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DébatGabriel Attal (sur YouTube)· 22 mai 2026 42 minAutoproduitFond programmatiqueÉducation & rechercheSantéÉconomie & entreprisesRetraites

EN DIRECT | Échange face aux Français, à Mur-de-Barrez, en plein cœur de l’Aveyron.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 5:35OuverteRéponse directe

    Quels engagements sur les turn incessants des enseignants et postes non pourvus en mathématiques/français en ruralité ?

  • 11:07OuverteRéponse directe

    Quelle vision sur l'intégration de l'IA dans l'éducation et la formation ?

  • 15:01OuverteRéponse directe

    Quels soutiens concrets pour améliorer l'accès aux soins en milieu rural ?

  • 20:24OuverteRéponse directe

    Revalorisation des actes et attractivité des métiers paramédicaux ?

  • 23:56OuverteRéponse directe

    Mesures pour reconnaître l'engagement des vétérinaires sanitaires ruraux ?

  • 27:41OuverteRéponse directe

    Impact de la facturation électronique sur les petits commerces en zone rurale ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:21Invité politiqueFait
    « Le retour du redoublement, ça faisait des années qu'il avait été supprimé en France. Moi, j'ai toujours considéré qu'un enfant peut pas glisser de classe en classe alors même qu'il n'a pas le niveau pour passer dans la classe supérieure. »
  • 8:55Invité politiquePromesse
    « Les élèves de première, tous les élèves de première passeront une épreuve anticipée de mathématiques parce que je l'ai décidé quand j'étais ministre de l'éducation nationale. »
  • 17:05Invité politiqueFait
    « On a piloté le nombre de professionnels qui étaient formés pour des questions budgétaires sans se poser la question du besoin de la population. Et donc, on a serré la vis sur le nombre de professionnels qui étaient formés avec le fameux numérus claus. »
  • 17:46Invité politiqueChiffre
    « On formait environ 8000 médecins par an en 2017. On en formait 12000 en 2022. Quand j'étais à Matignon, j'ai décidé qu'on en formerait maintenant 16000 par an à horizon 2027. »
  • 30:07Invité politiqueChiffre
    « Quand on compare par exemple la France à un pays comme l'Allemagne, on est beaucoup mieux fibré en France aujourd'hui que chez certains de nos voisins, notamment les Allemands. »
  • 32:40Invité politiqueChiffre
    « Il y avait quatre personnes qui travaillaient pour financer la pension d'un retraité. Là, on tend vers le 1,5 personnes qui travaillent pour financer la pension d'un retraité. »
  • 33:57Invité politiqueChiffre
    « Quand vous décalez l'âge légal de départ de 2 ans, l'âge de départ effectif moyen des Français n'augmente que de 6 mois. »
  • 40:18Invité politiqueFait
    « Oui, cher Pierre, j'ai décidé d'être candidat à la présidence de la République. »

Temps de parole

  • Gabriel Attal100 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Gabriel Attal

Messieurs les maires, mesdames messieurs les élus, mesdames messieurs les représentants associatifs syndicaux, mesdames messieurs les représentants des différents corps, mesdames messieurs en vos gradés, mesdames messieurs, bienvenue à Mur de Bez, bienvenue en Avyon, cher Gabriel, bienvenue dans cette ruralité française qui loin des caricatures, agit pour entreprendre et avance. Je suis très heureux de t'accueillir, de vous accueillir aujourd'hui au cœur de notre village pour ce débat citoyen. Car ce rendez-vous a du sens ici. Il a du sens dans ce territoire rural éloigné des grandes métropoles mais pleinement confronté aux grands enjeux de notre pays.

Ici, nous produisons de l'énergie pour la France grâce au barrage hydroélectrique de la vallée de la Truière. Ici, une nouvelle génération d'agricultrices et d'agriculteurs choisit encore de s'installer, d'investir et de croire en l'avenir malgré les difficultés économiques, climatiques et administratives. Ici, des commerçants, des artisans et des entrepreneurs se battent chaque jour pour maintenir la vie dans nos bourgs. Ici aussi, malgré les difficultés et le recul progressif de certains services publics, des soignants, des enseignants, des agents publics et des bénévoles continuent d'accompagner toutes les générations avec engagement et humanité.

Et comme partout en France, nous faisons face à de nombreux défis : le vieillissement de la population, l'accès aux soins et aux services public, les enjeux de mobilité, la simplification administrative tant attendue, la nécessité de préserver nos écoles, notre collège et les services essentiels qui garantissent l'égalité des chances. Mais je le crois profondément, la ruralité n'est pas tournée vers le passé. Elle appartient pleinement à l'avenir de notre pays parce que nos territoires savent s'adapter, parce qu'ils savent coopérer, parce qu'ils savent innover, parfois avec moins de moyens, mais toujours avec beaucoup d'énergie, de solidarité et de bon sens.

à Mur de Barz et en Carladaz, nous avons fait le choix de ne pas subir. Nous avons fait le choix d'investir pour notre centrebourg et notre patrimoine. Nous avons fait le choix de soutenir nos commerces, notre tissu associatif, notre vie culturelle et sportive. Nous avons choisi de travailler ensemble pour imaginer des projets utiles et structurants pour demain. Et derrière ces projets, il y a surtout des femmes et des hommes [grognement] profondément attachés à leur territoire, des habitants engagés, des bénévoles, des agriculteurs, des enseignants, des chefs d'entreprise, des familles.

