Patrons et politiques : peuvent-ils ensemble relever la France ? – 27/05
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous êtes bien toujours à Cap PME, à la station OEF, où on va parler de politique et d'entreprise. Et puis on va essayer de voir si on peut, s'ils peuvent, ceux qui sont autour de moi, relever ensemble la France. Je vais peut-être commencer par les chefs d'entreprise qui sont à mes côtés. Marie Sermardiras, entrepreneuse, dirigeante, investisseuse. Bonsoir Marie, merci d'être avec nous. Bonsoir Elvige. Voilà, vous avez un parcours un peu incroyable. Vous avez été membre du comité exécutif de L'Oréal et puis vous avez maintenant, vous dirigez une entreprise.
Alors pas de L'Oréal malheureusement, mais d'une des divisions de L'Oréal. Et j'ai créé plusieurs start-up et j'en ai repris, donc entrepreneur au fond du fond.
Voilà, et avec un NES donc. A vos côtés Jean-Philippe Cartier qui est fondateur de H8 Invest. Bonsoir Jean-Philippe.
Bonsoir Edwige.
Bonsoir. Alors vous, vous êtes investisseur, je crois que vous avez une quarantaine de participations, c'est ça ?
Je suis entrepreneur avant tout. Oui. Je crée une entreprise il y a maintenant plus de 30 ans que j'ai revendue. Et depuis, via mon lending personnel que je dirige, j'investis dans des tas de secteurs d'activité qui vont de la restauration, l'hôtellerie de luxe.
Et vous avez décidé de vous mettre un doigt de pied en politique, non ? On peut dire ça comme ça ?
Un doigt de pied en politique non, parce que juste, encore une fois, quand on entend tout ce qu'on entend, on est obligé nous, chef d'entreprise, d'intervenir dans le débat dans le cadre de l'échéance 2027. Puisqu'on a des entrepreneurs formidables, vous les avez interviewés il y a moins d'une demi-heure, et on a des politiques qui sont beaucoup trop souvent déconnectées de nos réalités. Donc je pense pour la première fois que tous, d'ailleurs, on le voit à travers des tas de mouvements qui sont en train de se créer, on veut absolument faire partie du débat pour que l'économie devienne vraiment un axe extrêmement fort de l'enjeu de 2027.
Peu importe quel sera le candidat final qui finira par gagner cette élection. Donc pour peser, il faut parler et prendre la parole, parce qu'évidemment, on a, Marie et moi-même, puisqu'on travaille sur les mêmes idées, d'autres choses à faire à cette heure-ci, vous imaginez bien.
Vous êtes plutôt libérales, tous les deux, on peut dire ça ?
Plutôt libérales. Non, c'est juste comme ça, mon CEO. Il y a des idées que je partage de M. Ruffin.
D'où vous parlez ?
Ben voilà, parce que, non, non, je pense qu'il ne faut pas tout mélanger. On peut être libéral, et ça veut dire quoi ? Vouloir de la liberté, vouloir pouvoir créer facilement, entreprendre facilement, mais on veut aussi vivre dans un monde social et qui permette de défendre nos salariés. Mon combat, juste pour finir, principal, c'est de pouvoir augmenter, payer mieux nos salariés. C'est avant tout notre sujet numéro un d'entrepreneurs de PME.
Eh ben, ça tombe bien, on va en parler, évidemment. Alors, maintenant, les politiques. Alors, il y en a trois, il y en a trois face à vous. Moi, je suis au milieu. Juste à côté de moi, François Ruffin, député de la Somme. Bonsoir ou bonjour. Bonsoir. Merci d'être avec nous. Candidat éventuellement à l'élection présidentielle ?
Il y a deux candidats à gauche à l'élection présidentielle aujourd'hui. Il y a Jean-Luc Mélenchon et moi.
D'accord, ok. Donc, il est candidat. Donc, c'est bon. Alors, vous, votre fête gloire, puisqu'on parle d'entreprise, c'est ce fameux film. Ça fait tout juste dix ans, c'est ça ? Oui, en 2016. Merci, patron. Donc, c'était sur Bernard Arnault. J'ai envie de dire, c'est ça, en tous les cas, qui, dans l'univers de l'économie, c'est ça qui vous a rendu célèbre, mais aussi en France.
Derrière le mot patron. Enfin, vous savez, le mot patron, c'est comme le mot poisson. Dedans, il y a les requins et il y a les sardines. Et je ne confonds absolument pas les grands patrons de firmes multinationales telles LVMH et le patron de PME dans mon coin, Amiens.
D'accord, comme ça. Christine Lavarde, à vos côtés, sénatrice des Républicains des Hauts-de-Seine. Bonsoir. Bonsoir. Merci d'être avec nous. Vous êtes sénatrice depuis 2017. Vous êtes ingénieure dans le corps des ponts et chaussées. Et à la main, surtout, ce que j'ai regardé, vous faites du triathlon. Vous êtes vice-championne de France par équipe sur le format Longue Distance. Vous avez fait l'Ironman de Roth. Bref, vous êtes une championne toute catégorie. Sur la durée.
Sur la durée, exactement. Vous aimez le long terme. L'éthique sportive a beaucoup à prendre au monde de l'entreprise et au monde de la politique. Mais je voudrais aussi dire que les chefs d'entreprise savent aussi s'engager en politique. Et un exemple, moi, je suis élue aussi locale à Boulogne-Biancourt. Aux dernières élections municipales, on a deux chefs d'entreprise qui nous ont rejoints, dont Jules Simian. C'est un hasard puisqu'il était là juste avant. Et en fait, ils ont beaucoup à nous apprendre parce que gérer une collectivité, c'est comme gérer une PME. Et donc finalement, si je n'ai pas une carrière dans l'entreprise, j'ai l'habitude d'en côtoyer.
J'ai été très heureuse la semaine dernière de passer plus de deux heures à voir les prix des entreprises innovantes des Hauts-de-Seine. Donc on n'a pas forcément ce passé. Mais pour autant, on a des liens naturels entre les politiques et les entreprises, notamment les petites, qui sont la richesse de nos territoires.
Alors, on verra ça tout à l'heure. Alexandre Loubet, vous êtes vos députés Rassemblement National du Tarn-et-Garonne. Bonsoir. Ah bon ? Pas du tout. De la Moselle.
Ah, mais la plus, oui, pourquoi ? Terre d'industrie par excellence.
Absolument, de la Moselle, tout à fait. En plus, terre d'industrie, oui. Enfin, il faut le dire vite. Parce que c'était vrai. C'est un tout petit peu moins vrai maintenant.
