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interviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 8 janvier 2022 20 min

Karima Delli : "La présidence de l'UE ne doit pas être utilisée comme un marchepied pour la présidentielle"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Avec notre invitée pendant 20 minutes, bonjour, Karima Deli.

0:02
Karima Delli

Bonjour.

0:03
Présentateur

Vous êtes eurodéputée, députée Europe Écologie-Les Verts, présidente de la Commission des Transports et du Tourisme. Vous êtes aussi conseillère régionale des Hauts-de-France. La France vient de prendre la présidence française du Conseil de l'Union Européenne. Les écologistes vont-ils profiter de cette opportunité pour devenir, j'ose pas dire, des alliés de cette présidence française, au moins pour faire avancer quelques projets ? Ou est-ce que vous allez vous en tenir à considérer Emmanuel Macron toujours comme un adversaire de la campagne nationale, la campagne française, la campagne électorale ?

0:35
Karima Delli

Tout d'abord, bonne année à toutes et à tous. C'est la première chose. C'est gentil. On considère que la présidence française, elle ne doit pas être utilisée par M. Macron comme un marche-pied de l'élection présidentielle française. Vous voyez ? Pour nous, c'est assez clair, mais le président de la République, on ne peut pas faire, on ne peut pas reprocher à l'Hongrie, à la Pologne, de parler des enjeux nationaux, alors que là, il faut parler des enjeux européens. Et là, on a une chance extraordinaire. Et je voudrais rappeler cette réalité sous cette présidence, c'est-à-dire que nous n'allons retrouver une présidence française que dans 13 ans. 13 ans !

Ça veut dire concrètement, nous ne devons pas rater ce rendez-vous.

1:17
Présentateur

Justement, ma question était de savoir si vous allez accompagner, en profiter, profiter de cette opportunité pour lancer avec la France quelques projets ?

1:24
Karima Delli

Eh bien, c'est maintenant qu'il faut relever le défi du climat. Ce n'est pas dans 13 ans. C'est maintenant qu'il faut relever le défi d'une Europe, notamment solidaire, et une Europe plus humaine. On le voit avec la question, notamment, des réfugiés. C'est maintenant qu'il faut faire l'Europe sociale et cette Europe dont on a tous envie. Ce n'est pas dans 13 ans.

1:42
Invité

Vous êtes d'accord avec tous les dossiers présentés par Emmanuel Macron ?

1:46
Karima Delli

Il va falloir vraiment regarder dans le détail parce que M. Emmanuel Macron, il présente un peu sa présidence avec beaucoup de gesticulation, vous voyez. Il a dit des mots un peu forts. Il a dit, vous allez voir, ça va être la présidence, la relance, la puissance et l'appartenance. La relance de quoi ? Si c'est de la relance qu'au niveau national, et on le voit sur le dossier de la taxonomie, de la relance du nucléaire, moi j'ai un véritable problème et nous avons un vrai problème, nous les écologistes, avec ça.

2:16
Présentateur

On va en parler de ça.

2:16
Karima Delli

Si c'est de la relance, notamment, de la vieille industrie qui ne lutte pas contre le dérèglement climatique, on va avoir un problème. Si c'est la relance, comme on est en train de le voir en France, du glyphosate qui tue les abeilles, contaminant le sol, on a un problème. Si c'est la relance des traités de libre-échange qui tuent et qui met à genoux nos agriculteurs et finalement ne portent rien en termes d'alternative, on a un problème.

2:40
Présentateur

Karim Adéli, si je vous entends bien, vous allez considérer la présidence française avec Emmanuel Macron, vous allez le considérer comme un adversaire politique parce qu'il y a la campagne électorale. A vous entendre, on n'a pas le sentiment que vous souhaitiez profiter de l'opportunité française pour lancer quelques projets en commun. C'est le compromis, c'est le consensus, l'Europe pourtant.

2:57
Karima Delli

Et bien justement, nous, notre ADN, on fait partie, dans notre ADN, les écologistes, nous sommes des pro-européens, mais nous ne sommes pas des pro-européens B.A. Nous avons une feuille de route claire. Nous voulons que la France soit à l'avant-garde de la transition écologique. Est-ce qu'on va vraiment appliquer les accords de Paris ? Est-ce qu'on va dire stop, comme on a signé avec le grand sourire, tous ensemble à la COP26, la fin des énergies fossiles ? Est-ce que dans les textes à venir, est-ce qu'on va les retrouver ?

