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interviewRMC — Face à Face· 2 octobre 2023 20 min

Face à Face : Fabien Roussel - 02/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face, Apolline de Malherbe. Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Fabien Roussel.

0:15
Fabien Roussel

Bonjour Apolline de Malherbe.

0:16
Présentateur

Vous êtes secrétaire nationale du Parti communiste français. Vous êtes députée du Nord. On va parler pouvoir d'achat, carburant, santé, logement. Mais d'abord, il faut que vous nous expliquiez. On ne comprend plus rien. Vous êtes nupes, pas nupes. Est-ce que c'est fini ? Est-ce que c'est pas fini ? Qui quitte qui ? Est-ce que vous vous êtes fait virer ? Est-ce que c'est vous qui êtes parti ? Vous en êtes où ?

0:33
Fabien Roussel

Écoutez, vous allez inviter Manuel Bompard. Et puis vous allez lui poser la question. Mais franchement, hier, j'ai fait trois banquets des anciens dans ma circonscription. À Saint-Amand, à Molde et à Mortagne. J'ai vu à peu près 1000 personnes. Il n'y en a pas un qui m'a posé la question. Nupes, or not nupes, that is not the question. Il n'y a personne qui se demande où ça va et qui y va. La seule question qui est à poser... C'est pas comme ça que vous allez pouvoir me répondre quand même.

0:58
Présentateur

Mais non, mais la question c'est... Ils disent qu'on regrette qu'il soit parti.

1:02
Fabien Roussel

Vous êtes parti ou vous n'êtes pas parti ? D'abord, je suis là et j'appelle...

1:06
Présentateur

Non, mais vous êtes là, ici, oui, dans le studio de RMC, de BFM TV. Mais est-ce que vous êtes dans la nupes ?

1:10
Fabien Roussel

La question, c'est rétrécissement, exclusion ou élargissement et rassemblement ?

1:15
Présentateur

C'est exactement la question que vous posez. Est-ce que vous avez tout simplement été viré ? En fait, est-ce que vous avez été viré ?

1:20
Fabien Roussel

Mais pas du tout.

1:21
Présentateur

Ah bon, pas du tout, ils disent que vous êtes parti. Emmanuel Bompard qui dit qu'il regrette votre décision de quitter la nupes.

1:27
Fabien Roussel

Oui. Bah écoutez, après les insultes, l'exclusion, ça montre bien un petit peu les méthodes pratiquées par le chef de la France Insoumise. Je le regrette. C'est pas comme ça que nous procédons. Aujourd'hui, les urgences, elles ne sont pas là. Les urgences, c'est la vie chère et le pouvoir d'achat. J'aimerais bien, j'aimerais bien que l'on puisse ensemble travailler à agir avec les Français. Moi, j'appelle à l'union dans l'action. Voilà, mais c'est un gars. Non, mais vous ne pouvez pas dire ça, vous ne pouvez pas dire j'appelle à l'union

1:57
Présentateur

pendant que vous avez quelqu'un qui vous dit que vous êtes parti et qui regrette que vous s'avez parti. Vous me posez la question. On dirait une chaise de théâtre. Voilà, je vais vous le dire.

2:03
Fabien Roussel

C'est pour ça que je trouve que c'est extrêmement regrettable. Je dis stop, il faut arrêter ces petites phrases. Mais on doit travailler ensemble au service de l'intérêt général, au service des Français. Donc vous vous demandez à réintégrer la NUPES ? Mais je n'ai jamais sorti. On a toujours travaillé ensemble. On a un intergroupe à l'Assemblée nationale où les députés travaillent ensemble sur les mesures que nous défendons ensemble ou pas. Parce qu'on a des différences. Donc des fois, on travaille ensemble. Des fois, on ne travaille pas ensemble. On a une coalition entre forces politiques. Ce n'est pas une force politique.

C'est une coalition de forces politiques dans lesquelles on se retrouve, on discute.

2:42
Présentateur

Enfin là, j'ai l'impression que vous ne vous retrouvez pas beaucoup et que vous ne discutez pas beaucoup.

2:45
Fabien Roussel

Ben si. Ah bon ?

