Pécresse, Zemmour, Le Pen… 1 fauteuil pour 3 #cdanslair 10.012022
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Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Emmanuel Macron n'a pas l'intention de laisser le thème de la sécurité à la droite. Le président, visiblement déjà dans le quinquennat suivant, a annoncé 15 milliards d'euros sur 5 ans, aujourd'hui en déplacement à Nice. Face à lui, Valérie Pécresse, Marine Le Pen et Éric Zemmour se disputent la deuxième place dans les sondages. Et donc, pour le second tour, la candidate des Républicains ressort le Karcher et durcit sa ligne, alors même que le numéro 2 de son parti rejoint l'ancienne éditorialiste Éric Zemmour.
Marine Le Pen se rêve, elle, au-dessus de la mêlée, joue l'apaisement et savoure quand l'ancienne éditorialiste consacre les critiques. Alors que les maires et leurs parrainages pourraient finalement être ceux qui vont trancher cette campagne à droite. Pécresse, Zemmour, Le Pen, un fauteuil pour trois. C'est le titre de cette émission avec nous pour en parler ce soir. Dominique Régnier, vous êtes politologue, directeur général de la Fondation pour l'innovation politique. Vous êtes professeure à Sciences Po et je rappelle votre étude 2022, le risque populiste en France. Nathalie Saint-Cricq, vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions.
Nathalie Moret, vous êtes journaliste politique pour le groupe de presse régionale EBRAS. Enfin, Bernard Sananès, vous êtes politologue, président de l'institut de sondage ELAB. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Encore un déplacement sur la sécurité. Nathalie Moret pour Emmanuel Macron. Ben oui, pourquoi pas. C'est un déplacement qui était prévu depuis un petit bout de temps, sachant que ça fait partie… Déjà, il se déplace beaucoup. Il s'est déplacé depuis le mois de septembre, environ à 90 déplacements, je crois. Il va continuer à le faire. Il y a déjà dans les tuyaux une dizaine de déplacements d'ici le mois de février.
Le but, il est simple, dire qu'il est au travail, qu'il gouverne jusqu'à la dernière minute. Et il va faire des déplacements qui sont un petit peu différents. Par exemple, le déplacement de Nice aujourd'hui, c'était « j'avais dit que je reviendrai, je vais vous expliquer ce que… » Et je vous explique quelle est ma politique. Donc là, c'était la vallée de la Roya, c'était un déplacement sur la sécurité. De la même façon, il va retourner sans doute à Marseille dans les prochains jours pour dire « je vous avais dit que je reviendrai, me voilà de nouveau ». Il va faire des déplacements sur la France 2030.
Là aussi, c'est une façon d'enjamber la présidentielle et d'installer par petits cailloux son programme avant qu'il ne se déclare candidat. Et il va faire aussi des déplacements plus européens sur le thème de l'Europe, puisque la France a la présidence de l'Europe pour six mois. Donc oui, il enjambe la présidentielle. C'est un président qui est candidat, ça commence à agacer, ça commence à se voir, mais c'est le réel. C'est un candidat qui est président, un président qui est candidat. En tout cas, effectivement, il joue sur ces deux cartes-là. Le chef de l'État va préciser quand même les annonces d'aujourd'hui. Doubler le nombre de policiers d'ici à 2030 et 15 milliards d'euros sur cinq ans.
Nathalie Saint-Cricq, il faut trouver la façon d'atterrir quand on est président de la République. Est-ce que ça en est une de dire au fond « je continue à agir et je prends des engagements devant les Français » en m'engageant quasiment sur le premier conseil des ministres de l'après ? Il y a probablement un message subliminal, c'est-à-dire de laisser, comme le disait Nathalie, l'impression qu'on travaille jusqu'au dernier moment. Et puis de toute façon, on ne peut pas être dans l'immédiateté. C'est-à-dire que quand on est président, on doit gouverner. Quand on gouverne, c'est choisir. Quand on choisit, c'est longtemps à l'avance.
Et l'engager, effectivement, des plans pluriannuels, c'est quelque chose d'assez malin. Et il est dans cette nécessité d'être à deux têtes, c'est-à-dire de dire président, de continuer à être président. Parce que s'il était déjà candidat, on lui dirait, c'est gentil, mais notamment en période de Covid, il faudrait peut-être s'occuper de nous. Vous voyez à court terme. Et là, comme ça, alors évidemment, ça commence à se voir, ça commence à faire hurler. On commence à dire qu'il utilise les habits de président pour servir le candidat Macron. Mais on peut aussi considérer que les Français, finalement, ils vont passer le mois d'avril presque comme les oppositions sont assez faibles.
Alors ça, j'exagère. Presque comme s'il y avait un continuum et qu'il y avait une forme de logique. En tout cas, c'est le message subliminal que l'Élysée tente d'envoyer aux Français. On va voir si ça va marcher. Vous parlez que certains ne sont pas dupes. En tout cas, Éric Ciotti a montré quelques signes d'agacement en expliquant qu'il n'irait pas au meeting du candidat Macron. Que peuvent penser, Bernard Salanès, les Français, de ces annonces en disant, en gros, voilà, on vous promet 15 milliards sur 5 ans, alors même que dans 3 mois, a priori, il y a une présidentielle ?
Il y a deux questions qui peuvent se poser. La première, c'est pourquoi vous ne l'avez pas fait avant. Vous êtes président depuis 5 ans. Pourquoi ces chantiers annoncés, ces milliards sortent maintenant ? Et pourquoi il faut en remettre une couche alors que vous avez eu 4 ans pour le faire ? D'autant, il faut le dire tout de suite, que la sécurité, ça fait partie des thèmes sur lesquels le bilan de l'exécutif en général est le plus mal noté. Dès la fin de la première année du quinquennat, on a vu un décrochage sur le jugement des Français sur cette question. Puis la deuxième question, c'est un deuxième mandat, pourquoi faire ?
Et là, il va falloir aussi que le président de la République s'exprime sur ce que...
C'est peut-être à cette question-là qu'il répond, d'ores et déjà ?
Il essaye de répondre, effectivement, d'enjamber cette question, de banaliser aussi, Nathalie l'a dit, de banaliser l'entrée en campagne. Finalement, la semaine dernière, il a dit lui-même, c'est un faux suspense. Là-dessus, au moins, je pense que les Français le suivront, tout le monde sait qu'Emmanuel Macron va être candidat. En revanche, l'annonce d'aujourd'hui, le fait de donner l'impression qu'on cherche à rattraper un retard, ça, ça peut être un peu plus critiqué, à mon avis. Mais il a quand même spécifié, parce qu'il fait toujours de la politique, même président, il n'en fait pas,
que sous Sarkozy, on avait supprimé 9 000 postes de policiers et que lui-même, fin 2017, en aura recréé 10 000. Donc, il répond à la fois à Pécresse, il défend son mandat et il se projette. Dominique Régnier ?
Sur le thème lui-même de la sécurité, c'est une façon d'accorder de l'intérêt à une grande préoccupation des Français. Il y a une forme d'unanimisme là-dessus en France. C'est aussi une façon de considérer que la gauche n'a aucune importance. Sur ce sujet-là, la gauche n'est pas arrivée à trouver quelque chose à dire depuis au moins 5 ans et sans doute davantage. Donc, c'est très curieux parce que ça écrase complètement, ce que l'on voit dans les enquêtes, mais ça écrase complètement la gauche qui, pourtant, aurait des choses à dire. Je ne veux pas dire qu'elle n'en aurait pas à dire, mais elle ne les a pas dites. Donc, on ne les a pas entendues.
Et ça signifie aussi, alors il y aura d'autres prises de parole et peut-être qu'à ce moment-là, il sera un peu plus audible par une gauche, mais ça veut dire aussi que c'est sur la droite qu'il concentre son effort, en tout cas pour le moment, puisque ce thème-là est considéré d'une façon que moi, j'ai toujours trouvé bizarre, mais enfin c'est ainsi, comme un thème de droite. Alors qu'en réalité, dans tous les électorats, majoritairement, on se préoccupe pour la sécurité, y compris dans les électorats Europe Écologie Les Verts.
Mais la stratégie, c'est de gêner Valérie Pécresse, de gêner Éric Zemmour, de gêner Marine Le Pen. Est-ce que ça, j'allais dire, les gens qui nous regardent ce soir, ils sont un peu plus très politiques que les Français. Est-ce que la ficelle n'est pas un peu grosse, justement parce qu'on est à l'heure du bilan ?
Déjà, parler de sécurité, la droite LR, ancienne UMP, n'a pas été extraordinairement performante en la matière, et les Français s'en souviennent. Et donc parler de sécurité, c'est aussi rendre très compliqué la percée, l'émergence de Valérie Pécresse dans cette campagne. On sait bien qu'il y a une sorte de surenchère du côté de Marine Le Pen et d'Éric Zemmour, mais du point de vue de l'opinion, c'est aussi considéré, en tout cas pour le moment encore, comme des options qui ne sont pas nécessairement crédibles du point de vue de l'effectuation ou des politiques publiques.
Mais pour le pouvoir de Valérie Pécresse, ça va être très compliqué d'émerger quand le président, même s'il a un bilan très contesté, effectivement, lui-même prend en charge sans difficulté la sécurité.
En tout cas, ils se sont ciblés, puisque Patrick Stéphanini, qui dirige d'une certaine manière la campagne de Valérie Pécresse, dit qu'on a un adversaire assez mobile, il nous copie stratégiquement, nous étouffe par le bruit et la fureur et nous pique nos idées.
