Primaire de la gauche, Eric Zemmour… Le "8h30 franceinfo" de Fabien Roussel, candidat communiste à l'élection présidentielle
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Bonjour Fabien Roussel, bonjour à vous. Nous sommes à 4 mois du premier tour de l'élection présidentielle et la candidate socialiste Anne Hidalgo a une proposition à vous faire, à vous et aux autres candidats de gauche à l'Elysée. Elle l'a dit hier soir sur TF1.
Il faut organiser une primaire de cette gauche, arbitrée par nos concitoyens. Je sais qu'ils seront très nombreux, très très nombreux à vouloir y participer parce qu'ils souhaitent retrouver l'espoir.
Une primaire pour retrouver l'espoir à gauche, est-ce que vous êtes prêts à y aller ?
Est-ce que l'espoir à gauche, on va le retrouver en réglant un problème de personne, de non ? Je ne pense pas. La primaire s'est fait pour trancher sur tel ou tel. Nous pensons, nous, que le problème de la gauche, c'est d'être en capacité de se rassembler sur un programme ambitieux pour la France, en rupture avec ce modèle économique, sachant répondre autant aux urgences sociales qu'aux urgences climatiques. Vous voyez bien qu'aujourd'hui, les préoccupations de nos concitoyens, c'est la crise sanitaire avec ce plan blanc qui tombe dans plusieurs régions, la vie chère, la possibilité de vivre avec un salaire. Parfois, deux couples qui travaillent ont du mal à joindre les deux bouts.
Et donc, si la gauche n'est pas en capacité d'apporter des réponses ambitieuses en rupture avec ce modèle économique, elle n'arrivera pas à convaincre. Et donc, nous, ce que nous voulons, c'est rassembler autour d'un tel programme. Et je réponds à Anne Hidalgo comme à Arnaud Montebourg. Je leur dis, mais si vous ne savez pas quoi faire, si vous doutez de votre candidature, comme j'ai le sentiment, venez nous rejoindre. Rejoignez-nous autour du pacte que je propose pour la France, le pacte des jours heureux, qui, lui, s'engage à rompre avec le modèle économique, qui s'engage à s'attaquer au problème... Non, sur la question des primaires, la réponse, c'est non. Mais parce que...
C'est non, on est d'accord, c'est non. Mais participer à une primaire pour poser la question des personnes, ce n'est pas le choix que nous voulons faire. On a le droit de parler des idées aussi, non ? Mais ce n'est pas la question qui est posée. Et si c'est parler des idées, si c'est pour parler des idées, justement, nous, nous disons qu'il y a besoin de rompre avec ce modèle économique et de proposer aux Français, à gauche, des propositions qui n'ont jamais été défendues ces dernières années.
Une primaire, c'est l'occasion aussi de déterminer une ligne, de proposer des idées, de les confronter avec les autres candidats de gauche. Ce n'est pas un bon moyen pour vous. Donc vous dites non ce matin à Anne Hidalgo.
D'abord, c'est travailler sur un programme.
Mais pourquoi vous n'arrivez pas à prononcer le mot non ? Vous ne voulez pas apparaître comme celui qui divise ? Vous ne seriez pas le premier à dire non à Anne Hidalgo depuis hier soir.
Mais parce que je souhaite être un candidat à l'élection présidentielle... Donc on ne dit pas non quand on est candidat. Qui dit oui. un candidat à l'élection présidentielle qui rassemble. Parce que nous avons travaillé depuis des mois un programme des jours heureux, un pacte pour la France. Parce que je pense qu'il faut être honnête avec les Français. Il faut avoir des convictions et être honnête avec les Français. C'est-à-dire que nous, ce que nous défendons avec notre pacte pour la jeunesse, pour le pouvoir d'achat, pour l'emploi, nous voulons le passer comme un serment avec le monde du travail, avec les Français, et renouer avec de la sincérité en politique.
Ma candidature et notre programme, il est nouveau, il est neuf. Il y a la réalité des choses, Fabien Roussel.
Aujourd'hui, quand vous regardez dans l'échiquier politique, la gauche rassemblée, les sept candidats à gauche, se partagent 26% des voix. Il n'y en a pas un qui a atteint les 10%. Ça veut dire quoi ? Vous êtes prêts à perdre tout seul, au lieu de vous unir ?
