Goebbels, Jacques Chirac et moi - La chronique de Julien Santini
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Voici Julien Santigui. Bonjour, bonjour à tous. Comme vous le savez, depuis quelques temps, je prends des cours d'anglais pour préparer mon acting à l'international. Et qui se trouve en ce moment aux côtés d'Omarcy, d'un French Lover. C'est toi. Voilà, petit message que je fais passer auprès d'Elsa Zilberstein. Mais nous ne sommes pas là pour parler de moi. Même si ça ne serait pas forcément moins intéressant que certaines émissions. Nagui, tu me parlais encore ce matin de ta déception. Moi, je t'ai parlé, moi. Oui. Tu m'as parlé de ta déception lors de la dernière venue de Pierre Ardetti. Mais bref, je travaille beaucoup mon anglais.
Je vais être honnête, je n'ai encore aucune proposition à l'international. Mais je sens que je progresse la preuve. La dernière fois, j'étais sur une date de tournée. Je suis au petit déjeuner, je suis tout seul. Et il y a une dame. Il faut préciser qu'on est dans un pays où on ne parle pas français. On parle l'allemand. Je respecte énormément cette langue. Même si c'est une langue qui me tend. Et pas que pour la demi-finale de Séville en 82. Mais le problème, c'est que pour moi l'allemand, c'est vraiment les films sur la seconde guerre mondiale. Et je suis très sur le qui-vive. Du coup, mon cerveau a switché lorsque la dame m'a simplement demandé de dégager de la salle du petit déjeuner.
Pour une raison que j'ignore, surtout que je n'ai pas comprise. Étant donné que c'était en allemand. Et là, je me suis chauffé. Merci Daniel. C'est le seul, mais on l'accueille. Je me suis chauffé. Je suis allé voir le responsable. Et je l'ai enchaîné en anglais. Donc, je me rappelle, il s'appelait Gunther ou Franz ou Goebbels. Donc, dans ma tête, je me suis dit honnêtement, pardon, mais tu mérites. Et je vous jure, je lui ai dit quelque chose, mais comme ça, je vais vous le dire en français. Écoutez, c'est un scandale. Il est 10h17. Dans quel endroit du monde on vire quelqu'un du petit déjeuner à 10h17, sachant que c'est l'heure du petit déjeuner.
Et j'ai failli enchaîner avec l'ami de Récoré. Mais il n'aurait pas eu la rêve, ce con. Il faut imaginer que dans ma tête, tout ça, je le traduis littéralement en anglais. Et vraiment, à ce moment-là, je me sens fort, je suis chaud bouillant. Je me dis, what the fuck, les cours d'anglais que je prends, on commence à payer fort. Seulement, ce que je ne savais pas, c'est que j'ai un pote, Anthony, qui filme mes dates de tournée, qui a filmé l'altercation. Il m'a montré la vidéo roulement de tambour. Après, à ce moment-là, j'ai juste vu un mec qui dit, what do you want, me to go back to my place, Jacques Chirac forever. Jacques Chirac, mangez des pommes.
Donc voilà, c'était pas pareil, c'était ridicule. J'ai parlé d'Anthony et ça ne vous a pas passionné. Une autre anecdote avec Anthony. On était garés en bas de mon immeuble, derrière une voiture. Ça n'a rien à voir. Et juste devant nous, il y a un gars qui ouvre les portes de son berlingot, mais il est physiquement vraiment à 2 cm du capot de ma bagnole. À tel point, qu'est-ce qui se passe, Elsa ? Et à tel point que je lui dis, pardon monsieur, mais est-ce que vous voulez que je recule un petit peu ? Et il me répond, non, non, aucun souci. Et vraiment, il affiche une sérénité et un état de quiétude saisissant pour quelqu'un qui a 2 cm de mes pneus avant. Me voyez-vous seulement venir ?
Moi, à ce moment-là, j'annonce, je m'en veux. Mais vraiment, je m'en veux, mais j'ai eu cette pensée au sujet du gars du berlingot. Tu ne le sauras peut-être jamais, petit gars du berlingot. Mais dans ma tête, si je veux, là, je peux littéralement te broyer les deux jambes. Et il faudrait pour cela que j'accélère. Ce qui serait un acte de psychopathe. Acte que je n'ai pas commis, mais pensé que j'ai eu. À ce moment-là, j'ai raconté à Anthony ce à quoi j'avais pensé. Et sachez qu'Anthony a éclaté de rire. Donc moi, je ne sais pas si je suis un psychopathe. Mais Anthony, lui, l'est totalement. Alors franchement, j'insiste sur le fait que je ne l'ai pas fait.
Donc quelque part, on ne s'en rend peut-être pas compte. Mais je lui ai quand même sauvé la vie. Question que je pose autour de la table aujourd'hui. Est-ce que la personne m'a seulement dit merci ? Pensez-vous ! L'ingratitude des gens, c'est un vrai sujet qui mériterait aussi sa chronique. Pour rester dans la même thématique, ça me fait penser qu'un jour, je dormais. Et ma femme dormait à côté. Et elle ne le sait pas, mais pareil. Je me suis dit, mais techniquement, si je mets un oreiller sur sa tête. Non ! Non, sachant qu'on ne s'était même pas disputé. Et naturellement, je ne me suis pas bien senti de penser ça. Du coup, j'en ai parlé à mon meilleur ami.
J'ai la chance d'avoir un pote que j'adore. Et je lui ai dit, honnêtement, dites-moi si je suis un psychopathe. Et il m'a répondu. Lui, il a dit, vous savez, Monsieur Santini, pas du tout. Vous avez fait l'expérience de la toute puissance. Et ça m'a soulagé. Du coup, comme je savais que j'allais faire cette chronique ce matin, hier, j'ai été honnête, j'ai prévenu ma femme. Je lui ai dit, voilà, il faut que tu saches l'histoire de l'oreiller. Tu as le droit de me traiter de psychopathe. Mais voilà, je te le dis. Et elle m'a répondu. Je vous jure que c'est vrai. Tu me rassures. Parce que moi, je pense à ça tous les jours avec toi. Je m'appelle Julien Santini.
Et je vous remercie de m'avoir écouté. Merci. Il est sur scène, le psychopathe. Il est sur scène, le psychopathe. C'est la télé ce soir au théâtre de la Guété Montparnasse. En tournée sera demain à Montoir de Bretagne. Le 11 octobre, c'est à Aubervilliers.