Vous savez, il y a une règle dans la communication politique pour l'attribuer à son auteur, elle est attribuable à Jacques Séguela. « Quand tu es favori, fais une campagne de challenger », écrivait-il dans un de ses livres. Emmanuel Macron est, aujourd'hui, au moment où nous parlons, ça changera peut-être dans trois semaines, parce qu'il y a une grande volatilité, on y reviendra sans doute, il est le favori. Et donc, il mène une campagne de challenger.
Il bouscule, il sait que le risque, d'ailleurs, il l'avait dit en 2017, entre les deux tours, on l'a vu après sur des images, des coulisses de sa campagne, avec ce qui s'était passé à Amiens, on sait qu'à un moment, il avait engueulé son équipe pour lui dire « mais ne vous endormez pas ». Le pire, quand on est favori, on a tous en tête, évidemment, la campagne d'Edouard Balladur, c'est de s'endormir dans cette posture et de ne pas chercher à aller à l'offensive. Et c'est cette pratique-là qu'il met aujourd'hui.
Il n'est pas crédible sur les questions de sécurité, Emmanuel Macron, aux yeux des Français ?
En tout cas, il y a un déficit de crédibilité sur ces questions-là, qui a un peu bougé depuis, on va dire, une forme de durcissement, notamment avec l'arrivée de Gérald Darmanin. Mais d'abord, les Français sont sceptiques sur tout le monde en matière de sécurité. De mémoire, 4 Français sur 10 déclarent qu'ils ne font confiance à personne sur le sujet. Marine Le Pen est évidemment jugée la mieux disante. Donc, ce sera quand même compliqué de rattraper.
Après, il ne peut pas faire l'impasse sur ces questions-là, parce que, Dominique l'évoquait, c'est notamment un sujet dans tous les électorats, mais même dans l'électorat en marche, c'est un sujet qui pointe dans les deux ou trois premiers régulièrement des préoccupations de ces électeurs.
Est-ce que Valérie Pécresse a raison de ressortir le quart cher ? Nathalie Moret. Elle a raison dans la mesure où ça parle à l'électorat qu'elle veut garder, séduire, capté. C'est vrai que ça parle aux sarkozistes. C'est vrai que ça parle à une droite assez dure. En ce sens-là, elle a raison. La question, c'est de savoir, est-ce que cette expression, qui date déjà d'une quinzaine d'années, peut apparaître comme celle d'une candidate à l'élection de 2022 ? Est-ce que ce qu'on a dit il y a 15 ans peut paraître aujourd'hui d'actualité ?
Ça, c'est une vraie question qui ne se pose pas trop d'ailleurs à LR puisque vous savez qu'une actualité chasse l'autre et qu'ils ont le temps, j'allais dire, de rectifier le tir. On est à 90 jours au premier tour. Mais quand même, ça lance une petite musique qui n'est pas celle d'une grande modernité alors même qu'elle a l'image d'une femme moderne et d'une femme qui incarne une nouveauté puisque c'est une femme à la tête du parti de droite. Votre lecture, Nathalie Saint-Crieg, sur cette phrase qui incarnait Nicolas Sarkozy, est-ce qu'elle veut séduire les sarkozistes comme le dit Nathalie Moret ?
Est-ce qu'elle veut être audible dans un moment où on a l'impression qu'il faut parler de plus en plus cash, de plus en plus fort pour être entendue ? Elle illustre ce que vient de dire Bernard, c'est l'espèce d'adaptation permanente. C'est-à-dire, on a un jour où Emmanuel Macron parle d'emmerder les récalcitrants, ceux qui ne veulent pas se faire vacciner. Le lendemain, pof, on a une interview avec ce qu'on appelle une espèce de pitch ou alors une punchline qui est « je vais ressortir le Karcher ». On se dit, effectivement, que ce n'est pas tellement, ça peut presque ringard, mais on s'attire aussi. Marine Le Pen et Zemmour qui disent « haha, le Karcher ».
Nicolas Sarkozy l'avait dit en 2005 quand il était ministre de l'Intérieur et malheureusement, il ne l'a pas fait quand il était président. Donc tout ça peut être relativement contre-productif. Et quant aux formules, c'est très amusant de voir la dérive des formules. Quand on entend Éric Ciotti qui dit « c'est la frange orange mécanique ce matin ». Alors, il fait référence certes au film de Kubrick, mais aussi au livre de Laurent Berton qui est sorti en 2013. Et qu'est-ce qui se passait pendant la campagne de 2017 ? Marine Le Pen, sur tous les plateaux, disait « c'est la France orange mécanique ».
Donc je pense que d'une façon subliminale, toujours, ce n'est pas mon obsession, où ressort des phrases typées, simples, parce que peut-être les Français étant obsédés par le Covid, ce qu'on peut comprendre n'imprime pas tellement tout ce qui peut se passer. Donc on envoie des messages comme ça, et on se dit finalement que chaque fois que Macron bouge, Pécresse bouge, chaque fois que Pécresse bouge, Marine Le Pen dans les 12 secondes fait un truc, qui est suivi par le truc d'Éric Zemmour, qui est suivi par tout ça, donc tout ça est en train d'aller à toute vitesse, et ils prennent les formules qui leur viennent sous la... Et sous la main ? Sous la main. C'est ça.
En tout cas, en tapant plutôt dans les phrases du passé, ce que vous avez expliqué. Je voudrais avoir votre regard, Dominique Régnier, justement sur précisément ce que dit à l'instant Nathalie Saint-Cricq, sur cette campagne dont on se dit, cette fois elle est marrée, avec des formules qui essaient d'impacter dans l'opinion, dans le débat public, où on est souvent dans des raccourcis, dans des punchlines, comme vous le disiez à l'instant, quel est votre regard sur ce début de campagne, si on se focalise notamment sur ce qui est en train de se passer, à droite, avec Emmanuel Macron, dans le rôle du candidat président ?
Aujourd'hui, ce qui est frappant quand même, c'est une campagne qui n'a pas vraiment lieu. C'est ça qui est étonnant. Moi, c'est ce que je trouve le plus frappant, en tout cas.
Y compris par le fait qu'en raison de la pandémie, qui est une cause majeure, nous n'avons pas ces meetings auxquels nous sommes habitués, en termes d'images, je veux dire, ces orateurs entourés de drapeaux bleu, blanc, rouge, on a eu un peu, mais on ne l'a pas beaucoup, on n'a pas même dans la rue cette expérience-là, y compris parce que soi-même, on essaie de sortir un peu moins, enfin, il y a des tas d'éléments qui font que la campagne, elle ne peut pas se déployer, je ne sais pas d'ailleurs si elle pourra se déployer, et sur le fond non plus, puisque ce sont des querelles de phrases, ou de déclarations, qui n'engagent pas à grand-chose, mais il n'y a pas, on ne peut pas dire qu'il y a un thème qui a surgi, et qui est discuté aujourd'hui, et puis dans 15 jours, il y en aura un autre.
Non, le thème structurant, déclarations, c'est le Covid, et puis on a une... Et ça, on n'y peut rien, c'est comme ça, personne n'a la main sur l'agenda médiatique, moi je pense que c'est très important, sur les thèmes qui sont discutés, et puis on a comme ça des petits surgissements. Ça reste très superficiel, ça n'est pas de nature à mobiliser les électeurs. Et on a souvent souligné le risque d'une abstention historique et problématique par ses conséquences à la présidentielle, avec des effets possibles sur les résultats eux-mêmes, il faut faire attention à cela. C'est-à-dire ? L'abstention, ce sont des électeurs qui pourraient aller voter et puis qui n'y vont pas.
Ces électeurs, s'ils étaient allés voter, auraient voté pour quelqu'un, ils ne le feront pas, quels sont les effets sur le résultat. Et il y aura des effets. On pourra avoir une surprise au soir du premier tour, parce que finalement, c'est ce qui s'était passé en 2002, on prend souvent cet exemple, mais c'est ça, l'élimination de Nézospin, elle est assez largement liée, au 28% d'abstention, c'est le record du premier tour en France. Donc, il y aura, de ce point de vue-là, à chercher les éléments pour mobiliser les électeurs.
On parle des jeunes, mais tous les électeurs vont avoir tendance à ne pas se déplacer, parce qu'en effet, je termine là-dessus, mais il y a le risque de considérer que finalement, on a la crise, on a un président qui sait faire, on va le laisser gérer la crise. Il se trouve que ça passe par-dessus la présidentielle, eh bien, on verra après, mais après, il n'y aura plus d'élections, ça sera passé. On n'aura pas de mandat, on ne saura pas très bien. Bernard, ça me laisse très vite.
Le sujet dont on parle est clé, finalement, est-ce que les punchlines ne vont pas tuer la campagne présidentielle ? Voilà, c'est une vraie question pour nous tous.
Il y en a toujours des punchlines.
Il y en a toujours. Vous n'avez pas le monopole du cœur, c'était déjà une punchline. Mais c'est vrai que le débat de fond, pour l'instant, n'a pas lieu. Il n'a pas lieu dans un moment qui est très paradoxal. Pour l'instant encore, l'élection présidentielle a échappé à tous les reculs, globalement un peu reculés, de participation. Je ne parle même pas des accidents des municipales et des régionales. Pourquoi ? Parce qu'il y a cette idée d'un pacte présidentiel. On accorde sa confiance à un moment à quelqu'un sur un projet, sur une vision. Pour l'instant, il reste encore trois mois, tout n'est pas connu. Cette vision, on ne la voit pas.
