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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 17 septembre 2024 59 minComplaisantDivertissementCulture, médias & sportSolidarités & famille

Isabelle Carré, Amélie Nothomb, le triomphe des femmes - C à vous - 17/09/2024

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Vous venez nous parler de votre "Impossible retour", un voyage dans lequel vous embarque une amie photographe à qui vous servez de guide dans ce pays qui vous a vue naître.

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Pays que je ne connais pas. J'étais dans la peau de votre amie, émerveillée de tout ce qu'elle découvre, même si elle fait des impairs, parle tout haut dans le musée, ce qui est un crime de lèse-majesté au Japon.

  • 11:00OuverteRéponse directe

    Vous êtes une rock star de la littérature. C'est un statut complètement assumé?

  • 13:00OuverteRéponse directe

    Vous prenez d'ailleurs un malin plaisir à déstabiliser ceux qui vous interviewent. Vous avez l'impression d'une sorte de torture, pendant notre interview?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Bonsoir, chère Isabelle. Ravie de votre présence ce soir à quelques jours de la première de "La Serva amorosa". J'imagine qu'il y a du trac.

  • 17:00OuverteRéponse directe

    Cette pièce a été jouée pour la 1re fois en France en 1996 à la Comédie-Française, assez récemment. C.Hiegel, qui vous met aujourd'hui en scène, était la servante, à l'époque.

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Comme une gastro, tu te vides. ... - A.-E.Lemoine: "C à vous" avec toute l'équipe.

Mohamed est déjà en cuisine en train de manger. On vous a entendu piquer dans l'assiette du chef. - M.Bouhafsi: J'ai tout goûté!

Pendant la pub, j'ai tout goûté. C'est magnifique. Des ravioles du "dormeur".

Ce sont des ravioles de tourteaux. On vous emmène faire de la pêche à pied au bassin d'Arcachon. On met les coques et les palourdes dans l'eau sans les agresser.

De la betterave et on va dresser après. On les met quelques secondes. - S.Carrade: Le but est de les ouvrir sans les agresser.

C'est comme un steak bleu. Vous avez le produit qui est pratiquement cru. - A.-E.Lemoine: Et la raviole, elle est où? - M.Bouhafsi: Juste ici. - S.Carrade: Ca, c'est une raviole faite avec les plantes maritimes que je ramasse. - M.Bouhafsi: On ouvre les palourdes. - A.-E.Lemoine: J'adore les palourdes! - M.Bouhafsi: Et on se régale. - A.-E.Lemoine: Allez-y, Mohamed.

Mangez pour moi. Merci, chef S.Carrade.

Vous êtes chef exécutif de l'hôtel Ha(a)ïtza, près de la dune du Pilat. Dans un instant, A.Nothomb et I.Carré, mais tout de suite, le bonus de L.Sénéchal.

Vous revenez sur un triomphe surprise, celui de la série "Shogun" aux Emmy Awards. - L.Sénéchal: 18 Emmy Awards en tout, record battu. ... - L.Sénéchal: "Shogun", c'est la 1re oeuvre en langue étrangère primée aux Emmy Awards.

Ca se passe à l'époque des samouraïs, quand les premiers Européens ont pu pénétrer un Japon encore très fermé. On suit ces Européens perdus, en décalage face à des coutumes qu'ils découvrent. Le Japon a toujours eu une relation ambivalente avec les étrangers.

Il y en a une qui a vécu ça de l'intérieur, c'est l'écrivaine A.Nothomb, qui a grandi au Japon et qui a pratiqué tous les petits boulots imaginables là-bas. Elle en garde un très mauvais souvenir.

Voici ce qu'elle racontait à France 3 en 99. - A.Nothomb: Tout Japonais qui entre dans une entreprise passe par de telles humiliations qu'il éprouve lui-même plus tard le besoin de se décharger.

Tout supérieur humilie son inférieur, qui lui-même se décharge sur son inférieur et ainsi de suite. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, chère Amélie.

Merci de votre fidélité à vos lecteurs qui ont indéfectiblement rendez-vous avec vous à chaque rentrée littéraire depuis 33 ans à peu près. Merci de votre fidélité à "C à vous". Vous venez nous parler de votre "Impossible retour", un voyage dans lequel vous embarque une amie photographe à qui vous servez de guide dans ce pays qui vous a vue naître.

Un impossible voyage, d'abord, parce que vous détestez voyager. - A.Nothomb: Je déteste les départs.

La veille du départ, je suis prise de pathologies, je ne dors pas...

Faire ma valise, c'est au-dessus de mes forces. Dès que je suis partie, dès que je suis en voyage, j'adore. Les seules choses que je n'aime pas, c'est le départ et le retour.

Sur place, c'est formidable. - A.-E.Lemoine: J'ai aimé partir au Japon avec vous.

Pays que je ne connais pas. J'étais dans la peau de votre amie, émerveillée de tout ce qu'elle découvre, même si elle fait des impairs, parle tout haut dans le musée, ce qui est un crime de lèse-majesté au Japon. Elle découvre un paradis.

Vous, vous constatez que le Japon est pour vous un paradis perdu, un paradis qui était intimement lié à votre père. - A.Nothomb: Oui.

Très longtemps, je me suis définie comme japonaise, lisant la perplexité dans le regard des gens. A l'âge de 21 ans, j'ai pris un aller simple pour Tokyo pour prouver à la face du monde que j'étais vraiment japonaise. Ca n'a pas marché du tout. 2 ans plus tard, je me suis enfuie par la petite porte.

Ca a donné un livre qui s'appelle "Stupeur et tremblements". Ce n'est pas pour ça que le Japon n'est plus mon grand amour. C'est toujours le pays que j'aime le plus au monde.

J'ai simplement compris que je n'étais pas capable d'y travailler et d'y vivre. Mon père était un homme qui aimait le Japon au moins autant que moi, mais était aussi capable d'y travailler 2 fois. Il y travaillait le jour comme diplomate et la nuit comme chanteur d'opéra médiéval japonais. - A.-E.Lemoine: Cette impossibilité de cohabiter avec le Japon vous submerge d'émotions qui vous dépassent, au point de pleurer pour un ticket de train perdu. - A.Nothomb: J'étais dans une situation assez ridicule.