Sans lequel jamais la France n'aurait connu l'essor économique qu'elle a pu avoir. Il reste une terre d'industrie, puisque j'ai l'honneur d'avoir dans ma circonscription l'une des plus importantes plateformes chimiques de France, la plateforme de Carlin, dont je salue les industriels, notamment.
Est-ce que vous avez déjà fait un stage en entreprise ?
Oui, je vous remercie, et vous ?
Ah ben moi, oui, beaucoup. De manière très concrète. En plus, moi je travaille dans une entreprise, mais ce n'est pas tout à fait la même, je suis d'accord, ce n'est pas de l'industrie.
Étant donné que vous avez présenté les autres politiques, j'ai eu le plaisir de mener pour le groupe que je représente, le Rassemblement National, une commission d'enquête sur les freins à la réindustrialisation de la France, qui a duré près de 5 mois, avec l'audition de près de 147 personnalités, issues de tous les horizons, à la fois des acteurs industriels comme les acteurs des pouvoirs publics ou même des représentants de start-up, afin d'identifier les principaux freins à la réindustrialisation de notre pays, à la relance économique. Et j'ai la conviction, pour répondre au sujet de cette table ronde, que politique et milieu économique doivent absolument, impérativement, avancer de pair.
Et il revient même aux politiques, non pas de se substituer au monde économique, mais bien de créer des conditions de réussite du monde économique.
Alors moi, ce que je propose, c'est que j'ai posé la question aux deux chefs d'entreprise, qu'est-ce qu'ils attendent des politiques, notamment pour l'élection présidentielle, en quelques minutes, très très rapidement. Et après, je vous demanderai, vous, qu'est-ce que vous attendez ? Parce qu'après tout, est-ce que l'entreprise, quel rôle vous voyez pour les entrepreneurs dans le cadre de cette campagne présidentielle ? Qu'est-ce qu'il peut vous apporter ? Qu'est-ce qu'il peut apporter à la France ? A vous, Marie.
Alors moi, je pense qu'il faut essayer de s'inspirer au maximum des entreprises et des entrepreneurs au quotidien. C'est-à-dire, un entrepreneur a besoin d'une vision. Et on a l'impression que ces dernières années, on n'a pas eu une vision très claire de la direction dans laquelle on allait. Et qui dit vision, dit plan, dit pilier stratégique, dit arbitrage et dit budget. Et ce sont des choses qui nous ont beaucoup manqué, j'ai l'impression, ces dernières années. On a l'impression qu'on ne fait pas d'arbitrage, qu'on a envie de satisfaire, de cocher toutes les cases, plutôt que de renoncer à certaines choses.
On a l'impression que dans la case budget, investissement et dépenses sont mélangés. Un patron qui ferait le mélange entre les deux aurait un véritable problème. Et surtout dans les temps difficiles, on a tendance à couper les dépenses pour essayer d'appuyer sur les investissements. J'ai l'impression qu'on fait le contraire au niveau national. Voilà. Et puis c'est surtout comprendre que l'économie, ce n'est pas que des grands agrégats économiques. Ce n'est pas seulement des grands chiffres comme le chômage, la dette. C'est évidemment ça, mais c'est aussi de la microéconomie et un terrain de PME qui a vraiment besoin, en effet, de réconcilier ses travailleurs et ses entrepreneurs.
Et aujourd'hui, j'ai l'impression qu'on est dans un monde où il y a de moins en moins de confiance entre les entrepreneurs, leurs équipes et puis malheureusement les politiques. A vous, Jean-Philippe. C'est un peu ce que dit Marie. C'est un peu dans le même sens. C'est comment on peut réinventer un espèce de rêve français. C'est-à-dire que depuis 35 ans, moi, j'ai commencé à entreprendre. J'avais 17 ans comme Jules, Jean-Christine, qui fait partie du mouvement que j'ai monté, qui s'appelle le Port de l'Action. Donc, on aura la chance de le côtoyer tous les deux. Il travaille à nos côtés. Donc, de 7 à 77 ans, nous aussi, on travaille avec des plus jeunes.
En fait, il y a 35 ans, l'idée, ce n'est pas de taper. Il y a 35 ans de décision, selon nous, de plus en plus mauvaise pour la partie économique. Et quand j'entends même des jeunes comme Jules qui pensent régulièrement à partir ou à bouger, mécaniquement, il y a quelque chose qui ne va pas. J'ai été en Chine. J'invite vraiment tous les hommes politiques à y passer 7 jours hors caméra, hors champ pour les comprendre. On y était il y a 15 jours. Jules était avec nous. La seule information que j'en recevais sur mon WhatsApp français, c'était allons-nous pouvoir travailler le 1er mai en France ? Donc, il y a quelque chose qui ne va plus du tout.
On est d'accord que le constat des 7 dernières années, 8, enfin bientôt 10, n'a pas été mené tel qu'on ne pouvait l'imaginer. Et on est d'accord que les 20 prochaines années vont être tellement importantes. Moi, j'ai deux enfants de 4 et 12 ans. Il faut qu'on est obligé d'avoir des politiques qui intègrent notre volonté, à savoir celles qui nous permettent de travailler plus simplement et qui entendent les... Je n'aime pas le mot revendication, mais les problématiques. Et je vais juste rebondir, M. Ruffin, sur mon patron. Je sais que je ne vous le dis pas de manière désagréable, mais il y a un peu une fixation. Moi, j'appelle ça très souvent les créateurs d'emploi. Voilà.
Très, très, très souvent. Alors, vous avez une fixette sur Bernard Arnault. Moi, j'aimerais qu'on en ait 20 en France. Ça, c'est notre petit point de désaccord. Mais je pense qu'aujourd'hui, dans tous les problèmes politiques que je vois, j'étais avec une femme politique assez connue, pas loin d'Edouard Philippe hier, je ne vois aucune forme de vision aujourd'hui dans ce que je vois. Et je ne vois aucun projet qui nous permette, soit par la retraite à 62 ans, soit par des votes de budget, des LR extrêmement dangereux. Donc, je pense, avec Guillaume Gibault, qui parle mieux que personne de la réindustrialisation française, on avait un parfait ministre de l'industrie. On a tout ce qu'il faut.
Il faut s'inspirer du monde économique.
Juste un mot très rapide, parce qu'après, j'ai quand même la parole aux politiques. Est-ce que vous parlez quand vous parlez au nom des entrepreneurs ? Mais justement, est-ce que vous parlez aussi bien au nom des grandes entreprises, des entrepreneurs qui dirigent des groupes du CAC 40 ? Parce que souvent, les politiques opposent les PME et les grandes entreprises. En tous les cas, ils font un distinguo assez fort.
