Consultations à l'Élysée: Marine Tondelier s'est exprimée après son entretien avec Emmanuel Macron
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
J'ai mis Marine Tondelier qui s'exprime après son entretien avec Emmanuel Macron. Si on avance plus, on se finit. Écoutez, on sort de ce rendez-vous en étant satisfait de plusieurs choses. La première, c'est qu'on a pu parler des sujets qui nous tenaient à cœur.
Et notamment, vous l'avez compris dans notre expression à l'entrée, des Françaises et des Français, et en particulier du sort des plus vulnérables, des plus précaires et des classes populaires, dont il nous apparaît flagrant qu'elles sont en première ligne de toutes les crises que nous traversons, la crise politique et démocratique, la crise sociale, les crises environnementales, puisque vous savez, souvent, les plus modestes sont en première ligne aussi de la crise écologique. Nous avons beaucoup parlé aussi des collectivités territoriales, pas juste pour défendre les élus de ces collectivités, mais pour aider les élus à répondre aux défis qui occupent les Français en ce moment.
Comment voulez-vous avoir un service public solide et accessible ? Comment voulez-vous protéger celles et ceux que même l'État n'arrive plus à protéger alors qu'il le devrait, si vous sabrez les moyens des collectivités territoriales ? Et donc, on n'a pas parlé des collectivités juste pour aider les élus, mais bien pour aider les Français par l'intermédiaire des élus, ce qui était une grosse demande de leur part. Et on a pu en discuter assez longuement.
Et puis, on a pu parler d'écologie, ce qui nous tenait à cœur, puisque comme je vous l'avais indiqué en entrant, on est aujourd'hui le jour où l'Agence européenne pour l'environnement annonce officiellement que nous allons dépasser pour la première fois de l'histoire de l'humanité les 1,5 degrés de réchauffement climatique depuis l'ère pré-industrielle. Tout cela étant dit, le président de la République nous a fait une proposition, vous en avez entendu parler de la part de nos prédécesseurs, il nous a dit qu'il ne faut pas en parler à l'extérieur. On a compris qu'on a été au regret de lui annoncer qu'on était déjà au courant en rentrant, donc certains avaient dû vous en parler.
C'est une proposition qui montre deux choses. La première chose, c'est que le président de la République a compris qu'il devait arrêter de n'en faire qu'à sa tête et de se précipiter dans des nominations qui conduiraient à des censures. Et donc, c'est une première leçon intéressante de la journée. Et la deuxième leçon intéressante, c'est qu'il a répété à plusieurs reprises qu'en gros, la solution ne pourrait plus reposer ou pas reposer sur un accord avec le Rassemblement national, qui s'est montré quand même un piètre partenaire dans la séquence. On aurait pu le dire avant au camp Macron, ils l'ont appris à leur dépens.
Et donc, on voit bien que le Rassemblement national, mécaniquement, est écarté de la solution. Ils se sont eux-mêmes mis en dehors du jeu. C'est les deux enseignements intéressants de cette journée. Et puis, je vais laisser Cyril et Guillaume compléter. Je vais juste tousser avant.
Le président de la République a fait comme proposition une nouvelle méthode. C'est-à-dire une méthode qui reposerait d'abord par une réunion des différentes forces politiques pour échanger sur une plateforme programmatique. Les écologistes, en tout cas, c'est une demande qu'ils ont depuis mercredi dernier, puisque dès mercredi dernier, le groupe écologiste et social a proposé 11 priorités pour une plateforme programmatique. Donc, en tout cas, aborder la question par le contenu de la politique menée est pour nous un élément important. Et on a souligné plusieurs choses. Le premier, bien évidemment, la question du pouvoir d'achat et des salaires, qui est essentielle.
Le deuxième, la question du budget. On sait que ça va être une question politique extrêmement sensible. Nous lui avons redit notre volonté d'avoir un budget qui s'appuie sur de nouvelles recettes. On ne peut pas avoir un budget qui fait des coupes budgétaires sans aller chercher l'argent là où il est. Nous lui avons dit aussi notre désaccord total de repousser la question des recettes à la prochaine présidentielle. Aujourd'hui, cette réforme est rejetée. Il est hors de question qu'on se dise qu'il y a un statu quo sur les deux ans de plus de travail. Et enfin, nous avons bien sûr parlé des nécessaires investissements et de la politique en faveur de la transition écologique.
