« L’avenir de notre civilisation est entre nos mains ! » - Discours de Jordan Bardella à Bruxelles
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Mesdames et Messieurs, mes chers amis de Flandre, mes chers alliés du Vlaams Belang, Monsieur le Président, mon cher Tom Van Grieken. C'est un honneur de prendre la parole au sein du Parlement flamand près de cet hémicycle où le Vlaams Belang constitue le premier groupe d'opposition avec un nombre d'élus qui rivalise avec celui de la NVA. Voilà, ce résultat vient récompenser de patience et fort, d'enracinement, de proximité, une lutte sans concession pour votre identité et pour vos grandes libertés fondamentales qui trouvent un écho puissant au sein de la population de Flandre.
Je n'ai aucun doute sur le fait que le Vlaams Belang sera un jour appelé au pouvoir et permettra à votre peuple d'entrer dans une nouvelle ère de fierté et de prospérité. Je tiens à saluer l'ensemble des cadres de votre mouvement et plus spécifiquement votre Président, mon ami Tom Van Grieken. Son énergie, son talent, la force de ses convictions ne sont pas étrangers aux succès électoraux du Vlaams. Et je peux dire, au nom de tout le groupe des Patriotes pour l'Europe que nous formons au Parlement européen, notre fierté de l'avoir à nos côtés dans le combat pour la civilisation européenne.
Je tiens également, mesdames et messieurs, à saluer l'ancien président du Vlaams et eurodéputé de notre groupe, Guérolf Hanemens, dont la culture et l'élégance sont unanimement reconnus au sein de notre famille de pensée. Si la création de cet hémicycle est relativement récente, il vient s'inscrire dans une filiation, celle de l'une des régions les plus riches d'Europe, connue mondialement pour sa puissance industrielle et commerciale, pour le rayonnement de ses maîtres flamands, pour la préservation de ses grandes libertés urbaines qui en ont fait un modèle pour tout notre continent.
Cet héritage dont vous êtes, les dépositaires continuent d'irriguer, aujourd'hui même, l'ensemble de la Flandre. Entre le Rassemblement national et le Vlaams-Belang, c'est une longue histoire, faite de fidélité, d'amitié, de concepts que l'on croise, il est vrai, assez peu dans la vie politique ordinaire et qui font, je crois, la singularité de notre lien. L'alliance que nous avons bâtie il y a plus d'une décennie continue de vivre plus forte, année après année. En constituant le premier groupe d'opposition au Parlement européen, nous avons propulsé cette coalition à un niveau encore inédit d'influence en Europe.
Nous sortons de la simple contestation des dysfonctionnements de l'Union européenne dans sa forme actuelle pour devenir, chaque jour davantage, une force politique capable d'influer sur la marche du continent. Et de ce point de vue, mesdames et messieurs, il y a fort à faire, alors qu'on aperçoit à l'horizon, loin devant nous, tant de défis et de menaces. L'Europe, notre Europe, est à la croisée des chemins. Les prochains grands rendez-vous électoraux, parmi lesquels, bien sûr, l'élection présidentielle française, décideront de notre avenir pour le XXIe siècle. Nous le disons aujourd'hui, il y a urgence à sortir du sommeil qui paralyse notre continent.
Il y a bien sûr le défi vital de l'autonomie, alors que nos dépendances vis-à-vis de l'extérieur se sont accrues. En imposant un rythme effréné de nouvelles normes, la commission d'Ursula von der Leyen a considérablement affaibli notre économie, nos entreprises, nos industries, nos producteurs. Je pense aussi à nos agriculteurs, pour qui des années de sang, de sueur et de larmes ont été réduites à néant par la politique de la commission von der Leyen.
Non seulement nos paysans doivent composer avec une bureaucratie écrasante qui dévorent la valeur du travail et de leur temps, mais ils doivent aussi subir une insupportable concurrence déloyale, aggravée par l'accord de libre-échange avec le Mercosur. Comment pourraient-ils décemment vivre de leur activité s'ils doivent assumer la compétition avec des pays qui ne respectent aucune de nos exigences ? Comment nos agriculteurs pourraient-ils nourrir nos peuples si les dirigeants censés les protéger sont les premiers à leur dresser des obstacles ? La même maladie bureaucratique touche tous les secteurs de l'économie.
La frénésie de normes, c'est l'autre nom de la peur, de la peur de l'avenir qui conduit une économie vers le rétrécissement. Il en va de même pour l'industrie automobile européenne, aspirée dans une spirale réglementaire avec une succession de normes toujours plus contraignantes, souvent complexes, parfois changeantes, qui ont fini par déstabiliser un secteur pourtant stratégique pour l'économie du continent européen. A force de surenchères réglementaires sur les émissions de CO2, les objectifs de transition et les calendriers, la Commission européenne a créé un environnement d'incertitude permanente qui pèse directement sur notre compétitivité.