Mais vous savez, c'est mal qu'on connaît l'entrepreneuriat français, parce que les PME français, c'est près de 7 à 8 millions d'emplois. Enfin, 90% des gens avec qui on parle, c'est des gens qui ont des entreprises de 7, 8, 10, 15, 20, 40, 80 salariés. Alors, on peut parler de Bernard Arnault toute la journée ou de Patrick Pouyanné, qui n'est pas le propriétaire de son entreprise, Patrick Pouyanné. Mais nous, ce qu'on vit au quotidien, quand on recroise nos informations, on vit tous la même chose. Des complexités de recrutement absolue, un coût du travail exorbitant, une volonté de payer plus les gens, c'est strictement impossible. Et un système dans sa globalité qui ne fonctionne plus.
François Ruffin, qu'est-ce que vous avez entendu ? Je trouve qu'ils plaident bien leur cause. En tous les cas, ils expriment ce qu'ils attendraient de politique. Est-ce que vous comprenez leur message et après, vous, vous avez vos réponses ?
D'abord, dire que moi, j'ai été un petit patron d'entreprise. J'ai fondé ma boîte, mon journal, avec mon livret A. Et j'ai le mené pendant 20 ans. Et à la fin, j'avais 7 salariés. Donc, je sais ce que c'est que de recevoir du CICE. Je sais ce que c'est d'avoir un contrôle URSAF. Je connais ça par cœur et de l'intérieur. Dire que dans ma carrière de journaliste, chaque fois que j'ai eu la possibilité de rencontrer un patron, un entrepreneur, je l'ai fait. Pourquoi ? D'abord, par curiosité, de voir le monde avec un autre regard que le mien. Et ensuite, parce que je savais qu'il y avait, en fond, une alliance objective. Ma bataille, c'est la bataille de l'industrie.
Ma bataille, c'est le retour du secteur industriel dans notre pays. Et dès la première rencontre que j'ai eue, par exemple, avec Laurent Bernard, qui était le patron de lui-même, de la métallurgie dans la Somme, et de l'office du piston français, et qui me dit, voilà, regardez, j'ai des ordres de mes clients, donneurs d'ordre, Forestia, Valeo, qui me disent, maintenant, il faut partir dans les pays de l'Est et il faut faire mes boutiques ici. Je comprends l'alliance qu'il peut y avoir entre les patrons de PME qui ont à subir ça et l'emploi industriel, l'emploi ouvrier que je défends dans un territoire comme le mien.
Et, à mon sens, vous voyez, vous avez eu un président pro-business, vous avez eu un président start-up nation, vous avez eu un président banquier d'affaires pendant 10 ans, et vous mesurez la déception à l'arrivée, avec le taux, la part de l'industrie dans le PIB qui est passée sous les 10%.
Non, qui n'est pas passée sous les 10%, qui est juste au niveau des 10%.
Elle est passée sous les 10%. Avec une dette publique de plus de 1000 milliards d'euros, et sans même que ça soit de l'investissement. Avec aujourd'hui, une défaillance, un taux de défaillance des petites entreprises qui est gigantesque. Et donc, je veux vous le dire, je considère que ceux qui voudraient faire du Macron après Macron, du super Macron, du Macron en grand, et avoir un discours plus libéral, au fond, je ne pense pas qu'ils vous rendent service. Et je pense que des gens qui viennent dire, aujourd'hui, il y a besoin de grandes règles, il y a besoin d'une vision. De plan, comme disait... Il y a besoin d'un plan. Il y a besoin, je dirais, d'un horizon.
Et je pense que le PIB, il meurt matériellement, quand on voit que les Français sont maintenant plus pauvres que la moyenne européenne, produisent moins que la moyenne européenne, et qu'il y a pour moi un grand défi, le défi productif dans notre pays. Qu'on est passé l'inégalité dans notre pays, et maintenant au-dessus de la moyenne européenne. Donc il y a un problème matériel, mais à mon sens, le problème presque pire, c'est le problème spirituel. Chez mes grands-parents, il y avait une assiette en porcelaine dans laquelle il était marqué. S'aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction. Et c'est un exupérit.
Et à mon sens, ce qui vaut pour un couple, vaut aussi pour une nation.
François Ruffin qui cite cet exupérit.
Et sans difficulté, mais si vous saviez, si vous saviez comment j'embrasse large, parce que la France, elle est grande, et elle ne se regarde pas sur un périmètre étroit. Mais ce qui vaut pour un couple, vaut aussi pour une nation. de se dire, voilà, il nous faut un horizon commun. Nous avons des défis à relever aujourd'hui. Le défi productif, pas de grand pays sans grande industrie et sans grande agriculture. Le défi démographique, de plus en plus de personnes âgées dont il faut s'occuper. Le défi, enfin, climatique, on le voit aujourd'hui avec la canicule, qui suppose de tout transformer, logement, déplacement, culture, agriculture, industrie, énergie. Je termine.
Et tout ça, ça repose sur une chose, qui est le travail. Qui est le travail. La création de richesse. Le travail, et dans ce travail, je comprends à la fois le travail des salariés, des fonctionnaires, de l'hôpital, des écoles, et des entrepreneurs. Et je sais combien notre pays ne se relèvera pas par des grandes décisions des ministères, mais ne se relèvera pas. Aussi de l'initiative privée, c'est en bas.
Et le loco, associations et entrepreneurs. Par contre, je vais vous dire un truc, vous avez bien fait de changer de carrière, vous êtes excellent dans votre domaine, et vous êtes complètement aligné avec le fait que vous avez un grand talent politique. à aucun moment... Je pense que vous avez un grand talent journalistique, mais je vais vous dire un truc. C'est un peu vache ce que vous dites là. À aucun moment, à chaque fois que vous parlez des dirigeants, quels qu'ils soient, on parle du macronisme. Pour le rappel, Emmanuel Macron est quand même un homme politique depuis un certain nombre d'années, était technocrate. Nous, on est deux patrons de PME.
Alors à chaque fois, il y a toujours le grand discours, la réindustrialisation, le macronisme, les pro-business. Nous, on vous dit strictement l'inverse. On vous dit en fait, de droite comme de gauche, on voudrait juste pouvoir travailler. En fait, vous connaissez tous le monde de l'entreprise, mais vous ne la connaissez pas du tout. Moi, j'en ai 40. 40, je les ai créées. J'ai eu mon PEL, comme vous, avec ma maman, infirmière, comme vous peut-être. Chaque fois, il faut arriver vers le côté perso de la vie qui montre qu'on a une histoire un peu compliquée.