Alors, en tout cas, il se dispute la deuxième place dans les sondages. Valérie Pécresse, Marine Le Pen, Éric Zemmour se marquent à la culotte à trois mois de la présidentielle. Et quand la candidate LR propose de ressortir le karcher, Emmanuel Macron lui s'invite dans le débat et aligne à Nice les annonces pour le quinquennat suivant. En matière de sécurité, Juliette Perrault et Nicolas Baudry-Dasson. Il n'est pas officiellement candidat, mais c'est encore une fois invité dans la campagne. Ce matin, Emmanuel Macron était à Nice pour parler sécurité avec une promesse, 15 milliards d'euros d'investissement sur cinq ans.
On met de l'argent, on investit, on forme plus, mais on organise mieux aussi, c'est ce qu'on doit à nos compatriotes, pour avoir plus de monde présent sur le terrain et efficace. Et on a un objectif qui est de doubler la présence policière sur la voie publique à horizon 2030.
Une nouvelle annonce à trois mois pile du premier tour de l'élection présidentielle. Enjeu pour le chef de l'État, ne pas se faire déborder sur sa droite avec une menace identifiée. Valérie Pécresse et sa déclaration ont très remarqué la semaine dernière. Il faut ressortir le Karcher. Il a été remisé à la cave par François Hollande et Emmanuel Macron depuis dix ans. Aujourd'hui, il est temps de nettoyer les quartiers et il faut traquer les caïds, les voyous, les criminels, les dealers. C'est eux qu'il faut harceler, c'est eux qu'il faut punir, c'est eux qu'il faut priver de leur citoyenneté. Ressortir le Karcher, une référence à un certain Nicolas Sarkozy.
Objectif pour la candidate des Républicains, concurrencer Marine Le Pen et Éric Zemmour en durcissant son discours. Trois prétendants à l'Elysée, aujourd'hui au coude à coude derrière Emmanuel Macron dans les intentions de vote pour le premier tour. Parmi eux, le candidat de reconquête qui peut compter depuis hier sur un nouvel allié, Guillaume Pelletier, ancien numéro 2 des Républicains.
J'ai pris la décision de soutenir le seul candidat de la droite, le seul candidat fidèle aux valeurs du RPR, le seul candidat capable de battre Emmanuel Macron parce que capable de rassembler tous les électeurs de droite, le seul candidat fondamentalement courageux et lucide sur l'état de la société française. J'ai décidé de soutenir Éric Zemmour pour qu'il soit notre prochain président de la République.
Un ralliement qui fait désordre au sein des LR, mais que les chefs de file tentent de minimiser ce matin. C'est un non-événement pour nous. Ça fait des mois que Guillaume Pelletier nous avait déjà quittés dans sa tête et d'ailleurs il avait été démis de ses fonctions par Christian Jacob en décembre.
Guillaume a beaucoup changé dans sa carrière politique. Il était au Rassemblement National, il y revient progressivement, peut-être c'est l'avant-dernière étape.
Une prise de choix tout de même, grâce à laquelle Éric Zemmour espère élargir encore un peu plus son électorat. Exit désormais les grands meetings en région parisienne.
Je vous permets de la recommander, elle est délicieuse, vraiment.
Le temps est venu de battre la campagne en zone rurale.
Vous savez, il y a dans les zones rurales 22 millions de Français qui vivent. C'est pas rien. Il y a 90% des communes. Et pourtant, il y a ici tout disparaît petit à petit. Ce n'est pas admissible.
Une agitation à droite, pas du goût de Marine Le Pen. Elle souhaite réinstaller le duel de 2017 face à Emmanuel Macron et c'est donc à lui qu'elle réserve ses attaques cet après-midi encore, quelques heures après les annonces du chef de l'État. Une agression gratuite
toutes les 44 secondes dans notre pays.
Emmanuel Macron aura été le président de l'ensauvagement.
Comment osse-t-il faire campagne sur la sécurité ?
Enjeu pour la candidate du RN, convaincre qu'elle peut battre le président de la République. Jusqu'ici, seule Valérie Pécresse a été donnée gagnante face à Emmanuel Macron au second tour dans les sondages. Nous allons revenir sur cette campagne à droite. Mais Bernard Sanana, juste pour faire écho à ce que disait Marine Le Pen, est-ce que ce n'est pas le risque de la stratégie d'Emmanuel Macron de faire campagne sur la sécurité ? C'est aussi braquer les regards sur son bilan en matière de sécurité ?
J'allais dire, le risque est paradoxalement le même pour Emmanuel Macron que pour Valérie Pécresse quand elle appelle au secours Nicolas Sarkozy. C'est le risque de la confrontation de la parole politique au résultat. Et en matière de sécurité, les tangibles, les statistiques sont quand même facilement appropriables. Les gens connaissent le nombre de cambriolages, il y a le sentiment de la sécurité mais il y a aussi cette réalité-là. Et effectivement, c'est très risqué pour Emmanuel Macron. On le voit dans l'attaque de Marine Le Pen. C'est intéressant parce que Marine Le Pen a voulu montrer une posture assez rassembleuse ces derniers jours mais elle sait aussi revenir sur ses fondamentaux.
Et ses fondamentaux, on en parlera quand on parle du match à trois, c'est bien sûr la sécurité et le régalien. Mais c'est le même risque pour Valérie Pécresse. Il ne faut pas oublier qu'une partie de l'électorat de droite a quitté Nicolas Sarkozy justement parce que les engagements pris sur le régalien ne lui semblaient pas tenus.
Cette question d'Alain en Seine-Saint-Denis. Les électeurs LR vont-ils suivre Guillaume Pelletier et rejoindre le parti d'Éric Zemmour ? Pour l'instant, je ne suis pas persuadée qu'il y a un choc sismique avec le départ de Guillaume Pelletier mais on peut se dire qu'un certain nombre d'électeurs choisiront le vote utile. Il émergera à un moment donné. La notion de vote utile, c'est-à-dire si Éric Zemmour stagne, le vote utile, ce sera Marine Le Pen pour ceux qui partagent les idées. Si Éric Zemmour remonte et que Marine Le Pen baisse, ce que Marine Le Pen ne croit plus possible, il y aura peut-être ce mouvement-là.
Donc il se peut qu'à un moment donné, si la campagne évolue encore, il y ait la notion de vote utile et que ça puisse bousculer et qu'un certain nombre de LR puisse suivre Guillaume Pelletier.
J'ai l'impression. J'ajouterai une couche d'interprétation. Il me semble que si ce que nous avons dit auparavant, c'est-à-dire que nous avons une campagne présidentielle qui risque de déboucher sur une élection sans qu'il n'y ait jamais eu vraiment campagne, on est déjà en train de se bagarrer pour l'après. C'est ça qui se joue là. Et c'est ce qui se joue. C'est-à-dire que pour Guillaume Pelletier, comme peut-être pour Éric Zemmour et comme pour certains électeurs, l'affaire est pliée, Emmanuel Macron sera réélu et donc il va falloir peser sur la recomposition entière de la droite et historique dès le soir du second tour 24 avril 2022. Et on est parti donc pour autre chose dès maintenant.
Parce que cette campagne, là, si jamais elle n'a pas lieu, nécessairement il va se passer quelque chose de politique et si nous ne débattons pas entre nous de projets et de programmes, eh bien beaucoup vont se mettre à discuter de la reconstruction de l'après-midi puisque Emmanuel Macron, ce sera le premier candidat s'il est réélu, le premier président à vivre ça, il ne pourra pas faire un troisième mandat. On le sait. Nicolas Sarkozy a été battu, François Hollande ne s'est pas représenté. Donc on aura l'expérience d'un président dont on sait que c'est son dernier mandat.
Ça veut dire qu'ils font le pari qu'au fond, la crise du Covid bénéficie à Emmanuel Macron.
Oui, et que de toute façon, c'est impossible de dire qu'on aurait fait mieux qu'Emmanuel Macron parce que ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. Voilà, il gère la crise, il a inventé au fur et à mesure. Il y a des gens qui sont un peu mécontents parce que de toute façon, le Covid, c'est extrêmement désagréable et même c'est tragique parfois. Personne n'a vu nulle part. Personne n'a la solution nulle part. On dit les Chinois, peut-être, il faut dire ce genre de régime, mais on ne sait pas si les données sont vraies. Donc, il n'y a pas de ressort de ce côté-là. On ne peut pas dire « Moi, je vous dis comment j'aurais fait et le résultat eût été meilleur. » Ça ne marche pas, ça.
L'argument de l'ancien numéro 2 du parti Les Républicains qui bascule chez Éric Zemmour, c'est de dire au fond « Je la connais Valérie Pécresse, c'est Emmanuel Macron. » Est-ce que ça, ça peut peser auprès de l'électorat LR ? Donc, sans imaginer des cadres qui basculent du côté d'Éric Zemmour, mais est-ce que ça, ça peut peser en sachant qu'ils sont sur des profils qui sont quand même assez similaires ? C'est une petite musique qui gêne beaucoup le parti Les Républicains parce qu'effectivement, je suis d'accord avec vous, Valérie, il ne va pas y avoir des tas et des tas de militants qui vont suivre Guillaume Pelletier chez Zemmour.
