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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 10 février 2022 50 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

Contre-Matinale #90 | Les fachos ont-ils gagné la bataille culturelle ?

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 22:51OuverteRéponse directe

    Peux-tu nous parler de La Jeune Garde ? Comment la décrirais-tu ?

  • 23:39OuverteRéponse directe

    Pourquoi était-il important pour vous d'être présent à la mobilisation d'Anas Kasyp devant la Sorbonne ?

  • 25:21OuverteRéponse directe

    Peux-tu nous parler de ces adversaires que vous êtes allés combattre ?

  • 26:41RelanceRéponse directe

    La dissolution de Génération Identitaire a-t-elle été utile selon toi ?

  • 28:35OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous considérez que c'est une victoire pour le camp antifasciste ?

  • 30:48RelanceRéponse directe

    Est-ce un échec ou un manque d'organisation ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:38PrésentateurFait
    « Un jour, ce sont des membres du gouvernement qui reprennent les délires sur le wokisme, l'islamo-gauchisme, au point de participer à un pseudo-cologue sur ces pseudo-concepts scientifiques. »
  • 1:47PrésentateurFait
    « Puis ce sont des fuites sur la contamination néo-nazie dans la police ou dans l'armée. »
  • 8:23InvitéFait
    « La France a besoin d'un président expérimenté. Il, Emmanuel Macron, a montré qu'il savait gérer les crises les plus graves. »
  • 8:37InvitéFait
    « il explique en substance que la campagne de Valérie Pécresse serait obnubilée par la question de l'islamisme. »
  • 9:00InvitéFait
    « Macron est dans la séduction, il n'est pas dans la conviction. »
  • 16:49InvitéFait
    « On subit des attaques de l'extrême droite depuis maintenant 48 heures, d'une part parce que je suis candidat à la présidentielle, et ça, l'extrême droite ne peut le supporter. »
  • 17:12InvitéFait
    « en expliquant que je suis 0% français et 100% wokiste, 100% islamiste. »
  • 18:31InvitéFait
    « Il y a déjà eu toute la polémique autour de ce fameux hashtag « Anascazib ré-migration » où on voulait me faire ré-immigrer. »
  • 20:32InvitéFait
    « qui est condamné, qui est un multirécidiviste pour la haine raciale et la haine religieuse et qui aujourd'hui, sur des matinales, fait un appel tout simplement à la guerre civile »
  • 22:57InvitéFait
    « Nous, on est une organisation qui s'autoproclame antifasciste, donc évidemment spécifique à cette lutte contre l'extrême droite. »
  • 23:46InvitéFait
    « lorsque l'extrême droite nous attaque directement, notre camp social, on se doit d'y répondre au maximum. »
  • 25:36InvitéFait
    « Donc, ça fait maintenant plus de dix ans qu'ils se servent de ces locaux-là pour s'organiser, notamment ils le disent, à se préparer à la guerre civile, raciale, etc. »
  • 27:03InvitéFait
    « On a milité pour la dissolution de Génération Identitaire. On a mené une véritable campagne pour les dissoudre parce qu'on pense qu'à un moment donné, ce groupuscule devenait trop dangereux. »
  • 33:26InvitéFait
    « il y a cette autonomie de l'extrême droite. On a bien compris qu'ils avaient réussi à imposer des thèmes par leurs propres forces, par leurs pratiques, par leurs tactiques. »
  • 36:17InvitéFait
    « c'est une théorie antisémite qui petit à petit a intégré toutes les questions islamophobes anti-immigration etc. »
  • 36:27InvitéFait
    « c'est une théorie qui est utilisée par des terroristes »
  • 36:56InvitéFait
    « c'était cette théorie du grand remplacement »
  • 42:41PrésentateurFait
    « 2002 c'est l'année où Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle »
  • 43:08PrésentateurChiffre
    « ils représentent quasiment le tiers de l'électorat »
  • 43:21PrésentateurFait
    « certains candidats disaient qu'il fallait empêcher les femmes voilées de venir à l'hôpital »
  • 43:58InvitéFait
    « il y a une erreur de la part de notre camp politique c'est d'avoir pensé que le résultat qu'il y a aujourd'hui deux candidats d'extrême droite très offensifs comme Zemmour »
  • 44:50InvitéFait
    « toutes nos organisations politiques syndicales associatives étaient concentrées sur ce sujet là de l'extrême droite spécifiquement »
  • 45:24InvitéFait
    « c'était quand même un danger bien particulier »
  • 45:53InvitéFait
    « les républicains c'est pas nouveau qu'ils sont racistes par exemple »
  • 46:02InvitéFait
    « aujourd'hui ils peuvent l'affirmer grâce au fait que l'extrême droite a réussi à pousser des portes à casser des portes »
  • 46:58PrésentateurFait
    « donner 400 euros ou 200 euros à des migrants c'est trop qu'il faudrait les laisser crever »

Temps de parole

  • Présentateur47 %
  • Invité36 %
  • Invité 212 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Salut à toutes et à tous et bienvenue sur Le Média TV. Nous sommes le 10 février 2022, le jeudi 10 février et nous sommes ensemble pour cette quasi quotidienne qui entend vous raconter la période que nous vivons autrement de manière engagée aux côtés des luttes et de ceux qui luttent, comme qui dirait, pour l'honneur des travailleurs et pour un monde meilleur. Une matinale pour vous, par vous, vu que Le Média TV, votre média, n'est financé que par vous et ne grandira que par vous. Donnez-nous de la force en faisant des dons ponctuels ou mensualisés, en devenant abonnés sociaux, mais aussi en partageant, en mettant des petits pouces bleus, etc.

La contre-matinale du Média, épisode 90, c'est parti. Aujourd'hui, on parlera beaucoup du fond de l'air, car le fond de l'air est brun. L'extrême droite qui impose ces thématiques, y compris dans les appareils politiquement, qui prétendent politiquement la combattre, et bien cette extrême droite, elle ne cesse de gagner du terrain et de prendre la confiance. Au pont des thèses, des groupuscules, des références qu'on croyait vouées à une mort, certaines reprennent du poil de la bête. Un jour, ce sont des membres du gouvernement qui reprennent les délires sur le wokisme, l'islamo-gauchisme, au point de participer à un pseudo-cologue sur ces pseudo-concepts scientifiques.

Un autre jour, c'est le journaliste Ivan Rufol qui affirme que le ghetto de Varsovie était d'abord un lieu hygiéniste visant à préserver ce qui était du typhus. Puis ce sont des fuites sur la contamination néo-nazie dans la police ou dans l'armée. Les infos très précises et très angoissantes de nos confrères de Street Press sur le renouveau de groupuscules identitaires, etc. Hier à Montreuil, il y a eu une mobilisation contre l'arrivée prévue d'Éric Zemmour qui devait tourner une émission pour BFM TV, La France dans les yeux.

Toujours hier, à la Sorbonne, un rassemblement en soutien aux cheminots et candidat à la présidentielle à Nascazib, ciblée par l'extrême droite et qui entendait en réalité cette extrême droite l'empêcher de s'exprimer dans l'enceinte de l'université au nom chargé d'histoire. Il nous a semblé important d'en parler avec une figure qui représente, elle, le renouveau de l'action antifasciste Raphaël Arnaud de la Jeune Garde. Mais commençons par la titrologie. Après le scandale Orpea, la colère populaire ne décroît pas et l'indignation de la presse non plus. Ce matin, l'humanité remet le couvert.

