L'invité politique Sud Radio - François Piquemal, député LFI de Haute-Garonne est l'invité politique de Sud Radio
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Sud Radio, l'invité politique, Jacques Cardoz.
Il est 8h32 sur Sud Radio, c'est l'heure du grand entretien politique. Aujourd'hui, Jacques, vous recevez François Picmal, député La France Insoumise de Haute-Garonne et auteur de « Élections sous influence ».
Bonjour François Picmal, soyez le bienvenu à Sud Radio. On commence par l'actualité, c'est le budget. Maude Bréjon explique que sans budget, c'est 15 milliards d'euros de coûts pour le pays supplémentaire. Vous allez donc censurer et prendre la responsabilité de nous faire perdre 15 milliards d'euros supplémentaires.
Oui, bien sûr, on va censurer ce budget parce que je rappelle qu'il y a des millions, des milliards d'euros de mois, parfois, pour des postes de dépenses importants, notamment pour les services publics de proximité, on en parle peu, mais il y a des coupes drastiques qui sont prévues pour les collectivités locales.
Mais vous ne croyez pas qu'annoncer la censure avant même d'avoir travaillé sur ce projet, peut-être qu'il y a des choses que vous pourriez faire entendre et faire modifier. C'est quand même un problème, ça n'est pas faire son travail, nous dit Sébastien Lecornu, qui dit « vous désertez ».
Alors, je remercie M. Lecornu de donner des leçons de parlementarisme, mais si encore on pouvait avoir un débat sur le budget qui aille à son terme 149.3, on ferait et on va faire évidemment des propositions d'amendements pour améliorer le budget. Mais encore faut-il que ces propositions d'amendements, quand elles sont votées majoritairement, elles soient acceptées et non pas censurées par le 49.3. Je vais vous prendre un exemple. Oui, mais sauf que vous annoncez d'entrée de jeu. Je vais vous prendre un exemple.
Je me souviens qu'en 2023, on avait voté à la majorité dans l'Assemblée nationale un grand plan d'investissement sur la rénovation thermique des logements à hauteur de 12 milliards d'euros. Et chacun sait ici à quel point on a souffert cet été, dans nos logements, dans nos bouilloires thermiques. Eh bien, il y avait eu un vote majoritaire pour cela, balayé par un 49.3 du gouvernement macroniste. Donc si vous voulez, nous on peut faire des propositions d'amendements.
Mais j'ai envie de dire que c'est le jeu parlementaire, François Picmal. C'est la règle en fait.
Ce qui n'est pas le jeu parlementaire, c'est de ne pas respecter la majorité qui s'exprime sur des mesures budgétaires. Mais en fait, tout ce qui est fait au Parlement est légal.
Quand ils utilisent le 49.3, ça reste légal.
Oui, mais nous, vous savez qu'on est opposé à cet article-là. 49.3, on pense qu'il est utilisé de manière abusive.
Il y a une question de responsabilité, c'est un peu le sens de ce que dit Sébastien Lecornu. Si vous censurez, c'est encore une fois 15 milliards de plus pour les Français. Non, non, non, ça c'est totalement faux.
C'est le chiffrage en tous les cas du gouvernement. Oui, c'est le chiffrage du gouvernement, mais c'est surtout un budget d'austérité. Moins de moyens pour les services publics de proximité. Je viens encore de voir que le passeport, par exemple, on est en rentrée scolaire. Beaucoup de familles vont vouloir inscrire leurs enfants dans des activités sportives. Eh bien, c'est moins de moyens qui sont alloués. Et ça, on pourrait en faire la chaîne. Les APL vont être menacés pour les étudiants et les jeunes. Donc non, nous, on ne votera pas un budget d'austérité. Les Français ont assez souffert pendant les années macronistes comme ça. Est-ce que vous appelez le PS à vous suivre sur ce sujet ?
