🔴 EN DIRECT | Conseil national du 5 décembre : discours du Premier secrétaire Olivier Faure
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et je le dis en trois ans à peine. Nos services publics sont à la peine. C'est évidemment ce que nous avons découvert ce matin avec le classement PISA qui fait apparaître un classement qui démontre que le bilan Blanquer-NDI-Atal est l'un des plus désastreux que nous ayons eu à connaître. Une chute dramatique avec un enseignement, un accompagnement de nos élèves qui malheureusement ne relève pas le défi de l'instruction que nous avons à relever ensemble et qui doit nous inquiéter toutes et tous. C'est évidemment la situation à l'hôpital. C'est la situation sécuritaire aussi.
Et je n'épilogue pas tant je sais que chacun d'entre vous ici a conscience de ces lacunes, de ces difficultés, de la gravité du moment dans lequel nous nous parlons. Ce contexte, c'est aussi celui de catastrophes climatiques qui s'ajoutent les unes aux autres. Et c'est évidemment la situation dans le Pas-de-Calais, ces inondations qui ont marqué ces dernières semaines et qui nous font craindre le pire pour les prochaines années. Le contexte, c'est aussi un contexte politique, celui d'une extrême droite à l'offensive.
Dans un contexte qui lui profite, en tout cas les sondages en attestent, attentat, race, maintenant le pont de Birakheim, une odieuse instrumentalisation de tous les faits divers, de toutes les rixes qui peuvent égréner notre actualité. Et je pense là évidemment à cette affaire qui a conduit à la mort de Thomas, la brutalisation par l'extrême droite qui a conduit d'abord à laisser imaginer une préméditation, la volonté de la part d'un groupe qui serait, par les prénoms qui ont été mis en avant par le journal du dimanche, qui serait en fait un groupe ethnique défini, qui serait venu en découdre avec les Blancs parce que Blancs.
Heureusement, l'enquête avance et fait apparaître une autre réalité. Mais la vérité, c'est que pendant 15 jours, nous avons vécu avec cette instrumentalisation qu'elle a forcément imprimée aussi, cette idée que nous vivons dans un pays où nous ne vivons plus côte à côte, mais face à face, selon cette prédiction qui aurait été réalisée par l'ancien maire de Lyon, Gérard Collomb. Ce contexte, c'est aussi des milices fascistes qui réapparaissent dans toute la France, qui ont pris la confiance, qui considèrent qu'elles n'ont plus à vivre dans les sous-sols, mais qu'elles peuvent exprimer au grand jour ce qu'elles n'ont jamais cessé de penser.
Et ces images, la semaine passée, de milices devant le Panthéon, le bras tendu, affichant leur haine et expliquant qu'ils sont chez eux, face au Panthéon qui abrite dans ses murs pour l'éternité, Jean Moulin, Germaine Tillon, Geneviève Antonius de Gaulle, Pierre Brossolette, Jean Zay et plus récemment, Joséphine Baker. Toutes et tous résistants, toutes et tous qui se sont battus pour que nous ne vivions jamais plus avec cette haine de l'autre, avec ce refus de l'altérité. Et nous avons maintenant à faire face à ces groupuscules qui se sentent désormais légitimés par la présence de 88 parlementaires RN à l'Assemblée. Le RN, malheureusement, s'est dédiabolisé. Mais rien n'a changé.
Rien n'a changé pour eux. Et sous le vernis bleu marine, c'est bel et bien le brun qui ressurgit. Quand Jordan Bardella est interrogé sur le fait de savoir si Jean-Marie Le Pen est antisémite, il répond qu'il n'a jamais été antisémite. Quelles qu'aient été les décisions de justice ? La réalité du RN, c'est que l'antisémitisme n'est pour lui pas un héritage encombrant, c'est une filiation, une colonne vertébrale. Et quand ils prétendent désormais lutter contre l'antisémitisme, c'est simplement pour blanchir leur racisme, comme ils l'ont fait avec la laïcité. Toujours pour retourner les armes des républicains contre eux-mêmes.
Expliquer avec les mots des républicains ce qu'ils n'ont jamais cessé, eux, de penser. Ce week-end, pendant que nous manifestions à Paris pour commémorer les 40 ans de la marche pour l'égalité, constatant malheureusement qu'il reste encore tant à faire et qu'il en faudra encore des marches pour que cette égalité advienne, Eh bien, le président du RN, Jordan Bardella, était assis au premier rang d'un meeting rassemblant à Florence tout ce que l'Europe compte de leader raciste, antisémite, sexiste, xénophobe, assis directement à sa gauche, Constantin Kossadinov, leader de l'extrême droite bulgare, ouvertement pro-Poutine, visé par une enquête pour des propos minimisant la Shoah.
