Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBLAST (sur YouTube)· 8 mars 2023 8 min

GRÈVE DU 7 MARS : LE GOUVERNEMENT À LA RUE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C’est un vrai nouveau cap dans l’expression de la colère et de la détermination du monde du travail. On a commencé ensemble, on finira ensemble. Il ne reste qu’une seule solution politique à Emmanuel Macron : le retrait de cette réforme.

Les Français ne se laisseront pas retirer deux ans de vie. Et qu’enfin ils entendent la rue et qu’ils sortent de leur bulle, de l'entre soi. Qu’ils entendent ce qui se dit dans tout le pays, aujourd’hui.

Cela devait être un cap dans la mobilisation contre les retraites. Après quelques semaines d’accalmie relative, pendant les vacances de février, tous les syndicats s’étaient donnés rendez-vous ce 7 mars pour une nouvelle démonstration de force. Comme toujours bataille de chiffres : 1,28 million de personnes ont défilé selon le ministère de l’Intérieur, 3,5 millions selon la CGT.

Quelles que soient les estimations, la sixième journée de mobilisation a été la plus importante depuis le début du conflit. Ça va être la plus forte depuis le 19 janvier. Donc oui, ça montre premièrement la détermination alors que le gouvernement misait sur du découragement.

On a entendu beaucoup de bêtises sur le sujet. Et puis il y a des grèves, il y a des reconductibles, ça commence. Oui, c’est un vrai nouveau cap dans l’expression de la colère et de la détermination du monde du travail.

Il y a trois mois on ne servait à rien, et puis aujourd’hui on est responsable de tous les maux de la Terre. Comme disait Laurent Berger, ils ne nous ont pas encore accusés d’avoir fait perdre la France en finale de la Coupe du monde, mais bientôt on va y arriver… Quelle honte… Exactement. Le cap, c’était aussi le début des grèves reconductibles dans certains secteurs comme les transports ou l’énergie pour mettre le pays à l'arrêt.

Un durcissement du mouvement assumé par les syndicats même ceux qui n’ont pas vraiment la culture du conflit. On a commencé ensemble, on finira ensemble en étant lucides sur ce qui nous sépare, sur les compréhensions mutuelles qu’on doit avoir les uns avec les autres, et moi j’assume ça parce qu’on ne peut pas être dans l'intersyndicale en faisant croire qu’on est une seule organisation syndicale, mais on continuera à agir ensemble, on continuera à se parler, à se voir. Chacun dans son registre, en fait.

En quelque sorte, mais ce n’est pas choquant, chacun avec sa spécificité. Nous on continuera d’être une organisation syndicale réformiste, le réformisme ce n’est pas d’être modéré, ce n’est pas d’être timide, ce n’est pas d’être mou, c’est de pratiquer un type de syndicalisme qui appelle à la négociation mais qui appelle aussi à la mobilisation quand c’est nécessaire. Et aujourd’hui, il n’y avait pas d’espace de négociation donc on a appelé à la mobilisation, on continuera de le faire.

Alors évidemment, le gouvernement fait le malin. Il dit : “Vous voulez mettre l'économie à genoux.” Qui c’est qui met à genoux l’économie ?

Sinon les actionnaires dans les grandes boîtes de l’industrie où ils ont complètement siphonné les trésoreries, pris des décisions à l’emporte-pièce qui ont fait que des grandes sociétés de l’industrie ont disparu. Qui c’est qui a mis l’économie à genoux en décidant de vendre à la découpe Alstom ? Qui c’est qui a mis l’économie à genoux en détruisant la filière nucléaire ?

Vous voyez, moi je suis très à l’aise sur ce débat-là, et si les membres du gouvernement veulent le tenir avec moi, moi personnellement je suis prêt. Tenir la grève sur la durée, malgré les pertes de salaire, voilà l’enjeu pour certains opposants. Ils nous ont fait sortir du bois, et on ne va pas y rentrer comme ça.

