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Audition parlementaireyoutube.com· 22 novembre 2024 81 minContradictoireActualité / polémiqueCulture, médias & sportSolidarités & familleJusticeNumérique

🔴Table ronde avec Laure Adler, Raphaëlle Bacqué, Samuel Blumenfeld & Constance Vilanova, journaliste

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 23 %Attaque 25 %Défensif 52 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:24OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous travaillé sur ces sujets ? Quels mécanismes avez-vous observés dans l'audiovisuel et le cinéma ?

  • 22:54OuverteRéponse directe

    Quelle réflexion sur l'injonction contradictoire entre prise de conscience sociétale et persistance de pratiques violentes ?

  • 29:31OuverteRéponse directe

    Pensez-vous que les représentations des femmes dans l'industrie du cinéma et de la téléréalité ont vraiment changé ?

  • 30:59OuverteRéponse directe

    Y a-t-il des différences entre la France et les États-Unis sur ces sujets ?

  • 34:38FerméeRéponse partielle

    Quels contrôles l'ARCOM peut-il exercer sur les programmes de téléréalité ?

  • 36:54OuverteRéponse directe

    MITou a-t-il changé les pratiques journalistiques dans le recueil et la restitution des témoignages ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:50Raphaëlle BacquéFait
    « Les violences sexuelles, c'était le lot quotidien. Quand on arrivait à la radio et qu'on était débutante, c'était quelque chose qui était accepté. »
  • 11:34Raphaëlle BacquéFait
    « Tout le monde trouvait qu'il était extraordinaire, ce qu'il était et bien on fermait les yeux. »
  • 16:37Constance VilanovaFait
    « À partir des années 2010, de plus en plus de téléréalité qui visent les ados. Les boîtes de prod appellent ça des programmes after school. »
  • 1:01:25Fait
    « Est-ce que là je consens ? Est-ce que quand il me caresse le dos à 6h du matin et que je suis pas encore réveillée, est-ce que là je consent ? »
  • 1:02:09Fait
    « Est-ce que c'est bien parce que ça permet de protéger les jeunes filles de tout abus ou alors est-ce que c'est tellement prenant que ça empêche la possibilité du rapport de l'égalité femme homme dans le rapport amoureux ? »
  • 1:02:53Fait
    « On ne consent pas un rapport sexuel, on est d'accord, on a envie d'un rapport sexuel mais on ne consent pas. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

Nova pardon. Vous êtes journaliste indépendante et l'auteur de vivre pour les caméras qui montre comment la téléréalité a banalisé voir valoriser les violences sexistes et sexuelles. Madame Raphaël Baquet, vous êtes grand reporte au monde et être la coautrice d'une affaire très française. Une enquête consacrée à l'affaire de Part Dieu. Comme vous le savez, notre commission d'enquête cherche à faire la lumière sur les violences commises contre les mineurs, les majeurs dans le secteur du cinéma, de l'audiovisuel, du spectacle vivant notamment. Nous sommes ravis de vous accueillir dans cette commission pour recueillir le fruit de vos réflexions et investigations, notamment en ce qui concerne les mécanismes à l'œuvre dans le secteur de la culture. Je rappelle que cette

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audition est ouverte à la presse, qu'elle est retransmise en direct sur le site de l'Assemblée nationale. Avant de vous laisser la parole et d'entamer nos échanges pendant environ 1h30, je vous rappelle que l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires impose aux personnes entendu par une commission d'enquête de prêter serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Je vous invite donc à lever la main droite, à allumer votre micro et à dire je le jure. Merci. Moi aussi je le Merci. Alors, une petite précision, c'est que les micros ici sont faites pour apaiser les débats, donc ils ne peuvent pas s'allumer ensemble de sorte qu'une seule personne [rires]

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peut parler, ce qui perturbe beaucoup le monde audiovisuel et cinématographique que nous auditionnons. Je voudrais dire en préalable avant de vous laisser la parole que nous allons auditionner aussi Mediapart qui a aussi évidemment été un des acteurs importants mais que ce sera lors d'une autre audition. Peut-être puis-je vous laisser la parole en préambule pour nous dire un peu comment vous avez travaillé sur ces sujets, ce que vous avez vu, ce que vous avez entendu, comment vous avez travaillé, les difficultés auxquelles vous avez été confronté et peut-être aussi non pas les témoignages mais en fait ce que ce que disaient ces témoignages de l'état de l'audiovisuel et du cinéma en

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matière de violence sexiste et sexuelle. Je peux parler en tant que très vieille dame parce que j'ai commencé très jeune dans le service public. J'ai aujourd'hui 74 ans et j'ai commencé à l'âge de 18 ans par hasard à travailler dans le service public à Radio France et dans une chaîne qui s'appelle France Culture. Ce que je peux dire en préambule c'est que les violences sexuelles, c'était le lot quotidien. Quand on arrivait à la radio et qu'on était débutante, c'était quelque chose qui était accepté. Et je dois dire à ma grande honte, mais je vous dois la vérité, que c'était accepté

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aussi par nous les filles. Alors que alors que au même moment, je m'éveillais au féminisme. J'étais adhérente du mouvement de libération des femmes. J'allais aux Runions tout le temps. J'allais tous les dimanches militer. Et ces deux appellations, ces deux manières de vivre cohabitaient à l'intérieur de moi et je n'étais pas la seule. Et pourquoi ? J'ai essayé de réfléchir là-dessus. Maintenant que Radio France a fait beaucoup beaucoup de progrès, même si les progrès ne sont pas encore terminés, c'est parce que la honte nous animait et que il était pas il était extrêmement difficile, voir

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quasi impossible pour moi et aussi pour certaines de mes amies IES de dire qu'on subissait des agressions sexuelles très souvent parce que et ça c'est bien connu dans l'argumentation qu'on entend à loisir, c'est que quand on reçoit ou quand on subit une agression en raison de son sexe, c'est parce qu'on l'a bien voulu, c'est parce qu'on l' peut-être même on l'a cherché. Donc on essaie de s'habiller autrement, on essae de parler autrement, on essaie de s'effacer complètement. Nous avions développé, j'emploie le N parce que j'étais pas toute seule à

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l'époque, nous avions développé des tas de stratégies pour pouvoir éviter, c'était d'ailleurs très difficile de les éviter ces violences sexuelles. ces violences sexuelles sont allées jusqu'au point, en tout cas en ce qui me concerne que l'émission dans laquelle j'étais d'abord collaboratrice puis ensuite lectrice de fiches parce que j'ai commencé au niveau le plus bas et évidemment au niveau le plus bas, j'ai eu le plus d'agression et plus je montais dans les échelons, moins j'en avais. forcé de le constater puisque je suis rentrée comme sténodactilo et je suis arrivée au statut de directrice. Au statut de directrice, j'ai subi beaucoup de violence mais pas des violences

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sexuelles. Donc ça c'est intéressant de le souligner mais j'ai quitté la radio à la suite d'un incident où mon producteur qui était mon patron après avoir suivi les différentes étapes et avoir eu intronisation suprême pour lui, c'est-à-dire l'accès au micro, euh il il a tout essayé avec moi et et y compris de me déstabiliser en direct à la radio et très violemment puisque J'avais 3 minutes pour ouvrir l'antenne et en 3 minutes, j'ai la tendance pourtant même dans cette durée si contracté, j'ai toujours peur de me répéter. Donc, je n'écrivais pas mes papiers, mais je

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faisais une sorte de synthèse sur un petit bout de papier. Et voyant qu'il ne que je n'acceptais pas ses avances persistantes et de plus en plus violentes, il a décidé de m'attaquer sur le plan professionnel et donc il a avec son coude fait glisser ce papier pour me faire perdre tous mes moyens. Et à partir de ce moment-là, je suis partie de la radio. Je n'ai rien dit à personne. Je suis rentrée chez moi. J'ai pleurer toute la soirée la la journée du lendemain. J'ai décidé de quitter Radio France. Vous voyez à quel point la honte était intégrée. Maintenant, ce n'est plus le cas. Euh il y a eu beaucoup de violence à

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l'intérieur de Radio France et notamment euh dans la chaîne de France Interre dans laquelle j'ai travaillé pendant très longtemps et dans laquelle je travaille toujours encore en ce moment, même si je je n'y suis plus de manière quotidienne et forcé de constater que la présidence de Radio France il y a maintenant 5 ans à la suite de scandales répétés de producteurs ou de personnes journalistes de la rédaction qui exerçaient leur violence sexuelle envers des filles généralement qui venaient d'arriver à la maison de la radio, qui n'avaient pas beaucoup de diplôme, qui n'avaient pas beaucoup d'expérience et cetera, mais qui parlait donc vive le mouvement féministe parce qu' nous a

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permis une solidarité et une possibilité d'expression. Maintenant, à tous les étages, vous avez une personne qui est qualifiée pour écouter les violences sexuel dont sont l'objet les collaboratrices. Ça ne suffit pas parce que le silence continue et personnellement, j'ai encore des confidences que je vais confier en tant que médiatrice aux personnes qui pour le moment sont sont en charge de responsabilité de la part de personnes qui ne peuvent pas s'exprimer. [grognement] Mais je dirais que beaucoup beaucoup de choses ont été faites mais que la honte qui couvre les personnes qui sont

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l'objet de ces violences sexuelles, elle persiste encore à l'intérieur des jeunes générations avec qui j'ai la chance de pouvoir encore beaucoup beaucoup échanger. Je vous remercie madame Baquet. Euh alors je vais je vais pas parler de mon cas personnel parce que comme toutes les femmes, j' connu les violences sexuelles, mais moi j'ai eu une vieille journaliste qui m'a accueilli quand j'ai débuté avec ce très bon conseil que j'ai appliqué consciencieusement qui m'a dit à chaque fois que tu te rends emmerder par un type, c'était pas tellement dans le milieu de la presse écrite mais c'était à l'extérieur dans le milieu politique beaucoup. Tu leur diras ça ferait un excellent papier dans le journal. ce que j'ai fait conscientieusement et je peux vous dire que c'est comme une douche froide sur