Les profiteurs de l'or gris, c'est le titre du quotidien d'inspiration communiste, qui constate que dans les EHPAD lucratifs, les anciens payent le prix fort, mais aussi que l'État et les départements organisent le sous-financement de l'ensemble du secteur. Et tout est passé par des lois. Une loi de 1997 qui crée les EHPAD, sortie des prérogatives de l'assurance maladie et confiée de manière prioritaire à des entreprises privées. Et aussi une loi de 2009, portée par Roselyne Bachelot, qui prévoit de financer, via des appels à projets, les EHPAD. C'est tout ce modèle qu'il faut revoir de fond en comble, estime l'humanité.

En miroir de ces souffrances de nos anciens, générés par le désir fou de faire du profit sur absolument tout, Libération et la Croix mettent à la une un sujet qui devrait tous nous indigner, les profits records des entreprises du CAC 40. 137 milliards, on partage, c'est le titre de une de Libé en surimpression sur une illustration qui fait penser à la Défense, en tout cas un endroit où il y a plein de sièges sociaux d'entreprise. Super profit, ça repart comme en 40, surenchérit le quotidien de centre-gauche. À l'exemple de Total, écrit Libé, qui doit annoncer un bénéfice record de 15 milliards d'euros ce jeudi, les grandes entreprises françaises ont connu une très bonne année 2021.

Mais ces résultats, en grande partie permis par les aides de l'État, profitent plus à leurs actionnaires qu'à leurs salariés. constatent Libé, CAC 40, que faire des super profits, titre La Croix, le quotidien d'inspiration catholique, constatent, alors que les plus grandes entreprises françaises affichent des résultats records, le débat sur l'utilisation de leurs profits est relancé. Du côté du Figaro, on titre sur l'énergie et ses enjeux. Le plan de Macron pour relancer le nucléaire, écrit en une le quotidien de la droite traditionnelle.

Il nous explique que Macron se rend ce jeudi, aujourd'hui donc, sur le site historique de Framatome à Belfort pour annoncer un ambitieux programme de construction de nouveaux réacteurs EPR. Mais d'où proviendra l'argent ? « EDF et l'État mettront la main à la patte », écrit le Figaro, en créant peut-être un établissement public, industriel et commercial dédié à ces investissements, contrôlés à 51% par EDF et à 49% par l'État. Blanquer, de ministre vedette à ministre fragilisé, c'est le titre principal du monde.

Alors que le ministre de l'Éducation est obligé de revoir sa copie au sujet de sa réforme du lycée et du bac, qui a conduit à la baisse du nombre d'élèves choisissant les maths et donc à une baisse de l'enseignement et du niveau global à terme en mathématiques. De plus, au bout de deux ans de crise sanitaire, il a perdu la confiance des enseignants et des parents lassés et, je cite, « par les changements incessants ».

Du côté des médias indépendants en ligne, j'ai retenu aujourd'hui une longue et riche interview accordée à Basta par Claire Hédon, la défenseure des droits, une courageuse défenseure des droits, qui a souvent contrarié l'exécutif Macron auquel elle doit son poste, notamment sur le dossier délicat de la crise sanitaire et du pass vaccinal. Une fois de plus, Claire Hédon va à l'encontre de la doxa du gouvernement. « L'intersectionnalité n'est pas un gros mot », indique ainsi Claire Hédon. Rien de révolutionnaire, mais dans un pays où le gouvernement crie au « wokisme » à tout bout de champ, il faut rappeler que c'est bel et bien ce concept d'intersectionnalité qui est en cause.

L'intersectionnalité consistant à pointer la pluralité des discriminations basées sur le genre, la classe, la race, entre guillemets. Bref, toutes ces évidences qui ne sonnent pas très républicains pour une partie de ceux qui nous gouvernent. Sur la question de la défense de nos droits citoyens, Claire Hédon pointe notamment le fléau du non-recours à la plateforme dédiée antidiscrimination.fr, globalement du non-recours aux instances qui sont là pour cela quand il y a des discriminations, notamment les jeunes qui servissent l'arbitraire de la police où les discriminations au travail, et bien ils se taisent. Pourquoi ces non-recours ? Voici l'explication de Claire Hédon et je la cite.

C'est un coup de poignard dans le dos qui entrera à coup sûr dans la riche histoire des coups de poignard dans le dos au sein de la classe politique française. Éric Weirce, ancien ministre du budget de Nicolas Sarkozy, figure centrale de la Sarkozy, député et président de la commission des finances à l'Assemblée nationale au titre des Républicains qui soutiennent Valérie Pécresse, Éric Weirce a annoncé hier que pour la présidentielle qui vient, son vote ira à Emmanuel Macron. C'était dans une interview accordée aux Parisiens. Une interview qui, bien entendu, a fait le buzz.

7:56
Invité

Oui, c'est une mauvaise nouvelle pour Valérie Pécresse, la candidate des Républicains, avec le ralliement d'Éric Weirce. Pour rappel, ancien ministre du budget de Nicolas Sarkozy, député des Républicains, président influent de la commission des finances, même si récemment il avait pris un petit peu de recul par rapport à la politique dans le débat public et dans l'opinion. Par ailleurs, Éric Weirce, dans les colonnes de nos confrères du Parisien, il va fort, ce n'est pas un soutien du bout des lèvres. La France a besoin d'un président expérimenté. Il, Emmanuel Macron, a montré qu'il savait gérer les crises les plus graves.

Et cette critique, destinée à l'égard de Valérie Pécresse, comme pour justifier ce ralliement, il explique en substance que la campagne de Valérie Pécresse serait obnubilée par la question de l'islamisme.

8:41
Présentateur

Bien entendu, dans le camp de Valérie Pécresse et dans les médias, on a compilé assez vite les déclarations anti-Macron, tonitruantes, mais tonitruantes d'Éric Weirce, qui le décrivent aujourd'hui en creux, soit comme une girouette, soit comme un sacré opportuniste.

9:00
Invité

Macron est dans la séduction, il n'est pas dans la conviction. Il est entouré des narques et son projet varie selon les narques qui parlent le dernier. Le président de la République pensait être le président du monde, puis après le président de l'Europe, puis il a du mal à être le président de la France, donc c'est une dégringolade. Le président était un très très grand généraliste hier. Moi j'avais l'impression de regarder La Grande Vadrouille. La Grande Vadrouille ? Oui, le film qu'on a vu mille fois. Pourquoi ? Parce que c'était quelque chose que j'ai entendu mille fois. Il y a une volonté claire du gouvernement d'affaiblir le Parlement.

Il y a une volonté claire de concentration des pouvoirs à l'Elysée. Un président ne peut pas se plaindre de son peuple. C'est très désagréable, parce que d'abord c'est vous, c'est moi, c'est celui qui nous écoute. On ne peut pas se plaindre de son peuple publiquement, à l'étranger. On peut avoir des mots, on peut penser plein de choses sur tout cela, mais il y a des choses qu'on ne dit pas, parce qu'on est à l'étranger. Et puis il ne peut pas y avoir un président qui sait tout, et puis un peuple qui ne sait rien. Un président qui sait où on doit aller, et puis un peuple qui fait tout pour ne pas y aller. Je partage l'opinion de Laurent sur l'idée que le président ne connaît pas les Français.

10:00
Présentateur

Une question de nature institutionnelle se pose désormais. Pendant combien de temps Eric Weirce a-t-il été un soutien masqué d'Emmanuel Macron ? Car le poste de président de la Commission des finances à l'Assemblée nationale est réservé à l'opposition. Hier après-midi, on observait déjà sur ce point la convergence assez piquante entre les supporters furieux de Valérie Pécresse et Hugo Bernalicis, député de la France Insoumise.

