Trois mois de conflit au Moyen-Orient : qui sort vraiment renforcé ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Tout est son contraire. Depuis 3 mois, Donald Trump souffle le chaud et le froid. Un jour, il promet de pulvériser l'Iran.
Un autre, il se félicite d'avoir forcé les Iraniens à négocier. Cette fois, Donald Trump semble pressé d'en finir. Sur ses réseaux sociaux, il a publié cette carte de l'Iran aux couleurs des États-Unis et ce message ce matin.
Soit l'accord avec l'Iran sera un accord excellent et significatif, soit il n'y aura pas d'accord. Entre menace et ma tendues, le président américain veut passer à autre chose. Dans moins de 3 semaines, il accueillera la Coupe du monde de football. [musique] De quoi redorer son blason alors que la guerre contre l'Iran devient de plus en plus impopulaire aux États-Unis.
Mais Donald [musique] Trump doit composer avec la pression exercée par les faucons du camp républicain qui remettent en cause l'accord négocié par la Maison Blanche. Donald Trump devrait continuer à faire respecter les lignes rouges qu'il a lui-même tracé, à savoir la capitulation sans condition du régime iranien. Le premier ministre israélien qui a attaqué l'Iran le 28 février dernier au côté des États-Unis pour faire tomber le régime des Molas a lui aussi mis la pression sur Donald Trump sur la question du nucléaire.
Ma politique comme celle du président Trump reste la même. L'Iran n'aura pas d'armes nucléaires. Alors sur quel point l'Iran, les États-Unis et Israël peuvent-ils vraiment tomber d'accord ?
Le régime des Mola va-t-il sortir renforcé de cette guerre face à l'impatience de Donald Trump ? Sur fond de répression et d'économie exang, la population iranienne est-elle déjà la grande oubliée de ce conflit [musique] ? Nos trois invités pour ce débat.
Aida Tavcoli, bonsoir. Vous êtes présidente de l'association, nous sommes tous des étudiants iraniens. Je le dis en français, le titre est enfin le nom de la société est anglais.
Vous êtes franco-iranne et vous considérez que les États-Unis et l'Iran ont tout intérêt à parvenir rapidement à un accord, mais aucun des deux camps ne semble préacéder. Et vous ajoutez qu'il ne faut pas oublier l'immense fragilité du régime iranien qui a perdu une grande partie de sa légitimité auprès de sa population. On en parlera évidemment avec vous tout à l'heure.
À côté de vous, Karim Émile Bitard. Bonsoir. Professeur associé à l'université Saint-Joseph de Berou.
Vous êtes spécialiste du proche Orient. Vous enseignez aussi à Sciencep Paris et j'ajoute que vous avez la triple nationalité française, libanaise et canadienne. Et vous considérez que la liberté et la démocratie en Iran sont très loin d'être les priorités de Donald Trump.
Plus personne aujourd'hui ne parle de libérer le peuple iranien comme ça avait été le cas il y a quelques mois. Peuple qui subit des exécutions quasi quotidiennes. Et à côté de vous, Floriant Louis, bonsoir, historien des relations internationales, membre de la rédaction de la revue le Grand Continent.
Dernier essai 1904 Genèse du 21e siècle euh au presse universitaire de France au PUF. Selon vous Florian Louis avec ce conflit c'est le triomphe du chacun pour soi. Les pays de la région Moyen-Orient donc se sont rendus compte que même une alliance avec les États-Unis ou l'Iran ne protège pas ce qui promet des recompositions et énormément de déstabilisation régionale si ce n'est global.
Et on démarre avec le chiffre du jour. Oui, le premier cess le feu conclu entre les États-Unis et l'Iran remonte donc désormais à 47 jours. 47 jours de menace et de blocage de part et d'autres.
On a cru hier à un accord de paix ou tout au moins une prolongation du cesser le feu, ni guerre ni paix. Alors Flurian Louis, qu'est-ce qui se passe ? Trump hésite vraiment encore à signer, il hésite entre la guerre et et un accord de paix.
