Interview "Découverte" : Recrudescence de comas éthyliques en Haute-Garonne - 12/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15FerméeRéponse directe
Vous avez de nouveaux cas encore ?
- 0:54OuverteRéponse directe
Vous alertez sur des cas de coma profond chez des jeunes très alcoolisés.
- 1:12FerméeRéponse directe
Des jeunes qui ont entre quoi ? 15, 16 ?
- 1:26FerméeRéponse partielle
Depuis la réouverture des bars ?
- 1:42FerméeRéponse directe
Coma éthylique ?
- 2:02OuverteRéponse directe
Vous risquez de mourir, vous risquez d'en mourir.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26InvitéFait
« On a été relativement épargné en Occitanie par le virus. »
- 1:20InvitéChiffre
« Ils ont entre 15 ans jusqu'à 21, 22 ans, quoi, on va dire. La moyenne est à 17, 18 ans. »
- 2:11InvitéFait
« Moi, j'ai vu, effectivement, des morts, malheureusement, sur des jeunes qui n'auraient jamais dû en mourir. »
- 3:12InvitéFait
« Dans mon classement personnel, c'est vodka et whisky qui arrivent en tête. »
- 3:53PrésentateurChiffre
« Vous dites, nous avons certaines nuits, une quinzaine de jeunes hospitalisés, dont deux à trois en réanimation, intubés, placés en coma. »
- 4:40InvitéChiffre
« On a, oui, je vous dis, entre 10 et 20 jeunes qui sont hospitalisés pour des troubles liés à l'alcool au sens large. »
- 4:56InvitéFait
« Dès le déconfinement, ça a été une nuit absolument abominable en termes d'activité. »
Temps de parole
- Invité70 %
- Présentateur30 %
≈ 3,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC, RMC 6h-9h, Bourdin Direct. Professeur Vincent Boune, bonjour. Bonjour. Vous êtes chef du service du SAMU de Haute-Garonne au CHU Purpan de Toulouse. Professeur Boune, d'abord, quelques mots sur la Covid-19 ou le coronavirus. Vous avez de nouveaux cas encore ?
Alors nous, sur Toulouse, on en a très peu, effectivement. On a été relativement épargné en Occitanie par le virus. Oui, c'est vrai. Et là, on est sur une phase clairement décroissante avec beaucoup moins de nouveaux cas, très peu de cas graves. Je pense que la population a compris, c'est une bonne chose. Je pense que les gestes barrières sont bien appliqués pour l'instant. Et clairement, dans cette optique-là, nous, on est excessivement satisfaits de ne pas recevoir des patients graves tous les jours. Ah bah, j'imagine.
En revanche, vous alertez. Vous intervenez toutes les nuits à Toulouse. Et c'est vrai à Toulouse, mais c'est vrai dans d'autres villes de France. Nous l'avons constaté et nous avons reçu des messages. Vous intervenez toutes les nuits à Toulouse pour des cas de coma profond chez des jeunes très alcoolisés. Des jeunes qui ont entre quoi ? 15, 16 ? Ça commence à 15, 16 ans ?
Oui, c'est ça, on va dire. C'est vraiment des très jeunes hommes et femmes. Ils ont entre 15 ans jusqu'à 21, 22 ans, quoi, on va dire. La moyenne est à 17, 18 ans.
Depuis la réouverture des bars ?
Alors oui, je ne pense pas que ça soit forcément lié aux bars, mais en tout cas, depuis le déconfinement, il y a beaucoup, beaucoup, effectivement, de jeunes qui rattrapent le temps, on va dire, et qui se mettent à boire des quantités vraisemblables d'alcool avec des conséquences graves pour leur santé.
Oui, coma éthylique ?
Oui, alors, il y a des coma éthyliques, évidemment, on va dire, il y a plusieurs conséquences à l'alcoolisation massive. La première, c'est celle-là, c'est le coma éthylique avec le risque, ce qu'on appelle, d'inhalation, en termes un peu moins poétiques, vous avez du vomi, vous vomissez, et ce vomi vient dans vos poumons, vous vient obstruer vos voies aériennes.