Mais je veux tout faire pour gagner, justement. Eh bien, le drame aujourd'hui de la gauche, c'est que tout mouillé, elle ne fait pas plus de 25%. Oui, et vous, vous êtes à 2%. Et vous savez très bien qu'une élection, ce n'est pas des mathématiques. Un peu quand même, parce que... Et que si tout ce monde-là s'additionnait, ça ferait moins de 25%. Oui, mais il se trouve que le seuil,
vous lisez les enquêtes, même si tout le monde s'en défend, vous lisez les sondages comme tout le monde, Fabien Houssel, vous voyez que le seuil, aujourd'hui, pour se qualifier au second tour, il va être quelque part entre 15-20%. 15-20% parce qu'Éric Zemmour, aujourd'hui, coupe le bloc d'extrême droite en deux. Quelque chose entre 15 et 20%. La gauche peut le faire. Aujourd'hui, si on additionne votre score, celui d'Anne Hidalgo, celui d'Yannick Jadot, vous y êtes. Celui de Jean-Luc Mélenchon, aussi. Vous y êtes, aujourd'hui, au second tour. Mais pas si chacun part de son côté.
D'abord, ces calculs-là, tombent dans deux écueils. Le premier, c'est que si sur le papier, la gauche peut y être, en tout état de cause, elle est tellement faible qu'au final, elle sera battue.
Ah, vous voulez dire qu'en fait, c'est mort ?
Mais non. Vous ne croyez pas. C'est ce que vous venez de nous dire. En fait, c'est mort, ce n'est même pas la paix. C'est parce que si c'est s'unir juste, sans aller conquérir de nouveaux électeurs, sans avoir une base beaucoup plus forte, sans aller s'adresser aux abstentionnistes, à tous ceux qui ont été déçus à gauche, la gauche ne l'emportera jamais, car elle est trop faible, aujourd'hui. Est-ce que la gauche doit parler aussi aux 30% des gens qui, aujourd'hui, disent
« Je suis prêt à voter pour Éric Zemmour ou Marine Le Pen ». Est-ce qu'il faut aller les chercher, ceux-là, aussi ? Mais oui, bien sûr. Parce qu'il y a des électeurs de gauche parmi eux.
Oui, bien sûr. Bien sûr, et cela est dans tous les sondages, d'ailleurs, et dans les intentions de vote. On oublie de dire qu'il y a toujours, aujourd'hui, 40% de nos concitoyens qui ne savent pas pour qui voter. Est-ce que l'on va réussir à s'adresser à eux avec un soi-disant candidat de gauche qui proposera des demi-mesures par rapport aux problèmes que nous avons en face de nous ? Ou est-ce qu'on arrivera à les convaincre en y allant avec sincérité, avec honnêteté ? Moi, je ne veux plus que la gauche abandonne le peuple comme elle l'a fait.
Je souhaite reconstruire une gauche qui va réussir à remobiliser, justement, une partie du peuple, lui faire confiance et passer un pacte avec lui pour qu'il reprenne les affaires en main, pour lui redonner du pouvoir, comme nous le proposons dans les entreprises. Nous, nous voulons sincèrement qu'une gauche nouvelle émerge, convainque, aille chercher tous ceux qui ont été déçus, tous ceux qui doutent et tous ceux qui aimeraient bien s'engager en politique, notamment les jeunes. J'en ai rencontré hier, à Bonneuil. Ils sont tellement en attente que ça change et que ça bouge pour eux. Ils ne parlent pas de primaire. Ils parlent de boulot. Ils ne vous disent pas aussi,
on en a marre de perdre ? Comment ? Les jeunes que vous rencontrez, ils ne vous disent pas, on en a marre de perdre ? Non. Non. Ils vous disent, restons dans l'opposition aussi longtemps ?
Ils ne sont pas sur perdre ou gagner. Ils disent, mais quand est-ce qu'on va avoir des responsables politiques qui vont venir nous écouter ? Quand est-ce qu'on va nous garantir à nous la possibilité, dès qu'on sort de l'école, ou quand on arrête tôt l'école, d'avoir un boulot et d'être respecté ? Il y a une jeune fille, hier, qui me dit, on mendie du travail. C'est-à-dire qu'ils ont... Alors, il y a plein d'entreprises qui disent, on ne trouve pas de salariés, et eux, ces jeunes, ont l'impression d'aller mendier, de quémander du travail parce qu'ils sont négligés. On leur demande d'accepter des conditions de travail insupportables. Ils ne sont pas respectés. On leur demande de l'expérience.