En revanche, Guillaume Pelletier, il incarne une partie de LR qui est importante aux yeux d'Éric Zemmour puisque Guillaume Pelletier, c'est le pendant, comment j'allais dire, très populaire des LR. Il a toujours eu des propositions faites en direction de l'électorat le plus populaire. Je vous rappelle que l'année dernière à peu près à cette époque-là. Il avait demandé, il avait fait cette proposition qui avait fait hurler jusqu'à dans son propre parti d'augmenter les salaires de 20%. C'était vraiment pour s'adresser à cette réélectorat populaire qu'a perdue LR en tous les cas dans la dernière élection.
Donc là, l'objectif d'Éric Zemmour en acceptant à bras ouverts Guillaume Pelletier, c'est de parler à cette France populaire à laquelle, pour l'instant, il ne parle pas. Donc, pour répondre à votre question plus directement, c'est effectivement un bon point pour Éric Zemmour et pour les LR, c'est faire entendre une petite musique de « On nous a quittés ». Et effectivement, la candidate qu'on a ne parle pas à tout l'électorat. Il y a eu une petite scission. C'est qu'une petite musique, mais en tous les cas, le parti Les Républicains s'en serait bien passé. Éric Zemmour lui-même surfe sur cette idée-là, puisqu'il a eu cette phrase en déplacement au Sable de Lonne.
Ce week-end, il a dit qu'il offrirait une caisse de cidre à celui qui trouvera une différence de fond entre Pécresse et Macron.
Oui, c'est l'angle d'attaque notamment d'Éric Zemmour. Ça peut interpeller un certain nombre d'électeurs, mais par rapport au durcissement du discours de Valérie Pécresse, notamment dans la primaire à droite, par rapport au soutien d'Éric Ciotti, « Moi, je ne suis pas sûr que ça suffise pour basculer. » Par contre, ça renvoie à la question de c'est quoi l'identité politique de Valérie Pécresse, comment elle va la présenter, comment elle va la renforcer. Elle s'est illustrée dans la primaire plus par un style, elle a montré qu'elle était différente de ses autres candidats. Maintenant, il faut qu'elle donne à voir à quoi... C'est pas ce qu'elle fait en ce moment ? Elle commence. Le Karcher,
des propos assez raides ?
Ce n'est pas un marqueur propre. C'est quelque chose qui a déjà été utilisé. Deuxième point, je reviens sur Guillaume Pelletier. Guillaume Pelletier, ce n'est pas tant ce qu'il représente ni en termes d'opinion ni en termes de poids politique. En revanche, en termes de dynamique, ça peut mettre un coup d'arrêt au recul qu'a connaît Éric Zemmour depuis deux mois maintenant. Et depuis deux mois, notamment les soutiens de Marine Le Pen, disent qu'Éric Zemmour est seul. Là, Guillaume Pelletier, on aime, on n'aime pas, on n'apprécie pas, mais c'est quand même, après Philippe De Villiers, c'est une deuxième prise.
Ça montre que, malgré les sondages, il faut le dire, malgré les sondages, il y a des personnalités qui vont soutenir Éric Zemmour.
Juste un mot sur Guillaume Pelletier, donc de Marine Le Pen, qui a rappelé que là où Pelletier passe, les campagnes très passent, puisqu'il avait soutenu Maigret, Villiers, Sarkozy quand il a perdu en 2012, Sarkozy quand il perd la primaire, Xavier Bertrand quand il perd et Éric Ciudy quand il perd. Valérie Pécresse, dans toute l'interview qu'elle a pu donner, a fait la même chose, la même comparaison, en disant qu'en gros, c'était un super traître, même si ça a été dit de façon plus nuancée. Mais ce que ça incarne quand même, et je reviens sur ce que disait Nathalie tout à l'heure, c'est que vous vous souvenez de la droite forte, c'était un sous-parti à deux têtes.
Vous aviez Geoffroy Didier, vous aviez Guillaume Pelletier. C'était deux têtes... Deux jeunes pousses à l'époque. Une plutôt sociale, l'autre plutôt libérale. Et là aujourd'hui, on a Geoffroy Didier qui est porte-parole de Valérie Pécresse, et on a Guillaume Pelletier. Donc je pense que ce n'est pas un phénomène mondial, mais cette espèce de scission avec les deux qui incarnaient la droite forte, qui vont l'un dans un camp, l'un dans l'autre, montre probablement une ligne de clivage qui transperce et qui coupe en deux les républicains, en deux ou un tiers et deux tiers, mais qui est une ligne de fracture. Si je peux revenir... Allez-y, je vous en prie, Nathalie Morel.
Guillaume Pelletier, il a aussi... L'avantage pour Éric Zemmour, c'est d'être un très bon porte-parole. Pour l'instant, il avait des porte-parole qui étaient finalement assez peu connues, des gens qui étaient et qui étaient des petites mains et qui montaient sur les plateaux télé, mais pas des gens qui étaient élus. Là, cette fois-ci, Guillaume Pelletier, il est quand même député du Loire-et-Cher, je crois. Ancien numéro 2, il connaît très bien, enfin, assez bien la carte électorale, il connaît très bien le fonctionnement des partis, donc il peut... Il connaît très bien les élus, donc c'est un atout non négligeable, y compris dans la collecte des signatures. Donc c'est vraiment...
Et on en reparlera à la fin de cette émission de la collecte des signatures qui va peut-être faire basculer cette campagne, on en reparlera. On parlait de Guillaume Pelletier, mais il s'est affiché ce week-end, Éric Zemmour, avec Patrick Buisson et Philippe Devilliers. Patrick Buisson, il faut peut-être rappeler quel rôle il a joué auprès de Nicolas Sarkozy et Dominique Reynier.
Il a été un conseiller très important de Nicolas Sarkozy au moment de sa victoire en 2007, enfin avant et ensuite à l'Élysée. Patrick Buisson, c'est tout un monde qui se reconnaît dans Patrick Buisson.
Il n'a pas une notoriété considérable, ce n'est pas un homme public de ce point de vue-là d'ailleurs, mais par son histoire politique, par ses écrits qu'il a publiés depuis quelques années, il représente une sorte d'effort théorique ou d'exigence doctrinale qui lui a donné un grand crédit auprès d'une partie de la société française de droite, en particulier classe moyenne supérieure, un télo, enfin il y a tout un monde qui est en relation avec Patrick Buisson depuis au fond qu'il a fait à droite un effort qui se fait beaucoup plus à gauche jusque-là. C'est un élément qui renforce à coup sûr la position d'Éric Zemmour même s'il est en difficulté aujourd'hui.
Il est en difficulté aujourd'hui, Éric Zemmour ?
C'est-à-dire qu'il n'est plus dans la dynamique. Ce qu'il fait est objectivement un exploit. Il est passé de rien du tout à autour de 13. Donc ça déjà si on ne le constate pas on ne sait pas de quoi on parle. Maintenant il est parti comme une fusée et on a l'impression que c'est plus difficile. C'est normal aussi.
C'est plus difficile dites-vous Dominique Régnier. Est-ce qu'il est en train de bouger un tout petit peu sa stratégie également peut-être en étant moins dans l'outrance en essayant de normaliser est-ce que c'est le cas sa campagne ?
Il y avait une première partie de sa campagne qui était une stratégie d'identification. Voilà, être fermé. Ça s'est fait et ça a été fait avec le succès que Dominique vient d'évoquer. Il est monté jusqu'à 15-16% dans certaines enquêtes. Aujourd'hui il faut élargir et élargir notamment des zones électorales qui ne lui sont pas favorables. C'est intéressant de voir ce qu'il a fait ce week-end en milieu rural dans le Réloir par exemple. En zone rurale l'électorat est d'abord votant pour Marine Le Pen. C'est une des places fortes depuis l'élection de 2017 pour Marine Le Pen. Donc il va essayer d'aller challenger comme on dit Marine Le Pen dans les zones rurales.
C'est plus facile que par exemple sur les milieux populaires ou sur les milieux populaires on voit que le retard semble difficile à rattraper. Puis il y a un autre électorat qui est clé sur lequel il va là essayer de continuer le match avec Valérie Pécresse c'est l'électorat des retraités. L'électorat de Marine Le Pen lui est moins fort sur les retraités. Ça se joue plutôt dans ce match qui en fait est plutôt un match à trois.
Quand on regarde les chiffres quand on regarde ce qu'on appelle dans notre jargon les ventilations quand on regarde le deuxième choix vous savez on pose la question aux gens mais si vous hésitez il y a 40% des gens qui disent qu'ils peuvent changer leur vote encore c'est énorme et on leur demande pour qui en deuxième vote pourriez-vous voter ?