Bien sûr, on appelle en fait toutes celles et ceux qui ont été les tenants du programme du Nouveau Front Populaire. Je rappelle qu'il y a eu une élection en 2024 qui a donné une majorité, en tout cas une majorité relative au Nouveau Front Populaire.
Je ne comprends pas bien en fait la stratégie de la France insoumise. On est à huit mois d'une présidentielle. Vous allez censurer un gouvernement au risque de faire perdre 15 milliards d'euros aux Français.
Mais quel est l'intérêt de censurer un gouvernement ? Vous reprenez les éléments de langage du gouvernement. Je suis obligé de les croire, c'est le chiffre qui est donné. Vous n'êtes pas obligé de les croire.
Je ne suis pas obligé de les croire, mais je pars du principe que le gouvernement ne ment pas. Donc il nous donne 15 milliards d'euros.
Si vous avez vécu en France sous les années macrodises, vous savez que croire le gouvernement, quand même, vous devriez être vacciné, c'est le moins qu'on puisse dire. Donc si vous voulez, moi j'ai été élu sur un programme auprès de mes électeurs. Je suis comptable de ce programme. Ce programme, c'est celui du Nouveau Front Populaire. Mais vous avez une élection présidentielle dans huit mois ? Je finis mon propos. En 2024, il y a eu une élection. Le Nouveau Front Populaire est arrivé en tête. Ce résultat a été bafoué par M. Macron qui n'en a pas tenu compte. Moi, je suis tributaire du programme sur lequel j'ai été élu.
Je suis désolé, mais en politique, rendre des comptes sur le programme sur lequel on a été élu, ça me semble être la moindre des choses, même si pour certains, effectivement, c'est assez évanescent.
Vous avez vu, peut-être ce matin, dans Le Parisien, qui nous explique que les Français seraient prêts à plus de sacrifices. Vous n'avez pas l'impression d'être à contre-courant ?
Non, je ne pense pas. Je pense que les Français ont assez sacrifié, notamment, leur pouvoir d'achat ces dernières années et qu'il est temps de mettre en place le partage des richesses et notamment d'augmenter les revenus, dont les salaires. Et le SMIC à 1 700 euros, c'est ce qu'on propose avec Jean-Luc Mélenchon.
Alors, l'autre actualité du jour, c'est bien entendu la rentrée. Oui, 850 000 profs ont repris le chemin du travail ce matin, même hier d'ailleurs. Il y a une crise des vocations désormais. D'ailleurs, on peut passer le concours en fin de licence et plus en fin de master. Je précise que vous-même, vous êtes prof, donc vous savez de quoi vous parlez. Ce serait quoi votre remède à la perte d'attractivité pour cette profession ?
Il y a beaucoup de leviers, à mon avis. Bon, vous avez parlé de la valorisation... Un seul, parce qu'on est pris par le temps, un seul. Je vais vous en parler, la valorisation salariale des enseignants et surtout des moyens matériels et humains dans nos écoles. On manque d'infirmières, on manque d'assistants d'éducation, on manque de beaucoup de choses qui facilitent le travail des enseignants également et de la communauté éducative.
La présidente des mamans d'élèves était avec nous ce matin sur Sud Radio. Elle dit pourquoi pas se faire aider des mamans d'élèves qui pourraient venir aider occasionnellement, faire être des points d'appui.
Vous y seriez favorable ? Nous, on est pour l'école inclusive, donc les parents d'élèves ont toute leur place. Mais c'est bien, mais ce n'est pas suffisant. Il faut qu'en complémentarité, on ait des personnels formés, valorisés dans nos écoles. Je pense que tout le monde a le souvenir, pour celles et ceux qui ont été, d'avoir des assistants d'éducation qui jouent un rôle aussi important. Une infirmière scolaire, quand on sait les problématiques qui se posent en matière de santé physique, de santé mentale pour nos élèves, en avoir une dans chaque établissement, ce n'est pas de trop. Et aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
Alors, François Piquemal, dans tous les sondages, on passe à la présidentielle, les opinions à date, dans les sondages d'opinion à date, Jean-Luc Mélenchon est certes leader à gauche, mais il est donné systématiquement perdant au second tour. Ça veut dire que sans ralliement, vous n'avez en réalité aucune chance de gagner ?
