"Nul.les en sport", les traumatisés de l’EPS
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Le cauchemar au moment où le prof de gym demande à deux grandes gueules de la classe de choisir leur coéquipier avant un match de foot. Vous vous revoyez, petit, pour vous qu'on me choisisse, pour vous qu'on me choisisse. L'humiliation, quand il reste que vous, vous finissez dans une équipe évidemment par défaut, tous les autres font la gueule. Vous savez que personne ne vous passera le ballon et de toute façon, vous vous ferez engueuler si vous le renvoyez de travers. Vous vous revoyez, petit, suppliez vos parents de vous faire un mot pour ne pas aller à la piscine. Rêvez de vous casser le bras pour éviter de courir autour d'un stade.
Il devrait y avoir un club, des grands brûlés, des cours de PS. Alors on rigole un peu, j'espère d'ailleurs que ce sera le cas jusqu'à 20h. Mais nul en sport quand on est petit, ça parle aussi de difficultés à comprendre ou à supporter les mécaniques de groupe. Ça parle d'exclusion de facto, simplement parce qu'on a des lunettes, qu'on est considéré comme l'intello de la classe, qu'on se fait charrier quand c'est pas harcelé d'ailleurs, qu'on a quelques kilos de trop. Le sport c'est aussi se déshabiller devant les autres.
On parle donc de rapport au corps et ces traumatismes-là, si on n'y prend pas garde, on les trimballe dans son sac à dos, même à l'âge adulte, parce que certes au moins vous n'avez plus à subir le banc de touche, mais partout on vous explique qu'il faut être en bonne santé, qu'il faut faire du sport, qu'il faut courir, qu'il faut nager, qu'il faut mettre vos performants dans une appli. Et cette injonction-là, elle est partout.
Alors venez à nous, vous les traumatiser des cours de sport, ceux qui n'ont jamais su faire la roue, jamais marquer un panier, passez votre scolarité à boire la tasse, appelez-nous les angoissés du survêt, les malmenés de la poutre, mais peut-être que ces traumatisés de l'enfance que vous êtes sont devenus des sportifs décontractés finalement, qui ont trouvé leur rythme et leur activité plaisir. C'est le Téléphone Son, soyez les bienvenus. Sébastien, vous êtes avec nous, vous êtes le bienvenu, bonsoir. Oui, bonsoir. On vous écoute. Eh bien, c'est marrant, on aurait dit que c'était moi que vous décriviez. Oui, j'ai vécu ça, parce que j'étais celui qu'on appelait Bouboule à l'école.
Et en particulier au collège, où j'avais une prof de sport vraiment... Je pense qu'elle était ancienne militaire, tellement elle était désagréable. Et oui, dénigrante, c'est vrai que maintenant, on aurait peut-être considéré ça comme du harcèlement, mais à l'époque, c'était juste, de toute façon, on ne sera pas capable de sauter les haies. Et puis, alors moi, ce n'était pas au foot, mais c'était l'équipe au handball, où j'étais toujours le dernier choisi. Et puis c'est marrant, j'étais toujours dans les buts, parce que vous savez, les cages de hand, elles sont toutes petites. Oui, oui, bien sûr. Et moi, vu que j'étais gros, c'était moins facile pour les autres de marquer des buts.
Mais malheureusement, j'étais aussi nul avant. Mais du coup, ça vous a dégoûté du sport, Sébastien, ou est-ce qu'il vous a fallu... À un moment, j'imagine qu'à ce moment de soulagement, où je ne suis plus obligée, quel bonheur, et puis finalement, on y retourne. C'est quoi votre parcours à vous, après, en fait ? Eh bien, c'est vrai que ça m'a toujours... Mon parcours scolaire, je n'ai jamais aimé le sport. Je n'ai trouvé aucun sport dans lequel m'épanouir. Et là, depuis... Là, j'ai 49 ans, ça fait une dizaine d'années que je m'épanouis dans le trail, en fait. J'ai trouvé mon sport, enfin. Ah bah, dis donc. Puis alors, vous n'avez pas choisi le truc de tout repos, vous faites du trail.
Oui, c'était le plus facile aussi, le plus compatible avec mon métier, vu que je suis toujours sur la route. Du coup, je me dis, une paire de basket, et puis un short, et hop, c'est dans la voiture. Parce que c'est compliqué, sinon, d'être dans un club de sport. Il faut être là tous les mardis, tous les lundis. Je vois bien ce que vous dites. Merci beaucoup, Sébastien, pour ce premier témoignage. C'est marrant parce qu'il y en a beaucoup qui sont... Je peux vous dire qu'au standard des traumatisés du sport, vous secouez un arbre. Il en tombe dix. Mais il y en a beaucoup qui sont retournés, un peu comme Sébastien, pour discuter ensemble autour de la table. Il y a Guillaume Ditch. Bonsoir.
Bonsoir. Vous êtes enseignant en STAP, vous êtes agrégé d'EPS, vous avez écrit plusieurs livres. Le dernier s'appelle « La France n'est pas un pays de sport » avec un point d'interrogation, ce que le sport dit de notre société aux éditions de boxe supérieure. Il y a Claire Pétain qui est avec nous. Bonsoir. Bonsoir. Ou peut-être. Non ? Ça va, Pétain ou Pétain. Comme vous voulez. Vous êtes psychologue clinicienne. Et puis Cécilia Desarce est là également. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes documentariste, Cécilia, et c'est vous qui avez réalisé un petit docu qui s'appelle « Niveau zéro, histoire de nul en sport ». Je dis petit parce qu'il fait 30 minutes, en fait, mais fort intéressant.