Et ma maman, en plus, en ayant payé des millions d'euros d'impôts, pas comme vous, elle est morte à l'hôpital public pendant 7 heures d'attente il y a exactement un an et demi. Et ça m'a donné envie de m'engager. D'autant plus, on a pu en arriver là. Donc le macronisme des 10 dernières années, on aura au moins un point commun sur le fait que ce n'est pas une extrême victoire pour le pays France. On a une énorme différence. Je termine, on voyage beaucoup. Ça nous permet de comprendre ce qui se passe ailleurs. Donc nous, la seule chose qu'on demande, c'est assez simple, c'est d'écouter ceux qui savent. Parce que le problème actuel du politique, c'est qu'ils n'écoutent pas ceux qui savent.
Je pense que vous n'êtes pas arrivé il y a une demi-heure. C'est très dommage. J'ai eu 4 entrepreneurs. Si j'étais là, j'étais dans la salle et j'ai entendu les entrepreneurs auparavant. En tout cas, je pense que tout le monde n'y était pas.
Du slip français, des fonds d'investissement. J'ai discuté avec eux, avec une personne à la sortie.
Je pense que vous avez compris qu'on avait des très bons entrepreneurs et entrepreneuses et que redresser ce pays, c'est quelques mesures pas très compliquées sur la partie économique. Je ne vais pas sur les autres. Après, je vous laisserai parler. Pardonnez-moi. Donc j'espère, moi je considère, moi ma tribune, elle part d'une sortie où j'ai dit je me bats ou je me barre. C'est qu'à un moment donné, on ne peut plus voir tout le monde partir et regarder le train qui passe. Ce n'est plus possible. Il faut que nos politiques, de droite comme de gauche, le comprennent. Dans l'intérêt du pays.
Christine Lavarde et après Alexandre Loubet et après c'est Marie, pour faire tourner le micro, qui répondra.
Alors juste, je ne sais pas si j'ai le droit de poser deux questions à mon voisin. Mais je l'ai écouté avec attention. Je pense qu'il a oublié de dire qu'il s'est opposé au pacte du Treil et qu'il était prêt à le supprimer. Qu'il a porté la taxe Zuckman dont on sait bien qu'une des conséquences, si elle était appliquée, serait d'entraîner la vente de part des entreprises parce qu'on confond la richesse potentielle qui est liée à la valorisation boursière d'une société, quelle que soit sa taille, et la richesse réelle. On a bien vu dans des mouvements antérieurs que la richesse potentielle, elle peut s'écrouler d'un coup si jamais la technologie ne perdure pas.
Donc voilà, je lui adresse ces deux questions. J'aurais pu être d'accord quasiment avec tout ce qu'il a dit parce que je suis d'accord comme lui. Notre vrai problème aujourd'hui, c'est qu'il faut revaloriser le travail, notamment pour avoir un narratif, un récit, pour pouvoir faire comprendre aux Français que c'est dans leur intérêt qu'il faut prendre un certain nombre de mesures qui ne seront peut-être pas agréables à court terme, mais qui vont permettre de redresser ce pays sur le long terme. parce que j'ai bien aimé quand vous avez parlé de vos enfants. Moi aussi, j'ai des jeunes enfants et tous les jours, je suis en train de me dire qu'on va leur léguer 3 500 milliards de dettes.
Tout ce qu'on ne fait pas aujourd'hui, c'est finalement une dette qu'on leur lègue. On ne fait juste que reporter à plus tard les efforts qu'on ne veut pas faire et c'est pour ça que, par exemple, moi j'ai porté des mesures pour aller diminuer les abattements sur les retraités aisés. Ça peut vous paraître bizarre, je suis de droite, et bien pourtant, oui, je le pense, parce qu'il faut vraiment qu'on pense aux générations futures et pour vous dire, plus tard qu'hier, j'ai beaucoup travaillé sur la question du financement des PME et on a un vrai problème aujourd'hui. Comment se fait-il que le PEA-PME soit accessible uniquement à 4 500 entreprises ? Il n'y a pas que 4 500 PME dans notre pays.
On a tellement réduit les critères d'éligibilité qu'on en a complètement dénaturé l'objet. J'entendais aussi des structures de financement avec lesquelles je travaillais qu'elles ont besoin de visibilité de long terme sur la trajectoire du pays pour pouvoir attirer des placements et des fonds. Quant à l'instant, j'ai entendu le ministre nous dire que dans l'enveloppe de France 2030, on allait faire des réallocations pour créer des dispositifs régionaux. Mais en fait, philosophiquement, on se trompe, France 2030, à l'origine, c'était créé pour avoir des crédits... Les ruptures technologiques... Non, et surtout, c'était la suite des investissements d'avenir.
Et les investissements d'avenir, gardons ça en tête, c'était des crédits extra-budgétaires qui devaient échapper à la contingence du politique et des décisions. On est en train de faire complètement autre chose quand on réalloue comme ça et qu'en fait, on retravaille dans l'enveloppe fermée. Quand le président de la République annonce 2 milliards sur l'IA, alors qu'en fait, c'est que du recyclage et que c'est un moyen d'aller chercher certains projets plutôt que d'autres. Et qu'est-ce qui se passe sur France 2030 ? Objectivement, c'est ce qui fait l'objet de toutes les coupes budgétaires en fin d'année.
Je vous dis juste un truc, Christine, pardon Marie. France 2030, je connais à titre personnel deux entreprises qui ont touché 7 millions d'euros qui sont en dépôt de bilan, il n'y a eu aucun contrôle de fait et leur business model est mort. Voilà. On parle de 14 millions d'euros, elles vont vivre dessus pendant 3 ans. Voilà. C'est clair, c'est net, c'est compris. Je reviens sur la holding et le financement. On oublie un paramètre. Moi, j'ai des millions d'euros investis dans les PME françaises. J'étais avec 3 députés sur une de vos émissions sur BFM, je ne sais plus laquelle, un samedi soir. Personne ne connaissait le fonctionnement de la holding. Personne.
On s'est fait taper dessus pendant 8 mois. Vous connaissez le réemploi. 3 députés sur 3 ne savaient même pas de quoi en parler. L'obligation de réemployer l'argent. Vous savez, on ne le garde pas chez nous, on ne le compte pas tous les matins en ce moment. L'obligation de réemployer l'argent qu'on a gagné par notre travail. Je ne sais pas si ça vous dit. Je veux juste exprimer un point là-dessus. C'est toujours un peu technique.
