Edition spéciale : interview de Ségolène Royal
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] madame monsieurs bonsoir la campagne officielle du second tour l'élection présidentielle sera close ce soir à minuit ce qui signifie qu'il s'agit ce soir de la dernière intervention télévisé de sgolen royale qui n'a pas pu être présente sur notre plateau et pour cause puisque la candidate tient un dernier meeting ce soir à Brest bonsoir madame Royale je précise que vous avez tenu à à répondre à nos questions depuis Brest Madame Royale selon oui bien sûr parce que je suis oui oui donc nous l'AV dit je suis à BR justement avec un grand meeting de de 20000 personnes tout à l'heure selon les T derni je suis très heureuse de pouvoir parler avec vous nous aussi selon les T derniers sondages Madame Royale Nicolas sarzi et qu assuré de gagner cette élection présidentielle c'est goen royal ces sondages entam-t-ils votre morale non je trouve même indécent que l'on puisse considérer que l'élection est faite à cause des sondages et je trouve indécent d'ailleurs un certain nombre de de déclarations du du candidat de la droite il a dit l'un de ses proches que les carottes étaient cuites ce que je trouve à la fois inélégant et méprisant pour les électeurs on sait ce que donnent les sondages avant les scrutins on l'a vu dans les années précédentes et je veux dire aux électeurs de venir voter massivement de ne pas se laisser manipuler par ces sondages d'abord il y a encore 30 % d'électeurs indécis et je crois que dans une démocratie vivante et moderne il faut laisser le dernier mot au peuple français qui va bientôt décider quel sera demain le nouveau visage de la France vous dites depuis plusieurs jours que si Nicolas Sarkozi est élu il sera une menace pour la démocratie en quoi ce candidat peut-il être un danger pour la République française je ne suis pas la seule d'ailleurs à le dire François Baayou l'a dit avec des mots encore plus durs certains Français aussi le disent aujourd'hui lorsqu'ils observent la violence verbale du candidat on sait que la situation par exemple est extrêmement fragile dans les quartiers populaires et lorsque Monsieur Sarkozi fait encore actuellement acclamer le le mot de carcher dans ces meetings je crois que c'est très imprudent parce qu'on sait que ce sont avec les mots du mépris que l'on crée des frustrations et et des violences et je pense que ce n'est pas là le vocabulaire d'un candidat à l'élection présidentielle qui souhaite incarner l'unité de la République et c'est pourquoi je dis que dans cet enjeu il y a en effet un risque et donc je veux moi maintenir l'unité de la République rassembler les quartiers populaires comme les centr-villes les l'urbain comme le rural l'ensemble des générations les hommes et les femmes je crois que le moment présidentiel c'est le moment contraire d'un grand rassemblement et que la France a besoin d'apaisement pour être réformé sans brutalité je me demande aussi pourquoi autant de haine contre mai 68 il a dit qu'il fallait à plusieurs reprises id mes 68 vous savez je crois que l'histoire de France ne peut pas être liquidée chaque période a eu ses moments d'avancé ces moments aussi de recul mais dans chaque période de l'histoire il y a des leçons à tirer pour l'avenir et moi la leçon que je retire c'est que dans une société bloquée pour la débloquer pour la faire avancer et bien il faut parler avec tout le monde c'esten royal dans une dans une campagne c'estgolen royale dans une campagne et surtout juste avant le second tour on sait très bien que il y a de la tension dans la campagne mais tout de même quand vous dites de Nicolas Sarkozi qu'il est le candidat de la division le candidat de l'ombre est-ce que ce n'est pas tout de même une forme de diabolisation de votre adversaire non je me suis toujours refusé à diaboliser mon adversaire qui n d'ailleurs pas un adversaire au sens guerrier du mot c'est un partenaire du débat démocratique d'un beau débat démocratique et en même temps il est de ma responsabilité aussi de poser sur la table l'opposition entre un certain nombre de valeurs le choix de société qu'il y a devant nous moi je n'ai jamais opposé les Français les uns contre les autres je propose au contraire une société du compromis social je pense en particulier que l'efficacité économique de nos entreprises comme celle que je viens de visiter Armor luxe à qu'impère qui est une société pourtant une entreprise dans le domaine textile qui est un domaine difficile très concurrent et qui pourtant est extrêmement performante pourquoi parce que elle