Il est disponible sur le site de Mediapart et c'est grâce à vous qu'on a eu l'idée de faire ce sujet, justement, en voyant votre documentaire. Guillaume Ditch, est-ce que vous avez un peu les oreilles qui sifflent, vous, le prof d'EPS ? Est-ce que vous vous dites « Dites donc, on en a raté des moments, en fait ? » Peut-être dans une autre manière d'enseigner le sport, j'en sais rien. Est-ce que c'est encore le cas, d'ailleurs ? Oui. Alors, pour moi, il y a deux choses. Déjà, votre auditeur parle de l'époque. Donc, il y a une évolution, tout de même, de cette discipline EPS qui, aujourd'hui, justement, est bien consciente de ces questions de rapport au corps.
Sauf qu'il y a une difficulté dans ce cours d'EPS, c'est que le corps est exposé, notamment dans une période de l'adolescence, une construction identitaire, des transformations morphologiques, la nécessité aussi de travailler, de faire un sport en mixité. Il y a un deuxième élément, tout de même, parce que, déjà, ça existe, bien sûr. On a, aujourd'hui, les derniers chiffres de l'éducation nationale rappellent que vous avez 75% des élèves qui apprécient le cours de PES. Mais pour autant, bien sûr, c'est une réalité aussi. Vous avez 20-25% des élèves qui ont ces difficultés. Il y a un deuxième élément qui est intéressant.
Votre auditeur a repris une pratique, mais une pratique intensive, le trail à l'âge adulte. Et comme vous l'avez précisé, c'est une tendance qui, en fait, qui est assez actuelle en France, mais qui s'explique. C'est aussi qu'à ce moment, au collège, dans le dégoût de la pratique sportive qui peut se créer à travers le cours de PES à l'école, il y a aussi le fait du modèle sportif en France. Vous avez un décrochage de la pratique sportive autour de 11-12 ans. Aussi, parce qu'aujourd'hui, les jeunes, ils aspirent au plaisir, à la santé, mais la santé mentale, se défouler, ou encore la convivialité.
Et la compétition, la performance, peut-être ce qu'on a connu dans les générations précédentes du cours de PES, c'est quelque chose qui ne les attire plus. Voilà pourquoi on a des adultes un peu plus âgés qui ensuite, après cet abandon de la pratique sportive, vont la reprendre et parfois de manière intensive. On en a un de profs au standard, on va le prendre dans un instant. Claire Pétain, moi ce qui me frappe et dans tous les témoignages qu'on a, très souvent, c'est ce moment que j'ai décrit au début d'ailleurs, on choisit les équipes et c'est fou comme 20 ans, 30 ans, 40 ans après, on s'en souvient encore, ça marque toujours. Qu'est-ce qui fait que c'est ça qui marque à votre avis ?
C'est l'exposition au regard des autres, c'est l'humiliation, c'est je vais être choisie en dernier, je suis le boulé, je suis nulle et on sait que ça va se reproduire en fait à chaque fois. C'est extrêmement, ça peut être extrêmement traumatisant parce qu'en effet, l'adolescence, c'est une période pendant laquelle se construit l'estime de soi, notamment à travers le regard des autres. Donc, c'est normal que ce soit marquant en fait.
je vais finir ce tour de table avec vous, Cécilia Desarcé, est-ce que c'est parce que vous aussi vous étiez une traumatisée du sport que vous avez eu envie de faire ce documentaire et surtout du coup la question suivante c'est est-ce que vous avez eu beaucoup de mal à aller trouver vos sujets ou finalement pas du tout en fait ?
