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interviewSud Radio· 10 janvier 2025 22 min

Jérôme Guedj (PS) : "Nous cherchons un accord de non-censure"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Sud Radio, l'invité politique, Jean-Jacques Bourdin. Notre invité ce matin, Jérôme Guedj, député de l'Essonne et porte-parole du Parti Socialiste. Jérôme Guedj, bonjour. Bonjour, Jean-Jacques Bourdin. Ça négocie. Ça négocie. Vous négociez, c'est le mot, vous négociez avec le gouvernement. Vous n'êtes pas seul. Les écologistes, les communistes vous accompagnent. Les syndicats aussi. La CFDT, la CGT. La CGT discute avec le gouvernement, avec Éric Lombard, le ministre de l'économie. Êtes-vous proche d'un accord avec le gouvernement sur le budget ?

0:38
Jérôme Guedj

Alors d'abord, je veux insister sur ce que vous venez de dire, sur le fait qu'on fait quelque chose d'inédit. Ce ne sont pas des réunions de concertation, ce ne sont pas des réunions où on prend la température. C'était le cas avec Michel Barnier. Alors qu'on avait une situation politique encore plus inédite qu'après 2022, c'est-à-dire une absence de majorité à l'Assemblée, qu'on nous avait promis la recherche de compromis, il n'y avait eu aucune discussion sérieuse de fond. C'était un peu pour faire des images. Là, moi je suis responsable du budget de la sécurité sociale, c'est celui sur lequel il y a eu la motion de censure.

Je vous redis que pendant les deux ou trois mois d'examen de ce budget, je n'avais eu aucun contact comme socialiste avec les ministres concernés. Là, dès la première heure quasiment, l'ensemble des ministres, j'étais encore avec Catherine Vautrin mardi après-midi, et on discute, stylo à la main, des propositions que nous formulons pour chercher ce fameux accord de non-censure, parce que dans la période, je le redis, nous prenons nos responsabilités. Nous sommes dans l'opposition. Il n'y a pas d'ambiguïté. Il n'y a pas de doute. On n'est pas en train de faire un contrat de coalition, on n'est pas en train de discuter d'une entrée au gouvernement. Ça, ce n'est pas du tout à l'ordre du jour.

Alors, nous sommes dans l'opposition. Mais prendre des responsabilités, c'est de dire qu'il faut un budget pour le pays, et il faut que ce budget, il permette des avancées concrètes pour l'ensemble de nos concitoyens. C'est ce qu'on appelle ramener des victoires à la maison. Donc, je me félicite de cette négociation, mais jusqu'au bout du bout, comme dit l'autre, c'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses. Et pour l'instant, on ne sait pas ce qui va nous être répondu sur nos propositions.

2:08
Présentateur

Donc, vigilance. On va parler de vos propositions, on va parler de l'état des négociations. Je vous pose une question simple. « Êtes-vous proche d'un accord de non-censure avec le gouvernement ? »

2:19
Jérôme Guedj

En tous les cas, les sujets qui nous apparaissaient essentiels pour l'obtenir sont discutés, mais on n'a pas encore de réponse. Est-ce qu'ils vous agissent ? Proche ou pas ? Proche, c'est quand on a des réponses qui ont été formulées. Et au moment où je vous parle... Vous les aurez quand. On vous a promis des réponses pour quand. En fait, ce qui rend les choses intéressantes, mais pas concluantes, c'est que pour l'instant, on n'a pas de veto. On n'a pas de fin de non-recevoir. On n'a pas de rideau métallique qui est fermé en disant « Ah ça, on n'en parle pas du tout ».

Exemple typique, nous sommes venus avec la demande clé de voûte pour nous, qui est de revenir sur cette satanée réforme des retraites. Je m'y suis opposé comme parlementaire dans l'hémicycle et j'ai mouillé la chemise. J'ai fait campagne aux législatives, comme tous les candidats de gauche, pour demander l'abrogation. Simplement, nous n'avons pas de majorité, nous n'avons pas gagné les élections. Donc, on ne peut pas dire « C'est tout le programme, rien que le programme ». Et donc, nous, la proposition de compromis, c'est-à-dire, on vous propose de suspendre, de ne pas appliquer la montée en puissance de cette réforme des retraites.