10:29
Invité

Moi je m'en fiche de ce point de vue-là. Enfin voilà, il a le droit de se tromper de cheval, c'est son problème. Je sais qu'il est fan d'hypodromes. Mais le rapport avec le règlement de l'article, la lignée A3 de l'article 39 prévoit, chers collègues, que ne peut être élu à la présence de la Commission des finances de l'économie générale du contrôle budgétaire qu'un député appartenant à un groupe s'étant déclaré d'opposition. Monsieur le député, ce n'est pas ici et maintenant que cette question se réglera.

10:56
Présentateur

Une autre question vient à l'esprit. Mais pourquoi Eric Wörth fait-il donc ce drôle de choix ? Les mauvaises langues pointent du doigt les affaires dans lesquelles il est mis en examen, c'est-à-dire l'affaire des gros sous libyens de Nicolas Sarkozy où il est poursuivi pour complicité de financement illicite de campagne et l'affaire Tapie dans laquelle il répondra des faits de concussion. On parle de l'énorme cadeau fiscal qu'il a fait au défunt homme d'affaires marseillais alors qu'il était ministre du budget.

Mais plus profondément, on se demande déjà, parmi les proches de Pécresse, si le comportement d'Eric Wörth n'est pas une sorte de révélateur des ambiguïtés de Nicolas Sarkozy lui-même. Parce que, tout de même, Valérie Pécresse fait tout pour plaire à Nicolas Sarkozy, figure tutélaire des Républicains, sans succès. Elle a même ressorti du placard les éléments de langage qui ont fait le succès de l'ancien maire de Neuilly.

11:52
Invité

Il faut ressortir le Karcher. Il a été remisé à la cave par François Hollande et Emmanuel Macron depuis dix ans. Aujourd'hui, il est temps de nettoyer les quartiers et il faut traquer les caïds, les voyous, les criminels, les dealers. C'est eux qu'il faut harceler, c'est eux qu'il faut punir, c'est eux qu'il faut priver de leur citoyenneté.

12:13
Présentateur

Mais Sarko n'en a cure. Il estime, selon des confidences rapportées par Le Figaro, que les propos de Pécresse étaient une connerie, que lui avait utilisé ses mots dans un contexte particulier, qu'il aurait dû être consulté en amont, etc. Bref, ce n'est pas cette référence en forme d'hommage qui va le pousser à sortir de l'ambiguïté et à défendre bec et angle la candidate du parti qu'il a lui-même créée. Dans la dernière édition du Canard Enchaîné, on peut lire de nombreux propos rapportés du prédécesseur de François Hollande à l'Élysée au sujet de Valérie Pécresse, des propos souvent peu amènes qu'on pourrait régimer en une expression « peu mieux faire ».

Macron aurait également confié à un de ses visiteurs qu'il faudra bien qu'il soutienne Valérie Pécresse un jour, mais avec plus ou moins de zèle selon le déroulement de sa campagne. Mais s'il s'économise ainsi, n'est-ce pas, dans le fond, pour soutenir, même sournoisement, Emmanuel Macron ? L'hypothèse n'est pas insensée, d'autant plus qu'aujourd'hui, les poulains de Nicolas Sarkozy se retrouvent peut-être plus au Conseil des ministres qu'au QG de campagne de Valérie Pécresse.

Jean Castex, Bruno Le Maire, Gérald Darmana, Rossine Bachelot et surtout Éric Dupont-Morici, le garde des Sceaux, lui-même mis en examen pour prise illégale d'intérêt dans une affaire le liant à Nicolas Sarkozy via l'avocat de ce dernier, Thierry Herzog, proche de Dupont-Morici, au point de passer ses vacances avec lui. Bien entendu, on peut aussi noter la convergence des barbouzes et autres figures interlopes qui ont à la fois bossé dans l'ombre pour Nicolas Sarkozy et pour Emmanuel Macron.

Pourquoi s'impliquer dans le combat pour l'alternance, quitte à se fâcher avec l'actuel locataire de l'Élysée, qui a de fortes chances de rempiler, alors qu'on a déjà une partie de nos hommes au pouvoir et que l'arrivée à l'Élysée de Valérie Pécresse donnerait un nouveau chef à la droite ? Au fond, c'est sans doute là la question que se pose Nicolas Sarkozy, d'autant plus qu'il y a quelques mois, il échafaudait un scénario qui lui permettrait de revenir au premier plan sous Emmanuel Macron. C'est ce qu'expliquait la journaliste Nathalie Chuc, co-autrice du livre « Chéri, j'ai rétréci la droite » dans une interview accordée à Europe 1.

14:30
Invité

Nicolas Sarkozy, il ira au devant de la victoire. C'est-à-dire que s'il faut soutenir Emmanuel Macron parce que c'est le mieux placé dans l'électorat de droite, il le soutiendra. Mais s'il faut soutenir quelqu'un de son camp, il le fera aussi. Donc il se réserve toutes les possibilités, notamment pour une raison, c'est qu'il n'exclut pas un scénario où Emmanuel Macron gagnera la présidentielle mais perdra les législatives, auquel cas il lui imposera une cohabitation.

14:53
Présentateur

Aux dernières nouvelles, Nicolas Sarkozy rencontrera Valérie Pécresse ce vendredi, demain. On verra alors s'il décide de sortir de l'ambiguïté. On passe bientôt au plat de consistance de cette contre-matinale. Dans quelques minutes, je recevrai Raphaël Arnaud, porte-parole de la jeune garde. Nous reviendrons ensemble sur les différentes mobilisations antifascistes qui ont eu lieu ces dernières 24 heures, avec une question en toile de fond, une question volontairement abrupte. Les fachos ont-ils gagné la bataille culturelle ? Que restent-ils des luttes antifascistes à l'heure où l'extrême droite semble gagner du terrain, partout et tout le temps ?

Leurs thématiques s'imposent, les thématiques de l'extrême droite, dans les débats médiatiques et politiques. Leurs militants semblent se sentir poussés des ailes, au point où des anciens activistes de génération identitaire, groupuscule d'extrême droite dissoute par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, en février 2021, se permettent de menacer et d'intimider un candidat aux élections présidentielles. Anna Skazib, porte-parole de Révolution Permanente, pour l'empêcher de tenir un meeting en plein Paris à la Sorbonne. Anna Skazib était sur le plateau du Média avant-hier. Il est revenu sur ses pressions et sur l'importance d'une mobilisation commune unitaire contre le fascisme.

On écoute sa courte interview, menée mardi par notre collègue et camarade Tabouaf, et on revient sur le plateau pour en parler avec Raphaël Arnaud.

16:22
Invité

Bonjour à tous, moi je m'appelle Anna Skazib, je suis cheminot et je suis candidat aujourd'hui à la présidentielle 2022, le seul candidat ouvrier issu des quartiers populaires, avec la volonté de porter une voix différente dans cette élection présidentielle. On subit des attaques de l'extrême droite depuis maintenant 48 heures, d'une part parce que je suis candidat à la présidentielle, et ça, l'extrême droite ne peut le supporter.

La possibilité que pour la première fois de l'histoire en France, un candidat ouvrier issu de l'immigration puisse être sur la ligne de départ, mais également parce que je suis invité pour une conférence qui fait partie d'un cycle de conférences à la Sorbonne par un syndicat étudiant qui s'appelle Le Point Levé. Et notamment, il y a le nouveau fauné de Génération Identitaire qui a fait du tractage, du collage d'affiches avec mon visage en expliquant que je suis 0% français et 100% wokiste, 100% islamiste.