Est-ce qu'on véritablement va mener la campagne sur le stop au glyphosate, parce que c'est une tuerie pour nos sols, je le rappelle, mais aussi pour les abeilles, et donc la biodiversité. Donc on n'est pas, vous savez, on n'est pas là pour critiquer, on est là pour faire avancer nos solutions, nos idées.

3:40
Invité

Bon, alors voilà, pour la politique, on va rentrer dans les dossiers. On en parle assez peu ou trop peu, c'est pourtant un sujet extrêmement important. Vous l'avez très légèrement abordé, le gaz naturel et le nucléaire ont été décrétés par la Commission européenne comme étant des énergies de transition. Autrement dit, le gaz et le nucléaire sont en train de rejoindre la liste des activités vertueuses pour le climat. Ça peut paraître un peu surprenant. Karima Deli, vous êtes d'accord ou pas avec ça ?

4:05
Karima Delli

On n'est absolument pas d'accord. On ne vous entend pas pourtant ? Pourtant, moi je vous le dis très fort ce matin sur France à terre. C'est-à-dire que nous ne sommes pas d'accord avec cette espèce de projet de labellisation verte. C'est encore une fois quoi ? Du greenwashing. C'est une provocation qui vient de la Commission européenne, vous voyez ? C'est-à-dire qu'on a des pays, la France, la Pologne, la Hongrie, qui disent, d'accord, on met le gaz et en contrepartie, on te donne le nucléaire. Ce n'est pas comme ça qu'on fait de la politique énergétique. Ce n'est pas comme ça qu'on lutte contre le dérèglement climatique.

La bonne nouvelle, c'est qu'il y a des pays qui ne sont pas d'accord avec ça. L'Autriche et le Luxembourg notamment ? L'Autriche, le Luxembourg. On aura aussi, là, c'est en débat dans le gouvernement allemand, puisqu'on a une nouvelle coalition avec M. Scholz et des écolos. Et donc là, on a toute notre place à avoir. Le Parlement européen va avoir 4 mois pour débattre. Et nous allons mettre au débat, parce que c'était...

5:00
Invité

Mais alors, attendez, mettre au débat, quoi ? De manière à ce que, quand même, les auditeurs nous comprennent bien. Concrètement, en fait, ça veut dire quoi, cette fameuse taxonomie ? Que tous les pays de l'Union européenne qui voudraient lutter contre le réchauffement climatique pourraient, par exemple, investir dans une centrale nucléaire ?

5:14
Karima Delli

C'est ça. Et elle dit, par exemple, elle donne quand même quelques critères. Ça veut dire, par exemple, des permis de construire des nouvelles centrales nucléaires avant 2045. La Commission, elle va dire, oui, mais il faut des garanties de traitement des déchets du nucléaire. Mais traitement des déchets du nucléaire, les déchets, on en a pour 1000 ans, vous voyez, quand on crée une centrale. Lorsqu'on voit le démantèlement d'une centrale, elle dit que ça doit se faire. Il faut démanteler les centrales en fin de vie. Mais il faut vite les faire. Vous voyez, c'est toute une politique industrielle.

5:41
Invité

C'est-à-dire qu'il va fleurir beaucoup plus, a priori, de centrales au gaz, de centrales nucléaires en Europe ?

5:48
Karima Delli

Non, parce que le Parlement européen, nous sommes là, nous avons 4 mois avec les citoyens, pour dire, il va falloir travailler ensemble pour rejeter ce texte. Il va falloir aussi mettre la pression au Conseil. Donc, il faut au minimum 20 pays qui disent non. On voit qu'il y a quand même des poids lourds dans ces États membres, qui sont quand même l'Allemagne. On va voir ce qu'elle va faire. Mais qui pourraient renverser des coalitions. Et moi, ce que je dis... On est très loin des 20 pays pour l'instant. Oui, mais vous savez, il y a plein de choses. On disait que l'Europe, ce n'était pas possible de rejeter des choses. Vous voyez ? Alors qu'on a été capable de gagner des choses.