Et donc, quand on dit ça, on ne nous dit pas « Ah non, ça, on n'en parle pas hors de question ». Donc, on attend par contre la réponse. Et on a des sons de cloche qui sont parfois un peu différents.

3:20
Présentateur

Alors, Jérôme Guetsch, pour nous résumer, pour que les auditeurs comprennent bien, vous avez proposé, vous proposez, vous demandez la suspension de la réforme des retraites. C'est clair. Aujourd'hui, vendredi matin, on ne vous a pas dit « Oui, la réforme sera suspendue ». Mais on ne nous a pas dit non, non plus. Donc, c'est le principe d'une négociation.

3:38
Jérôme Guedj

J'anticipe sur les questions que vous allez nous poser. Par principe, la négociation, elle est publique. En tous les cas, le fait qu'on discute. Mais on ne va pas débattre ici de chacune des mesures dans le détail. Parce que c'est le propre d'une négociation. J'ai compris. C'est le point d'atterrissage.

3:54
Présentateur

On vous demande et vous voulez beaucoup de discrétion dans cette affaire.

3:58
Jérôme Guedj

C'est toujours lieu, même si c'est important que les Français sachent qu'on se parle. C'est déjà une bonne nouvelle, mais chacun doit prendre ses responsabilités. Nous, on l'a fait en acceptant ce dialogue et en le proposant. Suspension de la réforme des retraites.

4:08
Présentateur

Et puis le budget, vous l'avez dit aussi. Alors, je vais revenir sur le budget. Suspension de la réforme des retraites. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire nouvelle négociation sur une réforme des retraites. Exactement. Ça veut dire conférence de financement, par exemple. Vous avez tout compris. Ça veut dire aussi, ça veut dire aussi, un changement peut-être de système des retraites. Oui ou non ?

4:30
Jérôme Guedj

En tous les cas, moi, je demeure attaché.

4:31
Présentateur

La CFDT le demande.

4:33
Jérôme Guedj

Moi, je demeure attaché. D'abord, un, quand on parle de système, vous savez, il n'y a que deux grands systèmes de retraite. Soit le système par répartition, soit le système par capitalisation. Nous demeurons radicalement, totalement opposés au système par capitalisation. Les principes de la sécurité sociale, qui sont ceux de la solidarité intergénérationnelle. Les actifs cotisent pour les retraités. Et la Sécu, c'est les bien portants cotisent pour les malades. Ça, nous disons attachés. Ce n'est pas le chacun pour soi. Le chacun pour soi, c'est la capitalisation.

C'est le contraire d'une logique de solidarité, de ce que les pères fondateurs de la Sécu, du Conseil national de la résistance, avaient mis sur la table. Donc, attachés évidemment au système par répartition. Ceux qui vous disent le contraire, c'est pour faire de la dramatisation en disant, là, là, ils sont en train de vendre les principes de la Sécurité sociale. Après, à l'intérieur du système par répartition, il y a la question des modalités de mise en œuvre de celui-ci. Nous, nous continuons à défendre le principe des cotisations, le principe d'un âge légal qui doit baisser de 64 à 62 ans.

5:34
Présentateur

Il faut envisager dans la répartition un système par points.

5:36
Jérôme Guedj

Mais vous savez, actuellement, dans le système de Sécurité sociale et de retraite, il y a une grande partie des retraites qui sont par points. Les retraites complémentaires, l'Agirc et l'Arco, c'est un système par points. Et c'est géré par les partenaires sociaux.

5:51
Présentateur

Et c'est très bien géré.

5:53
Jérôme Guedj

Oui, parce que c'est eux qui modulent à la fois le montant des pensions servies et le montant des cotisations. En équilibrant ce régime, et d'ailleurs, ce régime-là est excédentaire.

6:06
Présentateur

Mais vous-même, exactement, élu, vous cotisez à l'Ircantec. Oui.

6:10
Jérôme Guedj

L'Ircantec, c'est un système à la fois répartition et par points. Mais c'est la raison pour laquelle, si vous me posez la question de savoir qu'est-ce qu'il doit y avoir dans cette conférence... Qu'est-ce qu'il doit y avoir dans cette conférence de financement, en tous les cas, pour proposer une solution alternative à celle qui avait été décidée et qui consistait à dire, écoutez, il y a un déficit du régime d'assurance vieillesse, on ne le conteste pas à court et moyen terme. Et donc, pour le résorber, on va faire travailler les Français deux ans de plus.

Nous, on a dit, à la place, il y a d'autres solutions possibles, examinant toutes les solutions de ressources et des solutions d'organisation. Donc, vous l'avez rappelé, la CFDT, la CFDC, d'autres syndicats défendent cette proposition. Le minimum, c'est de pouvoir les examiner. Vous êtes opposé à une part de retraite par points ? Moi, en tous les cas, je pense que le sujet, il faut mettre toutes les questions sur la table. Et celle-là en fait partie. Et celle-là en fait partie, donc vous discutez de cela. Alors, ce n'est pas le sujet des négociations que nous avons aujourd'hui. Mais ça peut être le sujet futur.

Il faudra que dans la lettre de cadrage de la négociation, ce qu'on appelle le document d'orientation que le Premier ministre indiquera aux syndicats, aux partenaires sociaux, moi, vous savez, s'il leur dit, réfléchissez à toutes les modalités qui permettent d'équilibrer le régime de retraite à court et moyen terme et qui, dans le même temps, revient sur l'allongement de la durée de l'âge légal, ça, ça me va. Voilà. C'est ça le vrai compromis intelligent à construire. Donc, vous n'êtes pas opposé. Ça veut dire aller dégager des ressources. Donc, nous verrons dans la discussion. Il faut être inventif, imaginatif et surtout, évitons la dramatisation. Voilà.

Dans la conférence de financement, cette idée... Mais là, vous avez raison, c'est la suspension. Ça permet d'abord d'envoyer le signal, de dire, vous savez, là, c'est la génération 63, cette année, qui passe à 62 ans et 9 mois de durée d'âge légal avec la montée en puissance progressive. La suspension, c'est concrètement de se dire, on s'arrête sur cette génération. Ça veut dire qu'il y a des centaines de milliers de Français qui ne seront pas concernés par la montée en puissance progressive. Ça, c'est une victoire à la maison qu'on remène concrètement.

8:16
Présentateur

– Jérôme Gage, vous avez besoin de victoire, évidemment, à la fois pour les Français, c'est votre point de vue. – Surtout pour les Français, et uniquement pour les Français. – Mais pour des raisons politiques. – On n'égocie pas pour le Parti Socialiste Blanche. – Pour des raisons politiciennes aussi, c'est normal, Jérôme Gage.

8:28
Jérôme Guedj

– Non, non, vous avez compris qu'on se sublime tous. C'est l'intérêt général avant la somme des intérêts particuliers.

8:32
Présentateur

– Vous sublimez. Si vous obtenez la suspension de la réforme, vous ne votez pas la censure, c'est clair.

8:38
Jérôme Guedj

– Dès qu'on obtient des avancées significatives, remarquables, c'est le terme que nous avons utilisé, eh bien, encore une fois, tout en étant dans l'opposition, on garantit une forme de stabilité. Je pense que dans la période, il y a assez de troubles dans le monde et dans notre société pour rajouter en plus du chaos institutionnel. Ça ne veut pas dire qu'on soutient le gouvernement. Ça veut dire qu'on nous permet juste de ne pas être dans l'impasse.