J'avais l'impression de me retrouver petite fille perdue au Japon. Les employés du train ont été extrêmement gentils. Chez nous, on m'aurait simplement trouvée ridicule. - A.-E.Lemoine: Vous prouvez, avec ce livre, que la nostalgie peut être ridicule, mais aussi ravageuse. - A.Nothomb: Je suis une spécialiste de la nostalgie.

J'ai eu ma 1re crise de nostalgie à l'âge de 3 ans, quand j'ai su que j'allais quitter le Japon un jour. J'ai inventé la nostalgie préventive, quand je sais que je vais regretter une époque avant même qu'elle soit révolue. - A.-E.Lemoine: Et ça marche? - A.Nothomb: Absolument pas.

Je ne le conseille à personne. La solution, tout le monde la connaît: il faut vivre intensément l'instant présent. C'est ce que je m'apprête à faire. - A.-E.Lemoine: La nostalgie préventive n'a rien à voir avec la mémoire préventive qui efface les souvenirs douloureux.

Ca pourrait expliquer pourquoi vous avez temporairement oublié la langue japonaise, que vous parliez couramment. - A.Nothomb: C'est un phénomène que j'ai vécu à chaque fois que j'ai quitté ce pays.

J'oubliais le japonais. Là, je suis dans ma situation habituelle de l'avoir oublié. A chaque fois que j'y retourne, la marée remonte et je me rends compte que je n'ai pas oublié cette langue. - A.-E.Lemoine: Ca vous permet de surprendre les Japonais.

Vous faites mine de pas comprendre et vous leur sortez d'un coup une phrase très compliquée, très littéraire. - A.Nothomb: Mon père parlait un très beau japonais.

Il suffisait que je l'aie entendu se servir d'une tournure très recherchée pour la connaître. C'est vraiment le piège. Sortir à un Japonais une phrase que même lui n'emploierait pas...

A ce moment-là, il croit que vous êtes une philologue japonaise et se il se rend compte à la phrase suivante que vous ne maîtrisez pas vraiment. - A.-E.Lemoine: Ce serait quoi, une phrase très littéraire? - A.Nothomb: Quand un Japonais vous dit que vous parlez bien japonais, vous répondez: "Mais qu'avez-vous l'audace de me proclamer si honorablement?" A la phrase suivante, vous vous effondrez complètement. - A.-E.Lemoine: Entre Paris et vous, ça a tout de suite fonctionné. - A.Nothomb: A Paris, déjà...

Je suis belge. Je parle quand même la même langue. Il y avait aussi un allié en la personne du champagne, qui a tout de suite arrondi les angles. - E.Tran Nguyen: Je voulais qu'on parle de la couverture du livre.

J'ai cru que c'était une pochette de disque avec vous sur la couverture. Il faut dire que c'est la photographe de la chanteuse Angèle qui vous a prise en photo. Vous êtes une rock star de la littérature.

C'est un statut complètement assumé? - A.Nothomb: Je le vis comme un très grand honneur.

C'est probablement la plus belle photo de moi qui existe. Quand j'ai rencontré Charlotte Abramow, je ne savais même pas qui c'était. Je vois arriver une petite jeune fille, je me dis que c'est une stagiaire.

En fait, c'est une immense photographe. Quand je me suis fait photographier par elle, je n'en revenais pas. - E.Tran Nguyen: Vous avez de la pratique médiatique, notamment pour les interviews.

Vous êtes devenue une pro de la punchline. Vous prenez d'ailleurs un malin plaisir à déstabiliser ceux qui vous interviewent. - Vous avez l'impression d'une sorte de torture, pendant notre interview? - A.Nothomb: Là, c'est d'autant pire que ça dure très longtemps.

Ma vie est une longue grossesse de livres. J'ai 34 ans et je suis enceinte du 41e. J'ai une passion inconsidérée pour les hôpitaux.

Toute personne qui me connaît le sait. J'ai essayé d'écrire en état d'ivresse, ce n'est pas possible. Ca donne n'importe quoi. - E.Tran Nguyen: A vos débuts, vous dites que c'était une torture.

Ca va mieux, maintenant? - A.Nothomb: Avec quelques coupes de champagne, ça fonctionne beaucoup mieux.

Je reste une grande traqueuse. - E.Tran Nguyen: Avant de venir là, vous aviez le trac? - A.Nothomb: J'avais le trac.

Ca ne signifie pas que ce n'est pas agréable, mais que j'ai toujours peur de ne pas être à la hauteur. - M.Bouhafsi: Vous vous levez à 4h du matin, vous écrivez jusqu'à 8h.

Vous ne vous autorisez jamais aucun écart. Vous n'avez pas de moments de distraction pendant ces moments d'écriture. Chaque jour de votre vie, c'est la même chose pour donner le meilleur à vos lecteurs.

On a soumis ce matin un membre de notre équipe à cette méthode. ... - B.Chameroy: L'impossible retour...

Merde! Allez. On verra plus tard. - M.Bouhafsi: Ca ne marche pas sur tout le monde.

Il y a une nouveauté dans votre routine, c'est l'exercice de gymnastique avec le gant de vaisselle. - A.Nothomb: C'est affreux et parfaitement ridicule.

Comme ça fait maintenant 35 ans que je passe 9 heures par jour à écrire, j'ai l'épaule droite complètement démolie. Je suis allée voir un kiné qui m'a expliqué que je devais me construire un muscle très particulier ici. Pour le faire, je dois faire des exercices en tirant sur un gant de vaisselle.

Maintenant, je tire sur un gant de vaisselle. C'est affreux. Je fais tout à la main.

Je n'ai pas d'ordinateur. Je ne sais pas comment ça marche. - A.-E.Lemoine: Ecrire, ça abîme le corps? - A.Nothomb: C'est un peu normal.

Comment ne souffrirais-je pas d'une maladie professionnelle? - A.-E.Lemoine: C'est votre maladie professionnelle.

Je suis partie au Japon dès le début de l'été, comme chaque année, puisque je démarre chaque année mes vacances en lisant le nouveau A.Nothomb. Merci beaucoup.

Vous restez avec nous jusqu'à 21h. L'OEil de Pierre est spécialement imaginé pour vous, chère amie. - P.Lescure: Nous sommes au Trocadéro le week-end dernier.

