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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 1 juillet 2019 11 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & élections

Suspension du sommet extraordinaire européen - Déclaration

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10E. MacronFait
    « aucun résultat n'a été trouvé, et je pense que c'est une très mauvaise image que nous donnons à la fois du Conseil et de l'Europe »
  • 0:30E. MacronFait
    « Cet échec, c'est celui de divisions. Division politique, d'une part, au sein du Parti conservateur européen, qui a marqué le dissensus de plusieurs de ses leaders sur ce qui avait pu être pré-agréé. »
  • 1:00E. MacronFait
    « la France a essayé d'oeuvrer pour trouver un schéma acceptable pour tous. Nous n'avons pas poussé un schéma fixe ni une candidature nationale »
  • 1:30E. MacronFait
    « il est clair qu'il y a plusieurs personnes qui n'ont pas facilité des accords parce qu'il avaient des ambitions, c'est tout. »
  • 2:30E. MacronPromesse
    « Je souhaite donc qu'à l'issue de ce processus, d'abord, nous prenions le temps qu'il faut pour nommer la bonne équipe. Celle qui permettra d'avoir des réunions mieux préparées et d'accéder à des solutions concrètes. »
  • 3:00E. MacronPromesse
    « je serai intraitable sur le fait que je refuserai toute forme d'élargissement avant une réforme en profondeur de notre fonctionnement institutionnel »
  • 3:30E. MacronFait
    « il n'y a pas de proposition d'Osaka. Il y a eu des consultations faites par Donald Tusk. »
  • 4:30E. MacronFait
    « le fonctionnement du Conseil ne doit pas être régi avant tout par une grille de lecture politique et partidaire »
  • 6:30E. MacronFait
    « nous ne sommes pas sérieux à procéder comme ça. Je pense qu'il y a un vrai problème de préparation, de fonctionnement. »
  • 7:30E. MacronPromesse
    « il sera impossible, de toute façon, d'élargir en quoi que ce soit l'Union européenne, c'est tout. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... -E.

Macron : Bonjour. Bien. Nous avons terminé cette journée sur ce qu'il convient d'appeler un échec, parce qu'aucun résultat n'a été trouvé, et je pense que c'est une très mauvaise image que nous donnons à la fois du Conseil et de l'Europe.

Donc personne ne peut être satisfait de ce qu'il vient de se passer durant tant d'heures. Je pense que tout ça relève de problèmes extrêmement profonds qu'il nous faudra régler dans la durée, et je vais y revenir. Cet échec, c'est celui de divisions.

Division politique, d'une part, au sein du Parti conservateur européen, qui a marqué le dissensus de plusieurs de ses leaders sur ce qui avait pu être pré-agréé. Et d'autre part, division géographique aussi au sein du Conseil, qui a conduit, malgré tous les efforts de la nuit, à décider de reporter à demain 11h la décision et de trouver dans les heures qui viennent d'une part le repos nécessaire et le calme qui pourra accompagner ainsi les esprits, et d'autre part une solution sans doute nouvelle qui suppose que chacun bouge un peu. Dans cette discussion, je veux dire que tout au long de la journée d'hier, de cette nuit et de cette matinée, la France a essayé d'oeuvrer pour trouver un schéma acceptable pour tous.

Nous n'avons pas poussé un schéma fixe ni une candidature nationale, j'ai eu l'occasion de vous le dire hier, mais le respect de critères que j'ai plusieurs fois évoqués depuis le 28. Je veux d'ailleurs à cet égard saluer l'étroite coordination que nous avons eue avec la chancelière Merkel et saluer le travail qui a été le sien tout au long de la nuit, elle s'est fortement engagée, pour convaincre au sein de la famille PPE et essayer au maximum d'obtenir un accord aujourd'hui. Nous avons eu aussi une étroite coordination avec Charles Michel, Mark Rutte, Pedro Sanchez, Antonio Costa, pour coordonner les 2 familles politiques.