Et bien là on voit qu'il y a des transferts un peu dans tous les sens possibles un fauteuil pour trois entre Marine Le Pen Éric Zemmour Valérie Pécresse d'un côté et puis il y a ça c'est la primaire j'allais dire de la droite de la droite puis il y a une deuxième primaire c'est la primaire du centre droit où là on a une part d'électeurs de Valérie Pécresse qui peuvent voter Macron et d'électeurs de Macron qui peuvent voter Pécresse à peu près dans les mêmes proportions à peu près 10% de leurs électorats respectifs et puis bien sûr il y a une primaire de la gauche qui semble pour l'instant un peu invraisemblable tellement il y a de candidats
et de scénario désormais
beaucoup de porosité
je crois pour ajouter une catégorie c'est les femmes c'est à dire que quand vous entendez Éric Zemmour
il refuse de faire référence à ses écrits passés même les plus récents en disant tout ça c'était avant parce qu'il a très bien vu qu'il avait un déficit absolument très important d'une dizaine de points sur Marine Le Pen et qui faisait peur aux femmes
avec un certain nombre même si c'est un peu un broie médiatique de ce qu'il a pu écrire avant et je voulais juste rajouter par rapport à la présence de Philippe de Villiers parce qu'on a parlé Dominique a parlé de Patrick Buisson mais il y a peut-être un moment donné aussi puisque l'électorat d'Éric Zemmour je pars sous le contrôle et quand même un plutôt classe moyenne supérieure voire ses aspects plus c'est que Philippe de Villiers il est sûrement populaire il a sûrement il vend beaucoup de livres à chaque fois qu'il écrit un livre mais quelqu'un qui a fait plusieurs interventions sur le vaccin en continuant à faire une espèce de truc complotiste en disant Big Pharma Big Data tout ça en essayant de faire des théories un peu populistes et spéciales je ne suis pas certaine qu'à terme ce type d'attelage que vous me voyez derrière vous Caroline soit quelque chose qui soit totalement porteur
oui non non mais vous avez c'est risqué mais Philippe de Villiers c'est probablement un réseau d'élus signataires voilà
mais en termes d'images on reparle des parrainages et on va reparler à la fin de cette émission sur la doxa c'est plus compliqué quand est-ce qu'il va présenter son programme dans son ensemble Éric Zemmour mi...
tout le monde est sur la mi-janvier là on attend plein de mi-janvier on est le 10 oui on n'est pas loin de la mi-janvier alors en tout cas il y en a une qui est persuadée qu'Éric Zemmour l'aide à se normaliser c'est Marine Le Pen qui a fait sa rentrée loin de Paris à Carcassonne pour parler du tourisme et du patrimoine son défi est de gagner du terrain sur ce qui l'a fait de trébucher jusque là la crédibilité reportage Aubrey Perrault et Arnaud Faura le slogan n'a jamais changé la France avant tout mais le ton a évolué plus apaisé dit-elle en pleine visite de la cité médiévale de Carcassonne
ça va être très beau
pas question de se laisser guider par l'actualité par les polémiques ou par ses adversaires la candidate du rassemblement national préfère parler patrimoine
on est un pays de bâtisseurs on a un patrimoine historique extraordinaire je crois qu'aucun autre pays au monde n'a
pour son premier déplacement de l'année en Occitanie Marine Le Pen déroule donc ses propositions sur le tourisme son pari à elle être crédible sur tous les sujets
j'ai trop de respect pour les français et trop de respect pour l'élection présidentielle pour faire de cette campagne présidentielle uniquement une machine à buzz voilà moi je suis ma route avec conviction et certitude pour présenter aux français l'ensemble des sujets dont je pense qu'ils sont utiles pour le pays mais dont je pense aussi qu'ils sont une préoccupation pour les français donc c'est les jeunes la famille l'économie les TPE, PME le tourisme la protection de l'enfance le handicap voilà ils méritent les français d'avoir l'avis des candidats sur ces sujets qui sont des sujets essentiels
l'image d'une candidate crédible qui s'est rassemblée et même ceux qui ont douté comme Robert Ménard Marine Le Pen obtient le parrainage du maire de Béziers un proche d'Éric Zemmour qui a longtemps laissé planer le doute
je soutiens celle qui va aider mon pays voilà qu'est-ce que vous pensez de ce soutien ?
c'est le principe du rassemblement vous savez le principe du rassemblement c'est d'être capable de déterminer quels sont les points
qui apparaissent essentiels pour créer autour un chemin commun pour le pays donc on rassemble pas que ceux qui sont 1000% d'accord avec vous sinon c'est plus un rassemblement c'est un clonage
le duo met en scène sa réconciliation où il vise le même objectif tout en assumant certaines divergences quand Marine Le Pen s'oppose au pass vaccinal Robert Ménard lui
je suis pour la vaccination obligatoire pour le pass et pour le pour le pass sanitaire et pour le pass vaccinal je ne ça ne me pose aucun problème d'être d'accord avec monsieur Macron et de le dire là-dessus et d'être aujourd'hui en expliquant que je serai derrière Marine Le Pen en plus je n'aspire pas être ministre de la santé de Marine Le Pen premier ministre et ça étant pour habiter roi la seule possibilité crédible
la stratégie de l'élargissement et de la normalisation grâce à laquelle la candidate espère accéder au deuxième tour quitte à en faire fuir certains après 19 ans passés au front national Robert Moriot s'est laissé convaincre par Eric Zemmour et notamment après le premier meeting du polémiste
ça c'était Villepente et et quand j'ai vu ça je me suis dit waouh il y a quelque chose qui se passe là il y a quelque chose qui se passe j'ai jamais vu j'ai jamais vu autant de monde lors d'un meeting du front national et là je me suis dit oui il y a quelque chose
selon ces militants à vouloir convaincre de plus en plus de français Marine Le Pen s'est trop éloignée des fondamentaux
quand elle dit que l'islam est compatible avec la France avec la République je pense que non et Eric Zemmour nous le dit tous les jours il pense également que non c'est pas possible voilà donc sur cet aspect là il y a eu une révision du programme du RN qui ne me satisfait pas et par contre repris et mieux expliqué par Eric Zemmour qu'il l'a me satisfait
Marine Le Pen est très semblable à tous les hommes politiques elle n'a jamais dirigé diriger mais malheureusement elle a pris les travers de tous les dirigeants qu'on a eu c'est à dire qu'elle est dans la négociation dans le compromis voire dans la compromission et je suis très très déçue ces militants reconquêtent revendiquent 550 adhérents dans l'Aude un mois après la création du parti d'Eric Zemmour le Rassemblement National n'en compte que 300 de plus dans le même département on faisait le commentaire en voyant le reportage Nathalie Morin vous disiez qu'on la voit faire des selfies tout sourire on se dit que à chaque déplacement c'est ça elle fait une campagne qui est vraiment une campagne de terrain et ça marque la différence d'ailleurs avec Eric Zemmour puisque Eric Zemmour y compris quand il va dans l'Eure-et-Loire certes il fait une petite réunion publique où il y a quelques centaines de militants mais personne ne peut l'approcher personne ne peut faire un selfie avec lui puisqu'il est hyper protégé puisqu'il y a des menaces sur sa sécurité elle en revanche elle ne refuse jamais un selfie au contraire même plusieurs elle n'est pas protégée Marine Le Pen si elle est protégée comme tout candidat à la présidentielle bien sûr mais elle est beaucoup plus proche des gens et c'est vraiment le pari qu'elle fait moi j'ai en souvenir je cite souvent cet exemple mais de la foire je crois Sainte-Catherine à Vesoul fin novembre c'était vraiment un moment où elle lançait sa campagne elle y est restée plusieurs heures donc je ne sais pas si vous imaginez ce type de foire mais tout le département y va et elle a dû croiser exactement tout ce qui fait les gens qui votent pour elle les petits commerçants les petits artisans etc pardon il y a peut-être des gens qui vous regardent Nathalie Moret qui disent oui bon c'est une candidate qui fait campagne ils font tous ça rester dans une foire serrée des mains ça sous-entend qu'elle ne pouvait pas le faire avant elle n'était pas reçue de la même façon elle n'était pas reçue de la même façon et là elle a appris à prendre le temps et à prendre le temps sur quoi sur par exemple voir des types de visites plus classiques qui sont par exemple un centre hospitalier un EHPAD etc elle le fait aussi évidemment mais elle fait surtout du terrain du terrain du terrain et ça fonctionne puisque dans ce type d'événement très rural tout le monde en parle et après tout le monde en parle la presse locale s'en fait l'écho et ce sont des événements où elle apparaît sympathique et c'est ce qu'elle essaye de faire elle essaye de casser cette image froide cassante et se met en opposition avec son problème c'est d'être pour la prochaine présidentielle quand elle regarde ce qui s'est passé avant c'était d'être sympathique ou d'être crédible les deux les deux mais elle-même dit je l'ai vu il y a quelques temps en disant c'est étonnant à quel point j'ai été banalisée par Eric Zemmour et elle racontait en disant qu'elle était allée faire ses courses à Noël et elle dit il y a plein de petites mamies ou plein de gens qui voulaient faire des photos avec moi ça ne m'arrivait pas avant c'est-à-dire qu'elle en rit elle-même enfin elle en suffoquait elle-même de voir à quel point finalement elle est rentrée dans une espèce de normalité de candidature parce que Eric Zemmour ça facilite peut-être ses courses de Noël mais est-ce que ça lui prend pas des voix quand on a vu ces militants anciens RN qui disent nous maintenant on suit Zemmour parce qu'il y a une partie du discours qui n'est pas assez raide pour nous je pense qu'elle considère qu'Eric Zemmour fait peut-être un diagnostic qui plaît comme on l'a vu dans votre reportage en disant moi je crois que l'islam n'est pas compatible avec la République mais je pense qu'il y a une partie de l'électorat de Marine Le Pen qui sait très bien qu'on peut proposer demain de renvoyer les Français musulmans faire n'importe quoi qui pense qu'Eric Zemmour est plus dans l'analyse ou dans la déploration que dans la prospective et la possibilité d'avoir un programme qui tienne la route donc elle joue je suis crédible alors qu'elle était ruinée après le débat de 2017 et que maintenant finalement elle réussit à avoir des propositions certes plus mesurées mais qui sont plus plausibles selon elle dans leur application et qu'elle pense depuis le début qu'Eric Zemmour va plafonner plafonner c'était un pronostic ils ont été quand même rassurés de voir que ça se passait effectivement dans la réalité et à propos d'Eric Zemmour elle dit c'est hibernatus ce garçon est resté bloqué et a été décongelé une question d'Eric dans le Pas-de-Calais si Eric Zemmour continue de baisser dans les sondages son électorat ne va-t-il pas se reporter vers Marine Le Pen pour voter utile ?