Une France du quotidien qui ne demande pas des privilèges, mais simplement d'être entendu, respecté et considéré. Alors merci cher Gabriel d'avoir choisi de venir ici aujourd'hui à Mur de Barz Carladaise pour écouter cette parole rurale de terrain sincère et direct. Merci également à toutes celles et ceux qui sont présents aujourd'hui car ce débat n'a de sens que si permet un échange vrai, libre, utile autour des grandes questions qui traversent notre société. Je nous souhaite à toutes et à tous un très beau moment de dialogue républicain. Merci. [applaudissements]

3:47
Non speech

[applaudissements]

3:53
Gabriel Attal

Je vous propose donc de commencer ce débat, ce moment d'échange. Tu veux dire un mot ou on ouvre déjà ? D'abord te remercier cher Pierre pour ton invitation et pour l'organisation de ce moment. vous remercier tous d'être là, ceux qui sont en plein soleil, ceux qui sont à l'ombre et qui ont réussi à trouver une place pour s'abriter. Moi, je ne conçois l'engagement politique qu'à travers ce type d'exercice. Le jour où on reste enfermé dans des bureaux parisiens, dans des ministères, c'est le jour où la politique s'arrête parce que la politique, elle se construit au contact des Français partout sur le territoire et dans tous les territoires qui ont tous des choses à dire sur notre pays.

Ils ont tous des choses à dire en commun parce qu'on est un grand pays, une grande République, la France, mais ils ont aussi des choses à dire sur des particularités qui existent et notamment dans la ruralité. Et moi ce que je suis venu chercher dans cet échange avec vous et je remercie les élus locaux qui sont là, le nouveau maire de Rodèz, Sir cher Stéphane Mazar qui est présent, [applaudissements] le député de l'Avyon, cher Jean-François Rouset, qui est présent aussi. [applaudissements] saluer la présence d'un ami voisin Laurencio, le président du département de laer qui est présent aussi et puis tous les élus locaux parlementaires qui sont là.

Je suis venu chercher avec les habitants ici, avec chacune et chacun d'entre vous, un moment de vérité sur notre pays et je suis ravi d'avoir cet échange avec vous. Merci beaucoup. Une [applaudissements] première question. [grognement] Pouvez-vous lever si vous voulez. Obligé. Non, pas obligé. Bonjour. Bonjour. Bonjour. Je suis Nathalie. Je suis coprésidente de la PE du collège du Carlades, entourée de toutes ces mamans autour de moi. Je suis engagée sur ce territoire dont je ne suis pas originaire puisque je suis Laorine. Je suis contente que mes enfants soient scolarisés au collège de Mur de Barè qui a de nombreux atouts.

Cependant, au sein de l'association, nous déplorons depuis maintenant plus de 15 ans des turn incessants des enseignants, des postes non pourvus notamment dans les matières fondamentales que sont les mathématiques, le français dont le niveau devait être amélioré, ce qui était d'ailleurs une priorité nationale et incumule des retards qui sacrifient des générations. Les gouvernements successifs s'étaient engagés, nous semble-t-il, à garantir les qualités des chances entre tous les enfants pendant pourtant nous avons parfois l'impression qu'ils sont vraiment les oubliers de la République.

Monsieur le député, ancien ministre de l'éducation, quels pourraient être vos engagements et vos visions sur ces problématiques qui nous touchent particulièrement en territoire rural ? D'abord, merci pour votre question et merci d'aborder en premier ce sujet qui est un sujet absolument majeur. C'est le sujet le plus important pour moi, l'école éducation parce que l'école c'est ce qui a fait et c'est ce qui fait la République. Le rôle de l'école, la mission de l'école, c'est de former des républicains. Et l'école, c'est ce qui nous tient tous ensemble.

Et je suis convaincu que beaucoup des problèmes qu'on rencontre aujourd'hui dans le pays, beaucoup des défis qui sont devant nous, on les réglera en investissant massivement pour l'école de la République et en continuant à agir pour l'école. Et vous avez raison, dans les priorités absolues pour moi, il y a évidemment l'élévation du niveau. C'est une priorité, c'est un enjeu majeur individuellement pour les Français qui doivent pouvoir se dire que leurs enfants, leurs petits-enfants seront formés, seront armés ensuite pour s'insérer, trouver un emploi, fonder une famille et sortir de l'école avec les connaissances indispensables à tout citoyen.

Mais c'est aussi un enjeu pour le pays parce qu'on voit aujourd'hui dans la concurrence internationale évidemment que si on veut continuer à rivaliser avec les plus grands, on doit rester ou redevenir une nation de scientifiques, d'ingénieurs, de penseurs qui sont capables d'inventer l'avenir. Et ça passe avant tout par l'école. Alors oui, il faut une plus grande exigence en matière de niveau. Vous l'avez rappelé, j'ai été ministre de l'éducation nationale. J'ai pris des décisions qui ont parfois été débattu, qui ont parfois été contesté. Le retour du redoublement, ça faisait des années qu'il avait été supprimé en France.

Moi, j'ai toujours considéré qu'un enfant peut pas glisser de classe en classe alors même qu'il n'a pas le niveau pour passer dans la classe supérieure. C'est pas un service à lui rendre. Il y avait plus de redoublement en France. J'ai décidé qu'on le remettait. Et maintenant, il y a à nouveau du redoublement puisque le dernier mot est à nouveau aux enseignants. J'ai décidé qu'on allait renforcer l'exigence dans certaines matières, notamment, vous l'avez cité, les mathématiques qui sont essentielles.

Et à partir de cette année, d'ailleurs, les élèves de première, tous les élèves de première passeront une épreuve anticipée de mathématiques parce que je l'ai décidé quand j'étais ministre de l'éducation nationale. Les élèves de première de cette année, même pas beaucoup à cause de ça parce qu'ils sont les premiers à vivre l'épreuve. Mais c'est évidemment une chance pour eux, une chance pour le pays et je pourrais continuer sur des mesures que j'ai prises en faveur du niveau pour l'école.

