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interviewyoutube.com· 10 novembre 2025 8 min

Libération de Nicolas Sarkozy, budget 2026, santé… L’interview 4V de Xavier Bertrand

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour, Xavier Bertrand. Ce matin, la Cour d'appel de Paris examine la demande de remise en liberté de Nicolas Sarkozy. Est-ce que vous souhaitez qu'il sorte de prison ?

0:09
Xavier Bertrand

La Cour d'appel se prononcera tout à l'heure. Oui, je le souhaite, bien évidemment. Je ne suis pas le seul.

0:15
Présentateur

Est-ce que vous souhaitez qu'il sorte avec plus de discrétion que la manière dont il est rentré, si je puis dire ?

0:20
Xavier Bertrand

Plus important, parce que je pense avant tout à l'épreuve humaine que ça représente pour lui et pour sa famille. Ce sont les magistrats qui décideront, mais s'il sort le plus rapidement possible, je pense que ça fera plaisir à beaucoup de monde.

0:33
Présentateur

Je note que vous ne voulez pas répondre à cette question.

0:35
Xavier Bertrand

Non, je vais vous dire pourquoi. Parce que tout ce qui a entouré la détention de Nicolas Sarkozy, la remise en cause des décisions de justice par certains élus, ça n'est pas mon registre. Et je vais vous expliquer pourquoi. Au-delà... Pas que par certains élus, par lui également. Non, non, mais attendez. Le sujet est très simple. J'ai bien connu Nicolas Sarkozy, j'étais son ministre, il m'a fait confiance.

0:56
Présentateur

Vous en parlez abondamment.

0:58
Xavier Bertrand

Oui, comme de Jacques Chirac, qui le premier m'a fait confiance. Mais derrière, il y a l'épreuve humaine, avant tout personnelle. Et pour le reste, je trouve que l'on est à un moment dans notre pays où beaucoup de commentateurs et de responsables politiques prennent beaucoup trop de liberté avec les piliers de notre démocratie. C'est-à-dire la remise en cause de l'État de droit, la remise en cause de la justice, le respect de la loi, le consentement à l'impôt.

1:21
Présentateur

Est-ce que, quand vous dites certains responsables, est-ce que ça vaut pour lui ?

1:24
Xavier Bertrand

Quand il se compare à Dreyfus, est-ce que ça vous choque ? Attendez, il y en a beaucoup qui sont comme des somnambules en ne se rendant pas compte aujourd'hui que les fondamentaux de la République sont aujourd'hui attaqués. C'est ce que je dis dans ce livre. Je crois à la politique. Je crois à la promesse républicaine.

1:39
Présentateur

Encore une fois, vous ne répondez pas, y compris lui-même. Est-ce que lui est allé trop loin dans ses attaques vis-à-vis des juges ?

1:43
Xavier Bertrand

Je voulais que je vous dise une chose. Vous êtes venu pour me faire parler de l'actualité qui est abondante de ce livre ou tout simplement Nicolas Sarkozy dont je viens de vous parler.

1:51
Présentateur

Très bien. Je vous remercie. Vous n'avez pas répondu à tout, mais enfin, j'ai mes questions, vous avez vos réponses. Le Bloc Central et le PS négocient en ce moment, les plus critiques disent marchandent, un projet de budget. En ce moment, c'est le PLFSS. Est-ce qu'il vous paraît votable en l'État ?

2:07
Xavier Bertrand

Heureusement qu'il y a le Sénat dans notre pays pour remettre un peu les choses à l'ordre. Parce qu'aujourd'hui, qui pilote est l'EFI et le Rassemblement National, qui d'ailleurs, eux, ne souhaitent pas de budget. Il faut dire les choses très clairement.

2:19
Présentateur

Ceux qui négocient, c'est le PS et le Bloc Central.

2:20
Xavier Bertrand

Non, non, attendez. La vérité, vous voyez bien qu'ils mènent le bal. Parce qu'on a aujourd'hui un certain nombre de folies fiscales au nom de la justice fiscale qui n'en est plus une. C'est bien souvent du racket fiscal. Ceux qui bossent aujourd'hui, les classes moyennes, clairement, c'est le projet politique que je porte. Les classes moyennes sont bien évidemment, encore une fois, écrasées d'impôts. Et on est en train de faire croire que s'il y a des pauvres dans notre pays, c'est à cause des riches. Donc ça, c'est notamment toute l'action de LFI. Donc heureusement qu'il y a un Sénat pour rétablir les choses.

Et l'on verra à l'issue des débats Assemblée Nationale et Sénat où on en est exactement. Mais encore une fois, M. Van Chijn, ce qui se passe, c'est que LFI et RN souhaitent qu'il n'y ait pas de budget, que le gouvernement tombe, qu'il y ait une dissolution et qu'il y ait le départ du président. Ce n'est pas l'intérêt du pays et qu'on ait un budget qui les intéresse. C'est justement une crise politique plus grave encore. Mais on n'est pas obligés non plus de faire des erreurs. Parce que le PLFSS dont on parle aujourd'hui, vous prenez un seul exemple, c'est qu'il n'y a pas assez pour l'hôpital public et c'est une attaque en règle de la médecine libérale.

Or, notre système de santé en France marche sur deux jambes. Une jambe publique et une jambe libérale. Et si on affaiblit l'une et l'autre, il ne faut pas s'étonner que les Français perdent confiance dans l'un des piliers de nos services publics, l'un des piliers de notre engagement républicain, la santé.

3:41
Présentateur

– Mais sans des impôts supplémentaires et chiffrés en milliards d'euros, le PS ne votera pas le budget, il n'y aura pas le budget. Vous préférez pas de budget qu'un budget médiocre ?