Bref, vous vous rendez compte, il y a une telle aspiration de la jeunesse à être utile au pays, à participer, à vivre, à s'épanouir, ils sont bâchés. Ils sont bâchés. Et alors, moi, candidate gauche, ma réponse, c'est bon, on va essayer de faire sur un coin de table, participer, on va désigner entre nous, à plouf plouf, vous rigolez ou quoi ? Il y a une ambition apportée pour le pays qui est importante aujourd'hui, sans laquelle, sans laquelle, quel que soit le candidat de gauche qui pourrait sortir d'une primaire, je ne sais pas comment, C'est pas un plouf plouf, propose Anissel, c'est de faire trancher les électeurs français.
Oui, mais, on fait trancher, pour trancher sur des programmes et des candidats, il y a une élection et c'est un premier tour. C'est ça. La primaire, c'est le premier tour. C'est ça. Et ce que je souhaite, c'est qu'on rentre pleinement qu'après le premier tour, il n'y ait plus de second tour pour la gauche. C'est qu'on rentre pleinement dans cette campagne. Oui, mais, laissez les Français décider, découvrir les programmes des uns et des autres. Et moi, j'appelle les électeurs socialistes, ceux de Montebourg, à ce que, justement, on se retrouve et on travaille ensemble autour de mon pacte pour la France.
Parce que, vous savez, le Rassemblement, le Parti communiste français, quand même, est un artisan du Rassemblement depuis des années et des années. Et on a travaillé ensemble. On a travaillé, on l'a fait gagner la gauche quand elle était suffisamment forte dans ce pays. On sait se rassembler dans les communes, dans les départements, dans les régions. Si, aujourd'hui aussi. Si, aujourd'hui aussi. Et d'ailleurs, on gagne quand nous tirons une liste aux élections municipales ou dans les départements. Nous avons gagné contre l'extrême droite en étant unis avec le Parti socialiste dans le Pas-de-Calais.
Alors oui, nous disons, nous, que nous pouvons être cette force de rassemblement qui permettra de construire une gauche enfin en rupture avec le capitalisme et qui défendra les valeurs universalistes pour lutter contre le racisme, qui défendra le nucléaire pour lutter pour l'urgence climatique.
Ce que je vous propose, c'est qu'on en parle dans un instant de tous ces thèmes. On va parler de l'Europe, notamment, si vous le permettez. Il est 8h42, le fil à feu tout d'abord avec Mélanie Delonais. On vous retrouve dans un instant Fabien Roussel, candidat communiste à l'élection présidentielle et qui, si on a bien compris, va le rester jusqu'au bout.
Les pharmacies vont pouvoir ouvrir tous les dimanches de décembre et janvier pour donner un coup d'accélérateur au rappel de vaccins contre le Covid. Olivier Véran annonce ce matin un décret en ce sens. 46 000 contaminations par jour. En moyenne, le ministre de la Santé s'inquiète de la pression sur les hôpitaux. Selon lui, le plan blanc sera activé partout d'ici quelques jours. Au Royaume-Uni, le masque devient obligatoire à l'intérieur. Jusqu'ici, c'était seulement dans les transports et les magasins. Le plan B, comme l'appelle Boris Johnson, prévoit aussi un pass sanitaire. C'est une première dans le pays pour les grands événements et puis le télétravail généralisé.
Jusqu'ici, seul Arnaud Montebourg n'a pas fermé la porte à la proposition d'Anne Hidalgo, une primaire à gauche. C'est non pour les écologistes et pour la France insoumise. Si vous doutez de votre candidature, venez nous rejoindre, lui lance sur France Info le candidat communiste Fabien Roussel. Lille, en huitième de finale de la Ligue des champions de football. Pour la deuxième fois de son histoire, le LOSC a décroché la qualification en battant en Wolfsburg trois buts à un et termine premier de son groupe. Grand absent de ses huitièmes de finale, le Barça, battu par le Bayern Munich.
France Info.
Le 8.30, France Info. Salia Brakia. Marc Fauvel. Toujours avec Fabien Roussel, le candidat communiste à la présidentielle. Après 16 ans à la tête de l'Allemagne, Angela Merkel n'est donc plus chancelière. Est-ce que vous considérez qu'elle a été une grande dirigeante ?