Merci déjà beaucoup de m'inviter et écoutez, oui bien sûr ça vient d'une initiative personnelle et intime parce que j'ai été traumatisée par le sport mais je crois que c'était surtout l'envie de parler du fait que le fait d'être nul en sport pour moi était un révélateur de marginalité à plein d'autres endroits qu'essayer de comprendre justement quel était ce profil et paradoxalement en fait il y avait beaucoup de personnes qui détestaient le terme en l'entendant et me disaient ah non pas du tout j'aurais pas du tout envie de participer à un documentaire qui parle de ça et d'autres qui au contraire étaient enthousiasmés et disaient ça c'est moi j'ai absolument envie de parler je me sens complètement représentée par le titre Ce qui m'a scotché Cécilia c'est que l'un de vos personnages vos interlocuteurs a le dos tourné donc il parle anonymement et je me suis dit waouh un sujet sur le sport enfin voyez ce que je veux dire c'est pas non plus comme si on révélait des secrets d'état et donc le fait que le trauma encore soit si haut qu'on montre pas son visage je me suis dit dis donc voilà quelqu'un qui a été abîmé quand même Oui effectivement il a souhaité témoigner de manière anonyme et bon après je comprends aussi qu'on n'ait pas envie de passer devant une caméra et que sa parole soit diffusée mais je pense que c'était surtout parce qu'il avait très très honte de ses souvenirs et qu'il ne voulait pas être défini par ça il y a quelque chose qui colle à la peau dans cette identité aussi et voilà soit on s'en empare et on en fait une force un peu comme certains le font soit au contraire on essaie de s'en détacher au maximum J'ai entendu le mot honte et j'ai entendu le mot coller la peau je voudrais qu'on écoute Aude avant que vous repreniez la parole Bonsoir Aude Bonsoir Fabienne Bonsoir à toi On vous écoute Aude
Oui alors j'ai voulu témoigner en tant qu'ancienne traumatisée du sport ce que vous racontiez c'est exactement moi en fait je n'aime pas parler en public mais quand vous avez annoncé le sujet je me suis dit c'est tout à fait moi il faut que j'appelle moi j'ai donc j'étais dans les deux trois dernières à être choisie quand il y avait des équipes et des capitaines qui choisissaient les personnes et en effet ils faisaient tous la tête quand ils voyaient qu'ils restaient que moi j'étais dans les deux de la classe qui n'arrivaient pas à sauter un mètre au saut en hauteur d'ailleurs voilà à une période où à l'adolescence je n'étais pas bien dans ma peau je me voyais beaucoup plus grosse que ce que je pensais et je pensais que alors que je n'étais pas du tout je me voyais grosse et je pensais que je n'étais pas capable de faire du sport c'était vraiment la catastrophe les cours de sport collège lycée pour moi c'était pire que tout et puis avec le recul je me suis rendu compte que tout ça pour moi c'était clairement lié à une confiance en moi qui était très faible et aujourd'hui j'ai plus de 40 ans donc j'ai travaillé là-dessus j'ai repris le sport alors je ne suis pas
une sportive haut niveau
mais je fais du sport j'y prends goût ça me fait du bien physiquement mais je me rends compte aussi du bien fait sur la santé mentale du sport et donc moi j'ai deux enfants et pour moi ça a été hyper important dès leur naissance de leur donner confiance en eux pour différentes choses et notamment pour le sport et je pense que ça joue quand même pas mal j'ai une fille qui est née donc quand elle est rentrée au collège je me dis les cours de sport au secours et en fait non elle s'éclate elle adore elle a une super moyenne en sport donc je suis trop fière d'elle et je pense quand même que tout ça au niveau de l'adolescence enfin au moment de l'adolescence je pense que quand même les qualités sportives c'est quand même lié aussi elle a confiance en soi et je crois en effet que les cours de sport sont plus ce qu'on a vécu à notre époque j'ai l'impression j'espère en tout cas
elle y prend beaucoup de plaisir il y a Guillaume Ditch qui fait bah oui attendez c'est bon traitez nous de vieux Guillaume Ditch mais c'est marrant comme cela dit ce que je trouve hyper intéressant c'est que c'est vraiment la discipline où on les voit les failles en fait il n'y en a pas d'autres où on peut les voir aussi bien que ça on peut être traumatisé des maths exactement mais on peut se cacher quand on est traumatisé des maths pas quand on est au bord de la piscine en maillot de bain ça c'est sûr oui je pense qu'il y a un parallèle à faire avec les mathématiques ou autres parce que cette humiliation dont on parle lorsqu'on est dans un cours de maths et de français et que l'enseignant l'enseignante classe les notes et vous attendez lorsque vous n'êtes pas forcément le bon élève vous attendez de recevoir votre copie c'est tout autant l'humiliation et j'ose espérer et je crois profondément que les enseignants ne le font pas ou ne le font plus en tout cas c'est aussi parce que on est aujourd'hui à l'image de la société on est dans une société qui doit être plus inclusive et le cours de PS oui à travers le corps on expose ces difficultés et c'est ce qui amène les formes de traumatisme le choix d'équipe il est assez emblématique il revient souvent mais ça existe encore ça non ça n'existe plus en tout cas c'est à dire de laisser les gamins choisir leur équipe aujourd'hui je suis formateur depuis plus de 10 ans des enseignants de PS c'est un phénomène de comparaison sociale qui a été bien étudié par la psychologie sociale et la psychologie du sport évidemment que c'est à l'enseignant c'est une compétence professionnelle plus que de choisir c'est surtout de réfléchir à un collectif qui peut permettre à chaque élève d'être inclus et de pouvoir être dans un climat sécurisant bienveillant pour pouvoir s'engager malgré ses difficultés et ensuite il y a un deuxième élément votre auditrice elle a parlé d'une performance le fait de ne pas être capable je ne sais plus de réaliser un saut un mètre d'un mètre là aussi la performance brute ce n'est pas ce qui est évalué en EPS on est sur une performance qui est référée à soi ses capacités ses ressources et on se sent sous les progrès mais je me suis juste demandé pourquoi on était toujours noté en sport je ne vois pas bien l'intérêt d'être noté parce qu'on est forcément inégaux de toute façon devant le sport de fait il y a des catégories dans tous les sports il n'y en a pas dans une classe heureusement donc pourquoi est-ce qu'on est noté c'est quoi l'idée ?