Et donc, voilà, j'ai eu la chance d'avoir un élan de solidarité, de soutien assez important, de plein notamment d'organisations syndicales, politiques, de personnalités publiques, d'artistes et autres, parce qu'au-delà de moi, tout le monde voit bien que ça fait partie d'une forme de prolifération de l'extrême droite, de leurs idées, mais aussi du fait qu'ils commencent à essayer de vouloir décider, entre guillemets, de qui a le droit de faire de la politique, qui a le droit de parler dans une université et qui a le droit d'être candidat à la présidentielle.

Il faut savoir qu'après moi, le prochain, c'est Jean-Luc Mélenchon qui sera à la Sorbonne la semaine suivante et qu'ils entendent, par le fait d'essayer d'interdire ma conférence, interdire l'ensemble des candidats de la gauche à pouvoir s'exprimer dans une université, justement, à un mois jour pour jour de ce qu'a été le colloque contre le wokisme de Jean-Michel Blanquer. Ça fait plus de six mois maintenant qu'on est dans cette campagne présidentielle avec Révolution Permanente. On a déjà dépassé les plus de 290 promesses de parrainage. On est dans la reconversion aujourd'hui. On est sur cette dernière ligne droite pour reconvertir les parrainages.

Il y a déjà eu toute la polémique autour de ce fameux hashtag « Anascazib ré-migration » où on voulait me faire ré-immigrer.

Moi qui suis né à Sarcelles dans le 95, je ne sais pas où on voulait me faire émigrer, mais on voit à quel point l'extrême droite est inquiète de ma candidature parce que cette montée, notamment de candidats comme Zemmour, comme Le Pen et d'autres, comme moi je dis souvent, c'est la réponse réactionnaire à cinq années de lutte de classe qui viennent de passer depuis les mouvements contre la loi El Khomri, les mouvements après la mort de George Floyd aux États-Unis ou encore entre-temps le mouvement des gilets jaunes, la réforme du ferroviaire, la réforme des retraites, c'est-à-dire cinq années de lutte importante.

Et ils savent que ma candidature, déjà par la symbolique, elle veut dire beaucoup de choses, mais également par ma présence dans ces différentes mobilisations, ils savent et ils ne veulent surtout pas, ils ne veulent surtout pas amener cette voie, cette voie de lutte, cette voie du terrain, cette voie de celles et ceux qui n'ont pas voix au chapitre, comme moi je dis, pouvoir s'exprimer dans cette présidentielle. Un journal espagnol avait titré « Anascazib » « Le cauchemar de l'extrême droite ».

Et je pense que ça veut dire beaucoup, c'est-à-dire qu'on est aux antipodes de ce qu'est l'extrême droite aujourd'hui, d'une candidature comme Zemmour, qui parle maintenant, on le voit, de civilisations qui ne peuvent plus cohabiter ensemble. C'est-à-dire que l'extrême droite, aujourd'hui, elle espère non pas uniquement prendre de la place dans l'espace politique de cette présidentielle-là, mais elle veut aussi nous intimer l'ordre de dégager en fait des universités, etc.

Et le message qu'il faut qu'on leur transmette, c'est que nous, on ne se laissera pas faire, on ne se laissera pas intimider, on ne se laissera pas menacer par l'extrême droite et qu'au contraire, ma candidature, elle est bel et bien là et on entend aller jusqu'au bout contre vents et marées, contre toutes ces pressions de l'extrême droite.

Et il faut que les gens, ils le comprennent, que ce n'est pas juste ma candidature qui aujourd'hui est menacée de ces pressions de l'extrême droite, mais c'est aussi tout notre camp social qui est attaqué et qui, dans cette présidentielle, lorsque le candidat qui parle de civilisations qui ne peuvent plus cohabiter à des hommes en arme qui est condamné, qui est un multirécidiviste pour la haine raciale et la haine religieuse et qui aujourd'hui, sur des matinales, fait un appel tout simplement à la guerre civile, il faut que les gens entendent que c'est ça, ce discours-là qui va être entendu dans l'élection présidentielle pendant deux mois et qu'il va falloir que ma candidature et celle d'autres personnes puissent s'exprimer pour lutter frontalement contre l'extrême droite.

Et ce deuxième message, il est aussi pour tous ces élus partout en France, de les appeler à me parrainer, de les appeler à jouer avec ce soutien démocratique pour permettre que ma candidature puisse être là parce que ma candidature en six mois, c'est zéro radio, zéro télé. Zéro radio, zéro télé alors qu'on a fait plus de 5 800 maires, on a récolté un certain nombre de parrainages, on a fait des meetings qui sont pleins et au final, on voit que toutes ces pressions du système, elles essayent d'empêcher ma candidature et heureusement, il y a tous ces élus, ces maires notamment de petites communes qui jouent ce soutien démocratique pour me permettre d'être là.

Et vraiment, parrainer ma candidature, ça permettra aussi à toute cette jeunesse, aux personnes des quartiers populaires, à cette classe ouvrière qui a été trahie tant de fois, qui se désintéresse de plus en plus de la politique, qui ne vote plus, qui s'abstient à pouvoir revenir et s'intéresser à la vie politique aujourd'hui derrière ma candidature. Ils le montrent dans la présence importante dans les meetings et j'espère que vous allez leur donner la possibilité de le faire à travers ma candidature à la présidentielle.

22:03
Présentateur

Pour rappel, ce FaceCam sera disponible dans la soirée, sur nos réseaux sociaux. N'oubliez pas de le liker, de le partager au maximum, de partager aussi le lien de ce direct pour permettre aux gens de le regarder après et de mettre des petits pouces bleus. Ça aide toujours à mieux référencer nos contenus sur l'algorithme, justement au moment où il est important pour nous de pousser notre vision de la France face à ce qu'on pourrait considérer justement comme une victoire culturelle, en tout cas provisoire, des fachos. On compte sur vous. Comme vous pouvez le voir, Raphaël Arnaud nous a rejoint pendant ce magnéto. Salut Raphaël, comment tu vas ? Ça va, et vous ? Ça va, ça va.

Alors Raphaël, tu es porte-parole de l'organisation antifasciste La Jeune Garde. Merci d'avoir répondu présent à notre invitation. Est-ce que déjà, tu peux nous parler La Jeune Garde ? C'est une organisation. Comment tu la décrirais ?

22:56
Invité

Nous, on est une organisation qui s'autoproclame antifasciste, donc évidemment spécifique à cette lutte contre l'extrême droite. On est une organisation de jeunesse, comme son nom l'indique. On s'est monté en 2018, notamment en réaction aux violences à Lyon qui sont extrêmement fortes de la part de milices fascistes, notamment issues de générations identitaires et compagnie. Et voilà, notre premier réflexe a été d'abord de se défendre face aux attaques de l'extrême droite.

Donc, on a une vraie pratique de l'autodéfense dans nos manifestations, dans nos quartiers et ensuite de construire un front unitaire le plus large possible parce qu'on pense qu'on n'a pas le choix que de travailler ensemble face à l'extrême droite.

23:34
Présentateur

Alors, vous avez répondu La Jeune Garde présent à la mobilisation d'Anna Scazib devant la Sorbonne. Pourquoi c'était important pour vous d'y être ?