C'est surtout une dirigeante qui a mis des réformes en place pour les travailleurs allemands durs. Les réformes Arts IV notamment qui ont tué les conventions du travail là-bas. Aujourd'hui, il y a des travailleurs notamment étrangers. Ils ont fait appel à la main-d'oeuvre immigrée et qui travaillent pour quelques euros de l'heure. D'abord. Ensuite, l'Allemagne sous Merkel, je pense, c'est mon sentiment, a fait plier la France sur un certain nombre de domaines en matière économique et je ne peux pas le partager.
notamment en matière d'électricité puisque c'est dans le cadre des négociations avec l'Allemagne qu'ils nous ont imposé que le prix de l'énergie nucléaire française soit indexé sur le gaz et qui fait que c'est aujourd'hui si cher. Et elle a fait ce choix-là parce qu'eux, ils ont fait le choix de se priver du nucléaire et ils étaient bien embêtés parce qu'ils ont dû faire tourner leur centrale à charbon et importer notre énergie nucléaire. Donc, d'un point de vue économique... Et enfin, et enfin, Mme Merkel, c'est la championne du pacte budgétaire et c'est elle qui a donné le là pour imposer des politiques d'austérité à tous les pays dont la France.
C'est elle qui disait il faut faire travailler plus les français, il faut augmenter le temps de travail, il ne faut surtout pas augmenter les salaires. Ces politiques d'austérité nous ont tués. Vous ne parlez pas des migrants quand on vous interroge. Par contre, ils ont une balance commerciale excédentaire, ils ont réussi à siphonner une part de notre industrie, ils produisent là-bas ce que nous produisons nous ici avant. Donc, je vous permettrai de dire que j'ai un bilan plus que mitigé.
Bilan plus que mitigé, dans quelle colonne vous mettez le fait qu'Angela Merkel a été la seule dirigeante de droite de surcroît à accueillir un million et demi de migrants au moment de la crise ?
Ce qu'elle a fait a été salué et ça a été courageux de sa part et ça a été courageux de sa part. Je viens de dire en même temps que comme ils ont un problème démographique, je ne suis pas naïf non plus et qu'ils ont aussi fait choix parce qu'ils avaient besoin de répondre à un besoin de main-d'oeuvre et d'avoir une main-d'oeuvre corvéable à merci en même temps.
Vous voulez dire que ce n'était pas du tout un acte de générosité ? Je dis aussi, non mais justement, comme le sujet... Corvéable à merci.
Oui, oui, je pense, oui. Les migrants qu'on a fait venir, c'était uniquement pour ça ? Je pense aussi, je permettez-moi de le dire, mais je note aussi que dans ce climat aujourd'hui où on fait de la crise migratoire le point de fixation de tous et qu'il y a un égoïsme énorme de la part des dirigeants des pays de l'Union Européenne que ce qu'a fait Angela Merkel est quand même à souligner positivement parce qu'elle l'a fait et en écho à cela, je pense aux dernières déclarations du pape à l'Esbos que je trouve absolument remarquable parce qu'il a dénoncé l'égoïsme des chefs d'État de l'Union Européenne, de l'Occident, comme il dit, en disant qu'ils ont... Nous avons oublié la fraternité.
Il a tellement raison que le parle...
Les mêmes propos que Julien Bayou, le patron des écologistes qui était notre invité tout à l'heure. Vous voyez qu'il y a des sujets qui lui aussi a cité le pape. leader de gauche aujourd'hui cité les mots d'un pape. Vous tenez, il y a des sujets qui vous rassemblent, vous voyez finalement.
Mais bien sûr, enfin heureusement, parce que... Des sujets importants. Je ne crois pas que la gauche soit irréconciliable et heureusement que nous avons des valeurs communes. Enfin, heureusement. Mais vous avez bien noté quand même qu'à gauche, il y avait aussi des différences et des différences de fond, notamment sur l'Europe. Je regrette que les Verts, eux, défendent une Europe fédérale dans laquelle l'État, la nation française serait dissolue et disparaîtrait et que nous perdrions notre souveraineté. Et ça, c'est un point très important. Nous, nous défendons, ma gauche à moi, elle défend le genre humain sur des valeurs universalistes.
Elle défend l'État-nation pour faire respecter la souveraineté politique et économique française. Et elle défend la République qui garantit l'égalité des citoyens avec une République laïque et sociale.
Fabien Roussel, ça veut dire que vous faites partie de ceux, notamment à droite, qui pensent qu'il faut que les lois nationales soient supérieures aux règles européennes, notamment sur les questions d'immigration ?
