Fourest en liberté : Bataille culturelle : "si on évitait la caricature?"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
d'accueillir Caroline Forest, journaliste, essayiste et réalisatrice, réalisatrice de cinéma. Bonsoir Caroline. Je ne dis pas ça par hasard parce qu'on va parler de la polémique qui enflamme le monde du cinéma.
Juste avant, vous êtes journaliste et directrice de Fran Tirer. La une de Fran Tireur cette semaine, le canon français, l'extrême bouffe quand le pinard et le saucisson servent à exclure. On avait parlé de ces banquets ici même pour vous.
Alors, c'est une lecture critique que vous faites de ces de ces banquets quand le pinard et le saucisson servent à exclure. On critique ni le pinard ni le saucisson, je vous rassure. On critique uniquement certains événements avec des intentions politiques et financées par des gens qui ont des intentions politiques.
Bien, la polémique qui enflamme le cinéma français. Donc on va résumer euh risque de contrôle fasciste dénonce une pétition d'acteurs, de réalisateurs, euh de techniciens. l'empire Bolloré qui est directement visé en l'occurrence Canal Plus contreattaque en disant c'est injuste et ceux qui signent cette pétition nous souhaitons ne plus travailler avec eux et votre votre billet votre lecture des événements et si on évitait la caricature de qui parlez-vous ?
Je crois de tout le monde parce que je pense qu'on est vraiment devant une escalade entre d'un côté des accusations exagérées et des réactions exagérées. Alors, je le dis David avec ma double casquette effectivement de journaliste, d'essayistes et de réalisatrice. Et comme vous le savez, je fais partie des auteurs grassés qui avec beaucoup de tristesse ont dû claquer la porte de leur maison d'édition avec d'autres Richard Malka, Viller et de très nombreux autres à regret pour dénoncer le limogage d'Olivier Nora qui qu'on a vécu à juste titre, je crois, comme une vraie mise au pas d'une maison d'édition qui représentait une maison commune de l'universalisme, de peut-être d'une certaine exigence intellectuelle et qu'on a qu'on est en train de démolir et que Vincent Boloré en train de démolir.
Donc je peux être très critique sur l'impact de cette de parce qu'on est devant quand même un oligopole culturel du groupe Boloré dans l'édition. Je suis très critique dans mon journal toutes les semaines sur l'impact que ça peut avoir dans la presse et notamment encore récemment avec une propagande prorusse qui se déploie sur Ces News et dans le JDD qui est qui est vraiment angoissante. J'ai un avis plus nuancé sur l'impact sur le cinéma h [raclement de gorge] parce que parce que le mécanisme de financement du cinéma, c'est un peu plus compliqué qu'un actionnaire qui peut qui peut imprimer sa ligne et sa marque sur une ligne éditoriale, sur un journal ou sur une maison d'édition.
Et du coup, j'ai trouvé honnêtement que la pétition de libération de ces 600 techniciens et acteurs du cinéma français était un peu maladroite. Alors, un mot sur cette pétition justement, elle est maladroite à plusieurs titres, c'est-à-dire que d'abord il y a le titre Zapper Bolloré. Euh ça pouvait que générer.
Si vous annoncez que vous boycottez quelque chose qui est une une des machines à financer le cinéma français, c'est pas une maison d'édition, c'est pas un journal, c'est vraiment une chaîne qui finance l'essentiel du cinéma français. Pour vous donner un exemple, David, 85 % quasiment des films qui sont projetés à Cann encore cette année sont financés par Canel Plus et ils vont du dernier Quentin Dupie au dernier Jeanry en passant par le très bon l'abandon de Vincent Garing. C'est des films très différents, très pluriels, qui vont vraiment qui n'ont rien à voir les uns avec les autres et Canel Plus les finissent indistinctement parce qu'à la tête de Canel Plus, d'abord il y a un homme qui est là depuis très longtemps qui est Maxime Saada qui est le garant aussi de ce de ce professionnalisme.