2:47
Présentateur

Voilà, visiblement, Manuel Bompard, en tout cas lui, il a compris que vous partiez. Vous vous comprenez qu'il vous exclue. Vous dites, je ne pars pas.

2:52
Fabien Roussel

Mais c'est pour ça qu'il vaut mieux lui poser la question, savoir pourquoi cette attitude. En tout cas, mon attitude.

2:57
Présentateur

Il y a quand même une question que je voudrais comprendre, c'est pourquoi vous ne partez pas, en fait ? Puisque vous me dites que vous n'êtes finalement jamais parti. Vous êtes peut-être un peu maso.

3:03
Fabien Roussel

Je pense que... Vous êtes peut-être un peu maso. Non.

3:05
Présentateur

Non, mais on vous traite de collabo, Fabien Roussel. Et là, vous dites, non, non, je ne pars pas, je ne pars pas.

3:10
Fabien Roussel

Non, ce n'est pas ça. Ce n'est pas ce que nous avons... Je vais vous dire franchement, les problèmes des Français sont importants. La situation en France est extrêmement grave. Notre pays est riche. Les Français sont fiers de leur pays. Ils l'aiment, mais ils sont mal, pour une part d'entre eux. La situation est extrêmement grave. Donc, ça appelle à des réponses fortes, des réponses politiques. Ça appelle à des batailles, à des mobilisations. On va en parler de mobilisations, mais Fabien Roussel.

3:36
Présentateur

La plus proche collaboratrice de Jean-Luc Mélenchon, qui est elle-même députée, Sofia Chikirou, vous a comparé à Jacques Doriaux. Jacques Doriaux, c'était un collabo qui a quand même servi sous l'uniforme nazi. Et là, ce matin, vous me dites, mais non, je ne pars pas. C'est vous que j'ai du mal à comprendre, du coup, là, maintenant.

3:55
Fabien Roussel

C'est parce que j'ai une autre conception, c'est pour ça que je finis ma réponse. J'ai une autre conception du rassemblement que la leur. J'ai une autre conception de l'union que la leur. Moi, ce que je souhaite, c'est que nous puissions travailler ensemble et dans le respect de nos différences. Vous savez, quand nous avons participé, nous, le Parti communiste français, au programme commun dans les années 70, et que nous avons travaillé à la victoire de la gauche en 81, ça voulait dire que nous avions travaillé à un programme commun avec des propositions qui nous rassemblaient et en même temps qui respectaient chaque force politique.

Et il y avait deux candidats en 81, ça n'échappait à personne, Georges Marchais et François Mitterrand. Et ce sont ces deux candidatures qui, unies au second tour, ont permis la victoire de la gauche et de grandes conquêtes sociales pour le pays.

4:41
Présentateur

Donc vous dites qu'on sera pareil, c'est-à-dire qu'il y aura Fabien Roussel et peut-être Jean-Luc Mélenchon, on sera tous les deux candidats, on se réunira au deuxième tour ?

4:47
Fabien Roussel

Ce que je veux dire, c'est que notre conception à nous, du rassemblement, c'est celle de force politique qui arrive à travailler ensemble, à se mettre d'accord sur des propositions fortes pour le pays, qui montrent que nous sommes prêts à gouverner ensemble au service des Français, mais qui, en même temps, pour obtenir cette victoire, demandent à ce que chaque force soit respectée et qu'on puisse aussi demander aux Français de choisir celles à qui ils veulent faire le plus confiance. Et moi, je demande une seule chose, moi, à la France Insoumise et aux autres partenaires de gauche, je demande le respect. Donc plus d'insultes, je demande plus d'insultes, plus d'insultes.

En politique, il ne doit jamais y avoir d'insultes. Donc, vous demandez plus d'insultes,

5:24
Présentateur

Mais par contre, quand ils disent que vous avez décidé de sortir, et ça, ce n'est pas seulement Manuel Bompard qui le dit, c'est aussi Jean-Luc Mélenchon, qui hier dit « Je regrette que Fabien Roussel ait décidé qu'il sortait de la NUPES ».

5:34
Fabien Roussel

Oui, mais c'est eux qui veulent me mettre dehors, qui veulent d'ailleurs finir seul, peut-être. Donc, il faut aussi interroger les écologistes.