3:53
Xavier Bertrand

– Il y aura toujours un budget possible dans notre pays grâce aux institutions. Grâce justement au leg du général de Gaulle avec la constitution de la Ve République, il a toujours été prévu qu'il puisse y avoir une loi spéciale. – Des ordonnances. – Des ordonnances, nous ne sommes pas aux États-Unis où il y a ce que l'on appelle le shutdown et tout est coupé, tout s'arrête. – Mais il peut y avoir censure. – Mais un budget serait mieux quand même, un budget voté, que les ordonnances. Mais M. Ford doit aussi comprendre une chose, c'est que le compromis c'est important, mais c'est pas la prise d'otage.

Et puis il y a un dernier point que vous avez évoqué, on va aller jusqu'au bout, et il y en a marre d'entendre parler d'impôts en plus. Ça c'est une maladie politique française, une maladie technocratique française. Il y a un problème ? Un impôt. Il y a une difficulté ? Une taxe. Clairement, ce qu'il faut faire aujourd'hui, c'est diminuer les dépenses, les dépenses de l'État. Et comme je sais qu'en général la question qui vient c'est, qu'est-ce que vous faites vous chez vous ? Dans ma région, j'ai renoncé à appliquer un nouvel impôt le versement mobilité qui aurait pesé sur les entreprises.

– Je ne l'ai pas vous le demandé, mais si vous souhaitez répondre aux questions, vous ne l'avez pas posé. – Il y a des politiques qui sont des diseux, et puis il y a des faiseux. Et je préfère être dans cette deuxième catégorie, comme je le dis dans ce livre, et tout simplement, j'ai baissé les dépenses, plutôt que d'augmenter les impôts. Il n'y a aucune fatalité à continuer à avoir des Français qui se disent « je bosse pour payer les impôts », et le pire, c'est que je me demande parfois où ça passe, alors que ça nous garantit, encore une fois, nos services publics.

5:16
Présentateur

– Alors, vous publiez « Rien n'est jamais écrit », sauf ce livre, manifestement, chez Robert Laffont, vous y apparaissez quand même assez obsédé par l'élection présidentielle.

5:27
Xavier Bertrand

– Écoutez, c'était pas écrit, c'était pas écrit, parce que vous savez, à la différence de beaucoup, je n'ai pas grandi à Paris, je n'ai pas fait l'école parisienne, je n'ai pas fait Sciences Po, je n'ai pas fait l'ENA, et c'est vrai qu'on m'a souvent un peu critiqué, moqué, petit assureur de province, je sais ce qu'est le monde de l'entreprise, je sais ce que sont les classes moyennes, parce que c'est ma vie, clairement, et c'est aussi la vie de ma famille, et donc, ce que je ressens aujourd'hui, c'est de faire en sorte que ces classes moyennes retrouvent de l'espoir.

Ça n'est pas normal aujourd'hui que quand vous travaillez, vous n'y arrivez pas, et que quand vous avez des enfants, notamment des enfants qui veulent faire des études, vous soyez obligés de ne plus partir en vacances pour pouvoir les aider à faire les études. Je ne veux pas que l'on se dise que nos enfants vivront moins bien que nous, c'est le cœur de mon projet. Il y a le rétablissement de l'autorité, de l'ordre, mais le cœur de mon projet est pour qu'on retrouve confiance et espoir.

6:21
Présentateur

Mais, je vous ai lu, vous surjouez l'enracinement, le petit gars de province, bien chez nous.

6:25
Xavier Bertrand

Non mais attendez, vous surjouez, c'est ma vie, je suis désolé, c'est ma vie, c'est comme ça, je suis insisté.

6:30
Présentateur

Vous en ferez pas un petit excès de com', on dirait, c'est comme la photo de Lecornu avec son poireau, lui c'est une photo, vous c'est 400 pages, voilà, vous aimez aller au flunch avec vos enfants, vous en faites pas un petit peu trop là-dessus ?

6:43
Xavier Bertrand

Il n'y a pas un excès d'ironie de votre part ? Ou un excès d'autre chose ? Vous savez, je suis habitué. D'autre chose, c'est-à-dire ? Je ne sais pas, un peu de condescendance, parfois j'entends, c'est ma vie, je vais la changer. Et c'est très amusant, j'étais à Brive ce week-end. J'étais à Brive à la foire du livre, je ne suis pas un écrivain, mais c'est comme c'était le premier ouvrage que je publiais, les gens sont venus me voir en me disant, on a entendu parler de ce livre, et on se retrouve beaucoup dans tout cela. Alors c'est vrai, c'est peut-être une vie ordinaire, mais c'est aussi une vie ordinaire qui est celle d'une vraie promesse républicaine.

Mes parents, mon père, a travaillé dur parce qu'il n'a pas fait d'études supérieures, parce que je suis arrivé dans leur vie beaucoup plus vite qu'ils ne pouvaient l'imaginer, ou que c'était prévu. Et au final, on a réussi par le travail, et moi-même aussi par le travail, à être heureux dans la vie. Je souhaiterais que ce soit pour l'ensemble des Français, et c'est la raison pour laquelle je me bats. Je suis très attaché à la question de l'enfance, parce que j'ai eu une enfance heureuse, et j'ai envie de me battre. de me battre pour mon pays, de me battre pour les Français, de me battre pour mes enfants et tous les enfants.

C'est ça qui n'était pas écrit non plus en ce qui me concerne, et la politique vous permet de bouger les choses et de changer les choses. Faut-il encore avoir envie de se battre ? C'est mon cas.

7:51
Présentateur

Merci infiniment. Xavier Bertrand, rien n'est jamais écrit. Le plus important, c'est page 226, vous êtes fan du PSG. Merci.

7:57
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci.