Législatives : "Les macronistes ont perdu leur boussole depuis longtemps", juge Marine Tondelier
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:32OuverteRéponse directe
Comment imaginez-vous le jour d'après, le 8 juillet ?
- 2:25ComplaisanteRéponse partielle
Vous remerciez Macron d'avoir permis le retour de la passion politique ?
- 2:32RelanceRéponse directe
Est-ce qu'une victoire de la gauche vous paraît probable ?
- 5:12FerméeÉludée
Faut-il appeler les candidats de gauche à se retirer en cas de triangulaire ?
- 7:11OuverteRéponse partielle
Quelles sont vos relations avec la France Insoumise ?
- 9:47OuverteRéponse directe
Comment serait désigné un futur Premier ministre du Front populaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49Invité politiqueFait
« On a vu cette dissolution là, improvisée par Emmanuel Macron, décidée seul, comme il décide souvent d'ailleurs, qui plonge le pays dans une forme de chaos. »
- 1:26Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron n'aura plus de majorité après le 8 juillet. »
- 1:30Invité politiqueChiffre
« Nous sommes le Front populaire après seulement une semaine d'existence, 10 points devant lui dans les sondages. »
- 1:53Invité politiqueFait
« Ils veulent la privatisation de l'audiovisuel public. C'est-à-dire que France Inter, demain, serait rachetée par quelqu'un qui a de l'argent, par exemple par Bolloré, et que ça deviendrait plus ou moins, possiblement, la ligne de signose. »
- 2:05Invité politiqueChiffre
« On a un programme de rupture pour les 15 premiers jours, avec 25 milliards d'euros de dépenses pour des mesures d'urgence. »
- 2:53Invité politiqueChiffre
« On est à 10 points devant la majorité présidentielle. Et à quelques points, 2, selon un sondage sorti hier, du Rassemblement National, qui, on le voit bien, n'en a plus sous la pédale. »
- 4:12Invité politiqueFait
« Les centristes, les macronistes ont perdu leur boussole depuis bien longtemps. »
- 4:26Invité politiqueFait
« Hier, la porte-parole du gouvernement, Mme Thévenot, expliquait qu'il fallait faire barrage, tenez-vous bien, au Front populaire. »
- 14:24InvitéChiffre
« Dépenses estimées à 150 milliards d'euros d'ici la fin 2027, financées par des hausses d'impôts, plus de tranches d'imposition, un impôt sur la fortune avec composantes climatiques. »
- 15:57Invité politiqueChiffre
« 9 Français sur 10 ne paieront pas plus d'impôts avec notre programme. »
- 18:35Invité politiqueChiffre
« Le Front populaire va faire un plan d'urgence donc 25 milliards dès cet été pour le pouvoir d'achat et jusqu'à 90 milliards par an à plein régime en 2027. »
- 19:12Invité politiqueFait
« On est le pays d'Europe qui a le plus de kilomètres d'autoroutes par habitant et en nombre de kilomètres brut. »
- 20:04Invité politiqueChiffre
« En 2024 ils ont renoncé à rénover 150 000 logements, c'est l'équivalent de toute la ville de Lille ou de toute la ville de Rennes. »
Temps de parole
- Marine Tondelier66 %
- Présentateur19 %
- Invité11 %
- Auditeur2 %
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Dernière ligne droite de cette campagne accélérée avant les élections législatives. Dernier discours, dernier moment pour pouvoir s'adresser aux électeurs ou aux abstentionnistes. Premier tour, vous le savez, dimanche prochain. Et le grand entretien de la matinale avec Marion Lourdes, notre invitée ce matin, et la secrétaire nationale du parti Les Écologistes. C'est l'une des composantes du nouveau front populaire. Vos questions, chers auditeurs, vos réactions au 01 45 24 7000 ou sur l'application France Inter. Bonjour Marine Tondelier. Bonjour.
Et bienvenue, comment imaginez-vous le jour d'après, comment imaginez-vous le 8 juillet, à quoi pourrait ressembler le paysage politique selon vous, de manière crédible, le scénario le plus probable ?