Il n'y avait pas que la parade des athlètes. On fêtait aussi, avec la maison d'édition Ki-oon, les 10 millions d'exemplaires vendus en France de "My Hero Academia". Cette année, ce sont aussi les 20 ans de cette maison d'édition, née d'une belle histoire à Trappes.

Les créateurs ont 2 ordinateurs et un canapé. Ahmed vient de passer 2 ans au Japon après avoir abandonné ses études d'histoire. Il est fou de mangas, mais il est avant tout curieux, amoureux des livres et des créateurs. - Je n'ai pas eu la chance de grandir dans un environnement favorisé.

On n'avait pas les moyens d'aller dans une librairie et d'acheter des bouquins, mais mon père a toujours tenu à ce qu'on lise beaucoup, très jeunes. Ca tombe bien, j'aimais ça. Je squattais régulièrement la bibliothèque de Trappes.

Dès mes 6-7 ans, j'empruntais 2 ou 3 bouquins le mercredi et je les ramenais le samedi pour en reprendre d'autres. Ca m'a ouvert énormément d'horizons. Il nous a aidé à cultiver cet éclectisme littéraire très tôt. - P.Lescure: Dès le départ, les 2 créateurs ont cherché comme les autres à acheter des licences et à accompagner des créateurs japonais peu connus qu'ils avaient repérés et avec qui ils entretenaient une vraie relation.

Ahmed explique très bien à quel point c'était important de montrer qu'il y a 1000 thèmes dans les mangas et qu'il y en a pour tous les goûts. - On a toujours considéré que notre mission était de mettre dans la main de lecteurs qui étaient persuadés que le manga n'était pas pour eux des livres qui les convaincraient. Quand on réussit à accrocher des lecteurs avec des bouquins qui parlent du harcèlement scolaire et qu'on arrive à les convertir, ce sont nos plus grandes satisfactions en tant qu'éditeurs. - P.Lescure: Amélie, vous parlez comme un philologue japonais.

Vous savez ce que signifie "Ki-oon"? C'est une presque onomatopée qui signifie avoir le coeur gonflé d'émotions. C'est cette sincérité, ce sérieux, qui a peut-être fait qu'ils ont gagné l'appel d'offres en 2014 pour avoir la licence de "My Hero Academia" alors qu'ils n'étaient pas au mieux au niveau financier.

Je ne sais pas si vous êtes vous-même fan de mangas. - A.Nothomb: Ca m'intéresse beaucoup, mais je ne m'y connais pas assez. - P.Lescure: Myrtille a demandé à Ahmed Agne de choisir dans son catalogue un manga qui vous irait bien. - Si je devais conseiller un manga à A.Nothomb, ce serait celui-là, "Les Liens du sang".

C'est une histoire difficile. C'est l'histoire d'un enfant qui vit sous la tutelle d'une mère abusive, d'une enfance détruite à reconstruire. C'est un bouquin qui a été récompensé à Angoulême il y a quelque temps.

C'est très marquant. Je pense que ça peut lui plaire. - P.Lescure: Evidemment, Amélie, je suis chargé par Ahmed de vous l'offrir. - A.Nothomb: Merci infiniment, Ahmed. - A.-E.Lemoine: Belle histoire que celle de cette maison d'édition.

Merci beaucoup, Pierre. "Qu'ils viennent à présent, ces prétendus sages qui disent du mal des femmes. Je les ferai rougir de honte." Un extrait d'un texte qui ne date pas de 2024.

Ces mots ont été écrits en 1752 par un homme de théâtre, Carlo Goldoni, un auteur vénitien engagé qui, avec "La Serva amorosa", a écrit l'un des rôles féminins les plus puissants du théâtre classique. Elle va rétablir la vérité. Un rôle repris aujourd'hui sur la scène du théâtre de la Porte-Saint-Martin par I.Carré. - Ils viennent à présent, ces prétendus sages qui disent du mal des femmes.

Qu'ils viennent, ces messieurs les poètes qui ne croient pouvoir être applaudis qu'à nos dépens. Je les ferai rougir de honte et tant d'autres les feront mieux que moi d'une femme noble, courageuse, qui surpasse les hommes en vertu et n'arrive jamais à leur cheville dans le vice. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, chère Isabelle.

Ravie de votre présence ce soir à quelques jours de la première de "La Serva amorosa". J'imagine qu'il y a du trac. La pièce avait fait scandale à l'époque tant il était audacieux d'offrir un premier rôle à une servante.

Même chez Molière, on n'avait pas vu ça. - I.Carré: Non.

A aucun moment dans le théâtre classique. Goldoni est le seul à avoir mis les femmes à l'honneur de cette façon, et pas les jeunes premières. Ce ne sont pas elles, les héroïnes, dans son théâtre. - A.-E.Lemoine: Cette pièce a été jouée pour la 1re fois en France en 1996 à la Comédie-Française, assez récemment.

C.Hiegel, qui vous met aujourd'hui en scène, était la servante, à l'époque. Coïncidence extraordinaire, vous étiez dans la salle et vous en avez gardé un souvenir extrêmement précis. - I.Carré: Oui.

Le théâtre peut produire ça, je pense. C'est une mémoire très différente de celle d'images de cinéma. Ca peut vraiment rester gravé dans votre tête.

Quand je joue en ce moment, dirigée par elle...

Je suis si bien dirigée. C'était vraiment la raison pour laquelle j'avais envie de me lancer dans cette aventure. C'était d'être dirigée par C.Hiegel et d'apprendre d'une actrice comme elle, d'une femme qui a joué toute sa vie des servantes.

Elle les a toutes faites. Celle-là est particulière. - A.-E.Lemoine: Notamment à la fin de la pièce, quand la servante s'adresse quasiment au public.

A l'époque, quand vous aviez entendu C.Hiegel le faire, c'était tellement fort que vous pensiez qu'elle avait elle-même rédigé ce texte, qu'elle était sortie du texte. - I.Carré: Tout le monde le pensait.

C'est la force de cette tirade, à la fin, de s'adresser au public, aux femmes. Pour la petite histoire, elle m'a raconté que quand elle a dit "ces femmes courageuses", elle regardait les femmes dans la salle. En disant "courageuses", elle tombe sur G.Halimi.