Ça tombe bien, parce qu'il y a une élection présidentielle, et une élection, c'est fait pour faire campagne. Une campagne, c'est fait pour convaincre les gens, donc pour faire en sorte que les sondages ne soient pas des autoprofessies. Bien sûr, on a tendu la main aux écologistes, aux communistes, et on espère élargir à toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans notre programme, dans le programme du Nouveau Front Populaire.
Sauf que la gauche sociale démocrate, vous l'avez vu, au contraire, elle appelle à une forme d'unité, d'union, de bloc central. Alors, ce n'est pas vraiment un bloc central, mais enfin, en tous les cas, presque central.
Vous-même, vous avez du mal à savoir à quoi elle appelle. Je ne sais pas jusqu'où elle va, en tous les cas. Je ne vais pas me lancer là-dedans, ça les regarde. Nous, on a un programme, une équipe, un candidat, on est prêt à gouverner. C'est comme ça, regardez, tac, tac, tac, c'est carré. C'est carré. Donc, avec nous, vous savez à quelle sauce nous allons gouverner le pays. Augmentation du SWIC, retraite à 60 ans, transition écologique, et l'unité du pays contre toutes celles et ceux qui veulent le diviser.
Alors, en tous les cas, il y a un match entre M. Glucksmann et M. Mélenchon, pour savoir qui, lequel des deux, parmi d'autres, pourrait figurer au second tour. Si Raphaël Glucksmann arrive en tête de la gauche, vous appelleriez à voter pour lui au second tour ?
Déjà, M. Glucksmann, il faut qu'il arrive en tête de leur primaire de la social-démocratie qui s'organise, et c'est leur affaire. Moi, je ne vais pas faire d'ingérence là-dessus. Donc, pour moi, le match, en fait, est déjà un peu fait. M. Jean-Luc Mélenchon a toutes les probabilités d'être au second tour. Oui, mais l'enjeu, ce sera peut-être de voter contre l'extrême-droite ? Ah, mais bien sûr, même moi, je n'ai aucun souci là-dessus. Vous savez, moi, j'ai toujours appelé à battre l'extrême-droite, et je vais vous expliquer pourquoi.
Parce que les mesures qu'elles proposent, on en parlera peut-être, notamment en ce début de semaine, elles vont s'appliquer sur des gens qui vont subir les discriminations. Et ne serait-ce que pour que ces gens-là soient un minimum protégés de ces mesures-là, oui, il faut battre l'extrême-droite en toutes circonstances.
Alors, passons à la sortie de votre livre, Élections sous influence aux éditions Arcane 17, qui sort bientôt, vous en faites actuellement la promotion. Vous l'avez écrit en référence aux municipales de Toulouse qui vous ont opposé à Jean-Luc Moudinck, vainqueur d'une courte tête, 53-46, si je ne me trompe pas. La thèse de votre livre, j'en ai lu des passages, c'est que vous vous seriez fait voler l'élection.
Alors, ce n'est pas la thèse de mon livre. Vous dénoncez une tricherie. Déjà, pour expliquer, je ne t'énonce pas une tricherie, c'est les services de l'État. Alors, allez-y. Attendez, on va prendre dans l'ordre. Mon livre, il a pour objet de lancer l'alerte sur la souveraineté démocratique du pays sur les prochaines élections et de revenir sur ce qui s'est passé au dernier municipal. Il y a eu des ingérences étrangères, là, en l'occurrence, des ingérences israéliennes, qui sont avérées, qui sont étayées, non pas par moi, mais par la Viginium et par l'ANSI. Alors, pourquoi pas tout à fait, dites-moi ?
