Budget : une semaine pour sortir de l’impasse
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 3:00OuverteRéponse directe
Vous êtes maire de Langon, président de la communauté de communes du sud Gironde. Et Jérôme Guilhem, dans beaucoup de territoires, dans le vôtre, votre service d'urgence a connu des difficultés. Et il y a un nouveau dispositif qui est mis en place pour améliorer la situation ?
- 4:13OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il va y avoir une pérennisation de ce dispositif, M. le maire ?
- 9:45OuverteRéponse directe
Vous pensez qu'il va avoir de grandes difficultés à réussir son pari à faire passer ce budget, Yves ?
- 10:19OuverteRéponse directe
Vous pensez que c'est une stratégie politique que ça arrange tout le monde finalement qu'il n'y ait pas de vote ?
- 11:15OuverteRéponse directe
Ça arrangerait bien, Mathieu, le gouvernement et les socialistes aussi, de ne pas avoir à voter ?
- 24:40FerméeRéponse directe
Faut-il armer les policiers municipaux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19InvitéChiffre
« les cambriolages ont été multipliés par trois l'an dernier »
- 1:14InvitéChiffre
« la facture de son alarme de 900 à 600 euros »
- 1:42InvitéChiffre
« 280 foyers ont bénéficié de cette subvention »
- 2:26InvitéChiffre
« Coût de ces dispositifs pour la mairie, plus d'un demi-million d'euros »
- 3:23InvitéFait
« Depuis il y a 3-4 ans, on était dans une situation assez tendue sur notre territoire concernant les urgences »
- 3:34InvitéFait
« depuis 2 ans, on a réussi à stabiliser le fonctionnement de nos urgences »
- 3:50InvitéFait
« un système s'est mis en place sur le territoire avec une fédération interhospitalière sur l'ensemble du département et qui permet de mutualiser l'humain »
- 8:31InvitéFait
« Il y a une inflation du nombre d'abondements sur ce texte qui vient de qui ? Du bloc central, du bloc qui soutient le gouvernement »
- 8:49InvitéFait
« Les oppositions accusent le gouvernement de jouer la montre pour finalement faire adopter son budget par ordonnance »
- 8:56InvitéFait
« Un scénario rejeté par la porte-parole Maude Bréjon »
- 9:02InvitéChiffre
« Vous pensez qu'on a posé le 49-3 sur la table pour ensuite utiliser les ordonnances ? »
- 9:13InvitéFait
« Ce n'est absolument pas notre volonté »
- 24:17InvitéFait
« Ma conviction, comme celle du ministre de l'Intérieur, c'est que les policiers municipaux aujourd'hui, qui travaillent en uniforme dans nos villes, peuvent être des cibles »
Temps de parole
- Invité30 %
- Invité 224 %
- Présentateur18 %
- Invité 314 %
- Invité 45 %
- Invité 53 %
- Invité 62 %
≈ 1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Et c'est l'heure de notre reportage en région. On le disait, la préoccupation principale des Français pour ces municipales, ça reste la sécurité. Dans la commune de Saint-Avertin, près de Tours, les cambriolages ont été multipliés par trois l'an dernier. Alors, pour faire face, le maire a décidé de mettre en place une subvention pour que les habitants puissent investir dans des systèmes d'alarme. Et ça fonctionne. On regarde ce reportage de Jérémy Hines.
Une commune paisible, mais des habitants inquiets. À Saint-Avertin, les cambriolages ont triplé l'an dernier. Pour faire face, Hubert Godon a installé ce dispositif pour se sentir plus en sécurité. Alors, l'alarme se présente avec un boîtier extérieur. Moi, j'ai installé des caméras devant et derrière. Son ancienne maison a déjà été cambriolée. Alors, cet équipement permet d'avoir l'esprit plus léger. Je suis plus rassuré et plus tranquille. Et je peux partir tranquille. Je suis informé immédiatement de l'intrusion dans ma maison. Et je peux déclencher un plan d'intervention immédiat.
S'il a sauté le pas, c'est grâce à sept lettres de la mairie faisant passer la facture de son alarme de 900 à 600 euros. L'objectif de ce courrier, c'était prévention et conseil en matière de sécurité. En nous proposant une subvention de 200 euros, de 200 euros pour installer l'alarme par nos soins personnels ou 300 euros, une alarme installée par une entreprise. Ça m'a donné un coup de fouet pour installer l'alarme. 280 foyers ont bénéficié de cette subvention. Elle s'ajoute aux autres dispositifs. Voisins référents qui veillent sur leur quartier. Renforcement de la police municipale, mais pas seulement.