Disons que Trump de toute évidence a très envie de finir avec cette guerre dans laquelle il s'est enlisé et qui est en train de peu à peu glisser vers quelque chose qui pourrait être très dommageable pour lui notamment sur le plan intérieur électoral. Donc on voit bien qu'il veut à tout prix sortir de cette guerre, quitte à faire ça dans la précipitation et que ce faisant ben il donne en même temps des bonnes raisons aux Iraniens de faire la fine bouche, de prendre leur temps puisque eux finalement sont aussi pressés mais il voit bien qu'ils ont là un atout et et donc on voit Trump qui d'un côté essaie d'aller vite vers la paix mais qui est retenu tout de même par le fait qu'il faut quand même sauver la face. Il faut quand même que cette paix puisse être vendue comme une victoire, même si elle n'en sera jamais vraiment une.
Et donc c'est ce qui explique cette valéscitation à laquelle on assiste ces derniers jours. Karim Émile Bitin, il y a aussi le rôle des Israéliens. Qu'en est-il exactement ?
Est-ce qu'ils poussent vraiment à une reprise des frappes ? Ils ont été en tout cas irrités de ne pas avoir été consultés dans l'accord du CC le feu. C'était probablement de la part de Trump une volonté de faire oublier qu'il y a 3 mois, il avait écouté les conseils de Netanyahu plutôt que ceux de JD V. son vice-président Marco Rubio qui était hostile, le patron de la CIA.
Euh Israël a déjà fait savoir qu'elle souhaitait continuer ses frappes et son occupation du sud-liban, même si un accord devait avoir lieu en Iran. Sur l'Iran, il souhaiterait bien évidemment que ça continue, que on essaie de faire tomber le régime iranien, mais je pense que Trump et les Américains ont tourné cette page là. Ils sont devenus un peu plus réalistes.
Aïa Tavacoli, comment la valésitation si on peut qualifier ça de cette façon l'attitude de Donald Trump ? Comment est-elle perçu en Iran d'après ce que vous disent vos proches et les gens avec qui vous vous réussissez à communiquer ? Euh merci pour cette question parce que c'est vrai qu'on entend très peu parler de la société civileirennienne.
Or, c'est 90 millions de personnes et ce n'est pas juste une question humanitaire en fait. 90 millions de personnes, c'est aussi une économie évidemment, une immense puissance dans la région. C'est la population de très loin la plus instruite du Moyen-Orient.
On parle beaucoup de cette population oubliée, cette population qui est victime de cette guerre. On parle pas de sa puissance politique, on parle pas du rôle politique qu'elle pourrait jouer dans cette résolution de conflit, dans la résolution de tous les conflits dans le Moyen-Orient en réalité puisque en fait cette population iranienne, elle nous a coupé le souffle à plusieurs reprises par son courage immense en se dressant contre ce régime islamique au prix de sa vie. Et puis et et la répression de ce régime islamique aujourd'hui a atteint des sommets.
C'est-à-dire que la fondation Boulomande a quand même documenter plus de 600 pendaisons depuis juste le début de l'année 2026. On parle de 2159 exécutions documentées par Amnestie pour l'année 2025, ce qui place l'Iran comme à la première place. Quand même les pays qui exécutent en terme de proportion avec la population.
Ou oui. Donc aujourd'hui, on est quand même dans une situation pour la population iranienne où c'est un étouffement, ils suffoquent, ils ne sont ils ne peuvent ils ne savent pas s'ils vont être capables de subvenir à leurs besoins économiquement, ne serait-ce que la semaine prochaine. Et il voit que leur résistance a été instrumentalisée dans ce conflit et qu'elle est complètement absente de la résolution.
Hm hm. Aida Tavacoli, puisque vous évoquez les difficultés économiques vécues par les Iraniens, on fait le point avec vous trois et avec Anna sur euh le bilan de leur vie quotidienne si difficile. Oui, depuis le début du conflit, les indicateurs économiques décrochent.
D'abord le chômage, les frappes américaines et israéliennes ont profondément touché le tissu industriel et toutes les infrastructures. Résultat, en 3 mois, plus de 2 millions de personnes ont perdu leur emploi selon le ministère du travail iranien sur un total estimé de 25 millions d'actifs. Un quotidien économique iranien parle même d'un tsunami de licenciement et tous les secteurs sont touchés.