Il y a un directeur des accusations qui est qui est Laurent Assine qui est aussi un grand professionnel. Donc c'est pour ça qu'il y a plein de gens qui tout en partageant l'inquiétude des signataires et ils ont pris un risque à tirer la sonnette d'alarme, il faut leur reconnaître. tout en partageant le fait que effectivement plus un groupe avec un dirigeant politique qui a des idées politiques prend du pouvoir dans le milieu culturel, plus on a raison de s'inquiéter.
Mais ils se sont peut-être inquiétés un peu tôt. Alors, regardons peut-être les signataires, certains des signataires de cette tribune. Peut-être les visages les plus connus.
Ah oui. Alors bah c'est aussi un des soucis d'ailleurs dans les dans les signataires connus de cette pétition, vous retrouvez un peu toujours les mêmes. C'est des gens qui signent une pétition, je crois tous les mois.
Je sais même pas s'ils ont encore le temps de de les lire. Et Adélen elle prend pas beaucoup de risques. Elle a de toute façon arrêté le cinéma.
Elle veut plus faire de films parce qu'elle trouve que en soit c'est une machine capitaliste insupportable. Elle est proche d'un groupe révolution permanente qui de toute façon est d'un sectarisme tel que c'est difficile d'entendre des leçons de pluralisme ou de liberté venant de gens qui sont proches d'organismes eux-mêmes tellement sectaires qu'on se dit mais si ces gens-là étaient eux-mêmes à la tête de groupes culturels, on serait pas tout à fait rassuré quand à la défense du pluralisme. Et puis les autres signatures, je veux pas m'attarder mais bon, on va citer Swan Arlot qui est un très bon acteur que beaucoup apprécient qui était dans anatomie d'une chute notamment qui a été rediffusé qui a été diffusé peut-être pour la première fois en clair dimanche dernier.
Anna Mouglalis B visage très connu aussi Juliette Binoche certains des signataires mais on l'a dit en 600 et quelques extraits peut-être de cette pétition. Et ben on va on va entendre on va entendre Harari qui qui était interviewé le scénariste réalisateur qui justement un film à Cann Arthur Arariar coscénariste d'anatomie d'une chute mais donc lui réagit si j'ai bien compris peut-être voyons d'abord quelques éléments de cette de cette pétition des extraits que vous avez choisis Oui. à mon avis, les deux passages qui posent vraiment souci encore une fois en plus du titre parce que quand vous appelez au boycott par définition, vous pouvez pas ensuite vous plaindre qu'on vous boycotte.
Donc c'était peut-être pas très malin. Mais alors en laissant le cinéma français aux mains d'un patron d'extrême droite, nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste [rires] sur l'imaginaire collectif. Là, c'est vraiment le le meilleur moyen de pas convaincre les gens que vous voulez alerter et réveiller parce que d'abord vous faites un procès d'intention avant qu'il y ait un drame et ensuite vous parlez tout de suite de fascisme.
Donc par définition, les gens vont décrocher au lieu de vous écouter alors que en réalité il y aurait été possible de faire un taxe en disant "Nous nous inquiétons sans parler de fascisme, nous inquiétons de voilà d'une d'un monopole d'un quasi monopole. En tout cas, vu la place qu'occupe Canal Plus dans le paysage français et dans le cinéma français, euh nous nous inquiétons de voir que dans d'autres domaines, Vincent Boloré a fait preuve de beaucoup d'arbitraires, beaucoup d'interventionnisme et il faudrait pas que ça arrive à encore une fois une chaîne qui a certes et c'est là où il y a peut-être aussi un petit contrepouvoir dont ils ne tiennent pas compte, c'est que Canal Plus, contrairement à aux autres outils culturels que possède Vincent Boloré a des obligations de financement qui sont rendus nécessaires par l'État. L'État oblige Canal Plus à investir dans tellement de films, on est à plus de 190 millions que quelque part le pluralisme est garanti aussi par cette obligation parce que d'ailleurs la preuve que la régulation ça peut marcher.
Mais du coup là, les termes employés écrasent un peu la complexité de ce qui est Canal Plus aujourd'hui qui ne peut pas se réduire à Vincent Boloré et qui ne peut pas se réduire à ce que Vincent Boloré fait dans d'autres secteurs culturels. Et c'est ce qui fait David qu'il y a quand même beaucoup de gens qui encore une fois, je vous le disais tout en partageant cette inquiétude, n'ont pas signé cette pétition. Alors la réaction donc de Maxime Sahad, le patron de Canal Plus qui lui a dit "Je n'ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de cryptofasciste, désolé." Et il a dit "C'est un procès injuste en citant les films que vous avez nommés.
Euh il y en a il y en a beaucoup d'autres. Voilà, il est Oui, parce que il a sans doute été honnêtement blessé, je pense, par l'accusation évidemment. Ensuite, il a il a d'autant plus été blessé que il y avait euh à chaque projection là pendant le festival de Cann pour des films encore une fois très très différents dont ceux que je vous ai nommé, le logo Canal Plus était UE.
Et de la part de quelqu'un qui les a financé et qui a aidé des gens aussi variés, je comprends qu'il a été blessé mais du coup il a peut-être aussi un peu suragi sous le c l'émotion. Faut dire qu'à Can on travaille beaucoup et on dort très peu. Donc peut-être que tout le monde est un peu sur les ners.
Il a suragi aussi en donnant le sentiment que du coup il allait lui-même boycotter les gens qui avaient signé [raclement de gorge] cette pétition. ce qui pour le coup venant du patron de Canal Plus est une est une est une une mise en garde extrêmement forte parce que de fait une maladresse aussi pour vous Ah oui, c'est une surréaction à une accusation exagérée. Donc c'est là où on parle d'escalade parce que là on a dit bah voilà il y a des listes noires à Canal Plus et désormais euh toutes les personnes qui ont signé cette pétition ne pourront plus travailler parce que vous l'avez dit qu'al plus c'est 85 % du financement des films. qu'on a dit liste noire boycotte bref on l'a accusé finalement de confirmer les soupçons qui était exprimé dans cette pétition mais en tout cas c'est je pense que lui a peut-être réagi sous le coût de l'émotion le problème c'est qu'on est dans une situation qui piège tout le monde en réalité qui piège les comédiens, les réalisateurs, les producteurs et aussi les acteurs et les professionnels de Canal Plus.
C'est-à-dire qu'il y a tellement d'angoisse, il y a un tel malaise, une telle peur que chaque mot serve à euh euh vous valoir des des mesures de rétorsion. On parle quand même, David, pour que les gens comprennent, monter un film, c'est la chose la plus dur au monde. Ça peut prendre 3 à 5 ans quand on y arrive et c'est un miracle quand on y arrive.
Et effectivement, c'est d'une fragilité économique. C'est un rêve pour pour beaucoup de réalisateurs et producteurs et acteurs. Ce sont des rêves qui peuvent s'écrouler à tout moment.
Donc effectivement, dans ce contexte-là, euh des réalisateurs ou des producteurs qui vont vouloir monter des projets dont ils savent qu'ils ne peuvent pas se passer du financement de Canal Plus, ils vont sans doute hésiter à mettre dans leur casting des acteurs qui ont signé ce texte. Donc, il est encore possible de descendre, de redescendre. Là, j'utilise une expression qui est qui est pas la mienne, qui est celle du patron de l'ARCOM que je voudrais qu'on écoute qui lui-même avec d'autres professionnels du CNC et d'autres institutions culturelles, tout le monde appelle un tout petit peu à la désescalade.