Dans notre dispositif intégré pour renforcer la sécurité, nous avons aussi mis en place des caméras de vidéoprotection au nombre de 80 dans la ville aujourd'hui. Ce sont l'ensemble de ces dispositifs intégrés et globalisés qui ont une efficacité plus importante. Une efficacité prouvée selon la municipalité. Il n'y a quasiment plus de cambriolage. Alors, on ne va pas dire qu'il n'y en a plus du tout. Ça a été vrai pendant cinq mois. Et là, depuis quelque temps, il y en a deux, trois, comme ça, par-ci, par-là qui reviennent. C'est-à-dire qu'on a retrouvé des seuils qui étaient des seuils Saint-Avertinois de départ, même un peu en deçà.
Coût de ces dispositifs pour la mairie, plus d'un demi-million d'euros. Car la sécurité reste un enjeu à quelques mois des municipales. Travailler pour garantir la sécurité, oui, c'est important. Il faut le faire. On doit le faire. Ça fait partie de nos obligations en tant qu'élus de garantir la sécurité de nos administrés. D'autres villes ont mis en place des mesures similaires. Bègle, Bois-Guillaume ou encore Clamart.
Et on va poursuivre le tour de l'info dans nos régions consacrées aux maires. Alors que cette semaine, on le disait à lieu, le congrès des maires de France, on va aller en Gironde. Bonjour Jérôme Guilhem. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire de Langon, président de la communauté de communes du sud Gironde. Et Jérôme Guilhem, dans beaucoup de territoires, dans le vôtre, votre service d'urgence a connu des difficultés. Et il y a un nouveau dispositif qui est mis en place pour améliorer la situation ?
Oui, tout à fait. Depuis il y a 3-4 ans, on était dans une situation assez tendue sur notre territoire concernant les urgences. Le projet de réhabilitation de l'hôpital a amené un petit peu plus de confort et surtout de l'envie à des médecins de revenir sur nos territoires qui sont très ruraux. Et bon, depuis 2 ans, on a réussi à stabiliser le fonctionnement de nos urgences. Il y a toujours, ça reste marginal, des situations un petit peu tendues. Et un système s'est mis en place sur le territoire avec une fédération interhospitalière sur l'ensemble du département et qui permet de mutualiser l'humain.
car ce qui est important parfois dans un hôpital, il peut y avoir un tout petit peu plus de médecins sur une quinzaine de jours ailleurs, surtout sur nos territoires ruraux, ça peut être un peu en tension. Donc comment s'organiser, comment mutualiser les moyens pour assurer une continuité de service public ?
Est-ce qu'il va y avoir une pérennisation de ce dispositif, M. le maire ?
Alors il démarre, donc je l'espère bien. De toute façon, ça va dans le sens de la sécurité des services et la sécurité de nos concitoyens. Car quand on arrive aux urgences, c'est les moments qui sont assez cruciaux. Et ne pas avoir accès à ces services-là, c'est pas garantir l'égalité aux soins pour tous. Donc je pense que c'est un bon début. Il nous appartiendra d'être vigilants pour qu'ils soient pérennisés.
Merci beaucoup, M. le maire Jérôme Guilhem, maire socialiste de Longon. Merci d'avoir été avec nous pour nous parler de ce dispositif. Alexandre, on va voir ce qu'il y a à la une de la presse régionale. Et on commence ce matin par le sommet Choose France.
Vous le dites très bien, Oriane. Le sommet Choose France qui réunit 200 entreprises aujourd'hui à Paris et qui met à l'honneur les investissements sur le sol français. Et justement, le journal Le Républicain Lorrain titre sur les 2 milliards d'euros investis par le groupe Eclairion dans le département de la Moselle pour construire des centres de données, des data centers, comme on dit, à Lamax et Richemont sur d'anciens sites, d'anciennes friches industrielles d'EDF, le groupe Eclairion, qui est spécialisé dans l'hébergement de calculateurs à haute intensité et de centres de données nécessaires au développement de l'intelligence artificielle.
À la une du Dauphiné libéré, un enfant blessé par balle à Grenoble près d'un point de deal.
Oui, la victime aurait 12 ans, titre le journal Le Dauphiné libéré. Cet enfant a été touché par au moins 3 balles dans une fusillade qui a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche dans le quartier Chaurier-Béria à Grenoble. La piste d'un règlement de compte lié au narcotrafic est étudiée par les enquêteurs. Selon le procureur de Grenoble, l'enfant pourrait être un mineur non accompagné d'origine algérienne. Il aurait été convoqué par le juge des enfants le 10 décembre dernier, mais ne s'est pas présenté à sa convocation. Accueilli en établissement par le département de l'Isère, l'enfant a multiplié les fugues ces derniers temps.
Les victimes du narcotrafic, c'est aussi le sujet à la une du journal Le Populaire du Centre où témoigne pour la première fois la famille du jeune Wassim, 16 ans, assassinée en mai dernier à Clermont-Ferrand. Un crime là aussi lié au trafic de drogue.
Les municipales à Marseille et la France Insoumise qui se lancent dans la bataille.
