Visite en Israël : "très choquée", Braun-Pivet accuse Mélenchon de lui mettre "une nouvelle cible dans le dos"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-10, la présidente de l'Assemblée Nationale, députée Renaissance des Yvelines. Question réaction au standard 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. Yael Brunpivet, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Vous rentrez d'un voyage de 24 heures en Israël, voyage en compagnie du président du parti des Républicains Éric Ciotti, du député des Français de l'étranger Meyer Habib et du député Renaissance Mathieu Lefebvre, président du groupe d'amitié France-Israël. Vous avez présenté ce voyage comme un voyage de solidarité envers Israël. Pourquoi ce voyage vous a-t-il semblé nécessaire ?
Il vous semblait qu'il y avait un défaut de solidarité à l'égard d'Israël.
Vous savez, lorsque j'ai pris mes fonctions, le premier déplacement que j'ai fait, c'était pour aller à Kiev, en Ukraine. Je suis allée en Arménie, quand il y a eu le blocus du Haut-Karabakh et du corridor de la Tchine. Et là, il nous a semblé que la place de la présidente de l'Assemblée Nationale était en Israël pour exprimer notre solidarité face aux attentats que le peuple israélien a subis. J'ai lu que la composition de ma délégation était critiquée à chaque fois, et je pense que c'est important de l'expliquer à vos auditeurs. Les délégations sont composées de façon très simple. Je prends le président du groupe d'amitié, quel qu'il soit, et là il s'agissait de Mathieu Lefebvre.
Je prends avec moi le député qui représente cette partie du territoire, et en l'occurrence Meyer Habib. Et puis je demande à une personnalité de droite et une personnalité de gauche de m'accompagner. Là, j'ai demandé à Éric Ciotti de venir avec moi, et j'ai demandé à la gauche de venir avec moi, et j'ai interrogé le Parti Socialiste, le Parti Communiste, et ils n'ont pas souhaité s'associer à cette délégation. Pourquoi ? Ils vous ont dit pourquoi ? Eh bien, il faudra leur demander.
Vous vous êtes notamment rendu dans un des kiboutts où ont eu lieu les massacres du 7 octobre perpétrés par le Hamas. Qu'avez-vous vu ? Qu'avez-vous ressenti sur place ? Le choc et la sidération sont-ils encore là, trois semaines après les tueries ? Oui, ils sont encore là.
Ils sont encore là parce que vous voyez très concrètement l'horreur et l'étendue de ce qui s'est passé. Vous voyez des maisons qui ont été brûlées. Vous voyez les lieux où des enfants ont été assassinés avec les mains attachées dans le dos. Vous voyez les flaques de sang, vous voyez les couteaux ensanglantés, vous voyez des marteaux. Et puis, vous voyez, j'ai été dans le centre d'identification des corps. Et ils reçoivent des sacs, des sacs par centaines. Et j'ai assisté à l'ouverture d'un sac parce qu'ils ne savent pas ce qu'il y a dedans.
Et là, c'était une main dont ils doivent après attribuer à une personne puis prévenir une famille que l'un des leurs n'est plus parce qu'il a été victime du terrorisme. C'est ça qui s'est passé en Israël. Et c'est vrai que quand je vois encore là, dans les heures qui viennent de s'écouler sur notre territoire, des personnes politiques qui ne savent pas mettre des mots sur ces horreurs, là, pour le coup, c'est moi qui suis sans mots.
Hier, Jean-Luc Mélenchon vous a invectivé sur les réseaux sociaux. Il a posté une vidéo de la manifestation pro-palestinienne qu'avait lue à Paris hier en écrivant, je le cite, « Voici la France », c'est-à-dire la foule de la manifestation pro-palestinienne. « Voici la France, donc. Pendant ce temps, Mme Braun-Pivet campe à Tel Aviv pour encourager le massacre, pas au nom du peuple français. » Quelle est votre réaction à ces mots ? J'ai été très choquée. J'ai été très choquée.