Écoutons, le cinéma a besoin de Canal Plus, Canal Plus a besoin du cinéma. Je vous dirais que le cinéma a besoin de Canal Plus et du CNC et du service public. Voilà.
Ensuite, je pense qu'il y a quand même de nombreux acteurs qui doivent qui doivent se parler, redescendre un peu après la vivacité des polémiques. C'était aussi le même son de cloche qu'on a eu beaucoup en conférence de presse pendant Cann. Donc parce qu'effectivement du coup, bon ça c'est ça fait partie de la tradition de canne.
Il y a pas de canne sans polémique mais du coup on parle quand même beaucoup moins des films. Or on a quand même envie de pouvoir encore se rassembler autour de discussions qui ne portent pas que sur la politique ou que sur l'idéologie mais qui porte aussi un peu sur des histoires de vie et sur de la culture. C'est c'est là où c'est pas des polémiques qu'il faut prendre à la légère.
Ça ne parle pas d'un petit milieu et ça ne parle pas d'une petite caste. Ça parle de notre patrimoine culturel, ça parle de notre agora commune, de est-ce qu'on peut encore rire ensemble ? Est-ce qu'on peut pleurer ensemble ?
Est-ce qu'on peut encore voir des œuvres ensemble et discuter d'autres choses que est-ce que c'est un film de droite, de gauche, est-ce que c'est euh euh récupéré par un tel ou ou par un tel ? Et donc c'est pas un petit débat. Et sur ces questions d'ailleurs tous ceux qui ont été interviewés réalisateurs souvent d'ailleurs des réalisateurs de gauche, je pense à Pierre Salvadori dont on va peut-être voir la la citation puis on va écouter ensuite euh Jean-Éri aussi le le producteur Alain Atal.
Alors voyons peut-être les déclaration Pierre Salvadori avec la complexité de de la situation. Est-ce qu'on les a ces déclarations ? On les a.
On a Pierre Salvadori en extrait en verb à team et ensuite on va écouter les sonores en conférence de presse des réalisateurs et des acteurs mais dans le sens que vous voulez. Allons-y. [grognement] Je comprends d'où est née cette tribune.
Elle est née d'une d'une peur, d'une anxiété. C'est sûr que quand derrière on entend liste noire menace, moi je peux parler comme réalisatrice. Il se trouve que le groupe Canal est très très important dans ma vie professionnelle depuis le début.
J'ai été toujours soutenue par Canal Plus et distribué par Studio Canal. Le jour où on me demande de faire un autre film, de faire une biographie de [soupir] je ne sais qui. Bon bref, vous voyez ce que je veux dire ?
J'irai me faire voir ailleurs et je je ferai plus des films si on me les laisse pas faire avec liberté. Je suis je suis confus et emmerdé de cette réaction évidemment de de de et on est on est tous d'accord de cette réaction à chaud qui qui crée une espèce de liste noire et en même temps je on est emmerdé parce que on a une une formidable maison qui soutient la diversité. Souleiman ne serait pas fait sans canal.
Voyez voilà. Alors, il faut préciser pardon Pierre Salvadori, c'est la Vénus électrique. Vous avez sans doute entendu parler de ce film qui a ouvert le festival, voilà, qui est salué par la critique.
Jeanry, c'est la réalisatrice de Garance et Alain Atal qu'on vient d'entendre, c'est le producteur si je ne m'abuse de de Garance également. Tout ça pour dire que le le monde du cinéma euh il y a beaucoup de voix qui s'expriment pour dire il faut calmer le jeu. Oui, mais parce que s'exprime là quelque chose qui est de l'ordre de la complexité, c'est qu'encore une fois, on vit dans un monde où vous pouvez d'un côté, par exemple, c'est mon cas, dans mon journal, nous sommes très critiques encore une fois des de ce que peut faire le groupe Boloré en terme de désinformation parfois ou de propagande prorusse.