Avec pour candidat le député insoumis Sébastien Delogu. Il fait la une du journal La Provence aujourd'hui. Âgé de 38 ans, l'élu des quartiers nord de Marseille a officialisé sa candidature. Elle vient s'ajouter à celle de Martine Vassal pour la droite et de Franck Elisio pour le Rassemblement national. Le candidat insoumis est très critique envers le maire actuel Benoît Payan et sa majorité municipale, alliant socialiste, écologiste et communiste. Je cite Sébastien Delogu. Je souhaite ramener le peuple au pouvoir et ne pas laisser Marseille aux magouilleurs qui font du favoritisme et du clientélisme comme la ville a toujours connu.
Voilà, le ton de la campagne municipale à Marseille est donné.
Effectivement, bonne ambiance. On finit par les illuminations de Noël.
Et oui, nous sommes à 39 jours, 38 jours de Noël. Et c'est déjà le coup d'envoi des illuminations dans de nombreuses communes de France et notamment en Corse. Le journal Corse Matin explique pourquoi aujourd'hui, il y a sur l'île de beauté ce pouvoir des Lumières. Alors, c'est un héritage ancien en Corse, mais surtout un outil de cohésion sociale et de dynamisation commerciale, d'attractivité pour les commerces corses. Et malgré les difficultés budgétaires, de nombreuses communes ne renoncent pas à leurs illuminations. Les anciennes guirlandes sont remplacées par des systèmes LED qui consomment 25 fois moins d'électricité. Donc, le pouvoir des Lumières, c'est moins cher.
– Merci beaucoup Alexandre, merci pour cette revue de presse. Allez, on va parler dans quelques instants des municipales et de ce congrès des maires. Mais d'abord, dernière semaine pour les députés pour examiner le budget. Dernière semaine pour Sébastien Lecornu pour tenter de trouver un compromis et éviter l'impasse budgétaire et la chute. Alors, peut-il y arriver avant d'en débattre ? Avec nos éditorialistes, on regarde ce sujet de Jérôme Rabieff.
– Le compte à rebours est lancé. Il reste jusqu'à dimanche minuit aux députés pour adopter le projet de loi de finances 2026 avant qu'il soit transmis au Sénat. Mais après une coupure des travaux ce week-end, il est peu probable que l'Assemblée achève dans les temps. Et pour le RN, c'est d'abord le fait du camp gouvernemental. – Il y a une inflation du nombre d'abondements sur ce texte qui vient de qui ? Du bloc central, du bloc qui soutient le gouvernement. Normalement, c'est leur texte et ils l'amendent. Donc la réalité, c'est qu'ils sabotent le budget. Ils savent très bien que le temps pour eux joue contre eux et qu'ils cherchent des voies, des issues.
– Les oppositions accusent le gouvernement de jouer la montre pour finalement faire adopter son budget par ordonnance. Ce qui est possible si le Parlement ne s'est pas prononcé à temps. Un scénario rejeté par la porte-parole Maude Bréjon. – Il n'y a aucune raison d'utiliser les ordonnances. Vous pensez qu'on a posé le 49-3 sur la table pour ensuite utiliser les ordonnances ? – Mais est-ce que vous l'excluez ? – C'est absolument insensé. – Est-ce que vous l'excluez ? – Ce n'est absolument pas notre volonté. Et je ne crois pas aux ordonnances. – Mais du côté des insoumis, on se prépare en cas de blocage à tenter de renverser ce gouvernement sans attendre les derniers jours de l'année.
– Fin novembre, mi-décembre, si on sent qu'ils vont vers les ordonnances, nous en tout cas, on déposera une censure puis on verra bien ceux qui la suivent. – Les députés vont cette semaine siéger en continu pour tenter de boucler au moins la première partie sur les recettes avant que le Sénat se penche lui aussi sur ce budget.
– Et on va en parler tout de suite avec vous, Mathieu Soukher. Bonjour Mathieu. Merci d'être là, Yves Tréa. Bonjour Yves. Merci également d'être avec nous. – Bonjour à tous. – Directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Le Figaro qui titre ce matin sur le cornu sous la menace d'une impasse budgétaire. Vous pensez qu'il va avoir de grandes difficultés à réussir son pari à faire passer ce budget, Yves ?
– Écoutez, je ne lis pas dans le marre de café, mais c'est vrai que c'est compliqué parce qu'il y a quand même ce qui s'est passé ce week-end qui est assez étonnant, c'est-à-dire qu'ils ont décidé de ne pas siéger, ce qui fait prendre évidemment du retard dans l'examen du budget. Est-ce qu'ils auront fini dans les temps ? Encore une fois…
– Vous pensez que c'est une stratégie politique que ça arrange tout le monde finalement qu'il n'y ait pas de vote ?
– Tout le monde, je ne sais pas, mais ça peut être interprété comme une stratégie politique ou comme une tactique, disons. Et je ne suis pas loin de le penser. Moi, personnellement, je ne suis pas loin de le penser que comme ça, ils vont faire passer le budget éventuellement par ordonnance en dépit de ce que dit Mme Baud-Brézon et que ça leur évitera quelques déconvenus et surtout de présenter un budget qui ne soit pas conforme à leur vœu. Donc si on passe par ordonnance, ils reprennent le budget… – Alors là, il y a encore une discussion, de savoir s'ils reprennent le budget tel qu'il est en l'État ou est-ce qu'ils reprennent le budget tel qu'il était à l'État de projet au tout début.
