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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 28 mai 2021 26 min

Fin de la demi-jauge au collège, vaccination sur le lieu de vacances, et réforme des retraites... Le "8h30 franceinfo" de Gabriel Attal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bonjour, Gabriel Attal. Ça y est, tous les adultes peuvent désormais prendre rendez-vous pour se faire vacciner. À partir de lundi, il n'y a plus de conditions d'âge ni de comorbidité à annoncer. Vous avez pris rendez-vous ? Pas encore.

0:15
Gabriel Attal

Vous allez le faire ? Oui, bien sûr que je vais le faire. Évidemment, je sais qu'il y aura beaucoup de monde qui voudront se faire vacciner à partir de la semaine prochaine. Et donc, moi, j'irai quand il y aura moins la queue, me faire vacciner.

0:25
Présentateur

Il faut s'attendre à un très gros embouteillage dans les centres de vaccination chez les médecins où on va augmenter également le nombre de rendez-vous.

0:30
Gabriel Attal

On reçoit de plus en plus de doses. On va recevoir au mois de juin plus de doses qu'on en a reçues au mois de mai. Je rappelle qu'on a toujours pour objectif d'arriver à 30 millions de personnes vaccinées, en tout cas ayant reçu une première dose à la mi-juin. Mais oui, ce qui est certain, c'est que dans les premières semaines, il y aura beaucoup plus de personnes qui voudront se faire vacciner que de rendez-vous disponibles. Mais c'est important de passer à cette nouvelle étape. C'est finalement la dernière ligne droite de la campagne grand public de vaccination qui s'ouvre. Ça va prendre un peu de temps parce qu'il reste beaucoup de Français à vacciner.

1:01
Invité

Mais est-ce qu'on va augmenter la cadence ? C'était la question.

1:03
Gabriel Attal

Oui, ce que je vous dis, c'est qu'on va multiplier les rendez-vous. On reçoit de plus en plus de doses. Vous voyez, hier, on a battu un nouveau record, je crois 680 000 injections sur une journée.

1:11
Présentateur

Le directeur général de l'assurance maladie l'a annoncé sur France Info il y a une heure. Effectivement, record battu.

1:15
Gabriel Attal

Voilà. Et le précédent record datait d'il y a quelques jours. Chaque semaine, on franchit de nouveaux records. La semaine dernière, je crois qu'on a procédé à plus de 3 600 000 injections sur la semaine. Donc, chaque semaine, on vaccine davantage que la précédente. Et ça va évidemment se poursuivre. Et moi, je me réjouis vraiment qu'il y a un engouement autour de la vaccination et que de très nombreux Français souhaitent se faire vacciner.

1:34
Invité

Selon Santé publique France, 21% des plus de 75 ans ne sont toujours pas vaccinés. On renonce à aller les chercher, ceux-là ?

1:42
Gabriel Attal

Au contraire, on déploie énormément d'efforts pour aller les chercher. Par définition, les personnes prioritaires qui le sont depuis le début, c'est-à-dire les plus âgées qui ne sont pas vaccinées, sont celles qu'il est le plus difficile de toucher. Des personnes qui sont, par exemple, très âgées, qui sont isolées, qui sont en perte d'autonomie. Et donc, il y a beaucoup d'efforts qui sont déployés. Et moi, je veux vraiment saluer le travail des professionnels de santé et aussi des collectivités locales, des élus locaux qui organisent.

Moi, j'ai vu beaucoup de dispositifs, des bus qui se rendent dans les campagnes pour aller vacciner, des équipes de professionnels de santé qui se rendent à domicile pour vacciner. Et ça, c'est vraiment, évidemment, un objectif très important parce qu'on sait que c'est ceux qui ont le plus de risque de faire une forme grave. Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que les plus de 65 ans sont massivement vaccinés et que c'est sur cette classe d'âge que le virus circule moins que dans le reste de la population. Et donc, on voit qu'il y a un impact de la vaccination. Ce qui veut dire qu'il faut continuer vraiment à avoir comme priorité de vacciner les plus âgés.

2:37
Présentateur

On accélère alors que dans le même temps, il reste en stock aujourd'hui 3 millions de doses du vaccin AstraZeneca qui n'est quasiment plus utilisé pour des premières doses. En tout cas, hier soir, l'Organisation mondiale de la santé a lancé un appel justement pour l'Afrique. L'Afrique où il manque 20 millions de doses de ce même vaccin pour les deuxièmes injections. Le temps presse donc, puisque les premières injections ont été faites. Est-ce que la France va les donner ?