À cela vient s'ajouter euh une inflation galopante, 67 % à la mi-avril, qui dépasse même les 100 % sur certains produits alimentaires. Les prix de la viande, du lait, du riz, des œufs ont explosé ces derniers mois. Le programme des Nations- Unies pour le développement, le PNUD, estime qu'au Moyen-ormand 4 millions de personnes pourraient basculer dans la pauvreté si la guerre se poursuit.
Face à cette situation, le gouvernement a dû prendre des mesures. Augmentation des salaires des fonctionnaires, distribution de bonds d'achat pour les produits de première nécessité et rationnement de l'essence. Il a aussi appelé les Iraniens à faire preuve de frugalité dans leurs dépenses.
Et puis dernier point, la monnaie qui se déprécie dangereusement depuis la guerre des 12 jours au mois de juin 2025, le mois dernier, elle a même atteint son plus bas niveau depuis la révolution islamique de 1979. Aida Tavakoli, vous avez commencé à en parler. et comment vos proches vivent spécifiquement cette situation économique en Iran ?
Écoutez, je vais vous donner un chiffre assez simple. Si on imagine que un conducteur de taxi gagne 1000 € par mois, euh s'il souhaite et ce qui est considéré comme un très bon salaire au vu du salaire moyen en Iran, et bien s'il souhaite changer ne serait-ce que son huile de moteur une fois dans le mois, c'est 250 €. C'est l'équivalent de 250, c'est un/art de son salaire.
Si veut le faire deux fois, c'est la moitié de son salaire qui part. Et évidemment, on compte pas le loyer, euh les enfants, la nourriture, les déplacement. Donc c'est c'est une situation qui il elle est inimaginable en fait pour nous ici.
C'est comme si on achetait notre maquette de pain à 25 €. Euh c'est une inflation qui explose aujourd'hui. C'est c'est plus de 69 %.
Vous avez cité le chiffre du mois d'avril, mais le dernier c'est 69 %. Elle ne fait que galoper et quand même ce qui s'est passé au mois de décembre 2025 quand les manifestations ont commencé, c'est parce que les bazaris qui sont quand même un air économique essentiel de l'Iran c'était se sont mis en grève parce que les commerçants les les commerçants du bazar se sont mis en grève parce que en fait le temps de vendre leurs produit euh le le l'achat du produit avait tellement explosé que il vendait à perte. Donc c'est c'est plus possible de tenir économiquement dans ce pays.
Karim Émil Bitar pendant ce temps, les les dirigeants, les MOLA ont renforcé quelque part leur pouvoir. Vous dire qu'ils ont trouvé dans le D3 d'Ormous par exemple un levier diplomatique plus fort encore que le levier militaire qu'il pensait avoir jusque-l. C'est essentiellement les gardiens de la révolution qui sont aux commande qui sont en train à mon avis de succomber à l'UBRIS et de pousser un peu trop loin leur avantage en tentant notamment de monétiser le D3 d'Ormus tantôt en présentant ça comme des réparations pour des les pertes qu'ils ont subi estimé à 270 milliards de dollars depuis 3 mois les pertes qu'ils ont subi depuis 3 mois absolument mais c'est quelque chose qui serait inacceptable par les États-Unis et inacceptable par les pays du golf y compris ceux qui étaient était pas forcément en faveur de cette guerre et je pense que même la Chine ne serait pas ne verrait pas d'un très bon œil et ce serait bien évidemment contraire au droit maritime international à la convention de Montégobé mais ils estiment qu'en l'absence d'armes nucléairire c'est l'arme fatale pour faire du chantage pour montrer qu'ils ont encore une capacité de dissuasion Louis est-ce qu'on y voit un peu plus clair dans ce que vous voulez voir faire Donald Trump le New York Times disait récemment que Trump voulait pousser un coup d'état pour remettre au pouvoir Armadine Nejad le président président ultra conservateur iranien.
Est-ce que ça c'était vraiment une option envisagée et pourquoi ? Alors, c'est très difficile évidemment de savoir ce qui se passe dans la tête de Donald Trump. D'autant plus que lui-même déjà si on se fit simplement à ce qu'il dit, il dit des choses parfois un peu contradictoires.