Mais bon, c'est sûr que le gouvernement, je ne suis pas persuadé qu'il va y aller jusqu'au bout.
– Ça arrangerait bien, Mathieu, le gouvernement et les socialistes aussi, de ne pas avoir à voter ?
– Ce qui est sûr, c'est que c'est très compliqué. Il y a, pour Sébastien Lecornu, soit une impasse politique, soit une impasse budgétaire. L'impasse politique, c'est je ne parviens pas à aller au bout et à faire adopter un budget. L'impasse budgétaire, c'est pour faire adopter un budget, le coût politique est très élevé et le budget que je présente va exploser les compteurs en termes de déficit. Donc de toute façon, son équation est extrêmement complexe. La question des ordonnances telles que rappelées par Maud Bréjon et réévoquées par Yves, elle pose quand même une difficulté.
Certes, Sébastien Lecornu se pense, se voit comme un Premier ministre de mission qui n'a qu'une vocation, en tout cas qu'une raison d'être, c'est de faire adopter ce budget pour donner un tout petit peu de stabilité politique au pays. En réalité, s'il y a temporisation et usage des ordonnances, il saute avec une motion de censure dès les premiers jours de 2016. – Très vraisemblablement, c'est ça le problème.
– Et le gouvernement qui vante une nouvelle méthode. On va écouter le ministre de l'Économie, Roland Lescur, c'était ce matin sur TF1. – Aujourd'hui, l'objectif, il est qu'on aille jusqu'au bout. Vous savez que ça ne dépend pas que de nous, ça dépend aussi des parlementaires. Nous, on fait tout pour que ce débat ait lieu et qu'il ait bien lieu. Et n'écrivons pas la fin du film avant qu'il ait lieu. On est dans une certaine forme de nouveau cinéma. Là, c'est une nouvelle méthode avec des résultats, j'espère, inédits. Et je le souhaite du fond du cœur, un budget voté et un bon budget. – Voilà, nouvelle méthode, va-t-elle porter ses fruits ?
– Oui, on va voir, on va voir. Mais c'est vrai que, bon, c'est sûr que s'il recourt aux ordonnances, le Premier ministre s'expose à une motion de censure. Ça paraît assez évident. Il faut encore que cette motion de censure soit adoptée. Ce n'est pas sûr à 100%. Il y a quand même une grande partie de… Enfin, il y a un pourcentage important pour que ça soit le cas. Mais après, qu'est-ce que fait le président de la République à ce moment-là ? Est-ce qu'il dissout comme on lui en prête l'attention, puisqu'il a raté la précédente dissolution et qu'il veut, semble-t-il, essayer de cramer le Rassemblement national en le mettant au pouvoir ?
Ou au contraire, est-ce qu'il continue avec un nouveau Premier ministre ? C'est toute la question. Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que… Et ça, c'est Jordan Bardella qui le dit, et je crois qu'il n'a pas tort. Il l'a dit dans une interview au Parisien il y a 15 jours. Ni les LR, ni le Parti Socialiste n'ont intérêt à de nouvelles élections législatives. Assurément. Ceux qui veulent la dissolution à ce stade, ce ne sont que le RN et l'FI qui imaginent en tirer un bénéfice politique. Pour tous les autres, on voit mal, en fait, effectivement, quel avantage on peut en tirer.
Et donc, ils sont coincés entre voter un budget qui, sur le fond, ne leur convient peut-être pas et éviter la dissolution qui leur porterait préjudice dans les zones ?
Ils m'apparaissent dans une impasse politique parce que, de toute façon, une censure et une dissolution, ce sont des gains encore pour le Rassemblement national et le spectacle par ordinateur, je ne sais pas si c'est du cinéma, ça ressemble à du cirque, mais du cirque dans du brouillard. De toute façon, tout ce qui se passe en ce moment ne fait que prospérer l'extrême droite. Donc, de toute façon, l'impasse, elle est politique et elle va durer jusqu'en 2027. Quoi qu'il se passe, je le crains.
– C'est ce que redisait Mélène Montchalin ce week-end dans Le Parisien. Le budget, ce n'est pas seulement une question économique, c'est une question politique.
– Et le budget qui pourrait être adopté dans quelques jours, si pour de vrai on a un budget, de toute façon, il sera totalement incohérent politiquement. C'est-à-dire, un budget, c'est la traduction en chiffres d'une orientation politique. On voit bien que ce qui se joue au Parlement depuis quelques jours donne à voir une incohérence politique absolument totale. On ne sait pas quelle est la ligne économique de ce pays, quelle est la ligne politique de ce pays. On observe au Parlement des alliances totalement contre nature, jour après jour. Donc, on n'y comprend plus rien.