Mais là où vous avez raison, c'est qu'il y a malheureusement une grande fragilité qui mine cette mission et cet objectif d'élévation du niveau et qui par ailleurs crée beaucoup de frustration et beaucoup d'inégalité selon les territoires, c'est évidemment la question des remplacements et le fait que quand des professeurs sont absents et parfois il y a de la maladie, il est dans certains établissements parfois pendant 2 3 mois l'impossibilité et parfois même plus l'impossibilité d'avoir un professeur pour remplacer et ça C'est terrible pour les familles parce que les familles se disent "Mon enfant, il perd des chances par rapport aux autres mais pas uniquement par rapport aux autres.

Il perd des chances pour lui pour son avenir." Et c'est tout l'enjeu de l'attractivité du métier d'enseignant. Moi, je crois pas qu'il y a de crise de vocation de métier d'enseignant. Je pense qu'il y a plein de jeunes et j'en rencontre tous les jours qui ont envie d'enseigner. Je rencontre aussi beaucoup de gens qui ont une première carrière, qui ont envie de se reconvertir, de se réinventer et qui ont envie de transmettre, de trouver du sens en devenant enseignant. Je crois pas que ça soit un problème de vocation. Je pense que c'est un problème d'attractivité. Il faut qu'on ait davantage de personnes qui se disent qu'elles peuvent devenir enseignantes et enseignants.

Ça passe par plein de mesures. Ça passe évidemment par la question de la rémunération. Il faudra continuer à avancer sur ce sujet-là. Ça passe par la question de l'affectation. Il y a des territoires effectivement où il y a plus de difficultés qu'ailleurs de voir venir des enseignants s'installer. Ça pose la question. On travaille aussi sur des mesures comme celle-là d'une forme de bonification selon des territoires, bonification plus fortes selon les territoires qui sont en fragilité et en difficulté. Mais pour le dire, je pense que cette question du remplacement, ça doit être une grande cause absolue dans les années à venir.

Je serai au collège de Mur de Barz dans quelques heures et je sais que les équipes vont m'en parler et je sais à quel point c'est un sujet pregnant mais je le dis ici, si on ne règle pas les problèmes de l'école, on ne règlera pas tous les problèmes du pays. Et ça commence donc par l'école. Merci beaucoup. Notre question. Bonjour monsieur Atal. Bonjour Pierre Inas. Je pose cette question aussi en lien avec l'éducation. Je voulais avoir votre avis, votre vision sur l'intégration de l'intelligence artificielle au sein de notre France. L'intelligence artificielle fait bouger les choses de façon extrêmement vite et on sait la lenteur avec laquelle nos institutions ont du mal à évoluer.

Par exemple, en Chine, ils ont rendu obligatoire dès le plus jeune âge l'intégration de l'intelligence artificielle. Qu'est-ce que vous avez prévu dans ce sens ? Merci. Alors, l'IA, c'est une c'est une révolution et c'est pas une résolution une révolution qui est cantonnée à quelques start-ups à Paris ou dans les métropoles. Ça va être une révolution pour le monde entier et toute la France. Et alors, on peut être pour ou contre l'IA, on peut trouver ça super ou trouver ça pas bien. De toute façon, ça sera une révolution et ça sera là. Et moi, ce que je veux, c'est que les Français, les travailleurs français puissent maîtriser l'IA plutôt que de subir l'IA. Et ça passe par différentes choses.

Ça passe évidemment par l'éducation, vous l'avez dit. On doit repenser aussi la manière dont on apprend et ce qu'on apprend à l'école face à la révolution de l'intelligence artificielle. Il y a des pays qui ont commencé à le faire, vous l'avez dit. Mais euh ce que ça ce que ça dit finalement cette révolution et ce que ça nous appelle à faire, je crois, c'est à aussi retourner vers un certain nombre de missions de l'école qui parfois ont été perçues comme accessoires mais qui sont essentiels. Le développement d'un esprit critique, être capable de prendre du recul face à l'information devant laquelle on est. C'est une mission majeure de l'école.

Parfois, certains ont du mal à la mettre en avant. Pourtant, face à l'intelligence artificielle, ça devient encore plus important. apprendre à apprendre parce qu'on sait qu'avec l'IA, les métiers vont changer très rapidement dans l'avenir et donc il faut que les jeunes qui ont été formés bah ils sachent comment apprendre tout au long de leur vie, être formés tout au long de leur vie parce que les évolutions technologiques vont être extrêmement rapides. Et après, il y a l'enjeu des Français euh déjà dans la vie active.

Et moi je plaide comme l'ont fait certains pays, je pense notamment à la Finlande en Europe, pour que on ait un plan massif de formation de l'ensemble de la population active française à l'intelligence artificielle. Je pense que sur 5 ans, on peut se donner pour objectif de former 20 millions de salariés en France. C'est possible et d'ailleurs, il y a déjà beaucoup de gens qui se forment. Il y a des entreprises qui l'organisent, mais il faut que ce soit acceptable à toutes les entreprises, y compris les petites et moyennes entreprises. Et pour ça, on a besoin de la puissance publique pour aider et pour accompagner.

Et puis enfin, évidemment, ce que je veux, c'est que l'IA et l'innovation, elle se fasse aussi en France. Moi, je fais partie d'une génération qui a vu à quel point on avait des talents, des atouts en France, des jeunes qui inventaient des choses. Et malheureusement, souvent quand il s'agissait de le développer, de devenir un géant du numérique, bah c'est souvent les Américains qui ont gagné. On a vu des Français qui ont pensé inventer quelque chose qui s'appelait Viadeo et c'est plutôt LinkedIn qui a gagné aux États-Unis sur la même activité. On a vu des Français qui ont pensé à un truc qui s'appelait chauffeur privé. C'est U qui l'a remporté aussi de l'autre côté de l'Atlantique.

