Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewrtl-fr· 24 juin 2026 8 min

Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, est l'invité d'Anne-Sophie Lapix.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

L'invité d'RTL Soir

0:03
Vincent Jeanbrun

Notre grand invité RTL Soir est le ministre du logement Vincent Jambrun qui présentait aujourd'hui son projet de loi Relance Logement en Conseil des Ministres avec pour objectif de créer 2 millions de logements d'ici à 2030, soit 100 000 de plus par an. Bonsoir Vincent Jambrun.

0:19
Présentateur

Bonsoir.

0:20
Vincent Jeanbrun

Il a fait plus de 40 degrés aujourd'hui dans les rues de Paris. Dans les appartements sous les toits c'était plutôt 45 degrés. A cette température on ne dort pas, on ne vit pas, on a des maux de tête. Alors je vous décris l'enfer des bouilloires thermiques. Alors que vous nous annoncez que grâce à votre loi elles vont rester sur le marché. C'est l'habitat indigne qui marque un point ?

0:39
Présentateur

Certainement pas. C'est tout l'inverse et merci de nous donner l'occasion de le préciser. L'objectif c'est de rénover ces passoires et ces bouilloires thermiques. Pour ce faire on passe un contrat avec les propriétaires de ces bouilloires ou passoires qui mettent en location leur logement. et on leur dit on vous donne un délai pour pouvoir réhabiliter ces logements, les rénover complètement et faire en sorte que ce soit plus des bouilloires thermiques, plus des passoires thermiques.

1:04
Vincent Jeanbrun

Mais concrètement comment ça se passe ? Vous allez les poursuivre ensuite ?

1:08
Présentateur

Parce que ceux qui aujourd'hui critiquent cette mesure, qu'est-ce qu'ils proposent ? Ils proposent qu'on mette 700 000 familles à la rue.

1:14
Vincent Jeanbrun

C'est ce que vous aviez décidé en fait dans une précédente loi il y a 5 ans seulement.

1:18
Présentateur

En l'occurrence il y avait effectivement cette indécence. Moi je suis ministre depuis 6 mois. Fort de ce constat, notamment du fait que beaucoup de propriétaires n'ont pas pu faire les travaux, soit pour des problèmes de solvabilité, c'est-à-dire de capacité à financer les travaux. Et on pense notamment aux personnes âgées à plus de 85 ans. Si vous allez voir le banquier en disant je voudrais un crédit pour rénover le logement avec plus de loyer en face pour rembourser, ça ne marche pas.

1:41
Vincent Jeanbrun

700 000 logements, ça ne concerne pas seulement les propriétaires retraités de 85 ans ?

1:45
Présentateur

Non, c'est vrai, mais c'est un des sujets. Le deuxième sujet, c'est les copropriétés dans lesquelles il est parfois difficile d'obtenir un vote pour la rénovation de la copropriété. On va corriger ça dans le texte de loi. Et parfois la solvabilité des propriétaires est complexe. Et là, pareil, on va changer la règle pour pouvoir faire en sorte que ce soit la copropriété qui emprunte, ce qui se solvabilise. C'est important parce que ça veut dire quoi ? C'est-à-dire qu'on se donne un peu plus de temps, mais pour pouvoir réussir à rénover ces 700 000 logements.

2:11
Vincent Jeanbrun

Mais c'est vrai que ça arrive un petit peu à contre-temps, parce que vous donnez du temps au moment où justement on a un focus sur ces bouilloires thermiques et sur la souffrance des gens qui y vivent.

2:18
Présentateur

Mais j'entends, mais c'est justement, c'est là où il faut dire, c'est parce qu'il y a cette souffrance qu'on doit trouver les moyens de manière pragmatique et efficace d'avoir cette rénovation.

2:26
Vincent Jeanbrun

Il y aura des amendes contre ceux qui n'auront pas réalisé les travaux au bout d'un moment.