Tout simplement parce que votre livre repose sur nombre d'hypothèses que les liens ne sont pas totalement établis. Vous le dites vous-même. Alors, dites-moi. À plusieurs reprises, vous parlez d'hypothèses, par exemple, si on prend point par point. Après, ça devient extrêmement technique. Mais par exemple, la journée du 19 mars, vous développez une thèse selon laquelle vous auriez été victime d'un traquenard, tout en disant, si les infos sont confirmées. Et vous vous basez sur la base d'un SMS qui aurait circulé et qui aurait rameuté les foules pour essayer...
Alors, en fait, je vous coupe tout de suite. Ce n'est pas moi qui me base là-dessus. C'est le syndicat national des journalistes de France Télévisions. Et c'est le journal Le Monde qui rapporte un SMS du président du CRIF 31 de Toulouse, M. Touboul, qui a averti France Télévisions de venir à la cérémonie d'hommage aux victimes des attentats de mars 2012 parce que, je cite, il y aurait du grabuge. Donc, moi, je m'appuie juste sur les faits qui sont relatés par vos confrères journalistes. Je ne vais pas plus loin que ça. Après, il y a des enquêtes en cours. C'est à elle de dire à quel point les uns et les autres ont été, on va dire, mêlés et investis là-dedans.
Dans votre livre, sur l'histoire du 19 mars, vous dites très précisément si les informations sont confirmées. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est vous. Oui, c'est parce que l'enquête est en cours. C'est ce que je suis en train de dire ce matin. C'est que toute la thèse de votre livre repose sur des hypothèses. Il n'y a aucune preuve.
Et vous le savez très bien. Ah, mais attendez, les preuves, ce n'est pas moi qui les donne. C'est vos confrères journalistes. Donc, si vous voulez leur demander des comptes, t'écrivez au syndicat national du journalisme de France Télévisions sur pourquoi ils ont fait un communiqué exprès pour expliquer que leur rédaction leur avait caché ce SMS et que l'équipe de France 3 locale est allée sur la cérémonie sans avoir connaissance du SMS. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est vos confrères du syndicat national du journalisme.
En tous les cas, ça, c'est un des aspects du livre. Mais la thèse générale, c'est que, et il faut le préciser, je pense, pour que les gens comprennent bien, c'est que vous dites qu'il y aurait eu des ingérences, des impressions d'un certain nombre de postes. Et que ces postes auraient influencé le cours de l'élection. Attendez, je termine ma phrase. Comment vous pouvez faire le lien entre des postes dont vous ne savez pas combien d'heures ils sont restés en impression sur les réseaux sociaux et l'impact des élections ?
Mais déjà, ce n'est pas moi qui dis qu'il y a eu des ingérences. C'est les services de l'État. C'est la Virginie Mélancy. Donc, c'est eux qui m'avertissent. D'accord ? Donc, ce n'est pas moi. Ne me faites pas dire que c'est moi qui invente des choses. C'est les services de l'État. Je ne dis pas que vous inventez. Je dis que sur la base... Non, non, non, mais dans la manière dont vous me formulez, c'est moi qui accuse. Non, non, non, non. Allez lire les rapports de Virginie Mélancy là-dessus. Ils sont très précis, très étayés.
C'est une entité israélienne basée à Tel Aviv qui s'appelle Black Corps, proche de membres du service de sécurité israélien qui est à l'origine des ingérences dont on a été victime avec M. Delogu à Marseille, M. Guiraud à Roubaix et moi-même à Toulouse. Alors, après, il y a un recours en cours sur l'élection toulousaine. Ce sera au juge d'apprécier si, oui ou non, ces ingérences, elles ont pu influer le résultat. Toujours est-il qu'on est... Voilà, on est bien d'accord.
Donc, en réalité, vous établissez des faits qui, en réalité, n'ont pas de relation directe avec le sort des élections. Bien sûr que si. Vous n'en savez rien puisque vous dites vous-même qu'il y aura une enquête.