Et on peut multiplier les exemples comme cela. Donc on doit avoir une économie qui favorise beaucoup plus l'émergence non seulement de start-up mais de géant du numérique dans l'intelligence artificielle en France. Et ça ça passe par plein de mesures. Je vais pas trop m'étendre sur le sujet, mais évidemment la possibilité de capitaliser davantage nos retraites pour avoir des vrais fonds de pension qui peuvent investir dans notre économie, c'est un enjeu clé et un enjeu majeur.

Évidemment, simplifier un certain nombre de règles pour que les jeunes se disent ou les moins jeunes d'ailleurs quand j'entreprends, j'ai pas besoin de partir de la France pour arriver à développer mon projet et à devenir un géant et on met pas des bâtons dans les roues alors que ces bâtons n'existent pas dans les roues des autres qui innovent dans d'autres pays ou de l'autre côté de l'Atlantique. est aussi absolument majeur. Donc oui, pour moi l'IA, ça sera un des points cardinaux qu'on devra porter ensemble dans les années à venir pour le pays. Bonjour monsieur Atal, je suis ma sœur kinésithérapeute sur ce territoire et la seule actuellement installée sur le secteur.

Des incitations financières ainsi que des aides à l'installation ont été mises en place afin d'encourager les kinés à exercer dans des lieux peu dotés. Toutefois, le nombre de professionnels n'est pas au rendez-vous. Malgré le fait que de nombreux maurs kinésithérapeutes se forment à l'étranger et ils sont nombreux. L'accès aux études en France reste encore trop restrictif. Nos listes d'attentes ne cessent de s'allonger. Beaucoup d'entre nous ont désormais plusieurs mois d'attente et doivent prioriser les patients. Le constat est clair. Les patients ne sont pas pris en charge suffisamment tôt, ce qui impacte directement les résultats des soins.

La pression est forte et devient épuisante pour les professionnels de santé. Par ailleurs, l'accès aux examens complémentaires, les IRM notamment et les scanners indispensable à la prise en charge est également très difficile sur le territoire français et plus encore en milieu rural avec des délais actuellement dans notre secteur de plusieurs mois. Dans ces conditions, quel soutien concret peut-on attendre et sur quelle volonté politique peut-on compter afin d'améliorer l'accès aux soins, notamment pour les populations les plus vulnérables ?

Là, on est sur un sujet euh l'accès aux soins et la santé qui est pour moi la première préoccupation aujourd'hui des Français et notamment pour les Français en milieu rural. Et on est devant l'une des plus grandes inégalités aujourd'hui dans notre pays qui est celle de la possibilité d'accéder à des soins de qualité. et rapidement. Et la la désertification médicale, c'est une réalité en milieu rural. Ça devient aussi, il faut le dire, une réalité dans un certain nombre de villes parce que la réalité, c'est que pendant des années, on a piloté le nombre de professionnels qui étaient formés pour des questions budgétaires sans se poser la question du besoin de la population.

Et donc, on a serré la vis sur le nombre de professionnels qui étaient formés avec le fameux numérus claus. Et donc, pas suffisamment de médecins et on peut parler aussi des paramédicaux, vous l'avez fait. qui arrive ensuite sur le terrain pour soigner les Français. Sur les médecins, on a commencé à le changer ces dernières années. Forcément, il faut un peu de temps pour former un médecin. Il faut une dizaine d'années mais enfin on a plus le numérus claus tel qu'il existait. Et je crois qu'on formait environ 8000 médecins par an en 2017. On en formait 12000 en 2022. Quand j'étais à Matignon, j'ai décidé qu'on en formerait maintenant 16000 par an à horizon 2027.

Donc ça veut dire un doublement sur 10 ans du nombre de médecins qui sont formés. Et ces médecins, ils vont arriver ensuite sur le terrain et ils vont pouvoir renforcer l'accès aux soins. La question c'est comment est-ce que d'ici là on permet aux Français parce qu' évidemment ils ont pas 10 ans à attendre pour avoir un rendez-vous chez le médecin ou trouver un médecin traitant. Et pour moi là, il y a une possibilité, c'est libérer du temps médical au médecin. Il y a trop de temps qu'il aurait demandé au médecin sur des questions administrative, ce qui leur empêche de voir davantage de patient. Il y a par ailleurs des actes qu'on peut transférer des médecins à d'autres professionnels.

Quand j'étais premier ministre, j'ai signé un décret et certains se sont moqué de moi à l'époque en disant c'est pas le niveau d'un premier ministre pour autoriser les pharmaciens à prescrire des antibiotiques pour les angines et pour les cistites. Je me souviens certains ont dit "Mais pourquoi le Premier ministre il vient parler d'angine et de cistitte ? C'est pas son sujet." Bah si en fait c'est un sujet d'égalité républicaine que de permettre aux Français d'accéder aux soins. Et donc maintenant on a délégué ces compétences là, ces tâches là. euh aux pharmaciens qui peuvent les accomplir.

Et je pense qu'il y a encore des choses qu'on peut transférer à d'autres professionnels aussi pour décharger les médecins d'un certain nombre de tâches, renforcer l'accès pour les Français. C'est devenu maintenant une habitude d'ailleurs la vaccination chez le pharmacien par exemple. Donc renforcer l'accès aux soins des Français, décharger les médecins d'un certain nombre de tâches pour qu'ils puissent avoir davantage de patients, ouvrir davantage de consultations sur des sujets euh qui sont qui nécessitent davantage un médecin généraliste ou ou spécialiste.

J'ai une frustration, c'est de pas avoir réussi à l'époque, ça viendra peut-être à faire passer un mécanisme qui permet quand même de sanctionner le non respect d'un rendez-vous chez le médecin parce que chaque année, c'est des millions de rendez-vous qui sont perdus parce qu'il y a des personnes qui prennent rendez-vous qui ne se présentent pas. Et donc à un moment, pour des raisons de civisme mais aussi pour des raisons de libération du temps médical pour les gens qui en ont besoin, il va falloir qu'on ait un mécanisme beaucoup plus incitatif pour tenir son rendez-vous quand on a un rendez-vous chez le médecin. Et ça, je ne lâcherai pas là-dessus.