Le scénario le plus probable, c'est quand même une confusion politique. On a vu cette dissolution là, improvisée par Emmanuel Macron, décidée seul, comme il décide souvent d'ailleurs, qui plonge le pays dans une forme de chaos. Mais aussi dans une forme de, j'ai envie de dire, de passion politique. J'avais l'impression que les Français en avaient marre de la politique, ne s'y intéressaient plus. Et là, depuis quelques jours, partout où nous allons, sur les marchés, même dans les transports en commun, on entend, j'ai l'impression que tout le monde s'est remis à parler de politique. Et c'est tant mieux, finalement.
Parce que les gens se sont rendus compte que peut-être ils se réveilleraient dans 15 jours avec un Premier ministre d'extrême droite. Et je suis soulagée de me rendre compte que ça fait réagir une grande partie du pays qui n'en veut pas, des artistes, des footballeurs, et puis beaucoup d'électeurs, heureusement. Emmanuel Macron n'aura plus de majorité après le 8 juillet. Nous sommes le Front populaire après seulement une semaine d'existence, 10 points devant lui dans les sondages. Donc la majorité présidentielle est en sursis, elle n'existe déjà plus. Et donc ce sera ou l'extrême droite, ou nous.
Alors si c'est l'extrême droite, je peux vous dire qu'il va se passer quand même un certain nombre de choses préoccupantes. Je dis notamment aux auditeurs de France Inter qui, je le sais, sont attachés à cette radio. Je vais leur donner un exemple très concret. Ils veulent la privatisation de l'audiovisuel public. C'est-à-dire que France Inter, demain, serait rachetée par quelqu'un qui a de l'argent, par exemple par Bolloré, et que ça deviendrait plus ou moins, possiblement, la ligne de signose. Si c'est nous, par contre, si c'est nous, je sais ce qu'on fera. On a un programme de rupture pour les 15 premiers jours, avec 25 milliards d'euros de dépenses pour des mesures d'urgence.
Mais ce serait, quelque part, se tirer de la meilleure manière possible de cette crise pour aller vers des jours heureux, de l'apaisement, de la réconciliation, de la justice sociale, de la justice environnementale. Bref, on pourrait faire sortir le meilleur de cette crise politique.
Justement, donc, on a le sentiment que vous remerciez quasiment Emmanuel Macron d'avoir permis, justement, le retour de cette passion politique.
Parce que je suis une personne positive, j'essaye toujours d'en tirer le meilleur.
Mais donc, vous n'imaginez pas une victoire de la gauche ?
Ben si, c'est ce que je viens de vous dire.
Non, mais est-ce qu'elle vous paraît probable ?
Evidemment qu'elle me paraît probable. On a seulement une semaine d'existence. On est à 10 points devant la majorité présidentielle. Et à quelques points, 2, selon un sondage sorti hier, du Rassemblement National, qui, on le voit bien, n'en a plus sous la pédale. Et on ne comprend plus ce qu'ils font, d'ailleurs. Moi, franchement, ce n'est plus le Rassemblement National, c'est le revirement national. Alors, quand vous êtes un jour père, Jordan Bardella est pour supprimer la TVA sur les produits de première nécessité. Mais les jours impairs, il se réveille en disant que finalement, il n'est plus sûr.
Sur la retraite, vous vous endormez, Jordan Bardella, il est en train à la télé d'expliquer qu'il veut abroger la réforme des retraites. Vous vous réveillez le matin, il nous explique qu'il faut la laisser à 64 ans. Moi, je ne comprends plus rien. Je crois que lui-même ne comprend plus rien non plus. Il y avait un programme assez clair de Marine Le Pen en 2022. Et plus il chiffre, plus il se rend compte qu'en fait, ils ne veulent pas faire ça. Donc, eux, ils sont perdus. Et surtout, il est seul, Jordan Bardella. Depuis les européennes, rien n'a changé dans sa dynamique. Là où il s'est passé à gauche et chez les écologistes, c'est quelque chose qui me réjouit beaucoup.