Mais dans le cinéma, Canal Plus, bien que sous sous le chapeau de Vincent Boloré au-dessus de Maxime Sahada, bah Maxime Sahada finance des films qui déplairaient beaucoup par exemple à ce qui se ceux qui qui commandent sur ses news ou à ceux qui écrivent dans le JDD. Ça tant mieux, il faut préserver cette complexité. Mais c'est pour ça qu'on ne peut pas traiter parce que c'est injuste tant qu'il y a encore une fois des grands professionnels et que leur leur liberté, leur indépendance est respectée et surtout tant que l'obligation de financer le cinéma français est respectée dans même le groupe Canal Plus va au-delà.
Il finance au-delà d'obligation. Donc par définition et finance, des gens très différents et et j'en reviens à la faire grasser. Encore une fois, vous m'aviez dit un jour euh euh David quand on préparait l'émission sur l'affaire grassée, après tout, on va on va on va te dire, on va vous dire euh quelqu'un qui achète une maison, est-ce qu'il a pas le droit d'en faire ce qu'il veut ?
Il est patron. Non, la culture, les médias, c'est ce sont des secteurs à part parce qu'encore une fois, il touchent de l'ordre à à l'agora commune. Et je vous avais donné un exemple que j'ai oublié de rappeler à l'antenne, mais je me disais si demain le Qatar rachète le musée du Louvre pour se décentrer un peu pour oublier 5 minutes Boloré, le Qatar aux États-Unis et en Angleterre rachète des fois des chaires dans des universités.
Je j'avais beaucoup bataillé quand à Oxford de Tarik Ramadan avait obtenu une chair parce que le Qatar l'a financé. Euh, on peut dire bah après tout, c'est le Qatar qui paye, c'est le Qatar qui décide. Sauf que les universités pareil, c'est pas exactement la même chose que s'acheter une galerie d'art ou s'acheter un commerce qui vend des shampoings.
Le musée du Louvre non plus. Et le musée du Louvre non plus. Euh si demain, mais je vous donne un exemple pour qu'on essaie de comprendre pourquoi ça dépend aussi, on a un peu oublié de des hommes, des femmes qui sont chargé euh à la fin pas seulement de ceux qui financent, ceux qui sont chargés d'organiser la culture.
Si le Qatar mettait de l'argent dans le musée du Louvre, mais qu'il y avait un des garanties d'indépendance et qu'il y avait un conservateur qui était absolument libre de conserver la programmation du musée du Louvre, bah peut-être que personne la polémique ne prendrait pas. Si du jour au lendemain, le Qatar acheté le musée du Lou, il disait "Les tableaux avec les NU, allez, on les enlève, on les écarte, ça on veut pas." Puis on va mettre, on va faire une petite exposition sur les aquarelles peintes par des princes et des princesses de la famille Qatarie.
Là, on verrait bien que même si ils payent, ils ne peuvent pas décider de tout parce qu'encore une fois, un musée, c'est aussi quelque chose de précieux. Ben, le cinéma, c'est notre musée commun en terme de culture. La presse, l'édition, c'est pareil.
Donc tant qu'il y a des grands, on redécouvre une deuxième chose qui est complexe, on redécouvre la force des corps intermédiaires. C'est-à-dire encore une fois que l'argent ne décide pas de tout. L'argent choisit des talents et des personnalités qui ont du talent.
Mais il faut laisser faire les personnalités qui ont du talent pour que elles-mêmes puissent être des protecteurs et des gardiens du talent des autres. Et c'est ça qui se joue et c'est la différence entre grassé et l'affaire Canal Plus. C'est la différence où lorsque Olivier Nura été totalement libre de continuer à faire son métier, même au sein du groupe Achette où Vivindi et Vincent Boler était majoritaire, ça ne posait pas problème puisque tant qu'Olivier Nura était maître en sa maison et bien il n'y avait pas de raison de de d'en partir parce que ça a été aussi une des polémiques. achète et même je vais vous dire un élément de complexité supplémentaire, les gens qui pensent que c'est la bataille entre un les éditeurs indépendants et les grands groupes ou entre les chaînes les petites chaînes indépendantes et les grandes chaînes, ça ne marche pas comme ça.