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les ardeurs les plus euh virulentes. Donc voilà, en revanche, je reviens à votre sujet qui est le milieu du cinéma sur lequel j'ai enquêté. Ce j'ai enquêté sur ces sujets dans plein d'autres milieux et évidemment on le sait bien, les violences sexuelles d'ailleurs obéissent presque toujours au même au même principe qui est le pouvoir sur quelqu'un qui n'en a pas. C'est quand même d'abord ça. Dans le milieu du cinéma, ce qui frappe, c'est justement un milieu incroyablement hiérarchisé où les rapports de pouvoir sont très visibles. Il y a les stars, les réalisateurs et puis en dessous des gens

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qui sont précaires et un nombre très important de petites mains qui sont souvent des intermittents du spectacle. Euh c'est vrai que ce sont souvent d'abord des femmes et souvent elles qui sont des victimes parce que justement on ne s'attaque pas à Catherine Deuve hein mais on s'attaque à des femmes qui sont des maquilleuses, des habilleuses ou des figurantes ou des ou des des petits rôles et qui évidemment peuvent être écartés du jour au lendemain. Ce qui m'a intéressé dans le cas de Gérard Pardieu, c'est que évidemment on avait face à nous d'abord l'acteur français le plus connu à l'étranger, un acteur extraordinairement

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admiré, un grand acteur et ça compte beaucoup. C'est-à-dire que il était à la fois très puissant. Je parle au passé parce que aujourd'hui sa carrière est derrière lui, mais [raclement de gorge] il était à la fois très puissant. Sur son nom pouvait se monter évidemment des films et très admiré. Je pense que l'admiration est un élément très important et on a un homme qui euh ne s'est jamais caché. Il y a parce que euh je voyais que dans vos questions, est-ce que les équipes étaient au courant ? Mais pas seulement les équipes, la France entière. On a retrouvé des tas de reportages qui sont diffusés au journal de 20h où on voit Gérard de Pardieu distribuer des mains aux fesses, tenir ses propos graveux et je ne parle pas

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des des récentes images diffusées par complément d'enquête, des images qui datent des années 80 au moment où il est au fait de sa gloire et il peut être les deux. C'est-à-dire qu'il peut jouer la mort de Sirano et vous faire pleurer de de d'émotion. Et dans la minute où la caméra est éteinte, il peut effectivement mettre sa main dans la culotte de la maquilleuse. C'est ce qu'il a fait quasi systématiquement. Ce qui est intéressant, c'est qu'effectivement, pourquoi est-ce qu'il a pu le faire ? [grognement] Et je pense que l'admiration qu'il suscitait est un des éléments très importants en plus de son pouvoir. S'il avait été un acteur médiocre, il aurait été viré des tournages parce que son comportement

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était insupportable. Mais comme tout le monde trouvait qu'il était extraordinaire, ce qu'il était et bien on fermait les yeux. Or, c'est vrai qu'il a rendu complice des équipes entières parce que il s'est rarement caché. Et ça ça m'a intéressé évidemment comme mécanisme parce que c'est un homme qui au contraire a fait de la conjugaison entre la plus grande poésie et la plus ignoble obscénité. sa marque de Fawek, il l'a fait tout le temps. Il peut vous dire un très beau poème et vous dire quelque chose d'ignoble derrière et il en rit et il fait rire le public. Alors le public c'était génial généralement les équipes de tournage mais tout le monde riait et donc tout le monde était complice. C'est ça qui nous

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a frappé avec Samuel Bloemenfeld quand on a enquêté, c'est que au fond personne ne parlait parce que tout le monde avait été complice bonhomant. Personne n'avait été vraiment choqué. Tout le monde considérait qu'il était rablésien, qu'il était tellement drôle que c'était ça de par Dieu, que ça allait avec son talent. Donc ça évidemment ce comportement là je ne crois pas qu'il puisse encore exister aujourd'hui. Et d'ailleurs même il y a encore 10 ans, toutes les grandes stars ne se comportaient pas comme ça tout de même. C'est il y a une caractéristique très spécifique à de par Dieu. Il y a aussi l'effet de l'alcool qu'on ne peut pas négliger. Il est très souvent ivre sur

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les tournages. Donc ce n'est pas une excuse. C'est même souvent un facteur aggravant mais c'est un fait en tout cas il est très souvent ivre sur les tournages. Donc c'est vrai que toute une partie du cinéma a a accepté ça. Pas tout le monde parce que il suffit qu'il y ait un cinéaste un peu solide qui tient ses équipes pour que Gérard de Pardieu ne se comporte pas comme ça. Donc donc avec Claude Sign s'est jamais comporté comme ça. Avec Jean-Paul Rapnoré comme ça. Donc des des metteurs en scène qui tiennent leur leur tournage, qui tiennent les équipes, qui installe aussi une forme de respect dû à

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tout le monde et bien ça s'impose y compris à la star. Donc euh ça c'est intéressant, c'est-à-dire que vous pouvez avoir quelqu'un qui vraiment a un comportement inadmissible et c'est le cas de par Dieu, il peut aussi euh lui-même se plier à l'autorité de quelqu'un qui est le metteur en scène. Et pourtant, très souvent, il peut contester ou en tout cas doubler cette autorité par ailleurs, c'est-à-dire dire comment il faut positionner la caméra, dire comment un tel ou un tel doit jouer. Donc il doit il peut il peut rivaliser sur la compétence du réalisateur mais il se plie à son autorité en tout cas quand celui-ci en a une. Donc ça, je pense que c'est assez

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visible, mais le l'extraordinairement hiérarchie du du milieu explique quand même beaucoup de comportement dans le milieu et on le voit bien, c'est un un milieu aussi, je parle en général bien sûr, tout le monde n'est pas comme ça, mais on le voit bien, qui tient des discours très très progressistes aux tribunes des festivals et puis qui par ailleurs a des comportements qui ne le sont pas du tout lors des tournages. Donc donc il y a une contradiction évidente chez beaucoup de gens du cinéma et c'est vrai que aujourd'hui toutes les toutes les affaires qui sortent heurtent de plein fouet des comportements qui ne paraissaient pas choquants il y a encore moins d'une dizaine d'années.

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Merci madame Constance Constance Villanova. Allez-y, je vous en prie pour moi moi j'ai des notesé. [rires] Allez-y. Euh donc moi, je suis journaliste indépendante et je travaille depuis 2021 sur le sujet de la téléréalité. Euh pourquoi ? Parce que déjà j'ai grandi avec. Je je adu compte en tant que journaliste que euh la téléréalité avait été un angle mort médiatique pendant 20 ans. [grognement] Donc j'imagine que vous n'êtes pas tous fueru des anges de la téléréalité. Donc je vais vous faire un petit historique pour mieux comprendre tout ça. Euh donc en 2001, le Loft débarque sur M6, c'est

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un ran de maré, les audiences sont sont énormes. Euh et la presse s'emballe de de libération au cahier du cinéma en passant par le Figaro. Et puis après plus rien. C'est-à-dire que pendant 20 ans, plus d'articles dans les médias institutionnels, disons, les journalistes se sont complètement écartés de ce registre. peut-être parce qu'il était trop populaire. En tout cas, en parallèle, le phénomène, il grossit. Donc sur les chaînes de la TNT, vous allez avoir à partir des années 2010 de plus en plus de téléréalité qui visent les ados. Les boîtes de prod appellent ça des programmes after school, donc il sont assez transparents. Donc des programmes diffusés à l'heure

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du goûter qu'on appelle des des programmes de vie collective qui sont diffusés sur les chaînes de la téléréalité. Donc des c'est cela enfin c'est c'est ceux que je regardais personnellement. Et et donc le concept il est simple, on a des bandes de jeunes qui vivent en en communauté qui sont filmées pas 24 he sur 24. L'idée en de ça, c'est de quand même fil de de voir des couples se former et de de voir des grosses disputes se faire. Et à partir de 2010, un phénomène se met en place. Euh, il y a une professionnalisation des candidats. Candidat devient un métier et on est face à une industrie énorme. C'est-à-dire que tous les jours depuis 2010 à 17h30, de 17h30 à 19h sur la TNT, vous avez un programme de téléréalité.

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Euh selon selon l'ARCOM, en 2021, l'ensemble de la téléréalité d'enfermement sur une période de 10 ans, c'est 17113 he d'images. Donc des images qui ont été complètement laissées à la presse scandale, qui ont pas été analysées. Même dans le milieu universitaire, c'était très difficile de de proposer une thèse ou un master sur ce registre là. Euh en 2017, donc en pleine vague Mitou, les les candidates de téléréalité ne sont pas prises en compte. Pourtant, elles ont parlé auparavant, mais elles n'ont pas été écoutées. Elles ont parlé sur leurs réseaux sociaux, elles ont parlé auprès de blogueurs, mais mais les médias ne se sont pas emparé de leurs paroles. Pourtant, elle raconte des tournages très très violents, des climats de tournage où règnent une culture du viol

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et où des prédateurs sont remis à l'écran parce que ce sont des candidats dit emblématiques qui fédèrent le public. Euh par ailleurs euh la majorité des candidates parce que je me suis surtout intéressée aux candidates viennent de milieu très populaires. Elles ont quasi toutes vécu des violences intrafamiliales et ou sexuelles. Euh elles sont castées à peu près à 18 ans. Elles ont arrêté les études très tôt et donc on leur fait miroater euh une vie de paillett de l'argent facile et on leur propose de prendre l'ascenseur social et et je pense qu'on en reparlera pendant pendant les questions. Et comme je disais, oui, le dispositif même de ces émissions les met en danger parce que pour exister dans ces programmes face à des à ces candidats masculin toujours plus âgé d'ailleurs parce que