J'ai pas réussi à le faire à l'époque, mais je suis convaincu que j'y arriverai et qu'on y arrivera ensemble à l'avenir. Et après, sur les paramédicaux, ça doit être la même logique. Il faut former davantage. Ça c'est aussi très en lien avec les régions évidemment puisque les régions sont directement impliquées. Et puis ensuite, il faut le dire pour des questions d'attractivité.

Il y a aussi certains paramédicaux sur lesquels on doit avoir des revalorisations d'actes qui sont essentielles parce que la réalité c'est que il y a des paramédicaux aujourd'hui qui s'en sortent pas forcément qui n'arrivent pas à s'en sortir du fait parfois d'actes qui n'ont pas été revalorisés depuis très longtemps. Et ça ça nécessite un effort. Mais je pense qu'il faut le faire si on veut renforcer l'attractivité dans ces métiers aussi. [applaudissements] Bonjour. Donc euh je suis infirmière libérale, donc ça tombe bien et effectivement je suis tout à fait d'accord avec vous.

Euh cette nomenclature qui date euh de très très longtemps n'a jamais été revalorisée et euh actuellement et pour être aussi euh sur un syndicat convergence euh je confirme que il y a beaucoup de cabinets qui ferment, il y a beaucoup d'infirmières qui quittent le métier parce que elles ne s'en sortent plus mais elles ne sont plus considérées dans leur dans leur profession et il est important de revoir ça parce que sinon on va aller dans une pénurie où on voit actuellement euh des familles qui ne trouvent pas ni médecin, ni d'aide de vie, ni de d'infirmière.

Et dans les milieux ruraux, c'est catastrophique aussi parce que un, il y a beaucoup de kilomètres, on n pas revalorisé aussi euh le le tarif kilométrique plus avec ce qui se passe actuellement, c'est très compliqué et on va enfoncer cette profession de plus en plus. Donc ben j'espère que avec les nouvelles élections et euh la personne qui arrivera au pouvoir, on va arriver à faire quelque chose de correct euh à ce niveau-là. C'est dangereux. On va vers quelque chose de dangereux. On va mettre en péril le la patientelle et les patients et nos nos anciens. C'est surtout à l'heure du vieillissement de la population où les besoins vont être de plus en plus importants. C'est ça.

Et donc on est d'accord sur la solution. Je pense qu'il y a des choses qui ont été faites ces dernières années encore une fois pour le nombre de professionnels formés. Maintenant, on sait que la prochaine étape, c'est effectivement la revalorisation d'un certain nombre d'actes.

Les infirmières en font partie qui ont pas bougé depuis très très longtemps et qui font avec leur enchérissement du coût de la vie, avec vous avez donné l'exemple évidemment de la crise du carburant en ce moment, euh bah en fait des infirmières qui s'en sortent plus et derrière des jeunes qui voient ces situations-là et qui se disent "Moi, je vais pas devenir infirmier ou infirmière parce qu'on s'en sort pas dans ce métier-là." Donc ça a un impact ensuite sur l'attractivité des métiers. Ça, c'est tout à fait ça. Et puis euh c'est pas qu'on on cherche en tant que professionnel à gagner plus que ça parce qu'on entend souvent hein, vous gagnez très bien votre vie.

Non, c'est que quand on fait un acte, il y a derrière du matériel, il y a du temps, il y a de la compétence. Quand on nous appelle pour une urgence alors qu'on a pas d'ordonnance, on va intervenir. On regarde pas que on est on va être payé ou pas. Non, on intervient parce que la priorité c'est notre compétence et l'aide au aux familles et aux patients. Donc j'estime que quand même quand on fait un acte, ben que il y en ait deux, trois ou quatre, il faut qu'il soit rémunéré à ta plein et non pas comme c'est actuellement. Voilà. Donc il y a plein de petits trucs comme ça qu'il faudrait revoir. Bon et puis moi j'ai pas été ministre de la santé donc j'ai pas pu agir spécifiquement sur ce sujet.

En revanche, ça me montre que c'est possible aussi de prendre des décisions. J'ai été ministre de l'éducation nationale, ça a été répété et euh les infirmières scolaires n'avaient pas vu leur rémunération bouger depuis très longtemps. Or, elles ont des missions supplémentaires avec la question du harcèlement, avec les problématiques de santé mentale chez les jeunes qui sont très fortes. Et donc, quand j'étais ministre de l'éducation nationale, j'avais décidé d'une revalorisation salariale inédite pour les infirmières scolaires. C'est aussi un enjeu d'attractivité. Donc ce que j'ai fait pour le ministère de l'éducation nationale, je pense qu'on doit pouvoir le faire pour la France.

Dernière question. Bonjour, je m'appelle Cindy, je suis vétérinaire. Ma vie tant personnel que professionnelle est profondément ancrée dans ce territoire comme toutes mes consœurs et confrères ruraux. Nous sommes de maillons, des maillons essentiels et peu visibles de la vie rurale. Je me permets de vous interpeller également ma qualité de conseillère de l'ordre de la région Occitanie et coordinatrice de la commission qui s'occupe de la difficulté du maillage territorial. Le 17 décembre dernier, le premier ministre nous a fait applaudir devant le Sénat.

En effet, les vétérinaires ont fourni un travail remarquable lors de la crise de la DNC avec une mobilisation exemplaire pour une vaccination massive en un temps record et dans des conditions d'extrême difficulté. Pourtant, notre profession souffre d'une absence de reconnaissance de l'État. Absence de reconnaissance de l'État sur le plan financier d'abord avec une absence de soutien pour les services rendus à la population, par exemple la permanence et la continuité de soins, que le législateur rend obligatoire ou encore le nonpaiement des déplacements pour des actes de prophylaxie obligatoire pour les éleveurs, ce qui entraîne une démission généralisée.