Les gens,
ils veulent de la simplicité. On veut, c'est simple, et si on doit le défendre nous-mêmes, on le défendra nous-mêmes. On veut que le travail coûte moins cher. On veut pouvoir mieux payer les gens. On veut pouvoir les faire travailler plus simplement. Ce n'est pas très compliqué. Je suis complètement d'accord avec vous, mais ça, j'ai pas le problème après. On aimerait que chaque dirigeant de PME qui monte sa première entreprise puisse avoir une exonération totale sur le premier emploi. Des choses basiques.
Quand on voit les dépenses, quand on voit les dettes abyssales, le train de vie avec les gyrophares en permanence, et je ne donnerai pas l'exemple, j'en connais 40 parce que j'en connais beaucoup de votre environnement. Je suis en vélo, donc les gyrophares... Non, mais je vous dis, il ne faut qu'à un moment donné, l'exemple doit prévaloir et il faut comprendre que ceux qui gagnent en 2027, vous devrez faire avec ceux qui font tourner la boutique. Et ceux qui font tourner la boutique, c'est les entrepreneurs, femmes et hommes françaises. Et ça, c'est la base.
À mon avis, il faut aussi que vous fassiez une conversion comme celle de François Ruffin parce que vous n'êtes pas mauvais aussi. Ah, c'est prévu. Bon, d'accord, OK. Alexandre Loubet, député Moselle, donc, enfin, je vous passe la parole. Vous, comment est-ce que vous avez répondu aux différentes interpellations ?
La France manque d'une vision économique, d'un véritable cap. On l'a bien vu avec le saupoudrage des aides à travers le plan France 2030. On le voit bien avec les altermoiements, les va-et-vient, par exemple, sur la question du nucléaire et je pourrais donner beaucoup d'autres exemples. Donc, il faut, un, se donner et se doter d'une stratégie nationale de réindustrialisation, de relance de la croissance économique, deux, se donner les moyens de ses ambitions, un, relancer la croissance économique par une stratégie. Cette stratégie, à mes yeux, elle doit reposer sur trois impératifs.
Le premier impératif, c'est celui de puissance, c'est-à-dire qu'il faut développer les innovations de rupture pour réussir dans la mondialisation sans quoi on loupera le train, justement, de la technologie, de la course technologique dans le monde. Deux, après la puissance, l'indépendance. Parce qu'aujourd'hui, en France, malheureusement, on se retrouve avec un déficit commercial dramatique de près de 70 milliards d'euros l'année dernière. Il faut développer les filières de substitution aux importations sur le sol national lorsque c'est possible et sécuriser les chaînes d'approvisionnement de nos industries essentiellement stratégiques. Trois, il faut moderniser l'appareil productif.
C'était d'ailleurs l'une des conclusions de la commission d'enquête que j'avais menée en critiquant le plan France 2030 dont l'intention initiale est tout à fait louable d'aller soutenir évidemment les innovations de rupture. Mais il ne faut pas oublier ce sur quoi reposent les deux tiers du potentiel de réindustrialisation de la France, c'est-à-dire nos PME et nos ETI. Pour s'en donner les moyens, trois leviers essentiels. Il y en aurait beaucoup d'autres. Premier levier, revoir les politiques d'achat public justement en libérant les règles de la commande publique.
il faut assumer de favoriser le made in France, la préférence nationale et la préférence européenne mais la vraie, pas celle qui est en train de nous vendre la commission européenne actuellement. Deux, si je peux me permettre Manel Chevrillon, deux, il faut libérer les financements nécessaires à notre économie pour réindustrialiser la France de 9 à 15% du PIB en 10 ans, ce qui semble très difficile voire impossible, il faudrait 20 milliards d'euros par an. Ça représente à peine 1% de l'encours de l'assurance-vie et du PER. Troisième point, un véritable choc de compétitivité pour créer les conditions de la réussite des entreprises.
D'abord, en baissant la fiscalité de production et en renforçant le pacte du TREI. Ensuite, en rétablissant un prix français de l'énergie parce qu'aujourd'hui les entreprises paient une électricité qui est 2,8 fois plus chère que ce qu'elles nous coûtent à produire en France. C'est un scandale. Oui, mais c'est quand même des moins chers d'Europe. Trois, un véritable chantier de simplification normative et à ce titre, Marine Le Pen et Jean-Dane Bardella nous ont demandé de faire le tour de l'ensemble des filières professionnelles pour ressenser les nombres qui posent problème parce que ce n'est pas nous qui connaissons ces nombres, c'est vous qui les connaissez.
Par conséquent, nous les ressensons pour les faire sauter.
Qu'est-ce que vous répondez à tous les propos qui ont été tenus sur le fond et puis après, je voudrais qu'on prenne trois dossiers. Il y a beaucoup de choses qui sont... Oui, il y a beaucoup. C'est pour ça que je vous laisse...
Justement, il y a beaucoup et si on veut une vision, encore une fois, il va falloir qu'on ait des choses très simples. Je vais revenir sur ce que disait Jean-Philippe mais le premier problème que j'entends, c'est comment est-ce qu'on peut payer davantage les gens qui portent notre économie aujourd'hui, les valoriser davantage et je me permets de reprendre M. Huffin là-dessus, mais comment on leur apporte de la joie ? Aujourd'hui, moi, ce qui me heurte le plus, c'est que j'ai l'impression que les gens ne sont pas heureux en France. On a toutes les raisons d'être heureux. On est un des plus beaux pays du monde et on est un foutu d'être heureux.
Travailler, c'est dur mais on peut y trouver du sens et je pense, j'ai espoir qu'on puisse le trouver dans tous les métiers. Donc la première chose, c'est de revaloriser ces personnes-là. Pardonnez-moi de nouveau M. Huffin, mais vous parliez de petits patrons. Pour moi, il n'y a pas de petits patrons, il n'y a pas de petits métiers. Il n'y a que des... Toutes les personnes qui travaillent, elles se valent. Tous les patrons se valent, tous les salariés aussi. Dire petits, finalement, ça les dévalorise, je trouve. Et on a plutôt envie de rassembler.
Donc pour moi, le premier message, c'est déjà, est-ce qu'on arrive à trouver un moyen de rassembler tout le monde et de faire en sorte qu'on arrive à davantage communiquer entre politique et monde entrepreneurial ? Est-ce qu'on arrive à créer des liens davantage entre les patrons et leurs salariés ? Est-ce qu'on arrive à mieux les payer pour recréer de l'harmonie ? Aujourd'hui, je trouve que c'est ça la première chose qui manque. Si on a envie de construire et de mettre en place toutes les mesures dont vous discutiez, je pense qu'il va falloir qu'on ait davantage d'harmonie.
Et pour cette harmonie-là, la première chose, c'est qu'aujourd'hui, on puisse payer mieux les gens et qu'ils commencent à reprendre du sens dans leur travail.