il peut se reporter vers Marine Le Pen il peut aussi se reporter vers Valérie Pécresse ces trois électorats dont on parlait tout à l'heure ils ont des différences on l'a vu un peu sociologiques mais ils ont deux points en commun d'abord ils passent tous les trois dans des proportions très proches la sécurité et l'immigration en tête quasiment de leurs préoccupations l'électorat de Marine Le Pen mettant également le pouvoir d'achat et deuxièmement c'est évidemment un électorat dont la motivation du vote est de faire barrage de faire battre Emmanuel Macron donc celui qui apparaîtra comme le plus crédible le meilleur opposant dans la capacité à battre éventuellement Emmanuel Macron ce que pour l'instant aucun des trois loin s'en faut ne peut faire Valérie Pécresse a challengé comme on dit Emmanuel Macron dans les sondages juste après la primaire ce n'est plus le cas depuis et donc il peut y avoir effectivement ce vote utile pour celui qui apparaîtrait comme le meilleur candidat la deuxième chose que je voulais dire c'est que finalement Marine Le Pen je juge là strictement sur la stratégie de communication c'est finalement la seule à faire une stratégie de second tour tous les autres ont une stratégie de premier tour dans une course à comment j'occupe le mieux mon espace elle depuis le début elle n'a pas varié c'était très risqué parce que franchement l'assaut d'Éric Zemmour aurait pu réduire beaucoup son potentiel électoral elle a perdu beaucoup d'électeurs elle est par exemple aujourd'hui je crois entre 16 et 17% dans les derniers sondages publiés aujourd'hui c'est nettement moins qu'en 2017 à la même époque il ne faut pas l'oublier donc elle a reculé par rapport à ça mais en revanche aujourd'hui la certitude du choix reste très forte plus les trois quarts de ceux qui disent encore voter Marine Le Pen encore une fois elle en a perdu disent qu'ils ne changeront pas d'avis qu'ils voteront pour elle
ce qui est étonnant c'est qu'elle se permet Dominique Reynier de faire la leçon à Valérie Pécresse en disant elle moque maintenant le gros rouge qui tâche de Valérie Pécresse quand Mme Pécresse veut envoyer l'armée dans les quartiers et les zones de non-France ce sont des mots qu'a utilisé la candidate LR
oui c'est une c'est cette ligne qu'elle poursuit Marine Le Pen qui reflète aussi sa notabilisation
c'est une bonne ou une mauvaise chose
c'est un pari parce que ça lui ça peut l'aider à être en tête du premier tour c'est le cas aujourd'hui dans les enquêtes d'opinion et donc à être au second tour mais ça fait aussi que ça n'est plus la candidate anti-système et si ça n'est pas la candidate anti-système est-ce que c'est la candidate de la crédibilité je pense que ce sera difficile donc le RN est un parti qui souffre de ne pas être crédible et qui a l'avantage de donner le sentiment de vouloir tout renverser si le parti RN ou ses candidats ne veulent pas tout renverser il faut qu'il soit quelque chose alors doivent-ils être plus crédibles que le président sortant ça va être compliqué quand même et donc là il y a une sorte de pari que je trouve quand même très risqué elle a un peu modifié parce qu'au départ et ça avait été montré dans votre émission la première affiche liberté chérie on était encore beaucoup plus loin dans le fait d'adoucir l'image elle est revenue un peu piquée par Eric Zemmour sur des positions plus dures avec des mots à nouveau plus durs là elle redevient plus sûre de sa présence au second tour mais rappelons qu'en 2017 à ce moment-là aujourd'hui si je puis dire elle est à 26% dans les intentions de vote elle va faire 21,5 là elle est à 17 alors on peut spéculer et si Zemmour etc mais elle est à 17 c'est quand même un recul qui est spectaculaire qui est lié au fait qu'il y a Eric Zemmour mais qui est aussi lié au fait que dans son propre électorat on l'a mesuré avant Eric Zemmour il y a une lassitude et on n'y croit plus une lassitude d'un discours qui est toujours le même une lassitude
de l'absence de victoire entre guillemets
absence de victoire vous avez raison mais aussi ce soupçon de l'insincérité sur quoi ? elle appartient au système
Marine Le Pen elle appartient au système voilà
et il y a une proportion significative de ces électeurs et de ces sympathisants qui souhaitent une autre figure encore une fois c'était avant Eric Zemmour alors qu'on n'en avait pas l'idée du tout même chose d'ailleurs pour Jean-Luc Mélenchon on parlait de sa nièce pardonnez-moi je le coupe à l'époque exactement et comme l'on sait je ne sais pas si on le sait d'ailleurs comme on dit que là c'est sa dernière présidentielle ça va aussi jouer quand même contraire
on n'a pas beaucoup parlé enfin peut-être pas suffisamment du fond des idées parce que vous l'avez bien expliqué d'ailleurs dès le début de cette émission c'est très difficile d'imposer et de poser des idées sur le fond pendant cette campagne sous Covid mais est-ce qu'elle a changé de logiciel est-ce qu'elle est sur la continuité de ce qu'elle avait défendu lors de la dernière présidentielle sur le contenu est-ce qu'elle a changé Marine Le Pen sur l'euro elle a changé évidemment si tant est qu'on ait pu comprendre exactement entre l'euro et le SME et tout ce qu'elle avait pu dire au moment du débat elle s'est effectivement totalement normalisée sur les retraités donc manifestement elle les a un peu rassurés puisqu'elle était quand même dans une tranche d'âge chez des gens qu'il a trouvé un petit peu effrayante je trouve que alors peut-être c'est un effet aussi de commentateur c'est-à-dire qu'à partir du moment où on a Eric Zemmour qui dit des choses qui dit qu'il faut en gros renvoyer tout le monde et tout elle passe presque pour modérer tout est relatif mais elle a un discours qui semble plus plausible et puis surtout plus pratiquement praticable parce qu'elle a essayé du moins j'ai l'impression alors il y a les meetings mais on n'a pas eu beaucoup de meetings parce qu'en général il y a une sorte de double discours il y a un discours télévisuel ou en radio qui est un discours dans les interviews d'essayer de trouver des solutions de dire ça on ne peut pas le faire ça on peut le faire voilà et en meeting en revanche plusieurs fois notamment dans la campagne précédente là elle cognait elle allait très fort pour essayer d'entraîner les salles mais elle n'a pas changé radicalement sur les choses elle est toujours sur des mesures de pouvoir d'achat qui sont plus importantes parce qu'elle sait très bien quel est un électorat populaire sur la retraite elle n'a pas foncièrement changé donc je pense que c'est plutôt sur la doctrine économique qu'elle reste
et puis sur le changement de posture c'est vrai que l'entendre beaucoup parler de rassemblement d'unité nationale on l'a vu à Béziers on voit que dans les enquêtes aujourd'hui quand on teste la capacité à rassembler de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron ils sont quasiment dans un mouchoir de poche alors que le président de la République c'est encore l'effet Zemmour alors que le président de la République est sortant de cette question et enfin dernier point pourquoi on dit qu'elle mène cette stratégie de second tour de rassemblement c'est parce que son enjeu il y a le premier tour mais c'est aussi de faire diminuer l'hostilité au second tour de mobilisation contre elle et c'est ce qu'elle recherche aussi par cette stratégie de banalisation
alors en tout cas les candidats ont jusqu'à début mars pour convaincre non pas les français mais les maires ceux qui vont leur accorder leur parrainage les équipes de tous les candidats sont à pied d'oeuvre et vous allez le voir par exemple à la France Insoumise ou chez les écolos c'est un travail à temps plein Théomane Val Magali Lacroze
Encore une journée sur la route pour Michèle Chambon Moi j'ai fait plus de 50 mairies peut-être un peu plus Trois mois qu'elle sillonne son département à la recherche de parrainage pour Jean-Luc Mélenchon et la quête est difficile Donc premier refus de la journée le maire n'est pas là alors que c'est normalement un maire qui n'a pas d'activité professionnelle la secrétaire nous a dit qu'il était trop débordé
Pas de parrainage ici pour le candidat France Insoumise
refus aussi dans la deuxième mairie au programme du jour
puis la troisième
porte-close encore à la quatrième alors inlassablement il faut reprendre le volant
J'arrive pas à imaginer qu'on n'ait pas les 500 signatures
Et ça vous paraît possible aujourd'hui ?