Là, on y va à fond jusqu’au bout, jusqu’au retrait, tout simplement. Pression sociale mais aussi politique. Les forces de gauche, malgré leur bilan mitigé à l’Assemblée étaient toutes là pour appeler au retrait de la réforme.

Ce qui est en train de se passer dans le pays est historique. D’ores et déjà, le 7 mars rentre dans l’histoire sociale de notre pays et rentre dans la grande histoire sociale de notre pays avec en plus des blocages qui se font dans des secteurs extrêmement stratégiques, et qui j’espère vont faire plier rapidement ve gouvernement, en plus de ça des formes de mobilisation qui sont des formes de mobilisation qui nous viennent notamment des gilets jaunes avec des reprises de ronds points qui, je crois, donne une vitalité d’autant plus forte à ce mouvement. Et donc il ne reste qu’une seule solution politique à Emmanuel Macron : le retrait de cette réforme ou alors de revenir devant les électeurs que ce soit par un référendum ou un retour aux urnes.

Il ne peut pas continuer à bloquer le pays. Les parlementaires, les sénateurs sont mobilisés. Ils vont retourner en séance dans quelques minutes pour continuer de se battre et de défendre l’ensemble de nos amendements, comme les députés l’ont fait à l’Assemblée nationale.

En plus de l’injustice, le gouvernement continue, par ces procédures accélérées, de refuser ce débat démocratique et de refuser ce débat parlementaire. Les Français ne se laisseront pas retirer deux ans de vie, et ne se feront pas imposer un nouvel impôt sur la vie face à un gouvernement qui est en entêté, qui ne veut rien entendre. Entre deux séances justement certains sénateurs avaient troqué le marbre du Sénat pour les pavés de la rue.

Cette formidable mobilisation dans tout le pays ça nous donne de la force, on va attaquer l’article 7 avec encore plus d'offensivité. Par contre, nous voulons absolument que les parlementaires de droite s’expriment sur l’article 7, que le peuple sache qui est pour l’allongement de l’âge de départ à la retraite, et qui est contre. Donc nous voulons absolument un vote, au moins sur cet article 7.

Et nous voulons ensuite ne pas aboutir à la fin de l’examen du texte. Toute cette mobilisation dans la rue, ça a eu une incidence sur les parlementaires ? Sur nous, oui, ça nous donne la niaque, encore plus.

Sur les autres, on va créer les conditions pour leur rappeler ce qu’il se passe aujourd’hui dans la rue et qu’enfin ils entendent la rue, et qu’ils sortent de leur bulle, de l’entre soi. Qu’ils entendent ce qui se dit dans tout le pays aujourd'hui. Vous pouvez compter sur nous, on va faire en sorte qu’il en soit ainsi.

Comme de coutume le cortège s’est accompagné d’incidents avec les forces de l’ordre. D’abords sporadiques. Comme ici.

Victime collatérale des affrontements, cette voiture qui révèle être celle d’un médecin. Mauvaise pioche. Le jeu du chat et de la souris entre black blocs et policiers gagne en intensité.

Une banderole est mise hors d’état de nuire. Place d’Italie sur le lieu de la dispersion la situation devient vraiment confuse. Les charges ont lieu au milieu des camions syndicaux.

Une membre de la CSI est frappée par un pavé et portée inconsciente par ses collègues. Tensions aussi entre les services d’ordre et les éléments radicaux, un homme manque de passer sous les roues du camion. Les dix jours qui viennent s’annoncent cruciaux pour les protagonistes du conflit.

Les syndicats comptent prolonger la mobilisation, samedi 11 mars et mercredi 15 mars. Avec des blocages prolongés dans les raffineries et les transports, la pression n’a jamais été aussi forte sur l'exécutif qui se trouve pris en étau dans la rue au sénat et à l’Assemblée. Une nasse qu’il a lui-même créé.

GRÈVE DU 7 MARS : LE GOUVERNEMENT À LA RUE — Jean-Pierre Bataille · Pourquijevote