Donc, sa méthode proposait le contenu. Vous avez vu, nous sommes prêts à y participer. La deuxième chose, c'est que lors de ces discussions-là, le nouveau Front populaire, la gauche, aura besoin d'être en force. Et donc, je pense que nous avons besoin de toutes les forces politiques du nouveau Front populaire lors de ces discussions. Des quatre forces. Parce que nous avons été clairs, nous lui avons dit, nous ne laisserons pas le nouveau Front populaire être fissuré. Parce qu'il est le garant d'une cohabitation, d'une nouvelle politique. Et enfin, nouvelle méthode, ça nous le disons depuis plusieurs jours, il faut un dialogue.
Il faut accepter que le Parlement, l'Assemblée, le Sénat soient au cœur des discussions. Et pour ça, il faut que ça ne soit plus une méthode verticale de faire de la politique. Et donc, en ça, le fait de réunir les personnes et se dire qu'il faut que nous réapprenions à dialoguer, avoir un dialogue public de qualité, serein, qui amène à la fois une ligne politique claire, mais de l'autre à faire des compromis qui permettent de faire les lois dans l'intérêt des Français et des Françaises est quelque chose d'important.
Pourquoi cette méthode, elle va changer par rapport à avant ? Moi, ce que je voulais ajouter, c'est qu'on a surtout vu un président de la République qui, en réalité, avait la solution sous les yeux, mais qui ne voulait pas encore l'avoir. Et donc, c'est ça, notre travail. C'est de lui montrer que la solution, elle est là. C'est-à-dire, un, nommer, effectivement, un Premier ministre ou une Première ministre issu du nouveau Front populaire, de la gauche et des écologistes, ça, c'est une première chose. Je pense qu'il doit le réaliser suite aux élections législatives et puis suite à l'essai avec Michel Barnier, qui a été un échec. Ça, c'est le premier aspect, en tout cas.
Et là, il a encore un petit peu du mal, mais je pense que ça va venir. Et en tout cas, on est là pour lui rappeler et pour lui dire que c'est ça, c'est cette ligne-là qu'il faut suivre. Et puis, ensuite, il y a la discussion. Et la discussion autour d'un axe très clair, qui est ceux qui ont appelé au Front républicain. et de travailler avec ceux qui ont appelé au Front républicain, parce qu'il y a une ligne claire. Là aussi, on a senti un petit bouger de dire, il y a une vraie ligne. Il y a une vraie ligne avec le Rassemblement national, avec l'extrême droite. On ne travaillera pas, on ne discutera pas. Et ça, c'est une ligne qui doit être forte.
Et de la même manière, on appuiera sur cet aspect-là. Donc, on a déjà des éléments comme ça qui se mettent en place. Petit à petit, on va dire qu'on sort du déni. En tout cas, nous, on est là. On est là pour l'accompagner. Et on est là pour l'accompagner, pour sortir de ce déni et pour trouver un véritable avenir à notre pays. Vous serez donc dans la même pièce, si je résume un peu globalement pour les personnes qui nous regardent, avec les Républicains, par exemple, pendant ces réunions, qui devraient peut-être être présents ?
Alors, on n'a pas bien compris qui serait présent à la fin. On a compris que... Comment ? Alors, vous voulez que je... Peut-être que je me mets là pour répondre. Désolée, j'ai failli m'étrangler tout à l'heure et ça n'a rien à voir avec ce que Cyril Châtelain disait. On ne sait pas encore à qui exactement a été fait cette proposition et qui répondra favorablement. On voit par contre que c'est quelque part la suite du chemin que nous, nous avons commencé à écrire, en étant très exigeants sur les conditions qui feraient que peut-être on accepterait éventuellement de ne pas censurer. C'est là que nous en sommes.
Il a été très clair sur le fait que le Rassemblement national, pour lui, n'était pas dans le périmètre des partis qui souhaitaient discuter. Et c'est ce que nous avions demandé dans nos différents courriers. Donc on estime là-dessus avoir été entendu et que c'est un premier pas pour pouvoir travailler en confiance. Mais le chemin de la confiance, vous voyez, est quand même encore très loin.
On lui a notamment indiqué que s'il commençait avant même le début des discussions qui devraient avoir lieu demain à l'Elysée, il commençait par nommer un Premier ministre qui n'était pas du nouveau Front populaire en l'occurrence, on voyait mal comment venir en confiance discuter parce que ça donnait une indication très claire de la direction des discussions. Et on estimerait que les conditions ne sont pas réunies pour avoir une discussion franche. On estime aussi que les Français ont quand même envoyé un message clair lors des élections législatives. On leur a posé la question par la dissolution voulez-vous une alternance, oui ou non ? Voulez-vous changer de cap politiquement, oui ou non ?