Les lois nationales, aujourd'hui, doivent s'imposer beaucoup plus que ce n'est le cas. Je regrette que cette Europe libérale et les traités européens nous aient enfermés dans des carcans budgétaires. Et donc, oui, nous demandons... Ça, c'est sur le domaine économique.
Mais sur l'immigration, par exemple, quelle est votre ligne ? Parce que, justement, vous faisiez référence au pape qui regrettait le manque de solidarité des dirigeants européens. Vous, vous dites quoi ?
Là, justement, pour le coup, c'est un sujet important et nous appelons... Nous, nous demandons... Si demain, j'étais président de la République, justement, je demanderais à ce que l'ensemble des pays de l'Union européenne prennent leur part puisque, aujourd'hui, nous n'avons pas une crise migratoire. Nous avons une crise de l'accueil. Et donc, chaque pays devrait, doit prendre, accueillir celles et ceux qui arrivent. Mais je vous rappelle que...
C'est assez paraguces de ça ce que vous dites. Vous dites à la fois que chaque pays doit être maître de ses lois, y compris sur l'immigration. Et si je suis président, j'imposerais aux autres pays le fait de prendre les migrants.
Mais parce que, justement, nous ne sommes pas, nous, comme l'extrême droite, à dire qu'il faut ériger des barrières et des frontières d'un point de vue économique comme migratoire. D'ailleurs, nous nous disons que nous avons besoin de retrouver notre souveraineté politique et économique et en même temps, mais de multiplier les coopérations et le travail ensemble avec les autres pays de l'Union Européenne et je vais même vous dire, de Paris jusqu'à Moscou. Puisque nous devons travailler ensemble, dialoguer ensemble, éviter les tensions, éviter les guerres économiques, les guerres tout court.
Mais on ne comprend pas parce que vous dites que chaque pays doit être souverain. Ça veut dire qu'en fait, en termes d'immigration, par exemple, la Pologne ne doit pas construire son mur.
Oui, la Pologne ne doit pas construire son mur. La Pologne, l'Europe ne doit pas construire des murs. Donc la Pologne
n'est pas souveraine.
La France ne doit pas construire non plus ce mur à la frontière à Calais qui devient aujourd'hui une ville défigurée par les barbelés et les murs de fer. C'est terrible ce qui est en train de se passer. Et donc, j'allais le dire, il y a aujourd'hui une convention européenne des droits de l'homme qui a été écrite au lendemain de la guerre, justement, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Tous les pays de l'Union européenne sont signataires de cette convention, dont, elle dit, cette convention à l'article 8, notamment, le droit d'asile et le regroupement familial.
Aujourd'hui, la grande majorité de ceux qui souhaitent venir en Europe, c'est pour rejoindre des membres de leur famille, ceux qui sont à Calais et beaucoup qui sont morts, d'ailleurs, dans ce drame terrible, rejoignaient des membres de leur famille en Angleterre. Il faut faire vivre ce droit au regroupement familial en priorité et je demande à ceux que la France porte plainte, mette en justice, justement, la Grande-Bretagne, qui est signataire aussi de cette convention européenne des droits de l'homme, malgré qu'elle ait quitté le Brexit, elle est toujours signataire et qu'elle respecte ce droit fondamental qui est inscrit dans ces textes comme c'est inscrit dans notre Constitution.
Fabien Roussel, en un mot, si vous voulez bien, si vous devenez président dans quatre mois, est-ce que vous régularisez tous les sans-papiers qui sont sur le territoire national ? Alors, oui,
tous ceux qui sont aujourd'hui en priorité, et je pense à ceux que j'ai rencontrés qui travaillent dans des restaurants, dans le secteur du bâtiment, qui payent des cotisations, parce que j'entends dire qui nous coûte cher, etc., ils payent des cotisations sociales retraites auxquelles ils n'auront jamais le droit car ils sont expulsables. Même ceux qui ont été
déboutés du droit d'asile, vous les régularisez.
Mais ils ont le droit, aujourd'hui, ils travaillent, ils ont des contrats de travail, ils ont des fiches de paye, vous vous rendez compte ? Et ils n'ont pas le droit d'avoir un papier, un droit de circulation. Fabien Roussel, c'est honteux. Donc oui,
il faut régulariser leurs droits. Pardonnez ma question si elles vous semblent un peu bêtes, mais ça sert à quoi de faire une demande de droit d'asile. Si, dans le cas où elle est favorable, on a l'asile, et dans le cas où elle est défavorable, on est régularisé. On ne va pas poser la question justement aux gouvernants, parce que c'est ce qui se passe. Donc en fait, il faut enlever cette filière d'immigration légale, puisque vous régularisez tout le monde.