Enorme trou. Elle a quand même réussi à se reprendre. Le lendemain, coup de téléphone de G.Halimi et elles sont devenues amies. - A.-E.Lemoine: Elle vous encourage aussi à donner le sentiment au public que ces mots sont les vôtres, à vous approprier ce message très fort? "Tant de femmes nobles et courageuses qui surpassent les hommes en vertu et n'arrivent jamais à leur cheville dans le vice." Forcément, ça résonne, encore plus dans l'actualité de ces derniers jours. - I.Carré: Ca résonne pour beaucoup de femmes, malheureusement.

Elles cherchent la vérité dans cette parole, mais aussi dans chaque instant. Je suis émerveillée de ces répétitions. Il y a cette exigence, cette recherche de la vérité.

Elle me dit qu'elle veut que ces mots-là, ce soit moi qui les dise, transcendée par le rôle. Chacun les entend. Moi, je les dis avec le vécu qu'on a. - A.-E.Lemoine: "Vive notre sexe, que crève sur l'heure qui ose en dire du mal." On pense évidemment au procès des viols de Mazan. - I.Carré: J'ai beaucoup de mal avec cette histoire.

Ca m'émeut trop. Bien sûr que cette femme a raison de parler. Quel courage de dire tout ça.

Moi, je n'arrive pas à lire et à me mettre en contact avec les images et ce qu'on en raconte. Je trouve ça complètement fou. Ca me bouleverse. - A.-E.Lemoine: Son courage a suscité une vague de soutien parce qu'elle a voulu que ce procès ne se déroule pas à huis clos.

Elle a suscité aussi des paroles d'hommes assez inédites, que je vous soumets. - A.-E.Lemoine: C'est exactement ce que dit Goldoni? - I.Carré: Oui et c'est ce qu'on attend, que les hommes prennent la parole et s'engagent.

Jusqu'à présent, beaucoup d'hommes étaient dans le déni. Beaucoup d'hommes ont jeté des coups d'oeil dans le rétroviseur. Maintenant, c'est bien de s'engager et de parler. - A.-E.Lemoine: Beaucoup de femmes ont parlé et n'ont pas forcément été entendues.

Elles n'ont pas forcément parlé au bon moment. Amélie, j'étais frappée de ce que vous racontiez. Vous avez témoigné de ce que vous avez subi dans "Biographie de la faim", en 2004, avant MeToo. - A.Nothomb: Oui, mais le changement de traitement a été absolu.

En 2004, pour un tout petit témoignage d'agression sexuelle, les réactions étaient abominables. Abominables! Des hommes m'écrivaient, mécontents, parce que je ne donnais pas assez de détails.

Je n'en revenais pas. La même déclaration l'an passé dans mon dernier livre, j'ai eu un raz-de-marée de solidarité et de soutiens. On a changé de monde. - A.-E.Lemoine: La honte change de camp.

On le dit souvent, mais on le palpe clairement là. C'est d'autant plus important et touchant que ce texte soit joué sur scène, si tard en France et porté par 2 femmes qu'on sait engagées, C.Hiegel et vous-même.

C'est au théâtre de la Porte-Saint-Martin. - I.Carré: Je voulais aussi citer mes camarades.

C'est produit par Jean Robert-Charrier, que je veux saluer. Ce ne sont pas tous les théâtres privés qui ont un décor aussi beau que celui-là, qui engagent tous ces acteurs, qui ont une telle production. Il fait un travail exceptionnel. - A.-E.Lemoine: Je sais qu'il nous regarde tous les soirs.

Il fait des commentaires plus ou moins aimables selon son humeur. Ce soir, il sera aimable. - E.Tran Nguyen: Vous jouiez déjà une servante quand vous avez débuté le métier au théâtre du Rond-Point. - Voici le fou.

Méfie-toi de lui. Voici la tour. - La tour? - Voici la roue de la fortune. - La roue de la fortune? - E.Tran Nguyen: Vous hallucinez sur votre voix? - I.Carré: C'est ma voix? - E.Tran Nguyen: Votre voix quand vous aviez 16 ans. - I.Carré: Je venais peut-être d'avoir 17 ans. - E.Tran Nguyen: "Une nuit dans la vie de Casanova".

Vous étiez convaincue que c'était le rôle de votre vie. - I.Carré: Oui!

J'ai écouté toute la pièce en coulisses. J'étais si heureuse...

C'était un hasard incroyable. J'attendais une amie dans le théâtre du Rond-Point et Jean-François Balmer vient vers moi pour me demander si je veux passer une audition. J'y vais, je dis un texte de Tchekhov et il me dit qu'il m'engage. - A.-E.Lemoine: Que vous connaissiez par coeur? - I.Carré: Oui, parce que je faisais des cours de théâtre, mais c'est tout.

Je n'étais pas partie pour jouer cette pièce. C'est toujours une 1re fois, quand on joue. Tu disais tout à l'heure que tu avais toujours autant le trac quand tu prenais la parole.

C'est vrai. Une vraie 1re fois, on a l'impression que c'est le rôle de sa vie. Pourtant, là, vous m'entendez parler en français, mais le reste, je le disais en allemand. - A.-E.Lemoine: Pas le rôle le plus facile. - P.Lescure: Vous avez toujours joué cette alternance.

Vous avez pu le faire joliment, entre cinéma et théâtre. Vous avez reçu un César dans la catégorie espoir pour le film "Beau fixe". - I.Carré: Pour un film, j'ai l'impression qu'un metteur en scène a beaucoup plus envie que notre image corresponde à ce qu'il a imaginé, ce qu'il a écrit.

Au théâtre, j'ai l'impression qu'on peut créer des rôles. Moi, j'ai eu la chance de faire les 2. J'ai fait un film, une pièce, un film, une pièce...

J'espère que ça va durer. C'est incroyable comme l'un apporte à l'autre. - P.Lescure: Elle a toujours les mêmes mots.

Ca n'a pas changé. Le texte est bien. Vous seriez presque incomplète si vous n'aviez pas les 2. - I.Carré: Vraiment.

Etre dans un endroit où les choses ne sont pas enregistrées...

Vous le savez, vous qui êtes dans le direct...

Même les petits accidents, Babeth, les chutes...

On vient aussi pour ça. Les gens viennent aussi pour voir cette fragilité, voir les choses se faire. Peter Brook dit qu'on a un mot fantastique pour définir le théâtre, c'est "l'assistance", le public.

Il nous assiste. On joue ensemble. J'ai vraiment hâte de voir comment cette pièce va résonner, de voir comment cette phrase que vous avez citée va résonner dans la salle.