Il est clair que cet échec est lié donc aux divisions que j'évoquais, parfois à des ambitions personnelles qui, à mes yeux, n'avaient pas lieu d'être autour de la table, et donc qu'il faudra résoudre d'ici demain, mais sans doute aussi au fait que tout ce processus a été mal pensé avec l'ambiguïté, comme j'ai eu l'occasion de le dire, des Spitzenkandidat, et au fond, une lecture qui peut être ambiguë, où à la fois les chefs d'Etat et de gouvernement sont là pour représenter leur pays mais se sentent captifs d'intérêts politiques ou de contraintes politiques, ce qui n'est pas l'esprit de nos traités. Nous allons donc poursuivre le travail, les concertations d'ici demain, nous retrouver à 11h, et je suis confiant sur le fait que nous aurons un accord sur cette voie, et nous allons y travailler avec la même bonne volonté. Je pense aussi que dans la durée, nous devons tirer toutes les conséquences d'un tel échec.

Notre crédibilité est profondément entachée avec ces réunions trop longues qui n'aboutissent à rien. Nous donnons une image de l'Europe qui n'est pas sérieuse. Je souhaite donc qu'à l'issue de ce processus, d'abord, nous prenions le temps qu'il faut pour nommer la bonne équipe.

Celle qui permettra d'avoir des réunions mieux préparées et d'accéder à des solutions concrètes. Mais ensuite, que nous réfléchissions aussi à la simplification de nos procédures et à une avancée beaucoup plus forte à la fois plus démocratique et plus efficace de notre fonctionnement collectif. Je suis aussi, dans ce contexte, plus que sceptique sur toutes celles et ceux qui nous expliquent que l'avenir de l'Europe est dans un nouvel élargissement quand on n'arrive pas à se mettre d'accord à 28.

Et là aussi, je serai intraitable sur le fait que je refuserai toute forme d'élargissement avant une réforme en profondeur de notre fonctionnement institutionnel pour avoir cet esprit de sérieux. Voilà. (Question inaudible) Non, je ne vais pas jeter...

C'est pas une personne, vous savez. Il faut... (Propos inaudibles) Non, mais, à la fin, s'il y avait eu 21 chefs d'Etat et de gouvernement pour porter une majorité sur une équipe, les choses se seraient sans doute faites, même si, pour ma part, j'étais extrêmement sceptique à l'idée d'avoir d'importants pays qui soient hors de l'accord.

Mais c'est pas une seule personne, ça a été une dynamique collective qui n'a pas existé. Donc, je ne veux pas jeter le blâme ou l'opprobre sur tel ou tel décideur. -Quelles sont les ambitions personnelles qui ont posé problème ? -E.

Macron : Je vous laisse le soin d'interroger les uns, les autres. Tout ça se discute dans les couloirs, mais il est clair qu'il y a plusieurs personnes qui n'ont pas facilité des accords parce qu'il avaient des ambitions, c'est tout. C'est la vie.

Donc chacun s'élèvera au-dessus de sa condition. Au fond, ce qu'il manque autour de la table, c'est le sentiment et le devoir de défendre l'intérêt général européen. Quand on est là, on est tous, on défend notre pays, mais, à la fin, on doit s'élever pour défendre ce qu'est l'intérêt général de l'Europe.

Quand on a trop d'agendas cachés, on n'y arrive pas, voilà. -Pourquoi vous pensez réussir demain là où vous avez échoué pendant plus de 20 heures ? Quelles sont vos garanties ? -E.

Macron : Parce que je pense qu'il y a des éléments de contrainte qui étaient dans le schéma initial liés aux accords entre les 2 principales familles politiques qui ont été des points sur lesquels on pensait pouvoir élaborer, qui ont été très bloquants, et donc, sur lesquels, je pense que les uns et les autres vont bouger. Donc, voilà, les prochaines heures vont permettre des mouvements qui n'ont pas été possibles autour de la table parce que, jusqu'au dernier moment, les uns et les autres pensaient qu'un accord était possible en essayant de convaincre. Et puis après, vous savez, dans la chimie qu'il y a dans ces réunions, la fatigue peut aider à une décision, c'est ce que nous avions vu au moment de la réunion sur les migrations à l'été 2018.