Et justement, là aussi, c'est difficile parce qu'en ce moment, on voit que certains cherchent la division, alors que la France, justement, c'est les Lumières. La France, c'est la fraternité. La France, c'est la solidarité entre les peuples. Et il y en a qui soufflent sur les braises de façon incessante, méprisante. Vous pensez qu'ils vous visaient personnellement dans le choix des mots ? Ce qui est sûr, c'est que connaissant un peu Jean-Luc Mélenchon, je suis convaincue qu'effectivement, le mot « camper » n'a pas été choisi par hasard. Et que le fait que je favorise les massacres, c'est à nouveau une nouvelle cible qu'on me met dans le dos. Et oui, c'est très grave.
Ça veut dire quoi ? Expliquez-nous.
Je crois qu'aujourd'hui, moi, en tant que présidente de l'Assemblée nationale, je représente la nation, je représente les Français qui m'ont élue et mes pères qui m'ont élue. Je porte la voix, et une voix équilibrée, la plus sereine possible. Et me désigner comme étant... Voilà, étant... Enfin, je ne sais pas. Je suis désolée, mais je suis... Je suis très choquée, en fait.
Je suis... On entend votre émotion ce matin. Je pense que les auditeurs l'entendent. Et elle, Brune-Pivet, vous dites, je porte une voix équilibrée. Comme présidente de l'Assemblée nationale, certains ont trouvé que vos mots, les mots que vous avez choisis ces dernières heures, ces derniers jours, n'étaient pas très équilibrés. Quand vous parlez du soutien inconditionnel de la France à Israël, quand vous parlez... Quand vous avez déclaré encore hier aux Parisiens, rien ne doit empêcher Israël de se défendre. Vous comprenez que ces mots, certains les aient jugés pas équilibrés. Le soutien inconditionnel à Israël.
Si la condamnation des massacres perpétrés par le Hamas doit être inconditionnelle, le soutien inconditionnel à Israël et à ce gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahou doit-il être pour autant inconditionnel ?
Est-ce que là, vous êtes équilibrés ? C'est ce que j'ai expliqué. C'est un soutien inconditionnel à Israël. Ça n'est pas un soutien. Et les mots ont un sens. Je n'ai jamais dit que je soutenais de façon inconditionnelle le gouvernement d'Israël. Mais je soutiens de façon inconditionnelle l'existence d'Israël. Parce que c'est l'existence d'Israël qui est en jeu. Lorsque le Hamas commet des actes terroristes, le Hamas, comme l'OLP en son temps, souhaite la destruction de l'État d'Israël. Et la voie de la France a toujours été une voie qui prône l'existence de deux États, un État palestinien et un État israélien, et d'assurer l'existence de cet État palestinien et la sécurité d'Israël.
Et aujourd'hui, la sécurité d'Israël n'est pas assurée. L'existence de l'État palestinien non plus.
Rien ne doit empêcher Israël de se défendre. Rien, vraiment. Même le droit humanitaire, même le droit international. Rien ne doit l'empêcher.
Écoutez ce que j'ai dit, Madame Salamé. J'ai écouté, franchement, j'ai écouté. Et justement, ce que j'ai dit, c'est qu'effectivement, Israël a le droit de se défendre face à ces attaques terroristes et face à ces centaines de roquettes qui tombent sur des civils tous les jours, dans le respect du droit international et du droit humanitaire. C'est ce que j'ai toujours dit, et c'est ce que je dirais toujours. Et je serai toujours une partisane de la paix, et je serai toujours quelqu'un, une responsable politique qui prône pour l'existence de deux États qui puissent vivre dans la paix, l'un à côté de l'autre. Maintenant, aujourd'hui, Israël n'a pas enterré ses morts, victime du terrorisme.
Il faut dire les mots. Et aujourd'hui, et hier, vous voyez, moi j'étais fière d'être en Israël, parce qu'aujourd'hui, les Israéliens ont besoin qu'on leur mette la main sur l'épaule pour leur dire qu'on est avec eux. Comme nous, nous avions besoin, après Charlie, j'étais dans la rue avec mes cinq enfants, après Charlie, nous avions besoin de cette solidarité internationale pour faire face au terrorisme. Nous avions 50 chefs d'État qui manifestaient avec nous pour dire non au terrorisme. Et Israël, aujourd'hui, a besoin aussi de ces voix-là pour dire non au terrorisme.
Qu'est-ce que vous attendez du voyage d'Emmanuel Macron ? En quoi il peut être utile, comme il souhaite l'être ?