À sa droite, Harold Wilensky, tête de liste du FPO autrichien qui appelle, lui, à une victoire russe en Ukraine. En face de lui, sur l'estrade, en majesté, l'hôte, Matteo Salvini, reprenant à son compte le pire des thèses complotistes et antisémites lorsqu'il dénonce une Europe bureaucratique maçonnique aux ordres de Georges Soros. Notre devoir est donc de lutter contre l'extrême droite, de poursuivre cette lutte acharnée contre ces ennemis de la République. À nous de leur retirer le vernis social dont ils tentent de s'emparer. À l'Assemblée, ils ont voté contre la hausse du SMIC, contre le repas à un euro porté par Fatiha Kéloa Hachi.
Ils se sont tus pendant des semaines pendant le débat sur les retraites. Pas un mot sur la justice fiscale. En France, Marine Le Pen ne veut pas du retour de l'ISF. À Bruxelles, Bardella ne soutient pas davantage nos combats contre la fraude fiscale, la taxation des transactions financières. En matière salariale, Marine Le Pen applique la même logique qu'Emmanuel Macron. Quand elle propose de permettre aux entreprises d'augmenter les salaires de 10%, c'est en les exonérant de cotisations. En bonne libérale, ce qu'elle donne d'une main, elle le reprend de l'autre.
Et à Bruxelles, son double, Jordan Bardella ne soutient ni le SMIC européen, ni la présomption de salariat pour les travailleurs des plateformes. Le bilan des amis de la famille Le Pen-Bardella est donc sans appel. Et s'il fallait s'en convaincre, en Italie, la politique familiale de l'extrême droite accroît la dépendance des femmes envers leurs maris. Les plus précaires sont traités comme des inutiles, à peine dignes du respect le plus élémentaire. En juillet dernier, 169 000 familles italiennes ont reçu par un simple SMS l'annonce de la suppression de leur revenu de citoyenneté, l'équivalent du RSA en France.
Nous pouvions jusqu'ici compter sur ce que l'on a appelé l'arc républicain, qui formait une digue que nous voulions étanche aux idées de l'extrême droite. Et malheureusement, la droite dite républicaine, qui même a choisi il y a quelques années de s'appeler les républicains, a malheureusement sauté le pas et fissuré ce qu'était son héritage. Je me souviens qu'il y a 15 ans, Jacques Chirac, faisant ses adieux à la vie publique, adressait ses mots clairs à ses partisans. Ne composez, ne composez jamais avec l'extrémisme. Et la semaine dernière, c'est Éric Ciotti, le nouveau patron des républicains, qui refusait de condamner les ratonnades de l'extrême droite.
À Lyon, faisant sienne la théorie du choc des civilisations. Après que Valérie Pécresse ait elle-même fait le choix de reprendre la thèse du grand remplacement. À croire que Jean-Marie Le Pen ne suffisant pas à être l'ombre de Jordan Bardella est également désormais la plume d'Éric Ciotti. La digue entre les droites et l'extrême droite a donc implosé. Mains dans la main, la droite de Darmanin et de Rotaillot a fait sienne une proposition historique des partis et groupuscules racistes la suppression de l'aide médicale d'État. En France, nous aspirons les médecins étrangers pour faire tourner nos hôpitaux.
Mais dans le même temps, nous ne pourrions plus assurer les soins de ces étrangers malades. Au mépris de toutes les règles éthiques, des règles épidémiologiques et même des règles budgétaires, ainsi que l'on rappelait des milliers de soignants qui se refusent à ce que l'aide médicale d'État soit transformée en aide médicale d'urgence. Malheureusement, ils ne se sont pas arrêtés là. Ils ont réduit non seulement le droit des migrants, des personnes migrantes, mais ils ont aussi réduit les droits des étrangers en situation régulière.
Et comme ça ne suffisait pas encore, ils ont aussi réduit le droit des enfants français, parce que nés en France, en réduisant progressivement le droit du sol à Mayotte, mais aussi en métropole. Et ensuite, la suppression de l'AME. Le texte prévoit aujourd'hui un rétrécissement des critères du regroupement familial, le rétablissement du délit de séjour, la sélection par l'argent des étudiants étrangers, le conditionnement du droit aux prestations sociales non contributives des travailleurs étrangers à 5 ans de résidence. En gros, ils ont introduit la préférence nationale. Voilà ce qu'est aujourd'hui l'état des lieux des droits dans notre pays.