La justice le dira. Mais regardez, c'est la première fois en France qu'on a des ingérences à cette hauteur documentée par les services de l'État. Et ça, vous ne pouvez pas le nier. Vous ne pouvez pas le nier. À moins que vous me dites que la Virginie et l'Annecy sont des officines de la France insoumise. Mais je ne pense pas que vous ayez cette malhonnêteté intellectuelle-là. Pas du tout.
Moi, ce que je vous dis, c'est que, par exemple, les fausses publicités, une enquête est en cours, qui ont été diffusées la veille du second tour, selon la Dépêche du Midi, qui les a diffusées avec d'autres sites comme Vinted, comme Candy Crush, comme des paris sportifs et autres, c'est potentiellement des millions de vues sur les réseaux sociaux géolocalisés. Ou potentiellement.
Je vais vous expliquer pourquoi. C'est exactement les termes qui sont utilisés. C'est qu'en réalité, tout est potentiel. C'est-à-dire que ça reste tout ça.
Mais, monsieur, des enquêtes sont en cours. Donc, moi, je m'appuie sur les faits dont j'ai connaissance aujourd'hui. C'est pour ça que je vous pose la question et que je commence cet entretien par
« Est-ce que c'est une tricherie ? » Et en fait, non.
Est-ce qu'il n'est pas normal que je demande justice et que la vérité soit faite ? Vous êtes d'accord avec ça ? Absolument. Donc, moi, je n'ai pas employé le terme de tricherie dans mon livre. Est-ce que je l'ai employé une seule fois ? Non. Donc, pourquoi vous me dites ça ? Alors, en revanche... Pourquoi vous me dites que j'emploie le terme de tricherie
si je ne l'emploie pas ? En revanche, la majorité... Alors, là, par exemple, c'est dans la préface de Jean-Luc Mélenchon. La majorité municipale de Toulouse est l'enfant d'une tricherie. Voilà le terme utilisé. Il parle de déferlement d'abus et de harcèlement. Ah bah oui ? Voilà. Il parle d'égout humain présent sur place pouvant cracher son flot. Là, il fait référence à la fameuse journée du 19 mars. Mais pour que ce soit bien clair, je voudrais juste rappeler deux, trois faits. Le canard enchaîné a révélé que ce rapport public avait en effet été, dans un premier temps, mis de côté. Il a mis du temps à être diffusé.
Donc, je le dis parce que c'est la réalité que finalement, les services de l'État ont diffusé ce rapport le 11 juin et qu'ensuite, la Viginum documente une stratégie simulant un clivage identitaire séparatiste. C'est un peu ça l'idée. Vous êtes d'accord avec ça ? Vous citez ce rapport. En revanche, vous êtes d'accord pour dire qu'il y a une enquête qui est ouverte et que pour le moment, il n'y a absolument rien d'établi sur le sort de l'élection, sur l'impact et la conséquence. C'est ça que je veux dire.
Moi, ce que je dis et ce que me rapporte beaucoup de Toulousains et des Toulousains, c'est qu'ils ont ce sentiment, et vous le comprenez bien, d'avoir été floué dans cette élection. Parce que quand on a des manœuvres de désinformation massive, l'entité dont je parlais, Black Corps, qui est répertoriée par la Viginum, c'est une entité qui se présente comme ça, comme une entité de désinformation. Donc forcément, si vous voulez, le fait qu'il y ait eu une ingérence, en l'occurrence là, israélienne, dans une élection locale, c'est un problème de souveraineté démocratique. Vous en conviendrez. Absolument. Enfin, vous, si vous êtes candidat... Mais regardez... Si les faits sont établis. Regardez.