Est-ce que je vais, moi aussi, tomber sur une G.Halimi? Est-ce que je vais avoir un trou devant une femme "noble et courageuse"? - A.-E.Lemoine: Vous avez été soignée du trac le jour où vous vous êtes retrouvée aphone pendant une représentation? - I.Carré: Oui.

C'était un grand choc. Je jouais une pièce féministe, "Une femme à Berlin", encore au théâtre du Rond-Point. C'était un monologue.

Il y avait S.Arlaud qui avait une petite scène. Sinon, je parlais tout le temps pendant 1 heure 40.

Je parlais des femmes qui se faisaient violer pendant la guerre, les femmes comme butin de guerre. Je me suis retrouvée aphone et on m'a mis un micro. J'étais sidérée de voir comme les gens ne respiraient plus tellement ils étaient avec moi.

Personne n'est sorti alors que ce n'était pas simple, surtout avec un texte comme celui-là, avec une actrice qui n'a plus de voix. C'est la 1re fois que je me suis dit: "D'accord. Les gens viennent pour aimer." Ils ne viennent pas pour juger, pour voir comment on va se casser la gueule, comment on va s'emmerder.

Ils viennent pour y croire. Dans "Les Rêveurs", je citais une phrase: "Préférer les risques de la vie au risque de la mort." J'y crois vraiment.

Il y a des miroirs que les oeuvres nous tendent qui peuvent sauver une vie. - A.-E.Lemoine: Ce livre va d'ailleurs devenir un film que vous êtes en train de réaliser.

On vous reçoit quand vous écrivez des livres, quand vous êtes au théâtre, quand vous êtes dans des films et on va maintenant vous recevoir pour les films que vous réalisez. Ca fait beaucoup. C'est formidable. - I.Carré: Oui.

Là aussi, on peut se questionner, parler du mouvement MeToo. Pourquoi avoir attendu autant avant d'écrire? Pourquoi avoir attendu autant avant de réaliser cette question de la légitimité.

Beaucoup de femmes se la posent et se la sont posées trop longtemps. - A.-E.Lemoine: J'ai hâte de venir vous applaudir à partir de la semaine prochaine au théâtre de la Porte-Saint-Martin.

Dans un instant, on vous présente un prodige du surf, champion olympique de surf, le 1er Français à avoir décroché ce titre. Tout de suite, c'est le PVPP de M.Bouhafsi. - M.Bouhafsi: Cette déclaration du jour nous vient tout directement de la cité phocéenne.

L'Olympique de Marseille recrutait Rabiot. Plusieurs centaines de supporters l'attendaient dans une ambiance de folie à l'aéroport. Une atmosphère incandescente qui entraîne un léger trou de mémoire à l'international français. - Je ne m'attendais pas à ça.

Tous les gens sont là et sont contents. Ca me fait chaud au coeur. Ca donne envie de jouer et de gagner.

J'ai hâte de m'entraîner. - M.Bouhafsi: Comme pour les politiques, les footballeurs devraient toujours tourner leur langue 7 fois dans la bouche avant de parler. 8 ans plus tard, il a changé d'avis.

Les Parisiens sont en colère. - A.Rabiot aurait dû revenir au PSG.

On n'aime pas les Marseillais. - Il est parti ramasser les miettes chez les autres supporters. Il fait ce qu'il veut.

Chacun ses problèmes. Il passe un peu d'une Ferrari à une Clio. - Il a grandi en banlieue parisienne.

C'est un vrai Parisien. Il a dit Qu'il n'allait jamais partir là-bas. - C'est une trahison.

C'est un traître. Il va revenir. Ca va bien se passer pour lui. - C'est une grande défaite pour Paris.

C'est un traître, un ennemi. On va le monter en l'air, comme ils disent à Marseille. - On est trahis et déçus! - A.-E.Lemoine: On est inquiets pour lui. - M.Bouhafsi: On l'appelle le duc de Créteil, pour sa longue chevelure qui fait penser à celle d'un ancien roi de France.

Tous ses proches expliquaient qu'enfant, c'était un énorme fan de l'OM. L'OM réalise un coup génial. Bravo.

L'image du jour est un fait divers hors du commun: la vidéo d'un voleur pris en flag, un voleur inattendu à 4 pattes. Ce voleur n'est autre qu'une marmotte. Son histoire passionne les Américains et nous passionne aussi à la rédaction.

Elle débute quand un jardinier du Delaware décide de créer un potager dans sa résidence. Voici son potager. Voyant ses légumes disparaître tous les jours, il contacte la police.

Sans réponse, il pose une caméra de surveillance pour identifier le coupable. Il était très en colère. Il découvre cette jolie marmotte grignotant, en gros plan, ses légumes.

Il la prend d'affection. Il décide de la surnommer "Chuck" et d'en faire une star des réseaux sociaux. On la voit manger tous les jours.

Ses potes se mêlent régulièrement aux larcins. La marmotte est suivie quotidiennement par 749 000 followers. - A.-E.Lemoine: Cette marmotte se mettait devant la caméra pour narguer? - M.Bouhafsi: Elle en piquait tous les jours.

Le monsieur en avait marre. Il a posé la caméra. Elle a vu la caméra et a décidé de venir manger devant. - A.-E.Lemoine: C'est une actrice.

Attirée par la lumière. On termine avec la certif du jour. - M.Bouhafsi: A.Fugazi, une étoile montante du stand-up français.

Il avait brillé lors du talent show. - Vous voyez les gâteaux trompe-l'oeil? C'est magnifique.

Tu as une chaussure, elle est parfaite. Une meuf débarque avec un couteau. Je dirais que je suis sympa et cool.

Ca fait 16 ans que j'ai démarré le stand-up. J'étais un peu le shérif. Les enfants doivent être choqués.

Mon gros défaut est le retard. Je ne suis jamais à l'heure. Un jour, je vais à mon spectacle 1 heure à l'avance.

Des gens font la queue. Et je me dis que c'est pour le spectacle d'avant. Quand je mange, j'en fous un peu partout.

Mon rêve est d'être propre. - M.Bouhafsi: Il m'a plu parce qu'il n'était pas forcément très heureux...