Pourtant, à son origine, ce texte devait répondre au moins en partie à une hypocrisie touchant les travailleurs sans papier. Vous vous souvenez que c'était même la fameuse jambe gauche qui devait rattraper la jambe droite, faire en sorte que les étrangers qui disposent d'un métier, qui travaillent, qui cotisent, puissent être régularisés dès lors qu'ils appartenaient à un secteur en tension.
Nous n'avons jamais considéré que c'était une proposition qui nous satisfaisait complètement, mais on l'avait vécu au moins comme un socle sur lequel ils ne pourraient pas revenir, considérant qu'il y avait là un progrès, même s'il était limité, possibilité d'être régularisé de manière inconditionnelle dès lors qu'on est dans un métier en tension et qu'on est donc en capacité de démontrer son intégration. Malheureusement, même cette petite avancée est désormais soumise à l'arbitraire des préfets suite à, paraît-il, un compromis qui aurait été trouvé entre les différentes droites.
La réalité que nous devons défendre, nous, la vision que nous devons défendre, nous, avec conviction, c'est que la France mythique qu'ils défendent n'a jamais existé. La France n'est pas un territoire blanc et catholique. La France s'est métissée au cours de son histoire. Et qu'il fallait faire l'histoire de nos villes respectives. Regardez ce qui s'est passé dans nos ports, dans toutes nos villes frontalières. Regardez comment nous nous sommes hybridés, comment nous nous sommes métissés et comment nous nous sommes enrichis de ces vagues successives migratoires. C'est ce que nous devons défendre avec force.
Ne pas laisser imaginer qu'il existe une France mythique, un âge d'or, au cours duquel nous aurions été chez nous et où les autres auraient été repoussés à nos frontières. Ça n'a jamais existé.
Et depuis que le monde existe, depuis que l'humanité est humanité, elle a vécu d'échanges, elle a vécu de constructions qui se sont réalisées au cours des siècles parce que l'être humain est ainsi fait qu'il cherche en permanence à aller se marier avec celui qui lui ressemble ou qui ne lui ressemble pas, qu'il s'enrichit dans le commerce, qu'il s'enrichit aussi dans la diversité culturelle, et que les guerres, le froid, la faim poussent les uns ou les autres à bouger partout où il est possible de vivre. Et dans ce contexte délétère, nous ne perdrons ni boussole ni repère. Les sénatrices et sénateurs, et demain, les députés, à l'Assemblée, tiendront la barre en partant d'un constat partagé.
Puisque nous avons besoin de recourir à l'immigration, nous devons organiser notre politique d'accueil, d'intégration et de reconduite dans le respect des principes de la République. Nous sommes donc favorables à une régularisation par le travail, à une politique d'inclusion par la formation, le logement, la langue et les valeurs de la République. C'est pour cela que nous défendons les régularisations de tous les travailleurs sans papier qui disposent à contrat de travail depuis au moins six mois, et que nous voulons rétablir le droit au travail dès le dépôt de la demande d'asile.
Et parce que le creuset républicain ne peut être prétexte à exclusion, mais ciment de l'intégration, nous proposons d'assurer l'apprentissage de la langue et de l'enseignement moral et civique dès le dépôt de la demande d'un titre de séjour. C'est ce que nous défendrons avec Boris Vallaud et le groupe à l'Assemblée après le travail de décryptage de résistance entamé au Sénat par Patrick Cannaire, Corinne Narassiguin et Marie-Pierre Delagontry. C'est autour de ce constat, pour cette autre vision de la France que je viens d'évoquer, de son identité, de ses valeurs, que se sont rassemblées hier à l'initiative de générations, socialistes, écologistes, communistes, insoumis.
Et c'est ce que nous ferons demain à Saint-Ouen à nouveau avec toute la gauche. J'ai entendu Jean-Luc Mélenchon nous dire que la NUPES était morte. C'est vrai qu'une certaine idée du rassemblement a vécu. Mais l'envie de faire ensemble demeure, sans caporalisation, sans mise au pas, égale, égalitaire et fraternelle. La gauche n'est jamais aussi belle que lorsqu'elle assume sa diversité, tout en recherchant son unité par le dialogue. Et c'est ce que nous défendrons. Il n'est pas question pour moi de dire qu'il faudrait désormais moins d'union. Je veux plus d'union encore, mais mieux d'union. Une union qui respecte chacun. Une union qui permet à chacun de trouver sa place.
Une union dans laquelle, puisque nous partageons cette idée de faire évoluer nos institutions, il n'y a ni César, ni Jupiter. Mais il n'y a ni sauveur suprême, mais simplement la volonté de construire ensemble, de chercher à chaque étape ce qu'est le fond commun de la gauche, son centre de gravité, ce qui permet d'avancer ensemble. Et c'est ce que je dis à toutes et tous à gauche. Il n'y a pas de stratisation, mais il y a la volonté d'être respectés à part égale, les uns et les autres, parce que nous contribuons toutes et tous à ce que la gauche, demain, puisse être au second tour et même l'emprunter dans une élection présidentielle.