5:42
Présentateur

Ils vous ont appelé, vos autres partenaires, les écologistes, les socialistes, depuis le début de tout ça ? Non, mais parce que je n'ai pas voulu...

5:47
Fabien Roussel

Non, mais tout simplement... Personne ne vous a soutenu ou vous a appelé pour vous dire reste ? Quand j'ai été insulté, et à travers moi, tous les communistes et tous les résistants même, qu'ils ne soient pas seulement communistes, quand j'ai été insulté de la sorte, il y a une réaction forte de plus de 3000 élus, maires, présidents de région, présidents de département, députés, sénateurs, qui ont dit « Stop, l'insulte n'a pas de place en politique ». Donc, il y a une réaction politique très très forte. Et c'est important pour la suite. Encore ce week-end, avec Carole Delga, nous étions présents pour montrer du Parti Socialiste.

Nous avons lancé un appel ensemble à ce qu'une gauche alternative puisse aussi présenter son projet aux Français. Moi, je compte là-dessus. Nous avons...

6:29
Présentateur

Mais au fond, là pour le coup, ils ont quand même plutôt raison. Quand vous faites ça, c'est une manière de dire, en fait, la NUPES est morte.

6:35
Fabien Roussel

C'est une question vraiment de conception du rassemblement que nous avons. Nous avons des différences entre nous. Nous avons beaucoup de choses qui nous rassemblent. Nous avons aussi des différences. Et il faut respecter le droit à chacun, de chaque parti, de défendre ses convictions. J'ai des convictions. J'ai une conviction profonde. C'est qu'il est possible de réparer la France. Il est possible de remettre le travail au cœur du projet français. Il est possible de réparer le pouvoir d'achat des Français.

7:03
Présentateur

Il n'y a pas de problème. Évidemment, on va en parler de tout ça. Mais moi, j'ai quand même du mal à comprendre à qui je parle. Fabien Roussel, vous, vous me dites, je suis toujours dedans. Eux, ils disent que vous êtes exclus. Enfin, que vous êtes auto-exclus. Cette lettre de Manuel Bonpari, il l'a quand même adressée aux deux autres partenaires de la NUPES, c'est-à-dire aux socialistes et à Europe Écologie des Verts. Vous n'avez même pas reçu cette lettre. Ça veut bien dire que vous n'êtes de fait plus dans la NUPES.

7:25
Fabien Roussel

Je vais vous donner notre réponse, pour que ce soit plus concret pour vous, et comme pour tous nos concitoyens. Dans beaucoup de conseils municipaux, y compris dirigés par un maire de gauche, qu'ils soient communistes, socialistes, écologistes, les majorités travaillent ensemble. Il y a dedans des militants, des élus de gauche, de toutes ces formations qui travaillent ensemble. Alors Manuel Bonpari pourrait, là, du jour au lendemain, décider que les communistes sont exclus de ces majorités. C'est impensable. C'est pour ça que je ne porte pas attention à son courrier. Vous savez que ce qu'on dit dans le Nord, le papier, il se laisse faire. Il peut écrire ce qu'il veut.

La réalité, elle est autre. La réalité, c'est que nous sommes nombreux, élus, militants, hommes de gauche, écologistes, hommes et femmes de gauche, écologistes, à nous battre ensemble sur le terrain pour le meilleur de nos concitoyens.

8:12
Présentateur

Ça promet pour les prochaines réunions de la NUPES. Je ne vois pas que vous allez avoir l'air de torcer la porte.

8:16
Fabien Roussel

Mais non, je vais lui dire, ça va bien se passer, Manu, nos problèmes. Voilà, l'intérêt, on a une échéance importante. C'est le 13 octobre prochain, à l'appel de l'intersyndical, de l'ensemble des organisations syndicales. Il va y avoir de grandes mobilisations dans toute la France, notamment sur la question du pouvoir d'achat, de la vie chère. Nous serons ensemble, dans nos cortèges, avec nos forces politiques, comme les syndicats seront ensemble, dans leurs cortèges, à défiler. Et je souhaite qu'il y ait le plus de Français possible pour dire au gouvernement, basta, stop, la vie chère, le pouvoir d'achat, c'est la priorité numéro un.