entretient des relations sociales exemplaires avec ses salariés et au moment où l'entreprise a des marchés ou doit faire face à des difficultés et bien les salariés se serrent les coudes acceptent la polyvalence font du travail en équipe et en contre-partie lorsqu'il y a des bénéfices ceux-ci sont équitablement répartis voilà la société que je veux construire comment je veux débloquer l'économie par des compromis sociaux c'est-à-dire là où chacun donnera le meilleur de lui-même dans un climat apaisé est-ce que tout de même ce n'est pas d'une certaine façon Madame Royal opposer la moitié des Français contre l'autre moitié au contraire vous avez vu que j'ai même pris l'initiative d'avoir un dialogue un débat avec François baayrou ce débat a été traité avec beaucoup de mépris et beaucoup de condescendance avec des mots même qui ne sont pas correct et pas poli par Nicolas Sarkozi je le regrette je crois dans que dans une dém oce moderne il faut parler avec tout le monde moi je ne fais pas seulement le dire je le fais et demain je rassemblerai une large majorité c'est-à-dire que je prendrai les bonnes idées là où elles se trouvent parce que justement un pays qui est dans la confrontation bloc contre bloc 50 % contre 50 % c'est un pays qui perd donc il faut élargir les choses prendre les bonnes idées là où elles sont essayer tout ce qui marche de façon très opérationnelle très concrète très is très rassurante et je crois que c'est comme cela que l'on remet le pays en marche et qu'on le sort à la fois du problème de la dette en relançant la croissance et en même temps en rassurant tous ceux qui veulent accéder à un emploi parce que ce sera mon combat principal et en particulier la bataille pour l'emploi des jeunes avec la mise en place immédiate dès mon élection des 500000 emplois tremplins pour les jeunes pour leur redonner un espoir comment expliquez-vous C Goolen Royal que en cette fin de campagne au fond ce soit votre adversaire Nicolas Sarkozi qui incarne la réforme et le changement alors que au fond il a été 5 ans au gouvernement est-ce que là c'est pas une forme d'échec de votre campagne je ne crois pas qu'il incarne le changement en tout cas pas celui dont la France a besoin je pense qu'il incarne un recul en arrière lorsqu'il propose par exemple un des paradis fiscaux ou des des des avantages fiscaux euh pour les plus riches comme il l'a répété l'autre jour lorsque l'on voit une riche héritière recevoir un chèque de 7 million d'euros à cause de son bouclier fiscal lorsque l'on voit les écarts de rémunération lorsque l'on sait qu'il a été recommandé par le MDF comme le candidat soutenu par cette organisation lorsque l'on sait tout cela lorsque l'on voit aussi qu'il promet des déremboursements de soins alors que l'accès aux soins notamment pour les personnes âgées pour les personnes handicapées est aujourd'hui vraie préoccupation moi je dis que je maintiendrai la sécurité sociale intacte et même je la renforcerai en créant une 5ème branche de la sécurité sociale pour prendre en charge les problèmes de vieillissement et du handicap et que dès mon élection je revaloriserai les petites retraites car aujourd'hui il y a beaucoup de pauvreté chez les petits retraités je vois de plus en plus de femmes en particulier qui ont de très petites retraite et qui ne font plus qu'un repas par jour alors ce n'est pas en creusant les inégalités oui pourra résoudre ce type de problème bien au contraire il y a trop de riches d'un côté et trop de pauvres de l'autre moi je crois qu'une France qui se relève c'est une France plus juste c'est goen royal prenons un autre exemple celui du dossier des retraites des des 35 he vous promettez le changement mais en même temps vous ne dites pas concrètement comment puisque vous renvoyez aux partenaires sociaux vous n'avez pas le sentiment de de de beauté en touche alors que ce dialogue social oui pas du tout au contraire je crois que c'est c'est une façon moderne et efficace de présider un pays on a vu l'exemple du CPE qui avait été voté de force à l'assemblée par le 493 les manifestations auxquelles cela a donné lieu des grèves aussi contre le CNE dans certaines entreprises et moi je crois que lorsqu'un pays est obligé de manifester de faire des grèves c'est le pays tout entier qui perd lorsque j'entends le le responsable de la CGT dire à Nicolas Sarkozi qu'il n'est pas question je le cite de négocier le pistolet sur la tempe parce que que le candidat de la droite a eu des déclarations très brutales sur la réforme des régimes de retraite ou sur le service minimum je pense que c'est