Moi comme auteur, j'ai j'ai plus de 22 ou 23 libres à mon actif. J'ai passé la première moitié de ma vie chez des éditeurs indépendants. Je n'ai jamais été payé parce que les éditeurs, les petits éditeurs, ils ont pas beaucoup d'argent, ils sont pas très transparents non plus.
Les grands groupes sont très transparents, mais si les grands groupes deviennent encore une fois des machines à broyer le pluralisme, l'indépendance d'esprit, ça marche plus. Vos questions, vos réactions, vos commentaires. Jean-Marie Legen : Oui, moi je trouve qu'il y a euh [raclement de gorge] indiscutablement euh de part et d'autres des maladresses et de l'émotion.
Sauf que je trouve quand même que l'initiative qui a été prise, elle part d'une d'une ambiance idéologique qui est problématique parce qu'elle est la vocation à polariser la société absolument et à faire s'opposer absolument tout le monde avec tout le monde. Et donc je pense qu'il y a à la fois des initiatives personnelles, de l'émotion, tout ça. Je je je le comprends pour partie, je je peux le partager.
J'ai été assez choqué par la réaction de Maxime Saada, même si je je constate et je sais qu'il gère l'entreprise. Mais la pétition, elle vous choque Jean-Marie Leg. Moi, elle m'a elle m'a dérangé oui parce que elle participe pas simplement à des choses un procès d'intention alors qu'elle fait Nicolas aboloré mais pas pas Bolloré à Canal Plus.
C'est donc pas exactement la même chose alors qu'il y a pas de matérialité aujourd'hui sur cela. Et et deuxièmement, je vois d'où ça vient et où ça va. Si excusez-moi, là je fais de la politique.
C'est pas neutre. C'est crié. C'est-à-dire que c'est non, c'est une c'est crier avant d'avoir mal.
C'est crié avant d'avoir mal pour se donner bonne conscience. Et ça c'est une vraie question parce que ça on n'est pas dans le fascisme en France et contrairement à tous ceux qui veulent nous le faire croire et qui en fait ne crie au loup et font venir le loup quelque part quand il ne le joue pas pour lui là c'est c'est sans arrêt quoi. Bientôt on vous parliez tout à l'heure des fromages et ben sur les fromages ça sera pareil.
On va polariser la société surtout tout devient politique et tout devient si c'était que politique ça irait encore. Mais on est dans le fantasme. H il y a il y a indiscutablement des risques bolorés quand on voit ce qu'il dit dans le JDD ou bon très bien il y a un problème grassé quand il y a la question de mais il y a pas un monde dans lequel on vit sous boloré h donc tout ça est est très maniqué hein me semble-t-il dangereux.
Moi, je trouvais que c'était un peu hypocrite parce que c'est crier avant d'avoir mal, il y a pas de matérialité et en même temps, c'est des gens qui n'ont pas tiré pour eux-mêmes les conséquence de leur alerte. C'est-à-dire que si l'argent est sale, on l'accepte pas. Enfin euh il faut être honnête avec soi-même.
Si on est gêné par cette source de financement, ben on fait autrement. Enfin, je C'est ça s'appelle l'honnêteté intellectuelle. Dominique, dans la plupart des cas, les pétitions ne font courir aucun risque aux pétitionnaires.
Là, ils ont couru un risque, ils ont pris leur risque et ben ils ont perdu, ils ont pris une balle en retour. Je n'aimerais pas être traité de cryptofasciste. Canal Plus, c'est sur 3 ans, 25, 26, 27 500 millions d'investissements dans le cinéma.