Mais rien ne sera possible si nous nous radicalisons, si nous nous concentrons sur un socle électoral qui serait plus étroit à chaque jour. La seule façon de gagner, c'est d'arriver, au contraire, à élargir ce qui avait été entrepris au mois de juin, faire en sorte que chaque jour davantage de Françaises et de Français se reconnaissent dans les combats qui sont ceux de la gauche. Et c'est ainsi que nous l'emporterons. Je reviens au contexte. Je reviens au contexte international cette fois. Pour parler de l'Ukraine, dire que nous espérions une guerre courte, nous espérions une guerre dans laquelle les Ukrainiens puissent reprendre le dessus dans leur contre-offensive.
Malheureusement, nous assistons au contraire à un enlisement. J'entends même des gens dire que désormais, Vladimir Poutine pourrait considérer qu'il a repris l'avantage, y compris dans l'opinion publique russe, en dépit des milliers de morts qu'il a à subir. C'est une guerre qui, bientôt, aura deux ans d'âge et dont nous ne savons pas quand elle s'interrompra.
Le contexte international, c'est aussi cette épuration ethnique qui a été réalisée sur le plateau du Haut-Karabakh, qui a fait peu de bruit, parce qu'il n'y avait ni pétrole, ni gaz, qu'il n'y avait qu'une population pauvre qui cherchait à vivre selon sa culture, selon son histoire, et qui, malheureusement, a été chassée par un dictateur alief, le dictateur azerbaïdjanais. Et, évidemment, il y a aussi ce contexte très particulier que nous connaissons depuis le 7 octobre avec la reprise d'une guerre entre Israël et le Hamas. Je veux ici rappeler nos positions. Elles ne sont pas les plus simples à tenir.
Je vois dans la rue des gens qui m'interpellent, dans ma permanence, des gens qui viennent me voir, et qui, chacun, portent une réalité ou une option différente. Et je leur dis ce que nous avons, nous, soutenus socialistes. Le 9 octobre, nous étions dans la rue en soutien avec au peuple israélien qui venait de vivre le martyr. Qui n'avait jamais connu depuis la Seconde Guerre mondiale une tête aussi grave. Qui n'avait jamais eu à subir ce qu'il a subi. Avec des hommes, des femmes, des enfants tués juste parce que juifs. Et qui n'avaient rien demandé.
Ou plus exactement, qui, pour une part d'entre eux, étaient précisément ceux qui, semaine après semaine, se battaient contre le gouvernement Netanyahou. qui plaidaient pour la paix, pour une solution pacifique, pour permettre au peuple palestinien de trouver sa place dans cette région. Et c'est la raison pour laquelle nous avons pleuré avec eux leur mort. Mais, dès le 10 octobre, lorsqu'à la tribune de l'Assemblée, la présidente Yaël Braun-Pivé a cru pouvoir annoncer un soutien inconditionnel de la France à l'État d'Israël, nous avons pris la parole. Et en votre nom, j'ai dit que nous soutiendrons de manière totale toutes les démocraties et Israël en premier lieu.
mais dans le respect du droit international, qui ne peut pas être bafoué. Parce que c'est ça, la vertu des démocraties, de ne jamais répondre de manière indiscriminée, disproportionnée et d'utiliser les âmes de l'adversaire. C'est la raison pour laquelle nous avons aussi marché en soutien à Cessez-le-feu. Pour que les combats s'arrêtent à Gaza. Pour que le siège s'interrompe. Et que dans le même temps, les otages détenus par le Hamas puissent être libérés. Nous n'y aurons rien de cette difficulté à tenir les deux bouts de la chaîne. A continuer à dire aux uns et aux autres que nous sommes non pas à équidistance, mais que nous cherchons à maintenir la parole historique de la France.
Une parole qui est une parole de paix. Une parole qui est une parole qui permet de chercher une voie fragile pour une solution à deux États. Nous avons aussi marché contre l'antisémitisme. Y compris alors que nous savions que l'extrême droite était dans la rue. Non pas pour les blanchir. Évidemment pas. Nous savons ce qu'ils sont. Et je le dis il y a cinq minutes. Nous savons qu'ils n'en ont même pas fini avec l'antisémitisme. Mais parce que ce n'est pas l'extrême droite qui nous dicte notre position. Et ce n'est pas parce qu'ils sont dans la rue que nous n'y sommes pas. Parce que nous savons aussi que nos concitoyens français, juifs, ont aujourd'hui à subir un retour de l'antisémitisme.