23:42
Invité

C'était une évidence pour nous. C'était une évidence parce que, d'une part, lorsque l'extrême droite nous attaque directement, notre camp social, on se doit d'y répondre au maximum. Alors, malheureusement, on ne peut pas à chaque fois. En tout cas, dès qu'on en a l'opportunité, on y va. Et puis, Anna Scazib, voilà, on le voyait très bien dans l'interview, c'est qu'il représente quelque chose qui fait mal à l'extrême droite. C'est quelqu'un qui est issu de l'immigration, qui représente les quartiers populaires, qui est un ouvrier, qui se présente à la présidentielle.

On voit bien qu'il dérange des lignes politiques que veut nous imposer un certain ordre social par l'extrême droite, mais pas que, par l'ensemble du champ politique et médiatique. Et donc, nous, il était important de montrer qu'en fait, il y a une solidarité de base. Si ces personnes sont à l'aise sur les plateaux de Bolloré, des milliardaires, etc., et bien nous, il nous reste la rue. Et c'est ce qu'on a montré hier soir. C'est un rassemblement spontané, certes appelé par Anas Scazib, mais en quoi ? En 24 heures, même un peu moins peut-être. On a été des centaines devant la Sorbonne et c'était aussi un symbole.

C'est que la Sorbonne, grande université française dans les quartiers plutôt riches de Paris. Je ne connais pas bien Paris, mais j'imagine que le cinquième, c'est assez riche. Et qu'est-ce que veut l'extrême droite ? Non, non, surtout ne venez pas dans nos lieux de pouvoir, dans nos lieux d'expression, etc. Et nous, c'était de dire si, si, on va y aller. Et Anas a très bien fait d'y aller et de ne pas reculer face aux invectifs de l'extrême droite.

25:01
Présentateur

Alors, je crois qu'aujourd'hui ou demain, il sera à Sciences Po-Lille. On pourra me le préciser dans le prompteur pour que je le dise. En tout cas, il ira à Sciences Po-Lille là, bientôt. Alors, les militants, en fait, finalement, qui ont menacé Anas Kasyp, qui voulaient saboter son passage à la Sorbonne, sont des militants, des anciens de génération identitaire. Est-ce que tu peux nous parler de ces adversaires que vous êtes allés combattre ?

25:25
Invité

Oui, on les connaît très bien à Lyon, puisque notamment, il y a leur local, leurs locaux, parce que maintenant, ils en ont deux, qui s'appellent La Traboule et La Gaugée, qui sont situés dans le Vieux-Lyon depuis 2010. Donc, ça fait maintenant plus de dix ans qu'ils se servent de ces locaux-là pour s'organiser, notamment, ils le disent, à se préparer à la guerre civile, raciale, etc., des locaux interdits aux Blancs, comme à Lille, avec le local qui s'appelle La Citadelle. Les locaux interdits, hein ? Aux non-Blancs. Voilà, c'est ce que disait, comment est-ce qu'ils s'appellent ? Je ne me souviens plus. Bref, le leader de La Citadelle à Lille.

Donc, c'est ce type de locaux qui existent dans nos villes et qui servent aussi de repères pour mener des attaques, revenir dans ces locaux-là lorsque les attaques sont finies. Et ce qui est assez comique et triste pour nous, Lyonnais, c'est qu'à chaque fois, les Lyonnais sont, voilà, en tête des initiatives de l'extrême droite. Et hier encore, il y a eu une vidéo, voilà, d'un personnage qui s'appelle Étienne Cormier qui menaçait directement la venue d'Anna Scasib. Donc, c'est quelqu'un qu'on connaît bien à Lyon, qui a fui Genève sous la pression antifasciste, qui est arrivé à Lyon en se refaisant une beauté.

Et c'est quelqu'un, notamment, il y a quelques mois qui a sorti un couteau en plein quartier de la Guillotière pour menacer des militants de gauche qui l'interpellaient. Voilà la réponse de l'extrême droite. À chaque fois, c'est s'imposer par la violence. Et nous, évidemment, on sera toujours là pour leur faire barrage.

26:41
Présentateur

Alors, donc, finalement, on voit bien que la dissolution de Génération Identitaire n'a pas dissout les militants de Génération Identitaire. On pouvait s'y attendre. Il me semble qu'il y a un débat justement sur la question de l'utilité de telle dissolution et que ces débats, ils divisent les militants et les spécialistes.

27:00
Invité

Oui, je pense que c'est... Vous vous positionnez comment en lancer ces débats ? Alors nous, on a milité pour la dissolution de Génération Identitaire. On a mené une véritable campagne pour les dissoudre parce qu'on pense qu'à un moment donné, ce groupuscule devenait trop dangereux, notamment parce qu'ils essayaient de se faire une nouvelle place médiatique avec une nouvelle image, etc., qu'on a voulu les dénoncer.

On pense que cette dissolution n'a pas totalement été inutile parce qu'on a freiné quand même à un moment Génération Identitaire où c'était des actions coup de com' et pas que coup de com' d'ailleurs dangereuses, notamment pour les migrants aux frontières, etc., en organisant de véritables milices. Ça leur a mis quand même un coup d'arrêt. Évidemment, ça ne les a pas détruits parce que cette dissolution, elle ne s'est pas faite entièrement. Notamment à Lyon, leurs locaux existent toujours. À Lille, leurs locaux existent toujours. On voit bien que cette dissolution, elle est de demi-mesure. Je vais prendre un autre exemple, c'est la dissolution réelle efficacité.

Si encore une fois, elle n'a pas effacé l'ensemble des militants d'extrême droite et n'a pas fait reculer l'extrême droite dans son ensemble, en tout cas, elle casse des dynamiques et à un moment donné, ça peut nous être utile. Ça ne veut pas dire qu'à chaque fois, une dissolution est forcément utile. C'est qu'à un moment donné, d'un point de vue pratique, on peut casser leurs outils organisationnels et les faire reculer un temps donné, au moins d'un point de vue organisationnel et que certaines fois, on demandera la dissolution à chaque fois qu'on juge cela nécessaire.

28:16
Présentateur

Lors de la soirée, vous pouvez percevoir un petit groupe, en fait, environ 10-15 personnes, des militants d'extrême droite, cachés derrière un cordon de force de l'ordre déployé pour l'occasion et ces militants, ils n'ont pas agi, ils n'ont pas mis leur menace à exécution, leur menace contre Anas. Alors, est-ce que vous considérez que c'est une victoire pour le camp antifasciste, pour le camp, justement, de la gauche ? Est-ce que ça montre la puissance d'immobilisation ? Comment vous interprétez, justement, le fait qu'ils étaient finalement timides là où ils promettaient l'enfer ? Oui,

28:49
Invité

je pense qu'il faut qu'on soit très honnête, nous, militants et militantes, sur le fait, lorsqu'on perd, voilà, du terrain, etc., et qu'aussi qu'on soit très honnête lorsqu'on en gagne. C'est une véritable victoire, ce qui s'est passé hier à la Sorbonne. Très certainement que s'il n'y avait pas eu cet appel au rassemblement, qu'il n'y avait pas eu ce rassemblement spontané avec des militants et militantes qui venaient de toutes parts, notamment des militants de la jeunesse antifasciste, de la jeune garde, mais pas qu'eux, et très certainement qu'il y aurait eu des milices qui seraient organisées et qui auraient attaqué le meeting d'Anaz Cazib.