Rapprocher le brut du net. C'est effectivement le point.
Le net du total chargé, que ce ne soit pas
un vase déverseur dans l'un, que ce soit l'un. Juste sur la question, petit patron, François Ruffin, c'est une expression que vous employez. Vous comprenez que c'est un côté un peu péjoratif ?
Je ne le perçois pas pour moi et comme péjoratif. En tout cas, je ne le suis pas de cette manière-là. Mais oui, j'opère un distinguo et je vois même une stratégie des grands groupes et des grands patrons de venir, comme c'était le cas sous l'ancien régime. On avait l'archevêque qui baignait dans le strupe et la luxure et qui se venait se cacher derrière la vertu du petit curé de campagne. Eh bien, aujourd'hui, on a le grand patron qui se prend des stocks options et qui se paye en millions et qui vient se cacher derrière la vertu du patron de PME. Et vous dire qu'il y a quand même une différence entre les deux.
On a d'un côté des firmes qui aujourd'hui payent moins d'impôts en proportion que les PME. On a des firmes qui captent davantage d'aide et on a des firmes qui sur 10 ans ont supprimé 200 000 emplois. Tandis que de l'autre côté, on a des PME ETI qui touchent moins d'aide, qui payent davantage d'impôts et qui ont créé plus d'un million d'emplois.
Donc là, on a une différence entre les deux et pour moi une large captation de la plus-value par quelques sociétés de tête qui ont pu l'année dernière augmenter les dividendes pour leurs actionnaires de 10% et donc en laissant moins pour les salariés, en laissant moins pour l'investissement mais en laissant moins aussi pour les entreprises sous-traitantes et sous-traitantes.
Je vais vous en trépigner. Non, non, il y a évidemment une différence mais pour avoir été sous-traitante de ces gens-là, moi je suis heureuse qu'il y en ait en France parce qu'ils nous nourrissent aussi de nous, petites PME et il en faut. Et la deuxième chose c'est que je pense qu'on n'a jamais réussi à s'enrichir en appauvrissant les riches. Je pense sincèrement qu'on a besoin de ces riches et que plus il y en a et plus ils apporteront. En revanche, qu'on crée une harmonie, qu'on crée des règles pour faire en sorte que certains ne s'approprient pas la richesse de tous, oui, mais je pense qu'on n'en est pas encore là.
Mon souhait est un rééquilibrage et en particulier sur les aides publiques. Je pense que les aides publiques qui ont fait l'objet d'un arrosage et d'un arrosage tout à fait colossal depuis des décennies et en particulier le CICE devraient faire l'objet d'un ciblage et je demande que ça soit ciblé en deux directions sur l'industrie de manière générale parce qu'elle est de fait en compétition à l'international et que ça soit ciblé sur les PME pourquoi ?
Parce qu'on sait que le potentiel de création d'entreprise il n'est pas dans les grands groupes existants ou qui s'ils touchent 10 000, 50 000 1 million d'euros supplémentaires ça ne fera pas la différence tandis que sur une PME ça peut faire la différence. Donc je demande moi à ce qu'en particulier dans les aides publiques ça fasse l'objet d'un ciblage. Quand je vois que sur les crédits impôts compétitivité emploi les trois principaux bénéficiaires étaient Auchan, Casino et Carrefour je dis tout ça n'a pas de sens.
Je me permets ? Pour rebondir sur ce qu'a dit Marie il y a une phrase que j'aime bien que tu disais à mon papa quand les gros poissons maigrissent les petits poissons crèvent donc en général ce n'est pas parce que les gros s'appauvrisent que ça va enrichir ceux du dessous. Ça c'est une certitude absolue d'un chef d'entreprise je vous invite à me suivre une semaine vous allez faire un reportage très intéressant vous êtes avec moi vous verrez ce n'est pas tout à fait la même histoire. Sur le reste encore une fois j'entends il y a des enjeux je ne sais pas si vous suivez peut-être M.
Rotaillot j'en ai aucune idée je n'ai pas suivi LR donc ou le RN qui potentiellement en passe d'être potentiellement élu en tous les cas il y a plein de phrases dites c'est quoi le sujet que vous voulez dire qu'est-ce que vous êtes prêt à adresser au PME si demain M. Rotaillot M. Bardena Mme Le Pen M.
Ruffin c'est quoi le sujet parce que là il n'y a personne qui a compris est-ce qu'un entrepreneur qui part en disant si vous gagnez vous gagnez vous gagnez alors c'est 20% de baisse sur le coût du travail jusqu'à 3000 euros brut c'est plus de 16 GRDS pour les moins de 30 ans par contre en contrepartie c'est plus 18 mois de chômage c'est 6 ou 8 parce qu'il faut remettre les gens au travail parce que je ne vais pas encore une fois vous raconter ma vie mais comme j'ai beaucoup de salariés quand dans l'hôtellerie notamment les gens s'arrêtent le 15 octobre vous voulez qu'ils reviennent le 15 mars mais ils ne veulent pas parce qu'ils sont trop bien à Bali et qu'ils reviennent le 15 juin et qu'ils touchent chacun 1800 euros par mois fois deux un couple formidable ça c'est nos impôts ça me dérange c'est aussi l'impôt les français ils ne sont pas idiots il faut arrêter de les prendre pour des débiles ni des feignants en fait ils ont compris qu'en travaillant moins c'était plus ou prou la même chose que travailler donc ils comprennent tous pas plus tard qu'il y a trois semaines en bas de mon bureau j'entends une jeune femme dire génial j'ai réussi à négocier ma rupture conventionnelle et je ne reprendrai jamais avant septembre quoi qu'il arrive je veux juste terminer ce point c'est un point fondamental mais c'est un point fondamental des enjeux de demain comment remettre les gens au travail comment les faire créer leur travail comment faire l'actionnariat salarié fondamental nous dans nos entreprises nous intéressons les gens moi je reçois un nombre de messages depuis qu'on a notre action de gens qui ont envie qui nous avaient raison on a envie de bosser mais par contre ceux qui ne foutent rien qui reviennent au bout de sept mois et qui ont toujours un problème ceux-là ils nous dévalorisent notre travail comment on fait personne ne donne envie de suivre un projet donc donnez-nous alors j'ai envie de vous dire