3:00
Gabriel Attal

D'abord, la France, elle a toujours été au rendez-vous de la solidarité avec l'Afrique s'agissant du vaccin. On l'a même initié. Très tôt, le président de la République a parlé de biens publics mondiaux et a indiqué qu'il souhaitait un dispositif de solidarité en direction de l'Afrique. Notamment, et c'est l'objectif que la France a porté, pour vacciner les professionnels de santé, les médecins en Afrique. Parce qu'on sait que s'ils sont malades et si le système de santé en Afrique chute, parce que les professionnels ne peuvent pas travailler, ça peut avoir des conséquences absolument dramatiques pour le continent africain. Donc, il y a un certain nombre de doses qui ont déjà été envoyées.

Évidemment que la solidarité restera de mise. Y compris avec ces 3 millions de doses. J'imagine, je n'ai pas d'informations à vous donner sur des décisions qui auraient été prises. Mais évidemment, on a été à l'initiative de cette solidarité internationale. On continuera à l'être. Et évidemment, l'objectif, c'est qu'aucune dose ne soit inutilisée, dans un sens ou dans l'autre. Voilà, donc évidemment, c'est un travail qui va se poursuivre.

3:50
Invité

Un mot sur les vacances d'été, parce qu'elles arrivent à grand pas. Est-ce qu'il sera possible de se faire vacciner sur les lieux de vacances ?

3:55
Gabriel Attal

Oui, on va renforcer la dotation en vaccins des centres qui se trouvent sur des lieux très fortement touristiques, pour que des Français qui n'auront pas encore été vaccinés, qui se rendent en vacances, puissent se faire vacciner s'ils le souhaitent.

4:07
Présentateur

Il y a un débat sur ce point, parce que le monsieur vaccin du gouvernement Alain Fischer dit, attention, ça doit rester l'exception, la vaccination sur le lieu de vacances, sinon on va désorganiser tout le système.

4:16
Gabriel Attal

Oui, ce qui est certain, c'est que s'il y a des Français qui veulent se faire vacciner, il faut qu'ils puissent se faire vacciner. En revanche, et là où Alain Fischer a été très clair aussi, c'est sur le fait que quand vous prenez rendez-vous pour une première dose de vaccin dans un centre, la deuxième dose de vaccin doit être réalisée, le deuxième rendez-vous doit être repris dans ce centre.

4:32
Présentateur

Donc dans ce cas-là, on ne pourra pas, pour tous ceux qui sont vaccinés en mai ou en juin, vu les délais entre les deux doses... Ce ne sera pas sur le lieu de vacances, sauf s'ils passent les vacances à la maison.

4:39
Gabriel Attal

C'est pour ça que je dis, et c'est pour ça qu'il parle de cas limités, pour des personnes qui n'auraient pas fait leur première dose, par exemple je pense à des personnes qui ont contracté la Covid récemment, qui ne peuvent pas se faire vacciner tout de suite, qui vont attendre un peu, qui voudront se faire vacciner dès qu'elles le pourront, et qu'à ce moment-là, elles seraient sur leur lieu de vacances. Évidemment, il faut que les centres qui se trouvent dans des lieux très fortement touristiques disposent de doses à injecter.

Ce que je peux vous dire, c'est que dans les prochains jours, le ministère de la Santé va présenter un plan spécifique pour l'été, avec des précisions qui seront données sur la manière dont on va organiser la campagne de vaccination à l'été, l'adapter à l'été, et ça permettra, je pense, à chacun de se projeter.

5:15
Présentateur

Une question qui intéresse beaucoup de parents et d'enfants, qu'en est-il de la demi-jauge qui reste aujourd'hui, pour de nombreux collégiens dans les départements les plus touchés ? Est-ce qu'ils vont continuer comme ça jusqu'aux grandes vacances ?

5:25
Gabriel Attal

Effectivement, il y a aujourd'hui une demi-jauge qui s'applique au lycée et qui s'applique aux classes de 4e et de 3e, donc dans des collèges, dans une quinzaine de départements, qui sont les départements où le virus circulait le plus. À l'époque, on avait eu un taux d'incidence au-dessus de 400. Et donc, ce que nous avons décidé, c'est à partir de la semaine prochaine, de revenir sur cette demi-jauge dans les classes de 4e et 3e de ces collèges. Et donc, les cours reprendront à 100% au collège. Dès lundi prochain, tout le monde revient en cours, en 4e et 3e dans toute la France,

5:53
Présentateur

pour ceux qui ne l'étaient pas, mais pas dans les lycées.

5:55
Gabriel Attal

Dans les lycées, la demi-jauge est maintenue.

5:57
Invité

Il y a 15 jours, les Etats-Unis ont commencé à vacciner les plus de 12 ans, justement, en parlant des adolescents. Où en est la réflexion du gouvernement sur la vaccination des ados ?