Il faut permettre à ce que chaque pays prenne sa part dans l'accueil de ceux qui fuient la guerre, étudient les situations, respectent le regroupement familial, notamment, et que quand ils sont en France quand ils sont en Angleterre, quand ils sont en Allemagne, quand ils sont en Italie, quand ils sont dans ces pays, que chaque pays de l'Union Européenne prenne sa part et qu'on leur donne, bien sûr, comme ils ont aujourd'hui, ils peuvent avoir le droit de travailler, mais qu'on leur donne le droit de circuler. C'est la moindre des choses.
Et quand ils arrivent en France, pour beaucoup, ils veulent aller en Angleterre, mais qu'on fasse pression maximale sur la Grande-Bretagne pour qu'ils respectent les conventions européennes des droits de l'homme.
Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste et candidat communiste à l'élection présidentielle et l'invité de France Info. Il est 8h52, le fil info avec Mélanie Delaunay et on se retrouve dans un instant.
Depuis sa proposition de primaire à gauche, Anne Hidalgo essuie refus sur refus l'élection. C'est dans 4 mois. Il faut être un peu sérieux, lui répond Yannick Jadot, pas plus emballé par cette idée que la France insoumise ou les communistes. 7 régions ont déjà déclenché le plan blanc dans les hôpitaux pour déprogrammer des opérations, libérer des lits. Ce sera bientôt le cas dans toute la France, estime le ministre de la Santé. Olivier Véran autorise les pharmacies qui le souhaitent à ouvrir tous les dimanches pour aller plus vite dans la vaccination contre le Covid.
Dernier soir pour danser sur les pistes, ce sera ensuite interdit dans les bars et les restaurants pendant 4 semaines comme dans les discothèques qui vont fermer. C'est aussi aujourd'hui qu'entrent en vigueur les nouvelles restrictions à l'école primaire avec le port du masque aussi dans la cour de récré. Le projet de rénovation de l'intérieur de Notre-Dame de Paris est présenté aujourd'hui et il fait déjà débat. Il prévoit une entrée des visiteurs dans la cathédrale par la grande porte, des bancs équipés de lumière à la place des chaises ou bien des phrases bibliques projetées en plusieurs langues sur les murs.
France Info
Le 830 France Info Salia Brakia Marc Fauvel Toujours avec Fabien Roussel, le candidat communiste à la présidentielle. Il y a quelques semaines, vous aviez proposé de renforcer la loi Guesso en rendant inéligibles les personnes condamnées pour racisme ou incitation à la haine ou pour discrimination en fonction de la religion. Est-ce que c'était clairement une loi anti-Zemmour ?
C'était une loi anti-racisme qui permet de lutter contre le racisme et l'antisémitisme qui croient dans notre pays. Il y a de plus en plus d'actes anti-musulmans, d'actes antisémites. Les différentes associations le disent, nous le disent. Tout ça parce que dans la parole publique, parmi des responsables politiques, on libère la parole. Ils, eux, ont des propos racistes et antisémites qui fait que derrière, ça libère les actes. Vous disiez qui ?
Vous disiez Éric Zemmour ?
Je ne veux justement, parce qu'on m'a dit que c'était une loi anti-Zemmour, c'est une loi qui permet de garantir un débat public au-dessus de la ceinture. Pourquoi vous n'assumez pas
que c'était ça ?
Mais parce que je n'ai pas à dire, moi, qui doit être condamné. Demain, je suis législateur, député, je ne suis pas juge. Et c'était justement une résolution pour éviter le garde des Sceaux à envoyer un message au procureur d'utiliser, de rappeler que cette inéligibilité existe dans la loi. Mais ça veut dire que vous auriez fait des juges qui décident ? Vous auriez fait des juges les arbitres de l'élection présidentielle ? Mais dites donc qu'ils le sont déjà. Quand les juges décident de rendre inéligible quelqu'un parce qu'il a fait de la corruption, parce qu'il a fait du blanchiment d'argent, parce qu'il a détourné de l'argent, excuse-moi.
Là, il y a un caractère automatique dans ce que vous rétablissez.
