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interviewPublic Sénat· 9 juin 2023 3 min

"Yaël Braun-Pivet a montré qu’elle était la télégraphiste de l’Elysée", accuse Thomas Portes

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Ils votent sur la retraite à 64 ans, mais la constitution a été respectée, dit le gouvernement. Est-ce que pour vous, ça pose un problème démocratique ?

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Thomas Portes

Oui, ça pose un problème démocratique, parce que quand la représentation nationale ne peut pas s'exprimer sur un texte dont le pays ne veut pas, dont des gens sont en grève depuis des centaines et des dizaines de jours, dont des gens ont fait grève partout dans le pays, il faut qu'il y ait une sortie de crise démocratique. Comment voulez-vous que des gens continuent à se calmer et à aller à l'apaisement, comme le proposait Emmanuel Macron, s'il n'y a pas de sortie de crise ? La sortie de crise, ça ne peut pas être circuler, il n'y a rien à voir. On continue jusqu'au bout. Les gens demandent à ce qu'on puisse s'exprimer.

La veille de la niche chiotte, 7 Français sur 10, dans un sondage Elab, on dit qu'on veut que les parlementaires s'expriment. Dans quel pays on vit pour empêcher les parlementaires de se positionner sur un sujet aussi central que la réforme des retraites qui va décaler de 2 ans à l'âge de départ, donc qui va priver de 2 ans de vie, de 2 ans de meilleure vie, les Françaises et les Français de ce pays ? Nous devons pouvoir voter et s'exprimer sur ce texte.

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Présentateur

Alors jeudi, la présidente de l'Assemblée nationale, Yelbron Pivet, a été très critiquée par les oppositions qui lui reproche de s'être opposée à ce vote sur l'abrogation de la retraite à 64 ans. Est-ce qu'elle peut encore présider cette institution, selon vous ?

1:06
Thomas Portes

Je crois qu'elle a montré hier qu'elle était directement la télégraphiste de l'Élysée et qu'elle prenait ses ordres dans le bureau d'Emmanuel Macron pour mettre sous couvert l'Assemblée nationale et empêcher le vote. Yelbron Pivet, elle ne se comporte pas comme une présidente de l'Assemblée nationale. D'ailleurs, dès qu'elle préside les séances, il y a des incidents, ça se passe mal, elle envoie des petites pics où elle reprend les députés de l'opposition, donc elle ne se comporte pas comme une garante de l'institution.

Pourtant, c'est ce qu'elle avait dit dès le début de sa prise de fonction, elle avait dit « Je serai la garante des institutions, je ne suis pas là pour transmettre la parole du président de la République, mais pour assurer le fonctionnement de l'Assemblée nationale. » Ce n'est pas vrai. Mais je veux dire un mot, parce qu'Yelbron Pivet, on ne la découvre pas au perchoir. Il faut se rappeler que sous la mandature précédente, elle était présidente de la commission des lois. C'est elle qui a enterré la commission d'affaires sur Alexandre Bédala en 2018. Commission d'enquête.

C'est elle qui en 2019 a empêché l'ouverture d'une nouvelle commission d'enquête parlementaire suite aux nouveaux éléments sur Alexandre Bédala.

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Présentateur

Ça dit quoi sur elle ?

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Thomas Portes

Et c'est elle qui en ce moment est en train d'empêcher une commission d'enquête parlementaire que nous demandons sur le fond Marianne suite aux révélations concernant la gestion de cet argent public et notamment le rôle de Marlène Chappas. Donc Yelbron Pivet, elle est au service d'Emmanuel Macron, elle n'est pas au service du Parlement. C'est ça qui est très grave. Et ce qui s'est passé hier, ça a été dit, c'est que la séparation des pouvoirs, qui est quand même garante de nos institutions, qui permet la démocratie de vivre, aujourd'hui elle n'existe plus. Emmanuel Macron, il ne peut pas venir à l'Assemblée.

Mais son point d'entrée, il l'a trouvé avec une présidente qui aujourd'hui exécute la voie du monarque présidentiel dans l'hémicycle.