6:06
Gabriel Attal

Il y a un travail qui est mené actuellement. Et là aussi, Alain Fischer avait eu l'occasion de dire qu'il était travaillé, notamment l'ouverture de la vaccination aux 16-18 ans. C'est un travail qui se poursuit au sein du gouvernement. Là aussi, il y a des précisions, des annonces qui pourront être faites prochainement. Moi, je redis qu'on fonctionne par étapes. On parlait tout à l'heure du fait qu'il y a beaucoup de Français qui veulent se faire vacciner, et notamment des Français qui sont dans la cible, des publics prioritaires. Et donc, évidemment, aujourd'hui, à ce stade, la priorité, c'est de vacciner ceux pour qui le vaccin est invité.

6:34
Invité

Mais la ligne de mire, ça peut être la rentrée de septembre ? La rentrée scolaire de septembre ?

6:38
Gabriel Attal

Ça peut être la rentrée scolaire de septembre. Ça peut être aussi avant. Il n'y a pas de calendrier qui est arrêté à ce stade.

6:42
Présentateur

17 pays sont désormais concernés par des quarantaines lorsqu'on arrive en France. Le dernier en date, c'est le Royaume-Uni. À partir de lundi prochain, les passagers qui arrivent devront se soumettre à un isolement obligatoire de sept jours. Mais on a appris qu'il n'y aurait pas de contrôle pour ceux qui arrivent du Royaume-Uni. Contrairement à ce qui se fait pour les 16 autres pays, pourquoi on n'a pas les moyens de les faire ?

7:03
Gabriel Attal

Il y a deux raisons. La première, c'est que le taux d'incidence aujourd'hui au Royaume-Uni est nettement inférieur à celui que nous connaissons dans les autres pays. Par exemple, ceux qui sont sur cette liste, c'est-à-dire des pays, le Brésil, l'Inde ou d'autres pays qui sont à la fois très fortement marqués par un taux d'incidence élevé. Donc, beaucoup de circulation du virus et une part importante de variants. Au Royaume-Uni, il y a une part importante de variants, en l'occurrence le variant indien, mais il y a un faible taux d'incidence. Il y a peu de contamination aujourd'hui. Ils réalisent beaucoup de tests. Ils prennent des mesures par ailleurs localisées.

Mais vous avez raison, on a quand même augmenté et accru le cadre restrictif pour protéger aussi la France de l'arrivée de nouveaux cas de variants et notamment de variants indiens. Et donc, on a réduit le délai pour réaliser son test PCR ou antigénique pour les personnes qui reviendraient du Royaume-Uni en France. C'était 72 heures, ça passe à 48 heures. On a rétabli une liste de motifs impérieux pour les personnes qui n'ont pas la nationalité française et qui ne sont pas résidents en France. Il y a une liste de motifs impérieux pour venir en France. Et puis, effectivement, il sera demandé aux personnes qui viennent du Royaume-Uni en France d'observer un isolement de 7 jours.

8:06
Présentateur

Est-ce qu'on sait déjà quand l'ensemble de ces mesures pourraient être levées dans les semaines ou les mois qui viennent, notamment dans la perspective de l'été ?

8:13
Gabriel Attal

Évidemment, d'abord, elles seront levées dès lors qu'on considérera que c'est sécurisé en termes sanitaires de les lever. Ce n'est pas indexé, par exemple, sur la vaccination en France ? Les mesures aux frontières ? Oui. Aujourd'hui, on a un principe de précaution qui est notamment lié à des questionnements qui sont faits par des scientifiques sur l'efficacité des vaccins sur les variants. Aujourd'hui, la littérature scientifique, le consensus qui se dessine est plutôt rassurant sur ce point. On a encore une réunion autour du président de la République avec des scientifiques cette semaine.

Mais il faut être extrêmement précautionneux parce qu'il y a des variants qui circulent, parce qu'il y en a de nouveaux qui peuvent apparaître et parce qu'il faut évidemment éviter qu'il y ait une reprise de l'épidémie à la faveur d'un variant.

8:51
Présentateur

8h41, le fil info avec Diane Ferschit et on poursuit dans un instant avec Gabriel Attal. La fin des demi-jauges dans les collèges des départements les plus touchés par l'épidémie, ce sera dès la semaine prochaine, annonce à l'instant sur France Info le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Les élèves de Terminal ont eux reçu leurs premières affectations parcours sup 1,5 million depuis hier soir, soit 100 000 de plus que l'an dernier, précise la ministre de l'Enseignement supérieur dans le Parisien. Aujourd'hui en France, l'objectif selon elle en septembre, c'est une rentrée 100% en présentiel à l'université.