Non, ce n'est pas automatique. Non, non, non, non, non, non. Non, non, justement, M. Fauvel, le juge a ou la peine d'amende, ou la peine de prison, ou les deux, et la même aussi et la même aussi l'inéligibilité. Et permettez-moi juste de penser, après, peut-être que je me trompe, mais j'ai en toute humilité, mais je pense, moi, que dans le débat public, quand on s'adresse aux citoyens, il faut avoir un minimum de casier vierge, quand même, il ne faut pas avoir détourné des sous, il ne faut pas avoir fait de la corruption, et il ne faut pas être un promoteur du racisme et de l'antisémitisme, parce que dans notre république laïque, universaliste, ça n'a pas de place.
Le meeting d'Éric Zemmour le week-end dernier a été marqué par des violences contre le candidat et contre des militants des SOS Racisme qui manifestaient à l'intérieur de la salle où avait lieu cette réunion. Est-ce que le climat aujourd'hui de la campagne vous inquiète ? Oui, ce climat
m'inquiète forcément et fortement quand j'ai écouté le discours du candidat d'extrême droite, j'ai ressenti... Vous l'avez écouté ? Oui.
Vous l'avez écouté le discours d'Éric Zemmour ?
Oui, j'ai écouté le discours aussi de Jean-Luc Mélenchon. Je travaillais sur mes dossiers et je les écoutais en même temps. J'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de violences. Beaucoup de violences. Ça m'a rappelé la France des années 30 de ce que j'ai appris dans l'histoire sans les congés payés et 136 sans le Front populaire. Et donc je trouve cela plutôt inquiétant. Il a particulièrement ciblé les juges, les journalistes, les musulmans, les féministes, les gays et les lesbiens. Quand vous additionnez tout ça, excusez-moi, mais c'est quand même les critères d'un discours d'extrême droite pour une race pure. Enfin, c'est un retour en arrière.
C'est la France des années 30 qui prépare la collaboration. C'est particulièrement inquiétant. Et puis, je pense à tous nos concitoyens justement d'origine musulmane qui ont été plusieurs fois cités dans ce discours et ce sont des Français qui vivent en France, qui sont nés en France. On n'est pas d'origine musulmane. Parfois de religion ou de culture. Mais non, mais de religion musulmane. Excusez-moi, excusez-moi, je me suis trompé. De religion musulmane et qui peuvent s'appeler Fabien, qui peuvent s'appeler Henri, qui n'ont pas forcément un nom à la consommance arabe. Mais lui, il fait l'amalgame de tout ça. C'est affolant.
Fabien Roussel, vous parliez à l'instant de Jean-Luc Mélenchon. Il peine à récolter les 500 parrainages pour être officiellement candidat. Est-ce que vous demandez aux élus communistes de l'aider, de le parrainer ?
Non, je demande aux élus communistes de me soutenir pleinement. Vous les avez déjà ? De me donner de la force.
Mais vous avez déjà les 500 parrainages, vous ?
Moi, je veux plus que 500. Moi, je me fixe une ambition démesurée. Qui t'a en privé Jean-Luc Mélenchon qui a fait 7 millions de voix ? Parce que j'ai une grande ambition pour la France. Mais lui, à côté, il est là. Et je souhaite le plus de parrainages pour me donner de la force et le plus de parrainages de maires sans étiquette. Sans étiquette parce que je suis à l'écoute de ces communes, notamment rurales, qui souffrent beaucoup et je veux être leur candidat. Donc, Jean-Luc Mélenchon,
vous n'allez pas l'aider ? Même si vous avez plus de 500.
Non, mais chacun à défendre un programme qui est différent. Vous le dites suffisamment que nous sommes différents. Et donc, je souhaite gagner et je souhaite l'emporter. Et vous savez, je ne souhaite pas prendre des électeurs à Jean-Luc Mélenchon. Mais si moi, demain, j'arrive à convaincre et à faire 15, 16, 17 % justement, à percer à gauche parce que je suis la nouveauté, parce que mon pacte pour la France convaincre, eh bien, ça peut être la bonne surprise qui peut donner de la force à gauche avec tous les autres. Et je souhaite le rassemblement à gauche au second tour en arrivant, en réussissant à passer ce seuil important. Merci. Il faut être ambitieux.
Toujours ambitieux pour la France et pour les Français. Merci Fabien Roussel et bonne journée à vous.
Fabien Roussel