J'espère que le président de la République pourra déjà afficher sa solidarité vis-à-vis des familles françaises. Parce qu'on a tendance aussi à oublier cela. Nous avons aujourd'hui des familles françaises qui sont en attente de nouvelles de leurs proches, otages, et je crois que le président de la République, je crois, je suis sûre qu'il a une action résolue pour obtenir la libération de ces otages. Après, je sais que le président de la République porte la voix de la France de façon équilibrée, et nous avons besoin aujourd'hui de raison dans ce monde qui devient fou. Nous avons besoin de raison.
Yael Brunpivet, Eric Ciotti, avec qui vous avez donc fait ce voyage en Israël, veut suspendre les aides aux Palestiniens. Êtes-vous d'accord avec lui sur ce point ?
Non, comme je le disais, strict respect du droit humanitaire, strict, il faut continuer à secourir des populations innocentes qui souffrent et qui sont utilisées par les terroristes comme boucliers, pour se cacher. Et donc, évidemment qu'il faut soutenir les populations civiles, il ne faut pas qu'elles fassent les frais de cette guerre, et il ne faut pas qu'elles en soient les victimes innocentes. Et donc, évidemment, il faut que l'aide humanitaire puisse accéder sur Gaza, évidemment, il faut renforcer cette aide.
C'est ce que fait le gouvernement français, c'est ce que fait l'Union européenne, et je salue cela parce que l'aide humanitaire doit pouvoir passer et atteindre les populations qui en ont besoin et qui sont les victimes de ce conflit.
Un débat est organisé aujourd'hui à 16h à l'Assemblée nationale sur la situation au Proche-Orient. Les groupes politiques pourront intervenir pendant 2h30, il n'y aura pas de vote. À quoi va servir cette séance ? Vous en attendez quoi ? Un éclaircissement ? Si oui, un éclaircissement de qui ? Sur quoi ? Dites-nous.
On voit bien que c'est un sujet qui, sur notre territoire, a une grande résonance. On parlait des différentes interventions des uns et des autres sur les médias. Je pense que c'est important que chacun puisse exprimer de façon consistante quelle est sa position avec des arguments, et c'est le lieu à l'Assemblée nationale pour le faire.
Ne craignez-vous pas des débordements ? Ne craignez-vous pas que, justement, ça divise encore davantage, ça fracture encore plus le pays, ce qui va se passer à l'Assemblée nationale ?
Je ne le crois pas, parce que l'Assemblée nationale est le lieu du débat, est le lieu de l'expression politique. Je trouve que, justement, le fait de déporter le débat politique uniquement sur des plateaux télé ou radio, je crois que ça, c'est dangereux. Et je pense, justement, qu'il faut vraiment refaire de l'hémicycle et de l'Assemblée nationale le lieu du débat, de la confrontation d'idées, et pas dans l'outrance, évidemment, outrance qui est bien souvent portée par certains groupes politiques.
On va passer au standard d'Inter. On nous attend Gérard. Bonjour Gérard, bienvenue. Bonjour. Nous vous écoutons.
Oui, j'avais quelques questions à poser rapidement à madame la présidente de l'Assemblée nationale. Je voulais savoir, les émotions sont terribles en ce moment, et il y a évidemment de quoi, les massacres du Hamas, et puis les répliques d'Israël. Mais je voulais savoir, il y en a qui découvrent cette situation, cette situation, elle tourne depuis des dizaines d'années. Alors je voulais savoir ce que madame, qui représente l'État, en l'occurrence, dans ses voyages, pense des condamnations régulières de l'ONU, des centaines de condamnations régulières de l'ONU, contre la colonisation, contre l'occupation des territoires.
Et qu'est-ce que la France a fait, c'est-à-dire très peu de choses, entre deux moments catastrophiques ou d'émotions, il ne se passe plus rien. Donc c'est très bien d'avoir les émotions et d'avoir des choses maintenant. La situation, elle est l'initiation d'occupation de territoire, toute occupation de territoire contraint les gens qui sont occupés et qui le vivent très très mal, et pas simplement à servir de bouclier, comme le dit à mon avis très maladroitement madame la Présidente, de bouclier, mais simplement à survivre dans une situation terrible.