Au début de la guerre, il avait dit que l'objectif principal, il était double, c'était éliminer toute possibilité que l'Iran accède à l'arme nucléaire et favoriser un changement de régime en comptant sur le fait que la population iranienne allait se soulever. il les a même explicitement appelé à se soulever dans le sillage des bombes isra-américaines, ce qui ne s'est pas produit. Et à partir de là, je pense que euh il a été pris au dépourvu parce que ça s'est pas passé comme non seulement il l'avait imaginé, mais comme il avait demandé que ça se fasse.
Donc c'était aussi un peu d'autant plus humiliant pour lui que il avait donné le mode d'emploi et que ce mode d'emploi les Iraniens pour des raisons que il faudrait poser un magoisine mais n'ont pas souhaité n'ont pas désiré le suivre. Hm hm. Cette affaire Ahmad Nejad mérite quand même qu'on s'y arrête.
C'est absolument surréaliste. Ça témoigne du cynisme absolu des politiques américaines et israéliennes. Au début, j'ai pas voulu y croire mais ça a été ça n'a pas été confirmé bien évidemment part l'administration améine.
C'est une enquête quand même de quatre journalistes sérieux dont Ronan Bergman qui a des entrées au sein des renseignements israéliens, une journaliste iranienne, un journaliste américain qui se recoupe. C'était l'idée de remettre au pouvoir Ahmed Nejad avec un groupe de Kurdes, 20000 combattants kurdes qui franchirraient la frontière irakienne pour créer une sorte de soulèvement. Et quand même quand on prétend avoir déclenché cette guerre pour protéger Israël, remettre au pouvoir un antisémite décomplexé, négationniste qui organisait des conférences internationales des révisionnistes qui disaient ouvertement vouloir rayer Israël de la carte, celui qui a réprimé, qui a d'abord truqué les élections de 2009 et ensuite réprimé brutalement, ce serait quand même le sommet.
On a vu beaucoup d'absurdité géopolitique mais le rarement le cynisme aura été poussé aussi loin. Florient Louis juste sur ce que vient de dire Donald Trump sur son réseau social truc, il dit "Le temps joue en notre faveur. Est-ce qu'il bluffe ?" Ben pas vraiment.
Alors évidemment, on vient quand même de dresser le tableau très sombre de l'économie iranienne. On a un régime qui a quand même reçu des coûts terribles, mais justement c'est un régime et un pays qui est habitué depuis longtemps à vivre dans les sanctions, à vivre dans des conditions économiques et sociales très difficiles. de l'autre côté aux États-Unis, bien sûr, il est aussi pressé par l'augmentation des prix des carburants, par l'approche de la Coupe du monde, de la commémoration des 250 ans de la révolution et puis ensuite par de l'indépendance, pardon, et ensuite par les les élections de mi terme.
Donc évidemment, les enjeux sont pas aussi grands d'un côté. En Iran, on parle de question de vie ou de mort, de gens qui ne sont pas sûr de pouvoir remplir leur assiette à la fin du mois. Aux États-Unis, il s'agit de savoir si on fera bien la fête pour une coupe du monde de foot.
Mais il n'empêche que euh il n'est pas sûr que dans une société où il y a des élections aux États-Unis, des vraies élections, du moins l'Esperton, contrairement à l'Iran où c'est parfois un peu plus compliqué, et bien euh il est quand même tenu par ces échéances qui se rapprochent à grand pas avec des élections qui s'annoncent très difficiles pour lui. H est-ce que le régime a accentué la répression depuis le début de l'offensive israéloaméricaine ? Absolument.
Elle attendait. C'est ce que disent toutes les ONG. Mais vous encore une fois vos vos les gens témoignent aujourd'hui au 85e jour de Blackout Internet.
H ce blackout internet moi j'ai parlé à plusieurs journalistes qui ne savaient pas que c'était toujours coupé. C'est on en parle tellement plus de la de la société civile-hiranienne qu'on arrive même plus à imaginer qu'en fait ça fait 85 jours qu'ils vivent sans internet. Et ça ça a trois conséquences immenses majeures parmi beaucoup d'autres.
Mais déjà économiquement h internet en fait était utilisé par une immense partie de la population civile-hiranienne, notamment les femmes euh pour pouvoir subvenir à leurs besoins puisque elles elles ont lancé dans cette crise économique qui date pas d'hier, qui date déjà depuis plusieurs années, elle lançait des services en ligne, des produits et des services qu'elles vendaient en ligne qu'elles ne peuvent plus donc elles peuvent plus exercer. Euh et puis évidemment c'est aussi la documentation de ce qui se passe puisque si on veut quand même mettre fin à l'impunité de ce régime, on rappelle quand même les 8 et les 9 janvier 2026 des massacres ont été perpétrés. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont été tués par des armes de guerre à l'intérieur de plusieurs villes en Iran et on en parle plus puisque la guerre est arrivée tout de suite après.