c'est très français c'est lié à la culture française alors aujourd'hui on évalue davantage des compétences mais pour autant on a un système éducatif on a aussi des grandes écoles à l'université un système parfois élitiste des parents aussi qui demandent justement la note donc on voit comment cette tradition française même en éducation physique et sportive et parfois à l'inverse des parents ne comprennent pas justement le fait que leurs enfants ou un élève n'auraient pas une note une bonne note ou une note excellente mais encore une fois on n'évalue pas des performances sportives on ne forme pas des sportifs de haut niveau en mathématiques on ne va pas former la médaille Fields ou des écrivains au prix Goncourt c'est des compétences sociales méthodologiques pour analyser comprendre par le corps et surtout quand même des compétences motrices et les jeunes en ont besoin ce que je trouve intéressant Claire Pétain c'est qu'effectivement au fond et y compris les parents d'ailleurs mettent la même pression et le même poids dans soit bon en maths soit bon en français soit bon en sport effectivement capables de se retourner vers le prof en disant enfin mon fils court vite comment ça se fait comment ça se fait que donc cette idée est-ce qu'il peut amener ces traumas cette idée de compétition on se la crée quand même on est aussi tout à fait capable de se la créer en fait est-ce qu'on va se dire que notre valeur dépend de notre performance en fait mais je voulais revenir sur la question de l'enjeu identitaire en fait l'exemple du cours de maths ok mais le sport ça engage son identité de manière beaucoup plus globale et on parle du système de notation mais ce qui est traumatisant en tout cas moi ce que j'entends de la bouche de mes patients c'est pas c'est pas la note en fait c'est l'expérience du cours de sport c'est pas comment j'ai été évaluée par mon prof c'est la manière dont j'ai été humiliée c'est mon rapport à moi-même et mon rapport aux autres le traumatisme il vient de là j'ai eu l'impression d'être nulle alors et on parle plus évidemment des expériences de sport collectif que exactement et on va y venir d'ailleurs parce qu'il y a effectivement l'expérience du sport collectif en fait il y a le sport collectif c'est le rapport aux autres et puis le sport individuel c'est le rapport à la performance il y a ces deux choses-là qui reviennent souvent on écoute Quentin d'abord bonsoir Quentin oui bonsoir Fabienne on vous écoute Quentin oui alors j'appelais parce qu'effectivement je crois qu'un petit peu comme tous les invités enfin pas les invités mais les auditeurs qui sont passés ce soir j'ai été un peu aussi traumatisé du sport au collège avec des problématiques de harcèlement qui en plus se rajoutaient bon ça ce que disait votre invité justement à l'instant était très intéressant c'est vrai que c'est beaucoup plus je pense c'est pas tellement le prof c'est beaucoup plus le rapport aux autres élèves qui fait qu'il y a ce traumatisme qui s'entretient à titre personnel c'est aussi pour ça qu'aujourd'hui je ne parviens pas à pratiquer une activité physique et alors je suis professeur moi-même donc j'ai constaté aussi comme disait mon collègue tout à l'heure une évolution notamment chez les plus jeunes collègues je serais peut-être un tout petit peu moins optimiste que lui en voyant bon les profs forcément il y a des profs assez anciens avec des vieilles habitudes qui persistent oui je suis prof d'anglais également et en fait j'ai fait pas mal de voyages à l'étranger de ces jours notamment j'en ai fait un aux Pays-Bas où j'avais assisté à une séance de PS par un collègue professeur néerlandais et je voyais que là-bas on était beaucoup moins axé sur le sport compétition c'est un peu sous cet angle-là qu'on promeut le sport en France en tout cas qu'on promeut ou qu'on promouvait le sport en France et on était beaucoup plus dans un sport plaisir qui est beaucoup plus constructif et inclusif donc je voulais savoir s'il y avait effectivement une évolution dans les pratiques d'enseignement de cette manière-là c'est pour vous Guillaume Ditch merci beaucoup pour cette question Quentin le parallèle avec le Pays-Bas est intéressant là aussi je pense que c'est une idée reçue aussi parce que politiquement dans le débat public on laisse davantage la parole effectivement aux sportifs de haut niveau et cette confusion entre l'EPS et le sport perdure c'est un cours d'éducation physique et sportive donc dans cette idée ça fait au moins plus de 20 ans justement que dans EPS il y a d'abord l'enjeu d'éducation donc à travers le sport collectif vous avez raison c'est un exemple intéressant ça passe aussi par des apprentissages on forme des citoyens aussi en EPS donc il y a des apprentissages par la coopération l'acceptation de l'autre mais des corps des autres aussi par la mixité et là je pense que je pense j'en suis certain c'est une idée reçue cette dimension compétitive justement au contraire on est davantage sur l'EPS qui est dans de la coopération et vous avez raison d'insister sur cette question du rapport à l'autre et du corps c'est encore une fois la compétence de l'enseignant de pouvoir pas simplement être bienveillant mais accompagner de manière positive les jeunes dépasser parfois des peurs dépasser des obstacles pour en fait construire des petites réussites c'est finalement essayer de progresser étape par étape mais peut-être qu'il y a aussi une difficulté et l'auditeur professeur d'anglais le sait certainement mieux que moi c'est que vous avez des classes de plus en plus surchargées 25 élèves avec des pratiques et des élèves à besoins