2:30
Présentateur

Il y aura d'une part un engagement, c'est-à-dire que pour pouvoir louer le logement, le relouer, il faudra avoir un contrat avec une entreprise en bonne et due forme et avoir payé la compte. Ça, c'est une première chose. Et ensuite, évidemment, la justice, si elle est saisie par le locataire, pourra non seulement sanctionner le propriétaire et même aller jusqu'à demander des remboursements de loyer. Et donc oui, effectivement, il y aura un contrôle, parce que c'est un engagement moral gagnant-gagnant. Le propriétaire, il y gagne parce qu'il peut continuer à louer, et grâce à ses loyers, à financer la rénovation de son logement.

3:00
Vincent Jeanbrun

C'était déjà le cas.

3:01
Présentateur

Le locataire est gagnant parce qu'on améliore les conditions d'habitabilité du logement. Et puis, l'économie française est gagnante parce que ça permet à nos artisans d'avoir plus de chantiers. Non, ce n'est pas l'indécence. Mais j'insiste vraiment parce que c'est une caricature qui est injuste parce que ce n'est pas du tout...

3:16
Vincent Jeanbrun

Ça ressemble un petit peu à un recul en matière de lutte contre les bouleurs thermiques.

3:19
Présentateur

Non, c'est un souci d'efficacité. Parce que je vais vous dire, si on avait juste décalé, si on avait dit, bon, allez, on donne à tout le monde 3 ans de plus, 5 ans de plus, dans les mêmes conditions qu'avant, c'était un recul. Là, c'est la contrainte en pose différente qui est proposée. Là, c'est un contrat en bonne et due forme avec sanction à l'appui. Mais dire à des personnes qui n'ont pas la possibilité d'isoler leur logement, si la copropriété ne fait pas les travaux, vous ne pourrez plus louer et on ne vous aide pas, ce n'est pas juste non plus. Et donc, on a ce souci-là. Et de manière générale, vous savez, le plan logement, c'est plus de millions de logements d'ici 2030.

Et quand on produit du logement avec une lettre DPE A, on est sur des logements qui supporteront mieux les canicules et les grands froids. et c'est utile.

3:58
Vincent Jeanbrun

Vous allez ouvrir les aides de MaPrimeRénov' à davantage de travaux pour ce qu'on appelle le confort d'été ?

4:03
Présentateur

Oui, absolument. On continue à accompagner les familles dans la rénovation globale de leur logement. Et dans ce cadre, on va mieux financer encore les volets, la lutte contre la chaleur de manière générale, tout ce qui est ventilation, etc.

4:16
Vincent Jeanbrun

Puisque vous parlez des volets, vous entendez faciliter les travaux dans les vieux immeubles où pour faire des travaux, ajouter des volets, il faut l'accord des architectes des bâtiments de France. Ce ne sera plus un accord ? Ce sera un avis ?

4:29
Présentateur

Là, on est sur deux sujets différents. Pour ce qui est la production du neuf, on va créer un choc de simplification avec ce qu'on a appelé des opérations d'intérêt local. Là, quand on construit du neuf, on a la possibilité d'aller beaucoup plus vite. Les architectes des bâtiments de France pourront donner leur avis, mais c'est le maire et le préfet qui pourront avoir l'avis définitif. Donc ça, c'est pour le neuf. Ensuite, sur les logements anciens, on n'est pas sur quelque chose qui est écrit dans le projet de loi parce qu'en réalité, c'est quelque chose qui doit pouvoir se faire uniquement dans la discussion avec les architectes des bâtiments de France.

Mes collègues de la culture ou de l'environnement partagent le souhait qu'on puisse se mettre autour de la table et qu'on essaie d'être... Ce n'est pas encore acquis. Ce n'est pas acquis, mais c'est important que les architectes des bâtiments de France qui ont un rôle important dans notre pays, préserver le patrimoine, puissent eux-mêmes être porteurs de la solution pour voir comment on arrive à conjuguer le souhait de préserver le patrimoine et la nécessité d'une habitabilité renforcée de nos logements.