Il ne croyait pas forcément en lui en étant surveillant. Un jour, il a décidé de croire en lui et de se lancer dans le stand-up. Aujourd'hui, il remplit des salles de 300 personnes. - A.-E.Lemoine: Merci de nous l'avoir présenté.

Dans un instant, K.Vaast. Je suis hyper professionnelle...

Je ne suis pas comme Amélie qui draguait P.Niney. On a tous été témoins. - I.Carré: Difficile de ne pas draguer P.Niney. - A.Nothomb: Voilà! - A.-E.Lemoine: Je m'apprête à draguer K.Vaast. - La société du spectacle, il y a un moment où... - (C'EST BERTRAND!) - (C'est un truc de ouf.) - (Comment on va faire?) T'as compris?

Appelle-le et demande-lui de sortir. - Pourquoi c'est moi qui appelle? - Il va reconnaître ma voix. - Et pas la mienne? - Je suis connu sur Instagram. - Tu crois que je suis pas connu dans l'open... - Ca sonne! *-Allô? - Allô? (Il a répondu.) - (Super!) *-Bonjour. - Oui, c'est... - (Sa petite cousine.) - Ta petite cousine! *-Comment ça, "ma petite cousine"? - Elle est malade.

Je suis malade. Viens me chercher à l'école. Sors de ton bureau. *-J'ai pas de petite cousine. - Ah non? *-C'est bon, j'ai compris.

Il raccroche. - Il a raccroché, purée. - T'es nul! - Qu'est-ce que tu veux que je dise?

On va se faire virer. - Chut! - Tu fais quoi? *-Quoi encore? - Bonjour, Bertrand.

Ici le docteur. *-Comment ça, le docteur? Ah!

Docteur Monnier? - Absolument. *-Vous avez les résultats de virologie? - J'ai vos résultats d'examen pour la virologie avant votre voyage.

Je vous ai inoculé la malaria par erreur. *-Pardon? - T'es un malade! - Venez à l'hôpital. - Docteur, je crois que ce n'est pas la malaria. - Pardon, c'est la syphilis. - La gastro! *-C'est une blague? - Non. *-Jibé? - Docteur, vous êtes sûr? - Non, c'est pas Jibé.

C'est Lucien. Je te jure, Bertrand! - Non, c'est pas Lucien! ... - A.-E.Lemoine: Bienvenue à la table de "C à vous" autour de la raviole du dormeur aux tourteaux. - I.Carré: On s'est jetés sur la nourriture! - A.-E.Lemoine: Ca vous fait plaisir, chef.

Votre hôtel est situé près de la dune du Pilat, sur la côte Atlantique, où le surf est roi. - K.Vaast: Je m'appelle K.Vaast.

J'ai 6 ans. Je surf depuis 4 ans parce que j'aime l'eau. J'aime aller au récif et surfer les vagues de plage. - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Ravie de vous accueillir aux côtés d'Amélie et d'Isabelle alors que vous participez dans quelques jours au Quiksilver festival dans les Landes et pour constater que vous avez bien grandi depuis cette vidéo confiée par votre papa. Vous êtes devenu champion olympique pour votre 1re participation aux Jeux. Vous êtes venu avec votre médaille d'or. - A.Nothomb: Je n'ai jamais vu une médaille d'or de près.

Je peux toucher? Ca pèse très lourd. C'est magnifique. - A.-E.Lemoine: Il y a des bouts de tour Eiffel dedans. - K.Vaast: Dans cette partie-là. - A.-E.Lemoine: Est-ce que ça porte chance?

Faites un voeu, Isabelle. Vous ne quittez plus cette médaille d'or. Vous avez surfé avec. - A.Nothomb: On n'a pas le droit! - I.Carré: Pardon.

Je suis désolée. C'est comme quand on dit "cordes" sur un plateau de théâtre. On n'a pas le droit.

On doit payer son coup. Je paierai mon coup. - A.-E.Lemoine: On vous voit surfer avec cette médaille d'or.

J'adore quand vous surfez avec cette médaille. Vous n'arrivez toujours pas à y croire. - K.Vaast: Un truc incroyable s'est passé.

Le fait de pouvoir vivre ça à la maison, auprès des spectateurs français, est incroyable. Je ne suis pas redescendu de mon nuage. Difficile à croire. - A.-E.Lemoine: Vous décrochez cette médaille chez vous, dans votre jardin.

Vous habitez à 5 minutes en jet-ski. C'est un pays où on se déplace en jet-ski. Vous êtes à 5 minutes du site de Teahupoo où se déroulaient les épreuves de surf.

On voit les images de la compétition. La nature a bien fait les choses. Elle vous a fait une faveur. - K.Vaast: C'était un objectif incroyable de pouvoir un jour faire les Jeux.

Ca s'est fait. Je me suis qualifié un an et demi avant. Le fait de pouvoir faire les Jeux à la maison, à Tahiti, est incroyable. - A.-E.Lemoine: Vous avez pu surfer les 2 plus belles vagues.

Juste après votre passage... - K.Vaast: Plus de vagues.

C'était ma 1re vague de la finale. Ensuite, j'ai eu la chance de pouvoir reprendre la priorité juste après et obtenir une 2e vague. L'océan est devenu plat.

Il n'y a pas eu d'autres opportunités. Ca m'a stressé. C'était les 20 minutes les plus longues de ma vie.

Je me suis dit que soit il y aurait une série de vagues et on pourrait encore s'exprimer, échanger des scores...

Au fur et à mesure, c'était plat, pas de vagues, rien. Il n'y a rien jusqu'à la fin. - A.-E.Lemoine: La nature était avec vous.

La vague vous a fait vivre le meilleur, le titre olympique, mais aussi des sensations moins agréables. En 2021, vous affrontez la plus haute vague de votre vie: un mur de 15 m, une mâchoire qui semble se refermer sur vous. Vous vous êtes fait peur, ce jour-là. - K.Vaast: Oui.

Tout a commencé le matin où j'étais avec mon petit frère devant la mer. Il partait à l'école. Je suis parti surfer.

On parlait tous les 2. Je lui ai dit que j'espérais prendre la plus grosse vague aujourd'hui. On a attendu 3 heures.

La vague est arrivée. C'était au moment où j'avais la priorité. Je suis parti.

Quand je suis tombé avant que je parte faire la machine à laver, j'ai eu peur de toucher le récif. Il n'y a pas beaucoup d'eau. Je savais que c'était une des plus grosses vagues que je surfais de ma vie, la plus grosse.