On a fait cette unité, on a fait ce Front populaire, ce nouveau Front populaire. C'est historique et c'est à la hauteur de l'histoire. Donc, je suis très fière qu'on ait fait ça.
Mais ce n'est pas un mariage d'amour, dit Raphaël Glucksmann.
On peut dire qu'il se passe quelque chose.
Ce n'est pas un mariage d'amour ?
Ce n'est pas un coup d'un soir non plus.
Pardon. Le président de la République, il a parlé de vous hier. Je pense que Marine Le Pen ne va pas s'en mettre. Je ne vais pas m'en remettre, effectivement. Le président de la République a parlé de vous hier. Enfin, il a parlé du nouveau Front populaire. Il a dit que contrairement à ce qu'ils disent, l'un n'est pas le rempart de l'autre. Donc, le nouveau Front populaire n'est pas le rempart du Rassemblement national. Ils votent ensemble l'émotion de censure. Il y a des extrêmes qu'on ne peut pas laisser passer. Qu'est-ce que vous avez envie de lui dire, Emmanuel Macron ?
Les centristes, les macronistes ont perdu leur boussole depuis bien longtemps. Ils se sont faits sous prétexte... Alors, ils nous expliquaient que ce serait le rempart, qu'ils avaient conscience de la responsabilité qui les écrasait. Ils se sont faits le marche-pied de l'extrême droite. Vraiment. Enfin, c'est concret et c'est chaque jour. Hier, la porte-parole du gouvernement, Mme Thévenot, expliquait qu'il fallait faire barrage, tenez-vous bien, au Front populaire. C'est-à-dire qu'ils sont à l'inverse de l'histoire. C'est vous l'ennemi. C'est nous l'ennemi. C'est nous les boucs émissaires. C'est une stratégie qui est délétère.
Parce que que l'extrême droite, ceux d'extrême droite, émènent une campagne d'extrême droite, bon, ça c'est d'avis. Mais que les centristes se soient fourvoyés dans cette aventure, s'en fassent les marches-pieds, et perdent tout repère historique, franchement, c'est assez déconcertant. Ça en dit beaucoup d'où en est arrivée la France. Et je compte sur le peuple de gauche et de l'écologie pour relever ce lambeau-là. Je sais que nous y sommes prêts, que le peuple de gauche et de l'écologie a le droit, l'espoir dans ce pays, a le droit à cette flamme, pas la flamme du Rassemblement National, non, celle-là on va l'éteindre, mais voilà, a le droit d'espérer.
Et je pense vraiment que nous n'avons jamais été aussi prêts depuis plusieurs années d'exercer le pouvoir et de faire ce qu'ils attendent depuis longtemps.
À une semaine des élections législatives et du premier tour, est-ce que vous appelez d'ores et déjà les candidats de la gauche à se retirer en cas de triangulaire au second tour pour faire battre le Rassemblement National ?
Vous savez, moi je suis élue depuis plus de 10 ans maintenant dans une ville Rassemblement National, la ville où je suis née, où j'ai grandi, où j'habite, à Énan-Beaumont. Je n'ai jamais tremblé sur le sujet, je n'ai jamais eu aucune hésitation et ça a été très instinctif à chaque fois chez moi. Et ça continuera à l'être, comme chez les écologistes et j'imagine au Front Populaire. Je ne vois pas vraiment de raison de faire autrement.
Mais est-ce que vous appelez les candidats de la gauche à se retirer en cas de triangulaire ?
On va attendre les résultats. Mais vous verrez que d'ailleurs, dans la plupart des cas de triangulaire, on sera devant les macronistes. Donc c'est plutôt à eux que se posera question. Nous, nous sommes clairs sur le sujet. Eux, pour l'instant, je suis assez paniquée de ce qu'ils racontent. On va se faire très clair. Si, si, je suis très claire. Je vous l'ai dit que je l'ai toujours fait, que je le ferai toujours. Donc je ne peux pas être beaucoup plus claire que ça.