Donc, on voit bien, lorsqu'on s'organise, en fait, on leur fait peur et on peut les faire reculer. Nous, à Lyon, on en a la preuve aussi. Lorsque nous, militants et militantes antifascistes, on arrive à s'imposer dans la rue et à montrer que, bah ouais, on va se défendre, généralement, ils ne viennent pas. Voilà, donc il y a un réel intérêt à faire ça. Je prends aussi l'exemple de Montreuil où Zemmour, finalement,

29:44
Présentateur

alors le studio qui devait le recevoir pour une émission de BFM TV, bah en fait, les animateurs de ce studio ont annulé le tournage en apprenant que c'était lui l'invité en disant qu'il n'était pas question pour eux de le recueillir chez eux. Mais, alors, on a aussi eu l'impression que, à Montreuil, la mobilisation n'était pas super forte non plus parce qu'il n'y avait quasiment personne devant le studio qui était à la rue des Fiettes, c'est-à-dire vraiment à la limite entre Paris et Montreuil, sauf un militant et cinq journalistes. Il y avait plus de journalistes que de militants qui sont venus couvrir ça.

C'est vrai qu'il y avait une mobilisation, une manifestation à l'appel du maire communiste de la Commune, mais en fait, en gros, la mobilisation anti-Zemmour, disons, active à la manière des antifascistes, en fait, elle n'a pas vraiment eu lieu. Est-ce que c'est un échec ou alors c'est parce qu'il n'y a pas eu de projet de s'interposer d'une autre manière que par la manifestation officielle, disons ?

30:48
Invité

Je pense que la victoire, elle est déjà là. Alors certes, elle est partielle, c'est le fait que Zemmour, il ne nous impose pas son agenda comme il veut. Maintenant, il est obligé de rendre secrets certains de ses déplacements, de les donner au dernier moment. C'est bien qu'on a une influence quand même sur son agenda politique et ça, pour le coup, c'est une véritable victoire. Quand même, à Montreuil, il y avait un petit peu de monde donc on voit bien qu'il y avait du monde pour dire non à Zemmour et notamment, rapidement, que ça vienne du maire, que ça vienne des locaux qui devaient le recevoir mais aussi des habitants et habitantes de Montreuil.

Ensuite, il n'y a pas eu de mobilisation à Saint-Denis devant les locaux aussi parce que certainement, il y avait un manque de temps, un manque d'organisation. Le fait est aussi, c'est qu'il y avait une mobilisation en soutien à Anascazib qui a délocalisé un certain nombre de militants et militantes et aussi à Montreuil. Du coup, d'un point de vue très pratique, je pense que ça ne s'est pas fait. Zemmour qui ne croit pas qu'on va le laisser tranquille ni Marine Le Pen d'ailleurs. Ce serait bien de ne pas l'oublier malgré les offensives de Zemmour qu'on sera là les prochaines fois. Il n'y a pas de souci.

31:48
Présentateur

Finalement, on va dire que les antifascistes occupent la rue pendant que l'extrême droite bénéficie des studios, des grosses chaînes de télévision. C'est un peu le titre de cette matinale. Est-ce que l'extrême droite finalement a gagné la bataille culturelle ? Sinon, comment expliquer le fait qu'elle soit complètement en roue libre en ce moment ?

32:06
Invité

Est-ce qu'ils ont gagné la bataille culturelle ? C'est difficile à dire. Peut-être quand on regardera l'histoire plus tard, on y verra d'un oeil un peu plus clair. C'est sûr qu'ils sont très offensifs et ils avancent. Alors, il y a d'une part leur propre autonomie à l'extrême droite. Le fait qu'ils arrivent à imposer des thèmes, on parlait de génération identitaire et pourquoi pour nous la dissolution est importante, c'est parce qu'ils ont réussi à matraquer dans le champ politique et médiatique certains thèmes, notamment islamophobes, certes qui ont été partagés par divers courants du champ politique et médiatique.

N'empêche, ils ont vraiment matraqué sur cette question-là jusqu'à le faire inscrire, notamment dans des organisations comme le Rassemblement National, comme une base de son programme politique. Donc, voilà.

32:47
Présentateur

Est-ce que ce n'est pas la capacité de ces groupuscules d'extrême droite de diffuser leurs idées et de faire céder les digues ? Par exemple, il y a 5 ans, 10 ans, quand on parlait de ré-migration, c'était vraiment un thème totalement marginal. marginal aujourd'hui dans le champ politique classique, on entend ce mot, le grand remplacement, Éric Zemmour l'assume complètement, etc. Est-ce que, justement, ce n'est pas ça leur force d'imposer leur thématique là où les antifascistes, la gauche radicale, l'extrême gauche n'avancent quasiment plus dans le champ social ?

33:25
Invité

Alors, justement, il y a cette autonomie de l'extrême droite. On a bien compris qu'ils avaient réussi à imposer des thèmes par leurs propres forces, par leurs pratiques, par leurs tactiques, etc. Ça, c'est leur autonomie. Et il y a le second versant qui a aussi tout son sens.

C'est le fait qu'il y a une partie de la classe de la bourgeoisie, notamment des personnages comme Vincent Bolloré qui sont en tête de ce type de mouvement, qui se dit, en fait, finalement, pour maintenir nos intérêts économiques, pour faire fonctionner cette société inégalitaire, maintenir l'ordre social le plus violent, raciste, inégalitaire qu'il soit, finalement, la solution, est-ce que ce ne serait pas l'extrême droite ? Est-ce que ce ne serait pas l'extrême droite pour encore plus de violences, pour encore plus de répression, pour maintenir ce système et cet ordre social ? Et c'est vrai qu'il y a une partie de la bourgeoisie qui est en crise d'hégémonie du capitalisme.

On voit qu'il y a une remise en question de plein de thématiques. On l'a vu au Gilet jaune sur les questions sociales. On l'a vu avec des mouvements comme Adama, avec des énormes manifestations de Black Lives Matter, etc. On voit bien qu'il y a une remise en cause du système raciste en France, etc. Et voilà. Du coup, il y a une partie de la bourgeoisie qui se dit « Oula, pour maintenir nos intérêts, finalement, peut-être qu'on va se tourner vers des personnages comme Zemmour, comme Marine Le Pen et il leur laisse son libre. Il leur laisse son libre avec un énorme, un véritable empire médiatique. Et oui, c'est vrai que ça nous fait mal de ce point de vue-là.

Après, nous, ça n'empêche pas qu'on est encore là. On est encore là et on arrive à s'imposer. La preuve, c'est qu'Anas a pu s'exprimer à la Sorbonne hier soir. On s'impose aussi encore une fois dans les médias lorsqu'on y est. On arrive quand même encore à imposer nos thématiques et je pense que c'est qu'une question de temps mais on va revenir en force, c'est une certitude. Alors justement, en parlant des médias,

35:03
Présentateur

il y a eu beaucoup de polémiques autour d'Hérédéric Zemmour qui était sur France Inter lundi. Alors bon, les médias de service public et les médias de large spectre de manière générale ont un devoir d'équité entre les différents candidats mais on a remarqué les très nombreux tweets de France Inter qui reprenaient ces thématiques et d'ailleurs qui reprenaient des propos qui étaient clairement en dehors du champ de la légalité parce que c'était des propos appelant des propos racistes des propos appelant à la violence etc.

Comment expliquer que même les médias de service public donc là c'est pas un empire médiatique dirigé par un milliardaire très à droite comme Voloré comment expliquer ce renoncement ou alors cette complicité des médias de service public

35:53
Invité

? Je pense que ça a fait mal à beaucoup de monde de voir France Inter qui est au-delà même dans l'interview d'Éric Zemmour où il y a très peu de contradictions en plus de ça qui relaient ces propos profondément dangereux notamment la théorie du grand remplacement enfin c'est quand même ouf que le gars puisse balancer comme ça une théorie profondément antisémite il est bon de le rappeler de base c'est une théorie antisémite qui petit à petit a intégré toutes les questions islamophobes anti-immigration etc.