Je n'ai rien eu. Je n'ai pas touché le récif. - A.-E.Lemoine: Je comprends votre mère qui refuse de vous voir surfer, y compris pendant les JO.

Elle n'a pas regardé la compétition. Elle jardinait. Elle a deviné que vous aviez gagné aux hurlements des voisins.

C'est génial. Elle a entendu d'autres cris à votre arrivée au Club France à Paris pour fêter en métropole votre titre olympique. Vous avez été acclamé.

Vous avez dansé. C'était magnifique. Vous pensiez que votre exploit était passé inaperçu et que personne ne vous reconnaîtrait. - K.Vaast: Je suis arrivé là-bas et je ne m'attendais pas à voir autant de monde.

J'ai vu que c'était une surprise, que j'allais devoir danser. C'était cool. Ca fait du bien de pouvoir placer un petit déhanché après tant de voyages et arriver là-bas avec cette ferveur du public.

C'était obligé, de danser. - P.Lescure: Vos parents faisaient de la planche à voile à haut niveau, pour votre papa.

Kauli, qui signifie "celui qui va à la nage" en hawaïen. C'est vrai que vous avez commencé à surfer avec des brassards? - K.Vaast: C'était quand j'étais vraiment petit.

Je n'étais pas apte à nager. - P.Lescure: La compète a commencé dès 8 ans. - K.Vaast: J'ai fait des petites compétitions locales jusqu'au jour où j'ai pris ma première grosse vague à l'âge de 12 ans. - A.-E.Lemoine: Là, vous avez 12 ans. - K.Vaast: J'ai sauté du jet-ski.

On appelle ça le step off. Mes parents n'étaient pas trop d'accord. Quand ils ont vu ça, ils se sont dits "Ouh là là". - P.Lescure: A 13 ans, on cherche à être apprenti.

Vous êtes passé professionnel. - K.Vaast: J'ai essayé d'être un peu autonome et de voyager jusqu'en Europe et en France pour essayer de progresser, faire des compétitions, surfer un peu dans toutes les conditions.

Depuis mes 9 ans, j'ai voyagé en UM jusqu'ici plusieurs fois. - P.Lescure: Votre entraîneur parlait déjà de votre maturité. - Pour travailler à l'école, surfer et être focus sur les compétitions... - K.Vaast: C'est de la pression.

Beaucoup de gens m'aident et sont derrière moi. C'est ça qui me pousse. Il faut que je reste concentré dans ce que je fais. - A.-E.Lemoine: 22 ans.

C'est tellement mignon de vous voir si petit sur un surf. - E.Tran Nguyen: Pas sur un surf, là, en janvier, vous êtes devenue égérie d'une grande marque de luxe française.

Au-delà du prestige que ça représente, ça permet de vous habiller différemment. Vous êtes plutôt en short et tongs. Vous avez un short fétiche. - K.Vaast: Je suis très superstitieux.

Il y a un board short que j'aime bien, avec lequel j'ai eu mes meilleures vagues. - E.Tran Nguyen: Pourquoi vous ne l'aviez pas pour la finale? - K.Vaast: C'était un autre board short. - I.Carré: Vous avez un stylo porte-bonheur? - A.Nothomb: Moi, c'est la coupe de champagne. - M.Bouhafsi: On a beaucoup entendu parler de vous cet été.

La police nationale vous a félicité. Vous êtes réserviste. Vous avez la passion de la pêche à la ligne et du harpon.

Ce n'est pas incompatible avec la protection de l'environnement. Vous pêchez très souvent tôt le matin. La cause animale et la protection de l'environnement ne sont pas incompatibles avec la pêche et avec le sport à haut niveau à Tahiti. - K.Vaast: Ce n'est pas de la pêche industrielle.

C'est pour nous, pour la famille, pour les voisins. On adore la pêche avec mon petit frère depuis qu'on est petits. On est dans l'eau.

C'est notre quotidien. C'est comme si on recevait notre petit sashimi le soir. - A.-E.Lemoine: C'est ce qu'a fait le chef. - I.Carré: Les surfeurs sont très écolos en général.

Il y a beaucoup d'associations écologistes qui se battent. Vous êtes les premiers impactés, en étant tout le temps dans la mer. Vous la voyez, la pollution. - K.Vaast: On essaye de faire le maximum pour lutter contre ça.

C'est compliqué. Si chacun fait à son échelle, ça aide. - A.-E.Lemoine: On ne pêche pas encore dans la Seine. - K.Vaast: Si, j'ai vu. - A.-E.Lemoine: Non!

A Paris? - K.Vaast: Oui!

Il y en a un qui a sorti un silure. - A.-E.Lemoine: Ah bon?

Ca m'angoisse! Vous avez surfé dans la Seine. Sur la Seine, pas dans.

Ca fera partie de ces images improbables des JO. C'est sublime de vous voir surfer, prendre la vague sur la Seine avec une médaille d'or autour du cou. Merci.

Si on veut vous voir surfer des vraies vagues, il faut vous voir en septembre à Capbreton, Hossegor ou Seignosse pour le Quiksilver festival. Merci. - B.Chameroy: Bonsoir.

On va surfer sur l'actu. Nous sommes le 17 septembre. L'amour n'attend pas. - Il faut que vous surveilliez votre boîte aux lettres. - E.Coquerel et C.de Courson n'ont pas reçu les lettres qui devaient arriver il y a 2 mois. - De plus en plus de Français cherchent à limiter leur consommation de papier. - Quand on arrive en ville, tout le monde change de trottoir.

Raclement de gorge. - E.Coquerel, C.de Courson ressortent bredouilles de Matignon. - Ils se rendront à Bercy demain à la source pour obtenir ces documents. - Puisque c'est ainsi, nous reviendrons mercredi. - B.Chameroy: Paris 2024, la joie, la fête, c'est fini.

La vie a repris son cours. - Comment ça va? - En pleine forme, et vous? - Nous sommes sur une actualité dramatique et nous allons continuer.

Merci. - B.Chameroy: De rien et bonne soirée.