Et sur des combats, on a gagné... Par exemple, moi, je vois bien sur la question... Avant, c'était le TAFTA. Personne n'en parlait. Vous voyez ? La mobilisation citoyenne fait qu'on en a parlé et que les citoyens sont contre. Vous voyez ? Donc, ce que je veux dire, pour résumer dans ce dossier-là, c'est que l'Europe prend beaucoup de temps avec cette querelle sur la taxonomie. Au final, c'est la technologie la plus économique et la plus durable qui va s'imposer. Et c'est quoi ? Ce sont les énergies renouvelables. Nous n'allons pas attendre, notamment 2040. Nous sommes dans l'urgence climatique.

6:55
Présentateur

Ce que vous souhaitez, Karim Adéli, c'est sortir l'Europe du charbon. Et bien justement, jeudi matin, sur France Inter, à cette même place, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne disait qu'il n'y a pas d'autre moyen que de labelliser le nucléaire pour justement attirer les investisseurs pour sortir de cette Europe du charbon. L'argument vaut ?

7:16
Karima Delli

Pour l'interrogation. Mais là aussi, on est quand même dans la vieille politique politicienne. Pourquoi je dis ça ? Et moi, je le dis à votre micro ce matin. Moi, je suis allée à Fukushima. Je ne connais pas beaucoup de politiques qui sont allées à Fukushima. J'ai vu le drame d'un accident nucléaire. Je peux vous dire les enfants que j'ai vus avec des dosimètres qui, en permanence, calculent le taux de radioactivité lorsqu'ils sont dans des lieux. Vous voyez ? J'ai vu ces villages fantômes. Moi, je ne prends pas le risque... Nous, les écologistes, nous ne prendrons pas le risque de prendre en otage les citoyens dans cette Europe.

7:54
Présentateur

Quitte à entretenir une Europe du charbon un peu plus longtemps que prévu.

7:59
Karima Delli

Mais regardez ce qui se passe au niveau allemand. Certes, ils ont repris la question du charbon, mais en 2030, ils arrêtent. Ils vont être autonomes énergétiquement. Ils vont dépendre de quoi ? 100% des énergies renouvelables. Et en plus de ça, ils ont compris la chose incroyable. Quand c'est bon pour le climat, c'est bon pour l'emploi. Parce que oui, ça crée notamment les énergies renouvelables des millions d'emplois.

8:22
Présentateur

Karim Adéli, la France veut profiter de cette présidence du Conseil de l'Union Européenne pour faire voter dans les six prochains mois une sorte de taxe carbone aux frontières européennes. Ça veut dire que des importateurs chinois, brésiliens ou autres qui ne respecteraient pas nos codes, nos exigences environnementales européennes, devront s'acquitter d'une taxe. Y êtes-vous favorable ?

8:42
Karima Delli

Bien sûr. Et en plus, le grand rapporteur de la taxe carbone aux frontières, nous avons de la chance au niveau européen, comme pour la France, c'est notre candidat Yannick Jadot. Et je pense que c'est quelque chose qui a trop laitant était resté sur le coin d'une table, alors que maintenant, nous sommes capables, grâce à cette taxe, de relocaliser. Voilà. Ça, ça va être une véritable...

9:03
Présentateur

Quitte à rendre les voitures japonaises, indiennes, plus chères pour les Français.

9:08
Karima Delli

Mais bien sûr, mais en même temps, nous avons une industrie automobile. Alors moi, je peux vous le dire, j'étais à la tête du scandale du Dieselgate. Ça fait 6 ans que j'ai dit, il faut sortir des véhicules thermiques pour aller vers autre chose. Là, on a la directive sortie des véhicules thermiques. Alors la France met dans sa loi 2040, les Allemands disent 2030. Vous voyez, on va perdre 10 ans de concurrence. Et c'est toute la filière qu'il va falloir renouveler. C'est-à-dire, on va accompagner, notamment les salariés, sur de nouvelles politiques. L'économie circulaire, on recyclera tout demain dans une voiture. On aura le recyclage des batteries.