9:05
Présentateur

– À la France avancée. Bien, vous faites, vous demandez, vous avez d'autres demandes. – Après, parce que la première étape, c'est aussi le vote du budget qui va venir très vite. – Voilà, j'allais y venir. Alors dans le budget, vous demandez une augmentation significative du SMIC, vous demandez beaucoup de choses. Bon, et que la flat tax soit portée de 30 à 35%, mais vous demandez aussi, enfin, je ne sais pas, ce n'est pas vous qui le demandez, mais il paraît que le gouvernement a mis sur la table, c'est Amélie de Montchalin que vous connaissez bien, puisque vous l'avez battue aux législatives. – Oui, c'était des retrouvailles inédites. – Oui, oui, retrouvailles inédites.

– On le voit presque tous les jours en ce moment, c'est particulier. – Évidemment, oui, c'est particulier, Jérôme Gage. Il paraît qu'Amélie de Montchalin a mis sur la table la taxation du patrimoine des plus fortunés. Une sorte d'impôt minimum de 2%, au-delà, je crois, d'un milliard d'euros de patrimoine. C'est cela ?

9:58
Jérôme Guedj

– Écoutez, nous sommes dans une négociation. – Oui, non, mais… – Et donc, je ne vais pas vous faire état des éléments de la négociation. – Ce sont les informations que j'ai, je ne suis pas le seul. – Je lis dans les journaux des informations très farfelues par rapport aux pistes… – Elle est farfelue, celle-là ? Est-ce qu'elle est farfelue ? – En tous les cas, nous avons formulé depuis le début, je vais vous dire, nous avons formulé depuis le début la nécessité, au nom de la justice fiscale, de dégager des ressources pour financer à hauteur des besoins les services publics.

– Voilà, par exemple, ce n'est pas un secret, on avait demandé, il ne faut pas supprimer 4 000 postes dans l'éducation nationale, il y a besoin d'enseignants. – Le gouvernement vous a promis que ces postes ne seraient pas supprimés. – Dites-moi, le gouvernement vous a promis que ces postes ne seraient pas supprimés. – Sur ces questions-là, vous avez entendu, y compris Elisabeth Borne, manifestement, notre idée, notre demande chemine. Et donc, en face, il faut dégager des ressources.

Et donc, dans les ressources, nous avons dit, la justice fiscale consiste à, notamment, mieux taxer les très hauts patrimoines, parce que depuis la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, et depuis des mécanismes d'optimisation, comme on dit, on pense qu'il n'y a pas une juste taxation du capital, du patrimoine, des revenus du patrimoine. La proposition, elle est sur la table, et nous verrons quelles sont les réponses concrètes que nous fait le gouvernement. – Mais vous voyez, sur d'autres sujets, moi je l'ai dit…

11:15
Présentateur

– Donc la proposition de 2% de cette taxation du patrimoine est sur la table ?

11:20
Jérôme Guedj

– Non, en tous les cas, à aucun moment, il y a eu une discussion aussi précise sur le taux, l'assiette. – Non, pas sur le taux, mais sur l'idée, oui. – Mais nous avons formulé… – Mais de toute façon, vous savez, nos propositions, ce n'est pas un scoop, c'est celles que nous faisions au moment du budget. Simplement, nous les avons adaptées aux circonstances. Je vous prends un seul exemple. Moi, je m'occupe du budget de la sécurité sociale. Aujourd'hui, les hôpitaux, ils sont à l'os. – Oui. – Il leur manque du personnel. Ils ferment donc des lits du personnel soignant pour accompagner, que ce soit dans les hôpitaux ou notamment dans les EHPAD et les maisons de retraite.

Et donc là, nous sommes venus avec la demande d'augmenter le budget à destination des hôpitaux. Concrètement, ça correspond à la sauvegarde ou à la création de 40 000 emplois dans les hôpitaux. C'est 2 milliards et demi que nous demandons. Pour vous comparer, actuellement, c'est 109 milliards le budget qui est prévu pour les hôpitaux. Et nous disons, il manque 2 milliards et demi. Vous voyez, on ne demande pas le double, le triple. Et ça, c'est concrètement 40 000 postes de soignants qui sont préservés là où ils devaient être fermés, supprimés ou qui peuvent être créés. Et voilà, cette proposition, on nous dit, on l'examine avec attention et nous verrons si elle a entendu.