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quand on est un homme, on sait les rééalités, on peut faire carrière jusqu'à 40 ans. Quand on est une femme, ça s'arrête à 25 ans. Euh il faut se mettre en couple. Donc les femmes se forcent à faire couple pendant ces émissions. Euh les hommes eux sont des donjants éternels, qui ne peuvent pas réprimer leur pulsion. Euh et puis en parallèle à tout ça, ces jeunes femmes, à force de de passer à l'écran, de se voir à l'image, elles vont modifier leur corps. Euh la chirurgie esthétique, elle est partout et elle mène à des dérives incroyables qu'on qui ont été euh particulièrement décrites dans le Parisien. Euh donc il y a une banalisation auprès du public euh de la chirurgie. Euh je vais je vais juste vous dire quelques enfin il y a eu quelques faits de violence qui sont

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assez révélateurs euh pour qu'on se fasse une petite idée. En 2016, le CSA reçoit 2000 signalements pour euh une séquence diffusée par les anges de la téléréalité. On y voit une jeune femme qui s'appelle Aurélie Preston et un candidat Ricardo Pinto qui jette son matelas par la fenêtre après avoir uriné dessus. Enfin du moins après lui avoir menacé d'uriner dessus et lui dit "Je vais te faire vivre un enfer." Euh en 2021 éclate l'affaire Ilan Castronovo. C'est un candidat emblématique. Il a 13 émissions au compteur. Euh il est accusé par trois candidates d'agression sexuelle. Une des agressions sexuelles aurait eu lieu sur un tournage. Elles avaient déjà évoqué l'affaire des années plus tôt. Ce n'avait pas été pris en compte par les boîtes de production. Euh au moment même

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où l'affaire éclate, Ilan Castronovo, il est à la télé, il est dans une émission qui s'appelle Les Princes de l'Amour qui est une émission de dating. Euh on on lui présente en fait des jeunes femmes. Donc au moment où l'affaire éclate, ce candidat est toujours sur W9. Et en 2022, je suis je suis contactée euh par deux jeunes femmes euh qui ont rencontré ce candidat en boîte de nuit alors qu'il était en représentation, donc en tant que candidat. et euh et tous deux m'ont toutes les deux, je le dis dans un dans une enquête pour Mediapart, m'ont raconté les viols qu'elles ont subis pendant cette soirée en boîte de nuit euh et une instruction est toujours en cours au parquet de Blois. On peut citer aussi Colanta en 2018 avec le tournage de la saison 19 qui a été interrompue

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parce qu'il y a eu une agression sexuelle pendant le tournage. Il y a également beaucoup de candidats mis en cause dans des effets de violence conjugale. En décembre 2023, l'un d'entre eux, Julienbert, a été d'ailleurs condamné à ce sujet-là pour violence sur son ex-copine qui est elle-même candidate. Et en mars 2024, donc récemment, l'influenceur et ex-candidat Adrien Laurent a été visé pour une plainte pour viol au pluriel. Les faits seraient venu survenu en Australie. Euh et pourtant, il a fallu attendre 2021 pour que la presse s'empare de de la question de la téléréalité, mais pas pour des questions de violence sexuelle. Euh les en fait, on s'est intéressé à la téléréalité euh parce que euh ces euh ces candidats devenus influenceurs arnaquaient euh

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leurs abonnés. Euh donc vous avez dû en entendre parler, c'est l'affaire dite des influleurs qui a été portée par le rappeur Booba et à grand coup de de harcèlement d'ailleurs. Euh et cette affaire, elle a mobilisé les députés, elle a découlé, elle elle a donné naissance à une loi, la loi du 9 juin 2023. Il a fallu que des consommateurs se sentent laisés pour que la téléréalité soit évoquée à l'assemblée. En revanche, que des jeunes femmes vivent des violences sexuelles pendant des tournages, ça ça n'a pas ça n'a pas donné lieu à des à un sujet. [grognement] Euh donc voilà, en fait ça fait 20 ans qu'on reconduit à l'écran des candidats dangereux dans une course vraiment effrainée à la séquence, à l'image. Euh les boîtes de production, elles mettent en danger des jeunes femmes en leur

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faisant miroiter des rêves de paillettes et elle et elles reconduisent donc ses candidats dangereux. Et le tout s'est fait à l'abri de toute surveillance médiatique et parentale parce que c'est des programmes qui sont diffusés quand les parents généralement travaillent. Euh donc pendant 20 ans, voilà, des centaines de milliers d'ados ont été exposés à un discours misogyne et à des violences qui étaient filmées et séquencé, voire parfois diffusé au zapping sans problème. Et donc je pense que c'est il faut vraiment plus surveiller ce registre là. Voilà. [grognement] Merci beaucoup. C'est une c'est un bon cadrage à toutes les trois de notre problème et enfin du moins de ce qu'on essaie de de dénouer dans cette commission. Je vais commencer par donner

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la parole à Eran Balanon qui est rapporteur de la commission. Merci madame la présidente. Votre le le témoignage que vous faites de la téléréalité montre un peu toutes les le paradoxe de notre société parce que en prenant vos trois témoignages, on a quelque chose d'assez intéressant, c'est que euh madame Baquet, vous nous dites à l'époque de de par Dieu, tout le monde savait tout ça glissait sur tout le monde parce que c'était pas si grave. On voit qu'il y a une prise de conscience dans la société. On voit que ce qui était toléré l'est plus. Et pourtant, on voit ce que madame Lauradler dénonce, la chosification du corps des femmes, l'addiction à la chosification du corps des femmes qui

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est exacerbé, médiatisé dans ces programmes de de téléréalité. Donc on a là comme une espèce de nœud gorgien de quelque chose qui qui nous semble assez insoluble et en même temps on voit que les choses évolue. Alors moi j'aimerais bien qu'on arrive à comprendre cette injonction contradictoire médiatique entre une tension de sociétale et une tension positive qui n'accepte plus ce qui était acceptable et puis la continuation à des heures de grande écoute sur des publics jeunes fragiles de pratiques qui

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sont celles d'un autre temps. On a peut-être un petit problème là d'injonction contradictoire qui qui nous fait tourner très vite tel le hamster dans sa cage en rond et nous permet peut-être pas d'avancer. Donc j'aimerais bien avoir une une réflexion, on n'est pas sur des questions très précises pour l'instant mais une réflexion sur cette sur ce fait de société. Qui veut commencer par répondre ? Madame Adler. Je je crois que vous avez tout à fait raison et que c'est un des grands problèmes que nous traversons aujourd'hui. C'est-à-dire que nous avons notamment grâce et encore mil merci à Mitou une plusieurs jeunes générations maintenant

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de filles qui ont pris conscience qu'elles étaient des sujets à part entière de notre société, que leur corps leur appartenait, que leur intimité leur appartenait et que toute agression était absolument insupportable et que d'autre part il y a une espèce de solidarité, de perception vitale de leur être sujet et non plus objet à l'intérieur de la société. Et en même temps, si j'ose dire, en même temps, il y a un mouvement économico euh socialau euh mercantile.

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Je ne sais pas très quel terme utiliser. C'est un comme vous l'avez dit, c'est un nœud. En tout cas, il y a quelque chose qui allie à la fois les nouvelles technologies, les réseaux sociaux, les représentations imaginaires et notre histoire des mentalités dans le rapport entre les sexes. Et et de ce côté-là, il y a une choséification du corps des femmes qui est présentée comme étant une sorte de modèle structurel structurel archaïque. Et là, je je voudrais citer une anthropologue que j'admire énormément qui s'appelait Françoise Hitier qui était professeur au

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Collège de France qui a succédé au Claude Lvistros qui a été beaucoup plus loin Claude Lvistros sur sa théorie de la prohibition de l'inceste et notamment sur le rapport masculin féminin. Elle a écrit deux gros volumes qui s'appellent féminin masculin 1 et 2. Et à l'intérieur de sa problématique d'anthropologue, elle dit que la différence sexuelle continue à structurer nos sociétés. Je parle même pas du non Occident, je parle de notre société occidentale là aujourd'hui pour dire que les nouvelles technologies, la vitesse de la propagation des informations,

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la sexualisation des corps des jeunes filles de plus en plus tôt, le désir elle-même des jeunes filles véhiculé soit par leurs frères ou leurs petits amis. amur leur les personnes les plus proches, c'est de ressembler pour pouvoir séduire à ce qui est proposé dans ces réseaux sociaux. Et dans ces réseaux sociaux, ce qui est présenté comme étant la panassée d'une sexualité épanouie et même conquérante, c'est-à-dire que la dialectique est à ce point vénéneuse, qu'on va pouvoir faire croire à des jeunes filles qu'elles sont maîtresses

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de leur sort et de leur image en disant qu'elles veulent être comme ça. Bah c'est la Bimbo girl, c'est la fille impubère, c'est celle qui a une taille de guêpes, qui a des grosses fesses, qui a des une grosse poitrine et cetera et qui ressemble très très étrangement aux modèles les plus archaïques des déesses de la fertilité dont nous parlait Françoise Héritier. Donc il y a une conjonction, un nœud pour reprendre votre expression qui est extrêmement compliqué à à dénouer mais en tout cas je ne vois pas comment il pourrait être dénoué autrement que par l'augmentation de la prise de conscience des jeunes filles, d'une éducation de plus en plus

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en amont, y compris à l'école primaire et peut-être même à l'école maternelle. et que cette prise de conscience passe évidemment par une émancipation et une certitude que les filles sont des sujets à part entière de notre société. Merci. Euh alors madame Bquet, peut-être ma question va s'adresser en en priorité à vous. Moi, j'ai été très frappée, j'ai revu les valseuses il y a pas si longtemps que ça et je suis très frappée de l'image que cela donne de la culture du viol. Mais alors vraiment et donc en cela c'est au-delà du plateau de tournage que qu'il a rendu complice de son comportement les personnes, c'est la société dans son ensemble puisque finalement il a été