Alors on ne doit pas rentrer dans le détail des circonscriptions, mais quand même, vous, vous n'y allez pas aux élections législatives ?
Si, je suis candidata suppléante. Vous savez bien que sur cette circonscription, même que j'aurais été titulaire, je n'aurais pas spécialement été dans une position illégible. Je pense que c'est une circonscription les plus dures de France. J'aurais pu faire le choix d'aller sur une circonscription plus facile. Mais très sincèrement, mon engagement politique vient de cette ville, vient de ce territoire. Je ne sais sans doute pas secrétaire nationale des écologistes si je n'y étais pas née, si je ne m'étais pas engagée. Donc je veux le meilleur pour cette circonscription. Il se trouve qu'en tant que chef de parti, je ne pouvais pas me consacrer à plein temps en cette campagne.
Donc j'ai laissé Samira Lal, avec qui je milite depuis plus de 15 ans, qui est socialiste.
Attention, vous êtes en train de nous mettre dans le rouge avec le gendarme des médias. On ne doit pas parler des circonscriptions. C'était vraiment sur le principe d'y aller ou de ne pas y aller.
Je peux citer la candidate, elle s'appelle Marine Le Pen, comme ça on l'a tous fait. Mais très sincèrement, je suis en campagne. Je suis très contente d'être suppléante parce que j'aurais culpabilisé beaucoup. Je ne me serais pas sentie à ma place sans mener cette campagne aussi sur le terrain. C'est ce que j'ai fait hier, c'est ce que je ferai ce soir. Et voilà, c'est important que les chefs de parti se battent.
Une question justement à propos des relations que vous avez avec un autre parti qui fait partie du nouveau Front de Gauche, du nouveau Front populaire, c'est-à-dire la France Insoumise. Il y a une semaine, vous parliez de purge quand la France Insoumise a refusé d'investir, d'écarter cinq personnalités, cinq députés.
Ce n'est pas spécialement moi qui en ai parlé.
Mais vous disiez que c'était quasiment un scandale, qu'il fallait se réunir. Et puis, pas grand-chose n'est sorti de votre bouche. Très concrètement, il y a ceux qui ont été écartés. Ils sont cinq. Est-ce que vous souhaitez leur victoire contre la France Insoumise ?
Première chose, ce n'est pas moi qui ai parlé de purge et je pense que les mots ont un sens dans l'histoire et qu'il faut les manier avec précaution. Deuxièmement, vous le dites, j'ai eu des mots forts, oui, parce que je pense que dans la politique, il faut dire ce qu'on pense et que ce que j'avais à dire sur le sujet, je l'ai dit. Troisièmement, vous me dites que je n'ai pas dit grand-chose, sauf qu'en fait, vous dites que j'ai eu des mots forts. Donc, ça montre que je me suis quand même exprimé sur le sujet. Et quatrièmement...
Au moment où ils ont été écartés, mais plus depuis une semaine.
Parce que je pense que dans la campagne, nous devons parler de fond, de nos propositions, qu'on aura peut-être dans 15 jours un premier ministre d'extrême droite et que ça va nous appeler à la hauteur que franchement, on ne peut pas passer toute la campagne et être nombriliste et à parler de tout ce qui nous dérange. Sinon, on n'y arrive pas.
Marine Tondelier, c'était sur France Info le 15 juin. Vous avez employé le mot de purge pour parler justement de ce qu'avait fait la France Assémise.
J'en ai parlé d'ailleurs sur une autre chaîne aussi.
Mais juste d'un mot en l'occurrence, est-ce que vous souhaitez par exemple la victoire d'Alexis Corbière ?
Mais ce n'est pas le sujet.
Oui, non.
Je souhaite la victoire du Front Populaire et je souhaite qu'un maximum de députés soient élus.
Ah donc pas d'Alexis Corbière puisqu'il n'est pas investi par la France Insoumise.