Et que nous ne pouvons pas l'accepter. Que nous ne pouvons pas accepter que sur notre sol, il y ait des gens parce que de confession ou de culture juive puissent être aujourd'hui menacés dans leur existence. Mais là aussi, j'entends des gens qui nous disent deux poids, deux mesures. Mais non pas deux poids, deux mesures. Nous avons aussi marché le week-end dernier contre le racisme. Et même la banderole que nous avons utilisée pour manifester avec le reste de la gauche, avec ceux qui étaient venus lors de cette manifestation contre l'antisémitisme, elle disait bien les choses contre l'antisémitisme et contre toutes les formes de racisme.
Parce que nous n'avons jamais considéré qu'il y avait un racisme particulier contre lequel il faudrait se battre, l'antisémitisme, et un autre racisme, celui qui frappe notamment nos compatriotes de confession musulmane, qui serait l'un tolérable et l'autre pas. Non, nous avons toujours lié les deux. Et nous n'avons jamais dévié de notre route. C'est ce qui fait notre spécificité. Nous n'avons cherché à instrumentaliser personne, aucun conflit, ni même jamais chercher à nous rallier les voix des uns et des autres. J'entends les uns dire qu'il y a de l'électoralisme chez les uns. Les autres répondent mais regardez ce que vous faites chez les autres.
Nous n'avons été électoralistes avec personne. Et il est possible qu'il y ait des gens qui soutiennent aujourd'hui ce qui se passe dans la bande de Gaza et qui nous enveuillent. D'autres qui, au contraire, pensent l'inverse et qui nous en veulent aussi. Mais la force de ce que nous sommes, c'est précisément d'avoir tenu les deux bouts de la chaîne, de ne pas avoir lâché la position historique, celle de François Mitterrand, celle qui permet justement de trouver une voie pour la paix. Elle est fragile. Et je le dis aussi, après ce que nous avons connu ces quelques jours de trêve humanitaire, je le dis aussi en notre nom, nous appelons plus que jamais à un cessez-le-feu.
Il n'est pas possible d'avoir un siège qui se prolonge, qui frappe des milliers de femmes, d'enfants, d'hommes, civils, qui n'ont rien demandé. Si nous avons précisé le 7 octobre que nous faisions face non pas à une armée de libération, le Hamas, mais à un groupe terroriste, c'est précisément aussi pour dire que la population palestinienne est aussi victime elle-même de ce groupe terroriste qui la terrorise aussi. On nous dit qu'il y a des boucliers humains.
Précisément, si ce sont des boucliers humains, nous ne pouvons pas accepter de considérer que parce qu'ils sont instrumentalisés, utilisés par le Hamas, nous pourrions nous-mêmes en faire des cibles ou considérer qu'ils sont des dommages collatéraux. Ce n'est plus possible ce qui se passe à Gaza. Je le dis avec la force et l'émotion qui va être celle de l'humanité entière. On ne peut pas laisser mourir des enfants. Avoir ces images jour après jour insupportables de ces enfants qu'on déterre, de ces enfants qui ont à peine connu, qui ont à peine fait leur premier pas et que l'on voit transporter dans les bras de leurs parents.
Ces hôpitaux qui ne fonctionnent plus où on opère sans avoir même d'anesthésie. J'étais il y a quelques jours avec une ONG israélienne qui oeuvre dans la bande de Gaza et qui nous disait qu'il y a eu depuis le début du conflit non seulement ces morts que nous dénombrons mais il y a eu entre 700 et 900 amputations d'enfants d'un ou plusieurs membres. Je voudrais que chacun se représente ce que ça veut dire la souffrance de ce peuple aussi aujourd'hui. Et comment trouverons-nous un chemin pour la paix quand eux-mêmes n'auront qu'une soif celle de se venger ?
Alors oui cessez le feu immédiat une solution de paix et évidemment des armements du Hamas faire en sorte que tous les otages reviennent qu'ils puissent retrouver aussi leur maison leur foyer parce qu'il n'est pas normal d'utiliser ces peuples ces otages pardon pour en faire les otages pour en faire tout simplement la la contrepartie d'un échange diabolique.