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valorisé dans un rôle euh dans lequel il était euh en tous les cas bordeur à tout moins avec les violences sexuelles. Euh moi, j'ai aussi été très frappée puisque je suis tombée encore par hasard euh sur un éléphant. Ça trompe énormément. Hm hm. ou pareil et alors que ça n'était pas de part Dieu, c'était Rochefort pour le coup. Euh pareil le les dès qu'une femme passait, il y avait euh cette idée que bah elle était à disposition et qu'on pouvait s'en servir comme tout. Donc ça [grognement] c'est ma première question, c'est pensez-vous que euh les représentations des femmes aujourd'hui dans l'industrie alors à la fois de téléréalité mais aussi de cinéma a véritablement changé, c'est-à-dire que est-ce qu'on a changé là-dessus ? Et

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l'autre question que je me pose, c'est je trouve que nous ne parlons pas suffisamment dans cette commission de l'affaire Johnny Dep qui a quand même été un moment extrêmement important de la de la fabrication d'un réseau masculin masculiniste et qui a euh j'avais lu ça était même préalable à l'apparition du masculinisme politique qui se révèle aujourd'hui dans le dans l'élection de Trump. Et donc la question que j'ai envie de vous poser, qui est aussi une question large, c'est que pensez-vous de de la situation en France par rapport à à la situation aux États-Unis et dans l'image autant que dans les comportements, y a-t-il quelque

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chose qui est en train de changer ? Moi, je suis pas ultra optimiste à vrai dire, mais je suis assez d'accord avec on le voit bien dans nos reportages, mais vous devez le voir dans vos circonscriptions. Il y a il y a une catégorie de jeune fille qui a complètement intégré l'égalité, l'émancipation, mit tout et et oui, ce sont nos enfants. [rires][souffle coupé] Et puis euh et puis il y a les autres. dans d'autres milieux sociaux, ce n'est pas du tout la même chose. Donc euh on le voit bien euh et ce que nous voyons sur les réseaux sociaux ou euh ou dans des émissions de téléréalité euh n'est que la représentation exacerbée et évidemment

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très spectaculaire mais de ce qui existe euh partout ailleurs. Donc donc ça c'est vrai, MITou n'est pas et à la fois une immense révolution dont on se félicite bien sûr, mais elle s'est pas installée dans toutes les strates de la société. Non, pas encore. Donc ça c'est ça me paraît assez évident et j'imagine que vous le voyez vous-même. C'est pas qu'une question de strade social hein parce que le tout le mouvement des trad des des des femmes traditionnelles, enf je sais pas comment on peut le dire en français euh traverse les classes sociales. He c'est pas qu'une question de c'est c'est une question de de politisation d'un sujet quoi en fait. Non, mais bien sûr, vous avez tout à fait raison, mais on a voulu croire

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qu'il y avait des une question de génération, c'est-à-dire que les jeunes filles tout d'un coup était beaucoup plus ça y est, elles s'affirmaient beaucoup plus, beaucoup plus fortes face aux jeunes hommes aux jeunes hommes qui eux-mêmes avaient changé, mais c'est pas du tout une question de génération. Euh donc je pense que c'est souvent une question sociale parce que c'est une question de pouvoir encore une fois bien sûr. Donc donc c'est ça qui est très frappant et et dans dans les reportages en tout cas c'est très évident. Madame Villanova, vous peut-être sur la téléréalité, ce qu'elle véhicule aujourd'hui encore ? En fait, il y a deux euh il y a deux sortes de téléréalités aujourd'hui. D'un côté, vous avez euh ce qui est fait euh par

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TF1 euh euh et demol, la Star Academy et Secret Story. Donc des retours d'émissions euh dites emblématiques euh qui sont diffusées tous les jours, donc un retour à la téléréalité d'enfermement. Et en Demol qui était aux manettes du LFT, je le rappelle, a pris le contre-pied total de ce qu'il faisait avant. [grognement] On donc les candidats doivent signer une charte avant de avant de participer. Le casting est complètement différent, il est beaucoup plus inclusif. On a des personnes racisées, ce qui est pas le cas en télé en général. Il est le la culture du clash parce que c'est un des motifs qui revient tout le temps dans ces émissions, le clash est interdit. Il y a un entretien avec un psychiatre, un psychologue et un médecin en amont, ce qui ce qui n'est pas fait.

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Euh sachant que dans la téléréalité euh qu'on voit sur la TNT euh il y a un entretien avec un PSI, mais ce PSI est payé par la boîte de production et l'entretien dure euh très peu de temps et c'est pas dans l'intérêt euh du psi de dire à la boîte de production que tel ou tel candidat est fragile. Euh et et ça se voit parce que c'est assez amusant. Il y a une séquence qui circule beaucoup sur les réseaux depuis hier de la Star Academy où on voit trois jeunes filles qui imitent le le mascul toxique et qui se mettent en scène et donc on voit que voilà, ça c'est une téléréalité peut-être plus inclusive et et qui reflète peut-être une génération, une partie de d'une génération. Et de l'autre côté, il y a Frenchy Shore qui est une émission de téléréalité ultra

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trash qui est produite par A Production donc qui était aux manettes des anges. Alors c'est une téléréalité qui est moins de 18 ans, qui est diffusée sur MTV et Paramount plus et où les candidates qui sont présentées comme consentantes et ayant une sexualité heureuse qui change passe leur temps à à pratiquer des féation sur d'autres candidats. Donc on est, [rires] excusez-moi, on est vraiment sur deux pôles complètement opposés. Et de l'autre côté, il y a une nouvelle téléréalité qui arrive là sur W9 en décembre qui s'appelle The Cerveau et qui la capitalise sur le mépris de classe. L'idée, c'est de faire des tests de culture générale, de faire passer des tests de culture générale à des

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candidats emblématiques de ce milieu-là et la bande annonce, le trailer de de cette émission là reprend toutes les fautes de français qu'on fait les candidats. Donc ça ça commence le 5 décembre sur W9. Euh [grognement] donc en fait la téléréalité, elle se elle se renouvelle en permanence. Elle est peut-être moins euh sexiste qu'auparavant. Pourquoi ? Parce que les médias se sont enfin emparés. C'était un Far West absolu et comme je dis, c'était un angle mort. Donc vraiment, il y a des séquences qu'on revoit aujourd'hui mais hallucinantes où des candidates décrivent à l'écran des des je pense au CHi par exemple, il y a une candidate qui explique que un candidat est venu se frotter à elle. Je cite pendant la nuit aucun média sans emparé de ça. On était en 2011. Euh là maintenant, ils sont

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surveillés, donc ils font un peu plus d'attention. En revanche, c'est une un milieu tellement opaque euh où moi-même j'ai eu beaucoup de mal à parler euh au aux techniciens, aux caméramans. Euh voilà, c'est c'est un milieu même un peu consanguin où tout le monde se connaît, où personne n'ose parler. Donc ils sont surveillés mais il y a quand même une une loi du silence qui persiste énormément dans ces boîtes de production là et chez ces géants comme Banidia. Et donc c'est pour ça que c'est amusant de voir que madame Alexia la Roche Jouvert produit une série sur sa propre téléréalité alors que pas mal de ces productions ont été visées par des enquêtes justement au sujet de violence sexiste et sexuelle. Merci monsieur Amir Shai qui avait demandé la parole et après monsieur

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Balan.

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Merci. Bonjour mesdames. Je j'avais deux questions, deux questions et demi [grognement] euh en tant que journaliste. Si s si si on essaie d'avoir un peu de de recul, je sais pas mais sur ce qui a été mis tout, c'est aussi un changement de philosophie, une révolution comme on l'a appelé qui dans la pratique journalistique a sans doute eu des effets puisque c'est aussi une philosophie ou une éthique du témoignage qui a changé complètement et en tout cas il m'a semblé du fait de la libération de la parole et donc le recueil de témoignage ont sans doute réinterrogé la profession, la façon dont les la parole était recueillie. la façon dont elle a été rendue publique et restituée. [grognement]

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Est-ce que vous avez sur ce changement de pratique des réflexions déjà sur ce que MITou a a fait bouger dans les pratiques professionnelles sur l'ontologie du métier ? fait d'une certaine façon question liée dans les rédactions. En plus, il y a des supports très différents, c'est des cultures journalistiques qui sont différentes aussi selon les supports. Est-ce qu'on sente depuis un plus grand intérêt non pas seulement la restitution de la parole mais à l'enquête approfondie dans des milieux encore inexplorés au-delà de celui qui nous concerne aujourd'hui, c'est-à-dire le milieu de de du cinéma, de la mode et cetera. Euh et enfin autre

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question euh c'est un un sans rentrer dans le débat sur le la séparation de de l'œuvre et de l'homme ou sur les les cultures de l'effacement. Une question qui est plus liée à la au rapport aux hommes illustres qui sont illustres aussi sans doute par leurs talents et cetera, mais parce qu'on en parle que la critique journalistique en particulier spécialisée souvent en fond état. de quelle façon le regard y compris contemporain c'est immédiat sur des hommes du moment change dans le travail journalistique et dans l'approche qui est celle en général pas géographique mais euh qui ne se centre que sur la la le versant artistique et créatif de la personne dont on parle et de quelle

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façon maintenant ça ça ça reformule les questionnements journalistiques avant y compris de traiter une œuvre. Merci monsieur Balan. Ouais, allez-y. J'étais en train de préparer question. Allez-y, répondez. Alors, je peux vous répondre parce que c'est un grand sujet de débat au monde évidemment sur les témoignages. Alors, nous ne prenons pas, quel que soit le sujet un témoignage pour argent comptant. Jamais. Donc nous recueillons les témoignages des femmes qui viennent relater des affaires d'agression sexuel ou de viol, mais systématiquement on les recoupe avec est-ce qu'elles en ont parlé à d'autres ? Est-ce qu'il y a