Et le régime a mis en place une application pour permettre aux IR de communiquer mais pour les espionner en même temps. C'est ce que vous dites. C'est quoi cette application exactement ? qui s'appelle Balet qui veut dire oui et qui est donc aux mains des gardiens de la révolution islamique.
Donc on se il faut quand même prendre conscience que cette guerre n'est pas que une guerre des armes à feu, c'est une guerre de l'information aussi. C'est une guerre qui atteint nos rues ici on voit des drapeaux de la République islamique quand même dans certaines manifestations dans les rues parisiennes. Propagation propagande, voilà de la contre information euh qui vise évidemment l'impérialisme des puissants et on adore ce narratif.
On adore le narratif du faible qui a résisté au puissant. Je lisais aujourd'hui dans dans le Figaro, Philippe Gelli qui comparait l'Ukraine contre la Russie et l'Iran contre les les États-Unis. Mais il y a quand même une différence fondamentale si on veut parler de l'Ukraine JT il y a une semaine quand on marche dans les rues de l'Ukraine et queon voit ces soldats qui sortent de leur poste, on voit aussi les regards de la population ukrainienne.
Ces regards qui sont pleins de reconnaissance, ces regards qui sont pleins d'admiration et qui s'accrochent à la présence de ces soldats qui défendent leur territoire, qui défendent la nation ukrainienne avec en Iran, quand on voit ces soldats qui sont aussi censés défendre le territoire iranien, et bien ce sont aussi nos ennemis. Ce sont aussi ceux qui peuvent nous arrêter, qui peuvent nous torturer, qui peuvent nous exécuter. Donc c'est il y a quand même une différence fondamentale et cette société civile iranienne est notre allié et aujourd'hui elle est complètement oubliée.
Al Karim Émil Bitard, il y a le ministre de l'armée, le maréachal Assim Mounir, qui est arrivé en Chine aujourd'hui du Pakistan. Pourquoi est-ce que cet homme est devenu un médiateur principal incontournable ? Euh les Iraniens avaient besoin euh en cas de concession de pouvoir faire ses concessions à un grand pays euh musulman plutôt que de les faire directement aux États-Unis.
Et euh les élites pakistanaises actuelles sont quand même très proches euh des États-Unis. Euh de Surcroix, c'est un homme proche des services de renseignement de plusieurs pays de la région, l'Égypte, le Qatar, le Sultan Adoman. Donc, il y a toute une coalition de pays qui se sont mobilisés pour tenter d'arriver à une désescalade.
Sur l'anti-impérialisme, ce qui a été dit est important. La bonne nouvelle, c'est que ce discours ne passe plus dans le monde arabe parce que les Syriens, les Libanais, les autres ont été vaccinés. Ils ont vu que l'Iran qui se présente depuis 79 comme le porte-voie des défavorisés a pratiqué en Syrie et au Liban et ailleurs des politiques qu'on peut qualifier d'impérial notamment lorsqu'ils se sont engagés dans la défense de Bachar Elassad dans la répression du peuple syrien et en soutenant leurs différents alliés régionaux.
Oui. Donc pas le soutien des danées de la terre comme il essayent de le faire croire. Et le Pakistan justement on en parle qui fait office de médiateur insiste aussi sur le rôle de la Chine écouter le premier ministre pakistanais. લોટ ઓફ ગ્રાઉન્ડ been coverથ આ મુવિંગ the રાecશન આલાક ટ થેન્ક પ્રેન્જમપેં એન્ડ chાઈનીઝ leadersશપ ફોરધરગટ સોર્ટ ટ પાકિસ્તાન પ્રમોટ peace એવ સીઝફા flori on imagina laine très discrète en fait en coulisse. joue vraiment un rôle actuellement.