Même si la Commission von der Leyen a récemment été contrainte de revoir certaines de ses positions sur la pression de notre groupe depuis deux ans au Parlement, notamment sur la fin de la vente de véhicules thermiques neufs et l'intégration des hybrides, les défis qui sont devant nous restent lourds. Dernier exemple de cet assommoir normatif qui va frapper plus directement le peuple du travail, ce sont toutes les nouvelles taxes qui s'appliqueront dès 2026 et dès 2027 à l'énergie et au carburant de nos concitoyens.
Alors que les classes moyennes européennes subissent déjà l'inflation de plein fouet, des décisions absurdes et idéologiques vont venir encore les frapper durement au porte-monnaie. Ce sont les travailleurs qui ont besoin de leur voiture pour gagner leur vie qui subiront une fois encore ces injustices profondes. Face à ces assauts répétés de l'écologie punitive contre notre niveau de vie et nos modes de vie, de cette écologie sans le peuple, nous allons continuer la mobilisation dans les prochains mois.
Le refus de ces nouvelles taxes et l'instauration de la paix fiscale seront l'un des sujets majeurs de l'élection présidentielle en France et des combats que nous mènerons avec le Vlaams Belang au Parlement européen. Avec nous, la priorité sera toujours de protéger les agriculteurs, les producteurs, les indépendants et tous ceux qui fournissent des efforts sans jamais se plaindre. Le peuple du travail sera toujours notre priorité face à ceux qui rêvent de leur imposer toujours plus d'impôts, de taxes et de normes.
Enfin, mesdames et messieurs, je voudrais aborder ce soir devant vous ce qui constitue, pour l'Europe, et ça a été dit juste avant moi, l'une des plus grandes menaces existentielles. Cette menace, c'est celle de l'immigration de masse qui bouleverse tous les grands équilibres de nos sociétés européennes. Tout récemment, dans mon pays, la France, dans notre capitale, à Paris, ça a été rappelé. Les émeutes consécutives à la victoire du Paris Saint-Germain durant la Ligue des champions ont été un nouveau signal d'alarme. Policiers agressés, mobiliers publics détruits, slogans anti-flics dans les rues de la capitale française, drapeaux étrangers brandis.
Cet ensauvagement est directement lié à la politique migratoire menée depuis plusieurs décennies en France. Sous la pression du désordre, la France et d'autres pays d'Europe et tant d'autres capitales européennes deviennent des territoires où la vie et la fête ne sont plus possibles, où l'organisation d'un événement populaire tourne systématiquement au désordre, à la violence et au chaos généralisé. Tous les patriotes français, tous les amoureux de la France ont eu le cœur meurtri par ces images de la plus belle ville du monde à feu et à sang. Je vous le dis, mesdames et messieurs, avec inquiétude ce soir. Au rythme actuel, le temps qui vient est notre pire ennemi.
La France ne sera plus la France si elle poursuit dans la voie d'une politique migratoire hors de contrôle. La Flandre ne sera plus la Flandre si elle continue d'accueillir chaque année plusieurs milliers de personnes qui ne partagent ni sa culture, ni son identité, ni ses mœurs. L'Europe ne sera plus l'Europe demain si ses dirigeants continuent de croire que les peuples sont interchangeables et s'ils ne mettent pas fin au déferlement migratoire que nos populations ne veulent plus. Si l'une des capitales de l'Europe, Bruxelles, bascule démographiquement, alors c'est l'ensemble de notre continent qui deviendra demain le continent des autres et non plus notre maison commune.
Dans ce contexte, le pacte pour les migrations que nous avons combattu avec le VLAMS au Parlement européen illustre tout l'extrémisme de la Commission européenne. Toute sa frénésie a imposé toujours plus l'immigration de masse aux populations européennes. Pire encore, la Commission von der Leyen souhaite aggraver les conséquences avec ce fameux mécanisme dit de relocalisation qui installera des migrants au cœur de nos villes et de nos villages, au cœur de nos campagnes encore préservées. Pour les pays réfractaires qui refuseraient ce quota de répartition de migrants, une sanction financière de plus de 20 000 euros par migrant sera infligée aux Etats.
Alors ce chantage, nous ne l'avons jamais accepté et nous ne l'accepterons pas demain. Parce que nous ne pouvons tolérer que des commissaires non élus dictent leur conduite à des Etats millénaires. Si nous arrivons au pouvoir dans nos pays respectifs, nous refuserons la logique du pacte migratoire et son application, comme l'ont déjà annoncé des pays comme la Pologne ou comme la Hongrie. qu'il me soit permis, par ailleurs, de féliciter le travail des élus du Vlaams Belang qui ont tout fait jusqu'au bout pour éviter la transposition de ce pacte dans le droit belge et flamand.