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d'autres témoignages semblables ? Évidemment, on interroge aussi la personne mise en cause. Donc comme je sais que c'est un débat et que c'est une un sujet de discussion que j'ai eu notamment avec Caroline Foureste, le je te crois c'est ce n'est pas journalistique. Donc je comprends très bien la je comprends très bien le le le le slogan militant bien sûr hein. Mais ce n'est pas journalistique. Donc quel que soit le sujet, que ce soit mitou auquel le monde adhère ou que ce soit n'importe quel autre sujet, il n'y a pas de je te crois. Donc nous recueillons évidemment les témoignages et nous les recoupons, nous les mettons en relief et nous interrogeons les personnes mis en

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cause. Donc nous n'avons pas changé euh les choses. Ce qui a changé c'est que les affaires mit tous sont un peu particulières mais à vrai dire pour avoir couvert je je dis ça sans les gros faits d'hiver aussi c'est difficile. Donc quand vous avez des personnes traumatisées, blessées, quand elles ont été agressées ou qu'elles ont perdu quelqu'un, c'est très difficile de manier ces témoignages et il faut avoir un peu de connaissance en la matière. Donc c'est pour ça que au journal, en revanche, en l'occurrence les personnes qui suivent les affaires mitou sont relativement spécialisées de fait depuis quelques années sur les affaires mitour. On a un groupe, alors après ça peut

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changer euh mais il y a un petit groupe qui s'occupe particulièrement des affaires mitou. Sur les personnages connu, euh c'est aussi une des questions pour les journalistes car est-ce qu'on ne s'intéresse qu'au personnages connus ou est-ce qu'on s'intéresse aux autres ? Et évidemment, c'est une question que nous avons nous aussi parce qu'on le voit bien, les affaires qui ont été les plus emblématiques touchent des personnalités connues. Donc c'est un problème parce que ça ne reflète pas forcément tout ce qui se passe dans la société. Donc et ce n'est pas parce que ça touche un grand acteur que tout le cinéma est comme ça et ce n'est pas parce que c'est le cinéma que ça ne se passe pas dans d'autres milieux. Donc évidemment que c'est un sujet pour nous. Euh euh c'est je dois dire que les

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affaires Mou ont plus facilement si je puis dire explosé dans des milieux dont les personnalités étaient connues. Encore que je suis obligé de reconnaître que souvent c'est parce qu'ils arrivent en fin de carrière hein que les langues se délient. Je le regrette mais c'est comme ça. C'est vrai que c'est plus facile que d'avoir tout d'un coup des témoignages de vendeuse d'un hypermarché qui raconterait ce qui se passe avec le directeur de l'hypermarché. Là, c'est beaucoup plus difficile. Évidemment, les femmes on sont beaucoup moins libres de leurs paroles. Elles y risquent beaucoup plus souvent. En tout cas, elles y risquent beaucoup. Donc c'est une question que nous avons toujours à l'esprit et malheureusement je dois dire

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que pour l'heure on n' pas réussi à faire des vra on a on fait de temps en temps très ponctuellement mais on n' pas réussi à faire ce que nous ce que nous faisons dans le milieu du cinéma par exemple à faire dans d'autres milieux moins exposés médiatiquement. Donc ça c'est vraiin. Et votre dernière question était sur Oui. Le fait de ne plus regarder de de C'est ça. Oui. Oui. C'estàd que le est-ce que la critique était maintenant forcément imprégnée de ce de ce presque prérequis de devoir vérifier ou en tout cas de s'interroger sur ou pas du tout ? connaissez de de quelle façon ça avait impacté votre

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votre le journalisme tout simplement euh et le journalisme critique en particulier. Alors, je dois à l'honnêteté de dire que les services culture n'ont pas du tout fait ces enquêtes. C'est ce des enquêtes qui sont qui sont faites par les enquêteurs, par les les services d'investigation ou les services société. Alors, c'est pas lié forcément à le souci de protéger des sources, hein. C'est plutôt que les critiques font de la critique et ils font assez peu d'enquête. Je le regrette personnellement. et d'ailleurs le journal le regrette. On on voudrait qu'il y ait beaucoup plus d'enquêtes sur le milieu culture sans que ça soit forcément des enquêtes mitou hein mais

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des enquêtes tout cour. Donc ça c'est c'est plutôt une espèce de tradition journalistique qui fait que effectivement dans les services culture souvent les gens font de la critique littéraire, cinématographique, théâtrale et ils font très peu d'enquête. C'est dommage. C'est vraiment dommage et je pense que on essaie de former d'ailleurs une nouvelle génération qui sera capable de faire les deux et très souvent quand on a enquêté dans le alors je je fais quand même une exception parce que moi j'ai fait un livre sur de par Dieu avec un critique cinématographique hein Samuel Lumanfeld qui est critique mais justement il est pas seulement critique c'est un enquêteur et depuis toujours il a fait des enquêtes. Il faisait des enquêtes pas sur Mou mais il faisait des

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enquêtes sur sur les grands cinéastes. Donc il avait l'habitude d'enquêter mais je dois dire qu'il était un peu le seul dans son de son profil. Mais je pense que ça va changer euh dans les dans les rédactions, hein. Je pense que les rédactions ont compris que il faut pouvoir enquêter sur tous les sujets, y compris euh la culture. Je vous avoue qu'il y a il y a une différence quand même entre le ce qu'on entend et et ce qu'on lit en fait sur le domaine de la culture. C'est qu'il y a encore à explorer, je pense, pour des journalistes d'investigation, mais je suis certaine que Ah mais j'en [rires] je suis certaine que vous le faites, monsieur Balan. Oui, je bon. Je sur les critiques euh avant de avant de poser euh mes questions, mais euh bon, moi j'ai j'ai

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relu euh quelques critiques euh d'une autre époque d'une autre époque donc sur certains films qui aujourd'hui sont fortement euh critiqués. Euh on on on enfin ça ça pose question sur les époques. Euh la la critique d'une d'une fille de 15 ans, c'est c'est terrible. Enfin critique de votre journal, hein, le monde voilà, c'est terrible. Et sur la critique, on voit bien que euh en particulier sur les cahiers du cinéma qui se qui était la critique ultime, euh l'entre soi enfin certains étaient en même temps réalisateurs, en même temps critique avec voilà. Bon euh d'ailleurs, je on aimerait bien peut-être enfin approfondir un peu ce sujet euh sur les questions sur les les questions que j'ai. Moi, j'ai une première question sur parce que ce que vous venez de nous

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dire madame Villanova sur ce nouveau programme à venir assez terrifiant là qui c'est ça m'a l'air d'être la petite boutique des horreurs. Euh je je voulais savoir le contrôle a priori et à postériorique à l'Arcom, sachant que de ce que vous venez de me dire quand même, j'ai l'impression qu'on va être dans un programme avec un caractère discriminant. les les discriminations sont sanctionnées et je crois que l'ARCOM a un droit de regard sur les discriminations. Vous faites signe que non. Donc voilà cette question puis j'en ai d'autres après tout de suite après importante je crois. Allez-y. C'est bon. Euh déjà je dois vous avouer que c'est la deuxème saison et que j'avais vu les deux premiers épisodes de la saison 1 et qu'à l'époque je

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regrette. J'ai mis un T [rires] dans Téléama à ce programme parce que dans les deux premiers épisodes, pour une fois, on voit des des jeunes femmes qui ont une sexualité épanouie et et assumé. Sauf que très vite, au bout de l'épisode 3, on on voit que que tout part en en cacahuète, excusez-moi l'expression. Donc c'est la deuxième saison. Euh je parlais je parlais surtout de la nouvelle à venir sur Ah cerveau. Très bien. Je pensais que vous parliez de Frenchy Shore parce que Frenchy Shore on peut rien ils ne peuvent rien faire parce que c'est Paramount et MTV et que c'est euh je pense qu'il n'y aura rien à faire parce que enfin je vois pas comment c'est discriminant et en même temps ils ont pris des candidats masculins. Donc enfin ça c'est pas c'est pas uniquement

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sexiste, c'est classiste en fait ce programme et je ne sais pas comment comment ça va comment ça peut être contrôlé et comment ça peut être remis en cause en toute sincérité. euh d'autant que les participants ont de la bouteille, c'est des candidats qui ont fait ça depuis 10 ans et qui du coup euh euh je pense eux-mêmes euh ont envie d'exploiter ce filon et euh et ont assez d'humour pour euh pour jouer euh par exemple au niveau des jeunes femmes, les ravisotes. Donc euh donc je je j'ai hâte de voir ce qui peut être fait mais pour l'instant je vois pas ce qui peut être fait en terme de contrôle. OK. sur l'arcom, juste pardon un complément, mais euh euh les les standards de l'Arcom en matière de discrimination ont l'air quand même d'être assez lâche, hein. Je je témoigne

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pour le coup d'un de quelque chose qui me concerne mais qui où on m'avait traité de de Greta Tunberg ménopaé et où j'avais reçu la réponse de l'Arcom me disant que ça n'était pas sexiste. Ce qui pose un sujet sur quel est quels sont les critères au nom desquels ils estiment la discrimination parce que il y a vraiment un sujet là-dessus et mais nous les recevrons et évidemment nous leur poserons la question. compréhension sur cette noncondation. Dans les 24 critères de discrimination, il y en a au moins trois qui correspondaient à ce que vous venez de dire. Le sexe peut-être que ménopaé n'était pas le sexe, l'état de santé et l'âge. Voilà. Bon euh c'est c'est les 24 critères définis par la loi sur la discrimination. Moi, je voulais revenir

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sur cette culture qui est parfois de l'omerta, tout le monde sait et puis parfois personne n'a su. Et et vous avez décrit un un type de schéma qui est le schéma habituel de quelqu'un qui a vous l'avez dit avec ces termes, qui est puissant et admiré. et je veux faire le lien avec une autre personne qui était puissante et admirée dans le monde de la télévision où pour le coup tout le monde semble tomber des nu et semble dire que rien ne se savait. Alors moi j'ai juste une question. Pourquoi on le savait tous même nous ? C'est vrai parce que quand on voit les valseuses, on savait que c'était enfin on savait sauf qu'on voyait pas. Mais comment c'est possible