Et dans le « on n'y comprend plus rien », on mesure et le spectacle déplorable, et l'impuissance politique, et l'incohérence politique. – Oui, le budget, c'est d'abord un acte politique, parce que c'est en fonction du budget que vous savez si vous êtes dans l'opposition ou dans la majorité. Donc là, c'est vrai que le budget, il est complètement illisible, parce que d'abord, quoi qu'on dise, le Premier ministre est obligé de faire énormément de concessions, il est obligé de céder sur beaucoup de fronts, et puis il y a des incohérences totales.
C'est-à-dire que ce qui, par exemple, a été proposé pour protéger les retraités, et ne pas toucher les retraités, alors là, tout le monde s'entend là-dessus, les retraités sont vraiment à l'abri de toutes les tentatives d'imposition. Mais c'est vrai qu'il y a des alliances…
– Parfois, le Sénat, il s'est trouvé un compromis ce week-end, – Avec, par exemple, le Rassemblement national,
dont vous ne savez plus s'il est parfois très à gauche, en votant des dispositions qui sont quand même extrêmement rudes, et puis parfois où il est plutôt à droite, enfin bon, tout ça est très compliqué. – Un compromis, ça a du sens et de la cohérence si ça se négocie de façon globale. Encore une fois, avant l'amorce d'une procédure budgétaire, vous mettez toutes les parties prenantes autour de la table et vous négociez un accord global pour donner à l'ensemble une cohérence. Dès lors que vous ne négociez pas de façon globale, mais que vous négociez article par article ou amendement par amendement, à la fin, ça part dans tous les sens.
Parce qu'encore une fois, les négos ou les compromis qui se trouvent article par article ou amendement par amendement, ce sont à chaque fois des compositions politiques totalement baroques. – Et c'est pour ça que le gouvernement ne veut pas, peut-être, enfin me semble-t-il, aller jusqu'au bout du vote du budget de l'État, pour le coup, puisque le budget de la Sécurité sociale, il faut le dire, c'est compliqué aussi, tout ça c'est compliqué par la technique parlementaire.
– Il a au moins réussi à faire passer la première partie de la Sécurité sociale.
– La première partie recette a été votée, maintenant il faut la partie dépense de la Sécurité sociale, mais sur le budget de l'État, on est encore à la partie recette, et on n'ira pas jusqu'au bout, présemblablement que ça ira au Sénat la semaine prochaine, sans être voté, normalement.
– Et on voit avec le Sénat, qui n'est pas du tout, évidemment sur la même ligne que l'Assemblée, on a vu ce week-end où déjà en commission, le Sénat a rétabli la réforme des retraites suspendue par les députés.
– Oui, et le Sénat donne bien l'image à travers son discours que tout ce qui se sera passé à l'Assemblée n'aura servi à rien, n'aura été qu'une vaste mascarade. Alors c'est le sens de la procédure parlementaire, de toute façon, de ce point de vue-là, le Sénat est dans son rôle, mais ça ajoute par définition de la confusion, c'est-à-dire que les sujets dont on cause quotidiennement, les uns après les autres, paraissent du jour au lendemain en fait… – Ce qui est assez déplorable d'ailleurs aux yeux du public. – En termes de culture politique, c'est épouvantable. – Les gens ne comprennent plus rien, ils se disent « mais pourquoi on paye ces gens ?
» Ils en sont là d'ailleurs, pourquoi on rémunère nos représentants pour ça ? Tout ça pour ça, c'est terrible.
– On va parler de nos élus…
– Ça nous dit l'antiparlementarisme.
– On va parler des élus locaux qui attendent également des réponses sur le plan budgétaire de la part de Sébastien Lecornu qui viendra conclure leur congrès. Dans quel état d'esprit sont les maires à l'ouverture de leur congrès ? On va voir ce que nous en disait il y a quelques minutes sur ce plateau. David Lissnard, le président de l'Association des maires de France.
– Il y a une forme d'expiration, mais aussi une forme de détermination. C'est-à-dire que les maires qui ont résisté à ce mandat, comment c'est que… – C'est le mandat de toute crise. – Voilà, le Covid, on a vacciné, on a mis des masques, on a montré qu'on était des urgentistes. Il y a eu 40 démissions de maires par mois, c'est 4 fois plus qu'il y a 20 ans, 4 fois plus qu'il y a 20 ans. Mais les maires qui ont résisté à cela, ils sont plutôt costauds, si vous voulez, voilà.
– Voilà, finalement, les maires, effectivement, ils ont été dans le mandat de toutes les crises. Et David Lissnard nous disait, c'est pas forcément des maires en colère qui vont accueillir Sébastien Lecornu. Il disait, moi, la colère, je la garde pour moi.