Je pense qu'ils sont établis par la Viginum, là, en l'occurrence. Mais regardez, si vous êtes candidat dans votre commune et que vous avez une ingérence, que sais-je, russe, américaine, qui vient se mêler de votre élection municipale, vous direz que ce n'est pas normal. C'est à nous, les habitants de la commune, de décider ce qui est bon pour nous ou pas et le programme que l'on choisit, le candidat qui va de soi. Donc forcément, il y a un sentiment à Toulouse qui est assez profond de s'être fait flouer sur cette élection-là. Après, des enquêtes sont en cours. Elles vont mettre du temps, puisque vous connaissez le temps de la justice par manque de moyens, malheureusement.
Et ce sera à elles de déterminer les responsabilités.
On verra à ce moment-là ce qu'en dit la justice. Mais c'est très difficile, encore une fois, de faire un lien entre ce qui s'est passé et s'il y a eu un impact sur les élections.
Mais ça, c'est la justice qui le dira.
Je suis obligé, on est tenu par le temps. On a beaucoup de choses à vous poser. Il y a d'autres sujets qui arrivent, puisque notamment dans ce deuxième quart d'heure, vous souhaitiez intervenir sur l'interdiction du voile que souhaite le Rassemblement National. A tout de suite.
Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoze.
Nous recevons François Picmal, député de la France Insoumise de Haute-Garonne. Avec vous, M. Picmal, on a parlé des ingérences étrangères. On aborde dans ce deuxième quart d'heure un thème que vous avez choisi, qui, il s'agit de la décision, du souhait du Rassemblement National d'interdire le voile dans l'espace public. Et vous avez trois minutes pour convaincre.
Oui, parce que je pense qu'il marque la méconnaissance historique du Rassemblement National et la méconnaissance de la loi de 1905, la loi sur la laïcité, qui, je le rappelle, est une loi qui vise, dans son esprit général, à neutraliser l'État et, par conséquent, ses agents publics, mais en aucun cas à neutraliser les individus sur leur croyance ou sur leur non-croyance. Et cette loi, elle assure le fait pour l'individu dans l'espace public, dans un État démocratique, de pouvoir se vêtir comme il le souhaite dans les cadres prévus par la loi.
Or, en faisant cette mesure, en annonçant cette mesure, le Rassemblement National contrevient totalement à la loi de 1905, marque sa méconnaissance sur le sujet. C'est anticonstitutionnel aussi puisque c'est contraire aux articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Et je trouve ça énormément révélateur du projet du Rassemblement National pour le pays. J'aimerais juste avoir une pensée pour toutes, nos concitoyennes et concitoyens de confession musulmane qui se sentent évidemment blessés par cette nouvelle attaque islamophobe. Vous savez, à Toulouse, par exemple, on a eu les attentats terribles de mars 2012. On en a parlé tout à l'heure.
Vous connaissez sûrement Latifa Ibn Ziyaten qui est la mère d'Imad Ibn Ziyaten, soldat tué, assassiné par le terroriste Mohamed Merah. Latifa Ibn Ziyaten, elle porte le voile et c'est son droit. C'est notre droit. Que va faire Marine Le Pen ? Elle va aller donner une contravention à Mme Ibn Ziyaten parce qu'elle porte le voile. C'est ça son projet de société. En tout cas, je ne sais pas l'autre et nous serons les défenseurs de la loi de 1905.
Jordan Bardella a précisé qu'il ne s'agirait pas de mettre en place une police du vêtement parce qu'il précise qu'il y aura ce qu'il souhaite, c'est avant tout un référendum.
Oui, alors super. On va faire un référendum sur la mesure islamophobe de M. Bardella et Mme Le Pen s'ils passent au pouvoir à l'heure où on a beaucoup d'autres préoccupations. On parlait tout à l'heure notamment des vagues de chaleur, la transition écologique. Lui, il parle d'un débat de société
sur la place de l'islamisme. C'est ce qu'il dit.
Oui, écoutez, je pense qu'il faudrait faire un débat de société sur la place de l'extrême droite surtout dans ce pays qui prend malheureusement de plus en plus d'espace avec ces idées nauséabondes qui visent à diviser le pays.