Je suis pas sûr qu'elle a un rôle déterminant dans les négociations en cours. Au contraire, on est là peut-être un moyen d'essayer de s'y raccrocher parce qu'il faut voir qu'on va peut-être vers un accord qui rappellera celui qui avait été conclu en 2015 à Vienne. Sauf que justement celui de Vienne, autour de la table, il y avait les États-Unis mais aussi les Chinois et d'autres pays dont la France. on est dans même y a des pays médiateurs et je pense que la Chine essaie aussi de montrer qu'elle tient à garder et même à augmenter sa place à la table des grandes Karim Bitard ses tr mois de conflit ont provoqué une fracture incontestable dans les pays du golf et on se retrouve désormais avec deux camps l'Arabie Saoudite d'un côté et les Émirats arabes-unis de l'autre que se passe-t-il entre ces deux pays ?
Les Émirats arabes unis depuis déjà une dizaine d'années se sont énormément rapprochés d'Israël. une coopération militaire, économique, technologique. Ils avaient signé les accords d'Abraham.
L'Arabie Saoudite, parce qu'elle a une population beaucoup plus conséquente et contrainte de prendre en considération l'opinion publique dans le monde arabe, quand bien même ce serait une monarchie absolue. Il y a une opinion qui s'exprime sur Twitter ou ailleurs. Et cette opinion est très défavorable à la normalisation avec Israël tant que les droits nationaux du peuple palestinien n'auront pas été reconnus.
Une dernière question, vous évoquiez une avant-dernière question, vous évoquiez une reconfiguration du Moyen-Orient. Précisément Donald Trump a appelé aujourd'hui l'Arabie Saoudite, le Qatar et le Pakistan ass les accords d'Abraham pour une normalisation entre ces pays et l'État d'Israël. Ça rentre dans le cadre de cette future reconfiguration dans les rêves en tout cas de Donald Trump, mais ça montre surtout un mélange des genres.
C'est-à-dire que il prétend signer en 2 jours un accord qui va régler la question nucléaire, la question balistique, la guerre avec Israël, les accords d'Abraham qui vont être étendus à quatre pays. Donc tout ça n'est pas sérieux. C'est c'est typique de Donald Trump.
On veut faire des paix partout pour pouvoir candidater diplomatiquement alors qu'il a perdu. Il est pas sérieux parce qu'en fait même si tout ça est signé, il faudra ensuite des mois de négociation dont on ne sait pas trop à quoi ils aboutiraient. AVC, vous croyez encore la perspective, la possibilité d'un d'un soulèvement en Iran où actuellement c'est plutôt le découragement qui prévaut ?
Ben écoutez, y croire ne sert à rien. Il faut mettre en place les mesures qui permettront euh cette société civile-ienne d'exercer son droit à l'autodétermination. Et pour ça, on a des obligations mais bien on a des des obligations en droit international de responsabilité de protéger de documentation d'assistance technologique humanitaire financière à cette population civile iranienne qui aujourd'hui on l'a dit est sous un blackout est étranglé économiquement et ne peut pas exercer aujourd'hui ne peut pas se structurer.
On on demandait tout à l'heure pourquoi elle ne s'est pas soulevé ? Comment est-ce qu'on s'organise quand on peut pas communiquer les uns avec les autres ? quand on sait pas où est-ce qu'on est dans où est-ce que les bombes vont frapper quand on n pas de communication ni avec l'extérieur ni même avec les groupes avec lesquels on travaille à l'intérieur.
Donc cette assistance technologique est la mesure fondamentale et la plus urgente à prendre aujourd'hui. Et ensuite il faut entamer un dialogue avec l'opposition iranienne puisque même à l'intérieur du régime les fractures, elle existe cette opposition iranienne interne. Elle existe bien sûr, elle existe.
On a et cette opposition bien sûr elle existe et puis surtout les fractures à l'intérieur du régime aussi existe. C'est-à-dire que un dialogue concret avec cette opposition iranienne, une perspective de transition démocratique, l'assistance à la société civile iranienne peut engendrer des défections. C'est les les régimes totalites, tels que le régime islamique s'écroule de l'intérieur à condition que les moyens y soient.
Quand on vous écoute, on y croit. En tout cas, merci d'être venu témoigner, nous raconter de l'intérieur ce que ce qui se passe là-bas et merci à tous les deux et merci donc à tous les trois d'être venus débattre.
Else Joseph