Dit autrement, comment on installe intelligemment des volets sur de l'osmanien parce que dans la configuration climatique qu'on connaît, il va falloir qu'on se protège mieux l'hiver et mieux l'été. Et donc, je suis convaincu qu'on peut trouver un chemin pour répondre à cette exigence et plus opposer habitabilité et patrimoine.

5:43
Vincent Jeanbrun

Pour les logements sociaux, c'est le maire qui va être tout puissant avec ce nouveau projet de loi. Il va notamment pouvoir dire oui ou non dans l'attribution de ces logements sociaux. Selon vous, ça va inciter les maires à autoriser plus de HLM ?

5:59
Présentateur

Alors d'abord, les maires ne vont pas être tout puissants, mais on les met effectivement au centre...

6:02
Vincent Jeanbrun

Ils ont un droit de veto, ils peuvent choisir qui va rentrer dans les logements sociaux.

6:04
Présentateur

Évidemment, c'est plus encadré que ça. Le droit de veto est uniquement pour les personnes qui seraient condamnées et susceptibles de causer des troubles à l'ordre public. Et ça, c'est mon expérience de maire. Moi, j'étais maire de l'Ailey Rose pendant dix ans. Quand vous avez une personne victime de violence qui voit son bourreau réemménagé dans l'immeuble d'en face et donc qui va être condamnée à le croiser tous les jours dans la rue, ça ne fait pas sens. Ça rend nos concitoyens fous.

6:26
Vincent Jeanbrun

Bien sûr. Leur liberté de choix se limite à ça.

6:30
Présentateur

Sur le droit de veto.

6:32
Vincent Jeanbrun

Juste à ces cas précis.

6:33
Présentateur

Condamnées. Tout à fait. Condamnées et susceptibles de causer un trouble à l'ordre public. Le maire est premier magistrat de la ville. On veut lui donner ce pouvoir-là. Pour le reste, sur les attributions de logement, on lui conforte son rôle dans les commissions d'attribution. Mais ce n'est pas lui qui décide tout seul. Ce n'est pas le maire qui décide quelle personne aura quel logement. Mais en revanche, on renforce son rôle dans les critères d'attribution. S'il veut favoriser les personnes habitant sa commune ou les personnes venant travailler sur sa commune, c'est une chose. Et par ailleurs, aujourd'hui, il y a un quota d'attribution de logement qui est géré par les préfets.

Et l'idée, c'est que ce ne soient plus demain les préfets qui le gèrent, mais que ce soit les maires volontaires qui puissent dire « Moi, je pense que je peux mieux piloter encore ce quota. Je veux le tenter. » Et évidemment, il y a des critères et on ne peut pas faire n'importe quoi avec ça.

7:19
Vincent Jeanbrun

Pour augmenter de…

7:20
Présentateur

Effectivement, si ça permet au maire de dire aux habitants « En fait, on va pouvoir mieux favoriser les jeunes qui veulent décohabiter, les personnes âgées qui ont besoin d'un logement social plus petit ou plus accessible, si on peut mieux loger nos travailleurs sur la commune. » Je pense que c'est de nature à faire en sorte que les habitants, comme le maire, aient plus envie de produire du logement social. Or, on en a besoin, comme on a besoin de tous les logements qui font le parcours résidentiel.

7:43
Vincent Jeanbrun

Merci beaucoup, Vincent Jean-Brun, ministre du Logement, qui présentait donc aujourd'hui le projet de loi Relance Logement. Merci. Merci. Dans un instant, pardon, on retrouve la petite bande d'RTL Soir, l'info spéciale Coupe du Monde qu'on a failli manquer. C'est le gros coup de pub d'un déodorant. Le petit phénomène, c'est un jeu en ligne qui cartonne les échecs. Et puis la tentation du soir, c'est le retour des petits êtres jaunes adorables avec ses grands yeux, vous savez, les mignons. A tout de suite.

8:09
Présentateur

Bonne soirée sur RTL et elle.