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interviewC dans l'air· 6 mars 2026 12 min

Guerre en Iran : le conflit s’étend

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Pour un militaire, l'essentiel est de garder la main sur le temps. - A.Casse: Arrêtons-nous sur la stratégie de l'Iran.

Elle semble être celle de l'embrasement régional. Frapper les raffineries et les terminaux pétroliers dans le détroit d'Ormuz pour faire grimper les prix, perturber le commerce mondial...

En face, quel est le plan de D.Trump? - D.Trump en pleine prière dans le bureau Ovale.

Le président américain s'est entouré de pasteurs évangéliques pour une scène étonnante. - Nous prions pour que la sagesse du ciel inonde son coeur et son esprit, et que le Seigneur le guide dans ces temps difficiles que nous traversons. - L'image d'un président qui s'en remet à Dieu.

Au 7e jour de la guerre en Iran, D.Trump estime que le régime des mollahs est affaibli et qu'envoyer des troupes au sol serait une perte de temps. - D.Trump: L'armée américaine, en collaboration avec ses merveilleux partenaires israéliens, continue de démolir totalement l'ennemi, bien avant la date prévue. - Alors que les capacités militaires iraniennes faiblissent, le régime veut démontrer qu'il tient et attaque avec son missile Khorramshahr, d'une portée pouvant aller jusqu'à 3000 km.

La réplique d'Israël: un déluge de feu sur Téhéran. Une guerre qui se durcit contre les infrastructures du régime, l'armée israélienne affirme aujourd'hui avoir détruit le bunker militaire souterrain d'A.Khamenei grâce à 50 avions de combat. - Nous passons maintenant à la phase suivante de l'opération.

Nous poursuivrons le démantèlement du régime iranien et de ses capacités militaires. Nous avons encore d'autres surprises en réserve. - Le Liban, sous les bombes israéliennes...

Toute une nuit de frappes dans la banlieue sud de Beyrouth, et 6 localités du sud du pays. Après un ordre d'évacuation de l'armée israélienne, 95 000 personnes ont été déplacées. Les habitants ont fui sans rien. - Nous dormons ici, dans les rues.

Certains dorment dans leur voiture, d'autres à même le trottoir ou sur la plage. Nous sommes sans abri. Ils nous ont déplacés et nous sommes partis. - Des immeubles éventrés, soufflés par les explosions.

L'Etat hébreu menace désormais le Liban de subir le même sort que Gaza. - Vous vouliez nous faire subir l'enfer? Vous l'avez fait pour vous-mêmes.

La banlieue sud de Beyrouth ressemblera à Khan Younès. Les habitants du nord vivront en paix, au calme et en sécurité. - Alors que la situation se dégrade au Moyen-Orient, E.Macron a été interpellé par une jeune Française sur Instagram.

Le chef de l'Etat lui a répondu par un message vocal et a publié sa réponse. *-E.Macron: Vous n'allez pas faire la guerre du tout.

Vous allez continuer de vivre, de passer votre brevet ou votre baccalauréat. La France ne fait pas partie de cette guerre. On n'est pas au combat et on ne va pas s'engager dans cette guerre. - La France doit aussi gérer la question du rapatriement de ses ressortissants.

Sur les 5000 demandes, seulement 750 Français ont été évacués. Hier soir, un avion d'Air France en direction de Dubaï a dû faire demi-tour en raison de tirs de missiles dans la zone. Pour les familles françaises bloquées à Doha, c'est l'angoisse. - Les enfants sont stressés.

A l'intérieur, il y a tout qui tremble. Ca fait très peur. Et c'est par répliques, il y en a plusieurs...

Ca nous a fait tous très peur. - Plusieurs pays européens, dont la France, le Royaume-Uni, l'Italie ou la Grèce ont annoncé le déploiement de matériel de défense au Moyen-Orient. L'Australie et la Nouvelle-Zélande en font autant. 7e jour de guerre, le conflit en Iran ne cesse de s'étendre. - A.Casse: Que vous dites-vous au 7e jour de guerre?

Etes-vous surpris de voir que le régime iranien a encore de la ressource? - B.Tertrais: Personnellement, pas du tout.

Je fais partie de ceux qui estimaient, avant le début des opérations militaires, qu'il ne fallait surtout pas sous-estimer la résilience de ce régime, de ce système extrêmement solide qui est en place depuis plusieurs décennies. C'est un ensemble imbriqué d'institutions sécuritaires, d'institutions militaires, policières et de prisons. Ca ne me surprend pas.

L'enlisement...

Pardon d'y revenir un instant, mais c'est une constante de toutes les opérations militaires modernes. Au bout de 6 ou 7 jours, on se pose la question de l'enlisement. B.Rogel ne me démentira pas...

Ca traduit davantage notre impatience vis-à-vis du temps militaire, le fait que nous ne mesurons pas forcément ce que doit être, du point de vue israélien et américain, le temps militaire. Mais l'engrenage, non. Très franchement, ce qu'a dit le président de la République à cette jeune femme est tout à fait juste.

La France ne peut pas être entraînée contre son gré dans cette guerre, sauf si les Iraniens avaient une arme secrète, avec un missile de 6000 km de portée qui se mettrait à tomber sur Paris, ce qui m'étonnerait. Simplement, nous pourrions choisir de défendre un peu plus clairement nos alliés dans la région, à savoir les Emirats, le Qatar et le Koweït, s'ils subissent des attaques plus importantes. Il y a aussi la question de Chypre de la Grèce, qui sont théoriquement à portée des missiles iraniens.

