Des soldats américains dans le Golfe
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Les Houthis au Yémen entrent dans le conflit. Des infrastructures stratégiques sont prises pour cible. Une raffinerie en Israël, une usine de dessalement et 2 fonderies d'aluminium, les plus importantes au monde, au Koweït. - 5e semaine de guerre.
Des frappes qui se multiplient en Iran, au Liban, en Israël, et des doutes sur la stratégie américaine. - Plus de 50 000 soldats américains sont arrivés au Moyen-Orient. - Il y a un plan élaboré par le Pentagone prévoyant une sorte d'opération terrestre. - Tout le monde se demande ce que va faire le président Trump. - Hier, à bord de l'Air Force One, le président américain dresse un bilan positif de son opération conjointe avec Israël en Iran. - D.Trump: Nous assistons déjà à un changement de régime en Iran.
Ecoutez bien...
Le régime a été décimé, détruit. Ils sont tous morts. Le régime suivant est pour l'essentiel mort.
Le 3e, avec lequel nous traitons, ce sont des personnes différentes. Je considère donc qu'il y a déjà eu un changement de régime et ces personnes sont beaucoup plus raisonnables. - Mais voilà, ce matin, dans le "Financial Times", le ton du président a changé.
Il affirme vouloir s'emparer du pétrole iranien, notamment en prenant l'île de Kharg. Menace réitérée cet après-midi sur son réseau social. L'île stratégique de Kharg, au large de l'Iran...
Environ 90 % des exportations iraniennes de pétrole transitent par cette île qui peut stocker des millions de barils par jour. Mi-mars, l'armée américaine avait ciblé les sites militaires de l'île, préservant les installations pétrolières. Selon certains médias, le Pentagone se prépare à porter un grand coup en Iran.
Alors que les troupes américaines sont désormais déployées au Moyen-Orient, les questions demeurent. - K.Leavitt: Le président aime avoir plusieurs options à sa disposition.
C'est la mission du Pentagone d'avoir plusieurs scénarios. Adressez-vous à eux. - Un peu partout dans la région, les bombardements s'intensifient.
L'Iran cible le Koweït. Un camp militaire, une usine de dessalement...
En Israël, la plus grande raffinerie du pays, celle d'Haïfa, est touchée. Un peu plus tôt ce week-end, le groupe rebelle des Houthis au Yémen annonce rejoindre la guerre, revendiquant des tirs vers Israël. - Les forces armées yéménites ont mené la 2e opération militaire de la bataille du djihad sacré en lançant une salve de missiles de croisière et de drones visant plusieurs sites stratégiques et militaires appartenant à l'ennemi sioniste dans le sud de la Palestine occupée. - Face à la menace d'un débarquement américain, Téhéran met en garde Washington. - Les Iraniens accusent les Etats-Unis de préparer une opération terrestre. - L'Iran prévient que son armée attend les troupes américaines et qu'elles seront réduites en cendres si elles posent un pied sur leur sol. - Le Pentagone aurait élaboré plusieurs scénarios impliquant une intervention militaire sur l'île de Kharg ou sur d'autres îles iraniennes, elles aussi au large de Téhéran et tout aussi stratégiques.
La télévision américaine imagine l'opération. - On pourrait déployer le corps des marines des Etats-Unis. C'est ce qu'ils font.
Ils peuvent débarquer sur la plage. Ils ont des blindés, mais je ne pense pas qu'ils vont les utiliser. Ils utiliseront plutôt leurs hélicoptères pour déposer rapidement des soldats dans la zone.
Ils pourraient aussi utiliser l'Osprey, cet hélicoptère qui peut se transformer en avion. - Selon le "Wall Street Journal", D.Trump envisagerait aussi une opération militaire pour extraire 1000 livres d'uranium iranien hautement enrichi que Téhéran conserverait sous ses installations nucléaires.
D.Trump n'aurait pas pris encore sa décision. - C.Roux: Nous sommes en direct de Washington avec S.Dridi.
Bonsoir et merci d'être avec nous. Vous êtes correspondante pour LCI et France 24. On voyait ces commentaires sur la télé américaine des scénarios désormais posés sur la table du président américain.
Est-ce que l'un l'emporte à vos yeux, à la lecture de la presse américaine et avec les informations dont vous disposez? - S.Dridi: D.Trump vient de déclarer que les négociations se déroulaient bien, une fois de plus.