– Alors, il est sûr que le contexte se durcit et que le contexte, conjoncturellement, a été difficile, cette succession de crises depuis 2020, depuis la dernière élection municipale. Il y a aussi quelque chose de structurel, on parle régulièrement du blues des maires. Le blues des maires, il a des causes structurelles. Ces causes structurelles, elles sont bien identifiées. Il y a des exigences citoyennes qui augmentent, c'est-à-dire qu'ils sont confrontés à une opinion, à une population locale, à un électorat qui est de plus en plus exigeant. Et par ailleurs, ils ont pour partie été dépossédés de leur pouvoir.
Alors, leur pouvoir en particulier parce que des intercommunalités de plus en plus importantes, de plus en plus puissantes sont là à leur place. Et par ailleurs, ils ont perdu une partie de leurs moyens dès lors que la fiscalité locale a été réformée et que désormais, l'essentiel de leurs ressources provient de ce que l'État veut bien leur donner. Et dans une crise des finances publiques, l'État leur donne de moins en moins. Donc, il y a cette espèce d'effet ciseau à la croisée duquel les maires se retrouvent et qui nourrit chez eux une insatisfaction, un mal-être, des difficultés.
Pour autant, le contraste est assez net entre la confiance dont continuent d'être crédités les élus locaux et les maires en particulier. Il y a le capital de confiance de n'importe quel maire, n'importe quel ministre, député ou acteur politique national en voudrait. Donc, il y a un contraste très net. La commune, ça reste quand même l'échelon politique de cœur pour les gens. Et derrière, le maire, c'est la dernière personnalité politique qui est respectée et même souvent appréciée.
Et vous le disiez, Mathieu, on a beaucoup parlé du blues des maires, de cette crise des vocations. Il y a une étude du Cevipov qui est parue ce week-end, justement à l'occasion du Congrès des maires. 58% des maires se disent prêts à se représenter. C'est 9 points de plus qu'en 2020. Ça peut paraître étonnant, vu le contexte ?
Oui, parce qu'on disait qu'il y avait une désaffection, qu'il y avait une crise des vocations, parce que les maires, c'est vrai, sont à portée, comme on dit, à portée de baffe. Mais ce sont aussi les élus les plus appréciés des Français, si on en croit les sondages. Ils sont assez populaires parce que, justement, ils sont dans la proximité, ils sont proches des gens. Et puis, ils remplissent je ne sais pas combien de fonctions. Un maire, dans une petite commune, c'est quasiment une assistante sociale aussi. Donc, ils sont quand même très appréciés.
Et je pense qu'il y a quand même beaucoup de Français, et c'est heureux d'ailleurs, qui souhaitent remplir cette mission, qui est un véritable sacerdoce, parce que vous êtes dérangé tout le temps, vous n'avez plus de vie privée, pour une rémunération, d'ailleurs, qui est d'ailleurs un défraiement, ce n'est pas une rémunération, qui est quand même assez modeste, il faut le dire, plus que modeste même. Donc, chapeau, moi je leur tiens mon chapeau. Et je trouve qu'on ne salue jamais assez le dévouement de ces femmes et de ces hommes qui se mettent au service des autres. sincèrement, et ce n'est pas pour la gloriole, la plupart du temps.
– Vous citiez l'étude du Cevipof, effectivement, faite pour le compte de l'AMF, c'est très intéressant. La popularité des maires, elle tient à la proximité qu'évoquait Yves, à leur probité présumée, c'est-à-dire que nos concitoyens considèrent que les maires sont des élus honnêtes. Alors, il y a évidemment quelques contre-exemples qui parfois d'ailleurs se font réélire, à Levalois ou ailleurs, mais globalement quand même, le maire est considéré comme quelqu'un d'honnête. Et le troisième élément, c'est la fidélité aux promesses faites, c'est-à-dire qu'un maire, c'est quelqu'un qui, étant confronté à la réalité et à la proximité du terrain, globalement quand même, tient ses promesses.
Donc tout ça, ça fait un capital de sympathie et un capital de confiance. Et c'est très intéressant aussi. L'autre dimension dans cette étude, c'est le fait que s'il y a un capital de confiance pour le maire, c'est parce que globalement, les Français considèrent qu'à l'échelle de leur commune, ça va bien. Ça va même plutôt très bien en réalité. Ils considèrent qu'ils sont très satisfaits, très majoritairement satisfaits de leur cadre de vie. Et ils considèrent que leur cadre de vie s'améliore. Et là encore, il y a un contraste très net entre la perception que les Français ont de cette réalité à l'échelle locale et à l'échelle nationale. Ou à l'échelle nationale, c'est exactement l'inverse.
Ils considèrent que la France s'effondre et que la France va de plus en plus mal. Au niveau de leur commune, de chez eux, c'est exactement l'inverse. Et du coup, évidemment, ça se traduit par une confiance pour l'élu qui porte, qui incarne ça. Alors, ce n'est pas vrai tout le temps, mais c'est vrai qu'en plus, c'est le lieu de la culture du consensus, la mairie. Bon, parfois, il y a des projets qui divisent sérieusement la population et qui deviennent des obsessions, d'ailleurs.