On a envie de dire merci à l'actu en nous servant sur un plateau une matière qui prête à se taper les mains sur les cuisses. Pas de gouvernement, mais un 507e candidat au poste de ministre du gouvernement Barnier. Vous ne l'avez pas vu venir. - Monsieur Jakubowicz, si M.Barnier vous appelle et vous propose d'être ministre de la Justice, vous dites oui? - Bien sûr que je dis oui! - B.Chameroy: Il est dispo.

Ca tombe bien. Tous les ministères ne sont pas pourvus. 2 nouveaux font leur apparition. - Ils veulent tous être ministre de la Défense, de l'Intérieur et des choux farcis.

Ca ne marchera pas. Peut-être le chou farci mais pas le reste. - Je ne sais pas qui sera ministre des Choux farcis.

Pas le poste le plus sympa à occuper. - B.Chameroy: C'était une vanne!

On a besoin de bidons d'huile et pas qu'en politique. - Ca coince. - Qu'est-ce qui coince? - Vous voulez savoir pourquoi ça coince? - C'est pour ça que ça coince. - Qu'est-ce qui coince encore? - Le projet reste coincé. - Ca coince en Ile-de-France. - Souvent, c'est là que ça coince. - B.Chameroy: Ca coince dans tous les sens.

Petit point révision des expressions. - Ca risque de faire l'objet soit d'une mesure mi-chèvre mi-chou...

Quel que soit le gouvernement qui sorte du cerveau...

On marche sur les fous. - B.Chameroy: Illustration de scier la branche sur laquelle on est assis. - LR est une machine de guerre à l'arrêt total. - Ca va être compliqué, du coup, pour Matignon. - Non, ça veut dire... - B.Chameroy: Il ne fallait pas scier la branche.

Et si la solution à la crise politique venait de Claude de Girardi? Comment ça, qui ça? L'adjointe au maire de Nîmes.

Sur France Bleu, elle était venue sans ses réponses. Système D: répondre à la question en reprenant la question de la journaliste. - Ca marche vraiment, les 30 km?

C'est dure à faire respecter. C'est suffisant en termes de sécurité? C'est parfois surprenant. - C'est tout à fait surprenant. - B.Chameroy: Alors que R.Ramos connaît ces métaphores. - Ce nouveau gouvernement est comme un yaourt.

Il a une date limite de consommation courte. On aura beau mettre des conservateurs de droite, ce n'est pas pour ça que ça durera plus longtemps. - B.Chameroy: Vous l'avez?

Super. On continue. On parle bagnoles. - C'est des caractéristiques de la limousine qui lui permettent cette facilité d'adaptation.

C'est une race facile à conduire quand même. - Assez facile à conduire...

Quand on parle de limousine, c'est une belle expression. - C'est une limousine avec le cuir dessus! - B.Chameroy: Parce que c'est une race.

C'est aussi une voiture! Contrairement aux voitures, elles peuvent faire peur, les vaches, quand on s'en approche. France 3 avait dépêché la plus téméraire de ses journalistes. - Il me frôle, lui!

Je n'ai pas peur. Ils sont sympas. - B.Chameroy: Heureusement qu'elle n'a pas peur. - Encore une fois, je suis prise dans le tourbillon. - La viande est bonne. - Je confirme. - B.Chameroy: Vanessa n'est pas la dernière à la cantoche. - Ce midi, Vanessa a mangé un pavé de boeuf comme ça, saignant, et a tout avalé.

Elle était à ça de demander une 2e assiette. - B.Chameroy: Merci pour la solidarité.

Si vous êtes féru de vaches limousines, France 3 Nouvelle-Aquitaine a décroché une exclu. - Est-ce qu'on connaît la ville qui accueillera le concours national en 2025? - On la connaît mais je n'en sais rien. - On demandera à l'équipe. - B.Chameroy: J'ai l'info.

Ce sera dans l'Aveyron. Voici tout ce que vous n'auriez pas dû voir et qui aurait pu rester en salle de montage. J.-L.Debré glisse sa promo. - A l'Assemblée et au Sénat, il n'y a aucune chance.

Je joue au théâtre. - B.Chameroy: Voici la réponse à la question que tout le monde se pose. - On a fait les choses bien.

On a sorti un mètre. 90 cm, ça fait ça. - B.Chameroy: Question pertinente de Maxime au JT. - Effet de son étrange. - On n'a pas entendu Maxime. - B.Chameroy: Pas miam miam.

Un burn-out après un mois de reprise. - On a fait une bonne émission. On va être très contents.

Merci. - B.Chameroy: On peut le comprendre.

Il recevait l'homme qui pèse, F.Philippot, pour parler de leur passion commune. - Vous m'avez parlé de l'Arcom.

Je suis pour sa suppression. - B.Chameroy: On a compris la raison: les temps de parole. - On va marquer une pause.

Vous avez parlé 5 minutes. Il vous en reste 7. - B.Chameroy: Il a eu droit à une promo pendant la pub. - F.Philippot est avec nous.

C'est le président de l'Arcom. - B.Chameroy: P.Praud devrait passer prochainement le contrôle technique.

Il bugge. - 2 sujets pour vous: T.Breton. - Comme ça? - B.Chameroy: Il avait la flemme d'écrire les questions.

L'info du jour: M.Barnier pourrait augmenter les impôts sur les sociétés. Qu'en pensent les Français?

Réponse avec le micro-foutoir. - Il s'applique aux sociétés type SA, SAL...

L'impôt sur les sociétés pourrait augmenter sous M.Barnier. Pas plus de 10 millions de chiffre d'affaires...

Est-ce que vous pensez que ça pourrait influencer l'équilibre entre financement et service public et la charge fiscale supportée par les entreprises? - Je ne saurais pas répondre. - Je n'ai pas tout compris. - Je...

Je ne saurais pas quoi vous dire. - Vous avez compris la question? - Oui, mais je ne saurais pas répondre. - C'est premier degré? - La question est longue. - C'est ce qu'il propose?

Je suis d'accord. - Même si vous n'avez pas compris? - Incompréhensible. - On disait qu'il fallait rétablir l'ISF à 80 %. - C'est peut-être moins utile. - B.Chameroy: Tu m'étonnes.

A demain. Bonne soirée. - A.-E.Lemoine: Merci d'avoir accepté notre invitation.

Merci pour le repas. - K.Vaast: J'étais concentré sur la télé. - A.-E.Lemoine: Si vous voulez bien vous tourner vers Séverine.

Tout de suite, le doc du mardi soir. A demain.