8:50
Présentateur

Et parlons-en parce que, Fabien Roussel, vous en avez parlé aussi avec Elisabeth Borne. Vous avez été reçu pendant une heure, mardi, à Matignon, et vous lui avez dit, vos priorités pour la rentrée, pour vous, c'est l'inflation et le logement. L'inflation, on va y revenir dans un instant, mais sur le logement, est-ce que vous faites partie de ceux qui estiment, tiens, comme Édouard Philippe récemment, que c'est une bombe à venir ?

9:08
Fabien Roussel

Ah oui, c'est une bombe à venir. Alors, pas forcément avec les mêmes réponses qu'apporte Édouard Philippe. Il ne vous aura pas échappé qu'on a de grandes différences entre nous. Lui, il voudrait que l'on arrête la date butoir de 2025 sur la rénovation des logements thermiques parce qu'il dit que ce n'est pas possible. Nous, on dit l'inverse. On dit, au contraire, il faut mettre beaucoup d'investissements publics pour que d'ici 2025, il n'y ait plus de passoires thermiques, critère G, je crois, pour qu'au contraire, les gens puissent habiter dans des logements rénovés. Aujourd'hui, le gouvernement ponctionne 1,5 milliard aux bailleurs sociaux tous les ans.

Ce qui fait que les bailleurs sociaux n'ont pas les moyens de construire ou de rénover suffisamment de logements.

9:48
Présentateur

Donc, vous vous dites, c'est aux bailleurs sociaux

9:50
Fabien Roussel

de garder l'argent pour eux-mêmes ? Et il y a une deuxième bombe sociale que j'ai présentée à Elisabeth Bande sur le logement. C'est vraiment, je pense à tous nos concitoyens, les familles, les retraités qui habitent aujourd'hui dans des logements sociaux et qui voient des rappels de charges énormes, des factures d'électricité ou de gaz à payer, mais avec des sommes astronomiques. J'ai reçu à ma permanence une dame d'une résidence de Saint-Amand-les-Eaux, un manouvrier, la résidence manouvrier. Elle a 566 euros d'allocations spécifiques de solidarité, l'ASS. Elle a 65 ans déjà. Elle ne devrait même pas être au chômage. Elle devrait être à la retraite. Elle a été femme de ménage toute sa vie.

Mais elle n'a pas le droit à la retraite. Elle touche l'ASS. 567, 563 euros exactement, je l'ai sous les yeux. 563 euros. Elle a 394 euros de rappel de charges à payer. Là. Elle touche 563 euros. Elle a 400 euros de rappel de charges à payer. C'est impossible. C'est matériellement impossible. Mais alors du coup, vous lui dites quoi ? Vous lui dites quoi ? Je lui raconte ça à Elisabeth Borne. Bon, d'abord, elle ne me croit pas. Il faut que j'insiste. Mais je lui dis que c'est une réalité, Madame la Première Ministre. C'est une réalité vécue par des millions de nos concitoyens aujourd'hui. Parce que les bailleurs sociaux ont vu leur facture énergétique multipliée par 3, multipliée par 4.

Quand bien même l'État leur a mis un bouclier tarifaire, quand bien même, aujourd'hui, la facture énergétique des bailleurs elle est multipliée par 3. Elle doit faire quoi cette femme que vous remontez ?

11:09
Présentateur

Vous lui dites de ne pas payer ?

11:10
Fabien Roussel

Moi, j'ai menacé la Première Ministre de lancer un appel à la grève des loyers.

11:14
Présentateur

La grève des loyers ?

11:16
Fabien Roussel

Oui, je sais que ce sont des mesures fortes. Mais comment se faire entendre ?

11:23
Présentateur

Comme il y a eu la grève des factures en Grande-Bretagne. Comment, oui. C'est-à-dire qu'on arrête de payer. Vous dites à ceux qui nous écoutent.