Et vous risquez de mourir, vous risquez d'en mourir. Pour l'instant, heureusement, il n'y a pas eu de décès, mais on risque d'en mourir.
Alors oui, sur cette phase-là, il n'y a pas eu de décès. Moi, j'ai vu, effectivement, des morts, malheureusement, sur des jeunes qui n'auraient jamais dû en mourir. C'est assez exceptionnel, mais ça arrive, malheureusement. Et ça n'est qu'une des conséquences de l'alcool, évidemment. Après, vous avez aussi les conséquences sur tout ce qui est traumatologie, traumatologie routière, l'agressivité, les rixes, et puis les agressions, et également les agressions sexuelles, qui sont aussi en augmentation.
Évidemment, malheureusement. Il y a des jeunes comme ça qui doivent être intubés, et qui doivent être admis dans des services de réanimation, parce qu'ils sont en danger de mort.
Absolument. Alors, je crois que c'est aussi un des messages à faire passer aux jeunes. C'est absolument pas beau du tout. Comme a été dit, il n'y a aucune poésie. Vous vous retrouvez en réanimation, avec des tuyaux partout, en assistance respiratoire, et avec des pneumopathies. La plupart du temps, c'est-à-dire, en gros, des légions pulmonaires qui vont nécessiter parfois plusieurs jours de ventilation artificielle. Alcool fort, à chaque fois, avec parfois cannabis associé ? Alors, c'est ça. Dans mon classement personnel, c'est vodka et whisky qui arrivent en tête. C'est un alcool fort. Sur des prises assez resserrées dans le temps, et très importantes en quantité.
Et puis, parfois, quelques expérimentations de cannabis à cet âge-là. Un peu plus tard, on a... Alors, je pense que c'est aussi parce qu'on ne connaît pas bien son corps, quand on est très jeune, un adolescent comme ça, et qu'on ne connaît pas ses limites. On n'a pas ce sentiment de, comment dirais-je, un peu plus raisonnable qui vient avec l'âge. Un petit peu plus tard, à l'âge de 24-25 ans, on a aussi des jeunes qui essayent des drogues de synthèse, de GHB, GBL, avec globalement les mêmes conséquences. C'est tout aussi dangereux, il faut bien se dire ça.
Vous dites, nous avons certaines nuits, une quinzaine de jeunes hospitalisés, dont deux à trois en réanimation, intubés, placés en coma. Oui, tout à fait. C'est fou, et c'est vrai à Toulouse, mais c'est vrai dans les environs de Toulouse aussi ?
Alors oui, il y a de l'alcoolisation, ce que j'appelle l'alcoolisation des champs. L'idée, c'est d'avoir une maison de campagne, une résidence secondaire. Il y en a dans la campagne, pas loin de Toulouse, que les parents prêtent, et puis dans lequel on regroupe 20, 30, 40 jeunes, parfois, qui vont faire de l'alcoolisation. Donc oui, il y a vraiment, en gros, pour nous, c'est samedi tous les soirs actuellement.
Oui, mais vous avez, c'est exceptionnel, franchement, professeur Boone.
Alors, il faut bien se dire, on est malheureusement habitué à des phénomènes comme ça, mais qui sont d'habitude hebdomadaire. C'est-à-dire que le vendredi ou le samedi soir, on a, oui, je vous dis, entre 10 et 20 jeunes qui sont hospitalisés pour des troubles liés à l'alcool au sens large. Là, ce qui est un peu exceptionnel, c'est que c'est un peu tous les jours. Depuis, donc, il y a une douzaine de jours, dès le déconfinement, ça a été une nuit absolument abominable en termes d'activité. Et depuis, on a quand même des taux élevés d'hospitalisation pour tout ce qui est, au sens large, de troubles liés à l'alcool.
Donc, ce n'est pas exceptionnel, malheureusement, dans sa survenue, mais ce qui est vraiment assez, un petit peu alarmant, je trouve, c'est la répétition quotidienne de ces événements.
Eh bien, merci. Merci de nous alerter, professeur chef du service du SAMU de Haute-Garonne, CHU Purpente de Toulouse. Merci beaucoup. Merci beaucoup.