éducatifs très particuliers au lycée 35 élèves c'est ce qui met en contradiction et parfois qui culpabilise aussi les enseignants c'est qu'ils font de leur mieux parfois pour inclure l'ensemble des élèves et pour autant ces injonctions un peu paradoxales font qu'on peut et justement je ne remets pas en cause ces traumatismes qui perdurent Cécilia DRC il y a quelqu'un dans votre documentaire qui parle de cette incapacité en fait au groupe et effectivement chacun son rythme pour avoir la capacité au groupe ce que j'ai trouvé assez intéressant et qui va avec certains de nos auditeurs mais pas plus pas tous c'est aussi que les adultes qui sont devenus aujourd'hui certains ont fini par trouver quelque chose qui leur convient mais ce n'est pas la majorité concernant vos interlocuteurs Cécilia DRC donc c'est un trauma longue durée en fait si j'ose dire je ne sais pas je ne dirais pas en tout cas que les personnes que j'ai interviewées en tout cas elles ne se positionnaient pas toutes comme détestant le sport et en tout cas j'ai l'impression qu'on parlait finalement pas que du sport et même pas du sport En fait c'est même le prétexte on est d'accord là-dessus Oui c'était plutôt un prétexte effectivement et de voir justement quels étaient tous les points communs entre toutes ces personnes il y a une enfant aussi malheureusement j'en ai qu'une seule qui témoigne et en tout cas ce que j'ai l'impression qui réunissait pas mal ces personnes aussi c'était l'endroit de difficultés avec des formes d'autorité disons ou en tout cas avec des injonctions qui ne faisaient pas sens pour elles ou eux très souvent c'était parce qu'on leur disait il faut faire ça sans leur expliquer pourquoi il faut réussir à faire ce mouvement et qu'il n'y arrive pas et qu'il n'y avait absolument aucun cadre pour leur dire peut-être que si tu n'y arrives pas c'est parce que il y a quelque chose qui cloche et qu'il faudra qu'on te l'explique mieux ou qu'on voit s'il y a une de tes compétences physiques qui ne te le permet pas enfin bref en tout cas j'ai l'impression que c'est à ces endroits-là sur lesquels il y avait énormément de frustration et de résistance et après dans les pratiques individuelles de chacun et chacune en fait finalement la plupart avaient plutôt un rapport apaisé aujourd'hui vous vous y êtes remise vous ou pas Cécilia ?
moi en sport ça dépend desquels et ça dépend desquels oui ça dépend des jours et ça dépend desquels mais en tout cas je n'ai pas une pratique sportive régulière ni comme activité qui définit ma vie mais en tout cas je fais très souvent de la randonnée enfin voilà j'ai joie à mouvoir mon corps Claire Pétain moi ce que j'aimerais savoir c'est jusqu'à quel point effectivement là ce sont des adultes qui nous appellent tous évidemment et qui se souviennent tellement de ça je voudrais savoir jusqu'à quel point vous vous en rendez compte vous dans votre travail quotidien jusqu'à quel point on le transporte dans son sac à dos ce vieux trauma de l'enfance du moment où on est choisi du sport co ou de la performance du sport individuel qu'on n'arrive pas à accomplir alors évidemment ça va être des personnes qui viennent me voir pour des problématiques de confiance en elles de difficulté à être en relation avec les autres dans la comparaison en permanence la peur d'être dans l'échec aussi beaucoup est-ce que ça vient vite en fait quand on vous consulte je me souviens que quand j'étais gamin au cours de sport est-ce que ça vient vite ou est-ce qu'il faut aller le chercher ça dépend il faut quand même en général aller le chercher il faut qu'il y ait un lien de confiance qui s'instaure mais on passe forcément par l'enfance ce qui est très à la mode c'est les challenges sportifs en ce moment et donc à cette occasion c'est vrai qu'il y a des patients qui peuvent des personnes qui peuvent me dire que c'est assez étonnant qu'elles puissent se lancer dans ce type d'expérience alors qu'elles détestaient le sport bon quand on creuse un peu on se rend compte que c'est pas un sport collectif par exemple de courir un marathon ou de faire un trail ou faire un handicap donc il y a quand même cette tendance pour s'étraumatiser du sport à retourner vers le sport mais vers une activité physique mais pas un sport collectif c'est-à-dire il y a quand même des stigmates qui font qu'on va toujours avoir cette difficulté à s'exposer au regard de l'autre il y a aussi l'inverse je suis en train de regarder les messages qui tombent sur Whatsapp et je le trouve sympa le message de Jean-Patrick qui dit le tirage au sort des équipes c'était aussi la revanche l'heure de gloire hebdomadaire de celui qui dormait le reste du temps au fond de la classe près du radiateur celui qui était plus costaud que les autres parce qu'il avait deux ans de retard mais justement il existait en cours d'EPS et lui vivait ce traumatisme d'humiliation pendant les autres cours et c'est à ce moment-là qu'il était le leader et c'est fou ce que ça trimballe la gym Guillaume Ditch oui mais ça on voit bien comment la tradition française le fait de séparer le corps et l'esprit amène encore aujourd'hui un vrai sujet pour moi pas tant sur la place de l'EPS à l'école mais plutôt la place du corps à l'école on est aussi dans un moment où on a une génération de jeunes de plus en plus sédentaires aussi inactifs physiquement donc avec des difficultés très vite dès l'enfance en termes d'habileté motrice donc potentiellement suite au collège à l'adolescence des pratiques de baisse de confiance et d'estime de soi ce que ça dit autant pour le cours de maths que le cours de paix c'est que la nécessité