Aujourd'hui il affirme ça tranquille sur un plateau et en plus c'est une théorie qui est utilisée par des terroristes il est bon de le rappeler c'est comme si là un candidat à la présidentielle utilisait des idéologies proches de Daesh tranquillement sur les plateaux on se doute bien qu'il y aurait l'ensemble du champ politique et médiatique qui s'attarderait cette question en mettant des signaux d'alerte et là non non c'est Zemmour tout va bien il affirme ça sur une chaîne publique une idéologie utilisée à chaque fois par des terroristes il y en a un là il y a une semaine qui s'est fait arrêter et qui a mangé 9 ans d'emprisonnement pour entreprise terroriste encore une fois c'était quoi qui le motivait c'était cette théorie du grand remplacement donc ouais ça fait froid dans le dos et c'est aussi le fait voilà comme on le disait ils ont réussi à s'imposer et il y a l'ensemble on sent bien du champ politique et médiatique qui s'est droitisé voire même extrême droitisé et qui a aussi une certaine peur il y a une certaine peur je pense de la part de pas mal de médias d'être en contradiction avec ce champ là parce que c'est le champ de la force c'est le champ qui fait peur l'extrême droite

37:17
Présentateur

justement vous en tant que militant antifasciste quel rapport que vous entretenez avec les médias à large spectre les médias mainstream comme on dit est-ce que vous êtes invité est-ce que vous avez du mal à être invité est-ce que vous êtes contredit quand vous y allez est-ce que vous avez l'impression que votre parole peut être entendue en dehors des espaces comme le nôtre et comme les espaces justement des médias indépendants

37:41
Invité

pendant longtemps le mouvement qui s'autoproclame antifasciste parce que nous on considère que le mouvement antifasciste c'est quelque chose de bien plus large que seulement nos organisations de jeunesse pendant longtemps on a fait le choix de ne pas se confier spécialement aux médias etc. pour plein de raisons notamment la peur d'être ciblée par l'extrême droite c'est une réalité aussi par de la méfiance envers certains médias mainstream etc. nous on a fait le choix aujourd'hui d'y aller parce qu'on pense qu'effectivement il y a une véritable bataille à mener aussi sur ce terrain là et que c'est pas possible de les laisser déverser toute leur haine tout leur racisme etc.

sans contradiction et nous on a quand même une force c'est qu'ils peuvent nous raconter n'importe quoi on y est sur le terrain c'est pas seulement des informations c'est pas seulement des chiffres c'est ce qu'on vit au quotidien nous notamment à Lyon encore une fois je le redis ça fait 10 ans qu'on subit les attaques des milices fascistes organisées de l'extrême droite qui sont proches aujourd'hui qui militent pour Zemmour qui ont milité pour Le Pen et qui continuent à le faire d'ailleurs c'est ça aussi le résultat de l'extrême droite et c'est ça notre force un peu sur ces plateaux là alors évidemment on n'est pas forcément les bienvenus parce que on fait mal à une certaine idéologie à un certain un certain camp politique n'empêche que voilà dès qu'on en a l'occasion on essaye d'y aller et de montrer notre tête

38:53
Présentateur

par exemple tu étais chez Cyril Hanouna qui en fait c'est une des arènes les plus populaires en ce moment et Cyril Hanouna dans certaines études ont montré qu'il était très très prompt à inviter plutôt la sphère Zemmour et la sphère un peu d'extrême droite comment ça s'est passé quelle est l'expérience qui en est ressortie pour toi ?

39:15
Invité

Déjà TPMP et Hanouna c'était pas un choix facile et à chaque fois il se reposera c'est à dire bon nous on fonctionne de façon évidemment démocratique dans notre organisation et à chaque fois ça se pose est-ce qu'on y va est-ce qu'on y va pas c'est sûr que c'est c'est une question compliquée notamment j'étais en face d'une personne voilà d'extrême droite donc voilà cette question là elle est pas simple on a fait le choix d'y aller pour les raisons que j'expliquais juste avant expérience voilà plutôt réussie parce qu'on sent bien qu'on casse certaines notamment images relayées par le champ politique et médiatique sur nos mouvements antifascistes qui sont caricaturés et nous on essaie de dire bah non en fait maintenant on est là donc vous ne pouvez plus cracher sur nous comme ça après ce qu'ils m'inviteront je ne sais pas parce que notamment on est très offensif sur Bolloré on ne s'en cache pas dans notre propagande etc donc je ne sais pas si on sera à nouveau invité on verra ça mais voilà

40:04
Présentateur

justement en fait en parlant des thématiques de l'extrême droite qui réussissent à monter un slogan qui réussit à percer et même à convaincre des français qui ne sont pas particulièrement politisés à l'extrême droite qui ne sont d'ailleurs pas particulièrement politisés c'est que les antifascistes sont les nouveaux fascistes notamment en raison d'un certain nombre d'initiatives qui consistent par exemple à bloquer Éric Zemmour à l'empêcher de parler en gros vous seriez les adversaires de la liberté d'expression etc qu'est-ce que tu répenses ?

40:38
Invité

Ouais c'est dingue c'est dingue cette espèce d'inversion à chaque fois que nous impose l'extrême droite les antiracistes seraient finalement les vrais racistes les féministes seraient finalement celles qui veulent différencier l'homme de la femme les antifascistes seraient finalement les fascistes à chaque fois il y a cette logique de l'extrême droite de semer le trouble en réalité la confusion c'est ce qui les arrange le plus pour imposer leurs idées parce qu'une fois qu'on arrive à clarifier les débattre etc généralement ils sont beaucoup moins à l'aise et oui alors il y a cette question de la liberté d'expression chaque fois qu'il nous est sorti etc moi je vous avoue que pour le débat public on pense qu'il y a un enjeu ultra nécessaire à ne pas laisser s'exprimer notamment des idéologies terroristes on le dit comme le grand remplacement oui c'est une idéologie utilisée par les terroristes oui c'est une idéologie terroriste oui il y a des idéologies racistes notamment condamnées par la justice et on pense que ces gens là ne doivent pas s'exprimer et s'ils ont place nette sur les plateaux des milliardaires comme Bolloré dans nos rues ça ne doit pas s'exprimer ça c'est une réalité on pense qu'aujourd'hui Zemmour et Le Pen ne doivent pas être candidats à la présidentielle pour ces raisons là nous on vient d'une histoire politique les antifascistes notamment de résistance que ça vienne voilà des années 30 des groupes d'autodéfense qui ont lutté contre la montée de l'extrême droite en Europe ensuite à la libération etc aussi très récemment voilà ce qui s'est passé en Syrie notamment de la part des milices auto-organisées antifascistes au Rojava donc dans le nord de la Syrie qui ont lutté notamment contre Daech contre les impérialismes et aussi contre le régime turc d'extrême droite d'Erdogan de la Turquie et donc nous on s'imprègne de ces luttes là c'est notre camp politique et à toute époque à tout moment on doit lutter contre l'extrême droite et les faire reculer et surtout éviter qu'ils prennent de la place et notamment éviter qu'ils prennent de la place dans les médias parce que c'est une réalité très concrète sur nos vies le fait est c'est qu'aujourd'hui il y a des milices d'extrême droite qui menacent des ANAS Cazib de s'exprimer qui nous attaquent et de la violence jusqu'aux attentats