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pour deux par Dieu d'un côté et PPDA de l'autre ? Comment comment c'est possible que tout le monde savait pour de part Dieu en nant rien dit ? Même effet, même cause, personne n' personne n'a rien dit parce que sur PPDA parce que visiblement personne ne savait de ce qu'on nous dit. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est quand même il y a deux il y a un double il y a quelque chose qui me paraît assez étonnant là sur ces deux comparaisons. Tout le monde savait ça veut rien dire. Moi, je méfie toujours de ce mot-là parce que enfin de cette expression parce que tout le monde voyait le comportement de de part Dieu. Tout le monde ne mettait pas les bons mots sur le comportement de de par Dieu. C'était ça le problème. C'est-à-dire que tout le monde voyait que de par Dieu euh mettait

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la main aux fesses, hommes et femmes confondu, mettait les mains dans la culotte, mais personne n'appelait ça agression sexuelle. C'est ça le problème, c'est que à partir du moment où ce n'est pas formulé, où tout le monde rit, ou lui-même rit, parfois la victime rit, hein, parce que elle est elle est prise de cours, parce qu'elle est parce qu'elle voilà donc personne ne met le mot agression. Donc les gens savent sans savoir si vous voulez le tout le monde savait, ça veut pas dire grand-chose. Et pour poivre d'Harvore, euh je suis pas dans la dans la milieu de la télévision mais j'ai enquêté sur pauvre d'Avor. J'ai bien vu aussi ce qui tout le monde voyait la jeune femme

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appeler dans le bureau de poivre d'Harvore et traverser toute la rédaction. Tout le monde se regardait d'un air entendu mais personne ne savait ce qui se passait dans le bureau. Les gens sous-entendaient. On pensait que on pensait quoi ? Il y avait 1000 choses qui étaient dites. Elle voulait coucher pour réussir, il allait la draguer. Jamais les mots d'agression ne sont dit. C'est ça le problème. C'està-dire que vous avez des quantités d'euphémisation de ce qui se passe. Donc les gens ne savent pas vraiment. En tout cas, ce n'est jamais dit. Et pour poivre pour poivre d'Harvore euh puisque j'ai fait l'enquête aussi

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après euh c'était il passait pour un dragueur et on faisait pas la différence entre le mec qui faisait le joli cœur devant une femme et le type qui sautait sur la jeune stagiaire dans son bureau sans que ça soit vu par personne quand même hein. Donc donc c'est ça le le tout le monde savait. Il est en fait assez faux quand vous vous penchez vraiment sur les les cas très concrets. En tout cas, je le vois bien. C'est c'est souvent comme ça dans les dans les camou mais même dans d'autres cas hein. Le tout le monde savait ça veut pas dire grand-chose à vra dire moi je me méfie toujours. Madame Adler ajouter quelque chose en tant qu'historienne, historienne des mentalités, c'est que quand Raphaël dit

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tout le monde savait, ça veut pas dire grand-chose, tout le monde ne comprenait pas. On est dans un bain de société avec des représentations sociales, psychiques, des définitions amoureuses qui sont véhiculées à notre insu. Et pour reprendre l'histoire de de part Dieu, quand il était plus jeune, tout le monde savait qui draguait les filles. Il le faisait au vu et au sud tout le monde. et tout le monde y compris les filles, y compris moi, on se marait parce qu'on voyait qu'il était complètement sous au festival de Cann et on savait dans quel restaurant il allait terminer la nuit, mais ça nous faisait rigoler. On ne comprenait même pas ce qui était en

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train de se passer. Donc moi, je voudrais pas exonérer notre responsabilité, ma responsabilité et aussi la nôtre de quelque chose qui se passait qui dégradait le statut de la femme mais auquel sans enthousiasme mais sans volonté intérieure de lucidité, nous adhérions consciemment, semiconsciemment, voire même inconsciemment. Et pensez-vous que là maintenant, on n'y adhère plus ? En ce qui me concerne, oui, et la génération de mes enfants aussi. Mais je voudrais rejoindre et prolonger ce qu'a dit Raphaël tout à l'heure qui me paraît très important. Quand elle a dit "Nos

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enfants, oui, euh nos classes sociales, oui, mais pour les autres, pour les autres, c'est ça le vrai problème." Ouais. Je suis pas sûr que ça soit les classes sociales. Enfin, je pense que ça je pense que l'éducation est le la seule possibilité d'atteindre tout le monde en tout cas. Non non alors attendez parce que là il y a embouteill non mais juste normal fait que j'ai pas d'éléments chiffrés qui me permettent de détailler ce que je dis là. Simplement comme on sait que dans les violences conjugales, il y a pas forcément de distinction entre les classes sociales par peut-être prolongement de la pensée peut-être rapide. Je me suis dit que dans les VSS c'était pareil. Monsieur Balanan et madame Melkior.

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Oui, ça va. Enfin sujet que que vous avez sur lequel vous avez une réflexion, madame Lauradler et que je trouve intéressante et qui a un sujet qui est un sujet qui qui qui est un sujet qui dépasse la question du cinéma mais qui peut nous permettre peut-être d'avancer, c'est la question du consentement. Euh et sur cette sur ce sujet, on a des réflexions de législateur sur est-ce qu'il faut élargir la définition du viol au consentement, comment on le fait. C'est c'est un sujet moi en tout cas sur lequel avec d'autres collègues on a on a travaillé depuis un moment et sur lequel on va devoir être amené à travailler. Et [grognement] moi

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je voulais avoir votre votre avis là-dessus d'ailleurs à toutes les trois parce que vous êtes toutes les trois avec des parcours et et des vies différentes. Et j'aimerais bien avoir cette idée, sachant que euh vous vous dites, je je vais vous citer parce que j'ai j'ai j'ai lu ce que vous avez écrit et que j'ai trouvé assez intéressant. Euh alors, attendez, pour que ça soit pas trop long, je vais prendre à ce niveau-là. Oui, c'est oui. Non, c'est non. Oui, mais le nom est le plus est plus difficile à prononcer que le oui. Et ce oui ne signifie pas forcément un assentiment, une adhésion. l'expression d'un désir, la la réciprocité du désir, la volonté de continuer l'échange. On ne peut pas on ne peut on ne peut donc se

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réfugier dans cette notion de consentement adoptée dans la plupart des pays européens pour définir le fait que le viol est un acte sexuel auquel la victime n'a pas contre consenti. Et en en contrepoint, vous proposiez de lutter contre l'inégalité entre les deux sexes qui se perpueent alors qu'elle devrait être posée comme cause principale des violences. Je c'est un c'est un résumé de de d'un évidemment plus long. Donc le combat pour l'égalité et pour la reconnaissance du consentement ne peuvent-ils être menés euh simultanément alors qu'un nombre croissant de militantes des droits des femmes demande l'inscription de la notion de consentement. Alors c'est très partagé hein d'ailleurs dans chez les militantes. Euh persistez-vous dans cette analyse où votre point de vue a a

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évolué ? A-t-il évolué ? et et je veux bien avoir le sujet du consentement, vos trois ces vos trois témoignages sur ces sujets qui sont évidemment, je pense pour chacun et chacune d'entre nous des des [grognement] sentiments en cours de construction parce que c'est un sujet très difficile surtout quand on veut réécrire le la loi sur cette questionlà. Madame Melker, d'abord pardon si ça vous embête pas madame Melcor si vous pouviez Oui, c'est pas forcément sur le même sujet. Merci de votre présence. Euh oui, moi il se trouve que j'ai travaillé sur le le mitou des armées et donc c'est grâce et je voulais rendre rendre grâce au médias parce que c'est vrai que en tant que parlementaire, on a été plusieurs à à toquer à la porte du

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ministère des armées, dire on a des retours et en fait c'est la c'est la puissance médiatique en fait he la présence dans les médias qui a fait qu' on a pu déclencher une mission donnée par le du ministre de des armées et qui a abouti qui a été très très bien mené avec des préconisations qui sont en place et qu'on qu'on continue à suivre. Et je voulais savoir au niveau justement des euh de la presse ou d'autres de la radio d'autres médias, comment vous allez parce que vous êtes emparé des sujets, il y a eu des articles dans le monde dans Paris Match et c'était ça était partie du man livre. Est-ce que est-ce que vous allez continuer à à investiguer à suivre ces sujets ? Parce que je pense qu'on a besoin aussi que que les les victimes soient accompagnées dans le sens où elles puissent voir

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aussi que quelque chose bouge. Et puis nous, on s'aperçoit que en tant que parlementaire, même s'il y a des enquêtes d'émissions, forcément ça les atteint pas forcément. Elles savent pas forcément ce qui est allé, ce qui est arrivé après leur témoignage. Merci. Qui souhaite répondre à ces deux questions ? Alors très rapidement, d'abord euh c'est une affaire très compliquée intellectuellement, psychiquement, amoureusement. Euh j'ai eu la chance de faire de la philosophie et de travailler sur cette notion de consentement sans revenir à Montaigne à la boissie, au consentement volontaire, à la servitude volontaire et cetera. Je voudrais souligner qu'un travail

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remarquable d'une philosophe qui s'appelle Jeun FR avait été publié il y a une bonne quinzaine d'années sur cette notion de consentement où elle essayait d'articuler une réflexion philosophique qui ne passait pas forcément par la différence sexuelle qui passait par la notion de soumission par la notion d'apparente soumission et qui se déployait aussi dans une perception d'un féminisme conquérant dont dont elle fait partie. Aujourd'hui, le consentement est très discuté et vous le savez mieux que quiconque par les différentes législations européennes. Mon enquête a porté sur beaucoup de femmes avec qui j'ai parlé de différentes générations de cette notion