L'Agence Européenne du Médicament donnera dans la journée son avis sur l'utilisation du vaccin Pfizer pour les 12-15 ans. En France, la campagne de vaccination s'ouvre à tous les adultes lundi et tous les créneaux de ce premier jour sont déjà pris, affirme sur France Info le porte-parole de la plateforme de prise de rendez-vous Maya. Il va falloir être patient, ajoute-t-il. Le plan de relance européen a désormais le feu vert des 27 Etats membres. L'Autriche et la Pologne l'ont approuvé hier soir, 672 milliards d'euros pour surmonter les conséquences économiques de la pandémie. Les premiers paiements interviendront fin juillet.

Au lendemain du discours d'Emmanuel Macron au Rwanda sur la responsabilité de la France dans le génocide de l'Allemagne, elle reconnaît ce matin avoir commis un génocide en Namibie pendant l'ère coloniale des dizaines de milliers de personnes tuées. Berlin s'engage à soutenir la reconstruction et le développement du pays en versant un milliard d'euros. France Info Le 830 France Info, Salia Braquia, Marc Fauvel.

10:15
Invité

Toujours avec le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. D'après l'INSEE, un ménage sur 5 a vu ses revenus baisser depuis un an. C'est une baisse moyenne de 300 euros par mois. Et ce sont les Français les plus modestes qui ont été les plus touchés. Est-ce que ce sont les oubliés du quoi qu'il en coûte ?

10:28
Gabriel Attal

On a été probablement l'un des pays qui a le plus accompagné socialement ses concitoyens depuis le début de cette crise. Vous prenez un ménage qui est au minima sociaux, comme on dit, un couple avec deux enfants. Pendant la première vague, il a reçu en plus de ses aides sociales, de ses allocations habituelles, une aide exceptionnelle de 400 euros. A la fin de l'été, il a reçu 200 euros en plus d'allocations de rentrée scolaire, en plus de l'allocation de rentrée scolaire qu'il reçoit d'habitude. Et au mois de novembre, il a reçu une aide exceptionnelle de 400 euros en plus de ses allocations habituelles, ce qui fait 1 000 euros en plus sur l'année 2020.

Évidemment que les mesures que nous avons prises par ailleurs pour soutenir les salaires avec le chômage partiel, ce sont aussi des mesures purement sociales pour celles et ceux qui travaillent. Si on n'avait pas pris ces mesures, vous auriez eu des licenciements en cascade et vous auriez eu des personnes qui se seraient retrouvées dans une très grande précarité. Donc oui, on assume d'avoir déployé des moyens colossaux pour accompagner socialement. Est-ce que ça veut dire qu'il n'y a pas de Français qui se sont retrouvés dans des difficultés ? Évidemment non. Évidemment. Malheureusement, il y a des Français qui ont été fragilisés par cette crise.

Et tout l'enjeu pour nous de la sortie de cette crise, de la relance économique, c'est qu'elle puisse bénéficier aux Français qui sont aujourd'hui dans la précarité et dans la difficulté, notamment en termes d'emploi.

11:41
Invité

Est-ce qu'il y a un coup de pouce prévu pour les ménages alors ?

11:43
Gabriel Attal

S'il faut prendre des mesures supplémentaires, on en prendra. On travaille à des dispositifs, par exemple, pour la situation des jeunes, vous le savez, qui sont dans une difficulté financière. Là aussi, on a pris des mesures. Le repas à 1 euro au restaurant universitaire, des aides exceptionnelles pour les boursiers, des aides financières avec des aides de 150 euros. Tous les jeunes ne sont pas à l'université. C'est vrai.

Et c'est pour ça qu'on travaille à ce dispositif de garantie jeunes universelle avec Elisabeth Borne, pour que les jeunes qui sont en difficulté financière puissent être accompagnés à la fois financièrement, avec une aide financière, et puis accompagnés aussi en termes d'insertion vers l'emploi.

12:14
Présentateur

Gabriel Attal, le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, disait hier dans les colonnes des échos que la réforme des retraites était toujours nécessaire et qu'elle devrait revenir, je le cite, le moment venu. Alors c'est quand le moment venu ? C'est la question qu'on a posée hier à celui qui était à votre place, Laurent Berger, leader de la CFDT. Écoutez sa réponse.

12:33
Invité

Ce n'est pas avant 2022. Il faut en faire un débat au moment du débat démocratique qui est le moment des élections présidentielles. Je crois encore qu'un système des retraites plus juste est possible. Si il y a quelconque relance d'une réforme des retraites qui ne sera pas une réforme qualitatique, qui sera une réforme paramétrique, oui, nous serons dans l'opposition.

