Des promesses, des paroles en l'air, un professeur de lycée à Caen juge les annonces du Gouvernement
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse partielle
28 élèves maximum par classe en seconde, c'est l'une des annonces hier du gouvernement, vous y croyez ?
- 2:13OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'avec ces annonces, vous dites quand même que le gouvernement entend écouter la contestation lycéenne et étudiante et tente d'y apporter des réponses ?
- 3:05OuverteRéponse partielle
Est-ce que ça va changer quelque chose sur Parcoursup ?
- 4:32OuverteRéponse partielle
Sur ce qui a été annoncé hier, vous parlez de l'université, ça passe forcément par des moyens supplémentaires financiers pour pouvoir embaucher plus de profs ?
- 5:31OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez la rentrée prochaine ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38InvitéFait
« ces annonces relèvent essentiellement de promesses, des promesses de campagne en réalité »
- 1:28PrésentateurChiffre
« il a annoncé 1700 créations de postes alors que le projet de budget 2027 prévoyait 1600 suppressions »
- 1:38InvitéFait
« Je dirais que c'est une chose de créer des postes, mais il faut encore que ces postes soient pourvus »
- 1:44InvitéFait
« Or, vous voyez bien que dans l'éducation nationale, on est à la peine pour remplacer les enseignants qui manquent »
- 1:50InvitéFait
« que dans le même temps, les enseignants sont sous-payés, que leur pouvoir d'achat s'est effondré »
- 3:10InvitéFait
« Parcoursup, c'est un moyen de sélectionner et d'orienter les élèves dans le supérieur »
- 3:22InvitéChiffre
« le gouvernement, il propose de créer 15 000 postes »
- 3:27InvitéChiffre
« En fait, il en faudrait 150 000 »
- 4:01InvitéChiffre
« l'université de Bretagne occidentale, donc l'université de Brest, s'est retrouvée avec un déficit de 20 millions d'euros »
Temps de parole
- Invité60 %
- Présentateur32 %
- Présentateur 26 %
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Ici Matin,
il est 7h48, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures hier pour répondre à la colère des lycéens, des étudiants. Des annonces insuffisantes pour leurs représentants qui appellent à poursuivre leur mobilisation samedi prochain ainsi que le 5 novembre. Et du côté des enseignants, on en pense quoi ? C'est ce qu'on va demander à notre invité ce matin, Jean-Baptiste Marais. Nous recevons Olivier Chiche qui est professeur de philosophie au lycée du Mont-Durville-Laplace-Sacan mais aussi membre du conseil d'administration de l'université de Caen-Normandie. Bonjour Monsieur. 28 élèves maximum par classe en seconde, c'est l'une des annonces hier du gouvernement, vous y croyez
? Écoutez,
c'est difficile pour l'instant de répondre à cette question parce que ces annonces relèvent essentiellement de promesses, des promesses de campagne en réalité puisque rien ne garantit que Sébastien Lecornu soit encore Premier ministre en mai ou en juin prochain et que ces annonces se font sur plusieurs années. Et ça suppose aussi l'adoption du budget de 2027, ce qui n
'est
pas du tout gagné. Et puis je voudrais quand même ajouter que tout ça semble quand même bien timoré quoi. parce que, comment dire, nous ce qu
'on
réclame, la CGT, l'USL par exemple, pour les lycéens, c'est 25 élèves par classe quoi. Donc voilà. Et puis ça pose aussi deux questions cette affaire-là. C'est
-à
-dire la question de son financement, qui me semble assez nébuleux. Et puis la question des moyens humains supplémentaires. Alors
justement, il a annoncé 1700 créations de postes alors que le projet de budget 2027 prévoyait 1600 suppressions.
Là aussi, vous
dites que
ce
n
'est
pas crédible
?
Je dirais que c'est une chose de créer des postes, mais il faut encore que ces postes soient pourvus. Or, vous voyez bien que dans l'éducation nationale, on est à la peine pour remplacer les enseignants qui manquent.
Et
que dans le même temps, les enseignants sont sous-payés, que leur pouvoir d'achat s'est effondré, en raison de gel quasi-continent du point d'indice, et que les conditions de travail ont été considérablement dégradées par les réformes blancaires justement. Et que j'ajouterais que ces enseignants déplorent une perte de sens de leur métier. Donc, c'est ça qui rend un petit peu difficile d'accorder du crédit à ces propositions.
Est-ce qu'avec ces annonces, vous dites quand même que le gouvernement entend, écoute la contestation lycéenne et étudiante et tente d'y apporter des réponses ?
Alors, c'est un début. C'est un début, mais on est encore loin du compte. Et puis, je veux quand même rappeler qu'il a fallu des semaines de lutte sociale, plusieurs mains arrachées, une peur de l'insurrection, pour que le gouvernement commence enfin à entendre la gravité de la situation et les nécessités de ces revendications. Donc, voilà, on est encore loin du compte.