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consentement, des jeunes femmes, des femmes d'une quarantaine d'années, des femmes assez âgées et c'est très intéressant de de de d'entendre ce qui ce qui d'ailleurs est assez difficile que cette notion de consentement ne revit pas la même signification selon la génération des femmes. Plus on est âgé, plus cette notion de consentement paraît quelque chose de presque de superfétatoire, quelque chose qui qui fait partie d'une domination sexuelle qui a été vécue. Je parle de des très vieilles dames qui en parlent comme ça, qui elles ont vécu cette absence de consentement pendant

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très longtemps. Elles n'ont jamais compris que c'était une absence de consentement. Et aujourd'hui, elle se réveille en se disant "Mais qu'est-ce que j'ai fait de ma vie ? de ma vie sexuelle, de mon indépendance sexuelle, de ma sexualité qui aurait pu s'accomplir et cetera. Quand on arrive à des jeunes génération euh beaucoup plus averti et et des jeunes filles beaucoup plus militantes, on arrive à une notion de problématique à l'inverse, c'est-à-dire est-ce que là je consens ? Est-ce que quand il me caresse le dos à 6h du matin et que je suis pas encore réveillée, est-ce que là je consent ? Quelles sont les épreuves limites de ce consentement

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? Et après de nombreuses discussions avec pas mal de jeunes filles, encore une fois je m'en excuse, c'est un un travail subjectif, ce n'est pas un travail scientifique, mais je pense qu'il y a beaucoup de gens qui travaillent scientifiquement et après aussi avoir parlé avec beaucoup d'avocates dont deux d'entre elles ont des positions d'ailleurs assez proches, l'une s'appelle Lor et Niche et l'autre s'appelle Marie Dosé. la judiciarisation du rapport amoureux dans l'esprit, le corps et le cœur et et la franchise de ces jeunes filles qui ont peur de de d'être dans l'amour et en même temps de pas être dans le

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consentement est une vraie question à laquelle je ne sais pas répondre. En tout cas, il y a quelque chose qui qui qui forme une grille du rapport amoureux. Est-ce que c'est bien parce que ça permet de protéger les jeunes filles de tout abus ou alors est-ce que c'est tellement prenant que ça empêche la possibilité du rapport de l'égalité femme homme dans le rapport amoureux ? C'est une question, c'est une question à laquelle je ne sais pas répondre mais que je trouve importante pour notre société aujourd'hui et pour ces jeunes femmes. Permettez juste que je pose ici les mots que m'a dit hier Elsa Faussillon, ma ma collègue à qui je rend hommage

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aujourd'hui qui dit "Mais en fait, on ne consent pas un rapport sexuel, on est d'accord, on a envie d'un rapport sexuel mais on ne consent pas." Le terme même de consentir est en soi euh un sujet un sujet de questionnement philosophique pour les relations aujourd'hui. Mais enfin euh je je vous propose de ne pas entrer là-dedans. Moi, j'avais une question euh complémentaire qui est-vous vu des affaires qui avaient fait l'objet de début d'enquête et qui ne sont pas sorties ? Et si oui, pourquoi ? C'est qu'est-ce qui aujourd'hui est un obstacle à à l'enquête journalistique dans le dans le mouvement Mou, je vais le dire comme ça. Et puis on se heurte évidemment beaucoup à à la

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question de l'entreo des des réseaux de loyauté. Et ça, je voulais vous interroger madame Adler puisque vous avez été au CNC euh et dans les juris du CNC et [grognement] en fait là ce nous quelque chose de très important puisque c'est la subvention et particulièrement pour les premiers films et cetera. Avez-vous été témoin de ces loyautés ? Est-ce que vous les avez senti ? Est-ce que vous au contraire vous avez senti une vigilance particulière pour qu'elle n'ait pas lieu et cetera ? Là-dessus, je pense que donc sur les enquêtes, est-ce qu'est-ce qui empêche la manifestation de la vérité d'une certaine manière ? Et puis la deuxième chose sur le CN. Alors sur les enquêtes, je vais laisser Raphaël poursuivre et dire ce qu'elle fait tous les jours sur la présidence du

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CNC pour la commission à laquelle j'ai eu la chance parce que ça a été une très grande chance d'appartenir puisque c'était les premiers films. Nous avions un jury et nous délibérions. Le président peut imposer sa propre loi. Et moi, j'avais imposé la transparence, la main levée, les débats publics et cetera. J'ai vu au cours des 4 années de présidence une ou deux tentatives d'entre soi au plus haut niveau qui ont été balayé par la majorité des membres de la commission. Euh c'est quand même maintenant que le temps a un peu passé, je dirais que c'est

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quand même c'est quand même une épreuve cette histoire de commission parce que vous avez euh beaucoup de gens qui veulent faire des premiers films, qui sont soumis à des à des pressions et à des nécessités, à des obligations de faire un premier G qui est lu par la commission, un 2è G qui répond aux demandes de la commission, un 3e, un 4e, un 5e ou un 6e. Généralement, c'est au 6e ou au 7e que la commission reçoit personnellement les candidates et les candidats et puisque il n'y a toujours pas de nouveaux président du CNC, d'ailleurs je

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ne je n'en comprends pas les raisons. Pourtant, il y a beaucoup de candidates. Et je pense que effectivement le le changement de président du CNC devrait permettre une possibilité moins sexualisée, si j'ose dire, de mise à l'épreuve des candidates et des candidats parce que vous y allez avec votre corps, avec votre apparence, avec votre votre parole mais qui vous qui dit que parce que vous êtes pas que vous n'avez pas les mots pour le dire, que vous êtes extrêmement timide, que c'est

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super intimidant de voir tous ces 11 ou 12 personnes de la commission qui dit qu'on n'est pas en train de rater quelqu'un parce que justement cette personne est très maladroite. Il y a un côté visuel, sexuel presque qui peut-être à mon avis est à est à discuter en tout cas à l'intérieur de la commission. Merci madame Baquet. Vous vouliez sur les Oui. Est-ce qu'on abandonne des enquêtes ? Bah ça arrive pas tant que ça à vrai dire, mais oui, ça peut arriver. Bah par absence de preuve ou par doute sur la véracité parce qu'on réussit pas à avoir d'autres témoignages. Oui, ça peut arriver. Mais pas seulement dans les

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affaires mitou euh dans toutes les affaires on reçoit aussi des gens qui arrivent avec des gros dossiers obsessionnels et puis qui bon sont pas très convaincants. Donc on vérifie enfin c'est c'est vraiment la vérification habituelle de toutes les enquêtes. Encore une fois on ne on ne n'a pas une méthodologie d'enquête différente sur MITou et sur les autres. Euh, il y a une façon d'écouter évidemment les victimes, mais quelqu'un dont l'enfant a été assassiné, vous savez, vous l'écoutez avec la même de délicatesse et de et d'empathie que quelqu'un qui a été victime d'un agresseur sexuel. Donc donc on on on

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fait très attention à ça de façon générale. Donc il y a je peux pas dire qu'il y a eu beaucoup d'enquêtes qui étit vraiment abandonné, mais quand il y en a, c'est essentiellement pour cette raisonlà. Villanova, vous voulez peut-être compléter ? Oui, moi je suis de j'ai commencé à travailler en tant que journaliste en 2018 donc juste après Mitour et et donc j'ai j'ai je suis pigiste, donc je suis dans un rapport économique différent de de madame Baquet dans le sens où il faut que moi je enfin moi je je vends des sujets et quand ils se font pas [rires] ils se font pas et je ne suis pas payée. Donc donc moi ça m'est arrivé hein de me lancer dans des enquêtes qui n'ont pas qui n'ont pas abouti. Mais je voulais revenir sur votre question monsieur précédente.

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J'ai travaillé avec Miaapart, donc vous allez recevoir sur justement un candidat téléréalité. Je pense que de plus en plus et dans la majorité des rédactions, il y a il y a il y a des telles critiques qui sont faites sur la justice médiatique que qu'on se doit d'être encore plus implacable qu'avant. Et euh et chez Mediapart, je enfin je je me suis retrouvée à à pour appuyer vraiment les témoignages à à échanger avec des amis, des victimes, à demander des captures d'écran de texto, à enfin voilà, j'ai c'était une une enquête harraçante aussi he parce que on fait notre travail mais ça nous touche aussi beaucoup mais voilà, j'ai vraiment l'impression que que que même si c'était le cas avant et et j'en doute pas particulièrement sur

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les affaires mitou et particulièrement chez Mediapart, il y a il y a cette volonté c'est d'être d'autant plus implacable avec par exemple cette boîte noire qui est proposée à la fin de l'article où vous avez certaines pièces qui qui qui prouve la véracité de l'enquête. Et moi, si j'ai dû abandonner certaines enquêtes mitou, c'est parce que justement il y avait pas assez de témoignages complémentaires. C'était c'était trop flou. Et il y a surtout l'affaire de de la plainte. En fait, je sais que certains médias ne veulent pas d'enquête sur des violences sexuelles s'il n'y a pas eu plainte, s'il n'y a pas l'appui d'une plainte. [grognement] plainte qui nous dont on nous a dit ici dans cette commission qu' a été encore plus difficile peut-être qu'ailleurs en raison du statut d'intermittence et

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cetera. Monsieur Absolument. Je pense c'est un point très très important. Nous sommes tous enfin je pense que dans les dans les rédactions de journaux, vous n'êtes pas intermittent mais nous on est tous des intermittents. Au bout de je crois que j'ai 52 ans de de Radio France et je suis toujours intermittente. Donc cette précarité est aussi une vraie problématique de fragilisation des rapports à l'intérieur de l'entreprise. Il est anormal que tous mes camarades, quel que soit leur sexe d'ailleurs, mais c'est encore plus difficile pour les filles, après un certain nombre d'années, soit toujours