Contrairement à ce qu'a affirmé la presse belge, il ne s'agissait pas d'une obstruction, mais d'un combat légitime et vital pour la sauvegarde de votre identité et pour la souveraineté de votre peuple. Un combat, je le crois, dont vous pouvez tous être fiers. Le combat pour notre identité, mesdames et messieurs, c'est aussi le refus de l'idéologie de l'immigration massive devenue sous l'impulsion de la gauche, celle de l'islamo-gauchisme.
Là encore, nous nous étonnons chaque jour que le Parlement européen finance des événements liés à l'extrême-gauche et à la sphère islamo-gauchiste, comme des associations, des proxys des frères musulmans ou des campagnes de publicité faisant la promotion du voile islamique. Je nourris l'espoir que l'alerte lancée par les eurodéputés du groupe des Patriotes et du Rassemblement national puisse permettre l'annulation de ces financements, tout comme nous avons obtenu ces derniers mois l'annulation du financement de l'université islamique de Gaza par des fonds européens, c'est-à-dire par l'argent des contribuables.
Avec nous, pas un euro d'argent public, pas un euro sorti de la poche des contribuables européens ne devra aller financer ceux qui combattent notre civilisation. Mes chers amis, le pacte migratoire profondément nocif ne doit pas nous faire oublier qu'y compris sur le sujet de la maîtrise de l'immigration, nous réussissons chaque jour à obtenir des victoires au sein même du Parlement européen. L'adoption du règlement retour dans les tout prochains jours va notamment permettre le traitement des demandes d'asile dans des centres de migrants situés en dehors de l'Europe et va faciliter l'expulsion de ceux qui n'auront pas obtenu l'asile sur notre continent.
Il y a peu de temps, encore un tel progrès aurait été impensable. Ne sous-estimons pas notre poids, ne sous-estimons pas notre capacité à peser sur la marche de l'histoire et à changer la vie des citoyens européens. Agriculture, immigration, économie, taxes, surtout ces grands sujets d'importance pour nos compatriotes. Nous sommes des boussoles idéologiques et chaque jour davantage des forces de proposition. En réalité, nous sommes, je le dis ce soir, placés devant l'heure des choix. Voulons-nous d'une Europe ouverte à toutes les pressions migratoires, d'une Europe tiers-mondisée, tribalisée, ou voulons-nous d'une Europe fière de ses identités nationales et de son héritage millénaire ?
Voulons-nous d'une Europe qui dépend des autres pour son approvisionnement en nourriture, ou d'une Europe qui protège son agriculture et qui lui permet chaque jour de produire ? Voulons-nous d'une Europe de la décroissance, de l'étouffement normatif, de l'écologie punitive, ou d'une Europe consciente que la prospérité se bâtit par la liberté, par l'effort, par le mérite, par la défense de nos entreprises, de nos salariés, de nos employés et de tous ceux qui travaillent ? Voulons-nous d'une Europe frileuse qui réglemente les technologies créées par d'autres, ou voulons-nous d'une Europe du 21e siècle capable d'innover et de créer les révolutions technologiques de demain ?
Ce sont toutes ces grandes questions qui seront tranchées par les peuples européens au cours du temps qui vient. Elles y règueront aussi, j'en suis persuadé, l'élection présidentielle française pour laquelle le Rassemblement national est aujourd'hui et au moment même où je vous parle donné en tête de tous les sondages, quelle que soit la configuration. Avec Marine Le Pen, mesdames et messieurs, nous avons l'intime conviction que la France aura un rôle moteur à jouer dans la construction de cette nouvelle architecture européenne, dont les maîtres mots seront l'autonomie, la souveraineté, l'identité, la fierté et par-dessus tout la conquête de la puissance.
Une Europe dans laquelle le vivre en paix sera rétabli, qui sera capable de se projeter dans l'avenir. Une Europe qui protégera ses frontières extérieures, qui réservera la libre circulation aux seuls ressortissants européens. Une Europe qui pourra rivaliser avec la Chine, les Etats-Unis et toutes les grandes puissances parce qu'elle aura mis fin au fardeau normatif imposé par Bruxelles et qu'elle accordera enfin sa confiance aux créateurs de richesses qui produisent sur notre sol. Nous avons, mes chers amis, sur nos épaules une responsabilité immense.
Après des décennies à lancer l'alerte, nous avons dans nos mains l'avenir non de la prochaine élection mais bien sûr de la prochaine génération. Dans cette mission exaltante, exigeante, faisons preuve de fraternité, de solidarité, de combativité et de patience. Mes chers amis, la victoire est au bout du chemin. Mon cher Tom, ici, autour de nous, l'avenir t'appartient. En Europe, partout dans nos pays respectifs, l'avenir de notre civilisation est entre nos mains. Vive les patriotes d'Europe, vive l'amitié entre nos peuples et bien sûr, vive la France. Merci à tous. Sous-titrage Société Radio-Canada