Est-ce qu'il y a beaucoup dans l'ensemble de ces films financés, beaucoup de films cryptofascistes voire même de droite ? [rires] Je n'en suis pas tout à fait certain. Je pardon hein, j'en suis pas tout à fait certain.
Donc je me dis vraiment là Urut a eu il a évidemment la bonne expression qui est il crie avant d'avoir mal. Il vaut mieux crier après avoir eu mal. Et je ne doute pas que dans le groupe Bolloré, il y ait des raisons de crier après avoir eu mal ou en tout cas de discuter éventuellement et de préparer et de de d'expliquer ses inquiétudes, de regarder, d'aller voir euh la personne de enfin les gens de Canal Plus qui sont en charge du cinéma et le nombre de titres que vous avez évoqué Caroline montre bien que [soupir] il y a il y a pas de problème aujourd'hui mais s'en inquiéter à l'avance, c'est normal mais d'une façon qui ne se donne pas bonne conscience mais qui peut être efficace, c'est-à-dire vraiment obtenir des garanties essayer de comprendre comment ça risque de se passer et cetera, mais pas mettre en jeu y compris le métier de des techniciens parce qu'il y a toute une toute une population dans le cinéma qui sont pas seulement les acteurs qui ont signé mais tous les gens qui vivent du cinéma et qui peuvent avoir des problèmes.
La pétition a dépassé les 1000 personnes je crois hein maintenant. Oui parce qu'en réaction du coup il y a d'autres gens qui la signent mais mais et mais et en même temps tout le monde s'est senti assigné à devoir réagir quelque chose qui n'était pas encore arrivé. C'est ce que vous disiez.
C'est la différence entre l'alerte et crier au loup. Et effectivement, il est pas impossible que le loup du coup euh est ait plutôt le beau rôle où on espère ne finisse pas par arriver. Mais en plus dans le cinéma, il y a quand même quelque chose qui est qui est particulier, c'est que ce qui est ce qui menace le plus le cinéma, c'est le conformisme.
C'estàd qu'il y ait des sujets qu'on puisse pas aborder, qu'il y ait des films qui ne puissent jamais se monter. Alors pour finir sur une touche un peu positive, il il y a eu un très joli événement à ce festival de Cann parce queen tout cas moi il m'a fait beaucoup de bien je peux vous dire sachant la difficulté qu'il y a à monter des films sur certains sujets et notamment tous les sujets sensibles sur lesquels je travaille lié à la laïcité ou aux menaces terroristes. Moi, j'ai été ému au larmes de voir l'accueil qu'a réservé au film l'abandon sur euh euh sur le dessin tragique et la mort et l'assassinat de Samuel Patti.
C'est un très beau film. Il est chirurgical, méticuleux, il est très réussi, il est très bien joué. Et là pour le coup euh voyez le sectarisme c'est aussi ceux qui Finton Post ou quelques influenceurs aux cheveux rouges qu'on a vu expliquer que c'était que c'était la récupération de l'instrumentalisation voir que c'était islamophobe parce qu'à la fin le tueur criait à la wakbar.
Euh je je veux dire, il faut beaucoup de courage pour monter un film comme l'abandon et en l'occurrence c'est UGC qui porte le risque. C'est UGC le distributeur. Ils ont choisi de faire ce film bien avant que Vincent Boloré commence à racheter des parts dans UGC.
C'est une décision euh de du groupe UGC. sa directrice Brigitte Mancheni est connue pour être une personnalité là aussi qui est euh qui a des qui a des valeurs, qui a des convictions. C'est un groupe qui peut faire des comédies qui nous font rire très différentes et qui peut faire des films courageux comme l'abandon.
C'est ça dont on a envie. On a envie euh de de gens qui prennent des risques pour faire des choses belles, fortes et des choses qui parfois ne sont des risques. Aujourd'hui, ceux qui prennent un vrai risque, c'est ceux qui font des films comme ça.
Je peux vous le dire. Merci beaucoup Caroline.
Jean-Pierre Bataille