12:50
Présentateur

Le moment venu, ce n'est pas avant 2022, c'est-à-dire pour le quinquennat d'après. Vous êtes d'accord avec lui ?

12:55
Gabriel Attal

D'abord, je n'entends pas dans les propos que vous avez relayés de Laurent Berger de constats qui considéraient à dire qu'il n'y a pas besoin d'une réforme des retraites. Je pense que c'est important de le dire. Il y avait un constat de notre part avant cette crise qu'il fallait une réforme des retraites, à la fois parce qu'il faut préserver notre système par répartition, ensuite parce qu'il y a probablement des mesures d'équité à prendre aussi. Est-ce qu'on considère que la crise sanitaire a invalidé ce constat ? La réponse est non, évidemment, sur les équilibres de nos comptes et notamment de nos comptes sociaux et de notre système de retraite.

On ne peut pas dire qu'ils aient été renforcés par la crise sanitaire. Au contraire. Est-ce qu'on peut dire qu'en termes d'équité, la crise sanitaire a réglé le problème ? Non. On a vu en première et en deuxième ligne des salariés.

13:33
Présentateur

Tout dépend de ce qu'on met dans cette réforme. Vous savez qu'il y a deux réformes dans la réforme des retraites.

13:36
Gabriel Attal

Je parle des constats sur une réforme des retraites. Ce que dit Laurent Berger dans les propos que vous évoquez, c'est que finalement, l'enjeu n'est pas tant de savoir s'il faut une réforme ou pas, mais lui considère qu'il faut qu'elle ait lieu après les élections présidentielles. Et vous ? Il y a un arbitrage qui devra être rendu, qui est un arbitrage qui est politique, mais qui est aussi un arbitrage relatif à la vie du pays. Qu'est-ce qui va se passer à partir de cet été si, comme on l'espère, le volet sanitaire de la crise est derrière nous grâce à la vaccination ?

Tous les pays du monde vont se lancer dans une bataille, une course à la reconstruction, à la relance pour capter les nouveaux investissements, capter les nouveaux talents et pour être ceux qui rebondissent le plus vite et le plus fort. La France, elle doit être aux avant-postes dans cette course. Et donc, est-ce qu'on peut considérer qu'il faut mettre le pays sur pause pendant huit mois sous prétexte qu'il y a une élection présidentielle ? Alors que pendant ce temps-là, il y a des réformes qui vont être faites dans la plupart des pays dans le monde, précisément pour travailler à cette reconstruction.

14:28
Invité

Ça veut dire que la réforme des retraites, là, aujourd'hui, elle n'est pas enterrée ?

14:32
Gabriel Attal

Elle n'a jamais été enterrée, la réforme des retraites.

14:33
Invité

Elle est peut-être faisable avant la fin du quinquennat.

14:37
Gabriel Attal

Il y a eu une réforme qui a été présentée. Il y a eu la crise sanitaire. Mais encore une fois, il n'a jamais été question. Moi, à chaque fois que j'ai été interrogé, y compris sur vos plateaux, j'ai toujours dit, écoutez, évidemment, ça reste sur la table. Ce n'est pas en haut de la pile en ce moment parce qu'il y a la crise sanitaire, la crise économique, il y a des enjeux. Mais il n'y a jamais été question d'enterrer cette réforme. Il y a une question de calendrier. Et sur ce point, il n'y a pas de décision qui a été rendue à ce stade. Il y aura une décision à prendre. Vous avez vu, lu, Gabriel Attal, la une du dernier numéro de Valeurs Actuelles ?

15:05
Présentateur

Oui. Le délire transgenre. C'est une une qui provoque depuis hier la fureur des associations de défense des LGBT. Votre collègue du gouvernement, Elisabeth Moreno, parle d'une une méprisable. Que diriez-vous ?

15:19
Gabriel Attal

Moi, comme des associations, mais je crois plus largement comme beaucoup de Français, évidemment que je suis heurté quand vous avez un journal qui parle de délire transgenre. Ce qui renvoie d'ailleurs à une conception sous la forme de pathologie de cette situation. Et évidemment qu'on ne peut que penser que dans un contexte où les personnes trans comme les personnes LGBT subissent des discriminations, ça peut entraîner des discriminations supplémentaires. Évidemment.

15:47
Présentateur

Juste au-dessus de cette une transgenre, vous l'avez vu, il y a votre visage, puisque vous accordez vous aussi une interview dans ce même numéro de Valeurs Actuelles. Vous regrettez de l'avoir fait ?