Oui
Car il en manque encore plus d'une centaine selon elle la fin de l'anonymat depuis 2017 a compliqué la tâche
exemple dans ce village de 450 habitants Bonjour monsieur le maire Donc on voulait vous demander si vous seriez prêt à parrainer on a énormément de difficultés à se faire parrainer cette fois et on voilà on voulait savoir si vous vous seriez d'accord pour nous donner un parrainage Donc pour mélangement Pour mélangement
Non Didier Muneret a été élu sans étiquette et comme beaucoup d'autres il n'a pas envie que son parrainage lui en colle une aux yeux de ses habitants
On peut s'enfermer dans une catégorie politique entre guillemets même si c'est pour un soutien pur et dur et du coup la population peut comprendre que vous êtes de cette tendance là alors que vous l'avez fait votre choix que pour parrainer et permettre l'élection de la démocratie Donc je sens que c'est compliqué Mais n'empêche que c'est quand même pour faire vivre la démocratie quoi Tout à fait J'entends bien Cette bataille des parrainages C'est aussi celle du poids des élus locaux Chez Europe Ecologie Les Verts on en voit les maires des grandes villes élus il y a deux ans
comme Anne Vigneault à Besançon qui prend elle aussi sa voiture pour aller convaincre ses collègues dans les villages avec peut-être plus d'impact qu'un simple militant
Quand on est maire on met en application et on démontre la façon dont on porte un projet
et comment on gère ces projets
Bonjour Bonjour mesdames
Cet après-midi rendez-vous avec deux maires non encartées pour vanter les mérites du candidat Yannick Jadot
On a besoin de gens solides dans leurs convictions dans la vie politique etc. Et je pense que c'est un dégage aussi de robustesse je pense
Ces deux élus rurales ont déjà la fibre écolo et pour une fois pas de problème à s'afficher
Le changement climatique moi franchement ça me tracasse beaucoup j'ai des petits-enfants et je vois qu'il n'y a pas beaucoup de candidats qui en parlent Je te propose si t'es d'accord une signature et puis François de la même façon Un rendez-vous pour deux signatures déplacements rentabilisés Merci beaucoup Mais pas question de crier victoire chez les écologistes non plus sur le nombre de signatures ou de promesses récoltées il en manque toujours Peut-être parce que certains élus de gauche font la grève des parrainages initiés par le maire de Romainville en Seine-Saint-Denis Voici le fameux serment de Romainville qui a été signé par de nombreux élus 150 au total qui bloquent leur parrainage tant qu'il n'y aura pas de candidature d'union à gauche On n'est pas dans une démarche négative on n'utilise pas notre pouvoir pour bloquer on utilise notre pouvoir pour rendre compte de la volonté de nos électeurs des citoyens de gauche et pour dire que l'union de la gauche dans le cadre de majorités de projets pour la transformation écologique et sociale ça marche dans des milliers et des dizaines de milliers de villes et de collectivités territoriales en France et ça doit marcher à l'échelle nationale mais son espoir fondé sur la primaire populaire s'est encore amenuisé ce week-end seul Christiane Taubira devrait s'y soumettre au risque d'aboutir à une candidature de plus
Alors on va attendre pour savoir comment les choses se passent à gauche mais d'abord cette question quelles seraient les intentions de vote pour Marine Le Pen et pour Valérie Pécresse si Éric Zemmour n'obtenait pas ses 500 parrainages Écoutez
avant l'arrivée d'Éric Zemmour il n'y avait pas la primaire de droite donc c'est difficile aujourd'hui de poser la question Éric Zemmour est candidat pour l'instant donc on nous reprocherait de faire des sondages où Éric Zemmour n'est plus testé
C'est un vrai risque Dominique Reynier est-ce qu'on est dans les postures habituelles on a l'impression que parfois quand on suit la politique depuis longtemps de refaire toujours les mêmes sujets sur il n'aura pas les parrainages et finalement tout le monde finit par les avoir est-ce que cette fois-ci c'est différent
Oui oui c'est différent c'est différent parce que d'une part la règle a changé les parrainages sont aussitôt le nom des parrains est aussitôt publié sur le site du conseil constitutionnel donc il y a une visibilité immédiate nous sommes chacun le sait dans une société qui est beaucoup plus sensible au fur et à mesure que passent les années les réseaux sociaux on a bien vu quand même c'est un des thèmes de vos émissions la violence à l'égard des élus les candidats qui sont en difficulté c'est plutôt Jean-Luc Mélenchon Éric Zemmour Marine Le Pen pour prendre des candidats significatifs parce que quand on fait 0,5% et je dis ça sans aucun mépris du tout il n'y a aucune raison mais c'est vrai que c'est normal que ce soit plus difficile de trouver des parrainages quand on est un candidat très clivant beaucoup de maires ne veulent pas s'engager de peur que leurs électeurs le reprochent mais aussi que le département que la communauté de ville que la région enfin qu'il y ait des tensions et la vie d'élu local est assez difficile pour ne pas chercher des ennuis de plus donc voilà c'est vrai que c'est de plus en plus difficile et ça pose un problème démocratique on ne peut pas imaginer que la présidentielle se déroulerait avec des candidats significatifs qui ne pourraient pas se présenter parce qu'ils n'auraient pas trouvé suffisamment d'élus ayant la capacité de les soutenir
et qu'est-ce qu'on ferait ? qu'est-ce qu'on fait si début mars un candidat dit je ne les ai pas qu'est-ce qui se passe ?
il ne les a pas il n'est pas candidat et c'est une élection qui va être discutée
c'est une catastrophe vous dites ?
c'est une catastrophe alors effectivement régulièrement on nous fait le coup on n'a pas nos parrainages comme vous le disiez tout à l'heure mais il faut quand même dire que Jean-Marie Le Pen n'a pas pu se présenter en 1981 parce qu'il n'avait pas ses parrainages donc il y a déjà eu un précédent ensuite quand vous parlez de gens clivants c'est certaines personnes clivantes parce qu'on pourrait s'étonner que Jacques Chuminade Philippe Poutou et tous ces gens-là aient des parrainages et que Zemmour ne les ait pas donc c'est quelque chose qui à mon avis me semble un scandale démocratique et c'est pour ça qu'il y a un certain nombre de rumeurs sur des trafics de parrainages parce que pour répondre à la question de l'auditeur s'il n'y a pas Éric Zemmour évidemment que Marine Le Pen sera plus facilement au deuxième tour d'où les accusations qu'il y a en ce moment en sous-main de dire que LR favoriserait les parrainages pour Éric Zemmour pour permettre à Valérie Pékin Alors ils disent officiellement Ils disent si quelqu'un vote ou parraine tout en disant c'est pas parce qu'on signe qu'on parraine qu'on soutient en disant on l'exclu mais du côté du Front National ou du Rassemblement National pardon on accuse les Républicains ou des non-inscrits de favoriser les parrainages pour faire remonter Zemmour c'est pour ça que que ce soit les propositions de Jean-Luc Mélenchon pour l'avenir qui est de faire 150 000 une pétition de 150 000 citoyens soit même la proposition d'Éric Zemmour de faire un pool de maire qui donnerait leur signature pour permettre aux gens qui dépassent 2% de se présenter je pense que ça ne pourra pas tenir si on a comme Dominique le disait tout à l'heure une espèce de si Zemmour n'a pas ses signatures ou s'il se passe quelque chose comme ça S'ils ne les ont pas c'est qu'ils ne méritent pas d'y participer C'est Anne Hidalgo qui dit ça
Moi je trouve qu'évidemment ce serait une forme de séisme politique au vu des tensions en plus d'en parler de Dominique si un des candidats qui est aujourd'hui apparaît comme un candidat crédible on va dire au-dessus de 3 ou 5% encore une fois sans jugement pour les autres ne parvenait pas à les avoir et ça donnerait l'impression en plus que l'ancien monde on va dire s'est recroquevillé dans un système où aussi voyons-le la vie politique nationale c'est assez décorrélé de la vie politique locale et vous avez des candidats qui existent au niveau national et qui n'ont pas de relais au niveau local donc je pense que là-dessus on ne peut pas rêver d'un consensus qui de toute façon n'arrivera pas on sait que traditionnellement à chaque élection on soupçonne un tel d'avoir donné des signatures à un tel pour le jeu politique mais je ne crois pas que le système puisse rester très longtemps comme ça
Qu'est-ce que l'on sait des difficultés des principaux candidats pour obtenir des signatures on a vu tout à l'heure la France Insoumise est-ce que c'est plus difficile pour la France Insoumise maintenant qu'il y a un candidat du PC par exemple ?
Mais c'est exactement ça Oui En 2017 et en 2012 il n'y avait pas de candidat communiste donc la plupart des élus communistes avaient offert leur signature à Jean-Luc Mélenchon cette fois-ci ce n'est pas du tout le même cas de figure puisque Fabien Roussel est candidat il est d'ailleurs crédité dans les sondages d'un score plutôt assez honorable puisqu'il est quasiment à 3% donc il n'est pas très loin non plus d'autres candidats de gauche Honorable 3% ça a fait rire Nathalie Sincrim Oui mais on est obligé de revenir à la baisse Pardon et c'est terrible Mais donc il y a eu des clairement je sais qu'il le dit mais il y a clairement des pressions pour que les élus communistes ne signent pas pour Jean-Luc Mélenchon et Jean-Luc Mélenchon qui a quand même fait 7 millions de voix il y a 5 ans et là dans une situation très très compliquée il a d'ailleurs fait une conférence de presse cet après-midi pour dire qu'il était dans une situation compliquée et pour dire que c'était quand même un scandale Juste pour revenir sur le petit sourire sur Fabien Roussel plus sérieusement qu'est-ce qu'il est l'intérêt pour un candidat communiste de se dire que va-t-il chercher ?
