Européennes 2024 : après le discours d’Emmanuel Macron, Olivier Faure (PS) veut saisir l’Arcom
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
– Et notre invité politique ce matin, c'est Olivier Faure, bonjour. – Bonjour. – Merci beaucoup d'être avec nous, député de Seine-et-Marne, Premier secrétaire du Parti Socialiste. On va commencer en parlant de ce discours hier d'Emmanuel Macron, ce long discours d'Emmanuel Macron à la Sorbonne, et cette phrase, notre Europe est mortelle, elle peut mourir. Est-ce que vous aussi, vous pensez que l'Europe peut mourir ?
– Bon, d'abord, sur la forme. Je trouvais curieux que le chef de l'État, à ce moment-là de la séquence, prenne la parole, mobilise les chaînes de télévision, le fasse comme s'il était la tête de liste de sa propre liste, mais sans être décompté. Il y a là déjà un premier sujet, qui est un sujet d'inéquité entre les candidatures, et on voit bien que le chef de l'État est devenu le directeur de campagne, pour ne pas dire qu'il est devenu le candidat lui-même à cette élection européenne, ce qui pose une vraie difficulté.
– Vous allez demander à ce que le temps de parole soit décompté ?
– Moi, je souhaite que le temps de parole du chef de l'État soit décompté, et que les autres listes puissent bénéficier du même traitement. Ce serait là quand même le minimum, parce qu'hier, il n'a rien dit, qu'il n'ait déjà dit, et qu'il fasse en réalité bouger l'Europe. Il n'y avait aucune raison particulière à cette prise de parole, si ce n'est qu'il y a une campagne électorale, et qu'il entend y prendre toute sa part, ce qui est tout à fait respectable.
– Mais vous allez saisir l'ARCOM ?
– Oui, parce qu'en fait, autant il me paraît absolument légitime qu'il prenne la parole, je n'ai pas de problème avec ça, mais il faut après, dans ces cas-là, traiter les candidatures avec équité, et donc faire en sorte que chacun puisse disposer d'un même temps de parole, d'une même exposition, et pouvoir faire en sorte que cette campagne se déroule dans des conditions qui sont celles du libre choix pour les Françaises et les Français, projet contre projet.
– Mais comment vous allez rééquilibrer ? Par exemple, qu'est-ce que vous demandez pour Raphaël Luxemann ?
– Je demande qu'il puisse avoir les mêmes conditions, qu'il puisse avoir lui aussi une heure et demie d'exposition médiatique sur toutes les chaînes, et qu'il ait la possibilité de venir exposer son propre projet et dire, ben voilà, il y a l'Europe de Macron, et puis il y a l'Europe que la gauche porte avec Raphaël Luxemann, et donc je souhaite que ce soit évidemment possible.
– Parce qu'il a déjà fait mercredi soir, c'est en plus qu'il a fait à Strasbourg.
– Oui, alors ce qu'il a fait, tout le monde fait des meetings, simplement aucun n'a l'exposition du chef de l'État, c'est-à-dire qu'aucun n'est retransmis sur toutes les chaînes, aucun n'a le droit à ce traitement de faveur, et je dois dire, aucun n'a aussi les moyens techniques de l'Élysée pour pouvoir occuper un amphithéâtre à la Sorbonne, mobiliser les cartes de CRS pour bloquer les rues, enfin, j'en passe, c'est des meilleurs.
– Donc vous demandez un des comptes du temps de parole, et aussi que les moyens financiers qui étaient mis soient dans les comptes de campagne de Valérie ?
– Absolument.
– Vous demandez les deux. – Et…
– Donc…
Olivier Faure