Je souhaite qu'il y ait un maximum de députés de gauche et écologistes à l'Assemblée Nationale et je vais vous dire, je ne vais pas passer ma campagne à commencer les faits des uns et des autres. Je ne suis pas membre du groupe local de Montreuil. Je leur souhaite bon courage mais c'est de quelque chose d'un peu plus grand dont je dois m'occuper en ce moment, c'est-à-dire faire gagner pour qu'on puisse gouverner.
Donc vous ne choisissez pas puisque je dois respecter les règles de l'Arcom. Je dois citer donc tous les autres candidats de la 7e circonscription. Pas du tout, ce n'est pas la mouille. Ça va prendre très peu de temps. Sabrina Ali Benali qui a été officiellement investie par LFI. Yannick Dutertre, Alexis Corbière, Sébastien Atlany, Aurélie Jochaud, Françoise Trova, Pauline Bretot, Éric Vareg, Antoine Toche, Elsa Caudron. Voilà qui est fait. C'est fait. On ne sait pas si vous souhaitez la victoire d'Alexé Corbière.
Je peux vous dire que les électeurs de Montreuil ont de la chance d'être sur une circonscription dont ils sont sûrs que quoi qu'il arrive, elle finira à gauche.
Puisqu'on est parti sur les questions politiques, Marine Tondelier, on voudrait faire avec vous le portrait d'un futur Premier ministre si le nouveau Front populaire l'a porté. Comment serait-il désigné par un vote comme le demande Olivier Faure au Parti Socialiste ou désigné par le parti qui a le plus de représentants à l'Assemblée Nationale comme le dit Manuel Bompard à la France Insoumise ?
C'est encore une question qui demande, je pense, de la hauteur. Premièrement, il y a une bonne nouvelle, c'est que tout le monde est d'accord pour se dire qu'il faut désigner le Premier ministre après l'élection. C'est le sens, d'ailleurs, c'est la logique institutionnelle de la France et toutes celles et ceux qui essayent de faire autrement, voilà, c'est pour des petits calculs politiciens. On voit évidemment que mes collègues, chacun, essaye d'inventer le mode de scrutin qui va arranger sa famille politique et c'est logique de faire comme ça. Chez les écologistes, on a une logique autre qui est de se dire quel est le bon portrait robot, en fait, pour le poste.
Nous pensons que, premièrement, il faut une personne, évidemment, qui ait l'expérience et les compétences, ça paraît logique, et il y en a beaucoup dans notre famille politique-écologiste et dans le nouveau Front populaire. Il faut aussi une personne qui, évidemment, soit attachée au programme de notre coalition, qui soit alignée avec ce programme, qui soit à l'aise, que ça lui plaise, que ça lui aille et qu'elle soit en mesure de l'incarner sincèrement. Il faut, évidemment, quelqu'un qui sache rassembler. Donc pas Jean-Luc Mélenchon ? Ça, vous en tirez les conséquences que vous voulez. Je pense que chacun aura un jugement. Moi, je vous donne des critères objectifs.
Chacun les analyse ensuite de manière subjective. Mais vous voyez, on est le pays dans un tel état qu'on a besoin vraiment de la pésée, de la rassembler. Et puis aussi, il faut quelqu'un qui soit soutenu par toutes les composantes du Front populaire. Ça peut être un choix qui va 100% bien à quelqu'un et qui fait hurler une autre partie de la majorité. Il faut que ce soit quelqu'un qui fédère au sein du camp du Front populaire. Ça ne peut pas être Jean-Luc Mélenchon. Mais vous savez, pour moi, ce n'est pas une question parce qu'il y a des gens qui ont dit qu'il ne voulait surtout pas que ce soit lui. Et lui-même, Jean-Luc Mélenchon, a dit qu'il ne voulait pas s'imposer.
Donc pour moi, cette question a fait l'objet d'une convergence. C'est réglé au consensus et pour moi, déjà tranché. C'est mon avis personnel. Donc c'est sans lui ? Sans lui, il est là. Il y a François Hollande, il y a plein de gens. Sans lui, il y a Matignon. Mais pour moi, il n'est de fait pas candidat à ce poste. C'est en tout cas ce que j'ai compris.