Il est 7h50, notre invité d'ici matin, Olivier Chiche, professeur de philosophie au lycée du Mont-Durville-la-Place-à-Camp. Autre annonce gouvernementale hier, la modification, je ne
sais
pas comment dire, de Parcoursup, ce qui se sera supprimé, ou en tout cas ripolliné, pour reprendre l'expression d'un autre, d'ici deux ans. Ça, c'est l'une des revendications fortes aussi des lycéens que l'on entend dans les cortèges. Est-ce que ça va changer quelque chose
?
Il faut voir un petit peu ce que c'est que Parcoursup, quoi. Parcoursup, c'est un moyen de sélectionner et d'orienter les élèves dans le supérieur. Mais en fait, ça masque une restriction de l'offre. C'est-à
-dire
une restriction des places dans les établissements d'enseignement supérieur public. Donc là, le gouvernement, il propose de créer 15 000 postes. En fait, il en faudrait 150 000. Pas postes, comment
dire, places. Oui, places dans l'enseignement supérieur.
Il en faudrait 10 fois plus, quoi. Et puis aussi, moi, je suis très étonné qu'on n'entende pas, en fait, le fait que, parmi d'ailleurs les revendications, qu'on n'entende pas le fait que depuis un certain nombre d'années, et surtout depuis l'année dernière, les universités doivent faire face à une sous-dotation chronique et extrêmement grave, en fait, de leur budget. qui ont mis la plupart des universités françaises en déficit. Je prends un exemple, c'est l'université de Bretagne occidentale, donc l'université de Brest, s'est retrouvée avec un déficit de 20 millions d'euros. Et donc, les arbitrages ont consisté à supprimer, justement, des places dans les universités. Vous voyez, donc, il y
a
quelque chose ici. On est en train de corriger, en fait, 10 années de politique complètement délétère, quoi.
C'est un sujet qui a été d'ailleurs évoqué à plusieurs reprises à ce micro, sur ICI-Lombardie, notamment par Lamré Hadoui, le président de
l
'université de Caen, qui se mobilise comme ses collègues présidents, présidents de l'université sur ce sujet. Pour en revenir aux annonces gouvernementales, Olivier Chiche, sur ce qui a été annoncé hier, vous parlez de l'université, vous êtes membre d'ailleurs du conseil d'administration. Ça passe forcément par des moyens supplémentaires, vous le disiez, financiers, pour pouvoir embaucher plus de profs. Parce qu'il
y
a quelques années, on s'inscrivait à l'université, on choisissait la formation qu'on voulait. Là, ce n
'est
plus possible aujourd'hui.
En théorie, c'est possible, mais en fait, ça passe quand même par le filtre de Parcoursup, si vous voulez. Et puis, il y a une réalité, c'est ce que je vous expliquais, c'est qu'il
y a
une réalité du nombre de places. Et justement, Parcoursup, ça sert à gérer ça, quoi. Et c'est ça qui est très angoissant pour les élèves. Parce qu'en réalité, la réforme Blanquer, ce n
'est
pas simplement une réforme de plus. C'est une réforme qui a structurellement, je dirais, changé et dévalorisé, en fait, le baccalauréat. Et les élèves en ont bien conscience. Ils savent bien que finalement, ce qui compte aujourd'hui, ce n'est plus le baccalauréat, c'est Parcoursup.
Ce
qui, évidemment, est très injuste,
quoi. Une
dernière
question. Vous êtes professeur au lycée du Mont-Durville-Laplace, qui n'a pas été épargné par des débordements, par notamment le caillassage, l'attaque d'une cellule de gardien. Est-ce que vous craignez la rentrée prochaine ? Ce
sont
les vacances scolaires encore. Est-ce que vous pensez que tout cela va se calmer ? C'était déjà calmé depuis ces faits il y a quelques semaines. Mais est
-ce
qu'il
y a
une inquiétude de cet ordre-là aussi pour la communauté éducative, qui s'est retrouvée parfois dans l'inquiétude, enfermée dans
les classes ?
En première ligne. Je pense à mes collègues. Moi, je n'y étais pas ce jour-là. Je pense à mes collègues qui étaient là ce jour-là, qui étaient en première ligne. Il faut savoir qu'on avait fait déjà l'objet d'une première intrusion quelques jours auparavant. Écoutez, je crois que les collègues sont assez inquiets par rapport à ça. C'est ça que je peux vous dire. Moi, je n
'ai
pas de boule de cristal. Je ne peux pas savoir comment ça va se passer. Le 2, ce que je sais, c'est que ce mouvement est d'une ampleur inédite et qu'on ne peut pas imaginer que ça s'arrête comme ça. Donc, au vu de ce qui s'est passé chez nous, à Victor Hugo, à l'IND aussi, je pense que les enseignants sont vraiment assez inquiets.
Merci Olivier Chiche, professeur de philosophie au lycée du Mont-Durville, la place à Caen, membre du conseil d'administration de l'Université de Caen-Lormandie. Je précise aussi que vous êtes un militant actif au sein de la CGT ÉducAction. Donc, pour
votre
éclairage, vos réactions après les annonces gouvernementales hier. Bonne journée à vous. Merci. Une interview à retrouver sur ICI.fr.