Même, d'ailleurs, la première cause, c'est ce qu'on voit aussi, la première cause de démission de maire, c'est des dissensions au sein des conseils municipaux.
Mais, en règle générale, et surtout dans les communes modestes, enfin, de taille modeste, le consensus, c'est nécessaire, il est obligatoire pour pouvoir gouverner et diriger une ville. Donc, c'est aussi en rupture avec ce qu'on voit à l'image nationale. C'est surtout vrai, en fait, au niveau des intercos, parce qu'il peut y avoir quand même des dissensions locales au niveau d'une mairie, même si un maire recherche toujours au consensus.
Non, ce qui est vrai, c'est que ce dont on parlait à l'Assemblée tout à l'heure sur le fait que nous sommes manifestement encore à ce stade incapables d'avoir une culture du dialogue parlementaire et du compromis, à l'échelon local, ça se passe et ça se passe même très bien, parce qu'avec les intercommunalités dont je parlais tout à l'heure, où vous avez en réalité dans ces établissements publics comme ça une co-gestion par de la gauche, de la droite, culture du compromis qui se travaille depuis déjà de nombreuses années. Donc ça existe, on sait le faire. En tout cas, à l'échelon local, on le fait tout le temps.
Et la première préoccupation des Français pour les municipales, ça reste la sécurité. C'est ce que dit un sondage publié hier dans la tribune dimanche et parmi les questions que cela pose, la question de l'armement de la police municipale. On va voir ce qu'en dit la porte-parole du gouvernement, Maude Bréjon, c'était hier sur BFM.
Ma conviction, comme celle du ministre de l'Intérieur, c'est que les policiers municipaux aujourd'hui, qui travaillent en uniforme dans nos villes, peuvent être des cibles. Et que de ce fait, rien que d'ailleurs pour cet argument-là, il est légitime et de bon sens, je pense, de pouvoir les armer.
Faut-il armer les policiers municipaux ?
Ça, c'est la grande question. Moi, je pense que oui, parce que ce sont de plus en plus... On est très loin du garde-champette et de l'image qu'on avait jadis celui qui fait traverser les enfants devant l'école. Les policiers... La criminalité, c'est quand même sérieusement durci, je dirais.
Et donc, je pense que les policiers municipaux, qui maintenant font absolument l'unanimité, quasiment, il y a des polices municipales partout, et je pense que notamment dans les grandes villes, ça me paraît très difficile qu'ils ne soient pas armés, parce que, pour la raison qu'évoque Maude Bréjon, et puis, ils servent aussi de partenaires à la police nationale qui, malheureusement, n'a pas tous les moyens nécessaires pour être partout à la fois. Donc, je crois qu'effectivement, c'est une question qu'il faut lever maintenant. Encore une fois, les policiers municipaux sont de plus en plus professionnels. D'ailleurs, c'est reconnu par tout le monde. Yves a raison.
Il y a encore 20 ou 25 ans, on avait des débats sur la légitimité des polices municipales. Moi, j'étais à l'époque au cabinet du maire de Paris, le précédent, et il y avait des débats homériques au Conseil de Paris sur faut-il une police municipale. On avait aussi des débats homériques sur les caméras de vidéosurveillance dans l'espace public. Et la gauche, en particulier, était assez divisée autour de ces deux sujets-là.
Désormais, on voit bien que c'est assez consensuel ou en tout cas que l'analyse que les uns et les autres font de l'opinion et de la demande très forte de tranquillité et de sécurité a poussé tout le monde à se mettre d'accord autour d'une présence de police municipale absolument partout. En tout cas, personne ne remet en cause ça. La question qui est posée au-delà de l'armement, c'est l'articulation des missions de ces polices municipales et de la police nationale. En réalité, le sujet, c'est ça. C'est à quoi sert l'une, à quoi sert l'autre. Et après, on répond à la question de l'armement. On peut, mais il y a un sujet quand même dans l'articulation des deux niveaux de police.
On voit que la police, si elle a eu plutôt une bonne image à certaines époques, sa cote de popularité, sa cote de confiance a largement reculé dans l'opinion. Alors, je ne sais pas si une police municipale, une police de proximité comme une police municipale peut contribuer à redorer le blason de la police dans son ensemble et à recréer le lien de confiance entre l'autorité régalienne et les gens dans la rue. Mais je pense qu'il y a peut-être aussi quelque chose à jouer.
Donc, je ne sais pas si la police municipale doit absolument venir en suppléance de la police nationale pour faire à peu près la même chose avec les mêmes outils ou plutôt réfléchir à une articulation un peu plus intelligente de cela.
Et des municipales qui ont lieu dans quatre mois, David Lissnard qui, il y a quelques minutes, nous disait ne pas croire à une nationalisation du scrutin. Pensez qu'au final, les Français vont voter en fonction de leur maire et pas d'un contexte politique national.