Candidat à ce poste. Mais pour poursuivre la question de Marion, dont vous disiez que vous ne vouliez pas quasiment y répondre, c'est beaucoup d'auditeurs qui sont sur l'application et qui vous interrogent sur Jean-Luc Mélenchon et qui vous demandent comment vous pouvez faire alliance avec lui. Et d'ailleurs, on va aller au standard. Bonjour Marc.
Bonjour.
Vous avez une question pour Marine Pondelier ?
Oui, tout à fait. Je voulais tout simplement lui poser la question. Y aurait-il un moyen d'évincer Jean-Luc Mélenchon de la formation de gauche qui se réunit ? Car à mon avis, il est un peu le point noir et fait naître des réticences par rapport à cette union.
Merci Marc. Donc voilà, la question est donc posée. Comme pour beaucoup d'auditeurs, comment serait-il possible d'évincer M. Mélenchon de ce rassemblement populaire ?
Écoutez, moi je suis nul la porte-parole ni l'avocate de Jean-Luc Mélenchon. Donc je pense que c'est à lui ou à la France Insoumise qu'il faut poser la question. Le Front populaire est né parce qu'on était dans un moment inédit de l'histoire. D'ailleurs, en 1936, il allait des communistes et les communistes de 1936 jusqu'à Dalalier qui était centriste. Les mêmes questions se sont posées à l'époque. Et l'avènement du Front populaire a permis de faire la semaine de travail à 40 heures, de faire les congés payés pour la première fois en France. Nous avons fait ce parti pris d'avoir le rassemblement le plus large possible qui va de Philippe Poutou à François Hollande.
Alors je ne pense pas que François Hollande soit venu par amour de Jean-Luc Mélenchon. Je ne pense pas que Jean-Luc Mélenchon soit venu par amour de François Hollande. Mais nous sommes là ensemble et ça fonctionne. Ça fonctionne parce que les sondages montrent que beaucoup de Français sont prêts à voter pour ce rassemblement, que les voix s'additionnent, elles ne se soustraient pas et que les certitudes de vote sont très élevées. Donc j'entends... En fait, si on commence à se dire tous les problèmes auxquels on pourrait penser pour maintenant, pour le présent, pour l'avenir, alors on n'aura que des problèmes.
Si on pense qu'on veut et même qu'on doit y arriver, je dirais, parce que c'est quand même un résultat qui nous oblige, alors nous y parviendrons. C'est l'état d'esprit que j'ai choisi. Ça n'enlève rien à ce que je pense, ça n'enlève rien à ce que j'ai pu dire dans le passé, ça n'enlève rien à ce que je pourrais dire dans l'avenir. Mais au moment où nous sommes, on a deux priorités, faire campagne pour gagner, puis gouverner.
Et parlons du programme, justement.
Et parlons du programme, notamment du programme économique puisqu'il a été présenté, un peu chiffré hier par les membres du nouveau Front populaire. Donc, programme économique, hausse du SMIC, des salaires des fonctionnaires, des allocations logements, blocage de certains prix. Des indemnités des fonctionnaires. Des indemnités des fonctionnaires, excusez-moi, des blocages de certains prix. Dépenses estimées à 150 milliards d'euros d'ici la fin 2027, financées par des hausses d'impôts, plus de tranches d'imposition, un impôt sur la fortune avec composantes climatiques. Vous n'avez pas peur de faire fuir les plus riches, les chefs d'entreprise ?
Peut-être que je vous pose la question parce que le président du MEDEF lui-même renvoie votre programme dos à dos avec celui du RN en termes de crédibilité. Alors, premièrement,
il faut se rappeler aussi du Front populaire. L'histoire, c'est souvent intéressant. En 1936, quand on explique qu'on va passer de 48 heures de travail par semaine à 40 heures, il y a des éditorialistes, il y a des dessins de presse qui montrent vraiment la faillite morale, la misère, le chômage, l'effondrement économique de la France si on fait ça. Et puis, ça a été fait. Et puis, on l'a même fait plus. On a fait la semaine de 35 heures, peut-être un jour la semaine de 32. Et ça s'est bien passé. C'est des progrès sociaux qu'on a arrachés. Et à chaque fois qu'il y a eu des progrès sociaux d'ampleur, ça a provoqué la panique des milieux financiers et des décideurs. C'est comme ça.