Il a tout juste confirmé au "New York Post" que la personne avec laquelle les Américains parlaient, c'était Ghalibaf, le président du Parlement. Mais il y a de plus en plus d'indications que les Etats-Unis se préparent à une opération terrestre. Je pense que D.Trump se laisse plusieurs options.
Idéalement, il aimerait pouvoir trouver un accord et trouver ces quelque 400 kg d'uranium enrichi via un accord, mais cette administration n'est pas naïve et sait que ce sera compliqué. D'ailleurs, M.Rubio a déclaré tout à l'heure que les Américains se préparaient à la grande probabilité que les Iraniens ne répondent pas aux demandes des Américains. - C.Roux: Cette intervention terrestre des boys, scénario qu'on ne pensait pas privilégié par D.Trump, disant qu'il n'était pas du genre à envoyer des boys au sol...
C'est critique aux Etats-Unis? On peut dire un mot de la mobilisation ce week-end, avec le slogan "pas de roi, pas de ICE, pas de guerre", avec 800 000 manifestants à travers les Etats-Unis pour protester contre D.Trump. - S.Dridi: Oui, il y a eu une nouvelle manifestation "No Kings" hier.
Beaucoup d'Américains sont opposés à cette guerre et à l'envoi de troupes au sol. Les sondages qui concernent les républicains indiquent qu'une majorité continue de soutenir cette intervention en Iran. Ce sont les sondages que D.Trump regarde.
Si ce n'est pas un envoi massif de troupes au sol mais des commandos, il y a un soutien. Il y a une différence. Même dans l'opinion publique, un récent sondage montrait qu'il y avait un plus large soutien pour un envoi de commandos d'opérations spéciales.
Le "New York Times" a confirmé hier que des forces spéciales avaient été envoyées dans la région pour laisser des options à D.Trump. C'est vrai qu'il a beaucoup évolué sur ce sujet.
Pendant sa campagne, il avait dit "jamais de guerre lointaine", "pas d'envoi de troupes au sol", et là, quand on l'interroge sur la question, il répond avec nonchalance: "C'est ça, la guerre. Il aura peut-être d'autres morts militaires." Mais il hésite sur cette opération pour aller récupérer l'uranium enrichi, selon le "Wall Street Journal", notamment en raison du risque élevé pour les soldats américains. - C.Roux: Il y a des mises en garde de vétérans, d'anciens généraux américains, pour dire que quand on s'engage en envoyant des troupes au sol, on change la configuration du conflit? - S.Dridi: Des élus démocrates sont, pour certains, des vétérans, d'anciens membres des forces armées, d'anciens pilotes.
Ils préviennent des risques, parlent beaucoup dans les médias et essaient de prévenir cette administration. Un ancien officiel du Pentagone disait qu'en cas d'opération au sol en Iran pour récupérer l'uranium iranien enrichi, c'était "un big deal", quelque chose de très important et très coûteux en vies humaines. Il y a une Amérique divisée.
On sent que D.Trump continue d'hésiter, de se laisser plusieurs options. On sent aussi un président de plus en plus frustré.
Il a récemment déclaré à un proche que cette guerre l'empêchait de se concentrer sur d'autres priorités, qu'il aimerait qu'elle se termine au plus tard à la mi-mai, parce qu'il a déjà reculé son voyage en Chine une première fois. On sent qu'il cherche la porte de sortie. - C.Roux: Merci, S.Dridi.
Un mot sur le big deal. C'est une hypothèse évoquée depuis le début de l'émission. Il y a l'île de Kharg et il y a l'idée d'aller récupérer 450 kg d'uranium enrichi.
Vous y croyez? - Gal P.Dutartre: Non.
C'est trop dangereux. Sauf s'il y avait quelque chose de facilement atteignable ou un transport détecté avec des services de renseignement, notamment israéliens, qui permettraient de faire une opération des forces spéciales extrêmement ciblée et courte pour récupérer ces matériaux. Je pense que ces 400 kg sont quelque part sous une montagne, suite aux bombardements de juin dernier, et très difficiles à récupérer, peut-être même inaccessibles pour les Iraniens eux-mêmes. - C.Roux: En tout cas, s'il y avait ces 400 kg récupérés, il aurait sa victoire... - P.Allémonière: Pas forcément.
La veille de la guerre, les Iraniens étaient prêts à abandonner ces fameux 400 kg, d'après le ministre omanais qui servait d'intermédiaire. Ils avaient accepté qu'ils soient soit dilués, soit gérés par l'AIEA et la Russie.