Moi j'ai visité un peu la page sociale en Palestine, j'ai vu comment vivent les Palestiniens autour des checkpoints, comment ils sont refusés, comment la colonisation s'est développée à tous les coins de la Sud-Jordanie, en empêchant finalement ce qui est la solution politique évidente, à savoir deux États qui pourraient vivre côte à côte dans la paix, ce que tout le monde souhaite, et personne n'est contre qu'on peut être favorable à ce qu'est une existence des Palestiniens sans vouloir faire disparaître Israël.
Bien compris Gérard, bien compris Gérard. Merci pour votre intervention. Yael Broun-Pivet, vous écoutez avec attention, elle vous répond.
Oui, bonjour monsieur. Écoutez, je pense que je porte la voix de la France de façon très traditionnelle et dans la continuité de ce qu'elle est. Maintenant, nous pouvons tous appeler, et nous devons tous appeler à une résolution pacifique du conflit, mais surtout une résolution qui puisse être durable et tenable pour les uns et les autres. Et donc, espérons qu'un jour prochain, nous trouverons l'issue et nous trouverons des partenaires de part et d'autre qui soient en capacité de construire une paix durable.
Sur la colonisation, c'est vrai que la situation est aussi très tendue aujourd'hui en Cisjordanie. Les Palestiniens sont confrontés à des opérations violentes menées par des colons depuis le début des attaques. Il y aurait déjà eu près de 100 morts et des 1200 blessés, selon l'autorité palestinienne. craignez-vous que la situation ne dégénère en Cisjordanie entre les Palestiniens et les colons ? Et c'est vrai que ces dernières années, Benjamin Netanyahou a encouragé les colons en Cisjordanie et Elbrun Pivet.
Mais on voit effectivement qu'il y a des tensions sur plusieurs fronts. Et c'est une vraie préoccupation. Il ne faut pas que ce soit au niveau régional ou ailleurs qu'il y ait une extension du conflit. Et donc, nous devons tous appeler et faire en sorte que ce ne soit pas le cas. Nous avons une responsabilité. C'est pour ça que les mots et les actes comptent. Et je crois profondément qu'il faut appeler à la modération sur ce plan-là. Et c'est vrai que la politique menée sur la colonisation ces dernières années a probablement attisé un certain nombre de tensions et de rancunes.
Yael Brun Pivet, vous avez confié récemment recevoir régulièrement des menaces antisémites. Vous avez dit qu'elles se renforçaient. Vous êtes sous protection policière renforcée également. Est-ce que ces menaces ont augmenté encore ces deux dernières semaines ?
Oui, elles augmentent. Mais c'est invraisemblable, en fait. C'est juste invraisemblable, pour tout vous dire. Vous savez, moi, je ne comprends pas pourquoi lorsque l'on s'exprime sur ce sujet-là, pourquoi tout d'un coup, c'est l'identité juive qui ressort. Vous voyez, moi je suis une femme politique, moi je suis française, je ne suis pas pratiquante, je ne suis pas croyante. Mais tout d'un coup, certains ne voient plus que ça. ne voient plus que ça.
Il y a une assignation identitaire, dès qu'il s'agit du conflit israélo-palestinien, c'est passionnel, c'est vrai que c'est le sujet le plus passionnel qui soit, je crois, depuis des années. C'est un signe dans tous les camps, vous le savez.
Je le sais, mais justement, il faut s'extraire de cette passion, et c'est ce que j'essaye de faire. Peut-être que certains pensent que je le fais maladroitement, mais en tout cas, qu'ils soient convaincus que moi, je le fais sincèrement et honnêtement.
Vous avez dit un mot tout à l'heure qui a fait beaucoup réagir les auditeurs sur l'appli d'Inter. Vous dites, j'ai une nouvelle cible dans le dos. Vous avez le sentiment, aujourd'hui, vous êtes la présidente de l'Assemblée nationale, je crois que c'est le quatrième personnage de l'État, institutionnellement, qu'aujourd'hui, vous avez des cibles dans le dos que vous êtes visée directement, que vous craignez pour votre vie, pour être très clair.