11:28
Fabien Roussel

Il y a des organisations comme la CNL, la Confédération Nationale du Logement, qui parfois lancent de tels appels. Bien sûr, je ne souhaite pas arriver à cela. Bien sûr, je ne souhaite pas arriver à cela. Mais comment nous faisons-nous entendre ? Alors, j'ai obtenu de la Première Ministre qu'elle... Je vais avoir une deuxième réunion avec son cabinet, avec aussi Emmanuel Cosse, qui préside l'union des... France-Abrita. Voilà. Et avec des bailleurs sociaux, notamment celui de chez moi, pour qu'on trouve des solutions concrètes. Je ne veux plus que les gens qui habitent dans des logements à loyer modéré et des rappels de charges...

12:10
Présentateur

Mais qui doit payer ? Qui doit payer ? L'État doit payer cette facture ? De deux choses l'une. Ce trop plein de factures ?

12:13
Fabien Roussel

Moi, si j'étais président de la République, l'électricité n'aurait pas été multipliée par quatre. J'aurais retrouvé...

12:17
Présentateur

Ils ont déjà fait un bouclier tarifaire, quand même.

12:19
Fabien Roussel

Oui, mais ça, c'est de l'argent. C'est notre argent. On donne de l'argent à des fournisseurs privés qui se gavent sur les marchés financiers. Moi, ce que je veux, c'est que la France retrouve son indépendance énergétique, sa souveraineté énergétique. Que nous puissions retrouver la maîtrise de nos tarifs. Nous produisons suffisamment d'électricité grâce au nucléaire. Nous produisons suffisamment d'électricité... C'est ce qu'a dit Emmanuel Macron la semaine dernière.

12:41
Locuteur non identifié

Il a dit, nous allons reprendre le contrôle des tarifs de l'électricité.

12:44
Fabien Roussel

Il dit beaucoup de choses. Je souhaite que ça avance et que, très concrètement, la France retrouve la maîtrise de ces tarifs énergétiques. Que nous sortions du marché spéculatif européen de l'énergie. Nous avons le droit d'en sortir.

12:57
Présentateur

Vous le dites tous. C'est-à-dire que, c'est simple, de Thierry Breton, qui est lui-même à la Commission européenne, à Bruno Le Maire, en passant par vous et les uns les autres, le RN, pareil, vous dites tous, il faut sortir du marché européen.

13:10
Fabien Roussel

Eh bien, alors, c'est vraiment la voie de passage et je ne comprends pas pourquoi le président de la République et son ministre Bruno Le Maire refusent d'entendre cet appel. Ils ne se font pas respecter. En fait, ils disent qu'ils ont entendu cet appel.

13:20
Présentateur

Ils disent qu'eux-mêmes le portent auprès de l'Union européenne. Ils ne savent pas se faire respecter.

13:25
Fabien Roussel

Ils ne savent pas se faire respecter. D'abord parce que c'est eux-mêmes qui ont mis en place ce marché libéral de l'électricité. C'est quand même tous ceux de droite, là, qui ont voté sur la libéralisation de l'électricité. C'est quand même eux qui l'ont défendu et plaidé auprès des autres pays. Et maintenant, ils disent qu'ils font sortir. Je peux comprendre qu'ils aient du mal à déglutir en le disant.

La réalité, c'est que si la France ne se fait pas respecter aujourd'hui pour retrouver la maîtrise de ses prix énergétiques, alors que nous avons, grâce aux investissements faits au lendemain de la guerre, grâce à nos centrales nucléaires, la possibilité de répondre aux besoins de nos concitoyens, de nos entreprises. C'est un avantage économique énorme pour nos entreprises de baisser leur facture d'électricité du boulanger jusqu'à l'industrie électro-intensive.

14:06
Présentateur

Vous avez mis un ultimatum à Elisabeth Banser. Vous lui avez dit que vous l'avez menacé d'une grève des loyers, de lancer un mouvement de grève des loyers.

14:13
Fabien Roussel

Est-ce que s'il n'y avait pas de réponse urgente apportée aux habitants de ces logements dans le mois qui vient ? Oui, il y aura des actions qui seront mises en œuvre. Et personnellement, j'appelle...