Même chose, on a demandé de ne pas dérembourser ni les médicaments, ni les consultations médicales. Vous voyez que ça, c'est du très concret pour nos concitoyens. C'est pour ça que nous, on se dit qu'on se bat pour les Français, pour l'accès aux soins. Et pour obtenir des victoires. Mais oui, mais des victoires, encore une fois, je l'aurais dit, c'est des victoires pour les Français.

12:47
Présentateur

C'est pour ça qu'on a été élu. Jérôme Gage, j'ai des questions précises. La première, mardi prochain, discours de politique générale de François Bayrou. Jeudi, examen de la motion de censure LFI, est-ce que vous la voterez ?

12:59
Jérôme Guedj

Nous, nous avons indiqué depuis le début que nous ne souhaitions pas censurer par principe ce gouvernement.

13:06
Présentateur

Vous ne censurerez pas jeudi prochain.

13:08
Jérôme Guedj

Nous cherchons un accord de non-censure. Et pour qu'il y ait non-censure, il faut qu'il y ait accord. Et donc le message que nous faisons passer, si au terme de ces négociations, qui comme on l'a dit depuis le début de cet entretien, se passent dans des bonnes conditions, on se retrouve avec absolument aucune avancée et des fins de non-recevoir, alors l'hypothèse de la censure, elle, demeure. Moi, je vous le dis sincèrement, je ne souhaite pas censurer parce que je souhaite une forme de stabilité. Vous ne souhaitez pas censurer ? Moi, personnellement, je ne souhaite pas censurer, mais je ne veux pas qu'on y soit contraints.

Parce que si à la fin, on nous dit, on a négocié, on a discuté avec vous, c'était pour amuser à la galerie et montrer qu'on était plus à l'écoute, mais qu'à la fin, on n'a pas tiré les conséquences de ce qui s'est passé la fois précédente, encore une fois, je vous le redis, moi, sur le budget de la sécurité sociale, qui est la raison pour laquelle le gouvernement a chuté, on n'avait rien obtenu. Voilà, donc il va bien falloir. Donc, pour résumer, négociation, s'il n'y a rien, la censure est possible. S'il y a des avancées remarquables, alors il n'y aura pas de censure. C'est pour ça que la balle est dans le camp du gouvernement.

La bonne nouvelle, c'est qu'il préfère, semble-t-il, discuter et négocier avec la gauche, en respectant son socle commun. Le gouvernement s'est tourné vers la gauche, alors qu'il était plutôt tourné vers le Rassemblement National.

14:18
Présentateur

Vers le Rassemblement National, voilà.

14:19
Jérôme Guedj

Et simplement, il faut qu'il entende, parce qu'on nous dit, oui, il faut aussi tenir compte de la position du fameux socle commun, c'est-à-dire des députés Renaissance et des députés LR. Mais il y a un petit message qu'il faut bien entendre. Les députés Renaissance et les députés LR, ils ont, a priori, et je suis même certain, ils ne vont pas censurer ce gouvernement, puisqu'ils sont au gouvernement. Ceux qui peuvent censurer le gouvernement, c'est nous. Et donc, c'est logique et responsable de tenir compte des attentes qu'on fait, sans humilier qui que ce soit. Alors, maintenant, je lis Jean-Luc Mélenchon.

14:47
Présentateur

Cette façon de négocier... Attendez, il s'exprime sans cesse sur son blog, sur Twitter, sur X, sur tout. Cette façon de négocier dans le dos du NFP, le nouveau Front populaire, est contre son programme. Est une forfaiture d'un irrespect total pour notre alliance. Mais nous dormirons tranquilles. La petite gauche, petite, vous êtes qualifié de petite gauche traditionnelle, n'a rien à offrir. Et ces négociateurs sont juste ridicules de servilité. Vous êtes dans la forfaiture et vous êtes servile.