Je ne vois pas une République islamique d'Iran qui cherche à tout prix à entraîner les Européens dans la guerre. - A.Casse: C'est la question qu'on se pose ce soir. - B.Tertrais: L'Iran semble vouloir entraîner, et c'est raté, les pays du Golfe ainsi que l'Irak dans la guerre.

Mais ça ne marche pas et ça se retourne même contre l'Iran. - A.Casse: Restons sur la stratégie de l'Iran.

Est-ce vraiment l'idée de faire monter le coût de la guerre pour provoquer une réaction des pays du Golfe? - L.Menget: C'est de toute façon de faire durer.

On pouvait s'attendre à ce que la République islamique iranienne fasse durer. Ils ont le temps, quelque chose que D.Trump ne comprend pas.

La République islamique iranienne prépare cette attaque quasiment depuis 1979. On voit bien, depuis quelques jours, qu'il y avait une préparation d'un commandement décentralisé. Si la tête est coupée, ce qui est arrivé, ça ne veut pas dire que c'est la fin d'un certain nombre de commandants qui sont opérationnels.

C'est pas juste des types avec un képi. Ils ont des armes, des missiles, même s'ils en ont de moins en moins...

Mais ils ont probablement beaucoup de drones. On n'a pas encore parlé de l'aspect maritime, mais quand ils vont sortir leurs fameuses embarcations suicides pour sillonner le détroit d'Ormuz et éventuellement y faire des dégâts, les estimations des spécialistes, c'est que les pasdarans auraient préparé entre 1000 et 1500 vedettes ultrarapides, un peu sur le modèle de ce qu'on a vu en Ukraine, quand les Ukrainiens ont commencé à attaquer la marine russe. Les services sécuritaires iraniens ont cette capacité.

Pour l'instant, ça n'a même pas été activé. Je pense donc que ça va s'effilocher dans le temps et que ça peut durer très longtemps. Ce n'est pas quelque chose que les Américains avaient envisagé, que ça puisse durer autant de semaines. - A.Casse: Je vous vois réagir sur une prochaine étape de la guerre, qui serait maritime, sur le fait que l'Iran copierait les Ukrainiens. - Al B.Rogel: Je pense que l'Iran est très résilient.

Ca fait 47 ans qu'ils se préparent à une telle éventualité. On a eu des moments chauds dans le détroit d'Ormuz. Ca ne surprend pas le marin que je suis, mais ça peut surprendre nos compatriotes.

On découvre là les vertus et les défauts de la mondialisation. L'Iran a une arme redoutable, qu'ils n'ont pas encore employée tout à fait: la fermeture des robinets des flux maritimes. Les flux maritimes, je rappelle que c'est 80 % de ce qu'on trouve dans nos magasins en France.

Ils ont le robinet d'Ormuz, pour le pétrole, mais ils n'ont pas encore activé, via leurs proxys, leur autre robinet...

Le temps joue contre les Américains. Je pense que leur calcul, c'est de créer un chaos régional avec des répercussions mondiales, via les flux maritimes, et bonne chance à D.Trump pour résister à toutes les pressions.

Quand les Américains vont voir le prix du gallon d'essence à la pompe augmenter, quand les pays asiatiques vont dire qu'ils ont besoin de pétrole, il va y avoir des pressions externes. - A.Casse: Sur le terrain, on va tout de suite retrouver M.Lacroze.

Bonsoir. Vous êtes en Israël depuis le début de la semaine. Est-ce que les habitants sont prêts à vivre une guerre qui dure des semaines ou peut-être plus? - M.Lacroze: Tout à fait.

Ce matin encore, des alertes aériennes ont retenti dans le centre de Tel-Aviv, où nous nous trouvons. Les habitants sont habitués dans ces cas-là et se ruent dans les bunkers. Une 1re détonation a été entendue, quelques soupirs dans le bunker, et puis les conversations ont repris.

Des conversations évidemment sur la guerre. Quelqu'un me disait que cette guerre en Iran, il aurait peut-être fallu la faire un peu plus tôt, dès le 7-Octobre. Là, la différence, c'est que Trump est avec eux.

Et quelqu'un d'autre a dit: "Oui, mais jusqu'à quand?" C'est une interrogation que je commence à sentir poindre dans les conversations ces derniers jours. On sent un soutien en faveur de cette guerre, mais ici, en Israël, quelqu'un me disait que c'était la 1re fois qu'autant de gens étaient d'accord sur le même sujet, à savoir la guerre.

Il y a ce soutien, mais aussi une certaine fatigue. Quelqu'un me disait: "J'espère que ça ne va pas être encore un aller-retour à la guerre. Mes enfants sont tous à l'armée.

Mais les nuits sont rythmées par les alertes aériennes." Quand nous sommes arrivés il y a quelques jours, notre nuit a été rythmée par 4 alertes aériennes successives. On fait des allers-retours au bunker.

Le matin, il faut se lever pour aller travailler et on n'a pas beaucoup dormi. Il y a une usure, mais il y a aussi un relatif sentiment de sécurité car ici, le Dôme de fer marche à plein. Parfois, il marche mal.

On a vu en banlieue de Tel-Aviv une frappe qui a fait plusieurs morts. Beaucoup d'habitants craignent les débris des frappes des missiles interceptés par le Dôme de fer. Une jeune fille que j'ai croisée tout à l'heure m'a dit que pour l'instant,