Ils ont répondu très majoritairement oui. Donc si c'est pour nous mettre un Premier ministre du camp d'Emmanuel Macron, les LR autour de la table et finalement atterrir sur un programme qui serait en même temps on ne sait pas quoi et on ne sait pas quoi, ça ne nous irait pas.
Donc nous, nous sommes sur un chemin très très exigeant envers les discussions qui vont commencer demain mais on trouve que c'est une bonne nouvelle pour toutes les Françaises et les Français qui sont inquiets légitimement de la situation politique que ces discussions s'ouvrent et on est fiers d'avoir contribué à ce qu'elles existent parce que si Emmanuel Macron s'était précipité à nommer comme c'était prévu quelqu'un vendredi soir ou se précipiter à nommer quelqu'un d'autre ce soir, ce serait quelque part déjà perdu, pas simplement pour nous mais pour les Français.
M. Le Barnier, il était sur une ligne de crête très très fragile, très compliquée, il avait une majorité très faible. Est-ce que ça va peut-être encore plus compliqué de trouver cette ligne, ce passage avec encore plus de groupes politiques ?
C'est pour ça, Cyrielle Châtelain l'a dit, je le redis, nous allons avoir besoin de toutes les forces du nouveau Front populaire autour de la table parce que moi j'entends qu'on puisse ne pas avoir confiance dans le président de la République. J'entends qu'on a été quelque part échaudés par les épisodes précédents. Nous le sommes aussi, pour être tout à fait sincères avec vous.
Mais au moment où là, la France touche le fond, se prépare si on ne trouve pas des solutions dans les semaines qui viennent à vivre des choses terribles parce qu'on parle d'une loi spéciale sur les finances publiques, vous voyez bien que dans la loi spéciale, il y a des choses très urgents mais il y a tout ce qui est important et pas urgent qui n'est pas dedans.
Nous, on a les associations de tous bords, celles qui sont caricatifs, celles qui aident l'environnement, qui nous préviennent de dire, vous savez, la loi spéciale, nous, ça veut dire qu'on n'a pas nos financements, on est dans le flou, on ne sait pas comment on continue nos activités et c'est des activités qui sont cruciales pour les Français quand on parle du caritatif, etc., pour ceux qui sont en première ligne. Donc, soit on reste chacun dans notre confort en disant, eh ben, moi, je ne discute pas jusqu'à ce que tout le monde craque et qu'il s'en aille, soit on se dit qu'on est dans une situation d'urgence et qu'on a déjà perdu six mois.
Du coup, dites quoi à la France Insoumise, par exemple, qui nous écoute là et qui n'est pas venue aujourd'hui, par exemple ?
Eh ben, ce qu'on leur dit, c'est qu'on va avoir besoin d'eux. Je pense que dans le nouveau Front Populaire, c'est un écosystème. Chacun est à sa place. Nous jouons des rôles différents. Et moi, je n'ai pas commenté ce que fait la France Insoumise. Ils sont quelque part utiles aussi, parce que s'ils n'avaient pas cette position-là, peut-être qu'on serait aussi autre part aujourd'hui. Donc, collectivement, on est chacun à notre place. Mais si cette table de discussion finit par se matérialiser réellement demain et qu'on est amené à aller y défendre notre programme point par point, c'est ça qui va se passer. On va aller défendre notre programme point par point.
Et nous, écologistes, serons à la table. J'imagine que les socialistes y seront. J'imagine que les communistes y seront. Je sais aussi que nous avons plus de poids dans cette discussion si les Insoumis viennent, avec une intransigeance que nous, on partage sur plein de points. Parce que ce qui se passe n'est pas normal et qu'on a des classes populaires, des personnes vulnérables, l'écologie, l'habitabilité de la planète à défendre. La justice fiscale, la démocratie, je ne vais pas vous faire tous les sujets. Mais plus on sera nombreux à cette table, plus on pèsera. Et plus que de toute manière, cette discussion conduira à quelque chose. que nous, à la fin, on soit encore...
Peut-être qu'on ne sera plus autour de la table à la fin. Je n'en sais rien. Vous savez, nous, on est un parti très exigeant. Parce qu'on va venir discuter, mais peut-être que pour une raison ou pour une autre, on sera amené à un moment à estimer que les conditions ne sont pas réunies, qu'on se moque de nous, que ça ne va pas dans le bon sens, que ça ne va pas dans l'intérêt des Français. Et compter aussi sur nous à ce moment-là pour se lever et pour partir. Merci.
Merci. Merci.
Marine Tondelier