Cette démission, nous l'avons crainte. Aujourd'hui, après la crise de la DNCB, nous la constatons sans pouvoir y remédier. Pour autant, peut-on reprocher à des structures libérales de se désengager de services à la population quand ces services sont déficitaires ? Absence de reconnaissance de l'État aussi sur le plan moral. Nous avons l'impression d'être de bons petits soldats, d'être surtout une variable d'ajustement professionnellement dévoué et parce que dévoué invisibilisé. Dans ce contexte, quelles mesures concrètes l'État entend-il prendre pour reconnaître durablement l'engagement des vétérinaires sanitaires et garantir ainsi l'attractivité de notre profession ? Je vous remercie.

Oui, on peut l'applaudir parce que ça a été dit, on a beaucoup on a beaucoup applaudi les vétérinaires encore il y a quelques mois au moment de la crise de la DNC. D'ailleurs, je dois dire que ce qui a été fait dans l'Avon avec le le lien très fort qu'il y a eu, le plan qui a été mis en place entre la préfecture, l'ordre avec les vétérinaires, les agriculteurs avec des mesures de protection qui ont été mises en place, c'est quand même un modèle de ce qui peut fonctionner dans un moment de crise qui a un moment de crise terrible pour les éleveurs parce que ceux qui ont dû voir leur chtel ou leur pardon leur troupeau être abattus, ça a été extrêmement violent pour eux.

Et c'est vrai qu'on a applaudit les vétérinaires. Et c'est vrai que les vétérinaires, mais comme d'autres professions qu'on a pu applaudir au moment du Covid, bah se disent "C'est bien de nous applaudir, mais on veut aussi des actes ensuite concrets." Et je donnais l'exemple tout à l'heure des infirmiers sur la question de la nomenclature et des actes. La réalité, c'est que les vétérinaires, ils ont des actes qui leur sont demandés par les pouvoirs publics et qui pourtant pour certains sont déficitaires. Et ça, c'est une situation qui est, je le comprends totalement incompréhensible. Donc là aussi sur ces actes-là, évidemment qu'il faut revoir la nomenclature.

On peut pas avoir, on peut pas être forcé quand on est professionnel à réaliser un acte au titre de ces missions de service public, mais que ce soit déficit, c'est-à-dire qu'on y perde de l'argent. Ça n'a aucun sens. Et ensuite, ce que je crois, c'est qu'on doit pouvoir aussi créer et ça ça nécessite un changement dans la loi. On en a souvent parlé avec Jean-François Rousset, avec Stéphane Mazard, avec Pauline Cestrière, les les élus de ce de ce département. Il faut créer un statut du vétérinaire sanitaire rural.

parce que c'est des conditions d'exercice qui sont particulières, c'est des obligations qui sont particulières et je pense qu'en matière de soutien et en matière d'incitation, il y a des mesures spécifiques à prendre et sur ce sujet-là, je veux m'engager et travailler avec vous pour les mois et les années à venir. Une question à quelque chose. Bonjour. Euh Jeanvière, je suis commerçant à Mur de Barè. Euh à l'heure où nous arrivons tout droit vers la facture électronique, je me pose des questions pour toutes tous les commerçants et artisans.

Euh dans une région comme la nôtre où il y a beaucoup de problèmes avec internet, on a des coupures régulièrement, euh nous allons être tributaire d'un système qui risque de ne pas fonctionner et nous impacter directement. les petites structures que nous sommes auront peut-être du mal à supporter certains certaines manques au niveau internet.

Alors ça c'est un sujet qui est pas un sujet, on va dire très grand public au sens où les médias en parlent assez peu et pourtant c'est un sujet énorme parce que ça concerne toutes les entreprises françaises et je sais qu'il y a beaucoup d'inquiétudes et moi à l'époque où j'étais ministre à Ber j'avais décidé de reporter le calendrier de mise en œuvre de la facturation électronique parce qu'on était pas certain à ce moment-là qui a effectivement les bonnes conditions pour que ça se mette en place pour tout le monde.

Et donc là, je crois que le calendrier tel qu'il est prévu se fait de manière progressive entre cette année, l'année prochaine, les suivantes et que les petites, les plus petites entreprises, les commerçants vont pas être immédiatement concernés par l'obligation d'émission et que donc on va voir dans un premier temps la mise en œuvre de cette réforme pour les plus grandes entreprises qui elles vont être obligées dans un premier temps à le mettre en place. Moi, je vais le dire de manière très claire, on a réussi à faire le prélèvement à la source.

Il y a eu beaucoup d'inquiétude et ça a fonctionné aussi parce que on s'est donné toutes les garanties que ça fonctionne avant de le mettre en place. Et donc il faut faire un point en continu là quand la réforme va euh commencer à entrer en vigueur pour certaines entreprises. Si on voit le moins de blocage, la moins de difficulté, évidemment qu'il faudra adapter et revoir le calendrier tel que tel qu'il est prévu. Ensuite, il y a un deuxième sujet derrière ça parce que c'est pas simplement la réforme elle-même. La réforme d'ailleurs, on sait pourquoi est-ce qu'elle est portée. Après tous les pays européens sont en train d'y passer. C'est aussi pour des raisons de lutte contre la fraude.