allez-y et après vous devriez suivre avec plus d'attention ce que font les LR puisque en décembre 2025 il y a un document qui est sorti et qui s'appelle Travail gagnant et un des premiers axes c'est mieux rémunérer le travail trois propositions seuil de cotisation à 1623 heures au-delà plus aucune cotisation ce qui a été qui se traduit par 3500 euros net de plus par an pour un salarié médian et 35% de coût en moins pour l'employeur je poursuis et vous avez dit il faut développer l'actionnariat salarié et bien il s'avère que j'ai été co-auteur d'une proposition de loi qui a été adoptée au Sénat justement pour venir revaloriser l'actionnariat salarié donc aujourd'hui le texte il est dans la navette il sera peut-être un jour étudié à l'Assemblée Nationale mais si vous regardez bien c'est un sujet je suis 200% d'accord avec ce que vous dites on essaie par petites touches d'instiller des changements mais quand vous voyez que de l'autre côté vous êtes pour l'actionnariat salarié François Ruffin il faut une révolution mais là pour l'instant c'est un programme présidentiel c'est un programme présidentiel vous me dites est-ce que vous avez fait des choses avant j'essaie de vous dire que oui on essaie de faire des choses avant avec les moyens qui sont à notre disposition et là où je vous rejoins c'est que tous les sujets dont on parle aujourd'hui ils doivent être débattus entre ceux qui seront candidats de manière à ce que le président élu en avril 2027 par son élection il ait un mandat démocratique qui lui permette d'entreprendre de vraies réformes et dans ces vraies réformes il y en aura forcément certaines qui auront aussi un impact négatif sur certains il faut avoir le courage de le dire parce qu'aujourd'hui la situation de finance publique c'est pas open bar on pourra pas tout financer pour tout le monde partout donc celui qui sera au lieu aura défini des priorités j'espère qu'il aura eu l'honnêteté d'avoir un programme finançable et de dire comment il le finance je pense aussi qu'il faut dire qu'aujourd'hui penser qu'on va équilibrer un programme politique par la lutte contre la fraude fiscale et la lutte contre la fraude sociale c'est faux penser à dire qu'on va financer un programme politique en allant supprimer les agences et les opérateurs de l'état c'est faux il faut dire qu'on supprime des politiques publiques voilà je dis ça et ensuite on pourra avoir un débat
on revient quand même la confrontation quand même entre les entreprises et les politiques c'est drôle que les politiques vous êtes toujours dans votre campagne c'est normal c'est votre métier oui mais enfin vous êtes LR et on a compris que vous étiez LR
c'est pas une confrontation c'est qu'aujourd'hui il y a un chiffre qui est important c'est qu'il y a 9% des français qui font confiance dans leurs hommes politiques je le dis souvent mais si nous il y avait 9% des gens qui ont confiance dans ma manière de diriger mes entreprises ça ferait longtemps je serais parti Alexandre Loubet c'est un point clé c'est qu'on a besoin de comprendre l'enjeu politique de 2027
et bien c'est ce qu'on essaie de faire mais on va pas faire ça en trois quarts d'heure
bien je réagis sur un point que vous avez évoqué Monsieur Cartier avant de vous répondre non mais je tiens juste à préciser vous m'avez dit qu'on ne pouvait pas percevoir ce qui attendrait les PME les entreprises si l'URN arrive au pouvoir c'est que vous ne m'avez pas écouté ou que vous n'avez pas été attentif puisque je voulais précisément décliner ensuite deuxième élément
je parle sur le coût du travail
deuxième élément
sur le coût du travail répétez-le alors sur le coût du travail j'ai pas entendu alors répétez-le moi sur le coût du travail je vous demande de dire ce que vous avez annoncé que je n'ai pas entendu sur le coût du travail
j'espère que vous êtes conseillant avec vos salariés que vous les laissez parler en l'occurrence renseignez-vous en l'occurrence Monsieur Cartier laissez-moi répondre je vous prie un d'abord c'est pas nous qui avons renchéri le coût du travail ceux qui ont renchéri le coût du travail ce sont ceux j'entends mais ce sont ceux qui ont supprimé des exonérations pour les apprentis et qui viennent de geler le barème des exonérations des cotisations patronales on s'y oppose ensuite le deuxième sujet c'est que pour justement regarder demain nous ce que nous avons proposé depuis 2022 nous sommes en train d'étudier d'autres propositions mais je vous évoque celle-là c'est de donner la possibilité aux employeurs qui le souhaitent comme c'est votre cas de pouvoir augmenter le salaire de ses salariés jusqu'à 10% en contrepartie d'exonérations de charges patronales jusqu'à 3 fois le SMIC pour qu'il n'y ait pas trop d'abus mais si je peux me permettre le problème est bien plus profond il faut remettre la France au travail parce que de manière objective aujourd'hui on est toujours en train de taxer la France qui travaille ou la France qui a travaillé ou qui veut travailler et la réalité c'est qu'on se retrouve avec un taux d'emploi dans notre pays à 69% 69% si on avait le même taux d'emploi que les Pays-Bas qui sont à plus de 80% le déficit des retraites serait largement comblé et le système serait largement à l'équilibre j'ajoute un dernier élément dans l'un des points que j'ai évoqué tout à l'heure dans l'un des points que j'ai évoqué tout à l'heure monsieur Cartier j'ai évoqué brièvement la nécessité de libérer les financements pour réindustrialiser le pays et soutenir l'économie réelle l'innovation ça passe notamment par la création d'un fonds souverain il nous reste 5 minutes il permettrait la capitalisation collective des français autrement dit qu'ils le veulent je le précise parce qu'on va piocher l'épargne des gens autrement dit sur la base du volontariat madame Chevrillon les français pourront capitaliser dans l'économie réelle dans l'innovation pour avoir de l'épargne long terme qui permettra justement
est-ce qu'on paye trop d'impôts en France de constituer un revenu complémentaire
pour leur retraite
François Ruffin c'est en tous les cas ce que disent les chefs d'entreprise c'est que la fiscalité
pas simple avec les retraites à 62 ans
pardonnez-moi
monsieur Cartier vous voulez mieux payer vos salariés très bien mais vous savez que l'âge effectif de départ à la retraite aujourd'hui en France c'est 63 ans en Allemagne c'est 67 ans l'âge légal mais l'âge effectif c'est 63 ans et demi autrement dit si vous décalez l'âge de départ à la retraite comme vous semblez vouloir le préconiser vous prétendez vouloir mieux payer vos salariés aujourd'hui mais ils seront moins payés demain lorsqu'ils seront à la retraite parce qu'ils partiront avec une décote nous on est pour la retraite par capitalisation on a fait les calculs dans tous les sens ça marche 50 fois mieux alors on va rester sur la retraite aujourd'hui ça veut dire 20 milliards d'euros au moins de fiscalité supplémentaire sur les entreprises Alexandre Loubet
François Ruffin sur la question de la retraite puisqu'ils sont partis sur la question de la retraite moi je voulais absolument qu'on parle quand même de fiscalité parce que je pense que c'est un sujet important pour les chefs d'entreprise et là je crois qu'on n'a pas le temps restons sur la réforme des retraites vous préconisez quoi ?