dangereux pour un pays cette confrontation cette brutalité moi je veux réformer sans brutalité en faisant dialoguer les partenaires sociaux tous les pays d'Europe qui réussissent qui gagnent qui ont refait de la croissance qui exportent sont des pays on n pas réussi jusqu'à présent en France on n pas réussi en France jusqu'à présent lo nous avons posé exactement et bien moi je je réussirai je réussirai cela pourquoi parce que les partenaires sociaux je les ai déjà tous rencontré et je sais que j'aurai leur confiance et je leur ai garanti le respect du dialogue social l'État sera présent et ensuite le Parlement vient concrétiser ce que les partenaires sociaux ont décidé et donc sur les 35 heur les partenaires sociaux discuteront par branche s'ils ne se mettent pas d'accord il n'y aura pas de loi de généralisation et de la même façon les partenaires sociaux discuteront des politiques salariales pour que ce ne soit pas les entreprises de main d'œuvre qui prennent de plein fouet la hausse des salaires mais bien au contraire que ce soit réparti entre les prélèvements sur le capital et les prélèvement sur le travail qui doivent être beaucoup plus justes est-ce que cette démocratie sociale cgolen royale ne peut pas conduire d'une certaine façon à une certaine forme d'impuissance de l'État si les partenaires sociaux ne se mettent pas d'accord par exemple sur les 35 heur ou sur les retraites qu'est-ce que vous faites vous laissez tomber non s'ils ne se mettent pas d'accord à ce moment-là la loi peut intervenir elle peut généraliser ce qui fonctionne bien et puis je pars du principe que si dans le cadre d'un nouvel état d'esprit de compromis social les partenaires sociaux auront à défendre l'intérêt général et que l'État sera présent pour faciliter ses négociations c'est ce que font tous les pays modernes ceux qui nous entourent l'Allemagne et qui a réussi ussi à à rétablir son commerce extérieur les pays du nord de l'Europe qui ont reconquis des taux de croissance très importants et bien dans tous ces pays les salariés sont membres des organismes de direction des entreprises et sont capables avec la direction des entreprises et en partenariat avec les pouvoirs publics de nouer des accords et des compromis sociaux qui font que tout le monde va de l'avant au lieu de s'opposer de faire des grèves et de perdre des points de croissance tout le monde se met d'accord pour défendre l'intér général de l'entreprise et les salariés jouent le jeu parce qu'ils savent que lorsqu'il y a des profits ces profits sont équitablement répartis voilà la nouvelle donne les nouvelles règles du jeu le gagnant gagnant que je veux pour la France demain et non pas les affrontements brutaux c'esten Royal François Baayou a dit qu'il ne votera pas au second tour pour Nicolas Sarkozy pour autant il ne dit pas qu'il votera nécessairement pour vous il entretient un flou que vous regrettez ce soir non je ne le regrette pas moi j'étais très heureuse de dialoguer avec lui parce que c'est un homme de conviction je respecte je le respecte contrairement au mots de de mépris qu' a eu pour lui Nicolas Sarkozi je crois que dans une démocratie il faut savoir se parler travailler ensemble je respecte aussi le message qu'on donné ces électeurs et en particulier ils sont très soucieux de l'impartialité de l'État je crois qu'il est temps de sortir d'un système où le pouvoir est concentré entre les mêmes mains le pouvoir politique le pouvoir financier certains pouvoirs médiatiques aussi on le voit en ce moment donc il faut sortir de cet esprit de de système et de concentration des pouvoirs et puis il faut aussi lutter contre la dette je crois que c'est le message aussi important qui a été donné et enfin il faut que au sein de chaque décision publique ce soit toujours les valeurs humaines qu'il Orte sur les valeurs financières et ça ce sera ma règle de conduite ma morale publique les règles aussi du de vérité du discours politique et et vous avez eu le sentiment c'esten Royal notamment pendant votre débat d'avoir séduit les électeurs de François baayrou du premier tour j'espère en avoir non pas séduit mais mais convaincu un grand nombre euh d'abord par ma capacité d'ouverture d'esprit par le fait d'avoir accepté ce dialogue ce dialogue qui se poursuivra demain parce que je crois qu'il faut une rénovation profonde euh de la vie politique je crois aussi qu'ils ont été euh intéressés et et que les idées vers lesquelles j'ai convergé avec eux notamment celles que je viens d'évoquer ont pu je le pense les convaincre mais n'avez-vous pas eu le sentiment d'avoir