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des intermittents du spectacle. Donc nous signons un contrat chaque année, un CDD et à partir de la fin du mois d'avril jusqu'au la période de la mi-méi, tout le monde tremble parce que on ne sait pas et c'est à la c'est à la c'est c'est la directrice ou le directeur qui choisit sans argumenter auprès de son PDG la possibilité ou non de renouveler ou pas un contrat. Et hélas, j'ai beaucoup de camarades qui se sont retrouvés dans des situations terriblement difficiles, beaucoup plus de camarad filles que de camarades garçons d'ailleurs comme par hasard et

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où voilà. Monsieur Balan merci. Tout à l'heure madame Baquet, vous nous avez dit que vous étiez pas si optimiste euh voilà sur l'évolution euh de de Oui, oui. Non non mais voilà, il y a il y a il y a les choses changent, on on est conscient, je crois qu'on vient de le démontrer. Euh moi j'aimerais maintenant justement essayer de voir avec vous quels pourraient être les leviers d'action et qu'est-ce que vous vous avez pu voir comme qu'est-ce que vous pouvez avoir comme idée. Par exemple, tout à l'heure, vous nous avez dit que certains réalisateurs qui étaient qui avaient une certaine autorité et surtout une certaine volonté de travailler dans un esprit d'empathie,

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de sympathie, de de respect de la vie en société en réalité pouvait parfaitement quel que soit le talent, quel que soit l'équipe, réussir à tenir son plateau. que comment [grognement] on forme ces ces réalisateurs à être dans cette optique là et réalisateur et d'ailleurs producteur parce qu'on sait que c'est on l'a vu, on l'a suffisamment démontré, c'est le producteur qui a la responsabilité pénale, civile, code du travail. Donc quelles seraient les pistes ? Est-ce que vous pensez que les leviers de formation sont pas suffisamment mis en route ? Est-ce que vous est-ce que vous voyez d'autres dispositifs qui pourraient faciliter l'amélioration de toutes ces situations dans chacun de vos domaines et dans chacun des domaines de compéten

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que vous avez ? Parce que je crois que il y a il y a des leviers certainement et je crois que votre expérience peut nous peut nous être utile sur la définition de de ces leviers. Bah la peur du scandale est un très bon levier. Là, on le voit bien sur euh le milieu du cinéma. C'est très clair euh l'idée que de de euh que qu'on puisse qu'un tournage puisse être mis en cause, qu'un metteur en scène ou un acteur puisse tout d'un coup être mis en cause et donc compromettre la fabrication d'un film, c'est un puissant levier. Et donc, on le voit bien. Je pense que les les les équipes sont complètement aujourd'hui au fait de ça, ils font très attention. On l'a vu

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encore récemment hein, il y a des il y a des acteurs ou même des metteurs en scène qui ont pu sauter en cours de tournage hein. Donc donc ça c'est ça c'est quand même nouveau bien sûr la formation, l'éducation alors le CNC le fait d'ailleurs. Mais mais bien sûr ça c'est très important. [soupir] Je pense aussi que la enfin bon la solidarité entre euh entre acteurs ou enfin je veux dire acteur au sens ceux qui sont sur le tournage est un élément mais je la mettrai presque en dernier parce que hélas la précarité évidemment pèse sur la solidarité que les gens peuvent avoir entre eux mais je pense que la la aujourd'hui c'est

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quand même un objet qui peut compromettre la carrière d'un film euh ou d'une pièce de théâtre. Enfin bon, donc ça change beaucoup de choses, hein. Et je pense que la presse là-dessus a à a joué un grand rôle tout de même. On le voit bien. Euh j'avais euh une question pour Térerama, vous qui travaillez pour Télérerama, madame, ouais. [grognement] Euh Telérama a été secoué par euh des affaires euh relatives à à des VHSS, des des violences de harcèlement ou de sexiste ou sexuel. Euh est-ce que euh qu'est-ce que qu'est-ce que ça dit de la de la rédaction aujourd'hui ? Est-ce qu'il y a une vigilance particulière ? Deuxième

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question sur les gender editor qui commencent à un peu se mettre en place. Est-ce que vous pensez que c'est utile ? Et enfin pour les personnes dont vous avez eu des témoignages pour lesquelles vous avez eu des témoignages ou pour lesquels vous avez su qu'elles avaient été victime de comportement en dehors de la loi. Est-ce que les syndicats ont été un appui ? Est-ce que les CHSCT ont été un appui ? Est-ce que en fait est-ce que le fonctionnement normal d'un grou d'un collectif de travail a fonctionné pour ces personnes ? Euh moi je suis pigiste donc c'est compliqué de vous répondre d'autant que alors je suis je suis pas dans les rédactions donc je travaille à Radio France en revanche à mi-temps je suis je suis à à France Inter et à MVE

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mais pour Térerama je alors [raclement de gorge] moi je j'ai fait mes stages au moment de Mitou et on m'avait dit de pas approcher tel rédacteur voilà en fait on m'avait dit voilà il va te proposer d'aller au ciné il faudra que tu dises non donc c'est C'est c'est juste ça. Enfin, même si c'est énorme, mais ça a toujours dans toutes les rédactions où j'ai travaillé parce que là, on parle de la presse nationale, faut aussi parler de la presse quotidienne régionale. J'ai été à Sud-Ouest, c'était pareil, il y avait quelqu'un, il fallait pas aller dans son bureau toute seule quand on était une jeune femme et c'était complètement normalisé. Euh maintenant, c'est vrai que à à Radio France en particulier, leur en parlait euh je sens que c'est beaucoup plus surveillé, moins

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normalisé, mais à nouveau, moi je suis en CDDU, donc je suis intermittente. Euh en en dénonçant euh en parlant du comportement inapproprié d'un collègue qui lui est CDIS, je prends le risque de ne pas avoir mon contrat renouvelé. Euh donc non, il y a il y a toujours cette précarité favorise quand même cette omerta. il faut complètement le rappeler même s'il y a des bonnes évolutions. Et pour Téléama, c'est vrai que moi j'avais un peu écumé les les rédactions pour mes stages comme les rock et cetera. Oui, il y avait des profils à éviter. Maintenant, je suis sincèrement persuadée que les audits qui a eu ont aidé et que et que maintenant les jeunes femmes qui font leur stage se sentent en en tout cas, j'espère et et je le

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constate plus en sécurité.

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Les gender éditor ça non je sais pas vraie question non bon d'accord ok [grognement] très bien voulais poser une question non c'est enfin je je j'ai j'ai j'ai j'ai entendu madame baquet sur les éventuelles pistes je je voulais savoir si soit madame Lauradler soit madame Constance Villanova vous aviez des des préconisations que vous pourriez nous faire qui pourraient être utiles et que vous pourrez qu'on pourrait comment dire appr approfondir dans notre réflexion. Décidément, oui. Euh déjà, je pense que en téléréalité euh donc les émissions de téléréalité sont des émissions très peu chères à produire parce que ce ne sont pas des comédiens, le décor ne change pas, donc c'est quand même un sacré

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jackpot pour les boîtes de production de de de produire ce genre d'émission. Euh et tout va très vite parce qu'il faut produire de plus en plus vite. Donc les castings se vont très rapidement et les profils des candidats ne sont pas vraiment vérifiés. Donc la moindre des choses déjà, c'est de vérifier le casier judiciaire, c'est pas souvent fait et surtout de enfin c'est demandé mais c'est quand même très très flou à chaque fois et surtout il faut euh selon moi qu'un entretien psy enfin ce que fait ce que fait en demole he un entretien avec un psychiatre, un psychologue et un médecin soit obligatoire et que ces instances soient indépendantes de la boîte de production et que ces entretiens ne durent pas 10 minutes parce qu'on est face à des jeunes gens

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qui veulent à tout prix faire de la télé donc c'est aussi facile en 10 minutes. minute euh de de de se dire prêt et et pas vulnérable. Euh l'autre chose, il y a il y a des des jeunes experts en ce moment qui militent pour qui a des coordinateurs et coordinatrices d'intimité sur ces tournages. Donc c'est ce qu'on voit particulièrement à Hollywood qui se fait un peu en France. Il y a eu pas mal de sujets euh parce que regrouper 15 15 une quinzaine de personnes de 20 30 ans dans une maison avec un peu d'alcool, ça peut ça peut donner lieu et ça donne lieu à à des à des baisés ou plus. Donc donc il y a des jeunes femmes qui sont en train d'être formé et je pense que c'est quelque chose qui qu'il faudrait qu'il faudrait imposer et et puis je pense sincèrement qu'il faudrait faire une

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audit de ces boîtes de production de du grand producteur jusqu'au cadreur jusqu'au caméraman parce qu'il y a énormément de rumeur de choses qui se savent. Les gens qui filment, les gens qui montrent ces émissions euh n'osent pas parler parce que tout le monde se connaît. Moi quand j'ai voulu leur parler, je les avais ajouté sur LinkedIn et ils ont refusé parce qu'ils avaient peur que leur boîte de prod voit qu'ils étaient amis avec une journaliste sur LinkedIn. Donc on en est à ce niveau de paranoïa. Je je pense sincèrement qu'il faut il faut essayer de de parler à tous ces gens et de faire de faire une audite. Et enfin, il y a des concepts qui sont complètement surannées et qu'il faut absolument arrêter comme les émissions de dating qui vont favoriser la la rivalité féminine où des jeunes

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hommes se voient présenter un harem de jeunes filles. Enfin, il faut que ça s'arrête ça par contre. Voilà. Bien. Merci beaucoup pour vos témoignages. Il y a peut-être un mot qu'on a une chose qu'on aurait pas abordé que vous souhaitiez aborder dans cette commission. Non, moi je voudrais redire que c'est l'éducation qui me paraît absolument le fondement pour un autre rapport entre les sexes et ceux dès le plus jeune âge. [grognement] Merci, ce sera entendu et nous transmettrons donc à la ministre de l'éducation nationale pour que les les cours d'éducation sexuelle puissent être mis en place. [grognement] Merci beaucoup à vous trois. Merci pour votre travail. Merci pour votre temps et nous vous tiendrons informés de des suites de

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cette commission.