15:57
Gabriel Attal

Chacun sait que quand vous donnez une interview à un journal, que ce soit un quotidien, un hebdomadaire, évidemment qu'on ne vous dit pas, on ne vous soumet pas les articles qui seront publiés dans ce même journal.

16:07
Présentateur

Si vous l'aviez su, vous l'auriez tout de même accordé ?

16:09
Gabriel Attal

Parfois quand vous réalisez une interview, vous ne savez pas d'ailleurs dans quelle édition elle sera publiée, si c'est la prochaine ou la suivante. On ne vous dit pas, ça sera la une, et on ne vous dit pas, il y aura tel article.

16:19
Présentateur

En revanche, vous connaissez Valeurs Actuelles, c'est une sur l'Ayatollah, Najat Vallaud-Belkacem.

16:23
Gabriel Attal

Donc la question qui est posée est de savoir si j'assume d'avoir donné une interview à Valeurs Actuelles. La réponse est oui. Moi, je suis porte-parole du gouvernement, j'assume de répondre aux demandes d'interviews qui me sont faites et de parler à tout le monde. Par contre, ce que j'assume, c'est de parler à tout le monde et de répondre aux interviews en assumant mes convictions, y compris des convictions qui sont parfois diamétralement opposées avec celles qui sont régulièrement véhiculées par des journaux. Je ne sais pas si vous avez lu...

16:46
Invité

Oui, qui sont condamnables aussi. Valeurs Actuelles a été condamnée une fois sur une...

16:51
Gabriel Attal

Sur les Roms ou sur l'Islam. Oui, je sais.

16:54
Invité

Naturaliser l'invasion qu'on cache.

16:56
Gabriel Attal

Si vous lisez mon interview, je pense que vous verrez que j'assume mes convictions, et par ailleurs l'action du gouvernement, qui ne flatte, je ne crois pas, la ligne éditoriale de Valeurs Actuelles.

17:08
Présentateur

Alors, vous assumez vos convictions dans cet interview, mais par exemple sur la tribune des généraux.

17:11
Gabriel Attal

Pardon, je vais venir, mais quand je dénonce la supercherie de Marine Le Pen, quand je rappelle que la droite a saigné le budget de nos armées, quand je donne mes convictions sur la laïcité, qui ne sont probablement pas celles de ceux qui m'interrogent,

17:24
Présentateur

j'assume des convictions. Mais quand vous parlez par exemple de la tribune des généraux publiée récemment, votre ligne dans cette interview ne semble pas la même que celle, par exemple, de Jean Castex. Lui, il avait dit, c'est une manœuvre politique de l'extrême droite de généraux en Charentaise, où vous dites, on ne peut pas leur dénier un droit de regard critique sur ce qu'elle devient. Est-ce que finalement, vous ne variez pas en fonction de la personne qui vous interroge ?

17:44
Gabriel Attal

Non, alors ce que je dis très précisément, je dénonce l'instrumentalisation des tribunes par l'extrême droite, en l'occurrence par Marine Le Pen. Je dis que l'anonymat, c'est le repère des lâches, et que c'est tout l'inverse de nos militaires. Et je dis ensuite que nos policiers, nos gendarmes, nos militaires, sont des personnes qui s'engagent, et qui s'engagent pour la nation, parfois au péril de leur vie, qui mettent leur vie en danger pour protéger la nation.

18:07
Présentateur

Et personne ne peut leur dénier un droit de regard critique sur ce qu'elle devient.

18:09
Gabriel Attal

Ils ont le droit d'avoir un regard sur ce que devient la nation, ils mettent leur vie en danger pour la protéger. Et ce que je dis, c'est qu'il va mieux que des tribunes, parce que c'est des hommes et des femmes d'action, et donc je les appelle, s'ils ont un regard critique sur la nation, s'ils considèrent qu'il y a un délitement de la société, une perte des repères, une perte de l'autorité, moi je les appelle, et c'est ce que je fais dans le cadre de cette interview, à rejoindre le service national universel, et à aller participer à l'encadrement des jeunes dans le cadre du service national universel, que nous sommes en train de mettre en place.

18:36
Présentateur

Ceux qui ont signé la tribune ?

18:37
Gabriel Attal

Je ne parle pas à ceux de la tribune. Non, l'ensemble. Moi je ne m'exprime pas à des personnes qui sont anonymes. Moi je parle aux femmes, aux hommes, qui portent l'uniforme et qui servent notre pays. Si on a envie de participer à la construction de cette société, à mettre la jeunesse sur les bons rails, qu'ils s'engagent au service national universel, c'est le sens de l'interview que j'ai donné.