Alors, autre sujet, M. Picmal, hier, Jean-Luc Mélenchon après l'arrivée de Charles Sapin, journaliste de Valeurs Actuelles sur France Inter a dénoncé, je cite, les matinales traquenards, les éditos ultra-droitards. Il a ajouté on est presque contraint à l'exil radiophonique. Est-ce que vous pensez pas qu'on a le droit d'avoir d'autres pensées sur une matinale de radio ?
On a le droit d'avoir des pensées diverses et variées sauf celles qui promeuvent justement la discrimination, la xénophobie et le racisme. Et vous disiez tout à l'heure on va pas avoir des débats... Enfin, le Rassemblement National va avoir des débats sur l'immigration. Il serait temps que dans ce pays, je vous le disais, on a un débat sur la place de l'extrême droite de plus en plus importante sur ces idées qui fracturent notre pays. Donc, je rejoins en tout point les propos de Jean-Luc Mélenchon.
Donc, vous n'acceptez pas qu'il y ait un journaliste de Valeurs Actuelles sur France Inter ?
Je trouve ça dommageable que sur le service public on donne encore un temps d'antenne.
Est-ce que ça n'est pas être contre la pluralité ?
Et attendez, à l'heure où plusieurs milliardaires dont M. Bolloré détiennent un certain nombre de médias qui sont concentrés dans ses mains avec un projet politique, celui de l'extrême droite, qui sert la soupe au Rassemblement National et aux autres corollaires matin, midi et soir.
Alors, François Picmal, on continue de parler du Rassemblement National. Avec vous, Benjamin Glez, vous nous avez rejoint avec votre hashtag On En Parle sur les réseaux sociaux et vous voulez faire référence au coup de gueule
de Jean-Philippe Tanguy. Et on continue de parler de France Inter. Vous l'avez peut-être entendu, François Picmal, Jean-Philippe Tanguy qui a été comparé par un humoriste de France Inter, en l'occurrence Amziane, à un rat. Il a vivement réagi sur les réseaux sociaux. Jean-Philippe Tanguy, ça l'a mis en colère. Il dénonce une séquence ignoble. Ses attaques indignes sur le physique et cette animalisation sont des méthodes dignes des pires idéologies haineuses sans aucune trace d'humour. Si vous ne l'avez pas entendu, François Picmal, on l'écoute tout de suite.
Il t'aime les hommes. Oublie la thérapie de conversion. Tu regardes l'interview de Jean-Philippe Tanguy et c'est réglé. Vous ne trouvez pas qu'il a la tête d'un rat qui se serait transformé en humain mais dont la mutation aurait été stoppée à 80% ? Désolé, mais c'est Magnès qui me l'a dit. Ce n'est pas de ma faute. Je regrette, je regrette ce que je viens de me dire. Mais il m'énerve parce qu'il est homosexuel et il reste dans un parti qui vote sans cesse contre les droits LGBT. Je sais que ce paradoxe, c'est son côté humain mais il aurait pu utiliser son côté rat pour sentir le piège. Je ne sais pas. Pardon, j'arrête. Les blagues sur le physique, ce n'est pas bien.
D'habitude, c'est les fachos qui les font. Mais bon, s'il n'est pas content, il n'avait qu'à se cacher sous un voile. Voilà.
Vous n'avez pas rigolé, François Picmal, ça ne vous fait pas rire.
Oui et non, en fait, c'est de l'humour. Après, ça fait partie de la liberté d'expression. Donc si M. Tanguy juge que ça allait trop loin, il n'a qu'à déposer plainte et puis la justice tranchera. Mais je veux dire, on peut... Donc là, c'est de la liberté d'expression et quand il s'agit
de l'éditorialiste tout à l'heure de Valeurs Actuelles, ce n'est pas de la liberté d'expression.