On va faire un panel de mix énergétique, de l'hydrogène, de l'électrique. On va voir. Il y a énormément de tout ça, mais il faut le mettre en branle. Et moi, c'est ce que je demande depuis longtemps. En tout cas, un des enjeux de cette présidentielle aussi, c'est comment on met en place des politiques industrielles crédibles, notamment dans ce secteur, comme l'industrie automobile.

10:02
Invité

Alors, on va passer des voitures aux avions. Je voudrais qu'on parle des avions qui volent en ce moment à vide, à cause de la crise sanitaire, d'abord, à cause surtout des créneaux de décollage et d'atterrissage que les compagnies aériennes veulent absolument garder. Pour cela, il faut voler, même sans passagers à l'intérieur. Donc, quelles sont les solutions, Karima Deli, pour stopper ce non-sens écologique ? Alors, vous êtes...

10:25
Karima Delli

Moi, je suis la présidente de la commission de transport. Ça a été rappelé. Voilà. Et je l'ai déjà fait, arrêter l'ensemble des avions qu'on appelle les vols fantômes. Donc, pourquoi vous ne le refaites pas ? Eh bien, c'est ce que j'ai fait. Je n'ai pas attendu le gouvernement français, je n'ai pas attendu M. Djebari pour écrire à la commission européenne et pour qu'à nouveau, on ait un nouveau texte puisque c'est une règle qui s'appelle « Use it or lose it ». C'est-à-dire, soit on les utilise, soit on les perd, ce qui est dramatique sur les créneaux horaires. D'accord ? Et donc là, nous allons refaire ce que nous avons fait durant le Covid.

Nous allons suspendre les règles pour qu'il n'y ait plus d'avions fantômes.

10:59
Invité

La suspension des règles précédemment, c'était Bruxelles qui continuait à exiger

11:02
Karima Delli

50% des créneaux utilisés. Donc, ce n'est pas un stoppage total. Donc, durant le Covid, on a stoppé totalement. Ensuite, le texte est revenu. La commission européenne avec le Parlement a dit 80% et puis finalement 50%. Sauf que là, ça ne suffira pas. Il faut anticiper dans l'activité notamment de l'aviation. C'est la raison pour laquelle nous aurons un nouveau texte qui remettra à plat l'ensemble des créneaux horaires et en même temps, il faut travailler sur les alternatives à l'aviation.

Les alternatives à l'aviation, ce que je rappelle qu'en parallèle, la commission est en train aussi de titiller sur le texte où la France a dit les alternatives, notamment de 2h30 d'avion, donc le train, eh bien, on va peut-être regarder la concurrence. Ça, ce n'est pas possible. Donc, le texte sera à l'ordre du jour dès la semaine prochaine sur mon bureau.

11:53
Invité

Quand la compagnie allemande, la Lufthansa, nous parle de 18 000 vols probablement vides, ça paraît énorme. C'est quoi ? C'est une pression qu'elle met justement sur Broussaint en faisant ça ou pas cette compagnie allemande ? Elle met la pression

12:06
Karima Delli

mais c'est surtout de dire qu'il y a une... Vous êtes d'accord avec elle ? Oui, mais c'est surtout de dire qu'il y a une aberration économique mais surtout une aberration écologique. La commission européenne ne peut pas se vanter d'un green deal et de dire on va faire moins 55% d'ici 2030 dans les émissions si le secteur des transports donne à voir... Mais ça, on a bien compris.

12:24
Invité

Mais ce qui est surprenant, c'est que Air France n'a pas de vols vides en ce moment. Ça paraît incompréhensible.

12:29
Karima Delli

Non, parce que Air France, justement, a anticipé sur ses créneaux. Vous voyez, là, le problème de fond, c'est que la régulation n'a pas été faite. Donc, il faut suspendre cette règle européenne qui est stupide et qui amène cette aberration écologique.

12:43
Présentateur

On a donc parlé des avions, on a parlé des voitures. Un mot sur le train, Karim Adély. Vous avez fait le constat qu'il était délicat de voyager en train d'un bout à l'autre de l'Europe. Vous dites qu'avec l'Europe, ça pourrait changer. Je ne sais toujours pas pourquoi. Mais pour quelle raison ?