18:53
Présentateur

8h51, dans un instant Gabriel Attal, on va parler des régionales, dans un peu plus de trois semaines. Maintenant d'abord le fil info, viens de faire chute. Avec l'ouverture des lundis de la vaccination anti-Covid à tous les adultes, il faut s'attendre à de grosses journées de vaccination. Réagi sur France Info, Thomas Fatome, le directeur général de l'assurance maladie, hier précise-t-il à un nouveau record, a été atteint avec 685 000 injections. Et avec l'amélioration de la situation sanitaire, les cours reprendront à 100% en présentiel dans les collèges. A partir de lundi, précise sur France Info le porte-parole du gouvernement, les lycées ne sont pas concernés par un retour en présentiel.

Le bras de fer aérien entre Paris et Moscou et le vol d'Air France à destination de la capitale russe pourra-t-il décoller cet après-midi ? Le vol d'hier n'a pas obtenu de la Russie l'autorisation de modifier son plan de vol, représaille à la décision européenne d'éviter l'espace aérien biélorusse après le détournement d'un avion et l'arrestation d'un opposant au régime. Les explications de Nike sur la rupture du partenariat avec Neymar en août dernier, selon la marque, le joueur du PSG a refusé de participer à une enquête interne sur des soupçons d'agression sexuelle. C'est une employée de Nike qui accuse la star brésilienne. France Info Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

20:12
Invité

Toujours avec le porte-parole du gouvernement de Gabriel Attal. Alors les régionales, c'est dans moins d'un mois. Si le RN gagne ne serait-ce qu'une région, c'est un échec pour le gouvernement ?

20:20
Gabriel Attal

Ça sera, je crois, un échec collectif pour toutes les forces politiques qui s'engagent dans ces régionales, vous savez. Vous avez des forces politiques qui sont engagées dans ces régionales, qui le font souvent pour un projet. Le nôtre, c'est celui de la relance économique, c'est notre priorité. On veut que la relance économique bénéficie à tous les Français. Et pour ça, on a besoin des régions. Les régions, elles ont une compétence économique, elles ont une compétence en matière d'investissement.

20:43
Présentateur

Ça changerait quoi, une région tenue demain par le Rassemblement national ?

20:47
Gabriel Attal

Je pense que c'est d'abord des régions qui, malheureusement, vont s'engager dans une forme d'isolement vis-à-vis du reste du pays, peut-être vis-à-vis du monde. On ne peut pas dire que le Rassemblement national soit un parti qui soit particulièrement ouvert à l'international, ouvert aux investissements. Je ne suis pas certain qu'on puisse considérer que les femmes et les hommes qui s'engagent sur les listes bénéficient d'une expérience de gestion de collectivité locale aussi importante dans un contexte de crise économique où on a encore une fois besoin de ces collectivités.

Et puis par ailleurs, vous avez des positions, parfois des valeurs qui sont véhiculées par ces candidats qui me semblent, à mon sens, diamétralement opposées avec ce qu'attendent les Français. Si on prend Thierry Mariani, par exemple, pour la région sud, les positions qu'il a eu l'occasion de prendre, notamment vis-à-vis d'un sujet qui m'est cher, qui est la situation des Arméniens, en défendant notamment le régime de l'Azerbaïdjan qui a été responsable d'agressions absolument terribles vis-à-vis des Arméniens, je ne suis pas certain que ce soit les valeurs que portent les habitants majoritairement de la région sud.

21:47
Présentateur

On a parfois un peu de mal à suivre la ligne qui est la vôtre pour ces élections régionales. Vous avez tenté de faire alliance dans cette même région sud, PACA, avec Renaud Muselier. On connaît le feuilleton, on ne va pas le résumer ici. Mais en revanche, à l'autre bout de la France, dans la région des Hauts-de-France, vous présentez votre liste face à Xavier Bertrand. Quelle est la différence entre Renaud Muselier à Marseille et un Xavier Bertrand à Lille ?

22:10
Gabriel Attal

Je vais vous dire, un Renaud Muselier, il travaille avec le gouvernement pour la relance de sa région. Renaud Muselier, il a signé... C'est la seule différence. Attendez, il a signé un accord de 5 milliards d'euros pour la relance économique en région sud. Renaud Muselier, il dit, je me présente pour être président de région, pour reconstruire l'économie dans ma région, relancer l'économie dans ma région, et je veux le faire avec un rassemblement large. De l'autre côté, vous avez un Xavier Bertrand qui vous explique qu'il est candidat à un abandon de poste. Que quoi qu'il arrive après l'élection régionale, il quittera ses fonctions, il abandonnera sa région. Soit il gagne...