14:26
Présentateur

Je ne suis pas sûre que ça lui ait fait très peur. Je vais vous dire pourquoi. Et je vais vous dire pourquoi. Parce que Fabien Roussel, vous dites beaucoup que vous allez mettre en place des grandes menaces. Et quand on voit ce qui s'est passé, vous aviez appelé quand même à ce qu'on envahisse les préfectures et les stations de service. Regardez ce qui s'est passé là, samedi, à Nancy. Grand appel devant la préfecture. Ils étaient sept. Ils étaient sept là, devant le Haut-Champ aussi, où vous aviez demandé à ce qu'il y ait vraiment un envahissement. Sept communistes avec des sweatshirts à capuche du PC.

14:57
Fabien Roussel

Moi, je vous invite à venir vendredi 6 octobre prochain devant la préfecture de Lens où je serai avec le député Jean-Marc Tellier pour remettre les 12 000 pétitions qu'il a collectées cet été contre la vie chère. Et vous verrez que nous serons nombreux, que nous le faisons de manière pacifique, responsable, mais avec beaucoup de détermination. Moi, je demande solennellement à la Première Ministre, au Président de la République d'avoir des mesures fortes pour ceux qui sont dans les logements alloyés modérés pour qu'il n'y ait pas de rappel de charges.

Je demande des mesures fortes pour les retraites et pour les salaires, de blocage des prix sur l'essence, sur les produits de première nécessité. Sans cela, nous continuerons d'appeler à des mobilisations. Mais le risque c'est qu'il y ait derrière des mobilisations spontanées qui, elles, ne seront pas organisées. Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on aboutisse à des solutions. Vous pensez à quoi ? Vous pensez à des émeutes ? Bien sûr, oui. Enfin, des émeutes de la faim, des émeutes de colère. Mais vous vous rendez compte sur ce que les gens ont à payer quand même aujourd'hui. Est-ce que vous n'avez pas

15:55
Présentateur

l'impression, Fabien Roussel, qu'aujourd'hui... Non mais, Fabien Roussel, qui trouve des solutions ? C'est-à-dire qu'on a quand même l'impression, quand on écoute les Français, en effet, votre constat est très juste, qu'il y a une forme de découragement, de colère, de très grandes difficultés financières face à toutes les hausses de prix du logement, de l'électricité, du carburant, mais qu'en fait, ils attendent plus grand-chose de vous. Et le résultat, c'est que finalement, ils sont sept devant le Haut-Champ.

16:18
Fabien Roussel

Oui, mais ne rien faire serait pire, Apolline de Malerme. Je veux agir. Et c'est pour ça que ce qui m'intéresse, ce n'est pas de savoir ce qui va se passer dans trois ans, c'est ce que l'on va obtenir aujourd'hui. Ce que je veux, c'est que l'on obtienne des mesures fortes. D'abord, par la pression que nous faisons sur le gouvernement, sur les salaires. Nous avons tenu une conférence sociale. Ce que je sais, ce que j'ai obtenu...

16:38
Présentateur

Vous en attendez quelque chose ?

16:39
Fabien Roussel

Ce que la Première Ministre s'est engagée auprès de moi, c'est qu'il y aurait un texte législatif pour qu'il n'y ait plus de salaire en dessous du SMIC. Il y a aujourd'hui plus de 100 branches, notamment dans le nettoyage, où les salaires sont en dessous du SMIC. Il y a des Français qui ne croient pas quand on dit ça. Dans les faits,

16:53
Présentateur

ils ne sont pas payés moins que le SMIC. C'est compensé par... Non, non, mais personne aujourd'hui... Allez-y, compensé par quoi ? Compensé par la prime d'activité. Des primes... Mais enfin, la prime d'activité, encore une fois... Personne n'est payé moins

17:05
Fabien Roussel

que le SMIC aujourd'hui pour un prêt. La prime d'activité, ce n'est pas l'employeur qui la paye, c'est nous. C'est la CAF. C'est encore une allocation. Enfin, quand je dis que je veux une France du travail et pas une France des allocs, c'est justement pour lutter contre ça. Ces allocations, cette prime, c'est nos impôts. C'est aux employeurs de les payer. Il y a parmi les sociétés de nettoyage des grands groupes dont les familles sont parmi les 500 plus grandes familles de France. Ils n'augmentent pas les salaires. Ils mettent des SMIC inférieurs, des salaires inférieurs au SMIC et c'est l'État qui compense. Il faut mettre fin à cette injustice insupportable quand même.