Mais il fallait faire quand même. Il fallait faire quand même. Vous avez raison. La deuxième chose, c'est que nous avons chiffré ce programme, pas nous tous seuls, sur un coin de table, mais on l'a fait sérieusement. Ça a pris du temps, quelques jours et quelques nuits, je dois dire. Et on l'a fait avec des experts économiques. On l'a fait avec Esther Duflo, qui est quand même prix Nobel d'économie. Mathieu Pigas, j'ai vu, c'était exprimé. Michael Zemmour, beaucoup d'économistes ont travaillé et s'associent à ce programme en disant qu'ils le soutiennent et que ça va le faire, pour reprendre leur mot. Ensuite, il faut... Vous voulez que j'arrête là ?
Non, je veux donner la parole aux auditeurs. Allons-y, allons-y. Parce qu'il y a beaucoup de questions sur les points précis du programme.
Ça allait marcher, que c'était chiffré, qu'il n'y avait pas d'inquiétude à avoir de ce point de vue-là. Et 9 Français sur 10 ne paieront pas plus d'impôts avec notre programme. Parce qu'on va chercher l'argent là où il est et faire une politique juste. La justice, c'est un mot qui a manqué quand même ces derniers temps.
Bonjour Emmanuel. Oui, bonjour. Vous avez une question pour Marine Tondelier, une question précise justement sur le programme.
Oui, une question très précise. Alors en fait, Madame Tondelier, j'aurais voulu savoir comment fait-on pour allier des gens qui sont d'un côté comme vous, contre le nucléaire, des communistes qui sont favorables et des socialistes dont on ne connaît pas la position. Alors j'aimerais éviter justement que vous évitiez surtout, c'est la langue de bois comme vous venez de le faire depuis tout à l'heure, ça finit par être très écologique le bois mais c'est pas terrible. Merci à vous en tout cas pour votre franchise.
C'est pas bon pour la qualité de l'air de brûler du bois, je vous rappelle.
Bon, merci Emmanuel pour votre question.
Répondez déjà la question. Ben oui, mais vous n'avez pas l'air de bonne humeur ce matin mais je vais le faire quand même. En fait, si on avait pris tous les sujets qui nous divisent en disant vraiment là-dessus personne ne bouge, on n'aurait pas bougé d'un iota et on n'aurait pas fait cette union. Donc oui, l'objectif était de faire l'union. Sur la question du nucléaire, on a fait un projet de mandature pour deux ans puisque la présidentielle est en 2027. Et donc, en deux ans, c'est pas vrai que soit on ouvre un nouvel OPR, ça prend plus de 20 ans quand ça se passe bien, soit qu'on ferme une centrale nucléaire.
Donc notre mandat pour les deux ans qui viennent est très clair, c'est d'accélérer le déploiement des énergies renouvelables. C'est bon pour le climat, c'est bon pour l'emploi, c'est bon pour l'énergie et celles et ceux qui vous disent que le nucléaire va régler tous les problèmes de l'énergie en France vous mentent. C'est pas vrai, les objectifs de l'accord de Paris on doit les respecter pour 2030, la crise énergétique elle est maintenant et donc si on attend une nouvelle OPR on ne résoudra jamais rien.
On fait par contre quelque chose d'important sur lequel tout le monde est d'accord dans le Front Populaire, c'est arrêter avec ce projet de fusion de l'ISN et de l'ARSN, j'en parle parce que c'est deux instances de sûreté nucléaire.
On a eu l'occasion d'en parler sur l'antenne interne.