Voilà chers camarades ce que je voulais dire sur cette situation parce que c'est notre humanité qui est en cause et je veux saluer Pedro Sanchez qui est la voix en Europe qui continue à marquer à dire au monde arabe que nous sommes effectivement pour ne jamais laisser tomber le peuple palestinien mais ne jamais non plus accepter l'idée qui est l'idée portée par le Hamas qu'il pourrait y avoir une Palestine qui aille de la mer au Jourdain qui soit une Palestine qui nie le droit à l'existence de l'État d'Israël voilà ce que porte Pedro et voilà ce que nous portons avec lui aujourd'hui en Europe et évidemment le débat européen sera l'occasion d'exprimer une vision du monde longtemps le débat européen a été un sujet de conflit entre nous mais dès 2018 pour la première fois depuis le traité constitutionnel européen qui nous avait beaucoup divisé nous avons approuvé à l'unanimité notre projet européen 5 ans plus tard c'est de nouveau le cas et je veux à mon tour remercier le comité de pilotage qui a travaillé en bonne intelligence autour de Nora de Christophe mais aussi de Philippe de Jean-Marc de Céline et de tous ceux que je vais oublier forcément et qui ont permis d'aboutir à un texte que je crois extrêmement solide et précieux pour la suite je vais y revenir je crois aussi si on croit les interventions qui m'ont précédé que la délégation que nous formons depuis 5 ans avec Place Publique avec Raphaël avec Aurore ne pose désormais plus problème à personne et que la figure contestée de Raphaël est aujourd'hui plébiscitée c'est une satisfaction non pas d'avoir eu raison trop tôt mais que la raison l'emporte sur les passions ou les divisions parfois surjouées nous avons à travers ces convergences l'occasion d'affirmer d'une même voix ce que nous portons pour l'avenir de l'Europe le programme que nous venons de valider et qui a été approuvé largement par nos militants n'est pas un filet d'eau tiède à bien des égards il propose une véritable révolution au sens où il bouscule le ronronnement libéral des institutions européennes tout à l'heure Christophe a parlé des ruptures que nous devions engager oui rupture face à des conservateurs qui eux prônent c'est même le sens du mot conservateur prônent la stabilité ils ont même inventé un pacte pour cela stabilité qui fige les rapports de domination qui interdit le changement et la prise en charge des grands défis auxquels nous devons faire face et donc nous proposons de rompre avec l'immobilisme nous proposons de changer de boussole parce qu'une brèche effectivement s'est ouverte au cours des dernières années on parle souvent et même nous avons intériorisé cette idée qu'il y aurait aujourd'hui en Europe une crise du modèle social-démocrate la réalité c'est que la crise que nous vivons n'est pas une crise de la social-démocratie elle est une crise du modèle libéral c'est le modèle libéral qui est en crise aujourd'hui sur le plan écologique sur le plan du travail sur le plan même démocratique et c'est les solutions social-démocrates qui ont permis de tenir dans des périodes de crise je pense à la période de crise sanitaire je pense au New Green Deal qui est aujourd'hui qui a été porté par Franz Timmermans socialiste hollandais n'y voyait aucune allusion nationale je parle bien des Pays-Bas et donc nous avons là une chance une opportunité qui ne peut pas se refermer je l'ai dit sur la vaccination sur le plan de relance sur la suspension du pacte de stabilité sur le Green Deal sur la taxe carbone aux frontières sur le devoir de vigilance des multinationales il y a quelque chose qui s'est produit même alors que nous n'étions pas majoritaires au Parlement européen nous avons réussi parfois à gagner des combats à introduire des nouveautés qui ont permis de tenir dans ces crises et donc la question maintenant est de savoir si dans cette brèche nous allons y mettre plus qu'un pied y mettre une jambe un bras et réussir à faire basculer l'Europe sur un autre modèle il est là l'enjeu il est là l'enjeu et ce débat là nous devons l'avoir avec les autres socialistes européens avec l'ensemble de la gauche et avec l'ensemble des peuples européens la droite elle veut refermer cette parenthèse au plus vite revenir au statut quo hanté et pire sous la pression de l'extrême droite elle a maintenant un rapport pathologique à l'immigration ce que nous vivons en France dans le débat sur l'immigration nous allons le revivre exactement de la même manière pendant tout le débat sur le parlement européen nous allons revivre aussi son rejet de l'écologie qui est toujours présenté comme punitive comme s'il n'y avait pas d'autre moyen de faire comme si on ne pouvait pas justement allier écologie et sociale mais quand on ne veut pas de sociale difficile de présenter l'écologie autrement que comme punitive leur antiféminisme qui là aussi ressurgit sous ses formes les plus caricaturales à l'est de l'Europe en Italie et c'est là que nous devons porter évidemment non seulement la constitutionnalisation au niveau national de l'IVG mais au plan européen avancer sur cette fameuse