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interviewÉlysée· 10 mars 2026 13 min

Déclaration du Président Emmanuel Macron depuis le porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour monsieur le président. Vous avez détaillé tout à l'heure à chiffre l'étendue des moyens déployés par la France dans la région. Le Charles de Ca concrètement quelles vont être ces missions et vous avez cité la mer rouge de trormous concrètement à terme est-ce que le Charles a vocation à débloquer le et aller en mer rouge merci beaucoup d'être là.

D'abord, j'ai beaucoup de reconnaissance pour pour l'ensemble de l'équipage. Vous savez, on est sur le aujourd'hui donc notre porte avion, le Charles de Gaulle, il était il y a quelques jours à Malmeux, donc au Atlantique Nord à mener des opérations en lien avec nos partenaires et la frégate qui est derrière nous. La Bretagne était il y a quelques semaines au Grenland pour assurer les missions qu'on lui avait donné, être au côté de nos alliés pour pour la sûreté, la sécurité dans cette région.

Ça montre notre capacité de projection quand on le décide. Il y a en effet quelques jours, j'ai pris la décision de demander au groupe aéronaval de venir en Méditerranée orientale. Pourquoi ?

Parce qu'il y a maintenant une semaine, la guerre a commencé dans la région. les frappes d'Israël et des États-Unis d'Amérique sur l'Iran, les répliques de l'Iran et les bombardements de beaucoup de pays de la région, beaucoup étant liés à nous-même. Et donc faire revenir le porte-avion avec l'ensemble des fréguettes qui l'accompagnent, avoir cette l'ensemble de ses forces, c'est à la fois pour nous une évidence et ce qui va nous permettre d'agir.

D'abord parce que nous avons des ressortissants dans la région. On a ces derniers jours et encore ces dernières heures permis à beaucoup de nos compatriotes de passage en vacances où les plus vulnérables de revenir à travers des rotations militaires, des avions affraités et l'ouverture de d'avion de compagnie aérienne de la région. Néanmoins, nous pouvons être confrontés à des situations d'urgence et il est important de pouvoir opérer.

Et donc le porteavion avec aussi les portes hélicoptères amphibie, nous allons en déployer deux au total de dans l'ensemble de ces opérations et les frégates vont nous permettre en lien avec les autres européens d'organiser, de prévoir, de planifier des opérations d'évacuation, de rapatriement s'ils devaient y en avoir. Ça c'est la première chose. protéger nos compatriotes dans une région une région une région pardon qui s'est embrasée.

La deuxième chose c'est que nous avons des accords de défense avec beaucoup de pays qui sont aujourd'hui attaqués. Alors, on a réagi tout de suite. On a envoyé des rafales, des systèmes de défense antiaérien.

Vous étiez ce matin à Chypre, on a vu les systèmes mistral, on a envoyé plusieurs autres à Chypre évidemment, aux Émirats Arabes Unis, Qatar, Kuwait, Arabie Saoudite. On envoie aussi des systèmes en Jordanie ou en Irak pour les aider à se protéger. Et l'ensemble des moyens maritimes que nous sommes en train de déployer vont peut-être participer à ces missions purement défensives.

On est au côté de nos amis et nos alliés. Et puis la troisième chose, c'est la liberté de navigation et la sûreté maritime. C'est de permettre la libre circulation de ce qui fait le commerce international et de ce qui fait aussi la la circulation du pétrole et du gaz.

Et là-dessus, avec notre porte-avion et les moyens qui se déploient autour, on se donne des options pour pouvoir intervenir le moment voulu. D'abord donc assurer la libre circulation en Méditerranée orientale. C'est pour ça que dans un premier temps, il rejoindra la frégate Langdot qui depuis plusieurs jours est déployée au large de Chypre.

Ensuite, la circulation en mer rouge du canal de Suèse à Babel Mandeb. Et là, nous avons une mission qui est structurée parmi les Européens qui s'appelle la mission Aspides. Et donc cette mission, nous y déléguons environ deux frégates.

En tout cas, on a prévu dans la durée de pouvoir faire cela. Elle est coordonnée par nos amis Grecs et on est avec les Italiens, les Grecs, les Néerlandais, plusieurs autres. Elle permet d'escorter les bateaux.

Aujourd'hui, les portes containurs qui passent ne sont pas menacées. Il y a 18 mois de cela, il l'était et on escortait ces portes conttainers. On se met en situation de le faire. s'il y avait une reprise de l'hostilité en particulier parce que là ce sont les outils qui comme vous le savez sont des groupes terroristes proches de l'Iran qui pourrai reprendre leurs activités.