Écoutez, oui, quand je vois ce que je... Quand je lis sur les réseaux sociaux certains tweets, lorsque je reçois directement des lettres de menace, lorsque je ne peux plus sortir de chez moi sans être protégée par des policiers, bien sûr que je me sens en danger. Bien sûr.
Il faut aussi rappeler qu'il y a d'autres parlementaires qui sont menacés. Mathilde Panot disait qu'une quinzaine de parlementaires insoumis avaient reçu des menaces de mort. Jean-Luc Mélenchon également. Voilà.
Mais à chaque fois, moi, j'écris aux parlementaires qui sont menacés pour leur dire que je leur apporte la protection fonctionnelle de l'Assemblée nationale. J'ai demandé au ministre de l'Intérieur de renforcer la protection auprès de tous les parlementaires. Et à la demande de Mathilde Panot, il y a plusieurs jours de cela, j'ai écrit personnellement au ministre de l'Intérieur pour attirer son attention sur les menaces qui pesaient spécifiquement sur les députés insoumis. Je ne fais pas de tri entre les parlementaires. Je considère que chaque menace réalisée envers un élu de la République est une menace envers nos institutions.
Parlez du ministre de l'Intérieur.
Oui, Gérald Darmanin qui a fait polémique en déclarant sans apporter de preuves tangibles que Karim Benzema, à qui il reproche des messages sélectifs d'empathie envers les Palestiniens et pas les Israéliens avaient un lien notoire avec les frères musulmans. A-t-il parlé trop vite, selon vous ?
Ce n'est pas mon rôle aujourd'hui de commenter les propos de Gérald Darmanin et de commenter ce qui se passe sur Twitter. Je crois qu'on l'a beaucoup beaucoup fait ce matin déjà.
Oui, enfin, c'est le ministre de l'Intérieur qui s'exprime, qui met en cause un de nos plus grands footballeurs français. Je comprends bien que c'est lui qui l'a fait. Ce que je veux dire, c'est qu'on vous soumet les propos de Gérald Darmanin pas parce que c'est une polémique sur Twitter, parce que lui-même l'a mis sur la table.
J'entends bien, mais moi, je ne commande pas cela.
C'est mon droit. Vous avez le droit. Vous avez parlé pendant votre voyage en Israël avec Éric Ciotti du projet de loi immigration de Gérald Darmanin. Vous l'avez convaincu de le voter parce que là, pour le coup, il va falloir répondre. Vous ne pouvez pas voter en touche.
Mais je ne vote jamais en touche, Madame Salamé. C'est un projet de loi sur lequel beaucoup de monde s'exprime. Moi, je le dis souvent, je fais confiance au débat parlementaire. Le débat parlementaire ne sert pas à rien. Et donc, le débat va commencer au Sénat le 6 novembre en séance publique. Il sera à l'Assemblée nationale en décembre. Moi, je fais confiance au débat, à l'échange d'arguments pour que nous puissions dégager une voix. Je pense que, fondamentalement, il est très important que nous votions ce projet de loi. Il nous est utile.
Il sera utile à l'avenir pour pouvoir mieux appliquer notre droit des étrangers conformément à nos valeurs avec des procédures qui seront clarifiées, qui permettront d'aller plus rapidement et puis qui permettront d'écarter du territoire national des individus qui n'ont rien à y faire et qui nous mettent en danger. Donc, je crois que ce projet de loi doit être examiné rapidement et je l'ai dit. Et faire passer ce projet de loi
aussi important si on en croit vos mots par le 49-3, ce serait encore par le 49-3, j'ai envie de vous dire, encore un texte qui passerait au 49-3.
Alors, à ce jour, nous n'avons passé au 49-3 que des textes financiers. Aucun texte sur le fond n'a fait l'objet d'un 49-3 et moi, j'espère et j'œuvrerai pour cela pendant les semaines qui viennent pour que nous trouvions une majorité. Et je ne souhaite pas que nous passions au 49-3 sur ce texte. Moi, je fais confiance au débat parlementaire et à l'esprit de responsabilité des uns et des autres pour adopter ce texte.
Yael Broun-Pivet, merci d'avoir été à notre micro ce matin, président de l'Assemblée nationale, députée Renaissance des Yvelines.
Merci à vous.
Yaël Braun-Pivet