clause de l'européenne la plus favorisée faire en sorte que nous ayons et nous y reviendrons je ne m'étale pas maintenant parce que nous avons une convention samedi sur le sujet mais faire en sorte que nous puissions effectivement offrir aux femmes européennes un avenir qu'elles n'ont encore pas conquis aujourd'hui et évidemment une droite qui reste insensible aveugle aux désastres sociaux ils veulent maintenir le pacte de stabilité nous nous voulons face à ce pacte de stabilité offrir une boussole de progrès je ne sais pas si l'expression tiendra jusqu'à l'élection européenne mais elle dit bien ce que nous voulons faire dans le texte une boussole plutôt que des critères qui nous tirent toujours plus bas qui nie y compris le droit de la nature qui nie les droits des hommes qui nie les combats que nous portons et donc une boussole de progrès qui elle fixe ses objectifs et en fonction de ses objectifs permet de définir quels sont les moyens pour y parvenir trois objectifs principaux centraux la transition écologique le progrès économique et social partagé la souveraineté européenne avec une déclinaison ensuite dans les différents états-nations avec des contrats d'objectifs nationaux de trois ans à quinze ans permettant d'évaluer pour chacun d'entre eux dans le semestre européen à chaque fois la possibilité d'évaluer leurs évolutions leur capacité de dire ces objectifs et à faire en sorte que donc désormais le budget des états soit examiné non pas seulement à l'aune de critères financiers mais aussi à l'aune d'objectifs écologiques humains chaque proposition de la commission devra aussi désormais être étudiée avec une étude d'impact qui soit en fait qui évalue la capacité des projets de la commission à tenir les objectifs qui sont fixés aux européens avec des moyens nouveaux des moyens qui sont ceux bien sûr d'un investissement public je vais y revenir dans un instant mais d'abord d'investissement privé en imposant à l'investissement privé des ratios pour l'investissement écologique et social on parle de 500 milliards par an pour tenir la transition écologique il faudra que tous les acteurs privés et publics s'y mettent il n'est pas possible de considérer comme c'est le cas aujourd'hui quand je vois la planification indigente lancée par Elisabeth Borne en France c'est évidemment très insuffisant c'est même pas insuffisant c'est même l'assurance que nous ne tiendrons aucun des objectifs fixés je vois les rapports du GEC se succéder je vois les COP se succéder et je vois surtout qu'à chaque fois on réévalue l'objectif on avait dit 1,5 degré maintenant on dit c'est peut-être 4 degrés et maintenant on dit c'est plus tellement seulement l'interruption de ce processus qu'il faut envisager mais d'abord arriver à fixer les conditions de résilience de cette société en gros maintenant qu'on n'arrive plus à limiter l'augmentation de la température il va falloir trouver le moyen de climatiser mais non ce n'est pas ce qu'il faut faire évidemment ce n'est pas le monde dans lequel nous voulons laisser vivre nos enfants et celles et ceux qui en survivront et donc nous devons imposer des moyens importants modifier les statuts de la BCE planifier les investissements publics et évidemment évidemment j'en viens à ce qui fait toujours peur aux libéraux oui un paquet fiscal un paquet fiscal qui ne doit faire peur à personne s'il y a y compris des gens qui pensent que les patrons ont aussi une conscience qu'ils peuvent avoir aussi un moment un esprit civique alors ils doivent comprendre et s'ils ne le comprennent pas tant pis mais ils doivent comprendre que nous allons évidemment prendre l'argent là où il se trouve et d'abord chez les super riches et d'abord sur les super profits et d'abord sur l'argent qui continue à polluer et que nous ferons en sorte que tous les projets qui sont les projets les plus polluants et bien soient interdits de séjour nous ne pouvons pas continuer à expliquer au monde entier qu'il faut faire des efforts en la matière et soutenir comme c'est le cas aujourd'hui du président de la république soutenir le projet ICOP que vous connaissez tous ici et qui va être l'occasion d'un saccage environnemental pour 20 années alors des objectifs des moyens et des résultats aussi on me dit que je suis trop long alors je m'interromps mais une Europe bouclier une Europe bouclier et effectivement une Europe bouclier au quotidien toucher le coeur des français leur dire que ce que nous allons proposer n'est pas simplement une vue de l'esprit mais leur parler effectivement du tarif de l'énergie leur dire comme c'était dit avant moi que nous allons réglementer à nouveau le tarif de l'énergie pour les particuliers pour les PME pour faire en sorte que nous ne soyons plus dépendants de règles qui font que la vie est chaque jour plus chère faire en sorte aussi je prends cet exemple là parce qu'il fait partie de ce que de l'acquis de la commission européenne nous avons un commissaire européen Nicolas Schmitt qui se bat depuis des années pour faire en sorte que les travailleurs des plateformes puissent