Et puis troisème théâtre important pour la liberté de circulation c'est le fameux Détroit d'Ormouse. Il est aujourd'hui de fête fermé. Ça fait partie des choses que j'ai demandé hier au au président Pézéchien, le président de la République islamique d'Iran.

Aujourd'hui, les frappes ne permettent pas d'envisager une réouverture à court terme. C'est un théâtre de guerre. Mais quand les circonstances le permettront, ce que nous sommes en train de de concevoir, c'est au fond une mission intergouvernementale, c'estàdire avec plusieurs pays.

On a plusieurs Européens qui sont prêts à le faire avec nous. On a les Indiens qui on en a parlé. On a d'autres pays asiatiques qui sont frappés par les conséquences de ce qui se passe et l'objectif ce serait quand il y a une baisse de ces conflits de manière totalement pacifique de pouvoir escorter des tankers des portes conteneurs et de rouvrir la route du gaz et du pétrole en sortie d'ormous pour aller alimenter les marchés mondiaux et puis la route aussi des portes conteneurs pour alimenter beaucoup de pays de la région qui aujourd'hui euh sont en train de manquer de certaines denrées ou de certains éléments.

Et là, le Charles Ga pourrait intervenir. C'est une mission par exemple qu'il a accompli en tout cas son prédécesseur il y a maintenant 40 ans dans ce qu'on appelait la guerre des tankers. Il ne le ferait pas seul.

Ça se ferait avec plusieurs autres pays et ça se ferait dans un moment où en tout cas le cadre doit être clair avec les parties prenantes. Ça n'est pas dans une mission offensive, c'est dans une mission d'accompagnement. Au moment où je vous parle, les conditions ne sont pas remplies, mais nous nous mettons en situation de pouvoir le faire en temps voulu. général, monsieur le président, est-ce que vous êtes surpris ?

Vous avez parlé hier avec le président iranien par la ténacité de la réponse iranienne. Et puis côté américain israélien, là aussi vous avez des échanges fréquemment. Est-ce que vous pensez des échanges que vous avez avec eux que cette guerre est partie pour durer ?

Nous nous mettons en situation de pouvoir durer et je pense que rien n'indique que cette guerre cessera dans les jours à venir. Et donc cette guerre, je pense durera à coup sûr dans cette phase intense en tout cas plusieurs jours, peut-être plusieurs semaines. Et tout dépend aussi de de la clarification que les uns et les autres font sur leur objectif final et au fond ce qu'on appelle l'effet final recherché.

Je ne pense pas qu'on puisse avoir des changements profonds de régime de système politique uniquement par des bombardements. Par contre, si l'effet final recherché et de neutraliser des capacités balistiques, une marine, c'est possible dans un temps de quelques semaines. Pour la France, quel est l'objectif ?

Nous, nous ne faisons pas partie de cette offensive. Nous, notre objectif c'est d'abord de protéger nos ressortissants, je vous l'ai dit, et nous nous mettons en situation de pouvoir les protéger pour des semaines, des mois si c'était nécessaire. Ensuite, c'est d'être au côté des pays qui sont nos alliés, nos amis, s'il devait encore être sous la pression et sous les sous le feu.

Et c'est tout particulièrement, ce qui pour la méditer la Méditerranée orientale est clé, de nous mettre en situation aussi d'aider le Liban qui est sous une forte pression aujourd'hui. Et puis la troisième chose, c'est d'assurer ces missions dans la durée de liberté de circulation et de sûreté maritime. Et donc voilà nous, si je puis dire, nos objectifs, ils sont clairs.

C'est dans ce cadre là que nous opérons et nous nous mettons en situation de pouvoir durer et d'avoir le maximum d'options à notre main. Et cela, la France, peut le faire parce qu'elle a un groupe aéronaval comme celui-ci, parce qu'elle a les frégates qui l'accompagnent et parce qu'elle s'est agrégé autour d'elle des partenaires européens. C'est notre force.

Et je veux remercier les partenaires européens qui sont avec nous. Comme je vous le disais, au moment où je vous parle, nous sommes en train de nous on fini dans les dans les 48 prochaines heures les déploiements. Nous aurons dans cette région, c'estàdire Méditerranée orientale, mer rouge jusqu'au détroit d'Ormous, h frégates, deux portes hélicoptères en Phibie et le porte-avion Charles de Gaul avec évidemment tous les moyens aériens qui l'accompagnent.