Vous confondez deux choses. Vous confondez une blague d'un humoriste et un projet politique d'un éditorialiste qui est un projet politique. Pour moi, c'est deux choses qui sont différentes et c'est deux choses qui s'affrontent différemment. Un éditorialiste, il n'a pas forcément... Moi, je vais vous dire sur l'humour, moi, il y a des fois, il y a des blagues que je ne trouve pas drôles, il y a des blagues que je trouve drôles et je suis sûr que si on faisait le tour, on ne trouverait pas les mêmes blagues drôles les uns et les autres. Vous êtes d'accord avec moi ? C'est la liberté d'expression, c'est la pluralité.
Nous, ce qu'on regrette, c'est que sur le service public, on invite aujourd'hui des éditorialistes d'extrême droite pour avoir des angles d'extrême droite et on pense que c'est assez suffisant vu le panel des grands médias actuels qui sont détenus. Mais ça s'appelle la pluralité, en fait. Mais vous pouvez juger que c'est de la pluralité. Nous, on le regrette et on pense que ça marque on va dire une inflexion qui est assez dommageable du point de vue de l'information et surtout de la désinformation que peuvent occasionner les idées d'extrême droite. Bon, l'attaque au physique, en tout cas, pour l'humour, on valide ? Moi, je n'ai jamais été pour les attaques au physique.
D'ailleurs, l'humoriste le dit lui-même. Il dit, bon, voilà, on sent bien que... Qu'il assume peut-être pas tout à fait ou qu'il se dédouane. Non, mais écoutez, moi, je n'ai jamais été pour les attaques au physique. Après, je pense que là, on est dans le registre de l'humour. Voilà, on en a parlé. Il y a des blagues qui font rire, d'autres qui ne font pas rire. Il y a des publics pour rire de telles blagues et d'autres. En fait, moi, je ne vais pas me lancer là-dedans. Sinon, vous et moi, on peut faire l'analogie de beaucoup de blagues d'humoristes et être d'accord ou pas d'accord sur ce qui est drôle ou pas. Mais je pense que ce n'est pas mon rôle et que si M.
Tanguy, il juge vraiment que ça a été en dehors de tout cadre, eh bien, il va déposer plate et puis on verra ce que la justice dira.
M. Picmal, je retiens que vous faites une différence entre ce qui relève de l'humour et ce qui ne relève pas de l'humour. Oui, tout à fait. Je fais une différence entre... Le pluralisme s'applique dans un cas, pas dans l'autre.
Non, non, non, ce n'est pas ça. De faire rire les gens. Un éditorialiste politique, il a pour but de mettre en place un point de vue politique. Là, en l'occurrence, celui dont vous me parlez, c'est un point de vue politique d'extrême droite et de convaincre des gens là-dessus. Donc, si vous voulez, je fais le distinguo entre les deux en termes de discours et d'intention qu'il y a derrière. Après, vous pouvez être pour la pluralité, je le suis aussi, ça ne m'empêche pas de dire qu'on regrette et on trouve ça dommageable que le service public accueille des éditorialistes d'extrême droite aujourd'hui.
On peut aussi estimer que ça relève de l'éclairage et encore une fois du pluralisme. Mais vous étiez là.
Regardez, en l'occurrence, l'extrême droite fait plutôt du déséclairage et de l'obscurcissement des idées que de l'éclairage. Et je pense qu'à l'heure, en 2026, ce serait bien de considérer que l'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne et que l'extrême droite arrête de contrevenir à nos libertés fondamentales et publiques comme revenir sur la loi de 1905 notamment.
Merci François Piquemal, député de la France Insoumise et très bonne journée à vous.
On rappelle le titre de votre livre. L'élection sous influence le 10 septembre et je vois que vous avez été un lecteur averti et donc j'invite tout le monde à le retrouver en librairie.
Merci infiniment. Pour faire sa propre opinion. Très bonne journée à vous. On passe aux informations. Il est presque 9h.
François Piquemal