enfin être reconnus comme salariés puissent avoir enfin les droits des travailleurs salariés et bien c'est en France le président de la république et sa majorité qui s'y oppose et bien dans l'élection européenne nous allons tout faire pour que cette directive voit enfin le jour et qu'il n'y ait pas de possibilité de retour au tâcheronnage au 21ème siècle voilà ce que nous allons défendre ardemment dans cette campagne alors oui je finis par les crises qui ont ouvert les premières brèches et la victoire des socialistes et de la gauche elle est possible cette fois-ci nous sommes à 33 sièges de derrière les conservateurs 33 sièges alors évidemment ils ne seront pas tous conquis en France mais nous comptons sur toutes celles et ceux qui continuent à se battre partout en Europe 33 sièges la victoire elle est possible nous pouvons demain dominer le Parlement européen et si nous ne dominons pas alors ce sera la droite qui le dominera avec l'extrême droite et nous aurons tous les reculs à craindre et à supporter alors ça vaut le coup de se battre dans cette campagne je souhaite que chacune et chacun se mobilise que nous puissions non pas la limiter à quelques débats télévisés à quelques moments avec quelques meetings mais que nous en fassions une campagne d'éducation populaire que nous allions voir dans chaque ville dans chaque village partout en France celles et ceux qui s'interrogent sur les conditions dans lesquelles notre avenir peut être assuré par l'Union européenne je veux que nous puissions arriver avec nos powerpoints avec nos tracts avec tout ce que vous voulez avec nos écrans tout ce qui permettra à chacun de comprendre ce qu'est l'Europe et ce qu'elle peut encore apporter parce que nous sommes profondément convaincus quel est le niveau pertinent pour gagner demain sur les grands enjeux je veux aussi vous dire parce que les sondages ne sont pas si mauvais qu'il ne faut pas non plus que nous cédions à l'euphorie nous avons un travail immense à fournir il n'est pas à dire de penser que nous pouvons faire plus que les 9% qui nous sont annoncés mais il n'est pas à dire de penser non plus qu'avec une campagne qui serait une mauvaise campagne où nous ne serions pas compris où nous considérerions que nous pouvons vivre sur nos acquis et nos lauriers nous pourrions aussi passer à nouveau en dessous de cette barre et donc je souhaite que dans les prochaines semaines qui vont nous séparer du moment où nous aurons le lancement de cette campagne la grande convention qui a été tout à l'heure appelée de ses voeux par Philippe et que je partage qui sera le moment où nous exprimerons là face aux Français l'ensemble de nos propositions et nous dirons quelle est notre volonté et bien je souhaite que dans l'intervalle il y ait un comité de pilotage qui se mette en place dès la semaine prochaine avec celles et ceux qui ont un apport qui peuvent apporter quelque chose que nous puissions définir tout ce qui peut faire une campagne je veux que nous ayons écrit jusqu'aux threads qui permettront dans la campagne d'annoncer ce que nous faisons je veux que tout soit prêt le moment venu que nous puissions partir en campagne sans jamais nous arrêter sans temps mort que nous puissions avancer jusqu'au 9 juin sans nous arrêter que nous tirions les leçons des campagnes précédentes notamment de la campagne européenne dernière que nous puissions être à l'auteur de cette responsabilité historique qui était décrite responsabilité historique par rapport à la gauche je n'y reviens pas par rapport à la construction européenne elle-même et par rapport au monde aussi parce que dans l'intervalle parce que dans les 5 prochaines années il n'est pas impossible aussi que Trump revienne au pouvoir que les États-Unis soient à nouveau gouvernés par la folie d'un homme et par cette extrême droite qui ne dit pas tout à fait son nom aux États-Unis mais qui malgré tout a tous les comportements des nationalistes et des populistes et donc il faut des repères pour le monde il faut qu'il y ait une force qui puisse discipliner aussi le monde et faire en sorte que cette force-là soit l'Europe et donc elle est là notre mission et c'est la raison pour laquelle je veux une campagne d'affirmation une campagne qui ne soit pas une campagne de dénigrement des voisins mais une campagne qui affirme ce que nous voulons ce que nous sommes ce que nous portons et qui soit une campagne à la fois d'incarnation à travers celui ou celle mais enfin le suspense est assez modeste donc disons celui qui incarnera la campagne mais aussi une campagne qui soit non seulement incarnée mais avec un projet qui soit porté et puis aussi une marque la nôtre qui soit à nouveau à l'honneur qui soit portée avec fierté qui soit portée unanimement par chacune de chacun d'entre nous et c'est comme ça que le 9 juin nous donnerons rendez-vous à l'espoir merci
nous prenons donc cette convention Europe et nous démarrons immédiatement le Conseil national et je cède la place à sa présidente Hélène Geoffroy qui est en visio merci Corine j'espère que vous m'entendez
Olivier Faure