Soit il gagne et il parle à l'élection présidentielle, soit il perd et il dit j'arrête la vie politique. Il ne dit même pas je reste dans l'opposition pour mener le combat pour ma région. Donc dans tous les cas, de toute façon, il ne sera plus là. Et par ailleurs, il n'est pas dans une dynamique de co-construction, de rassemblement large. Et donc évidemment que nous, dans ce contexte, on porte un projet avec Laurent Pietraszewski, avec Éric Dupond-Moretti, avec beaucoup de femmes et d'hommes engagés sur ces listes, pour la relance économique, c'est notre premier objectif, dans la région des Hauts-de-France.

23:04
Présentateur

Donc votre objectif dans les Hauts-de-France, c'est d'abord de gagner, mais sinon c'est tout sauf le RN.

23:11
Gabriel Attal

Vous savez, le soir... Tout sauf le RN, le soir du 20 juin ou du 27 juin. Le soir du premier tour, on va regarder quelle est la situation politique, électorale dans chacune des régions. Et puis on aura des décisions à prendre, on aura des propositions à faire aussi peut-être à des candidats. Moi, je ne me lance pas là dans des prévisions de ce que seront les résultats. Le premier tour n'aura pas eu lieu. Il faudrait y avoir des surprises, vous savez. Mais tout sauf le RN, vous ne le direz pas, en tout cas. Mais nous, attendez, on nous reproche régulièrement de nous en prendre au Rassemblement National. On dit, vous n'arrêtez pas de taper sur le Rassemblement National.

On est ceux qui sommes les plus engagés contre le Rassemblement National. Face à des partis, soit chez les Républicains, qui sont devenus une forme de tremplin pour le Rassemblement National, soit à gauche, qui ne disent rien sur le Rassemblement National. Donc évidemment, on continuera toujours à combattre le Rassemblement National.

23:56
Invité

Non mais très clairement, concrètement, si Xavier Bertrand, le soir du premier tour, est en difficulté, est-ce que vous vous retirez pour favoriser l'élection ?

24:02
Gabriel Attal

Mais ce que je suis en train de vous dire, c'est que je refuse de me positionner sur un premier tour qui n'a pas encore eu lieu.

24:07
Présentateur

Donc vos électeurs dans le Nord ne sauront pas ce qui va se passer une fois le premier tour passé. Vous l'annoncerez à ce moment-là ?

24:13
Gabriel Attal

Les électeurs dans le Nord, ils savent que chaque voix qui a porté à la liste de Laurent Pietraszewski, c'est une voix qui donne des chances à la relance économique dans la région des Hauts-de-France. Voilà, c'est ça que ça veut dire et c'est ça qu'ils savent. Ensuite, il y aura un deuxième tour et ils se prononceront au deuxième tour. Nous, on aura des décisions à prendre, mais encore une fois, je ne veux pas vous dire quelles seront les décisions à prendre puisque je n'ai pas le résultat du premier tour. Nous non plus.

24:31
Invité

Plusieurs ministres, dont vous, se sont engagés dans ces élections. Un ministre qui perd au régional et forcément un ministre qui doit démissionner du gouvernement.

24:40
Gabriel Attal

Non, c'est des élections locales. Même s'il est tête de liste, comme c'est le cas dans les Hauts-de-France. Alors, c'est des élections locales et il n'y a jamais eu, dans les quinquennats précédents, de règles liant la présence d'un ministre au gouvernement à sa candidature à une élection locale. Oui, sous François Hollande, si, si. Ça peut être différent sur des élections nationales. Non, enfin, j'ai été regardé, j'ai été vérifié, avant de m'exprimer, toujours à faire attention. Il n'y a pas eu de règle en ce sens. Sous François Hollande, vous aviez, je crois, huit candidats présents sur des listes. Il y en avait un qui était tête de liste, en l'occurrence Jean-Yves Le Drian, qui a gagné.

Mais dans les quinquennats précédents, que ce soit sous Nicolas Sarkozy ou même sous Jacques Chirac, vous aviez 20, parfois 30 ministres candidats qui, pour beaucoup, ont perdu aux élections et qui sont restés au gouvernement ensuite. Donc voilà, il n'y a pas de règle. C'est une élection locale. J'ai entendu beaucoup dans l'opposition nous reprocher, au début de ce quinquennat, d'avoir des ministres issus de la société civile, qui n'avaient pas de mandat, et dire qu'ils ne connaissent pas, qu'ils ne savent pas ce que c'est qu'avoir un mandat, faire une campagne. Là, on a des ministres qui s'engagent dans des élections pour avoir un mandat local. Et donc moi, je trouve ça sain.

Je trouve ça positif.

25:42
Présentateur

Merci à vous, Gabriel Attal. Merci. On porte-parole du gouvernement. Bonne journée.