Emmanuel Macron invente la "sobriété raisonnable" - Le Billet de Matthieu Noël
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« on appelait jadis les pauvres »
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« la sobriété raisonnable »
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« C'est comme si l'addictologue de Renault, car oui, selon le GIEC, la planète et le foie de Renault sont tous les deux arrivés au même point de non-retour »
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« la solution de l'hydrogène est loin d'être viable »
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« chacun doit faire un geste pour compenser ses émissions »
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Mathieu Noël, ce matin, vous teniez d'abord à dire votre admiration devant le courage de notre invité, Clémentine Verniaux. Oui Nicolas, être frappé par la maladie, mais se battre, continuer de travailler malgré tout, c'est simple. Parmi les journalistes que je connais, hormis Clémentine, je ne connais qu'une personne capable d'une telle abnégation, c'est Léa Salamé. Comme elle le confie avec beaucoup de pudeur, il y a quelques mois, à son invité François Gemmène, oui, dans un de ces moments qu'elle adore où c'est l'invité qui se met à lui poser des questions. Je suis sûr que vous avez déjà présenté la matinale avec 38 de fièvre. Oui, même plus.
Oui, même plus, 38-2, 38-3, même une fois, frappée qu'elle était au cœur de l'hiver par cette maladie terrible qu'on appelle la rhinopharyngite. Un épisode douloureux de sa vie sur lequel elle reviendra bientôt dans 7 à 8 sur TF1. Oui Clémentine, face à votre histoire, on se sent forcément tous un peu cons. Vous êtes un modèle de courage, personnellement j'en ai deux, vous et Emmanuel Macron. Je ne sais pas si vous avez entendu ces dernières déclarations au salon du Bourget, on attendait une annonce forte sur l'aérien décarboné.
On n'a pas été déçus, puisque quelques mois après l'invention par la Macronie du terme de personnes en situation de sobriété subie, habile périphrase pour désigner ceux qu'on appelait jadis les pauvres, hier, notre président a inauguré au Bourget un nouveau concept fort qui devrait séduire Hugo Clément et tous les partisans d'une écologie de combat, la sobriété raisonnable. Alors ça, c'est très intéressant comme concept quand on sait qu'on est au bord du gouffre climatique.
C'est comme si l'addictologue de Renault, car oui, selon le GIEC, la planète et le foie de Renault sont tous les deux arrivés au même point de non-retour, c'est comme si l'addictologue de Renault, au lieu de lui dire « là, il faut vraiment complètement arrêter le pastis », lui disait « oh, perdu pour perdu, continuez, mais diluez le plus ». La sobriété raisonnable pour un avion, c'est la même chose, toujours du kérosène, mais coupé à d'autres trucs. Moi, quand j'entendais parler de biocarburant, je me disais « chouette, demain les avions voleront au jus d'épinard ». Visiblement, ce n'est pas vers ça qu'on se dirige, sachant qu'en plus, la solution de l'hydrogène est loin d'être viable.
Je ne sais pas si vous avez vu les photos du projet Gulliver, je vous l'ai apporté là. Soit disant le projet le plus avancé, tu vois la gueule de la maquette, une carlingue énorme avec des aliments, c'est toute fine, on dirait les bras de Dominique Seux sur le corps de Nico. Et pour les hélices, sur la maquette, ils ont mis deux capuchons de pomme-potte, c'est dire s'ils croient au projet. Donc ce n'est pas demain la veille qu'on va voler à l'hydrogène, c'est à nous de faire attention, chacun doit faire un geste pour compenser ses émissions. Par exemple, Léa, elle fait 57 Paris-Bastia par an, mais elle a lu Le Monde sans fin, la BD de Jean Covici, jusqu'à la page 53.
Et puis à chaque aller-retour, le lendemain, elle a vite un écolo dans la matinale, comme hier Alain Damasio. Comme ça, le soir, devant son miroir, elle se dit « c'est bon, la planète et moi, on est quitte ». Mais ménagez-vous, Léa, vous m'avez l'air encore un peu chaude, vous êtes sûre que ça va ? Tenez, dites-moi, qui c'est ce petit bonhomme face à vous ? Gaëlle en parlait ? Gaëlle en parlait ? Gaëlle avec un Y, vous ne savez jamais 5 ans que vous bossez ensemble, terrible la maladie. Merci Mathieu Noël.