C'est pas la notoriété ? Qu'est-ce qu'il va chercher ? Il va chercher un groupe à l'Assemblée lors des prochaines législatives parce qu'aujourd'hui la vie politique française elle est structurée et financée par les élections législatives donc il a besoin d'avoir un groupe conséquent de députés en juin 2022 de façon à pouvoir C'est ça c'est l'après qui se joue c'est ce que vous disiez
André-Mélique Ragnier Oui parce que là comme au PS on attend le dégel du mélenchonisme le départ de Jean-Luc Mélenchon parce que c'est ces dernières élections va rendre accessible une dizaine de pourcentages d'électeurs qu'il faudra essayer d'attraper pour sauver un peu sa mise
Et nous revenons maintenant à vos questions Bruno dans le Val-de-Marne Macron à l'assaut de la sécurité il chasse très à droite ou je me trompe ?
C'est pas tout à fait exact oui il y a un enjeu tactique mais on l'a dit considérer aujourd'hui que la sécurité c'est un thème de droite c'est une préoccupation que de droite c'est une erreur notamment quand on regarde par exemple la sociologie des électorats l'électorat des milieux populaires est extrêmement sensible à ces questions-là donc ça concerne tout le monde même si évidemment on ne peut pas s'empêcher de penser à la réflexion tactique
Une question de Denis dans les bouches du Rhône comment Emmanuel Macron peut-il s'engager sur le futur quinquennat alors qu'il n'est pas candidat ?
L'illustration de ce qu'il a fait cet après-midi à Nice il va continuer à être présent partout sur le territoire en France jusqu'à son annonce de candidature dont la date pourrait intervenir début février, mi-février on ne sait pas vraiment et en attendant il occupe le terrain médiatique c'est l'occasion pour lui de faire son bilan de se projeter sur la France 2030 après l'élection donc il est en train à la fois de faire son bilan et de faire campagne sans le dire c'est assez habile Tactiquement il ne peut pas dire si j'étais réélu je ferais ça si j'étais réélu je ferais ça Mais je ne suis peut-être pas candidat Voilà et puis ça lui donnerait l'impression aussi qu'il a déjà intériorisé l'échec Mais juste la question c'est la perception des Français de cela alors c'est très difficile j'imagine que vous n'avez pas de sondage sur ce sujet-là
Non mais pour l'instant les sondages publiés sont plutôt favorables mais pour l'instant montrent quand même que l'électorat d'Emmanuel Macron est solide et quelque part on ne peut pas s'empêcher non plus de penser que différemment dans des postures différentes tous les sortants ont essayé de vendre leur bilan jusqu'au bout
ressortir le Karcher reprendre une phrase d'il y a 15 ans n'est-ce pas afficher son manque d'idées Dominique Reynier ?
D'abord oui certainement ensuite c'est une maladresse de forme eu égard à la personne qui utilise cette image parce qu'on n'imaginait pas Valérie Pécresse utiliser cette image on l'imaginait volontiers parce que c'est l'époque et qu'il faut se soucier de ces questions de sécurité parler de manière ferme de l'enjeu de sécurité qui est régalien donc ce n'est pas négociable c'est des enjeux qu'on ne peut pas laisser de côté mais avec ces mots à elle avec ces idées à elle qui justement sont attendues dans une campagne et qu'on ne voit pas arriver c'est ça je trouve le plus
Elle n'a pas trouvé son identité propre dans ce début de campagne ?
En plus ça quand même c'est vrai que ça commence à dater et que ça n'a pas été considéré non plus comme un grand succès
Emmanuel Macron Valérie Pécresse Éric Zemmour pour lequel de ces trois candidats iront voter les électeurs retraités ?
Bernard Salanès Aujourd'hui le premier vote des retraités se partage ça change d'une enquête à l'autre entre Emmanuel Macron et Valérie Pécresse Ensuite nettement derrière Marine Le Pen Éric Zemmour font à peu près les mêmes performances dans cet électorat-là mais ce n'est pas une zone de force notamment de Marine Le Pen et ça n'a pas bougé Malgré sa nouvelle stratégie On sait que on l'a souvent dit un plafond de verre pour elle la conquête des retraités notamment sur la question de l'euro pour l'instant ça a bougé légèrement mais pas de manière sensible
Une question de Richard dans le cas d'un second tour Pécresse-Macron que voteront les électeurs de Marine Le Pen et Éric Zemmour
Les sondages de second tour qu'il faut prendre avec beaucoup de prudence C'est un sondeur qui vous le dit non mais parce que les dynamiques de premier tour on voit sont quand même très volatiles donc celles de second-ci que pour l'instant il y aurait une grosse partie qui s'abstiendrait et une partie non négligeable qui voterait pour la candidate de droite
Une question de Sylvie Armoselle Entre le langage fleuri d'Emmanuel Macron et le cœur cher de Valérie Pécresse cette campagne sera-t-elle celle de la course au buzz ?
C'était déjà le cas il y a 5 ans et l'accélération de l'actualité le fait qu'il y ait des chaînes en continu les réseaux sociaux font qu'une nouvelle chasse l'autre et que malheureusement je suis d'accord avec votre auditrice un buzz chasse l'autre et c'est extrêmement dommageable Heureusement il y a quand même je dis ça pour ma paroisse mais il y a quand même des gens qui font enfin nous voilà on essaye Vos journaux Voilà Chaque semaine on essaye de faire des débats sur le fond et j'engage votre téléspectatrice qui est aussi j'espère une demi-lectrice demain par exemple c'est un dossier sur le cannabis voilà je l'aurais placé Bien joué Une question d'Henri en Gironde Après Guillaume Pelletier qui chez Les Républicains pourrait rejoindre Éric Zemmour c'est une question je l'ai mal lue Après Guillaume Pelletier qui chez Les Républicains pourrait rejoindre Éric Zemmour est-ce qu'il y en a un ?
Une ? Il y a eu aujourd'hui je crois l'ancien patron de Sens commun qui s'appelle Christophe Bilan de mémoire donc pour l'instant ce sont des gens pas très connus mais qui sont très représentatifs d'un électorat tradit catholique pratiquant qui sont déjà partis avec Rizé qui sont déjà partis avec oui mais lui il n'avait pas d'accord après je ne sais pas pour l'instant bon
c'est pour ça que dans les semaines qui viennent sont décisives pour Valérie Pécresse s'il y a de la fébrilité de la fragilité dans le vote Pécresse un certain nombre vous savez la perspective de victoire ou de qualification soudent toujours les gens qui hésitent s'il y a un décrochage ou un recul de Valérie Pécresse ça peut faciliter quelques transfusions ce qui n'est pas le cas pour l'instant pour l'instant ce n'est pas le cas mais elle n'est plus dans la dynamique alors qu'elle était très forte post-sondage il y a un peu un primaire blues on l'avait déjà vu dans le passé il peut y avoir une peur aussi d'un certain nombre de membres de LR
au moment des circonscriptions et de l'attribution des législatives des investitures de se dire on ne va pas aller tenter l'aventure avec Éric Zemmour donc on ne sait pas ce qu'il va devenir aux législatives et on ne sait pas s'il aura ses parrainages cette question un petit peu infra non pas dans les cas très connus que les choses peuvent se une question de Pierre le meilleur allié de Valérie Pécresse n'est-il pas Éric Zemmour qui s'il obtient ses 500 parrainages lui permettra de devancer Marine Le Pen
en tout cas s'il n'y a pas moi j'afforé l'hypothèse ça ne me paraît pas très risqué s'il n'y a pas Éric Zemmour Marine Le Pen se retrouve au second tour avec beaucoup plus d'assurance et pour Valérie Pécresse aujourd'hui en tout cas ce serait presque inaccessible il y a un besoin d'Éric Zemmour et de sa concurrence chez les Républicains
en choisissant Emmanuel Macron comme cible principale Valérie Pécresse ne joue-t-elle pas la finale avant la phase éliminatoire ?
Non elle a besoin de montrer à l'électorat dont on parlait tout à l'heure qu'elle peut gagner et c'est vrai que les sondages la donnent la moins mal placée pour gagner au second tour
Une question de Michel en Meurthe-et-Moselle Allô la gauche ? Où es-tu passé ? C'est sûr il faudrait même plusieurs appels pour pouvoir avoir une réponse parce que là franchement entre ce qu'on ne comprend pas très bien des réponses de Christiane Taubira Anne Hidalgo qui ne fait plus la primaire Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon Ça va se clarifier dans les semaines qui viennent ? Ça va se clarifier par un taux hubu pas possible oui ça va se clarifier ou tout le monde va être à 4,5 ou 5 Ça veut dire que tout le monde va y aller ? Christiane Taubira ?
Anne Hidalgo a déjà dit qu'elle irait Jean-Luc Mélenchon a déjà dit qu'il irait Yannick Jadot a dit qu'il irait Christiane Taubira si elle est candidate à la primaire comme elle l'a dit elle va y aller ? Arnaud Montebourg ? Arnaud Montebourg Fabien Roussel Tout ça sur un gâteau
à 25% moins il y a des lecteurs
plus il y a de candidats On en reparlera de la gauche c'est la fin de cette émission je vous rappelle que vous pourrez retrouver C'est dans l'air quand vous le souhaitez en replay et en podcast c'est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne Bonsoir Anne-Elisabeth au programme de C'est à vous ce soir Bonsoir dans C'est à vous ce soir le témoignage et le coup de gueule de Guillaume Durand atteint en moins de 6 mois d'un cancer de la mâchoire et du Covid sauvé par la vaccination et par le fait que son opération n'ait pas été déprogrammée dans un hôpital surchargé de malades il est notre invité ce soir Et nous on se retrouve demain 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air Belle soirée sur France 5
Marine Le Pen