15:16
Jérôme Guedj

Jérôme Guède, depuis le début, on essaye d'échanger en disant qu'il faut se mettre à la hauteur des enjeux. Donc là, dans la période, j'ai pas envie de passer du temps à commenter les tweets compulsifs de Jean-Luc Mélenchon qui disent le contraire de ce qu'il annonce. Parce que mettre un tweet à 23h pour dire « on dort tranquille », je pense qu'en effet, dans la période, il y a deux manières d'appréhender les responsabilités. Il y a ceux qui grognent sur leur tabouret en regardant ceux qui essayent de trouver une solution et puis ceux qui essayent de trouver une solution. On a un désaccord majeur. Lui, il souhaite qu'il y ait une destitution et une élection présidentielle anticipée.

Nous, nous considérons que c'est pas la nécessité, la priorité. C'est respectable, ce désaccord. Mais nous, disons que dans la période négocion, essayons de ramener ces victoires à la maison et de le faire avec l'ensemble des forces de gauche qui souhaitent y participer. Et oui, c'était important, avant-hier soir, de se retrouver avec les écologistes. Donc pas de forfaiture. L'homme est fort, hein ? Oui, mais encore une fois, tout ce qui est excessif est insignifiant et ça traduit plutôt une forme de fébrilité et d'inquiétude. Parce que, vous savez, le NFP, le Rassemblement de la Gauche et des écologistes, il appartient à personne. Il appartient à ceux qui le font vivre.

Et ils choisissent la manière d'incarner les combats. Et donc, moi, je préfère, dans la période des responsables de gauche, qui se disent « Qu'est-ce qu'on peut obtenir comme avancée concrète pour nos concitoyens ? » C'est pour ça qu'on a été élus. Alors, on peut dire « Oui, il faut le programme, tout le programme, rien que le programme. » Mais ça, c'est la gauche du tout ou rien. Voilà. Moi, je préfère qu'on puisse ramener le maximum possible comme avancée concrète pour nos concitoyens, plutôt que de ronchonner dans son coin.

16:57
Présentateur

Ceux qui ont dansé pour fêter la mort de Jean-Marie Le Pen sont les mêmes que ceux qui ont dansé le 7 octobre. C'est Marion Maréchal qui dit cela. Vous êtes d'accord ou pas ?

17:08
Jérôme Guedj

Je ne vais pas commenter les déclarations de Marion Maréchal Le Pen, mais j'ai déjà eu l'occasion de le dire. J'étais un adversaire résolu. Jean-Marie Le Pen était un ennemi politique. C'était un raciste. C'était un antisémite. C'était un tortionnaire pendant la guerre d'Algérie. C'est quelqu'un qui a introduit de la brutalisation dans le débat politique. Et donc, je m'intéresse à combattre ses héritiers et ses idées. Mais quand un homme meurt, je ne me réjouis jamais du décès d'un homme. Et encore plus, je suis toujours inquiet par ces mouvements de liesse collective, de foule collective, que chacun dans son fort intérieur se dise « il est mort », c'est ainsi.

Mais le fait de le fêter collectivement, je trouve que ça dit quelque chose de la nature humaine qui ne me plaît pas. Donc, j'ai combattu Jean-Marie Le Pen. C'était un ennemi politique. Aucun regret sur les combats qu'on a menés face à lui. Mais la hauteur d'âme nécessaire qui consiste à ne pas se féliciter de la mort d'un homme, je pense que ça nous rend humains de pouvoir agir ainsi.

18:16
Présentateur

L'influenceur algérien expulsé vers l'Algérie, après avoir publié des vidéos incitant à la haine et appelant à l'assassinat d'opposants, a été renvoyé vers l'Algérie et puis renvoyé par l'Algérie vers la France. Dites-moi, c'est une insulte à la France ? C'est un défi lancé par le gouvernement algérien ?