Bon, écoutez, il est bien placé pour vous répondre. Effectivement, moi je pense que de toute manière dans une élection municipale, il y a toujours des considérations locales. Ça paraît tout à fait évident, ne serait-ce que pour les problèmes de sécurité, pour les problèmes de fiscalité, chacun a ses propres sujets et ses propres priorités. néanmoins, parfois, ça dégage aussi des tendances. Regardez, les dernières élections municipales, on a constaté qu'il y avait une poussée très forte de l'écologie avec l'arrivée dans des grandes villes de maires écologistes. Donc, il y a parfois des tendances qui se dégagent. C'était manifeste lors des dernières élections municipales.
On verra si cette fois-ci, il y a une tendance qui se dégage. La proximité de l'élection présidentielle et le contexte, je dirais, assez chaotique de la politique nationale fait que ça va peut-être bouleverser un peu les choix des Français. On va voir, ça va être intéressant.
Mathieu, il y aura une nationalisation du scrutin ?
Le local, d'expérience ou en tout cas l'observation des faits est là, le local écrase toujours tout pour des élections municipales. Ce qui ne veut pas dire que les élections municipales se tiennent en dehors d'un contexte politique national. Mais les enjeux locaux et les personnalités locales sont les premiers paramètres de déterminisme des électeurs. Pour autant, là on voit bien qu'on a un contexte très particulier avec un pouvoir exécutif national en fin de règne très impopulaire. On n'imagine pas que ça n'ait pas un impact sur les candidats du camp macronien aujourd'hui. Peu implantés localement en plus. Ceux qui sont peu implantés localement en particulier.
Et la question effectivement est de savoir si ces élections municipales vont être pour la première fois une forme de réalignement entre les dynamiques politiques locales et les dynamiques politiques nationales. On sait que, et c'est un des éléments de notre crise démocratique actuelle, les forces politiques nationales ne sont pas les forces politiques locales. Au contraire, il y a un découplage total entre les deux. La France insoumise et le Rassemblement national qui sont les principales forces politiques aujourd'hui, en tout cas, si on en croit les sondages y compris à l'approche de la présidentielle, sont totalement faibles localement.
Alors, est-ce que le RN, enfin, qui reste aujourd'hui de très loin le premier parti dans ce pays, va avoir l'implantation locale qui lui fait défaut depuis toujours ? Les quelques villes dont on parle qui pourraient basculer du côté du RN, en réalité, ne sont pas tellement plus nombreuses et très différentes de celles que le Front National en 1995 avait commencé de gagner. Le RN, c'est quand même très étonnant. C'est le parti qui fait de l'ancrage, de l'ancrage national mais donc aussi de l'ancrage local, sa boussole idéologique et c'est celui qui dispose du moins d'ancrage en réalité dans la vie politique locale.
Alors, est-ce que là, pour le coup, il va y avoir un réalignement pour la première fois ?
Cette différence entre les scrutins nationaux et les scrutins locaux ?
Leur implantation locale a toujours été difficile. La grosse différence, c'est que désormais, ils sont au moins implantés à travers l'Assemblée nationale. Ils ont plus d'une centaine de députés qui se baladent sur le terrain.
Et ça peut jouer aux municipales ?
Et précisément, on va voir si, pour la première fois, alors qu'ils disposent d'une force parlementaire importante, ça va se traduire en siège aux élections municipales. Rappelons qu'en 2020, le RN a beau être une grande force politique, il n'avait pas eu les moyens de présenter des candidats dans la moitié des villes ou à peu près. Et je dirais même question pour LFI. LFI n'a absolument aucune implantation locale. On verra si les divisions de la gauche aujourd'hui peuvent produire une implantation locale pour LFI.
Et on parlera des municipales de ce congrès des maires à suivre toute la semaine sur notre antenne. On termine par l'histoire du jour. L'histoire du jour, elle est à la une du bien public aujourd'hui. C'est celle d'un ancien mineur isolé devenu patron, Edwin Higuelequeux, qui a repris une boulangerie à Dijon. Il raconte son parcours au journal « Je suis né au Nigeria mais j'ai dû quitter mon pays car je n'étais plus en sécurité à cause de l'instabilité politique », dit-il à 17 ans. Il embarque dans un bateau de fortune qui mène des migrants jusqu'en Libye, puis en Italie, puis en France.
Et sur les conseils de ses éducateurs, il cherche un apprentissage « Comme j'aimais bien le pain pour me nourrir et nourrir les autres, j'ai opté pour la boulangerie ». Il fait donc son apprentissage et au moment de prendre sa retraite, son patron pense à lui pour lui transmettre sa boulangerie. Il a passé un an à ses côtés pour que la transition se passe bien. Le nouveau patron qui s'est construit une nouvelle vie, va notamment au concert, il va voir les matchs de foot et il avoue se sentir encore nigériant et espérer retourner un jour dans son pays. Voilà pour la belle histoire du jour à la ligne du bien public. Merci beaucoup Yves Tréard. Merci.
Merci Mathieu Soukert d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis.
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