12:56
Karima Delli

Tout simplement parce qu'on s'est rendu compte que le train, c'est gagnant pour le climat et c'est gagnant pour, notamment, l'emploi. Et c'est la raison pour laquelle depuis décembre, on va... Alors, je vais rentrer dans un mot technique, excusez-moi, chers auditrices et d'autres. On va éviter ça, on va éviter. Mais en tout cas, on fait un grand réseau européen sur le transport où on est en train de redessiner, capitale à capitale, la relance du train de nuit. On a un objectif de relance du fret ferroviaire d'ici 2030 de 30%. Et en même temps, on est en train de travailler en parallèle une politique industrielle. Parce que oui, il faut travailler sur le matériel roulant en Europe.

13:29
Présentateur

Parce qu'aujourd'hui, on ne peut pas aller d'un bout à l'autre de l'Europe avec le même train ?

13:34
Karima Delli

Ben, c'est pas ça. C'est quel type de train et quel train ? Vous voyez, par exemple, nous, nous n'avons pas ceux qui ont la maîtrise du matériel roulant, par exemple, dans les trains de nuit, c'est plutôt les Autrichiens avec EBB. C'est pas encore nous. Alors que nous, on devrait faire justement des appels...

13:49
Présentateur

Donc il faut harmoniser tout ça, ce sera votre rôle.

13:52
Karima Delli

Mais ensuite, il faut atteindre les objectifs. Donc, parallèlement, avoir des financements et c'est là où la bagarre a lieu. Alors, on va parler de la campagne présidentielle.

14:01
Invité

Juste avant, un mot de Roberto... Roberta, pardonnez-moi, Metzola. Dans dix jours, le 18 janvier, le Parlement européen aura à sa tête une nouvelle présidente, très probablement, donc, Roberta Metzola. Elle est maltaise, elle a 42 ans, elle est membre du PPE, donc la droite européenne, et elle est contre l'avortement. Vous voterez pour elle ou pas ? Absolument pas. Est-ce que c'est un problème que le Parlement européen soit présidé pendant deux ans et demi par une anti-IVG ?

14:27
Karima Delli

Absolument. Il y a 42 ans, nous avions la fierté et l'honneur en Europe d'avoir la première femme présidente qui était Simone Veil avec ce combat sur l'IVG. Plusieurs, aujourd'hui, états membres essaient, aujourd'hui, de s'attaquer à l'IVG. On voit les défilés, notamment, et les milliers de Polonaises, par exemple, dans les rues, pour défendre ce droit, justement, à disposer de leur corps. Je vous coupe,

14:53
Invité

mais là encore, on ne vous entend pas,

14:54
Karima Delli

les écolos. Est-ce que vous présentez les candidats ? Justement, nous, nous disons, tout simplement, que, vous savez, tous les deux ans et demi, on a un balai habituel dans l'hémicycle des tractations. En 2019, la tractation, notamment des postes de présidents de commissions européennes, du Conseil, s'est faite entre les trois grands groupes. Le parti, le PPE, donc, les conservateurs, les socialistes, et les libéraux, en marche. Donc, les trois se disputent le gâteau, donc, maintenant, on leur laisse, on leur laisse, justement, cette candidate, qui est Roberta Metzola, nous, nous présenterons une vraie candidature écologique. Mais donc, ça va passer ? Nous ne savons pas si ça va passer.

En tout cas, ce qui est sûr, c'est que nous, nous sommes à l'opposé de ce qu'elle représente, en termes de valeurs, et en termes de propositions, notamment, des conservateurs, que ce soit sur le Green Deal, que sur la politique migratoire. Mais si elle est élue, ça vous permet de garder votre commission, absolument pas. La présidence de votre commission des transports au Parlement ? Non, parce que la commission que je préside, c'est la proportionnelle des partis politiques, ça n'a rien à voir.

15:57
Présentateur

Quelques minutes sur la campagne présidentielle en France. Yannick Jadot, qui va donc représenter les écologistes pour la présidentielle dans trois mois. Sandrine Rousseau en embuscade pour faire entendre sa propre musique. Est-il vraiment fini le temps des déchirements chez les Verts en campagne électorale ?