Et parfois, la fatigue, elle conduit à des crispations, c'est ce qui s'est passé ce matin. Elles sont inutiles. Donc, dans ces cas-là, il faut avoir la sagesse de dire : "Prenons quelques heures." -Qui a eu des crispations ? -E.

Macron : Mais je suis pas là ici pour pointer du doigt. -Du coup, vous recommencez tout à zéro ? -E.

Macron : Je pense qu'il faut, en effet...

Vous savez, on sait quels sont les profils qui sont à la fois candidats et crédibles et qui correspondent aux critères qui sont les nôtres. Et ensuite, il faut pouvoir les composer de manière harmonieuse pour tenir les équilibres, en particulier, moi, j'ai réinsisté sur le fait qu'il fallait la parité sur les nominations qui dépendent de nous. Et il faut aussi des équilibres géographiques.

Donc, voilà. On ne va pas sortir du chapeau des personnalités nouvelles. C'est une capacité à composer.

Donc trouver des flexibilités nouvelles. -Est-ce que la proposition d'Osaka est toujours d'actualité ou vous êtes passé à autre chose ? -E.

Macron : Comme je l'ai dit moi-même en conférence de presse à Osaka, il n'y a pas de proposition d'Osaka. Il y a eu des consultations faites par Donald Tusk. Et j'ai trop de respect, je l'ai dit en ces termes, dans la conférence de presse que j'ai donnée à l'issue du G20, pour dire que quelques Etats-membres prennent une décision pour 28, ça ne marche pas comme ça.

C'est la responsabilité du président du Conseil de mener les consultations et de proposer une opération complète. Il a préparé cela à Osaka. Mais cette préparation, manifestement, n'a pas permis d'aboutir à un résultat aujourd'hui. -En fait, vous avez plus de majorité au Conseil, qui est divisée entre grandes familles de forces égales. -E.

Macron : Je pense que, et c'est là où j'ai dit qu'on doit réussir à dépasser les choses, c'est que le fonctionnement du Conseil ne doit pas être régi avant tout par une grille de lecture politique et partidaire. D'abord, je pense que tout le monde n'a pas pris, n'a pas tiré toutes les conséquences de la recomposition politique qui s'est jouée. Jusqu'alors, 2 partis se mettant d'accord pouvaient avoir, en effet, une majorité et au Conseil et au Parlement, ça n'est plus possible.

Cette recomposition suppose de nouveaux comportements. Ensuite, je pense que les décideurs qui sont autour de la table décident en représentant leur pays, et ne décident pas en représentant simplement leur famille politique. Ils doivent être vigilants pour que les familles politiques au Parlement, ensuite, donnent un certain confort pour qu'il y ait une validation, mais je pense que, maintenant, nous devons prendre nos responsabilités sur les propositions qui sont les nôtres comme nos propositions propres.

Voilà ce qu'on a à faire pour demain. -C'est quand, demain ? Ca veut dire que le Parlement européen... -E.

Macron : Je souhaite le plus vite possible, pour ma part. -Vous voulez dire avant l'élection du président ? -E.

Macron : Oui, moi, je pense que c'est important qu'on prenne nos responsabilités et qu'on donne une clarté sur les choix qui dépendent de nous. Donc, je pense qu'il faut que, demain, on se retrouve l'esprit calme avec la volonté d'avancer et que ça se passe beaucoup plus rapidement. Beaucoup de choses ont été maturées.

On a vu ce qui ne fonctionnait pas aujourd'hui, ça n'est pas la peine de le répéter. On a vu les schémas qui bloquaient. Donc, il faut revenir demain avec 1 ou 2 scénarios très concrets, les avoir préparés.