42:36
Présentateur

alors j'ai pensé en préparant cette émission à 2002 2002 c'est l'année où Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle ça fait 20 ans 2002-2022 le bilan est terrible c'est à dire qu'on avait senti la société française bouleversée par l'arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour désormais la question de la présence d'un candidat d'extrême droite au second tour semble en fait ça semble couler de source et on en a même deux on en a deux et quand on additionne les deux ils représentent quasiment le tiers de l'électorat et leurs adversaires de LREM ou de LR sont très très imprégnés de leur théorie on a vu la primaire LR où certains candidats disaient qu'il fallait empêcher les femmes voilées de venir à l'hôpital LREM défend les théories comme l'islamo-gauchisme le wokisme etc qu'est-ce qui n'a pas marché pourquoi cette cette défaite pourquoi les formes de militantisme que vous avez que vous devenciez vous avez expérimenté n'ont pas empêché ce déferlement si vous deviez faire une forme d'autocritique

43:46
Invité

alors du coup en 2002 j'avais 7 ans c'est un peu difficile

43:51
Présentateur

et vous puisque vous êtes

43:53
Invité

question d'une histoire non non bien sûr je pense qu'il y a une erreur il y a une erreur de la part de notre camp politique c'est d'avoir pensé que le résultat qu'il y a aujourd'hui deux candidats d'extrême droite très offensifs comme Zemmour que l'ensemble du champ politique notamment LREM les républicains etc. s'extrême-droitise jusqu'à alors n'osait pas passer certaines limites ce serait dû au fait que voilà on est isolé l'extrême droite qu'on se soit concentré que sur l'extrême droite et que finalement on est perdu du terrain à nous imposer nos idées etc. alors on est partisans du fait de dire que lorsqu'on arrive à imposer nos idées notre camp social notamment d'émancipation etc.

on arrive à faire reculer de fait les idées d'extrême droite parce qu'on s'impose par contre moi je pense à l'inverse qu'il y a toute une partie de notre camp politique qui a abandonné cette lutte là spécifique à l'extrême droite pendant des années il a existé des organisations unitaires comme Ralfron j'en cite une mais il y en a beaucoup d'autres toutes nos organisations politiques syndicales associatives étaient concentrées sur ce sujet là de l'extrême droite spécifiquement avaient notamment des membres qui étaient chargés de suivre l'actualité de l'extrême droite de les combattre avec notamment des organisations d'autodéfense dans nos propres syndicats nos organisations politiques et dans énormément de ces organisations là ces pratiques ont disparu aujourd'hui malheureusement juste la question de l'autodéfense on n'est que quelques organisations aujourd'hui en France à la pratiquer et ça c'est une réelle défaite pour notre camp pour moi c'est qu'on a jugé l'extrême droite comme étant d'autres organisations politiques nous avec la jeune garde on essaye de réaffirmer que non c'était quand même un danger bien particulier et si on a une réponse à donner au fait que oui effectivement on n'a pas besoin d'être à l'extrême droite pour être raciste on n'a pas besoin d'être à l'extrême droite pour être misogyne etc pour être LGBTI phobe et compagnie comme LREM peuvent l'être comme les républicains etc en tout cas de faire reculer l'extrême droite et ses idées ça permet à l'ensemble du champ politique de poser des bases très claires à ne pas dépasser des limites à ne pas franchir parce que les républicains c'est pas nouveau qu'ils sont racistes par exemple c'est pas nouveau qu'ils pensent ces choses là comme Eric Ciotti et compagnie le fait est c'est qu'aujourd'hui ils peuvent l'affirmer grâce au fait que l'extrême droite a réussi à pousser des portes à casser des portes et bien nous le but ça va être de les à nouveau les isoler de les écarter du champ politique et médiatique pour que c'est une répercussion sur l'ensemble de la société et que leurs idées soient à nouveau condamnées et que les gens aient peur de proclamer ces idées là

46:21
Présentateur

en fait le truc c'est que aujourd'hui ce qui peut être aussi fait croître l'extrême droite ce n'est pas l'extrême droite elle-même mais c'est le renoncement des forces politiques se disant de gauche notamment dans les territoires comme le nord de la France l'est ces territoires qui ont été touchés par la désindustrialisation par la pauvreté par l'amertume etc.

est-ce que justement on ne peut être aujourd'hui qu'antifasciste est-ce qu'il ne faut pas avoir une sorte de réflexion d'ensemble sur ce qui amène le français lambda à avoir de la sympathie ou bien à tendre l'oreille à un candidat qui par exemple explique que donner 400 euros ou 200 euros à des migrants c'est trop qu'il faudrait les laisser crever qu'il faudrait arrêter la CMU en fait il faudrait arrêter de financer la survie en réalité de nos frères humains parce qu'ils n'auraient pas un bout de papier en fait des choses comme ça qui vont en l'encontre des valeurs profondes de la France de la France même avant la République si on peut dire puisqu'ils aiment bien se référer à une France qui serait une France éternelle une France catholique même si on prend leur propre référent c'est totalement désharmonieux alors pourquoi cette France se laisse aller à ces gens-là c'est peut-être aussi parce que les forces qui devaient porter la colère et les frustrations et les espérances des pauvres en fait ont failli

47:52
Invité

alors oui évidemment encore une fois nous voilà on mène une lutte spécifique sur la question de l'extrême droite comme je le disais d'un point de vue très pratique c'est logique que nous on va défendre l'ensemble des mobilisations de notre camp social c'est pour ça qu'on est dans la rue aux côtés des syndicats lorsqu'il y a des grandes mobilisations c'est pour ça qu'on est dans la rue aux côtés des manifestations antiracistes notamment comme Adama ce samedi exceptionnellement on ne pourra pas parce qu'on s'est engagé sur une autre date évidemment qu'on les soutient qu'on partage ces luttes-là les manifestations nous toutes aussi également qui de fait font reculer ces idées-là et renforcent notre camp social et politique par contre ce qu'on essaie de dire nous en tant qu'organisation antifasciste c'est qu'à un moment donné il faut que quelque part une partie de notre camp social se sacrifie se spécifie sur cette question de l'extrême droite pour mieux lutter contre elle tout simplement contre ce camp politique après on est bien d'accord que le meilleur le meilleur fruit antifasciste quelque part c'est le renforcement de nos idées le renforcement de notre camp social et notamment le passage de gouvernements comme Hollande qui était soi-disant la gauche on fait beaucoup de mal à notre camp on fait beaucoup de mal parce qu'ils ont fait miroiter pendant des années de grandes idéologies qui seraient plutôt à gauche d'émancipation etc et finalement il faut pouvoir en trahir oui ça a fait beaucoup de mal oui on en récolte les fruits aujourd'hui d'une forme de désespoir de l'ensemble de la politique et qu'il va falloir se serrer les coudes parce qu'on est quand même encore un sacré nombre à défendre nos idées et qu'on va y arriver on va les faire reculer et à nouveau faire avancer nos idées

49:21
Présentateur

merci beaucoup Raphaël Arnaud d'être passés nous voir la contre-matinale du Média c'est terminé pour aujourd'hui demain en place se trouvera ma collègue et camarade Nadia Lazouni quant à moi je vous retrouverai lundi d'ici là devenez abonné sociétaire du Média faites nous un don mensualisé ou ponctuel engagez-vous dans la bataille culturelle dans cette bataille que nous avons souvent l'impression de perdre mais que nous avons les moyens aujourd'hui de gagner grâce à nos médias indépendants qui deviennent de plus en plus puissants et qui touchent de plus en plus de monde engagez-vous à nos côtés aidez-nous à porter votre voix notre voix à plus