C'est trois Hailles, 20 rafales, trois hélicoptères qui sont ici sur le porte-avion. à propos de nos alliés, pour mesurer l'intensité du conflit, est-ce qu'on continue d'intercepter des drones au-dessus des pays du golf ? Combien en a-t-on intercepté ?

Et puis est-ce que selon vous, on est rentré dans une guerre asymétrique ? Écoutez, il y a eu des interceptions qui ont continué ces derniers jours. Il appartient aux pays concernés de donner les chiffres qu'ils veulent donner.

Nous le faisons nous dans dans le cadre des partenariats qui sont les nôtres. et on continue aussi d'apporter les systèmes de défense anti-aériens. Je qualifierai pas plus que cela la situation.

Il y a des risques d'escalade aujourd'hui qui existent. En tout cas, c'est clair des risques d'escalade géographiques, des risques d'escalade quand je vois que ces derniers jours des infrastructures ont été touché, en particulier des usines de désalinisation, en plus des moyens aussi de production d'hydrocarbure. Et donc tout ça montre que la situation demeure extrêmement volatile, elle est fragile.

C'est aussi pour ça que au-delà de ces missions strictement défensives que la France assure et auquel elle contribue avec ses partenaires, nous voulons coordonner les choses au niveau économique. La France, comme vous le savez, depuis le 1er janvier à la présidence du G7, s'est tenu aujourd'hui une réunion des ministres des finances. Demain, une coordination sera entre ministre de l'énergie.

J'ai proposé qu'on ait une coordination entre chef d'État et de gouvernement pour pouvoir là aussi essayer de d'optimiser les choses avec nos réserves stratégiques, avec des prises de décisions coordonnées, d'essayer de d'atténuer l'impact sur les prix du gaz et du pétrole autant que nous le pouvons. Et c'est important parce que pour beaucoup de nos compatriotes qui nous écoupent, bien les l'impact de cette guerre se fait déjà ressentir dans les prix à la pompe et se fera ressentir aussi sur les les prix du gaz dans les semaines qui viennent. Dans les réserves stratégiques, c'est la solution privilégiée que vous privilégieriez.

D'abord, il y a une coordination à faire. Il faut il est important au-delà du G7, même plus largement que les pays coopèrent. toutes les mesures de restriction de l'export, elle crée des problèmes parce qu'elle elle disloque un peu le marché mondial et donc elle crée des emballement de prix par notre coordination qu'on puisse réduire la volatilité des effets de spéculation.

Et ensuite les pays du G7 ont en effet des réserves stratégiques. Elles sont faites pour ça, pour piloter les choses dans les moments de tension. Donc, il faudra le faire avec les éléments objectifs qui nous seront donnés par l'Agence internationale de l'énergie et en étant coordonné mais je pense qu'on s'oriente en tout cas vers des mesures techniques de cet ordre.

Une question, est-ce que vous pouvez dire aujourd'hui aux Français ? Il n'y aura jamais d'opération offensives dans ce complit mené par la France, même si des pays alliés nous le demandent et sont attaqués beaucoup plus massivement par l'Iran. Aujourd'hui, je peux dire aux français que la France dans ce grand désordre de la région opère avec calme, méthode au service de la protection de ses ressortissants, en partenariat avec ses alliés et de manière strictement défensive et au service de la liberté de de circulation pour défendre au fond nos intérêts propres, nos ressortissants, notre sécurité et l'accès aux ressources dont on a besoin et l'économie mondiale. et puis pour être à la hauteur de nos responsabilités, c'est-à-dire au côté de nos partenaires et de ceux avec qui on a des accords de défense, pas plus.

On ne sait pas comment la guerre peut évoluer. Il y a le lot d'incertitude qui va avec un tel conflit. La France n'a pas déclenché ce conflit.

Elle n'y est pas partie prenante mais nous agissons là comme puissance de paix, puissance d'équilibre. On défend les nôtres, on est au côté de nos amis. Voilà le cadre strict dans lequel nous opérons aujourd'hui.

Merci monsieur le président. Merci beaucoup et je remercie à nouveau tout l'équipage du Charles de Gaulle d'être là et et d'avoir fait cette manœuvre qui est historique de s'être redirigé depuis l'Atlantique Nord jusque la Méditerranée dans un temps record. Il y a peu de marines qui font ça au monde.

Vous pouvez être fier de la marine nationale qui va fêter dans quelques semaines ces ces 400 ans. Merci beaucoup. Merci.

Déclaration du Président Emmanuel Macron depuis le porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée. — Emmanuel Macron · Pourquijevote