écoutez moi je viens je vais vous dire plusieurs choses d'abord que dans le temps de crise qui est le nôtre où ça ce n'est que successif on a eu la crise des gilets jaunes la crise Covid la guerre en Ukraine maintenant c'est le détroit d'Hormuz et en vérité par dessus ça on a une crise climatique qui est installée dans la durée je pense que la discussion entre dirigeants politiques et dirigeants économiques doit être quel est le rôle de l'état là dedans et le rôle de l'état ça ne peut pas être juste reculer reculer, reculer, reculer je pense qu'il y a la nécessité d'avoir un état stratège à l'intérieur de tout ça un état qui aide par exemple sur les questions de formation qui me paraît une question centrale quand on va avoir affaire face à la crise démographique ça veut dire des pénuries de personnel potentiellement donc quelle est la stratégie qu'on met en place pour avoir des formations qui correspondent ça veut dire un état qui pense à l'usage du capital quand on a 2000 milliards d'assurance vie dans notre pays comment ça se fait qu'il n'y en a que 3 ou 4% qui sont orientés vers les PME et à mon sens une discussion qui se limite à regarder les cotisations et moi je suis prêt à avoir des grands étés Non mais parce que ça
justement ça permet d'alléger à ce moment les cotisations qui peuvent peser sur les salaires donc ça peut donner plus de pouvoir d'achat mais il faut quand même financer ses dépenses sociales donc vous voyez on rentre dans une machine je vais vous dire je suis favorable nous avons un état
qui est devenu de plus en plus un état subvention subvention aux entreprises subvention à l'agriculture subvention au logement subvention à la prime d'activité et qui en fait du coup prend beaucoup mais non pas pour être un état action donc il faut se recentrer sur un état action mais un autre point quand on parle de pouvoir d'achat il y a deux manières de résoudre le problème il faut augmenter les salaires et je suis favorable à une indexation des salaires sur l'inflation qui fasse que quand il y a l'essence qui monte mais derrière c'est l'alimentation qui monte c'est à peu près tout qui monte et bien naturellement il en soit de même pour les salaires j'entends que ça ne vous plaise pas mais le deuxième volet pour maintenir le pouvoir d'achat en vérité la grande question qui devrait être la nôtre votre mot et possiblement on a un chemin de rapprochement c'est la question du logement la question du logement quand on parle de pouvoir d'achat
là François Ruffin je suis désolé j'aurais adoré qu'on puisse continuer mais là on était en direct
mais c'est moins une minute mais oui mais d'accord alors attendez c'est incroyable que quand on prononce le mot logement soit interrompu quand la question du pouvoir d'achat est centralement la question du logement quand la question de la natalité c'est la question du logement et même quand la question de la mobilité professionnelle
je voulais rester sur des sujets parce que la natalité je suis sûre que ça les concerne l'échelle d'entreprise évidemment mais c'est pas au coeur du sujet
si je vous dis que je vous dis madame que c'est au coeur du sujet parce qu'il y a deux moyens d'augmenter le pouvoir d'achat des salariés il y a un premier moyen c'est de jouer sur la hausse des salaires et du coup on voit les difficultés qui peuvent être les votes et il y a un deuxième moyen c'est de peser sur les dépenses contraintes et la première des dépenses contraintes c'est le logement le logement est toujours un tiers un nœud c'est un kyste pour les français parce que c'est un tiers dans la moyenne des français mais en vérité on est à la moitié voire les deux tiers il faut qu'on arrive enfin au terme
il faudrait que chacun arrive à me faire très rapidement on me fait déjà des gros yeux un mot de conclusion vous un mot si vous avez un message c'est quoi un mot
tout simplement qu'au rassemblement national nous avons la conviction que la France a tous les atouts pour redevenir une puissance économique encore faut-il le vouloir encore faut-il travailler avec les chefs d'entreprise qui le veuillent mais aussi les salariés nous y sommes prêts nous le faisons
alors moi j'aurais pas un mot mais j'inviterais plutôt monsieur Cartier à venir discuter avec moi dans le détail pour mettre en oeuvre des propositions parce que notamment sur cette question la mise en oeuvre de l'actionnariat salarié et du financement de retraite je pense qu'aujourd'hui effectivement il y a des choses à aller faire du côté des PME parce qu'aujourd'hui tous nos dispositifs sont conçus notamment pour des salariés qui sont fiscalisés c'est là où il y a des incitations pour se tourner vers des dispositifs de capitalisation et il faut qu'on fasse entrer les entreprises dans la donne parce que c'est ce qui va nous sauver et en tout cas sauver notre système social
vous avez déjà parlé vous avez déjà parlé quand même
je vais crier à la censure attention
je crois que vous pourrez crier mais j'ai pas mal de témoins je pense
allez-y moi j'en ai deux mots j'en ai un qui est le principe de réalité c'est-à-dire qu'il va falloir qu'on se fixe un vrai principe de réalité il y a plein de choses qui seraient chouettes à faire mais il y a plein de choses qui sont impossibles et en tant qu'entrepreneur on joue avec un jeu de contraintes il faudrait que nos hommes politiques et nos femmes politiques fassent pareil et le second c'est de ne pas trouver de bouc émissaire j'ai l'impression qu'on cherche trop de bouc émissaire et nous les premiers la preuve on a dit les politiques les politiques et c'est pas bien pardonnez-nous pour ça mais les entrepreneurs les patrons quels qu'ils soient peuvent pas être les bouc émissaires permanents de tout ce qui va pas ah il faudrait augmenter les charges il faudrait ceci il faudrait cela on peut pas être les bouc émissaires permanents ça serait pas sain pour notre économie n'en plus
Jean-Philippe alors vraiment un mot parce que on est très rapide pas à la fin François Ruffin s'il vous plaît
encore une fois on espère de tout coeur que les 35 ans de mauvaises décisions politiques vont évoluer dans le bon sens dans les 12 prochains mois à commencer par 2027 pour ceux que ça intéresse j'ai envie de Christine également on a travaillé avec Jules avec Marie avec tout un certain nombre d'entrepreneurs entrepreneuses femmes et salariés impliqués sur 12 réformes économiques sur notre temps hors travail le soir qui s'appelle le pouvoir de l'action et on fera tout ce qu'on peut pour être écoutés parce que les chefs d'entreprise et les PME françaises vont pas très bien le pouvoir de l'action merci beaucoup merci beaucoup
merci
émission spéciale Cap PME sur BFM Business
François Ruffin