c'est faire vivre des expériences positives c'est à partir de là que vous pouvez construire ce qu'on appelle des compétences psychosociales l'estime de soi la confiance en soi on en a parlé mais aussi simplement l'idée de coopérer aller vers l'autre oser aussi effectivement faire un marathon plus tard ça ce sont des compétences qui se construisent mais tout au long de sa vie aussi à l'âge adulte et là il me semble qu'on a un moment où la question c'est véritablement la place du corps à l'école sinon ces pratiques notamment de santé mentale vont perdurer voire s'accentuer à l'école à l'école et même au-delà on a notre auditrice précédente qui nous parle de challenges sportifs on les voit arriver les challenges sportifs on les voit sur Instagram etc on les voit sur les réseaux sociaux on voit bien quels sont les groupes qui marchent on voit arriver aussi d'ailleurs parfois la tendance masculiniste et toutes ces choses là et donc la pression y compris des gamins qui sont en classe elle est là aussi elle est là énormément donc il n'y a pas que la pression du prof de PS aujourd'hui Charles Pétain en gros je me demande si en effet les pratiques ont changé les profs ne sont plus les mêmes mais les injonctions au corps chez les gamins sont évidemment très différentes et peut-être même encore pire en fait l'injonction à la performance elle demeure et elle domine un peu partout par exemple les applications qui permettent de recueillir les données notamment lorsqu'on fait du sport ça ne va pas dans le sens d'un apaisement dans le rapport à soi et dans la recherche de plaisir qui serait décorrélée de la performance au point qu'il y en a paraît-il qui donnent leur appui à quelqu'un d'autre pour pouvoir faire monter leur performance et que du coup les strava jockeys exactement les strava jockeys on appelle ça exactement pardon je vous ai interrompu Claire Fépa non non voilà donc il y a un effet aussi pervers de cette injonction à la performance et pareil moi je reçois des patients qui se sentent en fait obligés ou presque prisonniers de cette injonction à montrer qu'on fait du sport alors qu'en fait on n'a pas envie on n'aime pas ça l'injonction à participer à des challenges sportifs aussi pour exister pour mettre quelque chose en avant et finalement la question de plaisir quand je leur pose la question elle n'est pas là ça existe encore ça au sein de l'entreprise par exemple j'ai l'impression que c'est très années 80 ou années 90 ça existe encore ou pas quoi exactement l'idée des challenges sportifs communs ou du team building où on va tous courir en même temps ça existe encore et là aussi peut se rejouer cette question des traumatismes parce qu'on est aussi choisi on intègre aussi une équipe on est aussi choisi en entreprise après ce que vous avez souligné excusez-moi vous avez parlé du masculinisme aujourd'hui effectivement on reste sur le culte de la performance et même plus on est sur une recherche presque de perfection un peu infinie du corps et on a un exemple assez caractéristique c'est le boom au niveau des inscriptions dans la salle de musculation et très jeunes chez les adolescents davantage les garçons ça dit c'est complètement ça dit beaucoup de notre société du rapport au corps de ces jeunes qui aussi c'est ce qu'on appelle l'extimité c'est-à-dire qu'ils vont se mettre en scène mettre en scène leur corps une part de leur intime dans les réseaux sociaux donc par le virtuel et aussi parfois par les filtres et pour autant lorsqu'ils reviennent dans le réel dans un cours d'EPS c'est plus difficile donc il y a un décalage aussi qui se crée actuellement donc la question aussi qu'il faut poser je pense c'est que dans ce rapport à la performance qui a ce rapport à la performance on est quand même sur un public particulier davantage des hommes davantage CSP+, milieu urbain même s'il y a une démocratisation il faut quand même savoir que l'école aussi subit encore des inégalités d'accès à la pratique sportive en fonction du genre du milieu social je disais et de fait ces pratiques peut-être dont on parle elles sont exacerbées dans certains établissements scolaires et ce qu'on peut voir peut-être de manière un peu médiatique vous parliez de Thibaut Incheppe c'est pas non plus la réalité le quotidien de tous les jeunes c'est intéressant Cécilia DRC parce qu'il nous dit Guillaume Ditch que effectivement c'est surtout les hommes et je vois bien l'injonction des hommes effectivement en allant sur le site de Thibaut Incheppe moi c'est les femmes que j'ai retenues de votre documentaire en fait ah ben oui en tout cas j'ai l'impression qu'effectivement ça raconte aussi beaucoup de choses sur la construction du genre je me permets juste de rebondir par rapport à ce que disait l'auditeur de tout à l'heure par Whatsapp parce que c'est marrant parce que moi mon expérience justement me place plutôt à l'endroit de la solidarité avec les mauvais du fond de la classe qui dormaient pendant les autres cours aussi et c'est dans les cours de sport en fait où j'ai l'impression d'avoir aussi à créer des liens justement avec ces élèves avec lesquels du coup généralement moi étant plutôt l'intello de la classe qui était nul en sport mais bonne dans les autres matières je n'avais pas trop de lien et c'est des personnes qui m'ont appris en fait que c'était possible de refuser des choses que disait l'autorité donc le prof à ce moment là était solidaire avec moi quand je me retrouvais face à des situations d'injustice justement et je pense que c'est vraiment l'endroit dans lequel j'ai un peu appris la rébellion quoi en tout cas j'ai l'impression d'avoir