égaré quelque peu les les électeurs en créant une certaine confusion en disant un jour que Arlet lag guuillet José Bovet étaient des gens formidables euh et que François Baayou pouvait être un un un premier ministre potentiel pourquoi ce mépris aussi j'ai entendu le discours ce que vous venez de de dire dans le dans la bouche de Nicolas Sarkozi pourquoi ce mépris à l'égard d'Arlette Laguiller ou ou d'Olivier besanen chaque responsable politique notamment quelqu'un comme Arlette Laguiller qui a donné sa vie à son idéal chaque responsable politique n'a pas forcément raison surt mais il peut y avoir une ou deux idées une ou deux valeurs auxquels on peut que l'on peut mettre dans le pot commun de la réflexion collective et c'est cela que je fais je ne prends pas en bloc tout ce qui est dit mais je suis par exemple sensible à tous les problèmes de l'altermondialisme parce que je crois qu'il faut un monde plus juste à l'échelle de la planète c'est aussi notre intérêt pour mettre fin aux migration de la misère et aux immigrations irrégulières je pense que nos vies valent plus que les profits je pense qu'il faut respecter les salariés dans l'entreprise ça ce sont des messages qui ont été donnés par la gauche antilibérale et puis je pense que du côté du centre il y a des idées valables aussi et en particulier celles concernant la réforme des institutions ou l'état impartial ou le refus de voir se concentrer tous les pouvoirs entre les mains d'un seul c'est goen royal dimanche soir ce sera le verdict des urnes que que qu'avez-vous envie déjà quel que soit le résultat de de retenir de de de cette campagne ce que je retiens de cette campagne regardez là aussi aujourd'hui en Bretagne c'est une une ferveur populaire exceptionnel euh une tendresse même j'ai envie de dire avec ces milliers de personnes qui sont dans chaque étape et qui attendent désespérément que quelque chose change dans la France qui attendent un vrai changement pas un faux changement je crois que l'alternance est nécessaire dans une grande démocratie il y a d'un côté un candidat sortant qui est respectable en tant que tel avec une équipe sortante qui sera la même je vois d'ailleurs que les futurs ciel Premier ministre commence à se disputer Matignon ce qui est quand même assez indécent et puis il y a la femme que que je suis une femme libre libre de tout tout dogme de tout toute tout lobby financier ouverte ouverte et apaisante et qui incarne vraiment le changement j'incarne l'alternance et je crois qu'il est bon que tous les 5 ans il y ait une alternance dans un pays c'est un fonctionnement normal d'une d'une démocratie j'espère que les Français vont oser cette alternance avec une femme une candidate justement qui accède au second tour l'élection présidentielle c'est une première he dans l'histoire de de la France parmi les candidat vous êtes celle qui a le plus parlé le plus défendu les femmes or au premier tour vous n'avez pas gagné le vote un vote féminin massif vous en conservez une certaine amertume pourquoi selon vous non parce que je crois que on ne vote pas pour une femme uniquement parce qu'elle est une une femme donc chacun aussi a ses convictions politiques voilà donc je je ne fais pas de critère ça serait du sexisme à l'envers finalement de se dire j'attends par définition le vote des femmes et en même temps je crois que c'est important que le temps des femmes est venu qu' y a peut-être toute une génération de femmes qui a subi l'inégalité des droits qui a subi des difficultés je pense aussi à toutes les femmes seul qui élèvent seul leurs enfants toutes les femmes aussi qui ont élevé leurs enfants qui ont choisi de ne pas travaill traviller et qui se retrouve souvent dans des situations de pauvreté à la fin de leur vie et c'est vrai que je vais bien m'occuper des femmes si je suis élu mais je pense aussi à tous les hommes vous savez quand je défends les politiques familiales je pense aussi au pères j'ai créé par exemple le congé de paternité dans C équ ny juste ma phrase je finis juste ma phrase si vous le permettez penseon arrivé au terme de cette interview dans cet équilibre bien solide de la maison France que je veux entre la famille l'éducation la valeur du travail la reconnaissance de chacun et le respect pour tous les hommes comme les femmes et leur juste place et bien nous sommes arrivés au terme de cette édition spéciale c'estgolen royale nous vous remercions merci Jean-Michel votre prochain rendez-vous avec l'info Le Soir 3 23h présenté par Francis l'éeller passez une excellente soirée à demain [Musique]
François Bayrou