L'Italie a mis en place cette mesure, cette réforme. C'est je crois 4 ou 5 milliards d'euros dans la première année de recouvrement de la fraude qui ont pu arriver. Donc et les Français, ils attendent aussi qu'on qu'on lutte contre les fraudes. Donc c'est aussi un une réforme qui est importante pour ça. Mais derrière, il y a la question évidemment de l'accès à la fibre, de l'accès à Internet dans tous les territoires et notamment en milieu rural. Et là, ces dernières années, il y a quand même eu beaucoup de progrès en France. Objectivement, on a déroulé du câble. ces dernières années de manière extrêmement forte.

Et quand on compare par exemple la France à un pays comme l'Allemagne, on est beaucoup mieux fibré en France aujourd'hui que chez certains de nos voisins, notamment les Allemands. Mais il y a encore des territoires où c'est pas accessible. Et là, ça doit être la priorité aussi des années à venir. Aller au bout de ce cheminlà pour que partout en France, il y ait une vraie égalité de traitement sur ce sujet de l'accès au numérique. Mais objectivement, et moi vous me connaissez, j'essaie d'être assez lucide.

Ça m'arrive de dire quand je considère qu'il y a eu des échecs ces dernières années, je considère qu'il y a eu un certain nombre d'échecs, j'assume de le dire, ça m'est reproché parfois mais il y a aussi des choses qui vont dans le bon sens et sur ce sujet-là de l'accès à la téléphonie et de l'accès au numérique et à la fibre, il y a quand même eu des vrais progrès et maintenant faut transformer l'essai aller au bout. Une dernière question, [applaudissements] monsieur le premier ministre, un sujet de crispation si vous permettez. l'âge de départ à la retraite.

Euh malheureusement, alors que le gouvernement avait bien travaillé en 2019, juste avant le Covid, je pense que vous étiez très proche d'obtenir un résultat. Malheureusement, au dernier moment, certains critères et notamment un critère d'âge pivot est venu brouiller un peu le débat alors que la majorité des organisations syndicales étaient plutôt d'accord. J'ai lu récemment dans la presse que vous aviez un projet où, si j'ai bien compris, ça allait être plus souple et puis surtout vous alliez donner le choix aux français et aux françaises. Est-ce que vous pourriez concrètement, s'il vous plaît, nous en parler ?

Euh moi je regrette beaucoup que la réforme de 2019 est pas plus concrétisée parce que cette réforme du système par point qui était euh discutée depuis très longtemps en France, qui était poussée par des syndicats comme la CFDT sur laquelle nous-même on s'est engagé euh en 2017, bah je pense que cette réforme, elle était attendue par beaucoup de Français. par ailleurs, elle était juste et effectivement, malheureusement, elle a pas pu aller à son terme.

Il y a le débat sur l'âge pivot qui a fait euh irruption dans euh dans les débats et puis bon, ensuite, il y a eu euh la crise sanitaire qui a fait que immédiatement le sujet n'a pas été rediscuté, que ça n'a pas été euh que ça n'a été euh repris. Moi ce que je pense c'est qu'on en est plus à se questionner sur les paramètres ou les critères qu'on doit bouger dans notre système de retraite. Malheureusement, on en est plus là parce que je pense que c'est le système lui-même qu'il faut changer. La réalité, c'est que ce système, il a été créé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale dans une démographie qui était très différente de celle qu'on connaît aujourd'hui.

À l'époque, il y avait beaucoup de naissance, il y avait de plus en plus de travailleurs et on vivait moins longtemps. Aujourd'hui, il y a moins de naissance, il y a une population active qui diminue et on vit de plus en plus longtemps, ce qui est une bonne nouvelle. Ça, on en est content. Mais évidemment que ça bouleverse l'équilibre. Il y a quelques décennies, il y avait quatre personnes qui travaillaient pour financer la pension d'un retraité. Là, on tend vers le 1,5 personnes qui travaillent pour financer la pension d'un retraité. Donc ça ne tient plus dans ces conditions.

Donc moi je suis pour qu'on change le système, j'ai déjà eu l'occasion de le dire, pour passer vers un système d'abord un système universel avec trois grandes familles, salariés, fonctionnaires, indépendants. On arrête avec les 42 régimes auxquels personne ne comprend rien et qui crée aussi de l'injustice. De un système libre. Moi, je suis favorable à ce qu'il n'y ait plus d'âge légal de départ et qu'on ne se fonde que sur la durée de cotisation avec une vraie décôte si on part très tôt, une vraie surcôte si on parle plus si on part plus tard. Il faut aussi inciter évidemment ceux qu'ils peuvent à travailler le plus longtemps possible.

Mais je pense que déjà aujourd'hui, de toute façon, l'âge légal de départ correspond plus à une réalité pour la majorité des Français. Et quand vous regardez aujourd'hui, quand vous décalez l'âge légal de départ de 2 ans, l'âge de départ effectif moyen des Français n'augmente que de 6 mois. Donc c'est devenu, je pense, une forme de totem de de de biais de crispation dans le pays alors que c'est ça n'est même plus une très grande réalité pour la majorité des Français. Donc autant aller au bout de la démarche. On garde la durée de cotisation.

Si certains veulent s'arrêter plus tôt, bah ils peuvent le faire en ayant évidemment moins que ceux qui ont travaillé plus tard et qui ont une meilleure retraite. Mais ça permettra évidemment plus de liberté. Et enfin, je pense qu'il faut qu'on assume maintenant un vrai pilier de capitalisation d'un système de retraite. Et c'est pas un gros mot.

C'est aussi ce qui permettra d'améliorer les pensions et ce qui permettra d'améliorer notre économie parce que les pays qui réussissent mieux que nous en matière de soutien à l'innovation et de financement de leur économie, c'est des pays qui ont des fonds d'investissement et ils ont des fonds d'investissement parce qu'ils capitalisent aussi les fonds de leur retraite. Et donc moi, je suis favorable à ce qu'on aille dans cette direction. Donc voilà, je pense que c'est une approche systémique et globale.