compris que je pouvais décider de aussi dire en fait j'ai pas envie de faire ça et avoir une voix qu'eux avaient le courage de temps en temps d'exprimer enfin bon bref après toutes les situations sont différentes les unes des autres mais en tout cas en ce qui concerne la construction genrée évidemment c'est aussi une grande partie du problème et vous n'êtes pas sans savoir qu'effectivement je pense que beaucoup de personnes se mettent à la pratique sportive dans aussi des perspectives de modeler son corps pour correspondre à tel ou enfin en tout cas globalement soyons sincères aux critères aux canons oui surtout pour des critères grossophobes et c'est un vrai souci et en fait moi j'aimerais bien savoir comment faire de la pratique sportive quelque chose de neutre qui nous permet d'avoir de la santé et d'avoir un corps qui vieillit bien et je pense que c'est ça qu'on devrait réussir à faire comprendre à l'école et j'espère effectivement que c'est la mission des profs de sport d'aujourd'hui on va poser la question à Guillaume Dige dans un instant mais je voudrais qu'on rejoigne Philippe qui nous attend depuis un bout de temps au standard bonsoir Philippe bonsoir on vous écoute et ben moi je vais à l'encontre de tout le sport voilà le sport moi je suis né je suis né asthmatique donc toute ma petite enfance je ne pouvais pas faire de sport je ne pouvais pas courir je ne pouvais pas nager je ne pouvais rien faire bon est-ce que ça m'a manqué non j'ai passé toute ma vie sans jamais faire de sport mais vraiment jamais faire de sport je ne suis au courant d'aucun championnat je ne suis aucune actualité au sujet du sport c'est quelque chose vraiment qui m'a toujours échappé je n'ai jamais vraiment fait de sport et ce que je peux dire à 65 ans c'est que et ben j'en ai jamais souffert voilà ça ne m'a jamais manqué et comme l'a dit mon médecin encore hier parce que j'étais en visite pour renouveler quelques ordonnances je suis en bonne santé en fait j'ai un rythme cardiaque de sportif si ce n'est pas paradoxal ça et voilà cette injonction qu'on fait à la sportivité maintenant je trouve ça tellement ridicule et je vois tellement ça sous la face commerciale dans laquelle nous l'avons la société que ça finit de me dégoûter définitivement du mot sport alors je ne sais pas si vous allez vous y mettre maintenant c'est à dire vous avez dit que vous aviez 65 ans vous n'allez pas commencer tout de suite si ?
de quoi donc de toute façon vous n'allez pas commencer recommencer tout de suite Philippe maintenant à 65 ans qu'est-ce que vous en dites recommencer quoi ?
commencer commencer tout de suite j'allais dire de toute façon vous dites moi je ne veux plus en faire je n'irai jamais mais de toute façon vous n'allez pas vous y mettre maintenant oui voilà du coup j'ai oublié ce que je voulais dire c'est pas grave voilà je suis en parfaite santé ça ne m'a jamais manqué si il y a peut-être un petit truc que je conseille d'un sport mais c'est des sports d'origine plutôt mentaliste c'est du tai chi des choses comme ça j'ai toujours surveillé mon corps je fais le même poids à la même taille qu'à 17 ans d'ailleurs je n'ai pas pris ni perdu quoi que ce soit et voilà c'est cette pression que met le monde autour du sport et ça je trouve ça profondément je ne sais pas je n'ai pas de mots pour ça ça me dégoûte un peu on a entendu ça Philippe je vous remercie beaucoup je vous ai vu de réagir Guillaume Ditsch j'aimerais bien que vous répondiez aussi parce qu'au fond on va dans la même direction sur ce que disait Cécilia DRC tout à l'heure sur le côté le plaisir du sport doit être un plaisir neutre en fait et quand on dit neutre ça veut dire dégenrer ça veut dire enlever de toute forme de considération des vieux des plus jeunes des plus gros des plus minces etc là on aura vraiment réussi quelque chose ce n'est pas un vœu pieux en tout cas c'est un objectif après il y a la réalité de l'enseignement mais la lutte contre les stéréotypes notamment et le sport exacerbe justement par ses croyances aussi masculinistes et pour autant à l'école c'est le rôle de l'école justement de lutter contre ces stéréotypes d'ouvrir les enfants les adolescents les élèves à différentes pratiques sportives c'est ça aussi le rôle d'égalité des chances à travers les activités artistiques des activités pas simplement l'athlétisme la performance ou les sports collectifs des activités d'entretien aussi on a parlé de musculation là votre auditeur il dit quelque chose d'important aussi c'est que je pense je me permets mais il y a une forme de confusion entre l'activité physique et le sport là on voit bien que l'activité physique c'est adopter un mode de vie actif c'est pas nécessairement faire un sport qu'on pourrait associer à de la compétition dans un club et une structure mais pour autant on a une évolution quand même des modes de vie qui fait qu'aujourd'hui avec le temps assis qui est plus conséquent chez les jeunes mais aussi le temps d'écran qui augmente fait que nos jeunes ont besoin de peste il faut quand même savoir que pour certains élèves notamment le milieu social plus défavorisé c'est peut-être le seul moment dans la semaine où ces jeunes ces adolescents vont pratiquer une activité physique et sportive mais pas simplement bouger surtout apprendre par leur corps à éventuellement adopter ce mode de vie actif donc j'entends totalement effectivement la nécessité ou non de faire du sport mais je pense que l'inter aujourd'hui c'est d'abord un enjeu de santé publique pour les jeunes Emmanuel est avec nous bonsoir Emmanuel oui bonsoir on vous écoute Emmanuel oui alors j'ai essayé de