Et Emmanuel Macron il passait en force là-dessus, c'est une erreur, nous reviendrons là-dessus parce que qu'on soit pro
malgré le réchauffement et l'urgence climatique qu'on connaît, vos thématiques, les thématiques écologistes elles ont l'air d'avoir du mal à être audibles dans la campagne. La preuve, le RN lui, il fait campagne contre la rénovation énergétique des logements, il fait contre l'interdiction de la vente des voitures thermiques en 2035, ça c'était dans le cadre de la campagne européenne.
Je suis hypocrite parce que même les fabricants d'automobiles disent qu'ils y sont prêts, qu'ils ont commencé et qu'il ne faut surtout pas changer cette règle parce qu'ils ont tout mis en oeuvre pour aller vers ça qu'industriellement ils ne sont pas capables de faire autrement.
Mais parce que là ils parlent aux électeurs en réalité des électeurs qui ont souvent des voitures thermiques qui sont guidées en priorité on l'a vu dans tous les sondages par leur pouvoir d'achat. Qu'est-ce que vous leur dites quand pour eux le prix du carburant c'est un des premiers déterminants du vote ou en tout cas du choix du candidat qu'ils vont désigner ?
Ils ont raison d'être attachés au pouvoir d'achat et d'ailleurs le Front populaire va faire un plan d'urgence donc 25 milliards dès cet été pour le pouvoir d'achat et jusqu'à 90 milliards par an à plein régime en 2027. Et l'écologie là-dedans ? Il y aura des mesures partout. Oui mais vous me posez les dents en même temps. Je réponds en même temps. Sur l'écologie je suis d'accord avec vous et je le regrette pour dire qu'on n'en parle pas beaucoup dans cette campagne législative où on n'a quand même pas le temps de parler de grand chose vu qu'elle va très vite.
Mais dans le programme du Front populaire il y a des pas qui ont été faits qui sont des combats historiques écologistes qui ont ému beaucoup d'écolos qui disent mais vous avez réussi à écrire ça dans un programme avec des communistes et des socialistes bravo et merci. Je vous donne un exemple sur les grands projets autoroutiers on ne manque pas d'autoroutes en France on est le pays d'Europe qui a le plus de kilomètres d'autoroutes par habitant et en nombre de kilomètres brut. Donc vous voyez évidemment qu'il faut des routes évidemment qu'il faut les entretenir en construire des nouvelles qui vont coûter très cher et que d'ailleurs on n'aura pas les moyens d'emprunter ça ne sert à rien.
On n'a pas juste mis fin dans ce programme au projet de la 69 qui a été très contesté dans le sud mais à tous les nouveaux projets autoroutiers. Deuxièmement on fait un moratoire sur les projets de méga bassines qui là aussi étaient très contestés et ce sont des fausses bonnes solutions. On fait un moratoire sur les fermes-usines parce que les fermes-usines
ça ne va pas résoudre par exemple le problème de mobilité des gens. Bah si
parce que tout l'argent public que vous ne mettez pas dans des autoroutes ou dans des méga bassines vous pouvez le mettre dans des trains et quand le gouvernement avait annoncé un plan de 100 milliards pour le train on était tous très contents sauf qu'il n'a pas vu le jour quand ils ont annoncé des milliards pour la rénovation thermique des logements vous voyez bien qu'au moment où ils ont dû faire des économies et s'abraient 10 milliards d'euros de dépenses il y en a eu deux pour l'écologie et un sur la rénovation thermique des logements ça veut dire qu'en 2024 ils ont renoncé à rénover 150 000 logements c'est l'équivalent de toute la ville de Lille ou de toute la ville de Rennes et donc Jordan Bardella qui vous dit que lui ne trouve pas ça important c'est qu'il est hostile au pouvoir d'achat des français qui veulent qu'ils continuent à vivre dans des passoires thermiques l'hiver et dans des bouloirs thermiques l'été qu'ils veulent que leur facture continue à exploser et donc à un moment je trouve ça assez cynique là je suis hypocrite et je combattrai ça autant qu'il le faudra
il vous reste une semaine merci Marine Tombelier d'avoir été l'invité du grand entretien d'Inter
Marine Tondelier