Franchement, si le débat de la présidentielle se limite sur ce sujet-l à savoir s'il faut repasser au 62 ans, voire au 60 ans ou passer au 65 ou au 67 ans, on passera à côté du sujet et de l'enjeu pour le pays. [applaudissements] Bien Gabriel, déjà je vais te remercier d'avoir répondu présent à notre invitation pour ce débat citoyen. Ces échanges, ils vont se poursuivre évidemment dans la continuité de ce débatour d'un aligo. Il y a un alligo saucisse qui est prévu je crois. Donc Aligo saucisse préparé par la coopérative Jeune montagne et par nos artisans bouchés. Très heureux que tu passes de jours ici aussi en Avyon. Merci d'avoir fait le le choix de l'Avyon.

Et euh avant de conclure ce débat dans la confidentialité de Murde Bez me vient tout de même une question. On est entre nous ici. Tu peux me le dire ? Tu peux n dire cher Gabriel ? Es-tu candidat à l'élection présidentielle de 2027 ? Alors merci d'abord à toi cher Pierre pour l'invitation. Merci à vous de participer à ce à ce moment qui est un moment qui illustre quelque chose de fondamental, c'est qu'on est une grande démocratie et qu'en France, on peut ne pas être d'accord.

D'ailleurs, souvent, on n'est pas d'accord entre nous, parfois sur des petits sujets, parfois sur des très grands sujets, mais enfin, on peut toujours débattre, on peut toujours échanger, on peut toujours confronter nos points de vue et à la fin, j'en suis convaincu, on peut toujours avancer. Donc merci à vous de participer à cet exercice. Et ici euh on est à Mur de Baraz sur la place du village devant ce monument au mort. Ce monument au mort qui nous rappelle quelque chose de fondamental, c'est qu'on est une nation. On est une nation parce que nous avons une histoire commune. On est une nation parce que nous avons rencontré des épreuves.

Et on est une nation surtout parce qu'on a réussi à traverser ces épreuves et à survivre à ces épreuves ensemble. Alors évidemment dans un moment comme celui-là, dans un lieu comme celui-là, on ressent tous, chacun d'entre nous, une très grande humilité et on ressent tous chacun d'entre nous aussi une très grande force. La force d'une histoire qui est millénaire, la force de grands français qui nous ont précédé, la force d'un pays qui a toujours su écrire l'histoire. Je vais vous parler avec mon cœur, surtout aujourd'hui. Moi, j'aime la France. J'aime passionnément la France. J'aime son histoire, j'aime sa culture, j'aime son agriculture, j'aime ses paysages, j'aime son génie.

Et aujourd'hui ici dans cette commune comme partout en France comme je me déplace, je me dis qu'on a décidément le plus beau pays du monde. Et j'aime la France parce que j'aime la République. Cette République qui nous a donné un modèle social, qui nous a donné l'école, qui a toujours fait la force de la France. cette République qui nous permet chacune et chacun d'être regardé à égalité. Quelles que soient nos origines, queles que soient nos croyances, quel que soit notre couleur de peau, quelle que soit la personne que l'on aime. Et j'aime la France surtout parce que j'aime les Français. J'aime profondément les Français. On est un grand peuple. On est un très grand peuple.

N'ayons jamais honte de notre histoire. Ne doutons jamais de notre avenir. Il y a toujours eu des Français qui ont dessiné le monde, qui ont dépeint le monde, qui ont dit le monde, qui ont posé des verres sur le monde. Et il y a encore aujourd'hui des Français qui inventent le monde et qui invent l'avenir et nos quotidiens. En ayant occupé les plus hautes fonctions de l'État, en ayant voyagé dans le monde, en ayant eu beaucoup de déplacements en France et de rencontres avec les Français, je me suis forgé une conviction, conviction très forte, c'est qu'on a encore nos plus belles pages à écrire. Ne laissez jamais certains vous expliquer que le meilleur était derrière nous.

Le meilleur, il est devant nous. J'en suis convaincu. Un pays qui est uni, rassemblé, apaisé, un pays comme la France a ses plus belles pages à écrire. On n'est pas un pays d'avenir, on est le pays de l'avenir. Ça, c'est ma conviction. Et j'ai ensuite une ambition, l'ambition de nous faire renouer avec une très grande promesse qui est la promesse de l'élévation. l'élévation individuelle pour que chacun en France se dise que ses enfants, ses petits-enfants auront une vie meilleure et une promesse d'élévation collective pour que chaque Français en France se dise que notre pays va redevenir la première puissance d'Europe et éclairer le monde sur tous les sujets.

Et puis je me suis forgé aussi une détermination à agir. Alors, il faudra du travail, il faudra faire des choix, il faudra décider, il faudra la force d'agir. Mais avec la force d'agir, tout est possible et je crois que tout est là. apaiser, élever, s'élever, grandir, conquérir, renouer avec un un optimisme parce que moi je n'en peux plus de cette politique française où ces 50 nuances de gestion du déclin et on explique matin, midi et soir aux français que toute vocation à être pire et qu'on peut éventuellement se protéger un peu individuellement pour que ça soit moins pire pour soi. Non, au contraire, on peut avoir des vies meilleures à condition de nous en donner les moyens.

Alors oui, j'ai cette conviction et oui, c'est pour toutes ces raisons, c'est parce que j'aime profondément la France et que j'aime profondément les Français que oui, cher Pierre, j'ai décidé d'être candidat à la présidence de la République. [applaudissements][acclamation] jusqu'au bout. [musique]

40:40
Non speech

[musique] [musique]

40:52
Gabriel Attal

เฮ [musique]

41:02
Non speech

[musique] [musique] [musique]

41:27
Gabriel Attal

[musique] [acclamation] [applaudissements] Merci à toi. Salut, c'est parti pour la Ligue saucisse. Ouais, on y va. M.