17:37
Présentateur

Quand je vous écoute, Fabien Roussel, vos combats, en effet, c'est les mêmes que les combats de la France insoumise. Je ne comprends toujours pas pourquoi ils vous font la misère ou je ne comprends toujours pas pourquoi est-ce que vous, vous seriez leur pète noire. Je ne comprends pas.

17:49
Fabien Roussel

D'abord parce qu'ils n'acceptent pas la différence et le débat. C'est ce que je regrette. Je souhaite, moi, présenter notre projet pour la France, notre pacte pour la France aux Français. Nous avons des propositions, des solutions pour réparer la France et bien sûr, dans ces propositions, il y a des sujets qui nous tiennent beaucoup à cœur comme l'énergie. On n'arrête pas d'en parler. Ça veut dire quoi ?

18:11
Présentateur

Ça veut dire que soit vous acceptez de vous fondre dans le collectif.

18:14
Fabien Roussel

Non, ils n'acceptent pas que l'on puisse défendre des propositions différentes comme sur l'énergie où je défends, par exemple, la maîtrise publique de l'énergie nucléaire. Nous avons besoin d'énergie nucléaire. Nous ne voulons pas en sortir contrairement à eux. C'est un point de blocage important. Je demande qu'on nous respecte et qu'on puisse défendre ça auprès des Français.

18:31
Présentateur

Vous avez beaucoup dit le mot respect. D'ailleurs, à propos des ministres et d'Emmanuel Macron, vous avez dit qu'ils ne savent pas se faire respecter. J'avoue que depuis le début de cette interview, je me demande si vous-même vous savez vous faire respecter de vos propres partenaires.

18:44
Fabien Roussel

Nous avons décidé de tracer notre chemin, de présenter...

18:47
Présentateur

Vous leur faites la leçon en disant qu'ils ne savent pas se faire respecter, mais y arrivez-vous vous-même ?

18:51
Fabien Roussel

Mais vous voulez me pousser, Apolline de Malherme, à faire... Ce véritable vaudeville

18:56
Présentateur

qui, s'il pouvait être drôle, on en serait bien content, mais ce n'est pas un vaudeville.

19:00
Fabien Roussel

Ce n'est pas un vaudeville, c'est extrêmement grave. Je pense qu'au contraire, je demande à ce que cessent ces invectives, ces injures, ces menaces d'exclusion. Nous avons... Ce n'est pas une menace, vous êtes visiblement exclu. Vous avez beaucoup à faire, nous avons beaucoup à faire pour justement traiter des questions de vie chère, de pouvoir d'achat. Sur ces questions-là, nous portons des propositions communes, comme le SMIC à 2 000 euros bruts, 1 600 euros net, que nous défendons ensemble, que l'extrême droite ne veut pas, n'a pas voulu voter.

Nous défendons ensemble des mesures de justice fiscale, telles que le rétablissement de l'ISF pour aller chercher l'argent là où il est, pour le mettre au service des urgences sociales et de l'urgence écologique. Ça, nous le portons ensemble. Nous devons valoriser ces combats que nous menons ensemble. J'appelle, c'est pour ça que j'appelle à l'Union dans l'action, le 13 octobre prochain. Nous allons lancer...

19:46
Présentateur

Mais Théanier Rousseff, ça veut dire que vous ne vous considérez pas aujourd'hui comme exclu

19:49
Fabien Roussel

de l'ANUPES. Mais je ne me suis jamais senti exclu de tout rassemblement de la gauche. Vous êtes toujours, au moment où on se parle,

19:57
Présentateur

non seulement secrétaire national du Parti communiste français, mais également membre de l'ANUPES.

20:01
Fabien Roussel

Mais membre d'une coalition de forces politiques dont l'objet n'est pas de présenter un candidat unique en 2027, mais dont l'objet est aujourd'hui de s'attaquer à la vie chère de nos concitoyens et de faire en sorte qu'ils retrouvent du pouvoir d'achat. Et que nous ayons des différences est une chose, elles doivent être respectées, mais sur ces combats-là, je demande à ce que l'on soit unis et que l'on se batte ensemble.

20:22
Présentateur

Fabien Roussel, toujours membre de l'ANUPES donc et député du Nord.