Les consultations de cet après-midi, de la soirée seront absolument critiques. Et je pense que si nous savons un peu nous élever les uns les autres au bon niveau, je pense que, demain, en quelques heures, nous pourrons avoir un accord. -Est-ce qu'il y a eu un vote aujourd'hui ? -E.

Macron : Non, il n'y a pas eu de vote formel. Il n'y a pas eu de vote formel. -Est-ce qu'il y a eu un accord à un moment ? -E.

Macron : Je pense que nous avons été à un moment très proches d'un accord, mais, voilà, c'est l'alchimie d'un groupe. -Est-ce que vos critères ne sont pas assez contraignants pour permettre un consensus ? -E.

Macron : Pardon ? -Est-ce que vos critères, vos propositions ne sont pas assez contraignantes pour permettre un consensus ? -E.

Macron : Je pense que nos critères sont de nature à permettre de manière complète un consensus. La compétence, refléter la diversité politique et l'équilibre géographique et de genre. Si on ne sait pas composer ça, on aura un problème avec l'équipe, de toute façon.

Donc, c'est tout à fait possible d'avoir un consensus. Ensuite, il faut que les uns et les autres acceptent de bouger pour changer des positions bloquantes, voilà. (Question inaudible) Je l'ai dit, je pense que, là-dessus, il faut avoir des flexibilités, il faut que les consultations se poursuivent.

Je pense qu'il fait partie des gens qui ont des compétences pour avoir un poste exécutif de haut niveau, je l'ai dit depuis le début. De la même manière, Mme Vestager, M. Barnier, plusieurs autres candidats ou candidates qui ont été cités, mais la proposition avec laquelle nous sommes entrés aujourd'hui et la composition complète n'a pas permis d'avoir un accord.

Donc, il faut bouger. -Est-ce que vous regrettez que tout ce temps passé à chercher 4 noms ne soit pas passé à régler des problèmes ? -E.

Macron : Ah, je vous le confirme. Je pense que, c'est ce que je vous disais en arrivant, nous ne sommes pas sérieux à procéder comme ça. Je pense qu'il y a un vrai problème de préparation, de fonctionnement.

Et aussi, on peut pas avoir des désaccords qui s'installent aussi fortement et autant d'heures passées en palabres. Non, il faut changer profondément. Il faut changer nos règles.

Il faut que les uns, les autres acceptent d'avancer. Tant qu'on n'aura pas changé ces règles et qu'on n'aura pas réformé le fonctionnement de notre méthode inter-gouvernementale, nous ne serons pas crédibles sur le plan international, nous ne serons pas crédibles vis-à-vis de nos concitoyens, et il sera impossible, de toute façon, d'élargir en quoi que ce soit l'Union européenne, c'est tout. Ca, c'est notre responsabilité de dirigeants.

Vous savez, on peut pas discuter avec les dirigeants du monde, avoir un monde de plus en plus violent sur les sujets géopolitiques, sur les sujets climatiques, avoir des démocraties libérales, comme nous en discutions il y a quelques jours, qui émergent et, nous, être un club de 28 qui se réunit sans jamais se décider. Soyons sérieux. Et nos concitoyens le voient.

Donc, c'est à nous de bouger. En tout cas, moi, j'y mettrai toute mon énergie. On sait où nous voulons aller, on a eu un accord stratégique, on doit se donner les moyens et la méthode d'y aller.

Et on peut pas être les otages de l'un ou l'autre ou de petits groupes qui se forment. Il faut aussi avoir une méthode beaucoup plus efficace sur les grands sujets. Moi, je considère qu'on a besoin d'une vraie réforme en termes de gouvernance pour être à la fois plus unis, plus efficaces et plus démocratiques.

Voilà. Je vais y aller, parce que, de toute façon, vous me reverrez demain. Donc, je reviendrai demain à 11h et j'espère qu'on aura finalisé avec les mêmes critères que je défends depuis le début en quelques heures.

Merci à vous.