos artisans et des entreprises locales. Et on a pu le voir dans le premier acte, notre acte de soutien, avec plus de 660 communes accompagnées. Nous ferons le choix des maires, même si la région accompagnera les intercommunalités de leurs investissements stratégiques, comme nous l'avions lancé, et je veux l'en remercier, sous la conduite et sur l'idée de Valérie Détard.

C'est une des réponses aux fractures territoriales qui existent dans notre région. D'autres fractures, moins visibles aux yeux de certains, existent encore trop dans notre région. Avec nous, la culture ne sera jamais le monopole des centres des métropoles. Si nous avons le budget culturel par habitant le plus important de France, l'accès à la culture, aux œuvres, pour tous, par tous et partout, dans notre région, c'est pour moi un impératif.

Résidence d'artistes dans les territoires, diffusion des œuvres, notamment dans les lycées, soutien aux structures de taille moins importante que les structures qui sont déjà officiellement conventionnées, voilà autant d'enjeux pour les années qui viennent et autant de priorités pour notre politique culturelle, en n'oubliant pas non plus une chose. Pour nous, la culture ne rimera jamais avec censure et la liberté d'expression, la liberté de création, la liberté culturelle, pour moi, ce n'est pas une option et ça n'est pas négociable.

Je souhaite également que la région, en lien avec les cinq départements, se saisisse de la question du handicap, que ce soit en matière d'accès à l'emploi, aux transports, aux lycées, toutes nos politiques devront être renforcées. Autre grande cause de ce mandat sera la lutte contre les violences faites aux femmes. Je me souviens d'un déplacement à Pont-Sainte-Maxence dans un foyer pour femmes battues et nous avons pu mettre en place un programme pour les accompagner vers le retour au travail après ces drames humains. La région accompagnera davantage toutes ces initiatives. Il y a, bien sûr, même si nous ne sommes pas au cœur de nos compétences, faire reculer l'illettrisme, l'électronisme.

Les fractures sont là, nous avons pour mission de les réduire. Et sur les nouvelles fractures qui pourraient être liées aux transitions, nous ne devons laisser personne, personne sur le bord du chemin. Avant de conclure, je voudrais saluer l'engagement des agents régionaux, qu'ils soient à Lille ou à Amiens, qu'ils soient dans nos ports, dans nos différents services déconcentrés, qu'ils soient dans les lycées de la région. Je veux leur dire mon extrême reconnaissance. Si j'ai le sentiment que notre action, que nos résultats ont été salués, ce n'est pas le seul travail des élus. C'est aussi le travail de l'ensemble des agents.

Et je voudrais demander à Laurent Vercruis de bien vouloir également leur transmettre ma, notre reconnaissance. Sans eux, nous ne pouvons pas mettre en place ces politiques publiques. Et sans eux, demain, nous ne pourrions pas les mettre en œuvre. Et vous me permettrez, en saluant leur engagement, leur sens du service public, pour que la région réponde aux besoins des habitants, d'avoir aussi une mention toute particulière. Pour celles et ceux qui m'accompagnent régulièrement, il y a les élus, il y a les agents de la région, mais il y a mon équipe, mon équipe rapprochée. Je veux leur dire aussi toute ma reconnaissance.

Mesdames et messieurs les conseillers régionaux, je ne sais pas quelle sera la tonalité des débats dans cet hémicycle. Déjà, cet hémicycle est davantage représentatif de l'ensemble des forces politiques de la région. Et c'est tant mieux. Et c'est tant mieux. Pour le reste, pour pouvoir établir un nouveau dialogue, il faut être à plusieurs. Tel est mon état d'esprit. Mais nous verrons ce que chacun décidera de faire en fonction des bancs où ils siègent. Je veux vous dire que c'est au travers de vous que les habitants des Hauts-de-France s'expriment et s'exprimeront. Et je veux dire aux habitants des Hauts-de-France que nous ferons tout pour être à la hauteur de leur confiance.

Des monts des Flandres, pleines du sans-terre, de la Côte d'Opale aux Coteaux de Champagne, du Vimeux au Vexin, du Ternois au Tardenois, des terribles du bassin minier aux églises fortifiées de Thierrache, des baies froides aux grandes places aux cathédrales gothiques, les Hauts-de-France, mesdames et messieurs, sont une chance. Sont une chance. Mesdames et messieurs les conseillers régionaux, quelles que soient vos idées, quelles que soient vos sensibilités, je veux vous dire que mon énergie sera tournée pour continuer à me battre pour les Hauts-de-France et ses habitants parce que nous devons être à la hauteur de la confiance qui est témoignée.

Soyons fiers, mesdames et messieurs, d'habiter cette belle région. Soyons fiers des Hauts-de-France. Merci beaucoup. Sous-titrage Société Radio-Canada