rassembler mes idées pour moi le sport c'est la plus parfaite expression de la norme sociale en tout cas c'est comme ça que je l'ai vécu mal pendant mes années collège notamment au niveau de la socialisation que je développais et que du coup je ne développais pas ou je développais très mal et ça a conditionné tout le reste ensuite jusqu'à aujourd'hui ça fait quand même quelques années puisque maintenant j'ai 56 ans et c'est resté toujours aussi pesant et toujours aussi douloureux vraiment une socialisation qui a été qui est mal partie à cause de ça en fait c'est à dire que comme je ne correspondais pas à cette norme sociale sportive notamment sportco au collège etc ça ne m'intéressait pas et surtout j'étais pas très bon j'étais en léger surpoids à l'époque ça ne favorisait pas les choses je ne sais pas si ça a changé mais bon et du coup ça a vraiment tout fracassé mais vraiment fracassé je disais à votre à la personne que j'ai eu au téléphone j'ai des amis qui datent de cette époque-là que je vois encore régulièrement des amis très forts ça fait 45 ans maintenant donc ça fait des longues amitiés et ça reste entre eux et moi quelque chose de il y a une faille en fait qui est entre nous c'est à dire que eux faisaient du sport on s'est connus à cet âge-là on continuait à en faire et quand on se voit aujourd'hui il reste cette espèce de dit non dit de choses cassées vraiment c'est quelque chose moi ça a aussi complètement configuré je le disais à votre assistante enfin la personne que j'ai eu j'ai eu deux enfants qui ont une scolarité très particulière parce qu'on a beaucoup voyagé donc ils ont été en instruction en famille très longtemps et ça aussi ça a été un choix en fait par rapport à le rapport à l'école et le rapport à la norme sociale et notamment le rapport à la norme sociale dans le sport vraiment ça a été quelque chose de terrible merci beaucoup Emmanuel merci pour votre témoignage moi je trouve ça fou Claire Pétain ce qu'on met derrière le sport en fait je ne sais pas s'il n'en met pas beaucoup et peut-être même trop notre ami auditeur là pour le coup derrière ce moment premier qu'il a l'air d'imaginer qui était son rapport au sport mais ça dit quand même quelque chose quand on met autant de charges derrière ça ce que je voulais dire tout à l'heure c'est que là il y a plein d'émotions qui demeurent la honte la culpabilité le sentiment d'injustice on voit que ça ça perdure c'est très très difficile de s'en débarrasser pour revenir à la question de la constitution des équipes pourquoi est-ce que c'est un moment qui est tellement marquant et qui va conditionner aussi d'autres expériences le rejet social ça va activer les mêmes zones cérébrales que la douleur physique donc c'est vraiment ça fait mal être rejeté ça fait mal c'est une violence morale ça peut participer d'un harcèlement donc en fait c'est vraiment pas une expérience anodine et il peut y avoir ce conditionnement négatif ensuite qui fait qu'on va être dans on va associer le sport à quelque chose de forcément négatif et on va être dans l'évitement à l'âge adulte et c'est normal de vouloir quand on a des enfants soit faire en sorte qu'ils ne revivent pas cette expérience-là parce qu'on sait à quel point c'est marquant et à quel point on peut vivre avec et ça va vraiment être un peu comme un poison aussi ça empoisonne la vie il ne nous reste pas beaucoup de temps ça empoisonne la vie dites-vous il ne nous reste pas beaucoup de temps on a un peu de temps pour vous Géraldine vous êtes à Lyon bonsoir bonsoir merci d'avoir fait la question même au dernier moment alors je suis très surprise parce que toute l'émission n'en a pas parlé mais on ne vous choisit pas non plus parce que vous êtes une fille on choisit les garçons en premier les filles en dernier je ne parle pas des cours où on joue au foot et on dit aux filles d'aller faire autre chose parce que c'est encore le cas ma fille il y a deux ans ça s'est passé comme ça en EPS je suis sportive j'ai toujours été et c'est un stigmate de cirque on ne voit les femmes qu'à travers le fitness et quand on dit qu'elles sont du sport c'est qu'elles vont à la salle en fait la compète on fait plein de choses est-ce que vous pourriez évoquer au moins ce sujet là pour la fin et bien écoutez évoquer ce sujet là pour la fin Géraldine merci beaucoup Guillaume Ditch quand on apprend à être prof moi j'ai l'impression que c'est la première chose qu'on devrait vous dire en fait est-ce que ça existe ça désormais dans les cours de paix bien sûr la sociologie du genre la question justement même des discriminations c'est bien sûr un élément très important sauf que la réalité l'auditeur précédent l'a dit c'est que le sport elle est au reflet de la société aujourd'hui en France les inégalités sont marquées en fonction d'un milieu social et en fonction du genre c'est-à-dire qu'on a des jeunes qui arrivent en 6ème à 11 ans qui sont marqués par leur socialisation primaire donc familiale leurs parents par le fait que le père transmette davantage le goût pour le sport et la mère davantage pour la littérature et ça rejaillit ça se reproduit à l'école donc bien sûr qu'il faut combattre combattre ces inégalités et surtout ces pratiques de discrimination on arrive à la fin j'aurais cité Séverine sur WhatsApp qui dit traumatisée du sport moi j'arrivais jamais à sauter le cheval d'Arson et j'ai envie de dire Tim Séverine merci beaucoup à vous trois merci beaucoup Cécilia DRC votre documentaire s'appelle Niveau Zéro Histoire de Nul en Sport c'est disponible sur le site de Mediapart merci à tous merci à tous merci à tous
merci à tous merci à tous