16:14
Karima Delli

Absolument. Nous avons eu une primaire entre nous. je peux vous dire qu'aujourd'hui ce qui est assez incroyable c'est que nous avons Delphine Bateau, Éric Piolle, même Sandrine Rousseau qui sont aujourd'hui tous derrière Yannick Jadot. Nous sommes une équipe de l'écologie.

16:33
Présentateur

radicale, ce mot radical qu'on a attribué à Sandrine Rousseau ce n'est pas votre tasse de thé ?

16:38
Karima Delli

Non mais on peut mettre les objectifs qu'on veut. On a dit, vous savez, on dit en France plein d'objectifs à côté de l'écologie. On dit l'écologie positive, l'écologie en mouvement, bref. Moi je dis juste aujourd'hui que c'est que nous sommes la première génération qui subissons les gaz à effet de serre et le dérèglement climatique mais nous sommes la dernière génération à pouvoir y faire face. Et ce qui me rend vraiment très optimiste dans la période c'est qu'il y a des millions de personnes en France qui font des choses extraordinaires pour l'écologie. Et c'est cette société écolo qui est en mouvement et ça me rend plus qu'optimiste. Alors malgré tout

17:16
Invité

la campagne présidentielle de Yannick Jadot ne donne pas le sentiment vraiment de prendre en tout cas pour l'instant. Il ne s'alliera pas. Il n'y aura pas d'union de la gauche. Il l'a dit. Non c'est non. C'est ce qu'il a dit hier dans ses voeux. La décision semble prise. Qu'est-ce que vous dites aux douze défenseurs de la primaire populaire qui ont entamé une grève de la faim ? C'est essentiellement des militants écologistes. Vous leur dites quoi ? Je leur dis

17:38
Karima Delli

d'une part que je pense qu'il faut arrêter mais surtout c'est que l'écologie doit nous rassembler. Et c'est autour d'elle qu'il faut absolument qu'aujourd'hui qu'on avance. Moi je l'ai fait dans les Hauts-de-France. Vous savez l'écologie c'est en partant vraiment de ce que les gens ont besoin. Qu'est-ce que les gens ont besoin ? Vous voyez ? Ils ont besoin d'un air pur. Ils ont besoin vraiment de manger pas de la malbouffe mais d'avoir une alimentation de qualité. On voit tout ce qui se passe entre les coopératives. Moi je vois tout ce qui se passe dans les tiers lieux. On a besoin aujourd'hui véritablement de montrer. Vous savez on a eu le front populaire notamment avec Blum etc.

La révolution écolo il ne faut plus l'attendre il faut la faire. Mais ça semble un vœu pieux

18:27
Invité

Karim Adélie.

18:28
Karima Delli

Ce n'est pas un vœu pieux puisque regardez ce qui se passe en ce moment. Deux tiers des jeunes sont dans l'angoisse dans l'éco-encérité. Ils ont peur de l'avenir et de l'état de la planète. Qu'est-ce qu'on leur dit ? On leur dit vous avez raison. Personne ne veut parler de l'écologie personne ne veut parler du sentiment justement que notre planète va mal. Nous on est là. On sera au rendez-vous on a des propositions en tout cas on ne lâchera pas pour montrer à quel point ben oui quand c'est bon pour le climat c'est bon pour l'emploi.

18:57
Invité

En attendant on a Christiane Taubira qui semble avoir envie d'y aller. A gauche elle sera la candidate en plus ou la candidate en trop ? Qu'est-ce que vous dites ?

19:04
Karima Delli

Moi je ne sais pas si elle va être candidate je ne sais pas vraiment où elle en est en tout cas ce qui est sûr Je pense que réellement le rassemblement doit se faire autour de Yannick Jadot aujourd'hui parce qu'il y a urgence et que cette belle cette belle volonté d'être tous ensemble montrera à quel point nous sommes capables d'avoir un projet pour la France et de montrer que la transition écologique elle peut entraîner de la justice sociale mais aussi enfin de souffler et d'avoir le sourire dans notre pays.

19:34
Présentateur

Candidate en trop pour Christiane Taubira c'est ce que dit plus clairement que vous Yannick Jadot peut-être. Merci peut-être

19:41
Karima Delli

voilà.

19:42
Présentateur

Merci Karim Adéli eurodéputée présidente de la commission transport et tourisme au parlement européen merci et bonne journée.