18:37
Jérôme Guedj

En ce moment, le gouvernement algérien est dans une situation de surenchère, d'escalade dans les relations avec le gouvernement français. Je pense à cet instant à Boilem Sansal, qui d'une certaine manière est la victime collatérale ou l'instrument de pression sur le gouvernement français. Et moi, avec tant d'autres, je continue à demander la libération de Boilem Sansal. Nous sommes dans la semaine où, malheureusement, nous avons à commémorer les attentats contre Charlie Hebdo, contre l'hypercachère, et singulièrement sur Charlie Hebdo, sur la liberté d'expression. Et donc, la détention de Boilem Sansal, c'est un bras d'honneur à nouveau à la liberté d'expression.

Donc, dans cette surenchère, manifestement, le gouvernement algérien a décidé d'user de tous les moyens.

19:24
Présentateur

Alors, que faire ? Faut-il répulquer ? Faut-il que faire ?

19:26
Jérôme Guedj

Il faut, en tous les cas, avoir une position de fermeté à l'endroit du gouvernement algérien. Quand la France souverainement décide de reconduire à la frontière une personne de nationalité algérienne qui menace l'ordre public sur le territoire national, il faut que le gouvernement algérien la reprenne. Et donc, on est en effet dans ce rapport de force. Il faudra user de tous les autres moyens nécessaires pour obtenir gain de cause. Il y a des relations économiques, il y a des relations commerciales, il y a des relations culturelles, il y a des relations diplomatiques. Et ça fait partie de l'affirmation de la nation française. Dernier point d'actualité.

Je le regrette parce que l'amitié franco-algérienne devrait être quelque chose qui sublime, qui transcende les chicailleries du moment.

20:14
Présentateur

Dernier point d'actualité. Elon Musk a discuté longuement avec Alice Weidel, publiquement la leader de l'AFD en Allemagne. Pour vous, Musk, c'est une menace pour la démocratie occidentale ?

20:28
Jérôme Guedj

Incontestablement, vous savez, on s'est beaucoup offusqué des ingérences étrangères, par exemple au moment des élections de la Russie d'ailleurs, au moment de l'élection de Trump ou dans d'autres pays, peut-être aussi en France. Et donc, il n'y a aucune raison de regarder ailleurs quand il s'agit des États-Unis. Et quand je vois un membre de la future administration américaine, c'est-à-dire du gouvernement américain, tweeté là aussi à longueur de journée, un coup pour taper sur le Premier ministre anglais, un coup pour soutenir l'AFD en Allemagne, ça veut dire que demain, qu'est-ce qui va se passer ?

Elon Musk va appeler à voter Marine Le Pen au moment des élections présidentielles, si elle peut se présenter aux élections. Donc, quand on combat les ingérences, on les combat partout, même quand elles viennent d'un pays ami, d'un pays allié qui est les États-Unis, mais qui est là, qui est sur une dérive illibérale et dangereuse, très problématique. C'est le grand défi. On supprime X ? En tous les cas, la question, vous savez, elle se pose à titre individuel. Moi, ça fait plusieurs mois, je m'étais posé la question publiquement. On a une forme de dépendance à ce mode de communication.

Et d'ailleurs, ça nous inviterait plutôt à ce passé des GAFAM, de ces grands opérateurs, de ces multinationales à la forte puissance financière. Moi, je pense qu'il y a des sujets qui doivent être des sujets de puissance publique européenne. Et je préférerais qu'il y ait un réseau social, comment dire, respectueux, et pas un déversoir à haine, comme c'est le cas aujourd'hui. Et puis surtout, avec une orientation politique de plus en plus marquée, et qui est portée par son fondateur, enfin, son dirigeant, Elon Musk. C'est son propriétaire. C'est son propriétaire. C'est pas le fondateur. Merci.

22:12
Présentateur

Merci, Jérôme Gage. Il est 8h58, vous êtes sur Sud Radio. Benjamin Glaze, juste après les infos de 9h. Sous-titrage Société Radio.